Proxy #8 : chez Radio France, les précaires essorés
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    Loris Guémart
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Cette semaine, on revient sur la lassitude des responsables de médias indépendants pour qui chaque sou est compté, comparé à l'attitude d'une rédaction comme celle du Point dans l'affaire Zemouri (2:15). On dévoile pourquoi deux enquêtes successives se sont penchées sur les conditions de travail – précaires et parfois dangereuses pour leur santé – des jeunes journalistes de Radio France, et on explore les conséquences qu'a ce système sur la qualité de l'information avec la doctorante Alexia Cappuccio qui étudie la question (7:20). On s'interroge sur le rachat par le groupe Reworld à TF1 de nombreux sites tels que les Numériques, Gamekult, Doctissimo ou Marmiton (1:01:30). On revient sur les explications du Point suite à l'affaire Zemouri (1:15:05). On examine la motion de défiance votée par la rédaction de France Télévisions à l'adresse de son directeur de l'information Laurent Guimier (1:26:45). On discute avec le cofondateur de Mediapart Laurent Mauduit à propos des subsides déversés en toute opacité par Google sur une partie de la grande presse française (1:43:00). On s'interroge sur les pubs cachées de la revue et du site web Chut! (2:20:15). On découvre qu'un comédien s'est immergé dans la campagne d'Éric Zemmour, sans que cela ne suscite le moindre intérêt médiatique (2:46:55). Enfin, on se demande si les éditorialistes, les présentateurs de télévision, les médias et émissions d'infodivertissement, ou les influenceurs doivent être traités à la même aune que les journalistes "sérieux" par ASI (3:08:40). Bon visionnage, et rendez-vous mardi prochain à partir de 16 h 30 sur notre chaîne Twitch !

financement des médias par l'État : précisions

Lors de l'interview avec Laurent Mauduit, celui-ci a évoqué, entre autres, les 16 millions d'euros touchés en 2019 par le groupe propriétaire des Échos et du Parisien, dont Bernard Arnault est propriétaire. Ces presque 16 millions (soit 4 % de son chiffre d'affaires), sur un total de 87 millions d'euros d'aides directes versées à la presse en 2019, comprennent des aides au "pluralisme", à la "diffusion" et à la "modernisation". Les principaux bénéficiaires, hors du groupe d'Arnault, sont le Figaro, Libération et le Monde. 

S'appuyant sur les chiffres officiels disponibles pour 2019, complétés de précisions révélées par la Lettre A, le site spécialisé mind media a constaté que les aides à la distribution, censées subventionner l'envoi des journaux, n'avait pas de lien avec leurs ventes et abonnements. Les aides liées au pluralisme ne le sont pas non plus, mind media faisant remarquer, la concernant, que les principaux bénéficiaires sont Bayard presse (qui détient la Croix), Libération et l'Humanité ainsi que de nombreux groupes de presse régionale.

Les seules données disponibles pour 2020 ont été récemment dévoilées par le rapport sénatorial sur la concentration des médias. On y découvre que les cinq plus grands groupes bénéficiaires d'aides directes à la presse, toutes catégories confondues, sont celui d'Arnault (24 millions d'euros), le Monde, le Figaro, Ouest-France et Bayard presse, soit au total près de 57 millions d'euros contre 40 millions d'euros en 2019. Une grande partie de ces aides est cependant venue renflouer les groupes de distribution comme Presstalis, précisent les sénateurs.

Aux sources de l'émission

- Le Club Indé portant notamment sur la situation financière aujourd'hui difficile de la presse indépendante, le billet de la rédaction annonçant la fin de La Presse Libre, l'appel à l'aide de NextINpact.
- Les enquêtes sur la précarité des jeunes journalistes à Radio France par Libération et le Monde. Les articles de Télérama sur le sexisme et la culture du silence envers ces précaires, un article du Parisien en 2020 lorsque des commentaires désobligeants issus du concours au "planning" avaient été rendus publics par le Syndicat national des journalistes (SNJ) de Radio France. Un article des Échos publié en 2015 sur "l'enfer du planning", une brève de Télérama sur l'appel des précaires lancé en 2013. Le fil Twitter de la journaliste Marjolaine Koch à propos de sa propre expérience dans les années 2000. L'annonce dans le Figaro de la disparition des journaux nationaux de France 3.
- Un article de Puremédias sur l'annonce de rachat de sites de TF1 par Reworld Media (révélée par la Correspondance de la presse). Notre enquête sur les pratiques de Reworld, notre article sur le départ d'une partie de la rédaction de Science & Vie, des réponses faites récemment sur Twitter par son actuel rédacteur en chef adjoint. Un article de la Lettre A et une dépêche AFP republiée par France 24 à propos du million d'euros demandé par Reworld en justice à l'équipe d'Epsiloon composée des anciens de Science & Vie.
- Les premières explications publiées sur le site du Point à propos de l'affaire Zemouri, un article sur sa source Noam Anouar, l'enquête de CheckNews, nos deux articles sur l'affaire Zemouri et le récapitulatif de Mediapart.
- La dépêche AFP dévoilant la motion de défiance des journalistes de France Télévisions envers Laurent Guimier, adaptée par le Figaro et par Libération. Notre article sur le dispositif "Nos sources" lancé l'an dernier par Guimier, un exemple récent montrant qu'il est appliqué de façon erratique (au mieux).
- Les trois articles publiés en 2022 par Laurent Mauduit chez Mediapart concernant le financement des médias par l'État et par les Gafam, notre enquête de janvier 2022 sur les pressions de Google.
- Quelques contenus de publicité native issus du site de la revue Chut! : leboncoin, Jamespot, Elior, La Poste. Notre enquête en deux volets sur la prévalence de ce type de publicités dans les médias, et sur les conséquences pour leur crédibilité.
- L'article de la Nouvelle République ayant révélé l'immersion d'un comédien en tant que photographe officiel de la campagne Zemmour, la critique du spectacle et un entretien avec Hugues Duchêne dans les pages "culture" de Libération, une recension du spectacle par sceneweb. L'une de ses photos les plus emblématiques sur le compte Twitter d'Éric Zemmour, et sa reprise par Valeurs actuelles.
- Un point de vue sur le Club de Mediapart du militant associatif et syndical Patrick Cahez à propos du fait qu'Arrêt sur images "assimile des saltimbanques de l'info spectacle à des journalistes ou des éditorialistes". Une considération du même ordre émise sur Twitter par la journaliste Melinda Davan-Soulas autour d'une chronique de Thibault Prévost sur la keynote Apple.

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