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Oui à La Ruche qui dit Oui !

Vous lisez la presse locale ou le canard de votre quartier ? Alors peut-être connaissez-vous La Ruche qui dit Oui, start-up labellisée sociale et solidaire qui vient de lever 8 millions d’euros auprès d’investisseurs étrangers et qui est passée sous le radar des médias nationaux. Le principe est simple : vous commandez sur Internet la marchandise auprès de producteurs locaux – viandes, pains, produits laitiers, fruits et légumes – puis vous récupérez vos victuailles dans une Ruche près de chez vous qui accueille les producteurs. Une manière de consommer différemment, en privilégiant les circuits courts et le retour à la saine nourriture.

Derniers commentaires

J'ai l’impression que ASJ défend les ruches parce qu'elle a été "séduite". A t-elle seulement pensé à sonder les producteurs qui y sont ? A comparer le niveau de prix amap et ruches ? Le taux de profit pour les producteurs en amap et ceux des ruches ? Les différents modes de production ?

Car en consommant dans une ruche il est possible de trouver des produits bio, mais aussi des produits de l'agriculture intensive comme les pommes de mon voisin qui sont traitées 30 fois aux produits chimiques...

Les ruches prétendent qu'elles ne dictent pas le prix au producteur. Bien. Première chose, comme on le sait, un prix n'est jamais le fruit du hasard.

Dans les amap le prix du panier est conditionné par les coûts de production et le salaire du producteur. Pour que les amapiens comprennent et acceptent ce prix, et dans un objectif de transparence , les coûts de prod sont expliqués et le prix du panier est débattu en AG On observe que dans ce cas déjà le prix n'est pas fixé en totale liberté car il dépend des coûts de production que le producteur ne maitrise pas forcément (semences, plants, matériel,...) Néanmoins, il ne tient pas compte du rapport de force sur les marchés (offre/demande), ce qui est déjà énorme et représente l'arme principale des amap contre le productivisme !

Dans les grandes surfaces les prix sont fixés par rapport au jeu de l'offre et la demande sur les marchés. Les prix sont clairement dictés par les centrales d'achats, toujours le plus bas possible, autant que le marché le permet. Il arrive que certaines grandes surfaces veuillent continuer à s’approvisionner localement pour des questions marketing. Pour cela elles doivent s'assurer de "la reproduction de la force de travail", c'est-à-dire assurer un prix minimum à un producteur du coin afin qu'il ne mette pas la clé sous la porte.

Dans les ruches, le prix est bien fixé par le producteur, conformément à ce qui est écrit dans l'article. A première vue, c'est encore mieux pour le producteur que les amap où le producteur est obligé d'expliquer et de faire valider le prix du panier en AG. En approfondissant, on se rend compte que le prix est conditionné par les 20% de prélèvement de la ruche car il faut bien augmenter le prix pour un taux de profit similaire... ou diminuer les coûts de production en massifiant la production (utilisation de pesticides, élevages de batterie, pression sur les employés,...). Comme la structure n'est pas associative, elle ne permet pas au producteur d'expliquer ses coûts de production et de...commercialisation importants, les contraintes de la production . Les "consommateurs" des ruches sont d'autant plus sensibles et réactifs aux prix qu'ils ne sont pas abonnés et ne sont en rien liés avec le producteur qu'ils voient très peu.

Au final, comme je suis super sympa et pour ne pas être trop dogmatique, je dirais qu'il existe plusieurs cas de figure . Je vais en décrire 2 en m'efforçant de dégager un scénario optimiste très incertain étant donné le peu de transparence et d'implication des consommateurs dans les ruches...

Cas de figure "positif": Les consommateurs sont des personnes qui disposent d'un portefeuille important et sont prêts à payer plus cher "parce que c'est "local" et de "qualité". Le "producteur" pourra vendre à des prix qui lui permettent de bien vivre et assurer une production de qualité en dépit des prélèvements importants des ruches.
Mais cette qualité n'est soumise qu'au bon vouloir du "producteur", aucune obligation de produire bio, ni autres labels de qualité dans les ruches, aucune visite sur le terrain. Théoriquement la marchandise peut même provenir du marché gare (type Rungis) , même si c'est certainement interdit par le règlement des ruches. Qui est là pour le vérifier? Qui connaît vraiment le producteur?

Cas de figure négatif: Les consommateurs sont des français moyens et disposent d'un portefeuille limité. Le producteur doit s'aligner sur le cours du marché car les consommateurs ne comprendraient pas des prix plus élevés, cela en dépit des prélèvements importants des ruches. Le producteur n'aura aucune envie de faire de la qualité pour des consommateurs qui ne reconnaissent pas son travail à juste titre et s'orientera vers l'agriculture intensive. Dans ce cas de figure les ruches sont soumises à une concurrence importante étant donné la faible qualité de la production

http://www.lessaveursdekienheim.fr/spip/index.php
Anne-Sophie Jacques a écrit : « Le [producteur le] plus proche est à Tours-même : il y brasse de la bière. »

Sauf que le soi-disant « producteur » ne fait que commercialiser1 une bière produite ailleurs et par quelqu'un d'autre. Et il ne s'en cache pas, et ne prétend pas être un brasseur (par contre La Ruche qui dit [texte écrit avec modération] le présente comme « brasseur depuis 2012 »). D'après un article de France Soir du 15 juin 2011 reproduit sur le site ouaibe du « producteur », elle serait brassée à Céré-la-Ronde2 (donc par la Brasserie de la Pigeonnelle, qui produit la Loirette)3.

1. « La Loère, marque déposée par Christophe Germain, puis reprise par Cyril Langlois » http://www.detours-gourmands.fr/bonnes-adresses/produits-du-terroir/item/la-biere-bio-des-freres-hardouin.html.
2. À environ 45 km de Tours.
3. Ce que confirme4 par exemple cette interview de Cyril Langlois datée du 3 septembre 2014.
4. Par contre, à en croire le site RateBeer, elle serait fabriquée par La Fabrique des Bières d'Anjou (qui, à La Ménitré5, produit La Piautre).
5. À environ 80 km de Tours.
Petit témoignage d'un déçu de la RQDO. Bio, bon, locavore, peut-être. Mais la Ruche n'est pas une oeuvre sociale, voici pourquoi.

J'habite Le Bourget (93350) depuis 2006 et je suis adhérent à la Ruche de Drancy (commune juste à côté) depuis son ouverture. Je me souviens que j'avais attendu impatiemment 2 années avant qu'une ruche ne s'ouvre à côté de chez moi. Sans boulot à l'époque mais désireux de sacrifier une partie de mes revenus pour que mes enfants mangent mieux et aident les producteurs locaux, j'étais dès mon arrivée au Bourget en quête d'une AMAP ou d'une Ruche. Rien à proximité.
Un producteur-maraîcher courageux de Seine et Marne livrait pendant un temps à la gare RER de Drancy, je prenais ma voiture le lundi soir pour aller lui acheter des produits. Il s'est découragé, transports trop difficiles, revenus trop faibles.
Une Ruche a donc ouvert à Drancy il y a peut-être 5 ans. Chouette !

Je précise que Le Bourget est une commune pauvre où la population n'est pas -encore- bobo, pas comme à Pantin ou Aubervilliers. Malgré la notoriété de son aéroport, les habitants ne tirent AUCUN bénéfice des évènements connus qui ont lieu sur son territoire : le Salon de l'Aéronautique ou la Fête de l'Huma.

Aujourd'hui, plusieurs raisons à mon désenchantement :

1) Les produits de la Ruche sont chers (les exemples donnés ci-dessus sont vrais) et à vrai dire inaccessibles à la plupart des familles du Bourget (je ne parle pas de Drancy, qui est beaucoup moins pauvre). Nos amis parents d'élèves ne connaissaient pas la Ruche et même après les avoir invités à goûter ses produits chez nous, n'ont pas été convaincus d'y passer commande. Trop cher, principalement. C'est vrai qu'aucune offre à caractère social n'existe dans le catalogue de produits, genre : opération kilo de patates à 0,20EUR. La Ruche s'adresse à des gens éveillés à ces circuits, les autres savent bien que seuls les moins pauvres peuvent acheter chez la Ruche. Et La Ruche ne fait rien pour "servir" ou conquérir les publics les moins riches, qui sont pourtant ceux qui dépensent le plus pour bouffer en proportion de leurs revenus (rare loi d'économie dont je me souvienne).

2) La concurrence entre Ruches riches et Ruches pauvres dans des agglomérations comme autour de Paris : les producteurs qui livrent Drancy livrent aussi la Ruche du 75019, où les bobos ont davantage d'argent et qui font donc de facto une concurrence aux abeilles des autres Ruches situées dans des zones plus pauvres. Aucun moyen donc pour la responsable de Ruche de mieux négocier les prix.
La concurrence se joue aussi sur les horaires de distribution : puisque la Ruche de La Villette a droit à une livraison le samedi, celle de Drancy n'a toujours pu offrir à ses abeilles qu'une distribution le mardi soir après 18h, à l'heure des activités extra-scolaires des gamins, en pleine semaine où on doit rentrer à la maison tôt si on veut cuisiner quelque chose de bon à ses enfants. Le mardi soir où on est obligé de congeler le gigot de la Ruche si on veut qu'il soit consommable le samedi suivant où on reçoit ses amis... La fraîcheur des produits en prend un coup !

3) Une grande partie du boulot des responsables de ruche est bénévole et caché, quelqu'un l'a déjà dit mieux que moi dans ce forum. La responsable de la Ruche de Drancy a jeté l'éponge l'an dernier et la Ruche a été reprise par un jeune couple de très bonne volonté mais dont je doute qu'ils arrivent à joindre les deux bouts. La responsable précédente se démenait aussi, avec sa fille, le copain de sa fille, les amis de passage (bénévoles, bien entendu), pour assurer une distribution sans trop de couacs.

4) Le local de distribution a toujours posé problème (la mairie de Drancy a donné un lieu pourri, non chauffé l'hiver), au bord de l'artère la plus fréquentée de la ville. Rien de bucolique, aucun moyen de se garer normalement. On prend ses produits, on se casse chez soi. Aucune possibilité de créer des échanges ou un minimum de convivialité entre abeilles (pas forcément avec les producteurs, qui arrivent fatigués d'avoir fait beaucoup de bouchons).

Ma conclusion : la Ruche c'est élitiste et c'est pour un certain type de CSP. Les autres continuent d'aller chez Lidl ou Leader Price.

Je ne commande plus que très épisodiquement, lassé d'avoir à prendre ma voiture car les liaisons entre Le Bourget et Drancy sont pénibles, comme le sont les transports banlieue-banlieue dans tout le département 93. Les raisons évoquées ici et les déplacements pour aller et revenir de la ruche ont donc eu raison de mon éco-citoyenneté. Je nourris mes enfants avec les produits prétendument bio de Super U face à chez moi ou du Leclerc Drive de La Courneuve (mais je sais bien que c'est du bio-bidon). Je n'ai pas d'autre choix, mon mode de vie urbain et très mobile ne colle pas avec ce que propose la Ruche la plus proche de chez moi. Une idée : au lieu de dépenser les millions levés à New York, la Ruche qui dit Oui pourrait par exemple tenter de négocier avec la SNCF pour avoir des locaux de distribution normaux et pratiques dans les gares de la banlieue parisienne.
Vu récemment une émission consacrées en partie à des maraîchers d'Auvers- sur-Oise. Ils pratiquent la vente directe sur leur exploitation mais ont aussi installé des sortes de distributeurs automatiques pour que 24h sur 24 les clients puissent prendre ce qui leur convient. Le problème me semble-t-il est que ces machines coûtent très cher et qu'il faut sans doute des années pour les rentabiliser. Et il n'y a plus le contact entre le producteur et le consommateur.
Pour la rémunération du producteur, voici ce que j'ai lu dans l'article d'ASJ :
Il (le client) a payé en ligne. Du coup – à l’image des drives des supermarchés – il n’y aura pas d’échange d’argent.
J'en déduis que le producteur est rémunéré directement (!) par RQDO ? Comme vous dites, ce n'est pas clair.

[quote=comparer ne signifie pas poser un signe d'égalité ;-)] ok !

et pour la soutenabilité du modèle... difficile à étendre à d'autres domaines en effet ; disons que c'est un acte militant.

Pour la rémunération des intermédiaires... si leur valeur ajoutée est faible, et si les personnes intéressées les trouvent inutiles dans le cas considéré, pourquoi ne pas s'en passer ?
Bon, j'arrive un peu tard sur ce fil, mais c'est tellement intéressant que je m'y mets !
La RQDO, c'est très bien, en tout cas c'est beaucoup mieux que la grande distribution, mais il ne faut pas essayer de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Elle serait passée sous le radar des médias nationaux : ouais, il y avait quand même un article dans l'Obs de février ; je ne suis pas certain de la date, mais on peut le retrouver facilement sur le Net.

Dans une Ruche, nous dit leur Site, le producteur vend directement ses produits aux membres et paye des frais de service qui correspondent à 16,7 % de son chiffre d’affaires hors taxes. Il n’y a donc pas d’intermédiaire, il s’agit d’une vente directe suivie d’une facturation de service.
Alors, là, pour jouer sur les mots, c'est très fort ! et deux fois le mot "direct" dans l'assertion, on voudrait matraquer qu'on ne s'y prendrait pas autrement ; comment peut-on parler de vente directe : le producteur ne reçoit pas d'argent directement de la part du consommateur, et ce qu'il reçoit n'est pas ce que le client lui donne...

légalement, nous ne pouvons pas encaisser l’argent des consommateurs et le reverser aux producteurs
ah ! bon ? alors on l'encaisse quand-même, en passant par la Lorraine, pardon, par la Belgique et un porte-monnaie électronique (qu'est-ce ?), comme ça on se fait payer comptant, et on rémunère le producteur à crédit – comme la grande distribution... Merci pour la Tréso !

La RQDO est une entreprise dont le but est de faire du profit, ce n'est pas condamnable, mais pourquoi essayer de faire croire le contraire ? Elle s'appuie sur des concepts qui ont été largement développés avant qu'elle ne sen occupe, et c'est tant mieux, ces concepts n'appartiennent à personne, elle a tout à fait le droit de les utiliser.

En bref, ce qui est tout à fait inacceptable dans ce débat, c'est de vouloir comparer RQDO et AMAP.
On ne peut pas comparer :
une AMAP, qui met en contact directement producteur et consommateur, sans aucun intermédiaire, qui s'appuie sur des vrais bénévoles pour la distribution, la constitution des paniers, la rémunération des producteurs, et qui est un vrai nouveau modèle alternatif et solidaire,
et la RQDO qui n'est pas une coopérative, ni une association, comme on le laisse sous-entendre : c'est une vraie entreprise commerciale qui rémunère des intermédiaires ; encore une fois, c'est tout à fait légitime !
PS La comparaison avec UBER est très éclairante, même si elle est évidemment limitée ; à la différence d'UBER, RQDO ne casse pas les prix, et ne prend – illégalement - le boulot de personne.
PS 2 Il n'y a pas que des AMAP de légumes, ras le bol de l'image des paniers.
PS 3 Il existe un autre concept très intéressant, plus intéressant que la RQDO, sans Start Up, sans jeune entreprise innovante, sans ESUS, sans site Internet en or massif, avec un statut très clair : ce sont les Saveurs paysannes.
Tiens, encore une privatisation d'un espace d'échanges de biens et/ou de services (ici, des produits alimentaires)...

Ce qui me fait sourire, c'est le "coût" forcément élevé de cette fameuse "plateforme" d'échanges, qui demande donc des levées de fonds via des "investisseurs"... Ah bon, à notre époque, il n'y a pas encore de modules touts prêts pour pouvoir rapidement et facilement un tel espace d'échanges ?

Merci d'arrêter d'être naïf.
Hum, dans l'article :
Créée en 2011 par Choukroun, donc, et Guilhem Chéron, tous deux issus d’écoles de commerce,

Dans un des liens données en réponse aux AMAPs :
Guilhem Chéron est diplômé de l’ENSCI, l’Ecole nationale supérieure de création industrielle, Marc-David Choukroun a suivi des études de communication

Perso, je suis responsable de ruche, mais aussi pro-amap :-D
Et pour être plus précise, en fait, le responsable de ruche est une asso... Il n'y a donc pas que des auto-entrepreneurs.

Si je suis pro-amap, c'est que je considère que ce modèle est parfait pour le producteur, celui le plus a même de l'aider. Mais il est également très militant. Malheureusement pas tous les CONsommateurs, loin de là, sont militants.
Pour moi, le système de la ruche, qui a aussi des contraintes, permet donc de toucher aussi des CONsommateurs non militants - ou moins militants - mais à la recherche de qualitatif, et si ça aide, tant mieux...

Ici, l'AMAP du coin auquel je faisais parti a fermé. C'est ce qui a d'ailleurs déclencher l'idée de la création de notre ruche.

Bref, je ne vois pas les ruches comme des concurrents des AMAPs et je trouve dommage que la confédération paysanne perde du temps et de l'énergie à taper dessus. Bref.

En attendant, ma "lutte", je la réserve à la grande distrib'.

Quant à savoir pourquoi ça n'intéresse pas les médias, grande question. Peut-être parce que la ruche-mama ne veut pas entrer dans le jeu de la pub ?
Vu les prix c'est de l'arnaque !

À ma petite biocoop qui elle aussi s'approvisionne beaucoup en local les prix sont moitiés moins chers pour le lait par exemple !
Juste pour le plaisir du premier avril 2015.

La-ruche-qui-dit-oui-attaque-en-justice-les-amap-pour-concurrence-deloyale/

[quote=eco-SAPIENS]Le débat me passionne d’autant plus que j’ai participé à la création d’une AMAP en 2012 y suis fidèle (je suis encore tout ému du témoignage de notre maraîcher à la dernière assemblée générale). Mais je suis aussi fondateur d’une entreprise de l’économie sociale et solidaire officiant sur le web. Donc les levées de fonds, l’esprit start-up et la guéguerre entreprenariat social/éconoomie solidaire je connais aussi
Aie, quelle candeur Anne-Sophie Jacques.

1) Une des raisons d'exister d'une AMAP est de supprimer les intermédiaires, pas de les rendre plus petits (donc plus nombreux) ou plus sympathiques.

2) Une fois le fameux réseau constitué, quand les consommateurs seront captifs et selon un principe économique bien connu, pensez-vous que les chers actionnaires et dirigeants de cette "start-up" s'amuseront à marcher à perte comme ils le font aujourd'hui? Rappelez-vous de BlaBlaCar... Aujourd'hui nous sommes bien obligés de passer à la caisse, la grosseur du réseau constitué empêchant tout nouvel entrant sur la marché de proposer une offre crédible.
Cela adviendra avec La Ruche en effet parce que c'est une "entreprise". Les amateurs d'AMAP ne sont pas contre les "entreprises" pour le plaisir d'être de gauche, mais simplement parce que la raison d'être d'une entreprise n'est pas de soutenir l'agriculture locale mais de dégager un profit, un retour sur investissement. Or, l'AMAP est un acte politique, totalement incomparable avec une attitude consumériste à laquelle elle est réduite dans votre article ("La Ruche est plus souple..."). Et cet acte consiste à dire : personne ne doit s'engraisser sur le dos des producteurs.
On en pense ce qu'on en veut. La différence reste la même.
Je suis présidente d'une Amap depuis 2009 et mon engagement a pour objectif le soutien d'une forme d'agriculture que l'on qualifie de paysanne. Nous apportons à nos producteurs une garantie de revenu en nous engageant directement avec eux sur le long terme.
Si "la ruche qui dit oui" permet à des paysans de vendre localement leur production, tout en leur garantissant un prix d'achat leur permettant de vivre décemment, alors je ne comprends pas ceux qui opposent ces deux systèmes ?
Dans le flux de bullshits libérales, il y en a une qui se distingue, c'est le schmilblick ecolo-marketo-geeko-friendly d'économie de partage, cité à tort et à travers à propos de tout et n'importe quoi du moment que c'est étiqueté start-up sur la boîte, que le patron a moins de trente ans, un @ dans son nom, qu'il est végétarien et fait du blé en bourse.
Suivez mon regard ...
Ces entreprises (peut-on d'ailleurs parler d'entreprises vu qu'elles n'emploient personne et ne détiennent rien ?) préfigurent le carnage social qui va s'abattre sur pas mal de secteurs.
Je continue ...
Reconnaissons tout de même à ces entreprises un concept cynique à souhait (pas étonnant que ces sociétés soient célébrées par l'époque) : prendre de l'argent sur des biens qui ne sont pas les leurs, faire travailler des gens sans les salarier (donc sans les protéger, sans cotiser, ni leur fournir d'assurance, de congés payés, rien). Mieux encore, le faux salarié fournit son outil de travail. Le client, lui, à l'impression d'être un peu plus riche.
Et je termine enfin
Cette nouvelle économie est de l'ancienne en pire. Il s'agit toujours d'arranger le pouvoir d'achat de ceux qui ont du pognon au détriment des conditions sociales de ceux qui n'en ont pas (en utilisant de jolis mots pervertis comme "partage", "modernité" et autre "collaborative"...).
Ces citations visaient Über et AirBnb, sans utiliser un chausse pied démesuré et à laser, elles peuvent s'appliquer à la ruche qui dit oui.

Lisez donc l'original
, sur le blog de Seb Musset, merci à lui.
1) Les producteurs (et leurs produits) étant dépendants de la localisation de la ruche, il est impossible de généraliser son expérience personnelle à l'ensemble du système en disant "les produits sont meilleurs/pires que dans la grande distribution".

2) 250 km de rayon, ça fait quand même sacrément large, et c'est quasiment toujours du transport routier, ça serait intéressant de faire un vrai calcul de bilan carbone

3)à l'oeil, sur leur carte, il y en a une 50aine sur paris, soit 7% des ruches, pour ~3% de la population, pour une répartition par habitant 2 fois supérieure à la moyenne nationale. Donc dire que c'est pas un truc parisien, ça me semble un peu léger. Que ça ne soit pas seulement parisien, certes, que les parisiens en aient moins entendus parler que les provinciaux, non.

PF
AMAPien depuis un peu plus d'un an, avec les contraintes que cela impose, j'ai tout de même immédiatement bondi quand on m'a parlé de la "Ruche qui dit oui".

Paradoxalement, c'est surtout l'argument premier des défenseurs de la "Ruche" qui m'a fait tiquer : "Le système est mieux que celui de l'AMAP car tu peux choisir". Ben alors, si tu peux choisir, c'est donc moins bien que l'AMAP ! Le principe d'être solidaire, écologiste, c'est justement d'accepter les contraintes : les saisons, les limites raisonnable du travail d'un agriculteur, le refus du gâchis qui est commis au nom du choix, justement. Si on veut continuer à "choisir" alors, il faut aller au supermarché. Là on peut choisir.

Ensuite, si l'idée est de supprimer les intermédiaires, alors pourquoi ne pas les supprimer complètement ? L'AMAP à laquelle j'adhère (celle du Chat noir) est drôlement désorganisée. C'est souvent le bazar, il y a des retards, des absences, mais c'est drôle et on arrive toujours à se nourrir de bons produits apportés directement par notre ami producteur. L'association le paye, et point final. C'est la vie, la vraie, ça ! C'est pas cocher des cases sur internet et vivre comme à Gattaca.
Et puis on s'engage à aller une fois par an aux champs, participer aux récoltes. Ça pose des problèmes à certains de se fatiguer pour quelque chose qu'ils payent, mais paradoxalement, ceux à qui ça pose problème sont tout à fait apte à payer plus cher que ça pour aller s'enfermer dans un club de gym.

Pour finir ce petit message (qui se transforme peu à peu en réquisitoire anti-"RQDO", même si ce n'était pas mon but premier), la Ruche qui dit oui me plaît bien car elle permet un débat intéressant. Quand j'ai des débats sur le sujet "RQDO vs AMAP", je gagne toujours à la fin. Et j'aime gagner.
La RQDO est très représentative de l'attitude "bobo" : bourgeois bohème. On se veut "bohème", en parlant avec les agriculteurs et en respectant la Terre, mais on gâche tout en restant "bourgeois", parce qu'on veut "choisir".
Quand on a un rythme de vie ( nombre de convives très irrégulier, déplacements fréquents) difficilement compatible avec le principe des AMAP, les Ruches ont effectivement quelque chose de séduisant a priori ... mais quand j'essaie d'imaginer le truc, je trouve ça presque gênant de faire déplacer le producteur pour une quantité faible : il a du boulot, et faire papote avec les clients c'est un autre métier que producteur, non ?

ça ne serait pas plus logique que les clients s'organisent pour un covoiturage qui leur permettrait d'aller chercher les produit chez le producteur ?
Nan mais on est d'accord la ruche qui dit oui ne fait rien de mal

mais effectivement, ya plus de contenu politique, juste un système technique mettant en relation des producteurs "proches" avec des consommateurs.
La où avec l'AMAP, on sort de la consomamtion en claquant des doigts, on s'adapte aux productions saisonnières, on comprend la logique de production d'un maraicher ou d'un producteur de volailles. Bre fon est plus consommateur-roi qui choisit tout comme il le veut, non, ons 'adapte, on fait avec les contraintes du réel. Bref on fait de la politique.

Ah et oui, payer les gens au prorata du chiffre d'affaire, c'est exactement le système rêvé (déjà en oeuvre pour les journalistes pigistes) pour tuer le salariat (et donc toute logique de défense d'intérêt commun) et légitimer des situations de précarité "parce que tu comprends, etre précaire c'est cool et décroissant".

Donc, oui à part etre anti politique et anti sociale, oui, mille fois à la ruche qui dit oui.

c'est drôle, la lecture de ce billet de Seb Musset me semble totalement sans aucun rapport avec le sujet :
http://sebmusset.blogspot.fr/2015/06/airbnb-uber.html

mais je dois etre un extrémiste du forum, excusez moi.
Oui à la ruche de Bourvil!

http://www.dailymotion.com/video/x3w31q_bourvil-pompier-les-abeilles_fun
Fuyez les ruches les gens ! Niel a assez de thunes comme ça, si on veut choisir ses produits au coup par coup il y a les biocop, les fermes maraichères, le bon vieux marché du dimanche, la vente direct chez le producteur ...
La Ruche est une escroquerie qui se monte pour capter les nouveaux mode de consommation en se faisant passer pour de l'initiative citoyenne alors qu'il n'en est rien.
Merci pour l'article.
À Saint Martin Le Beau(à côté de Tours) je suis une abeille repue et satisfaite. Les produits sont variés et de bonne qualité-quoique un peu cher- mais j'ai à faire 200 m pour y aller pour butiner et rencontrer du monde dont les producteurs.
Certe rien n'est parfait, mais je trouve que c'est un bon compromis pour ceux qui, comme moi détestent aller traîner dans les grandes surfaces avec leurs produits de merde et engraisser des intermédiaires rapaces et cupides.
Mais, bien sûr, y aura toujours des râleurs.
On n'est (naît) pas Français pour rien.
Quand je lis fond d’investissements j’ai tendance à entendre fond vautours et dépeçage d’entreprises pour une rentabilité à court terme.
Voir l’affaire de cette pme de la Sarthe dont Médiapart a beaucoup parlé :
Voir l'article de Médiapart
A coté de ces structures, Il y a aussi des producteurs locaux qui s’organisent entre eux et ouvrent leur propre petit supermarché et cela marche très bien.
Voir l'article du Républicain Lorrain du 31 mars 2015 :
« Ay-sur-Moselle : l’Ayotte cartonne le terroir rayonne. Les producteurs locaux de L’Ayotte auraient-ils trouvé le modèle agricole de demain ? Déjà un an que la boutique d’Ay-sur-Moselle a ouvert ses portes, avec la crainte récurrente de rayons trop vite dévalisés. C’est dire le succès ! »

P. Heckel
Une "start-up labellisée sociale et solidaire".

Quel bel oxymore !

Une start-up, avatar de l'entreprise capitaliste à l'époque de la financiarisation ultralibérale, a pour objectif, non de maximiser le profit - elle n'en fait pas - mais la valeur pour ses actionnaires, c'est a dire des espoirs de profits futurs.

Les créateurs de start-up, capitalistes en culottes courtes, cherchent à séduire les capitalistes, les vrais, en les prenant par leur point faible, la cupidité, et en leur faisant miroiter dans un business-plan des perspectives de profits en croissance exponentielle.

D'un autre coté l'économie sociale et solidaire (ESS) a toujours pratiqué le mélange des genres (machand/non marchand ; emploi de salariés et/ou de bénévoles et/ou d'indépendants ; rentable/non rentable...), pour réaliser sa mission émancipatrice dans un univers plutôt hostile.

La question est donc : sommes nous en présence d'une formule innovante en matière d'ESS ou d'une nouvelle tentative d'exploitation des bons sentiments.

Il me semble que la réponse doit être cherchée, non dans les intentions des créateurs (aussi bonnes et sincères soient-elles) que dans leurs modalités de fonctionnement.

Dans quelle mesure cette start-up applique-t-elle les principes de l'ESS ?

- Fonctionnement démocratique ("un homme, une voix")

- Implication des sociétaires (participation dans un mode coopératif au projet social)

- Pas de rémunération du capital (l'excédent financier - vs profit - est soit réinvesti, soit réparti entre les sociétaires - qui ne sont pas forcément des apporteurs de capitaux)

- Finalité humaniste. Bref, l'objectif n'est pas le fric, mais "l'émancipation" qui était aussi le titre de la revue co-fondée par Charles Gide.
C fait longtemps qu'elle existe , mais j'ai trouvé la viande pas bonne , et mal coupé , comme les AMAP avec leur fruits JAMAIS mure , une arnaque . C'est pas parceque c'est labelisé circuit court que c'est bon pour nos papilles (pour le CO, oui) , en générale les fruit et légumes sont mauvais parceque cueilli bcp trop tôt .
Petite question, puisque le point de départ de l'enquête concerne l'absence de mentions dans les grands médias: que disent ces grands médias de cette absence?
C'est-à-dire: puisque nous sommes sur @SI, faire sortir un sujet de l'ombre est intéressant, mais j'aimerais comprendre pourquoi il y est. Dans l'ombre. Le sujet.

Autre chose: à part les AMAP, tout le monde trouve ça formidable? La partie "critique" de l'enquête me paraît légère. Désolé de le formuler comme cela, mais sur la forme on frise le publi-rédactionnel. Je suis moi-même client et plutôt satisfait, et j'aurais donc trouvé intéressant un article qui disséquât plus le sujet.

Et enfin: 2,10€ le litre de lait de vache? Sans déc'? Il est fourni dans un flacon en cristal de Bohème avec bouchon en platine?

Par contre, des infos intéressantes sur la société elle-même et son financement. Je rejoins par contre Catala: ça fait cher de la ligne de code; je suis curieux de savoir quelles fonctionnalités sont prévues pour justifier plusieurs millions d'investissement. Livraison par drone? :-)
Comme pour les crudivores aucune critique de ses modes de courses , pour moi c'est juste des produits mauvais , mal découpé pour la viande , et mal cueilli pour les fruits , et chers , l'écologie ne devrais pas se passer de la qualité. Les écolo qui disent trouver les légumes avec plus de gout en bio … Ben pas moi , aucune différence ou en moins bien en gout, pour les fruits y'a pas photo .
je n'ai pas essayer les fruits en AMAP mais on m'en a dit grand bien (dans mon lieu de distribution il n'y a pas assez de gens pour que le gars se deplace). Cela dit evitons de faire des generalités pour les structures comme l'AMAP, puisque la qualité la production etc... depend pas mal des qualités individuels de chaque paysan(ne), il ne peut y'avoir une norme AMAP a ce niveau.

par ailleurs si j'ai rejoins une amap, c'est moins une question de gout (pour des legumes je vois pas de differences pour d'autre si, mais je crois que ca tient surtout aux varietes cultivables en circuit court qu'on trouvera jamais en supermarché), mais plutot pour le volet "politique" le fait de maintenir une agriculture qui fait vivre le paysan mais aussi parce que le mode de distribution garanti un gaspillage minimal qu'entraine le systeme de distribution actuel y compris ruche, (il n'y a pas d'invendu jetee dans le systeme AMAP), l'aspect bio est aussi pour moi pas une question de gout, mais d'avoir la garanti que mon mode de consommation n'impliquera pas une consommation chimique et les effets que ca amene sur les hommes (essentiellement les travailleurs ou ceux qui voisinent les zones d'epandages) et sur notre environnement.
C'est mignon : quand j'ai publié mon article sur les sites collaboratifs et leurs limites, on a vilipendé ma sévérité. Et là, tandis qu'après deux jours passés dans l'univers des Ruches, je ne vois rien à redire - hormis les arguments des Amap, qui sont intéressants - ah bah ça va toujours pas. Peut-être que j'aurais dû relayer le bémol d'une cliente qui trouve un peu neuneu de se faire appeler "abeille" mais qui par ailleurs adore venir avec ces deux gamines chercher sa viande pour les barbecues du mercredi ? Peut-être.

Quant à "pourquoi est-ce passé sous silence des grands médias", je formule l'hypothèse que ce n'est pas parisien. Syndrome Le bon coin aussi, peut-être. Plouc quoi.

Croyez-moi : si j'avais croisé le moindre loup, le moindre petit loup de rien du tout, j'aurais sauté dessus. Je ne dis pas qu'il n'existe pas, mais je ne l'ai pas vu.

Et merci pour le publi-rédactionnel. J'adore, c'est tout à fait mon style.
L"abeille" est sans doute un clin d'oeil. C'était le nom d'une des premières coopératives de consommation créée à Nîmes, dans les années 80 (... 1880).
Merci pour cette info que j'ignorais, bien qu'ayant vécu la moitié de ma vie dans cette ville https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_de_N%C3%AEmes
Oui, la ville ne fait pas vraiment la publicité de cette belle expérience que fût "l'Ecole de nîmes".
« Quant à "pourquoi est-ce passé sous silence des grands médias", je formule l'hypothèse que ce n'est pas parisien. Syndrome Le bon coin aussi, peut-être. Plouc quoi. »

Bonjour, bonjour

le gars dans ton article affirme que ce n’est pas parisien :
«Mais l’équipe de la start-up se moque de la bouderie des grands médias : "ce n’est pas un projet parisien, et donc tant mieux si la presse locale s’empare de nous" me répond Marc-David Choukroun, l’un des fondateurs.»

mais si !

Mais ça ne buzze pas pour autant. (Kessechuidrôle !)
Et merci pour le publi-rédactionnel. J'adore, c'est tout à fait mon style.

Bah vous fâchez pas Anne-Sophie. J'ai bien précisé "sur la forme". Je sais bien que ce n'est pas le genre de la maison. C'est juste que le résultat est un ton enthousiaste qui me laisse un peu sur ma faim, les inconvénients semblant dérisoires tels que présentés dans l'article.

Exemple: Quels sont les objectifs (chiffrés) des investisseurs? Je veux bien que les investisseurs initiaux "ne se mêlent pas au business de La Ruche", mais quid des nouveaux? Ont-ils leur mot à dire dans le modèle de gouvernance de l'ESS? Si leur investissement n'est pas rentable dans 5 ans, qu'arrive-t-il? Ou si leur participation passe entre d'autres mains? Bref, quel est la solidité du modèle? Le mode de financement pose au moins cette question: quel est le poids réel de l'agrément ESS face aux tendances habituelles du capitalisme actionnarial?

Et s'il faut une écho moins positif de client, je peux apporter un bémol: en pratique, l'approvisionnement n'est pas garanti. Il arrive régulièrement qu'un producteur soit absent ou qu'un produit commandé ne soit finalement pas disponible. Cela demande aussi de la part du client une adaptation de ses habitudes logistiques: on commande mais on ne compte pas forcément dessus. Je ne sais pas si c'est une question d'amélioration de l'organisation ou si c'est une limite du système, mais je peux comprendre que cela en rebute certains, car c'est une contrainte qu'il n'est pas forcément facile d'intégrer.
Et pendant que ça polémique pour savoir si cette forme de distribution en circuit court ne serait pas organisée par des requins sortis droit des écoles de commerce (c'est vrai que Choukroun, Niel, Simoncini, ça ne sonne pas vraiment alternatif) qui ne chercheraient qu'à s'en mettre plein les fouilles, Carrefour, Auchan et Cie continuent de nous vendre de la chose à prix d'or, comme l'autre jour, les pommes farineuses à 90 centimes pièce ou les fruits espagnols pas mûrs ou insipides.
C'est vrai que La Ruche a ses inconvénients. Mais un, c'est plus près que mon supermarché, deux, je fais mon choix tranquillement chez moi, trois, c'est vachement meilleur, quatre, ce n'est pas plus cher. C'est vrai qu'il y a moins de choix. Mais au rayon légumes de l'hyper, abondance ne signifie en rien qu'on l'ait, le choix, vu la piètre qualité de la marchandise. Chez Carrefour, il y a bien des cerises, mais à 7 euros le kilo, et sans la moindre saveur. Quel choix ?
C'est vrai, ça demande une adaptation des habitudes. Mais comme tout nouveau système, il cessera d'avoir des à-coups lorsqu'il sera sur les bons rails. Ce qui n'arrivera que si, auparavant, certains ont mis les premières gouttes d'huile, avec patience.
Après, que le nom soit débile, comme disent certains, je partage assez cet avis. Les "abeilles", c'est assez culcul. Mais pour un type de commerce doux comme le miel...
Vous auriez un ex de noms qui " donneraient alternatifs"?:-)

Bien sur c'est du deuxième degré, mais euh, comment dire ...
Oui, pareil, j'ai eu le même sursaut ! :-)
Vous auriez un ex de noms qui " donneraient alternatifs"?:-)

Tesla?
Bonjour Anne-Sophie,

Une page de blog a peut-être déniché un de ces petits loups que vous aimez caresser (à rebrousse-poil) : la Ruche ne serait plus en conformité avec la nouvelle loi sur l'ESS en raison de la définition plus stricte de l'utilité sociale imposée par celle-ci.

Une brochure du Mouvement des entrepreneurs sociaux indique en effet à propos des nouveautés de la loi :

Pour remplir cette condition, les statuts doivent démontrer que l’objet social vise à :
> Apporter un soutien aux personnesen situation de fragilité, soit du fait de leur situation économique ou sociale, soit du fait de leur situation personnelle et particulièrement de leur état de santé ou de leurs besoins d’accompagnement social ou médico-social. Ces personnes peuvent être des salariés, des clients, des membres, des adhérents ou des bénéficiaires de l’entreprise
> Contribuer à la lutte contre les exclusions et les inégalités (sanitaires, sociales, économiques et culturelles), à l’éducation et à la citoyenneté, (notamment par l’éducation populaire), à la préservation et au développement du lien social ou au maintien et au renforcement de la cohésion

*développer une activité uniquement orientée vers le développement durable, la transition énergétique
ou la solidarité internationale n’est pas suffi sant pour être reconnu d’utilité sociale selon la loi. Pour l’être,
l’activité devra nécessairement remplir une des deux autres conditions ci-dessus

Ce loup (microscopique) est-il un mirage (après tout, la ruche pourrait relever du "maintien de la cohésion" ou le "label ESS" différer de l'"agrément ESUS")? Je suis bien incapable d'en juger.
Ce qui serait bien c'est quand meme d'indiquer clairement que la demarche Ruche et AMAP sont clairements differentes.
La demarde de la Ruche est un verdissement du systeme commercial/de distribution actuelle qui d'ailleurs fait tomber une partie des charges et des risques sur les memes acteurs.
La demarche AMAP est en quelque sorte une remise en cause plus profonde de ce systeme, demarche plus politique qui demande aux adherents de sortir de la logique consommateur qui entraine son lot d'aspects negatifs dans la production/distribution, ce n'est pas qu'une question carbone....
Faisant partie d'une AMAP, et une Ruche s'étant montée près de chez moi, je me suis plongé dans les textes fondateurs de la Ruche - en fait ce sont des CGU - en fait ce qu'ils appellent des CGU et CPU sont des conditions contractuelles en bonne et due forme. J'attire simplement l'attention sur les éléments suivants :


Article 9.1 des CPU :
Rémunération du Responsable de Ruche
En contrepartie de ses prestations décrites ci-dessus, le Responsable de Ruche perçoit une commission de courtage égale à 8,35 % du montant hors taxes du chiffre d’affaires réalisé par les Producteurs auprès des Membres de sa Ruche, à l’occasion de chaque Vente.
Cette commission est due par les Producteurs concernés.



Article 18 des CPU :
Rémunération de la Société
En contrepartie de la fourniture des Services aux Producteurs, la Société perçoit une commission de courtage égale à 8,35 % du montant hors taxes du chiffre d’affaires réalisé par les Producteurs auprès des Membres de toute Ruche, à l'occasion de chaque Vente.
Cette commission est due par les Producteurs concernés.


La "Société" ainsi rémunérée par les clients et les producteurs est définie dans les CGU à son article 2:
Le Site et les Services sont exploités par la société EQUANUM, société par actions simplifiée immatriculée au RCS de PARIS sous le n° 528 203 755, dont le siège social est situé 208, Rue Saint Maur 75010 (France), régulièrement désignée sur le Site par « la Ruche Mama »

Le boulot de ladite Société est défini à l'article 1.2 des CGU :
La Société identifiée à l’article 2 (ci-après : la « Société ») exploite la plateforme, met en œuvre des outils ainsi que des moyens techniques permettant la mise en relation des Membres avec les Producteurs et héberge les offres de ces derniers, ainsi que tous contenus générés par les Utilisateurs.

J'ai l'impression (je peux me tromper, hein...) que ça veut dire exploiter un site web et ses annexes (porte-monnaie électroniques, etc...). Dans mon AMAP, le site a été fait par un bénévole, il est géré par le maraîcher. Je paie mes choux et mes radis (oui il y a du chou ma bonne dame) avec mon panier mensuel dont le montant va intégralement au maraîcher, qui ne roule pas sur l'or je vous prie de le croire. Pas de 8,35% à la reine des abeilles, ni de 8,35% à la Société, mes choux ne doivent rien à Xavier Niel.

Je peux paraître un peu trop critique, c'est vrai, mais ce qu'il y a de bon dans les AMAP c'est qu'elles font partie des structures locales aptes à résister aux aléas et tourmentes économiques, alimentaires et autres susceptibles de nous tomber sur le coin de la gueule (demandez au Grecs ou aux habitants de Detroit, Michigan et autre lieux déjà frappés par la catastrophe). Les AMAP, sans les idéaliser, font partie de la solution. Je crains que la Ruche qui dit oui fasse partie du problème.
Moi je suis pas contre me disait un copain agriculteur, on fait juste pas la même chose. Avec ces deux hectares, un "truc" sur lequel la chambre d'agriculture du coin pense que l'on ne peut pas tirer un salaire et pourtant.

Deux salaires, pour lui et son associer ou les récoltes sont alors directement pris en charge par l'AMAP. Une agriculture loin d'être raisonné, je dirais une agri-culture, une phylosophie du compost, de la terre et de ses besoins. L'association des plantes entre elles, l'usage de la greffe sur les fruitiers en place, l'agro-foresterie à échelle de l'arboriculteur fruitier.

Alors voilà la Ruche qui dit oui, fait pas la même chose qu'une AMAP, elle ne soutiendra pas des agriculteurs mais une filière, une alternative économique hybride. Vous voyer un hybride c'est une plante sélectionné, qui a été maturé en pépinière puis vendu avec des caractèristiques très précises sur les marchés.

Je ne serais donc pas surpris si la ruche qui dit Oui finis par fonctionner, d'autre forme adapté au milieu seront mis en place, une plante en faite cette ruche. Mais comme tout bon maguignon, elle prends ca marge ce qui fait que seul ceux qui en ont les moyens pouront s'offrir un luxe qui ne devrait pas en être un.

Je vous invite à découvrir la cantine du midi à la belle de Mai, Marseille, qui fait son marcher à moins de 100 km, organise des covoiturages alimentaire, distribue la bière fabriquer dans le quartier et tous ça en plein centre ville de Marseille.

A pluche

P.S : Province veut simplement dire "pays conquis"
À propos de Marseille, j'ai vu récemment José Bové en conférence à Montpellier pour son dernier livre, il parlait d'une étude concernant les paniers marseillais qui démontrait que leurs produits était en majorité moins chers que dans les magasins traditionnel.
Exploiter un site web et ses annexes, c'est encore plus de datacenter dont on connaît les nuisances.
C'est plutôt étrange cette idée qu'il faut rémunérer dignement les agriculteurs mais que les concepteurs de sites Web, eux, doivent rester bénévoles.
Ah, ça ...

N'importe qui qui organise une petite bouffe, une fête, va trouver tout à fait normal de payer, et dignement, ceux dont le métier sert à nourrir l'estomac.
Puis ils vont demander à un pote graphiste de leur faire gratos les cartons d'invitation, et à l'autre pote artiste de jouer gratos pendant la soirée, et l'autre pote photographe de faire les photos gratos.

Notez bien que je ne souhaite pas que les producteurs, les cuistots, les , etc.. ne soient pas payés.
Chère Anne-Sophie,

Je vois un loup qui vous aurait échappé. Je le vois pour avoir expérimenté la Ruche, côté responsable.

Début 2013, alors que le succès était encore balbultiant, j'ai été extrêmement séduite par le principe (alors que je cherchais à étendre mes possibilités de consommation en respectant une résolution ancienne : ne plus mettre les pieds dans une enseigne de la grande distribution - ce qui exclut par exemple Naturalia qui appartient aujourd'hui à Monoprix) et ai proposé mes "services" pour lancer une Ruche en proche banlieue parisienne.

Pigiste, habituée au calcul rapide de l'intérêt d'une activité (temps passé/argent gagné), je me suis pourtant rapidement rendue compte que tenir une Ruche représentait un fort investissement en temps, pas forcément rémunéré.

Vous indiquez dans votre article que le responsable de Ruche doit "notamment" se mettre en quête d'un local. Mais ce n'est pas la partie la plus chronophage de son activité (même si... l'une des Ruches de Montreuil a ainsi dû changer au moins trois fois de local... et se prépare à un nouveau "déménagement" : pour le responsable, cela signifie autant de temps passé à prospecter et négocier), non, ce qui prend un temps dingue, c'est le recrutement des producteurs. C'est le deal avec l'entreprise : le responsable doit dénicher lui-même des agriculteurs dans ce rayon de 250 km (un périmètre nécessaire pour les Ruches d'Ile-de-France) et aller à leur rencontre pour "vendre" la démarche de la Ruche, les convaincre de participer et ensuite animer ce réseau au quotidien (l'un part, l'autre reste, etc.). Il ne bénéficie pas pour ça de l'assistance de la "maison mère". Dans mon cas, on m'avait même instamment demandé de ne pas me tourner vers des producteurs travaillant déjà avec des Ruches proches car les agriculteurs fournissant les Ruches d'Ile-de-France avaient tendance à accepter toutes les sollicitations (pour que leur investissements soient rentables) et cela occasionnait parfois des problèmes d'approvisionnement, peu appréciés des clients.

Et bref, c'est ce qui m'a gênée à l'époque et qui m'a fait jeter l'éponge. Je n'étais pas à l'aise avec l'idée que le succès d'une entreprise privée, destinée à faire du profit, repose pour beaucoup sur du travail bénévole. Voilà le loup à creuser. En commençant peut-être par poser la question de cet investissement en temps aux responsables qui gagnent 100€ par semaine.
Oui, j'ai l'impression que le poste de responsable de Ruche n'est pas loin de s'apparenter à du bénévolat caché. Un simple calcul rémunération / temps de travail donnerait probablement un chiffre inférieur au SMIC horaire...

Ce serait bien, Anne-Sophie, si vous pouviez creuser ce point ;-))
@Benoit, le code lui aussi est local, pas offshorisé :) , c'est pour ca que c'est cher. Comme quoi ca disrupte aussi le modele de dev (n'en déplaise aux profs bizdevs d' du P.API )
Lost in translation...
Un des plus beaux films qu'il m'a été donné de voir ;)
Sans doute, mais je n'ai toujours pas compris ce que le monsieur ou la dame Loran il ou elle a écrit...

c'est de la fille de Coppola ? je ne vais plus au cinéma depuis...depuis Dersou Ouzala
oui c'est ça, je ne l'ai jamais vu au cinoche non plus, mais au moins 5 ou 6 fois en 10 ans sur dvd.
A l'AMAP de chez nous c'est 0,87€ le litre. Deux euros dix, la vache !!!
Acheté aujourd'hui directement au producteur un litre de lait: 88 centimes d'euros.
Si je ne me trompe pas, un point important de différence entre les AMAP et la Ruche Qui dit Oui non mentionné dans l'article: les AMAP fournissent excusivement des produits Bio alors que la Ruche qui dit Oui est un mix de non-bio et bio.
Le point de vue d'un petit producteur de fromage de brebis (3 personnes)
Nous avons expérimenté les Ruches il y a plus de 2 ans. Faire 300Km AR pour livrer 80€ de claquos nous l'avons fait pendant 2 mois et on a jeté l'éponge. En plus de faire des Km il faut être là pour tenir la jambe des clients.
Plus tard 3 Ruches se sont installées plus près de chez nous (Aveyron) même sénario, 2 de ces ruches ont fermé.
Ce système n'est valable que pour le maraicher du coin mais pour tous les autres c'est pinups. Les AMAP ne s'y sont pas trompés!
Nous avons de très beaux fromages de brebis (médaille d'or Paris 2014), nous avons besoins de les vendre plus loin que dans le Midi-pyrénées et avec ce dispositif ça n'est pas possible.
Imaginez le petit producteur de pruneaux d'agen ne pas pouvoir les vendre à Bordeaux, Nantes ou Paris, ce n'est pas avec les ruches locales qu'il va prospérer.
Ca n'est même pas un complément de CA par rapport au système de distribution tradi.
Je leur ai déjà écrit pour leur demander d'élargir le rayon. Ils m'ont répondu que c'était une question intéressante, elle mérite réflexion. Belle affaire!
Je leur souhaite de réussir mais je suis très dubitatif, je n'y crois pas une seconde.
Bon papier sur une start-up dans l'ESS. Mais 4 M€ pour développer une plateforme numérique ça me parait bien cher. Je serais curieux de connaitre la ventilation précise des dépenses...
L'occasion d'un petit coup de pub pour mes copains qui existent depuis presque 15 ans http://terroir-direct.com/
Tout bee or not tout bee ?
That is La Ruche...
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