Covid : le variant anglais égare les médias
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Covid : le variant anglais égare les médias

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Les scientifiques ont de moins en moins de doutes sur la contagiosité bien plus forte du nouveau variant du virus découvert au Royaume-Uni. Celui-ci pourrait de nouveau mettre à genoux les systèmes hospitaliers européens s'il devenait dominant sur le continent. Mais les médias anglo-saxons et français jouent l'attentisme, se montrant plutôt rassurants, déplorent chercheurs et médecins.

Alors que les confirmations de la forte contagiosité d'un variant du virus, découvert au Royaume-Uni il y a un mois, s'accumulent dans le pays en pleine seconde vague épidémique qu'il domine maintenant, les médias britanniques restent bien mesurés. Le 2 janvier, la BBC titre ainsi, avec retard sur les connaissances scientifiques disponibles, que "le nouveau variant «augmente le taux de reproduction jusqu'à 0,7 point»", et serait "massivement" plus transmissible. Mais il faut attendre le dernier paragraphe pour en découvrir une seule des conséquences concrètes, pourtant dramatiques : "Il va faire augmenter le nombre de malades, mettant encore plus sous pression le service public de santé." 

Depuis le 14 décembre et l'annonce de ce variant, qui serait le premier à modifier dans une mesure importante le comportement du virus, les médias britanniques, français et américains ont surtout expliqué à leurs lecteurs, téléspectateurs et auditeurs à quel point les mutations étaient communes. La majeure partie des articles sont rassurants, citent les moins alarmants des experts, et mettent en avant l'absence de formes plus graves causées par le variant plutôt que le risque représenté par sa plus forte transmissibilité, risque pourtant bien supérieur. Cet aveuglement médiatique pourrait coûter très cher.

Comment s'appelle ce variant du virus ?

Il est nommé VUI-202012/01, VOC-202012/01, B.1.1.7 ou B117, selon les médias et la date des publications  évoquant le nouveau variant découvert en Angleterre le 1er décembre. Les deux premiers noms recouvrent en réalité des appellations administratives du service de santé publique britannique, respectivement "Variant Under Investigation" (variant en cours d'examen), puis "Variant Of Concern" (variant suscitant la préoccupation). L'appellation B.1.1.7 correspond, elle, à la désignation de la lignée génétique de ce variant du virus pour le monde scientifique, chaque point représentant un embranchement génétique. Ici, il sera nommé par souci de clarté "nouveau variant" ou "variant anglais".

Panique médiatique infondée sur les enfants

Bonne nouvelle pour commencer : depuis la découverte du nouveau variant, les scientifiques s'interrogeaient sur sa potentielle plus forte transmissibilité aux enfants et aux adolescents, celui-ci y ayant remplacé les autres variants existants plus vite que dans les autres classes d'âges, d'après les premières données disponibles. Ces derniers jours, l'hypothèse, pour laquelle le niveau de preuve était encore faible, a été infirmée par des données plus récentes utilisées dans plusieurs études – dont aucune à ce jour n'a été publiée dans une revue scientifique après un examen par les pairs, toutes les études concernant le variant anglais étant encore au stade de leur pré-publication. Néanmoins, la levée progressive de cette hypothèse n'a pas empêché bien des médias britanniques de continuer à publier l'information comme établie, à l'instar du Guardian ce 2 janvier. Ils ont également lancé une panique vraisemblablement infondée, reposant sur un seul témoignage, diffusé le 1er janvier à quelques heures d'intervalle par la radio publique BBC Radio 5 et par le quotidien The Telegraph. L'infirmière en chef de l'hôpital londonien King's College, Laura Duffel, expliquait qu'une des ailes de l'hôpital était désormais "pleine d'enfants", comme dans "d'autres hôpitaux".

Aucun des deux médias n'indique cependant avoir cherché à vérifier la réalité de ces affirmations gravissimes, dont l'écho fut immense sur les réseaux sociaux au Royaume-Uni, et ailleurs. Pourtant, dès le matin du samedi 2 janvier, plusieurs médecins et consultants en pédiatrie, bons connaisseurs de ces hôpitaux, diffusent de très fermes démentis sur Twitter. Côté français, plusieurs grands médias tels que Le Figaro, BFMTV, Ouest-France et La Dépêche oublient aussi de vérifier la réalité de ces faits, publiant toute la journée du 2 janvier des articles alarmistes, massivement relayés sur les réseaux sociaux. Au même moment, The Telegraph supprime en douce son interview, aucun média britannique ne parvient à confirmer l'information, puis un démenti furieux est diffusé par l'association représentative des pédiatres anglais, rappelant que les services pédiatriques sont pleins de manière habituelle en hiver : "Nous n'observons pas de pression significative du Covid-19 dans les services pédiatriques du Royaume-Uni. (...) Le nouveau variant touche toutes les classes d'âges."

Les rédactions web françaises et leurs lecteurs paient donc une fois de plus leurs principes de fonctionnement. "Ce matin, il y avait une dépêche de Reuters avec une personne qui s'était exprimée dans deux médias anglais différents", justifie auprès d'Arrêt sur images le chef d'édition de la rédaction web de BFMTV ce jour-là, Jérémy Maccaud, alors en train de rectifier l'article concerné. "Il n'y a qu'une seule personne qui parle, mais il n'y a pas qu'une seule source médiatique, et l'information a été partagée par des personnes assez éminentes, comme l'épidémiologiste Antoine Flahaut." Dans la journée, l'article est lourdement modifié, titre compris, comme l'ont été tous les articles français publiés sur le sujet jusqu'au matin du dimanche 3 janvier. Mais aucun n'a pris la décision de les supprimer, et seul Ouest-France a pris la peine d'informer ses lecteurs des modifications : "Contrairement à ce que nous avions écrit plus tôt, cette situation n’est pas aussi répandue que le dit l’infirmière. Nous avons fait évoluer l’article avec les propos de différents médecins qui l’ont contredite."

Contagiosité : les éléments de preuve s'accumulent

Le variant anglais – à ne pas confondre avec le variant sud-africain annoncé le 18 décembre, dont la contagiosité plus forte est aussi soupçonnée mais non encore confirmée – a été détecté pour la première fois le 1er décembre au Royaume-Uni, dont la politique de mesure des évolutions génétique du virus est la plus massive au monde. Mais l'information ne devient publique que le 14 décembre, donnée par le secrétaire d’État à la Santé lors d'une session du parlement anglais. Tout en balayant les possibilités qu'il cause des formes plus graves, ou puisse mettre en échec l'immunisation des vaccins, il précise que la découverte est issue des zones où l'épidémie connaît une croissance exponentielle des cas, dans un contexte de début de seconde vague. Dès le 18 décembre, le compte-rendu d'une réunion de l'équivalent anglais du Conseil scientifique français, le New and Emerging Respiratory Virus Threats Advisory Group (NERVTAG), sonne l'alarme, appelant d'urgence à davantage de recherches, et cause le reconfinement de 16 millions de Britanniques.

Le comité d'experts avance à partir des premières données disponibles, avec "un degré modéré de confiance", que le nouveau variant "démontre une augmentation substantielle de sa transmissibilité comparativement aux autres". Il estime en effet que son taux de croissance épidémique est plus élevé de 67 % à 75 %, provoquant une augmentation du facteur de reproduction du virus "entre 0,39 et 0,93 point" – rappelons qu'en-dessous de 1, l’épidémie régresse, tandis qu'au-dessus elle progresse. Le 21 décembre, le ministère de la Santé britannique diffuse un rapport technique confirmant une augmentation du facteur de reproduction liée au nouveau variant, évaluée selon les méthodes d'analyse à 0,57 ou à 0,74 point supplémentaire, et ce malgré les mesures restrictives mises en place à ce moment-là au Royaume-Uni. Si l'inquiétude gagne de nombreux chercheurs anglo-saxons, certains spécialistes reconnus, tels que le généticien spécialiste de l'évolution des virus François Balloux, appellent à la prudence face aux preuves avancées.

Mais d'autres confirmations inquiétantes se sont succédé ces derniers jours. Le 23 décembre, une modélisation de la London School of Hygiene and Tropical Medicine avance l'estimation d'une plus grande contagiosité évaluée de 50 % à 74 %. "Cela explique les poussées d'hospitalisations dans l'Est, le Sud-est et à Londres, qu'il est sinon difficile de comprendre", précise son auteur principal sur Twitter, sans pouvoir le démontrer formellement. "Il est projeté que les hospitalisations et les décès atteignent des niveaux plus élevés en 2021 qu'en 2020, même avec le maintien des restrictions de circulation actuelles", conclut sans appel le travail de recherche.  Le 29 décembre, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) diffuse une alerte concernant la plus forte transmissibilité des variants anglais et sud-africain. Le 31 décembre, c'est au tour de l'Imperial College britannique de publier une analyse. Elle aboutit à des résultats proche des précédentes études, révèle que le nouveau variant est désormais majoritaire dans les zones les plus touchées, et s'inquiète du fait qu'une ouverture des écoles à la rentrée pourrait aboutir à une complète perte de contrôle sur l'épidémie.

Les médias veulent rassurer

Depuis le 14 décembre, les nombreux articles publiés par les médias anglo-saxons et français à propos du nouveau variant sont remarquablement similaires. Dans un premier temps, ils ont lourdement insisté sur une nécessaire prudence en l'absence de preuves plus établies, sur le caractère anodin de la quasi-totalité des mutations du coronavirus jusqu'à présent, sur l'absence de conséquences par rapport à l'immunité des vaccins ou à la détection de la maladie, ainsi que sur les similitudes avec les variants précédents au niveau de la gravité ou de la mortalité pour les patients atteints. "Les autorités sanitaires restent confiantes", explique Le Figaro le 15 décembre, tandis que Franceinfo demande si la mutation rend le virus "plus dangereux", mais répond par la négative, uniquement à propos de la gravité des symptômes. "Des données suggèrent que le virus serait plus infectieux. Cela demande à être confirmé. Je ne suis pas inquiet car nous avons déjà levé ce type d'alerte", commente le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy dans une interview au Parisien – le Conseil a cependant transmis au gouvernement une "note d'alerte" le 22 décembre.

Emblématique, le fact-checking d'une journaliste spécialisée publié le 16 décembre dans Le Figaro se concentre avec un ton rassurant sur l'absence d'augmentation de la gravité des cas, plutôt que sur les conséquences d'une plus forte transmissibilité du variant. Même les publications les plus reconnues, tel que le  Washington Post le 30 décembre suite à la détection du premier cas états-unien, prend ses distances avec les travaux de recherche préliminaires : "Il y a déjà eu plusieurs fausses alertes sur les mutations du virus. La plus grande difficulté consiste à distinguer une variante qui se propage rapidement parce qu'elle a un avantage génétique, d'une autre qui aurait eu de la chance en se développant au bon endroit ou par des super-contaminateurs." Au Washington Post comme au Figaro, le seul expert cité à ce sujet est un François Balloux peu convaincu – Le Monde avait aussi fait appel à lui dans un article du 16 décembre sur les variants du virus. Le Journal des sciences de France Culture enfonce le clou : "Nous ne savons pas si cette lignée du SARS-CoV-2 est plus dangereuse. À priori non, car plus infectieux ne signifie pas nécessairement plus dangereux."

"Au moment où je commence à travailler sur cet article, on dispose encore de très peu d'éléments", explique à ASI la journaliste santé  du Figaro Cécile Thibert, autrice de l'article du 16 décembre. Elle signale avoir aussi posé des questions sur la contagiosité au virologue Étienne Simon-Lorière, aussi rassurant que Balloux, le seul cité à ce propos. Et précise qu'un second article portant de manière nettement plus détaillé à propos de la contagiosité a été publié le 21 décembre, au sein duquel d'autres chercheurs cités se montrent encore confiants, "quoiqu'un peu moins que quelques jours plus tôt". Thibert rappelle également qu'il n'y a "pas un mois" sans que des médias ne tirent inutilement la sonnette d'alarme à propos d'une mutation du virus, et son but était donc "d'indiquer qu'il ne fallait pas s'exciter" aux lecteurs du quotidien : "Lorsque j'écris cet article, on avait tellement peu d'informations qu'on ne pouvait être ni trop rassurant, ni trop alarmiste. J'essaie d'être un peu entre les deux, j'ai peut-être été rassurante à tort à posteriori... mais on actualise, je travaille sur le sujet."

Le 20 décembre, une dépêche AFP – ici chez BFMTV et dans Le Temps – se focalise sur l'augmentation de la transmissibilité, Libération la met en avant le 21 décembre en citant Balloux, La Croix fait de même le 27 décembre, tandis que Le Monde suit le 31 décembre à partir de l'alerte de l'ECDC et l'analyse de l'Imperial College. "Le variant du SARS-CoV-2 repéré en Grande-Bretagne pourrait-il être à l’origine d’un scénario noir pour l’Europe ?", questionne dès la première phrase le quotidien du soir, sans que l'article, très inquiétant, ne soit accompagné d'un édito de la rédaction ou d'une tribune d'alerte. Contrairement au démarrage plus que poussif de la vaccination française, ayant causé une couverture journalistique importante, aucun média ne semble avoir fait du sujet une priorité éditoriale majeure. Pourtant, d'après des chercheurs, experts et médecins de plus en plus nombreux, nous pourrions être en train de renouveler la tragique expérience de février 2020, lorsque notre ignorance du caractère implacable de la mécanique statistique exponentielle de l'épidémie avait engendré le raz-de-marée de mars. L'analyse de la London School of Hygiene and Tropical Medicine estime ainsi qu'il faudrait porter à deux millions le nombre de vaccinés chaque semaine pour éviter l'explosion du système hospitalier anglais.

L'exponentialité (de nouveau) négligée

Dès le 28 décembre, le mathématicien et épidémiologiste anglais Adam Kucharski détaille sur Twitter en quoi le risque d'un variant qui causerait une augmentation de 50 % des formes graves est très inférieur à celui d'un variant ayant une transmissibilité supérieure de 50 %. À cause de l'effet cumulatif du second paramètre, il montre, calcul hypothétique à l'appui, qu'il engendrerait cinq fois plus de morts que le premier en un seul mois à population identique. "L'accroissement de quelque chose qui croît exponentiellement (la transmission) peut avoir bien plus d'effet qu'un accroissement identique de quelque chose qui change les conséquences de la maladie (la sévérité des cas)." En clair, mieux vaut un virus qui cause des formes plus graves qu'un virus qui se transmet plus. Jusqu'à présent, presque aucun média de la recension d'ASI, français ou anglo-saxon, n'a su l'expliquer clairement, rappelant l'échec similaire de février et mars 2020, quand la nécessité d'un confinement le plus rapide possible y était débattue. En France, le facteur de reproduction ou "R" était de 0,91 le 26 décembre : la plus forte transmissibilité du variant anglais, détecté en France à Noël, le ferait passer au-dessus d'un seuil relançant une dynamique exponentielle s'il devenait prédominant.

"Les médias ne se sont pas encore totalement emparés du sujet au vu de l'importance de ce variant. Est-ce qu'ils ont suffisamment interrogé les vrais experts dans ce domaine ?", demande auprès d'ASI l'infectiologue Nathan Peiffer-Smadja, qui a relayé avec inquiétude les tweets de Kucharski. "Je pense qu'ils ont du mal à trancher entre le caractère individuel, qui concerne la question qu'une personne malade peut se poser, et le caractère collectif, où le caractère transmissible signifie numériquement plus de formes graves et de décès", note-t-il en se demandant aussi si après avoir fait preuve de peu de prudence, notamment cet été, les médias ne pêchent pas désormais par excès de prudence. Le créateur du site web français Covid-Tracker, Guillaume Rozier, a également publié une alerte sur Twitter. "Lire Kucharski sur Twitter m'a ouvert les yeux, je n'ai pas eu l'impression que la couverture médiatique sur ce sujet était exhaustive", indique-t-il à ASI. "À aucun moment je n'avais réalisé que ça pouvait causer plus de morts, car j'ai beaucoup lu que le virus était peut-être plus transmissible mais pas plus mortel... alors qu'en fait, ce serait beaucoup plus grave dans le premier cas !"

Les médias français ne sont cependant pas seuls en cause, leurs homologues anglo-saxons ayant adopté une tonalité identique, non sans conséquences : "Les gens se sentent rassurés par les articles exposant que le virus est plus transmissible mais ne cause pas plus d'hospitalisations [chez les infectés]", critique l'épidémiologiste anglaise Deepti Gurdasani, jointe par ASI. Elle aussi s'est fendue de nombreux tweets en guise d'alerte publique, et regrette que les médias anglophones soient jusqu'à présent "incapables d'expliquer que nous verrons exponentiellement plus de morts" avec un variant plus transmissible. "Ceux d'entre nous qui savent ce que cela signifie comprennent que la situation est extrêmement sérieuse, et que nous devrions beaucoup plus agir de manière préemptive à ce stade, mais ce n'est pas répercuté par les médias." Gurdasani déplore également que de nombreux médias n'aient fait appel qu'aux lumières de Balloux, dont elle considère que la prudence l'a plusieurs fois classé ces derniers mois parmi les chercheurs les plus attentistes.

Balloux était en effet jusqu'à présent plutôt prudent, à cause de la faiblesse des preuves apportées mais aussi du fait que jusqu'à présent, aucune des mutations combinées dans le variant anglais n'avait, seule, démontré un impact sur la contagiosité du virus. Ce n'est cependant plus le cas aujourd'hui. "J'étais un peu dubitatif, mais il est vrai que les preuves s'accumulent et suggèrent qu'il y a davantage de transmissibilité, y compris en tenant compte des autres phénomènes, même si la raison reste un peu mystérieuse pour moi", commente-t-il auprès d'ASI. Il rappelle bien qu'à ce jour, "il n'y a pas de corrélation entre la proportion de cette lignée et la croissance épidémique hors de l'Angleterre". Mais le chercheur pointe aussi "qu'une forme plus transmissible serait plus difficile à contenir même avec les mesures les plus drastiques prises au printemps". Les médias devraient-ils amplifier ces informations inquiétantes, alors que la communauté des chercheurs s'impatiente ? "Les médias ont un rôle majeur, mais il y a une extrême difficulté pour sonner l'alarme au bon moment", conclut Balloux. Moment qui, compte tenu du risque potentiel, est peut-être arrivé.

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