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Racistes, les mots de l'antiracisme ?

"Racisé", "blanchité", "racisme d'Etat" : ces termes ont resurgi dans le débat médiatique, à l'occasion de l'organisation par le syndicat Sud Education 93 d'un stage contenant deux ateliers en non-mixité, c'est-à-dire réservés aux personnes "racisées". Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer s'en est indigné à l'Assemblée nationale, fustigeant "les mots les plus épouvantables du vocabulaire politique", et a annoncé son intention de porter plainte pour diffamation contre le syndicat pour l'utilisation de l'expression "racisme d'Etat." Que signifient exactement ces mots ? Peut-on retracer leur généalogie et les débats autour de leur utilisation? @si a tenté l'exercice.

Derniers commentaires

[quote=Éric Fassin, « Racisme d’État (2/2): politiques de l’antiracisme », 29 novembre 2017.]

[...]

Nombre de chercheurs répondront sans doute qu’il ne faut pas confondre « racisme institutionnel » et « racisme d’État », soit le racisme dans l’État et le racisme de l’État. C’est le cas de Michel Wieviorka, [selon qui] le racisme dans l’État existerait malgré l’État.

Beaucoup de personnes racisées auront du mal à partager l’optimisme du sociologue. Et le risque, c’est qu’aujourd’hui on oppose, à l’expérience des victimes du racisme, le savoir des spécialistes, soit une manière d’oublier que les premières sont parfois des chercheurs, et de souligner qu’on a tendance à se représenter les seconds comme Blancs. Le sociologue et militant antiraciste Saïd Bouamama l’a souligné [...] : tout se passe comme si les mots des racisés – de l’islamophobie au racisme d’État – étaient systématiquement frappés d’illégitimité.

Si, pour ma part, j’utilise assez peu l’expression « racisme d’État », c’est parce qu’elle peut prêter à confusion [...] Toutefois, à mon sens, il est des cas où l’on peut légitimement parler de racisme d’État aujourd’hui [...]

On se rappelle la controverse de l’été 2010, après le discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Grenoble, autour de la question rom. [...]

La question s’est posée à nouveau avec les propos de Manuel Valls contre les Roms. [...]

Il est au moins un autre exemple, plus explicite encore, où l’expression « racisme d’État » paraît appropriée. Il s’agit des contrôles au faciès, soit une réalité avérée [...] On sait que l’État ne fait rien pour les combattre : la promesse de récépissés pour les contrôles d’identité reste lettre morte ; et aucune circulaire n’est venue rappeler aux forces de l’ordre l’interdiction des contrôles au faciès. Cela ne doit évidemment rien au hasard.

Lorsque l’État est condamné par la justice pour faute lourde en 2015, il fait appel. [...]

L’État justifie les contrôles au faciès au nom de l’idée que les Noirs et les Arabes sont « d’apparence étrangère », impliquant ainsi que la France serait d’apparence blanche… [...]

Sans doute en 2016 la justice a-t-elle confirmé en appel la condamnation de l’État : celui-ci ne parle donc pas d’une seule voix. C’est pourquoi on peut, comme le sociologue Abdellali Hajjat, discuter les limites de l’expression « racisme d’État » : à quel point s’applique-t-elle à la situation française aujourd’hui ? [...] On l’a vu, le front républicain (contre le Front national) est mort. [...] Dans un pays qui n’a jamais interdit le Front national, le gouvernement va-t-il, avec le soutien de toute la classe politique, bannir le vocabulaire qui permet de nommer les politiques de la race en France ?

[...] On peine donc à comprendre que, à l’instar des députés, des universitaires, et même des sociologues, applaudissent le ministre. On s’étonnait déjà de la rareté des protestations contre la censure qui se répand dans le monde académique ; faudra-t-il maintenant s’habituer à ce que nos collègues s’en fassent les défenseurs ? [...]
" stérilisation démocratique des racistes."

petit ajout: stérilisation dans une démocratie apaisée des racistes."
Je m'étonne que personne à gauche n'ait jamais proposé un programme de stérilisation démocratique des racistes.
Version fatalisme

La première segmentation sociale, au sens de principale, c'est celle que les féminines {celles qui se réfugient en Féminicide} tonitruent sans plus être désormais officiellement contestées.

Wikipédia :

"Un réfugié – au sens de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés – est une personne qui se trouve hors du pays dont elle a la nationalité ou dans lequel elle a sa résidence habituelle ; qui craint avec raison d’être persécutée du fait de son appartenance communautaire, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, et qui ne peut ou ne veut se réclamer de la protection de ce pays ou y retourner en raison de la dite crainte."

Une féminine vit en #evendications, hors du patriarcat dont elle est issue, car elle craint avec raison d'y être persécutée du fait de sa féminité.
10 000 suicides / an environ (rapport femme-homme du simple à plus du triple) ;
700 homicides / an environ ( baisse historique a priori depuis 20 ans car avant on était plutôt à 1 200 / an) ;
dont 150 {féminicides} / an environ ;
La féminine n'est pas préoccupée de violence, elle est préoccupée de la violence qui pourrait lui être infligée en raison de ce qu’elle a de plus chère : sa féminité.

Le racisé est une déclinaison de la féminine : il n'est pas préoccupé par la discrimination (celle des personnes sans alphabet ou sans terre n'est pas négligeable), il est occupé par la sienne, celle qui le visibilise.


Version post-intellectuelle
Il est possible, probable, que la sociologie ait conceptualisée l'action de discrimination par son réceptacle, en nommant dès lors le racisé ; mais c'est une ]curiosité] de penser que le concept le concerne lui comme individu ; l'individu racisé ne peut pas exister en soi puisqu'il est la désignation de l'action d’exclusion du racisant, action qui est supposée agréger des individus inagrégeables ; si réfléchir n'était pas une option en Militantisme, on s'apercevrait rapidement que s'identifier à un racisé, c'est donner corps (au sens de faire groupe) à l'action d'exclusion, puisque se nommer comme tel et donc faire groupe c'est dire que la discrimination repose sur un objet réel ; alors, même si après on estime que la discrimination n'est pas fondée, on a tout de même légitimée l'essentiel de l'action discriminante qui est de constituer un sous-groupe qui fait corps et qui agrège sans le consentement de la plupart des intéressés ; et, en outre, dans une nation indivisible, la constitution en corps efface l'action discriminante au profit du débat politique ; le groupe constitué fait débat sur les contours de ses droits.
Ce qui permet de dire que les personnes qui font corps dans le concept de racisés ne sont pas préoccupées de lutter contre la discrimination, en refusant une assignation identitaire fondée sur une couleur de peau par exemple, mais préoccupées par la constitution d'un groupe de pression. Il est parfaitement inutile de dire qu'il s'agit de néo-racisme, et tout à fait inexacte de dire qu'il s'agit d'anti-racisme, il s'agit de lobbyisme (je l'ai déjà dit pour les féminines).


Version juridique
La discrimination suppose un traitement inégal d'individus par ailleurs dans des situations similaires. Rappelons-nous que le droit distingue la discrimination positive, celle qui avantage, de la discrimination négative, celle qui désavantage. Rappelons également que dans l'idée d'un approfondissement de l'état de droit non combatif (celui que l'on défend avant de savoir quels seront nos attributs), le corps social ne doit se segmenter qu'en tant que de besoin et pour lesdits besoins. La constitution d'un corpus (groupe humain revendiquant des contours de droit spécifique) est le noyau central des politiques discriminantes ; la première d'entre elles est la politique de discrimination positive à l'égard des femmes qui sont parvenues, notamment, à isoler de la masse des violences, celles qui leur sont destinées. C'est de mon point de vue une régression importante de l'état de droit car, si les femmes sont une agrégation facultative, les enfants ne l'étaient pas et cette revendication catégorielle les a effacés ; peut-on sérieusement soutenir que la situation sociale actuelle des femmes en France justifie de débloquer des fonds et des législations spécifiques en priorité à la question des enfants ? Et de ce point de vue, la pornographie bien ordonnée serait certainement une entrée en matière moins virulente que celle que les jeunes féminines très au fait de leur desiderata réservent aux autres enfants, du moins si j'en juge par ce qui est donné d'observer dès le collège : toi t'es moche et puis les garçons c'est nul, ils comprennent rien, je préfère les plus vieux qui sont plus murs, savent me parler et quoi me dire (et regarder ma culotte comme j'ai envie) ; et toi ? moi ? ben quoi ! tout ça pour dire que l'éducation des féminines à la sensibilité n'est pas plus optionnelle que celle des enfants à un peu plus de distanciation vis à vis de l'immédiateté du corps (l'impulsif).


Version inclusive
Amener chacun à privilégier l'expression verbale la moins susceptible de constituer des sous-groupes de personnes sur une base agrégative abusive : les racisés non, la peau de couleur noire et les produits de beauté oui ; les aveugles non, la circulation en ville des personnes mal voyantes oui ; les obèses non, les personnes en surpoids et les places assises dans les transports en commun oui ; les mâles blancs de plus de 50 ans non, les dé-putés oui ; les femmes enceintes non, les chieuses oui ; c'est de surcroit bien plus ludique :-).
Finalement, a-t-elle été déposée, cette fameuse plainte ?
Ou n'était-ce pas plutôt comme d'habitude un écran de fumée ?
Voici un article pour ceux qui parlent Anglais qui vient soutenir la lecture de ce bon article
Blanquer, Blanquer...un doigt, la lune

Tout cela, tout ce buzz dont sont friands et journalistes, et forumeurs @si et les mentons en pointe pour,
peut-être, minimiser (j'ai bien dit minimiser) l'annonce et la mise en place d'un Conseil Scientifique au sein de l'Education nationale.
Ce Conseil verrait la nomination d'un neuro-scientifique à sa tête.
Une main de plus des "scientifiques" sur l'Education.
Rappelez-vous Céline Alvarez?

Que nous préparent-ils?

Rappelez-vous Blanquer au cabinet de Gilles de Robien partant en guerre contre la méthode globale (jamais appliquée) mais mettant en valeur la " bonne" méthode syllabique...

Scintificons (j'emploie à escient ce barbaro-néologisme pour la syllabe finale) au maximum et nous aurons fini de détrousser la Princesse de Clèves.

Chacun peut aller fouiner. Voici le lien transmis par une ex-collègue de RASED...(vidé de leur contenu par un autre célèbre Darcos.)
La démolition prend du temps mais les tracto-pelles sont "en marche".

http://www.lepoint.fr/societe/education-blanquer-annonce-la-creation-d-un-conseil-scientifique-24-11-2017-2174792_23.php

Nous vivons une époque formidable
Et sinon, tout va bien, https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/burkina-faso/le-ton-surprenant-demmanuel-macron-pour-parler-du-president-du-burkina-faso_2489837.html

"Surprenant", oui, c'est le moins qu'on puisse dire. Normal de tutoyer son homologue, c'est ça être djeun. "Reste !"... Pourquoi pas "Au pied !"

On notera le sourire content de soi et la tête qui dodeline comme les petits chiens qu'on met sur les plages-arrière des voitures à chaque fois qu'il croit avoir fait un bon mot.
La "non-mixité" stricto sensu ne me dérange pas trop, même si je ne me sens pas comme appartenant à une hypothétique "race".
Mais de même qu'il peut y avoir des ateliers "réservés aux femmes" dans la mesure où la présence d'homme peut rendre certaines femmes suffisamment mal à l'aise pour qu'elles n'osent pas s'exprimer, éducation à la c0n oblige, je comprends qu'on puisse mettre en place des ateliers où seuls des personnes en difficulté à cause de la couleur de leur peau, de leur style de vêtement, etc. seraient présentes.

Reste que si en parallèle des ateliers réservés aux autres ne sont pas mis en place, ça me met très mal à l'aise.
J'imagine le tollé si demain un syndicat proche du FN mettait en place un atelier "réservé aux blancs" ou "réservé aux hommes blancs".

Bref, je pense que la non-mixité doit rester une exception, pas une règle.

Au fait, si je veux m'inscrire à un de ces ateliers et que je pense correspondre aux critères d'admission, y a t il des censeurs susceptibles de refuser ma candidature? Y aura t il des tests ADN à l'entrée? Ou de mesure du nez, de la couleur de la peau, des dents, etc?
Il n'y a pas de racisme au sommet de l'État :
Le trombinoscope montre bien le présence d'une femme noire : la Ministre des Sports Laura Flessel
il y a aussi Mounir Mahjoubi secrétaire d'état au numérique

Vous remarquerez sur le trombinoscope le placement une femme un homme une femme un homme. Comme quoi quand on se fait fort de respecter la parité, on renforce en l'affichant la disparité

Il n'y a pas de racisme d'État :
mon fils n'est jamais contrôlé sauf quand il est avec un copain encore moins de souche que lui, en fait visiblement pas de souche du tout
sinon jamais mon fils n'est contrôlé
son copain presque toujours

La boulangerie n'attire pas les gens de couleur, je n'en vois jamais derrière le comptoir. Par contre, les gens de couleur sont attirés par les travaux annexes dans les cuisines ou dans les maisons de retraite
Il y a plusieurs trucs qui peuvent justifier la critique de ces termes dans le débat public :

- la crainte d'une évolution à l'américaine du débat public français, on ne peut plus légitime à mon avis, et qui devrait être en premier lieu un souci pour la gauche vu comment ça a tourné là bas
- l'usage dans le débat public de termes issus de la recherche et qui peuvent prendre un sens différent dans un cadre militant (est ce que les militants du PIR etc... pensent réellement "relents occasionnels de racisme, ou discriminations inavouées dans la mise en œuvre de certaines politiques publiques ou le discours qui les accompagne" quand ils disent "racisme d'état" ou est ce qu'ils pensent "état raciste" et font peu de distinction avec les états vraiment basés sur une idéologie raciste, comme semblerait l'indiquer la virulence de certains discours ?)
- l'usage dans le débat public de termes relevant dans leur contexte d'emploi d'une généralisation abusive (qu'elle ait été commise ou pas par des sociologues à l'origine ne l'excusant pas) comme "racisés" pour dire "membres de minorités ethniques" ou "personnes de couleur autre que blanche" ; employer racisé en ce sens revenant à dire que toutes les personnes de ces groupes sont en permanence "réduites à une identité raciale", en France, de nos jours, ce qui nécessiterait il me semble quelques démonstrations ; là où un usage correct de racisé serait de ne l'employer que dans des contextes où des gens sont effectivement réduits à une identité raciale (par exemple "black blanc beur est une expression qui racise les joueurs de l'équipe de France", ou encore "l'écart de succès à cv égal / l'écart du nombre de contrôles d'identités subis sont un signe que les gens sont racisés par un certain nombre de recruteurs d'entreprises / la police")
- la tendance de certains amateurs de ces termes à faire comme si le type de sociologie qu'ils utilisent faisait consensus chez tous les sociologues (alors que... voir un numéro récent du Monde pour ce qui est des débats internes à cette discipline), ce qui nourrit les campagnes anti-sociologie en général

Par contre il y en a encore plus qui rendent l'action de Blanquer et les discours genre Printemps Républicain ridicules :

- Déjà s'attaquer à l'usage des termes au lieu des contre-sens pouvant résulter de leur usage sans définition claire
- ...Et porter plainte sur la base de la définition fausse d'un terme qu'ils cherchent ou devraient chercher à combattre (celle assimilant "racisme d'état" et "état raciste")
- Faire comme si ces termes étaient nouveaux dans le débat public et résultaient d'un plan récent pour le subvertir (délire quasiment complotiste). En dehors même des usages universitaires, "Racisme d'état" était déjà employé par le MRAP (pas vraiment un mouvement communautariste ultra radical) dans les années 80. Il l'est aussi par des historiens pour parler de périodes de l'histoire de France où l'état ne se montrait pas raciste dans ses principes en métropole mais menait bien des politiques racistes dans ses colonies (ou de fait vis à vis des colonisés), ce terme n'a jamais concerné que l'apartheid total.
- Y mêler la question des réunions non mixtes, elle même injustement assimilée à des regroupements "interdits selon l'origine" (alors que là où les identitaires ou autre PIR ne proposent pas d'activité alternative à leurs camps pour ceux n'ayant pas la couleur nécessaire à y assister, SUD 93 proposait une simple division de son public pour que chacun travaille sur son propre aspect du problème, ce qui n'a rien de bien scandaleux)
- Au sujet de la non-mixité poser une équivalence entre des réunions de type alcooliques anonymes ("on va témoigner des difficultés rencontrées, échanger des conseils et se soutenir moralement mutuellement") et des meetings politiques entre membres d'une communauté ("on va se réunir entre membres du groupe x rival des autres pour voir comment faire avancer notre cause et les écraser") , là encore un sujet où cette question devrait être traitée au cas par cas (et celui de SUD 93 n'a rien à voir avec celui des camps d'été identitaires) ;
- Ignorer le fait que "racisés" n'étant pas une race on ne peut pas parler de préférence raciale même si une réunion leur est réservée (après tout un blanc peut tout à fait aussi être réduit à cette appartenance à une race par certaines personnes ; à moins de donner à racisé une définition que le terme ne devrait pas avoir, et qui est encore une fois celle qu'ils devraient combattre)
[quote=Il y a des groupes qui prétendent imposer une certaine manière de dire et de voir le racisme et l'antiracisme.]

Au-delà du reste de l'article (très clair et complet), cette citation de Fabrice Dhume me fait sourire : car elle peut tout autant désigner ces groupes entendant combattre le racisme via la non-mixité, ou voulant le réduire à sa seule dimension systémique... Je la trouve assez symptomatique, cette phrase, de la façon dont une certaine gauche juge inacceptable, dans le débat public, les positions ou grilles de lecture contradictoires aux siennes.

Ce qui n'empêche pas les poursuites engagées par Blanquer d'être totalement débiles et disproportionnées...
Bravo Hélène pour cet article vraiment éclairant et enrichissant.
On tord les mots, on les vide de leur sens. Qui ça, on ? Ben, les ceusses que je soupçonne un tantinet racistes... Exemple : hommes ou femmes de couleur ; le blanc n'est-il pas une couleur ? Afro-Américains ; pourquoi pas « Noirs » ? pourquoi n'y a-t-il pas d'Européo-Américains ? Quand j'entends ces mots-là, je sens qu'ils viennent de gens qui se croient dans la norme, qui pensent assurément que c'est l'autre qui est différent ! La première fois que j'ai entendu Afro-Américain, j'ai cru qu'il s'agissait d'une personne ayant une double-nationalité. J'aime qu'on appelle un chat un chat, un Noir un Noir et un Noir américain un Noir américain (quoique Noir états-unien serait plus correct : mon épouse vient d'un pays d'Amérique centrale et elle est tout aussi américaine).
Il y a bien sûr quantité d'autres exemples de mots malmenés qui sont hors du sujet traité ici, comme par exemple : avenue, demandé à la mairie de ma ville par le promoteur alors qu'il s'agit d'une modeste impasse ; vidéo-protection, qui ne protège rien et qui remplace peu à peu le mot vidéo-surveillance...
Sur la plainte de Blanquer, j'ai lu plus haut de la part d'un forumeur qu'ASI nous tienne au courant de la suite de cette plainte. Ça finira par un non-lieu, c'est sûr. Ça fait partie du jeu, il faut faire voir qu'on lutte contre les excès en étant soi-même excessif, sinon, on risquerait d'entendre l'opposition de droite et d'extrême-droite se plaindre que le gouvernement est passif, qu'il ne prend pas le problème à bras-le-corps, etc.
Un petit exemple de racisme d'état : sur France-télévision, il existe une chaine "outre-mer". J'ai découvert avec stupéfaction sur le site de replay que les séries diffusées sur cette chaine ont pour point commun non pas de se situer dans un département ou un territoire d'outre-mer, mais de comporter un (au moins, et souvent un seul) acteur "non blanc", en général noir ou métis. Et ces séries, qu'elles se passent en métropole ou ailleurs, que les personnages ou les acteurs soient métropolitains ou pas, ne sont diffusées QUE sur cette chaine. Effarant, m'est avis.
Ma blanchité m'exonère au moins du terrible soupçon de chercher à me victimiser. Mais passée la sidération, c'est un sentiment de scandale et de révolte qui me saisit.
wé. C'était bien la peine que vous fassiez "barrage au front national"...
[Message du dessus à supprimer]

Comment ne pas voir que ces récents mouvements soit disant anti-racistes sont le fruit de la société libérale et individualiste ? Comment ne pas voir une éthnicisation des débats ? Comment ne pas voir qu'il s'agit d'une importation américaine non adaptée à notre pays ? Comme ne pas voir du communautarisme là dedans ?

On cherche à adopter le modèle américain en France mais celui ci est une catastrophe ! Ils sont embourbés dans une éthnicisation des débats dont il n'y a aucun moyen de sortir. Regardez la campagne d'Hillary Clinton : si vous êtes noir votez pour moi, si vous mexicain votez pour moi, si vous êtes une femme votez pour moi.. Les débats sur l'économie et la politique internationale passe à la trappe. Au moins aussi scandaleux que Trump, on en a pas parlé ici..

En France, il y a du racisme je ne le nie pas mais la solution à cela ne serait elle pas d'appeler à l'unité du peuple et à son indivisibilité plutôt que de sacraliser les différences et réintroduire sans cesse la notion de race dans le débat publique ?

Petit truc pour reconnaître un communautariste : il cherche sans cesse à se victimiser. Ainsi le FN se plaindra du racisme anti-blanc, Houria Bouteldja se sentira persécutée pour être musulmane, la Licra verra de l'antisémitisme partout..
Ah oui le FN c'est du communautarisme, celui du grand groupe, l'extrême droite s'est ramolli avec le temps, le racisme pur et dur de l'époque est terminé, point de danger fasciste.

Mettons tout ces briseurs d'unité dans le même sac et jettons-les à la boue amigo ! Ton ennemi principal c'est le Capital mon frère, c'est lui qui a le pouvoir, non la Réaction, en train de crever. Ne les laissons pas nous diviser ni nous divertir de la lutte contre l'Argent.

Ps : organisez donc un débat entre un de vos idiots utiles d'anti-racistes et Jean-Claude Michéa, on risque de bien se marrer..
Comment ne pas voir que ces récents mouvements soit disant anti-racistes sont le fruit de la société libérale et individualiste ? Comment ne pas voir une éthnicisation des débats ? Comment ne pas voir qu'il s'agit d'une importation américaine non adaptée à notre pays ? Comme ne pas voir du communautarisme là dedans ?

Il y a du racisme je ne le nie pas mais la solution à cela ne serait elle pas d'appeler à l'unité du peuple et à son indivisibilite
J'apprécie beaucoup cet article.

Et je n'ai toujours pas compris sur quoi se basent ceux qui veulent faire interdire des réunions et groupes de parole entre personnes choisies.

Moi, dans mes réunions syndicales (pas le même syndicat ni le même département que celui qui est dans le viseur de Blanquer), nous ne sommes qu'entre syndiqués du même syndicat : nos rencontres ne sont pas ouvertes à tous, et en plus, pour être dans le syndicat il faut payer. Je n'ai jamais entendu personne trouver cela scandaleux.

J'imagine que dans les associations de pêcheurs à la ligne il faut être pêcheur à la ligne, j'imagine que pour assister à une réunion du MEDEF il faut être patron, et qu'en conférence de rédaction d'@si il faut faire partie de la rédaction d'@si, au bureau des élèves d'une école il faut être élève de l'école ... et donc, c'est quoi le problème ?

Mais si on change cette règle, je veux assister à un conseil des ministres, et avoir mon mot à dire !
Cet article publié sur un blog de Mediapart complète bien celui d'Hélène Assekour, excellent au demeurant.
Il répond notamment à la question posée sur ce forum de la différence entre racisme d'Etat et régime d'apartheid (i.e. Etat raciste).
"Pourquoi, alors, une telle peur de l'usage de ces mots ?"

Mais qui vous dit que Blanquer a peur ?
C'est un agrégé de droit public, je ne pense pas qu'il ait peur des mots, il travaille avec, c'est la matière de son travail et la substance de toutes les interrogations.

Il a le droit en revanche de juger que ces mots, ces "concepts", ne sont pas pertinents, ce qui apparemment vous échappe totalement.

C'est le nouveau paradigme de gauche : quand d'autres ne sont pas d'accord avec vous, c'est qu'ils ils ont peur, ou sont ignorants.

Euh non, ils pensent simplement que ces mots ne disent rien de pertinent de l'état actuel de la société, et c'est de cela qu'il faut discuter, si on est pas d'accord.

Quant au détour par la sociologie, il est intéressant, mais ce qui le serait davantage, ce serait de porter la contradiction (ce qu'apparemment vous défendez volontiers face à des penseurs que vous n'aimez pas) et notamment en piochant dans ces mêmes sciences sociales des travaux contradictoires.
Quant à la dernière citation de l'article, elle est fabuleuse - comme si qui que ce soit voulait interdire à qui que ce soit de s'exprimer sur ce qu'il estime être sa condition. Simplement, s'il faut être d'une condition donnée pour en dire quelque chose de valable, alors rentrons chacun chez nous et parlons de nos nombrils, seul sujet que nous sommes susceptibles de maîtriser correctement.
Il y a 5-6 ans j'avais quitté Tumblr pour ce genre de conneries je crois que ça va finir de même avec Arrêt sur Image. Cela donne l'impression que les gens ne réalisent pas.
Rassurez-moi, ce Blanquer, il ne se mêle pas d'éducation, d'enseignement et de recherche, hein ? Ouf, on a eu peur ! (Comme pour Moscovici qui découvre l'évasion fiscale, heureusement que c'est pas sa spécialité.)

Donc le seul ministre de ce gouvernement à avoir une visibilité minime l'exploite pour taper sur les syndicats enseignants, les sciences sociales et les personnes racisées.

Je ne regrette pas de m'être abstenue au 2ème tour, tiens.

Es-ce que Blanquer a pensé à informer Macron que le racisme d'État n'existe pas, lui qui a expliqué à une femme marocaine sans papiers dont les parents vivent en France et qui sont malades que "s'ils sont soignés, c'est que QUELQU'UN a payé ?" (pas eux-mêmes en cotisant, on sait bien que les marocains, quand ils ne sont pas "rien", c'est des fainéants). Personne ne relève ni l'insulte ni l'insupportable arrogance, et tous les éditorialistes félicitent ce sale type pour sa franchise.

C'était bien la peine de faire barrage au FN.
Académie Française et gouvernement s'imaginent qu'ils peuvent nier l'existence de discriminations implicites dans la société en censurant le langage, Ce serait drôle si ce n'était pas si triste.

@asi: j'aimerais bien que vous nous donniez des nouvelles de la plainte pour diffamation dans quelques mois, quand elle aura été dûment enterrée sous son propre ridicule.
très bon article, bien documenté, la conclusion est parfaite.
Prenez le cas d'un jeune homme blanc de 25 ans, et demandez vous s'il avait été arabe ou noir si ça aurait changé son parcours.

Dans le cas de mon fils de 25 ans, bac, licence Pro, CDD au CNRS puis embauché dans une entreprise privée.

Je ne vois pas bien, en quoi, noir ou arabe, il n'aurait pas pu avoir le même parcours.

Précision, son parton actuel est arabe ...

Donc à part accuser de racisme, le CNRS ou l'éducation nationale,dans ce cas, je ne vois pas où il y aurait pu avoir discrimination.

Alors bien sûr le racisme existe, mais plein d'autre chose aussi, trop gros, trop maigre, trop moche, trop beau (?), vieux, peu vif d'esprit, pas de charisme, peu de soutient familiale ...

Donc oui, être racisé, c'est un handicap mais pas plus que plein d'autre chose et je pense que les gros, les moches ... n'en font pas un fromage et s'en porte mieux.

Quand à lutter contre le racisme, c'est perdu d'avance et contre productif, le racisé lui même fait parti d'un groupe où il y a plus ou moins autant de raciste que dans le groupe non racisé.

Aujourd'hui, tout le monde à un tél portable, si vous pensez que vous allez être victime d'un discours raciste (ou de harcèlement sexuel), enregistrer et diffuser, ce sera beaucoup plus efficace que de se plaindre que le monde entier vous en veut.

Conclusion, oui aux lois anti discrimination et à la traque des racistes, sexistes, etc ..., non aux luttes antiracistes ou autres qui divisent tout le monde et sont parfaitement inefficace et qui rendent paranoïaque la victime potentielle.
Bon. Si on admet que la France pratique le "racisme d'état", on a quoi en stock pour qualifier l'apartheid ?
Il manque quand même une nuance importante. Ce n'est pas parce qu'un mot est utilisé en sciences sociales aux USA que son utilisation en Europe devrait aller de soi. On ne parle pas, ici, de climatologie ou de physique nucléaire...
Le traitement de la question du racisme et des questions ethniques diffère fortement de part et d'autre de l'Atlantique, le vocabulaire aussi.
On a de la chance d'avoir des gens qui pensent pour nous.
Gageons que d'ici quelques temps, on sera tous débarrassés du racisme grâce à ces nouveaux mots et expressions, et à ces réunions entre racisés..
Plus rien à faire pour nous. Quelle chance !.
Plainte en diffamation ? Comment décrire la réalité objective sans subir les foudres de celui qui s'en défend voire qui contribue à son organisation ?

... ou: "comment nous faire admettre que la terre est plate ?"

Blanquer satellisé .
un article très intéressant qui évoque sans détour un problème fort complexe . vous avez raison de citer Sylvie Laurent . ce qu'elle écrit sur la situation des Noirs américains est passionnant ,mais la situation est -elle transposable ? En revanche ,parler de racisme d' état ou organiser des ateliers interdits aux Blancs n'est pas sérieux.
Sans vouloir contester la blanchitude de Blanquer, je trouve qu'il a quand même l'air de venir d'ailleurs, loin.
Merci pour cet éclairage.
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