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Despentes offre une légende à Haenel

Commentaires préférés des abonnés

"devant les dames des vestiaires qui n'y comprennent rien"


Êtes-vous bien sûr, Daniel, de ne pas sous estimer les "dames du vestiaire"?

J'ai chialé en lisant son texte... vraiment chialé. Des larmes, des sanglots (j'ai ressenti le besoin de le lire à voix haute) qui sont venus (à peine) adoucir la fureur, la haine qui me tiraille.

Je ne me suis jamais intéressé à ces cérémonies d'auto(...)

La tribune est puissante mais le "et le mec n’est même pas foutu de classer son film dans le box-office des cinq films les plus vus dans l’année" est certainement le pire argument jamais entendu des détracteurs du monde du cinéma/Polanski. C'est pas (...)

Derniers commentaires

Daniel, il a mieux que Despentes... https://came2016.wordpress.com/2020/03/02/unpopular-opinon-la-tribune-de-despentes-nest-pas-feministe-et-elle-a-oublie-aissa-maiga/?fbclid=IwAR3MoTfkLJv9svCgrhKVpsnpMQBXB4d_j7TNBaV1RKUqTS2ByUafy6Pxe3I

C'est quand même intéressant de jeter un œil sur la composition des votants aux césars : le conseil d’administration ne comptant que 28,5 % de femmes , l’assemblée générale 17 % et la moitié des membres étant composée de septuagénaires 

Et par ailleurs juste avant la tenue de la cérémonie moultes controverses relevées dans Wikipedia : 

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Acad%C3%A9mie_des_arts_et_techniques_du_cin%C3%A9ma

Partie "démission collective du conseil d'administration"


Comment ne pas voir que le féminisme version Despentes nous invite à une incroyable régression dans notre conception de la justice ? Je vois plusieurs problèmes:

- en matière de délinquance sexuelle, on nous propose d'abandonner la présomption d'innocence, la diffamation est complètement banalisée;

- le retour de la figure du bouc émissaire, où on encourage des femmes violées à faire dans une personnalité soupçonnée l'incarnation de leur violeur;

- abandon de la croyance en la rédemption, au changement, illusion que l'on peut juger des faits 30 ans après...d'après les medias.

Si l'on trouve le fait qu'un délit ou un crime reste impuni si intolérable que l'on doive jeter au feu toutes les précautions qu'on a construites, au fil des siècles, pour éviter de voir des innocents maltraités, on n'est plus dans la recherche de la justice, mais dans la pure vengeance.

Là où Despentes va un cran plus loin, c'est quand elle trace un trait d'égalité entre le violeur et un pouvoir qu'elle honnit. Peut-on encore, aujourd'hui, attendre quelque chose de bon du mélange de la politique et de la haine ?


Et pendant qu'on chasse les monstres à la cérémonie des Césars que personne ne regarde, les programmes de télé-réalité continuent de renforcer les visions sexistes, comme le  Haut Conseil à l’égalité femmes-hommes vient de le notifier. Est-ce que ça aura autant de reprises que les clashs de Haenel, Despentes, et autres ?


 

Je reprend mon message envoyé par inadvertance. 


Je disais donc que vous joignez à ce lynchage médiatique, sans prendre la peine de rappeler que la justice doit être rendue dans un prétoire et que ce n'est ni votre affaire ni celle des réseaux sociaux. La présomption d'innocence ne semble même pas vous effleurer. C'est pourtant un élément primordial de notre état de droit. 

Ne prenez surtout pas la peine de mentionner que les soit disant féministes hurlaient devant la salle Pleyel qu'il fallait gazer Polanski. Cela ne vous interpelle pas M. Schneidermann ? Moi si !


Jean Dujardin a raison, ça pue de plus en plus dans ce pays. Mais vous n'avez pas l'air de vous en apercevoir !! 






















Je vois que vous vous joignez à ce lynchage médiatique, sans prendre la peine de rappeler que la présomption d'innocence fait partie de l'état de droit et que ce n'est pas votre aff

Tout cela me rappelle le Sublime, forcément sublime, Christine V de la regrettée Marguerite Duras.


La littérature est une façon de sublimer la réalité de façon symbolique, elle ne parle que de l'écrivain et de son histoire personnelle. Elle n'a rien à voir avec la justice, avec la réalité, ou avec la culpabilité. Surtout celle des autres.

C'est beau comme un J'accuse.

Une sorte de cercle (vicieux)  littéraire où tout le monde répond à tout le monde dans un grand maelstrom d'idées décousues hors de la réalité.

Zola, Duras, Despentes....


Et tout le reste n'est que littérature.

Je ne participe que rarement aux forum.
Mais quelle déception ! De lire ça de votre part.


Donc vous approuvé en substance "Polanski est protégé, il a eu ces 25 millions facilement". Mais savez vous que ce projet il a essayé de le monter pendant 8 ans... Qu'un très grand acteur américain (peu de gens le savent sauf ceux qui ont approché le projet) avait accepté de jouer Picquart dans la première tentative de montage financier..
Que le projet a buté des années sur un montage financier jusqu'à ce que Alain Goldman débloque tout.

Bref, ce fut un effort de rassembler ces 25 millions (merci aux Italiens, merci à quelques investisseurs d'Europe de l'Est aussi). Dans sa première version tel qu'il était ambitionné, le film aurait certainement couté 50 millions.

Quant à dire "Ca vous fait du bien".. Mais en quoi êtes vous concerné ? 


Est-ce à vous de juger Polanski*  est-ce à vous de juger n'importe quelle personne qui est visé par des accusations, est-ce à vous de juger si elles sont vraies ? Est-ce à vous de vous faire une idée sur une allégation ?

La démocratie n'est possible (condition nécessaire) du fait que la justice est déléguée. A des juges professionnels ou à des simples citoyens devenus jurés qui vont avoir connaissance de tous les arguments, pas d'un procès médiatique à charge...

Roman Polanski est de loin le meilleur réalisateur français, c'était aussi le meilleur réalisateur nommé bien entendu. Est-ce qu'on demande à la société de se faire juge en rendant la démocratie impossible (autant d'avis que de personne, c'est ça la morale, l'insularisation, la balkanisation de la société, la perte du commun... si on juge moralement, on a plus de jugement commun... dans la morale, tout le monde peut trouver une raison de culpabilité à toute personne qui lui déplait... la morale ce n'est pas l'objectif c'est le subjectif

Quand est-ce que les gens vont retrouver la boussole. Quand est-ce que des voix importantes comme vous vont retrouver la boussole.

Nous n'avons pas à juger autrui. Nous n'avons pas à lyncher autrui.
Et surtout, nous n'avons pas à se poser la question de l'exemplarité d'un artiste pour récompenser son travail.
Ce n'est pas les prix de l'exemplarité, c'est le prix d'une qualité d'artisanat.

Doit-on effacer à la manière de la révolution culturelle chinoise, Lewis Carroll, Le Caravage, Socrate, Hugo, et j'en passe...

Dans Une vie cachée de Terrence Malick, le juge (Bruno Ganz) qui va le condamner à mort mais a des états d'âme à le faire, demande en aparté, au personnage principal, "Vous me jugez?"
Que répond le personnage principal, dont la pureté est pourtant exemplaire .. il dit en substance "Je ne vous juge pas. Qui suis-je pour vous juger? On peut faire le mal et ne pas pouvoir laver cette faute. Chacun fait du mieux qu'il peut dans la situation qu'il traverse"

Pour se permettre de juger autrui, il faut avoir une pureté exemplaire, pour faire la leçon à autrui. Personne pourtant n'est assez pur pour le faire. Il n'y a que parce que la société investit de ce droit des juges professionnels et des jurés qu'on se le permet.
Le jugement d'autrui, c'est la source du lynchage, la source des violences (comme celles de vendredi ou celle qui a eu lieu dans les cinémas), la source de l'intolérance totalitaire qui refuse le commun et essaie d'imposer un avis personnel à tous jusqu'aux menaces de mort ( la séquence mettant en scène Isabelle Morini-Bosc est très parlante)


*: (je passe par ailleurs sur la complexité judiciaire de son affaire dont trois jugement ont dit que la procédure était illégale)

Quel texte de Despentes! J'en veux encore, magnifique!

Les gars, aidez-moi : la fachosphère s'est immédiatement emparé de la phrase de Despentes en parlant des attentats : "Je les ai aimés dans leur maladressequand je les ai vus armes à la main semer la terreur en hurlant “on a vengé le Prophète". En lisant le texte en entier, la nana fait un peu froid dans le dos, quand même. Va falloir trouver des EDL, comme diraient nos chers macronistes, pour défendre sa peau :/

Je me demande si tout le monde a bien compris ici comment étaient décernés les César. 

Ce n'est pas un jury comme à Cannes, ni un comité de quelques personnes comme pour le Nobel.


Les César sont décernés à l'issue d'un vote secret uninominal. 


Les votants étaient 4313 cette année, ce sont les membres de l'Académie des arts et techniques du cinéma.


Au cours du premier tour de vote leur est soumise une liste avec plusieurs centaines de films sortis pendant l'année écoulée et répondant à certains critères. A l'issue du dépouillement, 49 films ont été sélectionnés, qui servent à désigner les personnes nommées pour les différentes récompenses.


Au second tour, 4313 votants choisissent un nom dans la liste des nommés pour chaque récompense.


Pour le César du meilleur réalisateur, Adèle Haenel avait une "chance" sur sept de partir, Virginie Despentes d'écrire son article.


Mais la part de hasard/probabilité qui a conduit à l'attribution du César à Polanski est quand même très importante (les résultats des votes sont tenus secrets, Polanski a pu recueillir 700 comme 4300 voix). 


Accuser "les puissants", le "fric", c'est oublier comment sont décernés les César. Dire que le Portrait de la jeune fille en feu n'a pas reçu beaucoup de César à cause de la dénonciation faite par Adèle Haenel, c'est spéculer sur les votes de 4313 personnes. 


Même si la composition de l'Académie des César est à revoir (voir ce qui s'est passé en janvier avec la démission du comité), il ne s'agit pas d'un petit comité composé de vieux mâles blancs puissants, millionnaires, intouchables, et n'y connaissant rien aux métiers du cinéma.



 

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

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Danièle

Que vous arrive-t-il, Daniel, de soutenir ce rapt de victoires orchestré par Virginie Despentes et Adèle Haenel (et quelques autres) : Comment Ladj Ly (Les Misérables), Mounia Meddour (Papicha), Bong Joon-ho (Parasite), Lyna Khoudri (Papicha), Roschdy Zem et quelques autres, apprécient-ils que ce qui aurait dû être leur consécration leur soit tout simplement dérobé, qu'ils/elles soient renvoyé(e)s dans l'ombre de celle qui se dit "puissante" (Marie Ndiaye doit être étonnée) pour avoir déjà eu deux Césars et pour se faire justice elle-même?

Que vous arrive-t-il, Daniel, de faire passer après, comme vous l'indiquez vous-même, les maltraitances infligées par le 49-3 et la réforme des retraites, les horreurs commises en Syrie?


Haenel n'a surtout pas besoin de légende, depuis le début ses propos et ses actes sont forts, limpides, raisonnés, bref efficaces et très audibles. 

bravo Adèle Haenel , 

c'est beau d'évidence et de simplicité , si cette attitude avait été partagée ,

 elle aurait eu un pouvoir phénoménal , immense ;

là; on ne parle même pas de courage mais de vérité , d’authenticité.

les puissants ont gagné , on se courbe avant d'y avoir été contraint 

mieux :on applaudit . 

à vomir

Despentes offre une légende à Haenel, et cette légende elle est empreinte de lutte de classe. 

Avec son texte, Despentes prolonge l'acte de Haenel, le recontextualise, le politise et ça fait du bien d'entendre enfin parler un féminisme de lutte de classe !

Alors que le 8 mars arrive, on pouvait se demander où était l'esprit de Clara Zetkin*...

Hé bien, merci madame Virginie Despentes !


*Clara Zetkin, socialiste et féministe allemande, co-fondatrice du KPD (Parti Communiste d'Allemagne) qui, lors de la 2ème Conférence Internationale des Femmes Socialistes, le 8 mars 1910, proposa l'organisation annuelle d'une Journée Internationale des Femmes, pour contrer l'influence du féminisme bourgeois sur les femmes du prolétariat. Cette journée est une journée de lutte pour les droits des femmes, pour le droit de vote mais aussi pour leur émancipation économique et sociale (à l'époque une femme mariée appartient à son mari), pour l'égalité homme-femme etc. La date a d'abord été fluctuante, puis elle est fixée par Lénine en 1921, en hommage aux ouvrières qui lancèrent la 1ère révolution russe par une grosse grève et une grosse manifestation lors de la Journée Internationale des Femmes de 1917, le 8 mars (23 février en calendrier julien).


- À voir à ce propos la chronique de Mathilde Larrère sur les origines du 8 mars : https://www.facebook.com/watch/?v=1847122371980288 (Mathilde, tu ne parles pas de Clara Zetkin dans cette vidéo, cette année tu nous fais un topo sur ce personnage haut en couleur ?)

- Et pour les germanophones, voilà le discours que donna Clara Zetkin à 75 ans alors député communiste devant une salle à majorité nazi : https://www.youtube.com/watch?v=KlmsXuHArpI


Clara Zetkin, une nana qui n'a rien lâché !

Tiens on parle des @asinautes de tout accabit ici...
http://video.lefigaro.fr/figaro/video/corinne-masiero-cesar-de-la-stupidite-raciste-et-anti-chretienne/6133499542001/

DS, ce n'est qu'une question de temps avant que vous soyez vous-meme dévoré par vos progréssistes-indigénistes-féministes essentialistes.
C'est le destin des idiots utiles.

Ah que l'on est bien dans le camps du bien et de la certitude...
Tiens, rien sur l'équipe 100% masculine des 'Misérables', ni sur les faits qui ont amené son leader en prison.
Un oubli sans doute... ou bien autre chose...

Tout à fait d'accord. Attention quand même avec des idées comme l'irréversibilité. Quand Croizat a créé la sécurité sociale, et donc nos retraites, il pensait peut-être aussi que c'était irréversible. On voit désormais ce qu'il en est. On peut faire un parallèle avec la cause de l'égalité des sexes et du droit de disposer de son corps, quand on voit le grand come-back des anti-avortements. Leurs revendications ressemblaient à un combat d'arrière-garde il y a encore 10 ans, et maintenant, ce droit est remis en cause un peu partout dans le monde, du Brésil à la Pologne.


Après s'être levé pour crier sa colère, il ne faut jamais se rasseoir.

Réagir sur la réaction de Daniel Schneidermann, soit. Mais ce serait pas plus mal de le faire après avoir lu la tribune de Despentes. Ça éviterait les raccourcis.

Pour ceux qui ne savent ni comprendre Virginie Despentes ni voir et entendre Adèle Haenel, il y a aussi les chiffres. Froids et durs :

Médiaphilomanie et médiacratie



Comme tout le monde, j'ai lu et relu le texte de Despentes. Comme tout le monde, ça m'a fait du bien.




Heureux qui n'est pas de ce monde-là! Petit monde médiaphilomane en effet que celui-ci. De nocivité égale à celle de son apparent opposé dominant: complice, en réalité, de sa médiacratie.

"Tout le monde se lève"  ne me fait penser qu'à une seule chose : un slogan de pot de yaourt. Je sais pas pourquoi mais venant d'une millionnaire libérale de gauche, ça ne me surprend même pas.

"Je n'aime pas la chasse à courre et je ne serai jamais du côté de la meute.

Moi je me retrouve dans les propos de Fanny Ardant. (ils sont faciles à retrouver)

Et surtout, je me retrouve dans les propos de Samantha Geimer. Elle a donné une interview à Slate.fr pour répondre à Adèle Haenel.

Il paraît qu'il faut écouter les victimes. Chiche! "

Tout est dit! Merci.

"Je vais commencer comme ça : soyez rassurés, les puissants, les boss, les chefs, les gros bonnets : ça fait mal. On a beau le savoir, on a beau vous connaître, on a beau l’avoir pris des dizaines de fois votre gros pouvoir en travers de la gueule, ça fait toujours aussi mal. Tout ce week-end à vous écouter geindre et chialer, vous plaindre de ce qu’on vous oblige à passer vos lois à coups de 49.3 et qu’on ne vous laisse pas célébrer Polanski tranquilles et que ça vous gâche la fête mais derrière vos jérémiades, ne vous en faites pas : on vous entend jouir de ce que vous êtes les vrais patrons, les gros caïds, et le message passe cinq sur cinq : cette notion de consentement, vous ne comptez pas la laisser passer. "

etc etc

Qu'ai je à dire de plus sinon ce qui suit et qu'a dit Despentes

Avant hier soir, et après les Césars, je me suis aperçu que je ne connaissais pas le fond de l'affaire Roman Polanski et pourquoi on en parlait tant en ce moment. Si vous étés comme moi, je vous invite à aller voir le wiki de l'affaire : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Roman_Polanski

Il y a sa pédophilie, sa condamnation, les remords de Polanski et le pardon de Samantha Geimer, Polanski qui fuit la justice américaine protégé par la Pologne, la France, la Suisse et à la fois la justice Américaine qui semble s'acharner, etc...

Et également la vie de Polanski https://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_Polanski , je redécouvre qu'il était marié à Sharon Tate lorsqu'elle s'est fait assassinée.

Alors la récompense du réalisateur par les Césars, alors que Polanski confonds son sort et le film, je sais quoi en penser : scandaleux! abject!

Mais l'affaire Polanski, je ne sais pas quoi vraiment en penser...

Dommage Stéphane Guillon. 

Mon grand père me répétait souvent "Le but du Socialisme, ce n'est pas que tout le monde de vive tout nu dans un tonneau. Tout le monde a le droit au plus haut confort de vie" et aussi "Une maison et du pain pour tous !"

Et j'ajoutais "Et une Rolls aussi !"


Bref, le méchamment méchant 49.3 n'a pu sortir de l'assemblée en faisant un scandale à la Une.


Les retombées ? Ouille, aïe, ...


Et je ne suis même pas jaloux des 25 millions ou de la thune à Despentes. 

Mon film "Zobbo vs Dracouilla"-toujours à l'état de projet depuis 30 ans- n'a pas perçu un rond.

Idem pour "le Prix Nobël est une Raclure"


Pour des raisons factuelles ces deux films ne se tourneront pas en Syrie.


NB Nous cherchons toujours des acteurs indigents pour "Zobbo vs Dracouilla"



 

"J'accuse est un film sous la ceinture, qui prend Dreyfus en otage pour faire pleurer sur Polanski." 

Bof. 

L'affirmation la moins étayée de la chronique, et dont l'absence n'aurait rien changé à sa justification : mais je constate que c'est l'accroche que vous avez choisi pour la tweeter. Je vois mieux la stratégie de buzz mais ca me rend perplexe que vous utilisiez ces ficelles. Ou alors (s'il vous plait), étayez !

Le rapprochement entre l'affaire Dreyfus et l'affaire Polanski est fait par Polanski lui-même dans le dossier de presse du film (page 7).


Extrait:


Intervieweur: Pensez-vous qu’une nouvelle affaire Dreyfus pourrait se reproduire aujourd’hui ou cela vous parait-il impensable ?


Polanski: Avec les moyens technologiques dont nous disposons de nos jours, il serait impossible d’avoir une affaire où quelqu’un se fait condamner sur la foi d’une expertise graphologique foireuse. Et certainement pas dans l’armée, car l’esprit de l’armée a changé. Son côté« intouchable » a disparu. Aujourd’hui, nous avons le droit de tout critiquer, l’armée comprise, alors qu’à l’époque, elle disposait d’un pouvoir sans limites ! Mais une autre affaire – certainement. Il y a tout ce qu’il faut pour cela : des accusations mensongères, des procédures juridiques pourries, des magistrats corrompus, et surtout des « réseaux sociaux » qui condamnent et exécutent sans procès équitable et sans appel.


Intervieweur: Ce film a été comme une catharsis pour vous ?


Polanski: Non, je ne travaille pas comme ça. Mon travail n’est pas une thérapie. En revanche, je dois dire que je connais bon nombre de mécanismes de persécution qui sont à l’oeuvre dans ce film et que cela m’a évidemment inspiré.


Intervieweur: Les persécutions à votre égard ont commencé avec Sharon Tate ? 


Polanski: La façon dont les gens me voient, mon « image », a effectivement commencé à se former avec la mort de Sharon Tate. Au moment de ce drame, alors que ce que j’avais à vivre était déjà atroce, la presse s’est emparée de cette tragédie, et ne sachant trop comment la traiter, elle l’a fait de manière abjecte, en insinuant entre autres que je faisais partie desinstigateurs de son meurtre, sur fond de satanisme… Mon film ROSEMARY’S BABY constituait la preuve que j’entretenais des rapports avec le diable ! Cela a duréplusieurs mois, jusqu’à ce que la police ne retrouve finalement les vrais coupables, Charles Manson et sa« famille ». Tout cela me poursuit aujourd’hui encore. Tout, et n’importe quoi. C’est comme une boule de neige, chaque saison en ajoute une couche. Des histoires aberrantes de femmes que je n’ai jamais vues de ma vie et qui m’accusent de choses qui se seraient déroulées il y a plus d’un demi-siècle.


Intervieweur: Vous ne voulez pas répliquer ?


Polanski: À quoi bon ? C’est comme se battre contre des moulins à vent.


[fin de l'interview]



Merci, je n'avais pas ces éléments, cela modifie mon regard sur ce qui dit D.S. 

Et me conforte dans l'idée qu'il aurait à mon sens du les étayer, comme vous le faites.

*qu'il aurait à mon sens du étayer son propos*, plutôt. 

("les étayer" est mal formulé, on pourrait croire que cela se rapporte à "ces éléments", et que je mets ceux-ci en doute. Au contraire, ils sont très clairs)

Les extraits de l'interview que j'ai reproduits dans mon précédent message me semblent être un élément extrêmement important (et insuffisamment mentionné) dans le débat autour du film J'accuse. En effet, ces extraits montrent deux choses:


- Polanski lui-même se compare à Dreyfus (ce qui, tout le monde en conviendra, est un coup porté en dessous de la ceinture, genre: "ceux qui m'accusent de viol et de pédophilie sont tous des antisémites"...).

- Polanski lui-même identifie, en ce qui concerne sa personne, l'homme et l'artiste: il n'y a manifestement pour lui pas de différence entre le Polanski qui se sent "persécuté" (i.e. le Polanski qui est accusé notamment de viols et de pédophilie) et le Polanski qui réalise J'accuse; l'artiste Polanski dit lui-même s' "inspirer" des "persécutions" (notamment les accusations de viol et de pédophilie) que l'homme Polanski estime avoir subies.


Il me semble que le débat autour de J'accuse aurait eu une autre teneur si ces extraits de l'interview avaient été systématiquement rappelés (je pense en particulier à l'insupportable argument de la différence entre l'homme et l'artiste; comme le dit Despentes, "toutes les victimes de viol d’artistes savent qu’il n’y a pas de division miraculeuse entre le corps violé et le corps créateur. On trimballe ce qu’on est et c’est tout. Venez m’expliquer comment je devrais m’y prendre pour laisser la fille violée devant la porte de mon bureau avant de me mettre à écrire, bande de bouffons").

Je trouve l'argument du "séparer l'homme de l'artiste" bidon également. Par contre je ne tire pas du tout les même coclusions que vous de l'interview que vous citer.



Vous dites:<<

- Polanski lui-même se compare à Dreyfus (ce qui, tout le monde en conviendra, est un coup porté en dessous de la ceinture, genre: "ceux qui m'accusent de viol et de pédophilie sont tous des antisémites"...>>


D'abord il ne se compare pas à dreyfus, il dit que son propre vécut l'a inspiré pour réaliser son film sur dreyfus, c'est pas tout à fait pareil (je trouve en tout cas)


Ensuite je ne voit pas comment vous faite le glissement sur l'antésimitisme. Peut etre s'estime-t-il simplement être la cible d'accusation infondé comme l'était Dreyfus. Lui d'avoir violé 10 autres personnes en plus du viol qu'il a reconnut et Dreyfus lui était accusé d'espionnage. Que Dreyfus l'ai été pour des raison antisémite n'implique pas que RP pense être lui aussi victime de fausse accusation pour des raison antisémite. En tout cas je ne l'ai pas lu.


"Je trouve l'argument du "séparer l'homme de l'artiste" bidon également."


Il se trouve, dans le cas présent, que ça permet à l'homme de s'abriter derrière l'artiste. Et tout le galimatias de Polanski sur une évocation assez floue de ce qui pourrait le faire se comparer à Dreyfus, galimatias d'ailleurs introduit par une question/suggestion du journaliste lui-même, est assez bizarre, dans le genre "je ne dis pas mais... suivez mon regard", pour pouvoir dire après l'avoir sous entendu que quand même on l'a pas dit. 


Ce mode d'expression est très caractéristique de ce qu'on peut continuer à nommer, clairement, la culture du viol.

Vous dites: "il [Polanski] ne se compare pas à dreyfus, il dit que son propre vécut l'a inspiré pour réaliser son film sur dreyfus, c'est pas tout à fait pareil".  J'ai du mal à percevoir la nuance que vous cherchez à établir ainsi: si Polanski dit que son propre vécu l'a inspiré pour réaliser son film sur Dreyfus, c'est bien parce que Polanski estime avoir subi une persécution comparable à celle subie par Dreyfus, non? Qu'est-ce à dire donc si ce n'est que Polanski se compare à Dreyfus?


Vous dites: "je ne voit pas comment vous faite le glissement sur l'antésimitisme. Peut etre s'estime-t-il [Polanski] simplement être la cible d'accusation infondé comme l'était Dreyfus". Si Polanski avait voulu réaliser un film sur une affaire d'accusations infondées, il avait l'embarras du choix. Mais allez savoir pourquoi, parmi toutes les affaires d'accusations infondées que l'Histoire a engendrées, il a retenu celle qui est le symbole de l'antisémitisme français, tout en prenant soin de préciser à demi-mot, dans le dossier de presse: "Dreyfus, c'est moi" (ou: "Dreyfus, c'est un peu comme moi, c'est comparable, enfin vous avez compris, quoi").

@


1 - Dire que l'on pense vivre ou avoir vécut des faits en partie similaires a ceux vécut par quelqu'un d'autre ne veut pas dire que l'on se compare à cette personne.



2 - Qu'il est voulut faire un film sur une affaire symbole de l'antisémitisme en france n'implique pas qu'il s'estime lui même victime de fausses accusations  pour des raison antisémites. Je ne dit pas non plus que c'est inenvisageable, mais sans éléments allant dans ce sens, c'est un proces d'intention.

           

@

Je ne suis pas sure de vous comprendre, mais j'ai l'impression que votre hypothèse est qu'il ai choisi ce thème volontairement afin d'étaler son impunité de violeur face aux personnes victime de viol (d'ou votre reference à la culture du viol), c'est bien ça ?

1 - Comparer: définition: Rapprocher pour mettre en évidence des rapports de ressemblance ou de différence.


2 - Je rejoins le commentaire de Cultive ton jardin: Polanski a recours au sous-entendu. Comme ça, la parade est toute trouvée: "je n'ai jamais dit cela, vous me faites un procès d'intention". Pourtant le lecteur, lui, a bien compris le sous-entendu. Et pour cause: la comparaison avec l'affaire Dreyfus n'induit-elle pas dans la conscience du lecteur la question de l'antisémitisme? Aurait-on par exemple idée de rapprocher l'affaire d'Outreau et l'affaire Dreyfus au seul motif qu'elles reposent toutes deux sur des accusations infondées?


J'ajoute, pour finir, que dans l'extrait que j'ai reproduit ci-dessus, je n'ai pas copié les phrases qui introduisent la première question, et qui placent clairement le débat sur le terrain de l'antisémitisme. Les voici:


"Dans votre film, on voit aussi des inscriptions « Mort aux juifs ». Aujourd’hui, l’antisémitisme n’a pas disparu, il a muté, il a changé de visage, et est plutôt devenu l’affaire del’extrême gauche, des ennemis d’Israël et des islamistes radicaux. En France, 13 citoyens de confession juive ont été torturés et tués depuis 2003. L’antisionisme est devenu le cache-sexe du nouvel antisémitisme. Pensez-vous qu’une nouvelle affaire Dreyfus pourrait se reproduire aujourd’hui ou cela vous parait-il impensable ?"


C'est à la suite de ces propos que Polanski se lance dans la comparaison pleine de sous-entendus entre lui et Dreyfus.



Pour l'histoire de la compraison ce que je veux dire c'est que pour moi RP compare le fait d'être victime de fausse accusation (fausse selon RP dans son cas personnel). Mais il ne se compare pas lui Roman Polanski à Alfred Dreyfus, mais bref on va pas rentrer dans un débat sémantique.


Pour le reste c'est vrai qu'avec la question du journaliste on peut comprendre qu'il laisse entendre que les accusations dont il se dit victime ont des origines antisémites.


"Je ne suis pas sure de vous comprendre"


En effet. Il faudrait déjà que vous ayez (un peu) compris ce que c'est que "la culture du viol". Lisez donc Despentes, ça vous aidera un peu.

Citation de 2013 au moment où Polanski a le projet de réaliser J'accuse : "Dans mon expérience, je sais que, très souvent, [lorsqu'] un journal, un magazine, fait une erreur à mon sujet ou écrit des mensonges, si je réagis, ils ont la dernière parole, ils n’admettront jamais qu’ils se sont trompés. Comme l’armée à l’époque.» (RTL, 24 octobre 2013)


Sans vouloir pinailler (parce que je maintiens que ces éléments modifient ma perception de ce qu'à écrit D.S. et je vous en remercie), il me semble néanmoins qu'on ne peut pas les ramasser dans la formule qu'à choisie D. Schneidermann  ("J'accuse est un film sous la ceinture, qui prend Dreyfus en otage pour faire pleurer sur Polanski. "). Cette formule laisse presque entendre que R. Polanski a fait le film sur Dreyfus dans le seul but, ou disons le but principal, qu'on "pleure sur lui"., ou plus sobrement qu'on fasse le lien. Je pense que c'est une accusation qui ne tient pas. Oui, il y a bien l'instrumentalisation que vous avez justement documentée avec l'interview du dossier de presse (surtout quand on sait que ces dossiers de presse sont par définition de la com' contrôlée et validée par l'équipe du film), oui, il y a un certain opportunisme (assez dégueulasse, pour le coup). Mais résumer comme le fait D.S., en insinuant que le film est fait pour ça me parait excessif et du coup demeure artificiellement polémique. Parce qu'on peut tout à fait voir le film comme sans verser une larme sur R. Polanski, ni même sans penser un instant à son cas, encore moins se sentir poussé à le réhabiliter.


Pour l'anecdote (peut-être que cela aggrave son cas), R. Polanski apparait dans le film, en académicien. Pas exactement une institution dreyfusarde, même carrément l'inverse. Symboliquement, s'il voulait apparaître en creux comme un lointain avatar d'A. Dreyfus, choisir cette apparition est sacrément tordu. 

"J'accuse est un film sous la ceinture, qui prend Dreyfus en otage pour faire pleurer sur Polanski"
Je pense qu'on est plus sur la question du symbole que le film portait à la cérémonie plutôt que sur le film lui même. En tout cas c'est comme ça que je l'ai lu.

Ah la la la la, mon pauvre Daniel. Vous avez pourtant essayé de nous montrer que vous étiez dans le camp du bien ce matin. Et là! Paf! L'accident bête, le dérapage, la faute de carre dans la dernière ligne droite... Cette phrase sur les dames du vestiaire qui n'y comprennent rien, on vous la reprochera encore dans dix ans. C'est votre épisode "troussage de domestique" à vous. Quoi que vous écriviez, disiez ou fassiez, vous nous avez démontré que vous n'étiez finalement qu'un homme, un sexiste en puissance, un dominant qui s'ignore. 

Je plaisante bien sûr mais il y a des matins où je ferais bien un pas de côté. Des matins où j'aimerais bien que les gens se rachètent un nuancier. Le tweet de Guillon n'est vraiment pas drôle mais les vannes de Florence Foresti, vendredi soir dernier étaient navrantes. 

Je n'aime pas la chasse à courre et je ne serai jamais du côté de la meute.

Moi je me retrouve dans les propos de Fanny Ardant. (ils sont faciles à retrouver)

Et surtout, je me retrouve dans les propos de Samantha Geimer. Elle a donné une interview à Slate.fr pour répondre à Adèle Haenel.

Il paraît qu'il faut écouter les victimes. Chiche! 

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25 millions????? Un jour je suis allé avec mon ami Paul à Tignes, je l'ai filmé descendant une piste verte et j'ai eu un film de Paul en skis pour bien moins cher.

"Depuis hier soir, mon Twitter est Despentes. ( Tendances pour vous  donc dépendant de vos choix )


   " Mais aux radios du matin, comme dans les medias français du week-end, business as usual. L'info du matin, c'est le retrait de Buttigieg de la course à l'investiture démocrate à l'élection américaine (le fric a changé de cheval, revenant finalement au vieux canasson, quelle surprise !) Le 49.3 sur les retraites, ce coup en traître du samedi soir, l'autre coup de massue du week-end.   "

De la Syrie il fut également question, étrange amnesie de votre part, mais peut être étiez vous sous la douche à ce moment là






Mais au-delà des "on se casse" (qui, aujourd'hui, a la possibilité matérielle de "se casser" ?) le passage le plus intéressant du texte de Despentes, à mes yeux, est le passage sur les 25 millions qu'a coûté le J'accuse de Polanski.


Pour beaucoup on l'as pas et pourtant c'est ce qu'on fait les médecins chefs qui ont démissionnés; les avocats qui ont jeté leur robe; les grèvistes en général et j'en passe; et c'est peut être la seule chose qui nous reste (avant que ce soit autre chose qu'on casse).

tout ces vieux humoristes soi disant "de gauche" et "subversifs" qui sortent du bois ça fait un peu de ménage (Guillon; mais aussi Bedos; Beigbeder; et j'en oublie)

La tribune est puissante mais le "et le mec n’est même pas foutu de classer son film dans le box-office des cinq films les plus vus dans l’année" est certainement le pire argument jamais entendu des détracteurs du monde du cinéma/Polanski. C'est pas taper en dessous de la ceinture, c'est carrément marquer un but contre son camp.


Qu'on reproche à Polanski de ne pas avoir su se faire discret (il pourrait pas signer ses films John Doe, que ceux qui y participent aient enfin la paix ?) ou d'avoir associé sa propre histoire à son film lors d'une interview, ou même à ses producteurs de l'avoir choisi plutôt que d'éventuels réalisateurs aussi inspirés par le sujet, est une chose. Reprocher à J'accuse un faible nombre d'entrées par rapport à son budget, surtout après les campagnes qu'il a subi, est complètement ridicule alors que c'est un des rares films historiques ambitieux de ces dernières années (et ayant fait 1,5 million d'entrées). 


Et surtout terriblement dangereux comme critère. La Vénus Noire de Kéchiche n'a fait que 200000 entrées pour un budget de 11 millions.  Ce que le jour doit à la nuit d'Arcady en a fait 290000 pour 13. Un peuple et son roi (pour prendre un film historique avec Adèle Haenel) en a fait 320000 pour 16. Doit on empêcher les responsables d'avoir de nouveau des financements ? 


Et si demain c'était un groupe de pression autre que les féministes qui s'en prenait à un film jusqu'à empêcher des projections, fera t'on de son nombre d'entrées un argument contre son budget ? Amen de Costa Gavras n'a fait que 1,3 millions d'entrées en France, devait on donner 16 millions à quelqu'un dont le film serait boycotté par les cathos ?


Enfin c'est du niveau des gens forgeant leurs opinions sur Twitter de prendre le dérapage crypto-capitaliste d'un discours anticapitaliste pour un bon argument.

Oh non y zont donné un prix à un film qui malgré les campagnes de boycott il a pas fait autant de sous au box office que superman contre avengers and the furious ? 


L'argument qui tue beaucoup. 

"Sans cette image de la guerrière Haenel, pas de texte de Despentes possible"? Ah bon ? Vous voulez dire que si Haenel s'était rangée et l'avait bouclée, Virginie n'aurait pas pu ou pas su faire cette analyse de l'entre-soi du cinéma ? 


Comment valider cette hypothèse ? C'est impossible, DS. 


Quoi qu'il en soit, ce n'est pas ce que je retiendrai de la séquence.  Peut-être que sans Haenel, Despentes n'aurait pas été inspirée .. à ce point de rupture et de clash. 

Peut-être. Mais peut-être aussi que le feu couvait sous la cendre depuis trop longtemps pour rester tiède.  Et même de cette hypothèse, on s'en fout. Ce qui compte, c'est ce qui s'est produit et les conséquences que ça va produire dans le temps. 

C'est comme ça que les choses qu'on croit maîtriser comme dans un gala des Césars s'enchaînent et s'entraînent par-delà le scenario préétabli, jusqu'à le déborder, le "rupturiser".


C'est ça la vie. C'est ça le sens profond de l'Histoire. Les faits s'enchaînent au gré d'interventions inattendues de gens qui savent soudain s'emparer d'une nuque raidie par la colère fendant deux épaules bien ouvertes autour d'une colonne vertébrale droite comme un "i".  


J'ai même envie de dire que l'art, c'est exactement ça: voir cette nuque raidie, ce doigt d'honneur levé contre les honorables salués en pédophiles ou complices qu'ils sont tous,  et se dire qu'il est temps de parler pour dire ce qu'il n'était pas concevable de penser l'instant d'avant. 


Bref,  votre chute de Matinaute prend bien des précautions et laisse bien des portes ouvertes que Despentes, elle, a voulu faire claquer pour fracasser l'assourdissant silence de l'omerta.  Vivement une émission du vendredi avec Adèle, Despentes et qui vous voudrez pour leur porter la contradiction. Pourvu que ça se fasse et merci à ceux qui me liront de soutenir ma proposition. 


...et Dujardin: "Pays de merde , j'me casse !" ...loin de Maubeuge , la sécession des classes huppées en vrai !


Bravo Daniel... c'est vrai... Lémerdia ont vite refermé la porte sur cet événement très dérangeant pour le groupe des "dominants" du (show) bizzz et du business en général ! 


"Tout le monde sait"  écrit et ré-écrit V.Despentes dans son billet ! 

Mots terribles parce que vrais. Tout le monde sait : famille, amis, professionnels... tout le monde sait pire tout le monde voit ce que le fric permet de comportements malsains et violents ! 

Si j'avais une once de religiosité je dirais "que le temps est venu de chasser les marchands du temple"  mais hélas les habitants de ce pays ont encore trop cheviller au corps "la peur de la perte".

En 1789 les gens ont "osé"  prendre à ceux qui avaient tout quel qu'en soit le prix à payer. Peut-être que ce temps est revenu pour nous ?


Il y a aussi dans Libération, enchâssée à celle de Despentes - tout un symbole - la tribune de Paul B. Preciado, tout autant virulente mais sur le mode philosophique, à égalité avec celui littéraire. 

J'ai chialé en lisant son texte... vraiment chialé. Des larmes, des sanglots (j'ai ressenti le besoin de le lire à voix haute) qui sont venus (à peine) adoucir la fureur, la haine qui me tiraille.

Je ne me suis jamais intéressé à ces cérémonies d'auto-congratulation, d'entre soi... mais là, j'ai vraiment pensé qu'ils n'oseraient pas faire ça : leurs cracher à la gueule je veux dire.

Mais ce qui me rend encore plus furieux c'est cette complicité dans l'inaction, ces visages, ces corps tranquillement assis qui finalement ont perdu toute humanité. Alors merci à Virginie Despentes d'y mettre des mots, des mots qui finalement m’apaisent un peu.

Bon, Daniel, c'est très bien comme texte. Mais on se serait passé de la remarque violemment sexiste des "dames du vestiaire", surtout quand on y voit clairement deux hommes... 


C'est en faisant attention à ce genre de détails, qui enferment les femmes dans une certaine catégorie de métiers, que l'on fait avancer les choses aussi. 

"Millionnaire, elle devrait la boucler ?"


Bien vu: quand t'es "rien", tu la boucles, par force, d'ailleurs, si tu gueules, personne ne t'entend. Dès que tu as de la notoriété, du fric, de l'influence... ben faut la boucler aussi. Par "pudeur". Sinon, on se sert de ta notoriété, de ton fric, de ton influence pour te dénigrer. Parce que là, tu deviens... traître à ta caste. Dommage pour Stéphane Guillon, je lui avais gardé de l'estime.

"devant les dames des vestiaires qui n'y comprennent rien"


Êtes-vous bien sûr, Daniel, de ne pas sous estimer les "dames du vestiaire"?

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