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C'est l'érection qui vient

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Un film du même genre ?
C'est ce que pourrait conclure le spectateur peu attentif, pressé de ranger dans des cases.

A Voir:

https://vimeo.com/35021519
Peut-on résumer toute tentative publicitaire en une seule phrase ? Oui et ce n'est pas moi qui l'ai trouvée mais Nicolas De Crecy dans une de ses BD:

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Achetez de la merde et vous serez formidable !
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Tout est dit !
"Beau pied de nez à ceux qui disent que la poésie, ça ne sert à rien, déjà. "
qui dit ça ? qui pense ça ? un pied au cul à ceux qui l'aiment la poésie surtout ! récupérer ce texte à des fins commerciales contribue à dire que l'art doit être productif, les mots de Bukowski «Ne te laisse pas abattre par une soumission moite», va à l'encontre de cette utilisation !
Cette pub vient écraser, piétiner, l'indignation ambiante, le soulèvement, la prise de conscience actuelle, comme ci s'indigner été un phénoméne de mode, qui se consomme, comme ci porter ce jean devenait un acte de rébellion.
Alors non ça n'a rien de positif que la poésie se transforme en munition pour arme de séduction massive !
Autrefois pour faire sa cour
On parlait d'amour
Pour mieux prouver son ardeur
On offrait son coeur
Maintenant c'est plus pareil
Ça change ça change
Pour séduire le cher ange
On lui glisse à l'oreille ...Go Forth, mais ou ça ? dans une boutique pardi !

Tu me fait mal Levi's, Levi's, Levi's
Pas avec Buko... zip!
Tu me fais mal, Levi's, Levi's, Levi's
J'aime ta pub qui fait zip!
Ah, je trouvais aussi qu'il était fichtrement bien écrit le texte de cette pub !

Je trouve un côté positif, tout de même : confrontés à la nécessité de se démarquer, de créer un moment qui fait sens à travers l'agitation perpétuelle des écrans, les publicitaires en viennent à la poésie.
Beau pied de nez à ceux qui disent que la poésie, ça ne sert à rien, déjà.

Judith, pourquoi ces développements sur "les dieux" teinté de rejet ? "Les dieux" sont-ils forcément une transcendance ? "Les dieux" ne peuvent-ils pas juste être le hasard, le mystère de ce qui n'est pas moi, la fugace bienveillance du monde indispensable à ceux qui sont dans la solitude et l'obscurité ?
C'est vrai que c'est un peu le foutoir cette pub. Incohérent. Une révolution serait à priori pour lutter contre la pub elle même et tout le système qui va avec, Levis compris.

Moi je dis, le tournant, c'est le mec qui conduit une... table d'un air déterminé.
Juste avant ils regardent ou font mouvement vers le passé, mais lui vers l'avenir. Et il est motivé le gaillard, Il s'est dit "merde une révolution, c'est cool, j'y vais". Il a pris ce qui lui tombait sous la main, une table et un moteur. Il n'a pas jugé bon de prendre le zodiac qui allait avec, mais il a pris la bouée, au cas où en fin de compte il se serait embarqué dans un plan foireux. Quand on a un Levis, on pense à tout. Et hop, il est comme le messie, tout part vers la droite, le futur. Après, c'est babos moderne magazine, youpi, libération sexuelle, révolte, il y en a un qui jouit du feu en public (cette image est sordide, au passage), on est trop contents, ya des plumes et des fleurs, manque plus que Janis, puis on revient à l'autre nunuche qui regarde vers le passé, la boucle est bouclée.
Conclusion : go forth, allez-y, la révolution ça sert à rien, mais achetez quand même un Levis.
Ai vu finalement la pub au cinéma.
J'avais pas dû bien regarder : elle n'est même pas sublime. Quelques plans jolis, et poétiques (j'adore la mer et les levers de soleil).

Après, je persiste, et sans doute suis-je blasée, et c'est bien dommage, je sais, mais je ne la trouve toujours pas dégoûtante, ni gerbante.

Sans doute bien d'autres pubs qui font insidieusement mal à la société. Quoique : nous influencent-elles vraiment ?

Je vomis plus facilement devant une pub Kinder perso. Mais, heureusement pour moi, j'arrive assez rapidement à voir que le bonheur n'est pas dans le goûter à la rentrée des classes de petits blondinets qui rêvent d'un grand verre de lait enrobé de chocolat...
bonjour,

je signale aussi, que Mère Térésa de Calcutta avait elle aussi écrit un texte qui commence par "ta vie est ta vie", qui est donc une de ses prières, quelle était son inspiration à se moment, je ne sais pas.
mais, c'est des cas de "contaminations croisées" qui peuvent exister. Comme déjà, les médias tronquent les idées et les propos pour les présenter à leurs mandants (du pouvoir), alors les publicistes, eux ne s'en privent jamais.

korri
... mais j'ai le temps de lire les votre chère Judith.
Pardonnez moi donc de ne pas développer les 12 000 commentaires ci dessus pour faire un texte qui va me permettre de soulager ma névrose. Je serais probablement hors sujet et pas intéressant mais tant pis.

Je ne vous dirais qu'une chose, MERCI! (Un franc, un lourd, un grand MERCI)
Parce que je suis projectionniste, cette pub, je la vois 30 fois par jour.
Je la hais.
Comme je hais toute ce qui résulte de la grande mutation cinématographique lié de près ou de loin au numérique (je ne souhaite pas particulièrement faire un débat là dessus étant donné que c'est mon travail et que je serais forcément d'un avis assez buté sur la question numérique étant donné l'usine à gaz que cette technologie représente enfin... c'est un débat quoi.)

La pub, et surtout CE genre de pub là, est presque devenue plus importante que le cœur de mon métier (qui est de projeter des films.)
On passe plus de temps à les traiter, à les peigner, à les soigner, on leur laisse plus d'espace (on reçoit 22 minutes de pubs pour les très gros films avec du coup l'impossibilité de passer des bandes annonces sous peine d'avoir une émeute dans la salle et notre programmation étant inévitablement amputée d'une séance à la fin.) et surtout, on reçoit des appels OUTRES des organismes (Mediavision/Screenvision/ centralisant les films lorsqu'un distributeur a vu dans notre salle SA pub tronquée du sous titre de fin expliquant les modalités de paiement au potentiel consommateur.
On est alors sommé de faire attention la prochaine fois de bien cadré SA pub sous peine de... sous peine de quoi?
Je me demande encore...

Ce genre de pub pour en revenir à votre analyse me dégoute, car je le vois dans le comportement des gens dans la salle, ils viennent pour ce qui se passe avant, c'est à dire voir des pubs pour savoir ce qu'ils vont acheter quand ils sortiront du cinéma, je dirais même plus, la pub d'avant film est entrain de devenir le contenu principal, les gens ne peuvent plus se tenir éveillé durant 1h30 mais pendant 30 secondes oui. Donc on leur balance une espèce de condensé bordélique de ce que pourrait être le cinéma.

Bref je m'arrête là avant de tomber dans la logorrhée haineuse du projectionniste écœuré par ce qu'il voit tout les jours derrière sa vitre.
Tout ça pour dire que ça me fait du bien de voir que des gens se font les mêmes réflexions que moi.
Non cette pub n'est pas belle.
Quand on vous enrobe un produit et qu'on vous prend en otage comme ça (il y'a des gens qui lisent et vivent avec les livres de Paul Coelho je vous le rappelle) la pub n'est pas belle.

Ca me fait vomir.
Ce n'est pas terminé! Vous pouvez voir non seulement la pub elle-même mais également une autre vidéo tout aussi dégoulinante sur la campagne de Levi's.

C'est ce que présente le site Marketing Alternatif, plus précisément sur cette page.

Tout est du même acabit, belle musique, belles images, du sentiment, de l'art et cette apologie de la transgression (mais pas trop quand même)...Tout est aussi moite et suintant que dans la pub elle-même.

La phrase qui débute le film: 'Levi's came to Berlin looking to find the pioneers who are making the city into the new cultural center of Europe. Amongst hundreds, we collaborated with vhils (un artiste 'explosif'...) to immortalize four.'

Four? Quatre personnes. Quatre profils-type, non seulement gravés dans la pierre par Vhils mais surtout destinés à séduire le consommateur.

- L'espèce de saltimbanque rassembleur de foules du type l'Homme Qui N'Avait Pas De Maison à la Fabian et qui redonne un peu de sens et de bonheur à nos vies, parce que lui il est bien dans son jean's.
- L'artiste contemporain, qui est de rue mais qui sait aussi être engagée...pour la cause de Levi's sans doute.
- Le tenant de la subculture, tatouages tribaux et bijoux gothiques. Mais même lui a besoin de jean's de marque.
- Mais surtout on n'oublie pas le gentil papa au passé de caïd qui joue avec un enfant histoire de rassurer et de montrer que oui les jean's Levi's c'est résistant, même dans le sable du jardin d'enfants.

Tant qu'on y est ajoutons une jolie musique mièvre histoire d'attendrir.

Dans cette avalanche de bons sentiments, saluons cependant le fait qu'on ne voit pas de femmes à poil !
C'est vrai qu'une Pub c'est un produit, mais c'est aussi et surtout une cible.
Que Judith ou plein d'autre ici, moi y compris, se sentent poussé des boutons à la vu de cette pub, y a rien de plus normal, je pense que la cible première, c'est des jeunes disons entre 15 et 25ans voir même 30ans, un peu fashion, et facilement influençable, qui quand il regarde ça, se disent "je n'est rien compris, mais ça semble être génial !"

Pour ma part, je n'avais vraiment rien compris, pas plus au texte qu'a son rapport avec les produits vendus. Et quand le spot était fini je me demandait toujours comment l'autre gars à pu faire tenir un moteur sur une table renversé et en faire une barque !
Depuis j'ai vu la pub en salle (avant habemus papam) (je ne l'avais pas regardé ici) et j'ai écouté le poème, donc raté les images et retenu une idée (qu'on ne peut pas gagner contre la mort, mais qu'on peut triompher de la mort qui est dans la vie).
À ceux qui disent "tout pour un jean", je répondrait "sam"suffit" cette bénediction de Bukowski qui tombe à point sur ma tête .
Baise-moi, nom de dieu !
gamma
C'est effectivement l'une des pubs les plus dégueulasses, les plus vomitives de ces dernières années.
Merci Judith, on se sent (un peu) moins seul. Ca va toujours mieux en le disant.

J'ajouterais que par un drôle d'effet magique ou une loi physique qui m'échappe, c'est au cinéma qu'on trouve les pubs les plus grotesques,
ou peut-être que c'est en ce lieu qu'on est le plus facilement frappé par l'impression vomitive. Etrange.
C'est juste moi, ou vous êtes vraiment juste une bande de vieux réac' aigris?
Peut-être ai-je l'esprit très mal tourné, mais à la première visualisation de cette pub, ce ne sont des images très différentes qui me sont venues à l'esprit, des sortes d'images subliminales ...
Premières images :
- une sorte d'étron flottant, un cercueil ? J'ai tout de suite pensé à Ben Laden et la façon dont ils ont traité son cadavre.
- deuxième plan, un homme de dos entouré d'une couverture. (Toujours Ben Laden, dernières images de lui vivant se regardant à la télé)
- troisième plan, pendant un flash très court, une forme féminine bras tendue, j'y ai vu la statue de la liberté.
- puis le message "your life is your life" qui m'évoque la aussi la liberté.
- ensuite des passages avec un air de 'printemps arabe'.
- encore une femme le bras tendu vers le ciel
- puis enfin un message polythéiste. (Dieux au pluriel).
Et tout ça sur un fond d'anniversaire du 11 septembre.

Je suis le seul à avoir cette sensation ?
Hello Judith
ai vu cette pub hier soir : me suis dit exactement la même chose (en plus court et en moins intelligent...)
Ce muesli n'est-il pas à l'image de ce qu'ont toujours eu les petites graines d'ados dans leur tête?
On dirait du terrence mallick et ce n'est pas un hasard. Tout le spot peut également évoquer le rêve de ce personnage emmitouflé dans sa couverture face à la mer, puisque le dernier plan se finit en travelling avant au-dessus des flots avec le logo Levis comme un point à atteindre. Mais peu importe, Bukowsky n'était pas aimé par les capitalistes (c'est le moins qu'on puisse dire), certains l'auraient même pendu haut et court. Comme quoi une société de consommation ou bourgeoise finit toujours par recracher, après l'avoir ingérer et digérer, au moment où ça l'arrange (l'actualité des insurrections arabes) dans un style qu'elle copie (Mallick) ce qu'elle a commençé par détester (Bukowsky).
Cela ne change rien à l'analyse faite mais il me semble que la jeune femme le bras levé face à l'océan c'est clairement une référence à la statue de la liberté (en écho avec le jeune migrant (?) aux yeux hagards dans sa barque). Elle est aussi sans doute une jeune décoiffée qui sort du concert de rock, ou d'une manif et qui vient se "ressourcer" face à l'océan. Effectivement, ce mélange sans queue ni tête qui consiste à juxtaposer des références jeunes politiquement correct est bien écœurant. Cela doit il nous inquiéter sur le niveau de culture des diplômés en marketing ? J'ai bien peur que oui ....
"On aura compris que ce qui me gêne ici est qu’elle fasse mine au lieu de ça de faire de la politique, selon une rhétorique assez anarchique pour être totalement décérébrante, et assez pernicieuse pour être, à la fin, dépolitisante."

Si je lis le poème sans voir le film, je n'en fais pas une lecture spécifiquement politique. Je pense à la philosophie de l'existence du poète, mais également à la problématique de la transmission: je m'interroge comme après la fermeture d'Apocalypse Bébé: "Avec ce qu'on a fait de notre société, de nos rébellions et expériences passées, c'est quoi, le message que l'on adresse à nos jeunes ?"

Voilà donc un poème, où le père Bukowsky invite l'enfant en passe de devenir adulte à se rebeller, à réaliser le bienfait de compter sur son propre instinct (sexuel, certes, mais aussi émotionnel, moral, spirituel, politique), à réaliser que c'est l'expérience de la liberté qui va lui permettre de rayonner (et quand on parle de lumière, il me semble que l'on parle de quelque chose qui n'est pas égoïste, mais au contraire qui se partage). A dire, en substance, que ni lui, le père, ni aucun dieu n'a de réponse, n'a le fin mot de l'histoire, de ce que l'enfant doit devenir, pour lui même et pour les autres, mais que l'enfant en choisissant de devenir adulte, fait au monde un cadeau magnifique.

J'aime le poème, le film sert ce poème très fidèlement, en évitant justement de délimiter le champ d'expérimentation qui s'offre au fameux jeune.

Le décérébrant, le pernicieux, le dépolitisant ? Désolé Judith même avec beaucoup d'effort je ne vous suis pas.

Voulez-vous vraiment nous dire la même chose pour l'autre pub Levi's, avec la même agence Wieden + Kennedy, le même acteur, et explicitement politique, le poème Pioneers de Walt Whitman ?

Sur le même sujet, je vous invite à considérer l'analyse du magazine Boards
En effet, d'autres l'ont dit, il est fréquent de voir des images de belles causes détournées dans des pubs. Je ne sais pas s'il est si fréquent d'y entendre des poésies en texte intégral, du détournement de texte.
Très contente de trouver cet article après avoir tenté, maladroitement, d'exprimer à d'autres pourquoi je la trouvais obscène ...
Bien sûr, elle est en droite ligne de ce qui se fait déjà depuis longtemps: détourner des aspirations, des valeurs, ces choses nobles par lesquelles on se sent vivant, qui nous poussent en avant. Mais elle le fait un cran au dessus et j'adhère à l'analyse proposée: on glisse d'une aspiration à l'autre, en les vidant de leur substance, en en gardant uniquement l'élan pour lui-même, lancé vers du vide et récupéré au profit de l'objet, de la marque.
Ca pue!!! et pour tout dire, ça sent la mort!!
La seule chose de nouveau ici c'est la référence explicite à l'activisme gauchiste, et non plus seulement à l'idéal de réalisation individuelle qu'on voit dans de multiples pubs depuis des décennies. On montre des jeunes qui se révoltent alors qu'avant on les montrait en train de s'éclater dans la nature, au pieu, aux concerts de rock, etc. L'"esprit de 68" (et non pas la grêve générale qui elle était plus en continuation du mouvement ouvrier du 19è), c'était se libérer du carcan des formes d'autorité collective (morale bourgeoise, religion, Etat Gaulliste, etc.), pas d'être individuellement responsable. Aucune surprise à retrouver 40 ans plus tard un écho à cet esprit de liberté individuelle dans cette pub comme dans d'autres pubs actuelles : "Et vos envies prennent vie" (Leroy Merlin), "C’est avec l’esprit libre que l’on avance" (GAN assurance), "Vous êtes vivant, alors vivez" (Cœur de lion), "Vivre avec légèreté" (Fruit d'or), "La vie est trop courte" (Xbox), etc. Quand on regarde à la loupe les slogans de 68, ils célèbrent tous un idéal de liberté individuelle, exactement comme les pubs, mais aucun (ou presque) n'invite aux notions inévitables de la gauche de demain qui à la fois incluent et transcendent 68, dans des valeurs de renoncement relatif à soi et de considération plus grande pour ce qui nous est extérieur : le partage, la frugalité comme nécessité écologique, être responsable des autres comme de soi-même, l'empathie, la civilité… Un autre monde (sans pub) est possible.
... est une référence explicite aux photogrammes de Robert Frank. Levi's a réussi à me redonner envie de faire la révolution -en commençant par brûler leurs jeans.
http://www.dailymotion.com/video/x3ljab_pub-cachou-lajaunie-1983_fun
Autant poser la question ainsi :

" Entre la liberté d'expression et le respect, lequel des deux l'emporte"

Sous le régime démocratique qui est le notre, c'est la liberté d'expression qui va l'emporter (sauf dans un cas précisé par la loi).

Donc la liberté d'expression incluant celle de manquer de respect à tout et à tous, tout le temps, et l'objectif de la pub étant de marquer les esprits, il s'établit une corrélation entre l'objectif et la pratique qui aboutit à ceci :

http://www.youtube.com/watch?v=NpRmGxoqCYc

Je cite "j'te kiffe malgré que tu sois d'la merde"

Dans la catégorie qui prête à rire tellement la démarche est pathétique vous avez aussi ce spot du gouvernement :

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/frauder-c-est-voler-la-nouvelle-campagne-de-pub-du-gouvernement-29-08-2011-1411670.php

"Frauder c'est voler, frauder on a tous à y perdre, celui qui fraude sera sanctionné"

Un champ lexical si pitoyablement pauvre et répressif que même Goebbels l'aurait trouvé trop corsé. Il n'y manque qu'une menace d'aller en enfer pour l'éternité.

En fait, je pense que les publicitaires le savent, on s'adresse à l'inconscient du sujet exposé à une pub et celui-ci ne réagit pas aux négations, il s'agit donc d'une pub pour la fraude. A mourir de rire.
Chaque poème est un message, un voyage. La publicité est également un message. Il se trouve que dans ce cas, une marque de jeans veut communiquer sur son identité plutôt que sur ses produits. Elle utilise donc un poème, supposé coller à son identité. Belle analyse du message mais finalement est-ce si surprenant / choquant ? Je préfère ce genre de pub aux messages type "1,49€ seulement"... Sans doute est-ce parce que je ne suis pas une ménagère de moins de 50 ans.

Une publicité qui avilit un poème ? Peut-être ! Un poème qui "habille" (oui, j'ose) une publicité ? Surement :) Voyons-y une appréciation de la pub plutôt qu'une dépréciation de la poésie.
Comme Dominique Godin, je comprend pas bien l'objet de cet article. Cette pub est probablement moins décérébrante que la grande majorité de ce qu'on voit passer à la télé. Si il faut parler de déontologie de la publicité (oxymore ?) c'est pas les procédés utilisés dans celle-ci que je trouve le plus révoltant.
Je crois tout simplement que Judith se trouve à l'opposé du coeur de cible des marketeux de chez Levi's.

En fait, je vis à l'étranger depuis quelques temps maintenant, et ne regarde plus du tout la télé, et donc la pub. Quand je reviens en France et que je retrouve cette bonne vieille pub, maintenant je la regarde, alors qu'avant ça n'était que le 'buzzz' d'un réfrigérateur comme disait l'autre (même si je reconnais que j'étais forcément influencé par certaines). Et bien je suis attéré de constater à quel point on est pris pour des mous du bulbe (d'ailleurs le spéctacle de moi gésticulant sur mon canapé et me répandant en invectives contre ma télé doit être assez comique). Comme si 80% des pubs s'adressaient à des enfants de 8 ans.
Bref, tout ça pour dire que les autres pubs sont toutes aussi révoltantes, mais d'une facture plus classique, on y est habitué et ça nous glisse dessus.
Celle-ci a au moins le mérite de l'esthétisme. A l'américaine quoi.
Très belle analyse Judith ! Un vrai plaisir de te lire ! Mais quel décorticage nécessaire pour quelques secondes d'images crachées au visage !
Merci ! C'est une démarche vraiment salutaire, pour nous rappeler à la circonspection vis-à-vis de tous les messages plus ou moins agressifs auxquels nous sommes soumis quotidiennement ! Merci !
Analyse brillante... mais rien ne me dégoûte là-dedans.
Levi's, c'est l'Amérique, le self-made man, l'individualisme, la jouissance.
En prime, on a des jolies images poétiques.
La pub, toute pub, est le symbole du capitalisme, et de la mondialisation.
Levi's, comme Nike, comme Chanel, etc. n'a pas besoin de pub qui font la promo de l'objet. Elle font de jolis objets qui marquent les esprits.
C'est réussi.
Cette pub n'est pas politique, elle cible la jeunesse, dans ses incohérences émotionnelles, dans ses volontés contradictoires. Seuls les jeunes, d'ailleurs, sont paradoxaux ? J'en doute.... Elle me touche aussi, cette pub...
Ah si tout le monde avait pu faire comme moi (sans savoir d'ailleurs).
Je n'ai JAMAIS pu porter un jean, çà me gratte et la taille est toujours bien trop large par rapport à mes hanches, cela va sans dire, suis une fille.
Quant au cola coca, çà m'a toujours fait gerber, sais pas pourquoi.
Comme la vie serait belle sans jean ni coca, n'est ce pas ?
Tiens, c'est drôle : j'ouvre mon nouveau paquet de céréales (A**-B*** de K******'s) ce matin, et j'y lis un beau message - sans doute lié au contenu du carton - qui me refait penser à cette chronique : "Libérez-vous". Par les pétales de blés et les fruits secs. Si si.

C'est pas nouveau que la pub fonctionne sur ce genre de messages, qui visent à faire croire qu'on vend bien plus qu'un objet ou un bien de consommation : un art de vivre, une philosophie. Notamment lorsqu'elle veut parler aux jeunes (ou à ceux qui veulent encore se croire jeunes) dont on pense communément que la révolte et l'envie d'absolu est l'apanage. D'ailleurs, le trio révolte verbeuse, sexe et rock'n'roll est finalement très banal...

Ceci dit, si l'analyse que Judith Bernard fait dans cet article est juste et intéressante, le sous-titre me pose problème. Il me semble que la décérébration ne vient pas de la pub - c'est lui prêter un bien trop grand pouvoir. La pub hypnotise un peu, mais son but est surtout de baigner ceux qui la regardent dans un pot-bouille de consommation où les marques doivent marquer (c'est-à-dire qu'on doit se souvenir du nom, accessoirement en l'associant à une sensation plutôt positive). Non, la décérébration vient, comme l'a compris l'autre, là, de TF1, du manque d'éducation - ou plutôt, pourrait-on dire, d'une éducation négative. La publicité ne dépolitise pas ; elle fonctionne dans un univers dépolitisé. Il faut qu'on soit déjà plongé dans cet univers pour adhérer au message qu'elle porte.

On peut toujours choisir d'ignorer les messages publicitaires (même si on n'y échappe jamais totalement, à moins de ne plus les voir), mais il faut en avoir les moyens...

Et puis, franchement, si on doit faire un concours des pubs de cinéma à effet dégobillatoire, je propose en bonne place celle de RTL qui prend précisément ceux qui se révoltent pour des veaux et leur crache à la figure sans vergogne.
Ah très chère Judith !
Merci et bravo pour cette chronique. Bel exercice d'analyse et décorticage d'un clip publicitaire.
Eh oui de la bouillie intelectualo-boboisante pour bien nous embrouiller la tête et nous abêtir
Toute cette énergie, toutes ces qualités intelectuelles et talents réunis pour nous vendre une marque.
On imagine le nombre de réunions, de remue-méninge, de millions d'euros pour faire cette pub, quel gâchis !
La mer représente les origines, Le jean venait du monde du travail. Vous souvenez vous du truc consistant à se baigner dans l'eau de mer avec son jean pour qu'il soit parfait, du temps où les jeans se délavaient seulement au fur et à mesure qu'on les portait ? Depuis longtemps il n'est plus un vêtement de travail, il accompagne maintenant toutes ces images que vous interprétez si bien. A la fin de cette pub, immuablement on revient à l'eau de mer, image de départ. C'était un de leurs slogans. Un Levi's survit.

Je suis d'accord il y a quelque chose d'écoeurant et de déprimant dans ce recyclage de poésie sortie de son contexte et cette récupération d'images de pseudo actualité filmées style "réseau sociaux".
Merci de l'avoir décortiqué pour nous.

La première fois que je l’ai vue, je me souviens, ça m’a fait un violent haut le cœur– de voir comme l’empire capitaliste détourne la geste insurrectionnelle à des fins commerciales (c’est comme ça que je me suis dit les choses, direct, dans un blurp mal réprimé). Dans les grandes lignes, je trouvais ça répugnant.


Tout ça pour une simple pub ? Qui fait ce pour quoi elle est faite. On dirait que vous découvrez la lune.
Merci pour l'article.

Quant à la publicité incriminée, elle me paraît moins putassière que celle de Société Générale http://www.youtube.com/watch?v=P3QYTxK-zkE
qui tente de récupérer l'esprit d'équipe, avec des images de collectifs, dont celle de manifestants type indigné. Bizarrement, cela me paraît davantage manipulatoire que celle sur les jeans. Sans doute parce que les jeans sont un produit ni meilleur ni pire qu'un autre, tandis que la banque tente quant à elle à se blanchir via cette pub.
Pouvez-vous me dire, Judith, ce que vous entendez par "une rhétorique assez anarchique pour être totalement décérébrante" ?
Par ailleurs, il semble que la publicité soit la poésie de la marchandise, ce qui indique bien ses limites. Jouant du désir comme matière première détournée et manipulée, elle arrive à balbutier une petite chanson bien ficelée, mais avec une ficelle tellement énorme qu'elle n'atteint que ceux qui aiment être pris dans ses liens.
C'est ce que j'espère vivement.
Le lien mis par un @sinaute sur la pub Eristoff m'a permis de respirer un peu : tellement énorme qu'elle en devient comique. L'avez-vous vue ?
emmanuelle k.
Excellente chronique, comme d'hab' !

Pour les amateurs de Bukowski :

http://www.youtube.com/watch?v=oHCZbIm06hw
Oubliez les jeans, c'est quand même beau ce qu'on fait ces publicitaires !
La photo, le montage, le texte de Bukowski, cette voix off, cette musique (serait-ce du Godspeed you! Black emperor ?)
A ce niveau là, c'est une œuvre d'art, non ?
pour ma part j'y ai vu l'éloge du suicide ou de la mort programmée!!
Ne jamais oublier: la pub "parle de ce qu'elle ne vend pas pour vendre ce dont elle ne parle pas" (j'offre une bière pression en canette à qui retrouve l'auteur -Debord, Vaneigem, Voyer?...- de cet aphorisme puissant)
J'ai beaucoup apprécié l'allusion à la lutte contre les dessous de table (ou alors quelque chose m'aurait échappé?)

En tous cas, ça vaut le coup de se pencher sur cette pub esthétiquement bien faite et qui veut donner au spectateur
le message que porter des Levis c'est être à l'avant-garde des mouvements de société.
Merci Judith
C'est quoi les films que vous avez vu, Judith ?
Enfin, ceux dont vous voulez bien nous parler tout au moins.

yG
Bravo et merci Judith, cette chronique est épatante !
Bah, j'aime beaucoup ce que vous tirez de cette pub, en termes de de qualité d'indignation et de réflexion intellectuelle. Et les images de François Rose agrémentent visuellement l'article de façon très réussie, parce que les images de la pub sont d'un esthétisme assez bluffant, et la mise en images en long comme il l'a fait rendent mieux compte de cette pertinence.

Certes c'est de la récupération à tous les étages, une façon de phagocyter une démarche politique pour la tuer, sciemment ou inconsciemment, je ne sais pas.

Mais c'est une pub avant tout destinée aux jeunes, avec évidemment ce qui est dans l'air du temps : Bukowski et son esprit de nauffrage, la révolte, le sexe, la vie à tout prix, l'aspiration à la beauté, Un kaléidoscope poétique et esthétique de toutes ces tensions et contre-tensions qui agitent la jeunesse Il ne faut pas chercher plus loin que le désir d'identification à la vision brouillée des jeunes pour lesquels tout se mélange dans la tête. Un mix d'excitation, de recherche d'absolu, de ravage et de rédemption.En tout cas, mon esprit errait d'une chose à l'autre ainsi quand j'étais jeune.

Bon ! Cela n'a peut-être pas changé tant que ça en vieillissant....

Et puis, ce n'est pas pour ça que j'achetais et que j'achèterai des levi's. Mais certains peuvent être poussés à l'achat, parce qu'ils se sentent bien dans cette vision brouillonne du monde, où seul l'instant compte.
Voilà comment expliquer les émeutes de Londres, ils ont foncé chez levis les mecs! Quand on vous dit de ne pas écouter tout ce qu'ils racontent à la télé...
Texte passionnant.auquel j'adhère complètement tant cette pub m'a dérangée. Je ne sais pas pourquoi j'ai repensé à une pub de l'UMP ratée. Celle qui nous chantait vouloir changer le monde .La politique en pub,c'est hilarant et tellement dérisoire.
Super, je l'avais pas encore vue celle-là. Ce qu'ils sont marrants ces publicitaires...

Ceci dit, rien qui me choque particulièrement. Vous ne devez pas beaucoup regarder la télé Judith, et grand bien vous en fasse, mais cette pub Levis n'est qu'une variation exemplaire de ce qui se fait en ce moment. Je ne pourrais pas les citer exactement, il faudrait faire un petit travail de recherche, mais toute cette année il m'a semblé voir des choses similaires. Arrêtez de vous faire marcher dessus, faites la révolution, achetez telle voiture. Battez-vous. Résistez. Montrez que vous êtes quelqu'un. Que vous existez. Que vous aussi vous avez droit à une BM. Ce genre de trucs. Ils prennent notre pouls, révoltes arabes et indignés européens, et hop ils s'adaptent.
J'associe tellement cette mécanique à une chose froide et inhumaine que ça ne me fait plus de haut le coeur. Même pas quand ils détournent nos envies de révolution. Je suis peut-être pas assez romantique, vous me direz.


Celle-là, par contre, m'a fait l'effet d'une bombe. La pub la plus honnête que j'aie vue. La seule qui se fout ouvertement de notre gueule.

http://www.youtube.com/watch?v=bi3jgJ5p6Yk
Tout ça pour vendre un pantalon.... la chute est quand même un peu mesquine, ça pourrait être contre-productif, non?
C'est pertinent, c'est intelligent, c'est jouissif. Merci !

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Bravo et merci Judith, c'est absolument atterrant. Nous étourdir jusqu'à la nausée, bon ben voilà, ça c'est fait.
Le point commun de toutes ses images ? la jouissance. La jouissance de manifester, de gueuler, de baiser. comme sous titre, on aurait pu avec un poil de cynisme marquer : "ça leur passera avant que ça me reprenne".
Les jeunes, ça a besoin de bouger dans tout les sens, il n'y a pas de politique là dedans. Juste une manière de capter l'écume visuelle de ces mouvements.
Sur la récupération, Leclerc avait été bien plus bourrin ...
MAGISTRAL!
2 principes:

1° La pub salit tout ce qu'elle touche.
2° La pub touche à tout et essaie de récupérer tout, y compris ceux qui la combattent...

J'avais une amie autrefois qui, quand elle voyait arriver les longs tunnels de pubs d'avant-film, se retournait ostensiblement et restait dos à l'écran pendant toute la durée des spots...
Les spectateurs assis dans les rangs derrière elle l'observait un peu gênés ou parfois agacés.

Quant à moi, si je ne vais pas jusque-là, à la maison c'est coupure systématique du son (voire extinction) à la moindre page de pub.

Mais cela ne suffit manifestement pas. Certains sont déjà passés à l'attaque en s'en prenant physiquement aux panneaux d'affichage public...

Il faudrait désormais aller plus loin.
Je n'ai pas le temps de vous lire jusqu'au bout Judith alors je ne sais pas vers où vous nous emmènerez ... je reviendrai dès que possible.. j'ai juste regardé la pub... c'est rigolo car la semaine dernière nous avons pris la même chose en pleine poire avec mon mari : je dois être longue à la détente car je me suis demandé de quoi il retournait alors que mon mari a lâché : "putain, tout ça pour un jean !)

à plus donc !
Ha ça, quand une pub nous dit "tu es prodigieux, les dieux attendent de se délecter de toi", je vois Narcissisme qui clignote en néon rouge en très gros juste au-dessus.
Comment faire autrement ?
Hé, hé...
Mais bon, il est mort.

Tout comme ce pauvre Bukowski. Y'a des ayant-droits et/ou des éditeurs, des fois, vraiment indignes du legs qu'ils ont reçu.
Sinon :

On aura compris que ce qui me gêne ici est qu’elle fasse mine au lieu de ça de faire de la politique, selon une rhétorique assez anarchique pour être totalement décérébrante, et assez pernicieuse pour être, à la fin, dépolitisante.

Mais il n'y a rien de nouveau là-dedans, et surtout pas "qu'elle fasse mine", puisqu'elle n'a jamais rien fait d'autre : utiliser les codes, les tendances les plus récentes pour vendre. Le reste, elle s'en fout. En ce moment, c'est la révolte, l'indignation. Ben la pub nous la joue révolte et indignation. Normal (dans son fonctionnement, de son point de vue).
Maintenant, que l'on dise que son utilisation est politique, c'est un autre sujet.
Ils avaient déjà fait le coup en 2009, avec un poème de Walt Whitman, lu, déjà, par lui-même. Forcément, vu la date, le son est mauvais et le texte apparaît donc aussi à l'écrit.
http://www.youtube.com/watch?v=_uBsV8wAEhw
Tiens, en voilà un, un réel hommage à Walt Whitman...
Et pendant que j'y suis, un réel hommage à ce vieux crado de Henry Chinaski, via ce même poème.
Merci de ce rappel qui permet aussi de juger de la faiblesse du film publicitaire démonté par Judith vs cette campagne 2OO9, où on pouvait voir une vraie cohérence entre l'Amérique de Walt Whitman et la paire de Levi's, l'un de ses incontestables symboles vestimentaires.
En 2011, ils ont du aussi faire des économies dans l'agence de pub et torcher la campagne, en pensant que cet amalgame très bien décrit par Judith, ferait bien l'affaire! C'est râté, malgré la belle voix que je crois identifier comme celle de Terence Stamp (?) pour lire les mots du poète mort, ça ne marche pas du tout!
Advetising is a dirty work, but somebody has to do it !?.... Encore faut-il en avoir le talent ;-/

Ha ça, quand une pub nous dit "tu es prodigieux, les dieux attendent de se délecter de toi", je vois Narcissisme qui clignote en néon rouge en très gros juste au-dessus.


N'est-ce pas symptomatique de notre époque (et cela remonte aux années 1980) dont l'idéologie dominante est celle de l'accomplissement personnel, égotique au détriment des luttes collectives au service de tous.

Dans ce clip, ça percute particulièrement fort car ce slogan individualiste classique des pubeux (just do it ! Be yourself ! Parce que je le vaux bien ! etc. etc..) essaie de récupérer les mobilisation et les luttes collectives d'une jeunesse contre un système qui prétend la vouer au pinâcle (cf. l'univers jeune et adolescent qui archi-domine dans nos médias, y compris quand on s'adresse à un public-cible de retraités --> "Plus belle la vie!" par ex.), mais qui, en fait, l'infantilise (consumérisme débile) ou la broie (précarité, chomage, relégation, déclassement, etc...).
En effet, c'est ce qui n'est pas relevé dans cette chronique et qui me frappe immédiatement...

"ta vie et ta vie" comme si le système commercial, libéral, était incapable de voir, d'entendre que dans les révolutions que nous vivons en ce moment, il ne s'agit pas seulement de la vie individuelle de chacun, mais de l'intérêt général. Il ne s'agit pas si nous voulions faire quelque chose de ce qui se passe actuellement de "ma vie est ma vie" mais de "nos vies sont nos vies"

aveuglement ou volonté de déconstruire ? je l'ignore... mais je crois que c'est ce qui fait que cette pub loupe sa cible...
Je ne suis pas d'accord avec la traduction de Judith...
Les dieux attendent de se délecter de toi

The gods wait to delight in you

Je traduirai plutôt par:
les dieux attendent de pouvoir se réjouir en toi
les dieux attendent de prendre du plaisir en toi

Ils veulent que tu vive avec du plaisir pour jouir avec ou par toi...
Seul toi, dans forme d'humain magnifique/merveilleuse (you are marvelous) est pour eux une porte sur le monde...

Cela donne un tout autre sens!

Mais, le poème que je ne connaissais pas est magnifique...
Merci Judith.
Pas vraiment : en anglais la version intransitive du verbe est toujours suivie de "in" traduction de "prendre plaisir a"
Je ne sais qui a raison pour la traduction, mais l'interprétation de Yann est... séduisante.
mais c'est pas la traduction de Judith, c'est celle qui est en sous-titre dans le film.
Oui je le regrette egalement ...
Quel bonheur d'aller voir des films dans un ciné indépendant où il n'y a pas de pub! Que viva UTOPIA!!!!
Et l' "ABC" (rue Saint Bernard à Toulouse) !
En même temps ,c'est de la pub pour les vices.
Eric Hazan ? Désolée ;-))
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