308
Commentaires

Injonctions molles, injonctions dures

C'est maintenant un phénomène repéré : toute grande injonction politique nationale

Derniers commentaires

Un petit article qui frole dangereusement avec le complotisme de la part de l'obs : BHL, lu et approuvé par la CIA

Est ce pour illustrer sa une ?
Monique B, de Privas:
-Bonjour Daniel et merci pour ce que vous faites.
Vous nous dites que la petite clique qui sévit à la matinale de FI (France Inter, ne pas confondre) pratique à notre égard, les insoumis abstentionnistes du 2d tour, l'"injonction molle".

Question: si nous leur répondons de se la mettre bien profond, leur injonction, pensez-vous qu'il la sentiront quand même?

Merci de me répondre.


Laurent F, de Saint-Augustin le Vieux:

-Bonjour Daniel.
La plupart de mes amis et de mon entourage m'expliquent incessamment que le 1er tour c'est fait pour voter "pour" et le second pour voter "contre" et éliminer les méchants.

Questions:
-S'agit-il d'une injonction. Et si oui, vous paraît-elle plutôt molle ou dure?

-Pourriez vous me dire quel article de la Constitution de la Ve République fait référence à cette "règle" du vote "pour" au premier tour, et "contre" au second?

-Dans mon cas précis, j'ai voté pour le candidat de la FI, non pas "pour" lui, mais pour tenter d'éliminer tous les autres dès le premier tour.
Malheureusement ça na pas marché, notamment grâce à la sagacité des électeurs de Hamon, qui sont aujourd'hui nombreux à me répéter cette "règle".

Sachant que j'ai déjà voté une fois "contre" au premier tour, suis-je dispensé, ainsi que tous ceux qui sont dans mon cas, de voter à nouveau "contre" au second tour?

Merci de vos réponses.
Mais alors, que proposez-vous ? De laisser Marine Le Pen accéder au pouvoir ?


Il est patent que Marine Le Pen a une fonction précise au sein du système politique français : forcer par la menace qu’elle représente la participation à des procédures auxquelles plus personne ne croit, faire voter les uns et les autres « en se bouchant le nez », droitiser jusqu’à l’absurde les termes du débat public et figurer au sein même du système politique une fausse sortie de celui-ci - alors même qu’elle en forme la clef de voûte.

Évidemment que la question n’est pas de sortir de l’euro, mais de sortie de l’économie, qui fait de nous des rats.

Évidemment que le problème n’est pas l’envahissement par les « étrangers », mais de vivre dans une société où nous sommes étrangers les uns aux autres et à nous-mêmes.

Évidemment que la question n’est pas de restaurer le plein emploi, mais d’en finir avec la nécessité de faire tout, et surtout n’importe quoi, pour « gagner sa vie ».

Évidemment qu’il ne s’agit pas de « faire de la politique autrement », mais de faire autre chose que de la politique - tant il est devenu évident que la politique n’est, à tous les niveaux, que le règne de la feinte et de la manigance.

Aucune révolution ne peut être plus folle que le temps que nous vivons – le temps de Trump et de Bachar, celui d’Uber et de l’État Islamique, de la chasse aux Pokémons et de l’extinction des abeilles.

Se rendre ingouvernable n’est plus une lubie d’anarchiste, c’est devenu une nécessité vitale dans la mesure où ceux qui nous gouvernent tiennent, de toute évidence, la barre d’un navire qui va au gouffre.

Les observateurs les plus mesurés admettent que la politique se décompose, qualifient cette campagne d’« insaisissable » pour ne pas dire « inexistante ».
Nous n’avons aucune raison de subir un rituel devenu si évidemment nocif.
Nous sommes lassés de comprendre pourquoi tout va mal.

itw de J Coupat, Le Monde
Et si ce n'est ni du dur ni du mou, les asinautes auraient l'extrême bonté de décrypter cette image-raisonnement ? J'ai mon idée, je me demande ce qu'on en pense dans les milieux autorisés qui s'autorisent à penser qu'ils le sont ;-)
E. Macron a déclaré à la BBC que si l'UE n'est pas réformée en profondeur, on se retrouvera avec un Frexit ou le FN.
Quand on lui a reproché de ne pas appeler clairement à voter Macron sur TF1 hier soir, Jean-Luc Mélenchon a rétorqué que le candidat d'En Marche pouvait lui aussi faire un pas vers les "Insoumis" en revoyant par exemple sa copie sur le droit du travail. La réponse d'Emmanuel Macron en meeting à la Villette : "J’ai entendu ces derniers jours les appels à modifier mon programme, à dire 'faites des concessions et changez votre projet sur le travail'. Je ne le ferai pas", a-t-il lancé devant ses supporters. "Les Français se sont exprimés et ont choisi ces reformes, je ne vais pas les trahir", a-t-il poursuivi se basant sur la "cohérence" de son projet.

voilà sa réponse...(vu sur linternaute)
Je n’ai pas beaucoup suivi l’info aujourd’hui.
Quelqu’un sait-il si Macro a été injoncté par les journalistes, experts, éditorialistes pour revenir sur sa réforme du Code du travail, en ce 1er mai ?

De ce que j’ai entraperçu, non.
ben ça n'a pas pris une ride (pour rester dans le thème, on est sûrement dans l'injonction dure :):

Les année passent, pourtant tout est toujours à sa place
Plus de bitume donc encore moins d'espace
Vital et nécessaire à l'équilibre de l'homme
Non personne n'est séquestré, mais s'est tout comme
See'est comme de nous dire que la France avance alors qu'elle pense
Par la répression stopper net la délinquance
S'il vous plaît, un peu de bon sens
Les coups ne régleront pas l'état d'urgence
A coup sûr...
Ce qui m'amène à me demander
Combien de temps tout ceci va encore durer
Ca fait déjà des années que tout aurait dû péter
Dommage que l'unité n'ait été de notre côté
Mais vous savez que ça va finir mal, tout ça
La guerre des mondes vous l'avez voulue, la voilà
Mais qu'est-ce, mais qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu ?
Mais qu'est-ce qu'on attend pour ne plus suivre les règles do jeu ?

Je n'ai fait que vivre bâillonné, en effet
Comme le veut la société, see'est un fait
Mais il est temps que cela cesse, fasse place à l'allégresse
Pour que notre jeunesse d'une main vengeresse
Brûle l'état policier en premier et
Envoie la république brûler au même bûcher,
Ouais !
Notre tour est venu, à nous de jeter les dés
Décider donc mentalement de s'équiper
Quoi t'es mirro, tu vois pas, tu fais semblant, tu ne m'entends pas
Je crois plutôt que tu ne t'accordes pas vraiment le choix
Beaucoup sont déjà dans ce casVoilà pourquoi cela finira dans le désarroi
Désarroi déjà roi, le monde rural en est l'example
Désarroi déjà roi, vous subirez la même pente, l'agonie lente
See'est pourquoi j'en attente aux putains de politiques incompétentes
Ce qui a diminué la France
Donc l'heure n'est plus à l'indulgence
Mais aux faits, par le feu, ce qui à mes yeux semble être le mieux
Pour qu'on nous prenne un peu plus, un peu plus au sérieux

Dorénavant la rue ne pardonne plus
Nous n'avons rien à perdre, car nous n'avons jamais rien eu ...
A votre place je ne dormirais pas tranquille
La bourgeoisie peut trembler, les cailleras sont dans la ville
Pas pour faire la fête, qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu
Allons à l'Elysée, brûler les vieux
Et les vieilles, faut bien qu'un jour ils paient
Le psychopathe qui sommeil en moi se réveille
Où sont nos repères ?
Qui sont nos modèles ?
De toute une jeunesse, vous avez brûlé les ailes
Brisé les rêves, tari la sève de l'espérance.
Oh ! quand j'why pense
Il est temps qu'on why pense, il est temps que la France
Daigne prendre conscience de toutes ces offenses
Fasse de ces hontes des leçons à bon compte
Mais quand bien même, la coupe est pleine
L'histoire l'enseigne, nos chances sont vaines
Alors arrêtons tout, plutôt que cela traîne
Ou ne draine même, encore plus de haine
Unissons-nous pour incinérer ce système

NTM
Et si l'accord avec Dupont-Aignan n'était que le premier pas de la (re)constructon d'une droite radicale (dure pour le coup)? Après l'effondrement de la fillonie, la droite est une peu un champ de ruines, c'est la foire d'empoigne et ce ralliement de Dupont-aignant ne me choque qu'à moitié.
Il est la caution d'acceptabilité du FN, la dernière étape de la normalisation. Ça peut paraître étrange d'affirmer que Debout la France est une caution "d'acceptabilité" mais au regard de la situation, franchement ça l'est pas tant que ça.

En gros, son mouvement fait le sale boulot, il jette une passerelle officielle entre le FN et la droite radicale. Après lui, les autres se rallieront sont trop se salir. Boutin a fait aussi un pas, d'autres suivront. C'est un pari risqué, mais étant donné la proximité des opinions des uns (Filon, Boutin, Dupont-Aignan) et des autres (FN), c'est assez logique. Le Pen sait qu'elle ne pourra gouverner avec le FN seul, ni construire une majorité (matériellement et ...intellectuellement ça parait compliqué, quand on voit le niveau de leurs élus).

Nous assistons à une recomposition complète du paysage politique. Émergent deux forces: à gauche le PS disparait et (re)naît une gauche portant des valeurs historiquement à gauche (on peut même dire radicales en comparaison de l'idéologie dominante), aujourd'hui centrée autour de Mélenchon, et qui s'étend du NPA à ce qui reste du camp Hamon et des écolos. A droite, LR s'effondre et un camp (hélas) fort est en train de se reconstruire, centré autour des valeurs de la droite radicale souverainiste et chrétienne, et le FN avec ses bons scores en devient le socle. Macron lui au milieu agrège les extrêmes libéraux de tous bords dans un mouvement ouvertement capitaliste et mondialiste. On a donc 3 forces: gauche "radicale" (mais je n'aime pas ce mot), centre mondialiste, droite souverainiste.

Je peux me tromper, mais j'ai l'impression que c'est ça qui se dessine. Pour reprendre les mots de DS, rien de mou, mais que du "dur": gauche dure, centre dur et droite dure. Macron en affirmant que "droite et gauche ça n'a plus de sens" s'est planté. Au contraire droite et gauche ont rarement eu plus de sens qu'aujourd'hui. L'effondrement du PS provoqué par la survenue de Macron a permis la reconstruction des bords droite et gauche de manière plus affirmée.
Elle vient de Tony Blair.

Une sacrée caution morale.
génial, un cas d'école. un CQFD taille XXXL. plus besoin de la faire dure ou molle : entre l'alliance dingue (de gaulle doit gerber dans sa tombe) avec dupontgnangnan, le report aux calendes grecques de la sortie de l'UE/€ et le père qui assassine sa fille avec ses sorties, on assiste à l'autodestruction du FN avant d' (pour ne pas) arriver au pouvoir : le FN a rempli sa tâche de muleta pour le néo-libéralisme et son héraut, les moutons suivent les barrières en bêlant librement (ah la liberté d'expression), mais vers le couteau du boucher propre sur lui (qui vous dit : "penser printemps réconcilie l'ambition et le réel")... on se MARRE !!! ça marche à chaque coup, c'est génial ! et la famille lepHaine fait bien de l'usage, le père, la fille (elle peut resservir en 22) et après, en 27, on aura la petite peste, qui sera à mon avis encore plus efficace comme muleta. j'espère qu'ils sont payés, et bien en plus, parce que vraiment, le timing est parfait !

vivement le débat entre yersinia pestis et vibrio choleræ !

PS : question sortie UE, je signale que le seul à avoir annoncé qu'il n'aurait jamais lieu avec MLP, c'est asselineau, je le cite "Madame Le Pen ne propose pas la sortie de l'UE, c'est une légende urbaine. Elle veut renégocier les traités européens. En fonction de ce qu'elle aura obtenu, elle proposera ensuite un référendum. " (source)
et on n'en est même plus là ! c'est les calendes grecques... et attention, tout ce qui conduit à la grèce, en particulier l'UE, est maudit...
Je pense qu'il est important que chacun reprennent ces esprits. Proférer des mensonges n'est pas une injonction molle, c'est une injonction pernicieuse, qui donne envie de ne pas la suivre, parce qu'elle te prend a priori pour un âne, et que ça fait jamais plaisir d'être pris pour un âne - surtout quand on a l'âne en chef comme candidat. Cette injonction d'une malhonnêteté crasse se base sur les préjugés de ces éditocrates qui ne voient pas de différence entre Le Pen et Mélenchon, c'est dire s'ils ont de la merde dans les yeux.
Et en face il y a de la lassitude qui se traduit parfois en agressivité, parce qu'à un moment, ça gave, ça gonfle, ça ne passe plus.
Moi je n'ai pas besoin qu'on m'injonctionne mou ou dur. C'est ma time-line twitter qui a fini de me convaincre. Pas les jérimémiades molles ou pas de tout bord.
On a tous une histoire. Les gens qui n'arrivent pas à voter pour quelqu'un contre qui ils ont lutté pendant des mois, ça me parait normal. Qu'on leur fiche la paix.
On a tous nos impardonnables, notre limite, notre ligne jaune au delà de laquelle on ne peut plus.
Et pour ceux qui ont décidé de voter Macron la mort dans l'âme parce que quand même le FN, ça ne ferait pas plaisir, eux aussi méritent qu'on respecte leur choix.
Quand il n'y a pas de bon choix, le respect mutuel devrait être de mise quand on est du même camp.
Je trouve votre chronique quelque peu maladroite Daniel...
Daniel Schneiderman a des défauts comme tout le monde, mais il a toujours été honnête. Un abonnement ne dépend tout de même pas de son avis pour le second tour. Arrêt sur images est un média essentiel et on ne sera jamais d'accord sur tout; Excepté sur le mot d'ordre* "Pas une voix pour le FN !".
*injonction ni molle ni dure :-)
j'aime cette "blague" (méchante, fausse, tordue, mais drôle) qui circule sur le net ici et là, je trouve que ça permet une certaine distance avec le truc. ou non ?

Dilemme freudien : voter pour une fille qui a tué son père ou un fils qui a épousé sa mère ?
Je sais bien que c'est une période électorale, propice à tous les dérèglements, à tous les durcissements, à toutes les outrances. Mais tout ça commence à me lasser sérieusement. Plus exactement, les articles et commentaires, qui m'aidaient à réfléchir, commencent à m'en empêcher, à me brouiller la tête, à me faire réagir trop viscéralement, puis trop rationnellement, puis trop...

Du coup, je crois que je vais faire, ici et sur Médiapart, une petite pause de non lecture.

Et c'est vrai que, si faire du chantage au désabonnement n'est pas mon style, il me souvient qu'un jour (déjà lointain) je me suis désabonnée du Monde en constatant que les dix derniers numéros étaient restés dans leur enveloppe de plastique.
Rooh... Mais quelle mauvaise foi charmante !
Vous nous avez fait le même coup avec "Je suis Charlie", avant que Todd vous explique que vous étiez pris dans le filet du catholicisme zombi et voilà que ça recommence.
Mais on vous aime quand même, Daniel ! Tant votre intelligence et votre esprit critique ne seront pas altéré par ce cynisme parisien méprisable, il en sera ainsi.
<3 <3 <3 (ce sont des cœur qui expriment toute ma tendresse).
Au Vénézuela, deux camps s'entretuent en s'accusant d'être des fascistes et des dictateurs communistes.
En Arabie Saoudite, on risque la prison et le fouet pour critiquer l'Islam, la mort pour être homosexuel.
En Chine, la notion d'état de droit est un rêve auquel on ne croit pas trop.
En Russie, à Cuba ou à Singapour, la politique est de facto cadenassée par un parti unique.
En Thaïlande, il est interdit de critiquer la monarchie ou l'interdiction de critiquer la monarchie.
En Israël, on est réquisitionné à 18 ans pour aller tuer les ennemis du pays - et mourir aussi, un peu.
En Somalie ou en Lybie, il n'y a pas de gouvernement, juste des milices.
En Syrie, des enfants meurent d'attaques au gaz, et on ne sait même pas par qui.

Vous pouvez considérer tout ça comme une raison de désespérer encore plus, ou une raison d'arrêter de se plaindre puisqu'on n'est pas si mal lotis, ou les deux. Pas d'injonction.
Comme beaucoup ici ça m'a bien fait rire cette chronique.

Je pense que Daniel , bien qu'il partage les idées de la gauche radicale et a une certaine affection pour les @sinsoumis, en a parfois un peu marre de leur radicalisme (pour ne pas dire de leur extrémisme) surtout quand cela se transforme en caricature.
Quand on en vient a lire que MLP et Macron c'est pareil et finalement avoir Lepen aujourd'hui, ça serait peut être mieux parce que dans 5 ans c'est l'apocalyspe .... (calculs politiques délirants , scénario voyance et astrologie ) .... ouais ça écorche forcement un peu les oreilles (enfin les yeux).

Alors puisqu'il faut bien que quelqu'un fasse le boulot et vote Macron, je lance un appel pour que tous ceux qui ne sont pas issus de la FI votent En Marche pour faire barrage a Lepen. Aux FI du forum et d'ailleurs on ne vous demande rien, juste de ne pas être trop susceptibles et de ne pas prendre ombrage lorsqu'un chroniqueur ici ou ailleurs appelle au front républicain, considérez juste que l'injonction (molle, demi molle ou dure) s’adresse aux autres.
Macron a fait 20% , il lui en faut 50%+ pour être élu. il va falloir qu'une importante fraction des électeurs qui ne le soutenaient pas ou qui désapprouvent sa politique fassent un effort (sans parler de sacrifice) pour que le scénario se réalise.... c'est ainsi.
Si Ruffin peut mettre un vote Macron dans l'urne j'ai l'espoir que d'autres qui ont moins a perdre que lui en rendant public son vote public feront de même.

Les sondages semblent très favorables a Macron mais pourquoi prendre un risque ? Est ce vraiment le moment de faire des calculs politiques ?
Parce que si c'est Marine va falloir assumer. il ne s'agit pas de savoir si elle aura les mains libres ou non au parlement, on aura tout simplement une présidente fasciste et raciste. Et une fois que c'est dit et admis, rien ne paraîtra vraiment anormal ensuite quand la société se radicalisera peu a peu.
Mettre sur le même plan un post de forum et un édito sur une grande radio nationale... Ben voyons.
Je découvre que DS est:
1. susceptible
2. de mauvaise foi
ce qui ne joue pas vraiment en faveur de sa crédibilité de journaliste....
Ben dîtes donc, nous (sic) allons finir par regretter que le sieur Fillon a échoué dans sa tentative de figurer "second"!!! Non, je taquine, car évidemment j'enrage simplement que monsieur MELENCHON ne soit pas à sa vraie place, dommage pour le "guerrier", pour éviter tout ce que l'on peut entendre et lire depuis le 24... Le bidule "FN" n'a jamais eu autant de "pub" (à l'insu de son plein gré?) et ce jusqu'au 07 Mai , l'heure, euh, je ne sais pas...
D'après le dico du CNRS, une injonction est "un ordre, un commandement précis, non discutable, qui doit être obligatoirement exécuté et qui est souvent accompagné de menaces de sanctions."

Une "injonction molle", cela n'existe pas.

En matière politique, dans une démocratie, les seules injonctions légitimes sont les injonctions venant du peuple, qui est seul souverain.

Ni les politiciens ni les éditorialistes des médias ne sont nos supérieurs, quoi qu'ils en pensent.

Ils peuvent donner leur avis, ils peuvent essayer de nous convaincre, mais ils n'ont aucune injonction à nous faire.
Caminante no hay camino, se hace camino al andar.
macron :

(tout le temps : gestes de la main droite, genre tenir et lâcher de grosses pincées de pensées profondes)
nous sommes tous des enracinés
(silence)
et donc parce que nous sommes des enracinés
(regard légèrement halluciné par-dessus l'épaule côté caméra)
il y a des arbres à côté de nous
il y a des rivières
il y a des poissons

(inspiration inspirée)
il y a des frères et des soeurs

moi, je serais vous, je me méfierais

best of macron (et on se réjouit de ses prochains best of)
Il n'y a qu'un genre d'injonctions qui vaille, celles que l'on pourraient faire au candidat Macron.
Si le risque de voir MLP élue le 7 mai existe véritablement, pourquoi demander au élécteurs du premier tour de changer leur décision de vote ?
La démocratie ne consiste t'elle pas d'abord en l'écoute de ce qui a été exprimé par le vote ?

Demandons donc d'abord à Macron de faire évoluer son programme en faveur des insoumis puisque les autres partis appellent à voter pour lui sans conditions...

Demandons la retraite à 60 ans
l'abandon du détricotage du code du travail
la réalisation d'une vraie politique écologique
la 6 eme république
etc..(cf le programme des insoumis)

Que le candidat Macron accepte d'intégrer ces injonctions et MLP sera battue à plate couture.

non ?

C'est bien ce que tout le monde veut ?
Il y a les injonctions certes, mais il faut aussi regarder du coté de ceux qui enjoignent et de ceux que l'on enjoint. Parmi ceux qui enjoignent durement Mélenchon et les insoumis, il y a Cambadélis , Bartolone, Delanoê. Mais ces étourdis ont oublié d'enjoindre le candidat du PS, Benoit Hamon, qui, d'après les sondages, n'avait plus aucune chance, de se désister au profit de Mélenchon . Ce qui, les résultats en témoignent, aurait permis d'éliminer à coup sûr la Le Pen. Le foutage de gueule a assez duré !
Votre chronique est toute fausse, si vous regardez bien.

L’injonction des médias à voter Macron est… dure.
Pas molle du tout.

Depuis dimanche dernier, nous subissons une avalanche des éditocrates et des politiques.
(Si, si ! je regarde la télé et je consulte les sites d’information.)

Aujourd’hui encore, Delanoé injoncte Aubry et Mélenchon à grand coup de :

Bertrand Delanoë a renvoyé à leur «responsabilité» ceux qui ne voteraient pas Emmanuel Macron le 7 mai pour faire barrage au Front national, faisant un parallèle avec l'arrivée au pouvoir des nazis en Allemagne. «Dans les années 30 en Allemagne, l'extrême gauche n'a pas voulu choisir entre les sociaux-démocrates et les nazis. Hitler a été élu par le suffrage universel. Alors je ne culpabilise personne. J'appelle à la responsabilité, à la conscience et aussi à la générosité. À un moment donné, il faut être pour la France avant d'être pour ses vieilles rancœurs

Comme si refuser de voter pour Bulle n’était qu’une histoire de rancœur.
Et comme si l’éventuelle élection de Le Pen serait de la faute d’Aubry et de Mélenchon.
Cher Daniel,

Ne changez rien.
[quote=Daniel Schneidermann]Injonctions molles, injonctions dures

L'intérêt des 9:15 de Daniel Schneidermann ne réside pas tant dans sa positive opération dite de déconstruction mais plutôt dans ce que celle-ci laisse échapper. Ainsi son billet aujourd'hui manque de nous rappeler à l'enseignement oublié de Roland Barthes dans sa leçon inaugurale de la chaire de sémiologie littéraire du Collège de France prononcée le 7 janvier 1977, soit il y a maintenant (déjà!) plus de quarante ans. Rectifiant Renan, voilà ce qu'y énonça l'impétrant: la langue, comme performance de tout langage, n'est ni réactionnaire, ni progressiste; elle est tout simplement : fasciste; car le fascisme, ce n'est pas d'empêcher de dire, c'est d'obliger à dire. Le forum des 9: 15 de ces derniers jours le survérifie, ordonné qu'il est aux billets du matinaute, contraint lui-même par l'actualité électorale focalisée elle-même sur la scandaleuse violation de l'obligation de se prononcer qu'en l'occurrence constitueraient abstention et vote blanc lors de la prochaine élection: l'élection suprême aux termes de notre présente Constitution.

Barthes, dans sa leçon, permet ainsi, nous le voyons, de relativiser la chose mais il permet aussi, et surtout, d'opérer la disjonction permettant d'échapper à la totalitaire obligation en question. Elle se trouve spécifiée grâce à l'adjectif littéraire précisant de quelle sémiologie dépend notre émancipation. À la "langue" en effet ou "trésor du signifiant" réduit en code, Saussure sut opposer la parole qui en renouvelle les figures à tout moment: en ajoutant certaines, en détruisant d'autres, les articulant toutes toujours autrement. Cette liberté de la parole fut censurée par les éditeurs de ce Cours de linguistique générale prêté à Saussure qui exerça sa dictature dans les années 70 du siècle dernier. De manière à sa façon aussi géniale qu'épigonale Barthes en retrouva l'inspiration: laquelle se trouve désormais de mieux en mieux philologiquement établie.

Ce qui devrait, pour le moins, nous suggérer qu'il y a un au-delà à notre enfer politique: un purgatoire sémiologique débouchant sur le paradis poétique (il n'en est pas d'autre). Pour y accéder, il n'est qu'un guide, celui que le jeune Mallarmé nous a indiqué: la destruction fut ma Béatrice. Destruction: déconstruction à libérer par conséquent de la nauffrageante sirène politique. Qu'@si corresponde donc véritablement à son autonome définition: la loi qu'il s'est lui-même donnée, son initiateur veux-je dire. Et si quelqu'un sur le forum me faisait l'objection de céder moi-même ainsi à la séduisante séduction de l'injonction, je répliquerais qu'en l'espèce il s'agit de l'inverse: car si dans disjonction il y a bien jonction, il y a surtout, d'abord, séparation, libération de cette politique jonction: fascio qui de fascisme donne la définition.
Extension du champ des possibles
Comme Vladimir et Estragon, les Français démunis attendent un improbable Godot. Ils se sont dépouillés de leurs anciens repères, sans trop envisager de reconstruire sur cette friche. Spectateurs désabusés de la vie publique, consommateurs conditionnés par les artifices de la communication ou enfants gâtés de la démocratie, ils peuvent un jour protester contre les résultats d’une élection à laquelle ils ont refusé de participer la veille, sans devenir pour autant tout à coup les acteurs de leur avenir. Sauf que, quand on ne croit plus en rien, le pire paraît plus acceptable. Il est même désormais possible que des responsables politiques dont les orientations se nourrissent du chômage et de la misère s’autoproclament tranquillement les représentants des plus faibles. En effet, la crédibilité du mensonge prévaut souvent sur l’approche de la vérité, tandis que l’émotion supplante la raison. Du coup, la radicalité des opinions et la tonalité agressive de leurs expressions tentent d’occulter la fragilité des arguments qui sont censés les étayer. Or, quand le rationnel se heurte à l’irrationnel, toute tentative d’argumentation devient dérisoire. C’est pourquoi l’irrationnel reste un excellent moyen de contrôle des êtres humains.
La comparaison me semble fallacieuse

Pour votre article
-L'injonction molle est destiné à tous et reste de la vulgaire propagande
suite logique de la propagande distillée à longueur de temps par les Barbier et autres éditocrates
-L'injonction dure est une demande individuelle qui demande justement qu'il n'y ai pas d'injonction ou du moins pas de votre part Monsieur Schneidermann.


La détermination du choix voter utile ou blanc n'est pas forcement une simple réaction à la propagande

On a vu ce qu'on donné les 80% de M. Chirac, j'en ai fait parti
Compte tenu des perspectives données par M. Macron
Je considère le vote utile inutile et anti démocratique
Les 2 candidats étant pour moi, et pour des raisons très différentes, des dangers pour la démocratie
La radicalité des points de vue, la tonalité de leurs expressions, les attaques personnelles font froid dans le dos. Soutien appuyé à la conception du journalisme que Daniel représente.
Dans une organisation, l'insoumission est l'acte d'un subordonné qui désobéit délibérément à un ordre. Elle constitue un délit sanctionnable par la hiérarchie. L'insoumission est différente du fait d'avoir une attitude négative, de traîner les pieds, de se plaindre ou de refuser d'exécuter un ordre qui va à l'encontre de la morale, de la loi ou de la sécurité. source

J'imagine mal le lider du mouvement des insoumis ordonner à ses partisans du suivre sa directive .

Que restera-t-il des 35% (j'imagine) du vote FN post élection? Insurrection et séditon sont des synonymes d'insoumission et ma foi, cela fait froid dans le dos.
Sérieusement ? Vous en êtes réduit à dire "OH TOI-MÊME HEIN D'ABORD" à une forumeuse qui vous demande gentiment d'arrêter de nous injoncter du Macron toutes les dix secondes depuis deux semaines, là ? Putain faut dormir, Daniel, vous allez pas tenir jusqu'au second tour !

Allez, une petite camomille et à la sieste ! Tout de suite ! C'est une injonction dure !
Moi, j'en ai une petite d'injonction, a Emmanuel Macron :

Eh Manu ! Si la situation est si grave, pourquoi tu n'accepte pas de rogner un peu les points les plus saillants de ton programme ? Normalement, dans n'importe quel pays, entre les deux tours d'une election, le candidat qui cherche a rassembler propose des compromis aux electeurs en question non ?

Non, en France, on leur propose juste le goudron et les plumes.

Mon petit doigt me dit que Macron ne veut pas de nos votes mais cherche juste a faire exploser la France Insoumise en enfoncant le coin Le Pen au milieu.

La seule reponse : respect de nos choix individuels et unite pour preparer les legislatives. Le Pays a besoin de nous et c'est la derniere chance !
Il y a une injonction qui elle me paraît la plus inacceptable de toutes, c'est celle entendue hier ou ce matin, je ne sais plus tant il y en a des molles des soft des dures et des hard.
C'est celle du traitre d'entre les traitres dont on va encore se supporter la gueule pendant des années alors qu'il devrait disparaître dans un tonneau recouvert de bitume et de plumes.
Et cette injonction, c'est celle de Valls dite ici et relayée là.

C'est de ces injonctions qui sont tellement par essence inacceptables qu'elles vous empêchent de mener votre cheminement de conscience (même si dans mon cas, je serai dans l'impossibilité de voter).
Merci Daniel pour cette chronique, qui a lancé ma journée d'un bel éclat de rire, d'un effet cathartique indéniable en cette période désagréable.
Qu'est-ce qui a bien pu changer à ce point en 15 ans?

En 2002 j'étais lycéen. Il me manquait encore un an pour pouvoir voter mais comme des centaines de milliers de français, par réflexe je suis descendu dans la rue manifester. Au soir du deuxième tour il n'y avait personne pour considérer le score de Chirac comme un plébiscite pour sa personne mais bien comme l'expression du refus strict de l'idéologie de l’extrême droite.

Depuis dimanche soir je suis dans un état d'incompréhension total. J'essaie de comprendre mais je ne n'y arrive toujours pas et cela me plonge dans un profond désespoir.
Depuis dimanche soir j'entends quantités de discours à droite comme à gauche qui mettent sur un pied d'égalité les deux candidats : " bien sur que pas Le Pen, mais surtout pas Macron non plus".
Comment les repères qui étaient évidents il y a 15 ans ont pu s'estomper à ce point? L'élection de Chirac avec 80% des voix n'était pas l'expression d'une adhésion à son programme économique ni à sa personne mais bien l'expression de la dignité d'un pays et de son refus de la haine et du repli sur soi que proposait le front national.
Le front national ne propose pas autre chose aujourd'hui. Et Macron est-il à ce point différent d'un Chirac de l'époque?
Point ici d’injonction, ni molle ni dure, juste une interrogation et l'expression d'une incompréhension sur cette habituation à la présence des discours de haine.
laquelle gagnera ? Vous le saurez quand vous prêcherez dans le désert cher Daniel !
faudrait pas confondre une injonction dans une radio financée par l'état et donc martelant moins de pub, dans la matinale la plus suivie de France, avec un commentaire énervé d'un lambda sur un forum limité d'un site à faible audience.
" ne parlent qu'aux "passions tristes", tandis que les autres, c'est bien connu, s'adressent à la raison."
André Comte-Sponville voterait Macron?

"On peut préférer les passions joyeuses, celles qui augmentent la puissance d'exister, qui créent, assemblent et rassemblent, fédèrent. Elles ne se trouvent pas dans la politique politicienne, mais dans la politique citoyenne. Voilà pourquoi on peut ne pas voter ou voter blanc. " Michel Onfray dans Le Monde.
Votre observation, Cultive ton jardin ("Rustiquette" à cause du jardin et du magazine "Rustica"), me semble tout à fait pertinente. Daniel Schneidermann à toujours affirmé avoir voulu bâtir ASI à l'écart des annonceurs mais, depuis plusieurs années, il est lui-même devenu l'annonceur unique de son site, l'annonceur de Jean-Luc Mélenchon. A ce titre, il est devenu, dès le 6 mai 2012, le pourfendeur de tout ce qui de près ou de loin relevait de François Hollande, de son gouvernement, de sa politique, bref, du Parti socialiste. Comme Mélenchon. S'abonner revient donc, depuis cette époque, à financer la ligne éditoriale de l'annonceur Schneidermann, dont les actuelles et répétitives injonctions à voter Macron, qui choquent tant les naïfs partisans de Mélenchon, trouvent leur raison d'être dans les différentes stratégies sur lesquelles planchent les experts du parti. Le chef sera-t-il simple candidat aux législatives, premier ministre d'un gouvernement de cohabitation, ou autre chose ? Il ne communique pas plus sur ces questions que sur le second tour car les stratégies à l'étude dépendent forcément du résultat de ce second tour. Le mot d'ordre de la direction des Insoumis demeure Motus et bouche cousue (de fil blanc), et même les tractations pré-législatives entre Laurent et Mélenchon se font dans la plus grande discrétion, comme au bon vieux temps de la IVe République.
Perplexe je suis...
Je préviens d'emblée que je ne suis personne en particulier mais que je suis mes propres émotions (irrationnelles) et mes sentiments et pensées (progressivement rationnalisés).

Perplexe je suis devant le titre et le contenu de cette chronique :
Les injonctions pointées du doigt par le matinaute ont-elles le même contenu et sont-elles sur le même plan, au-delà du contexte qui les rassemble ici ?
Fais-je une grossière erreur en pensant que les injonctions molles sont le fait des journalistes mainstream et qu'elles concernent les choix paniqués/hystérisés du 7 mai, alors que les injonctions dures sont le fait d'un citoyen forumeur(fortenhumeur et peut-être fumeur!) et qu'elles concernent l'attitude du journaliste-matinaute d'ASI au sujet dudit vote ?
Fais-je une double erreur en concluant que les injonctions ont des locuteurs dont le pouvoir n'est pas comparable, et des différences de contenu dont le rapprochement ici sème la confusion ?
D'où un alignement de ? digne de celui de Carnac sur la conclusion du billet en cause, à savoir, " Considérons que ces deux injonctions sont engagées dans un concours d'inefficacité. Laquelle gagnera ?"
Eh oui, bien malin celui celui qui verra des équivalences entre des cris d'orfraie des médiacrates sur la future apocalypse, et des grognements impératifs d'un citoyen du type "lâchez-nous un peu les baskets et arrêtez surtout de nous prendre pour des demeurés".
Bien sûr, personne n'est obligé d'écouter les médias mainstream ni de lire le billet du matinaute. Dans la mesure où c'est ce dernier qui met le doigt dans l'engrenage du sujet clivant, il ne doit pas s'étonner du retour de manivelle.
De là à poser en conclusion des questions existentielles sur des injonctions dont les différences de pouvoir et de nuisance sont aussi éloignées l'une de l'autre qu'une grosse vague l'est d'un crabe s'accrochant au rocher pour sa survie, il y a un très grand pas de celui qui ne sait plus à quoi se raccrocher... C'est du moins l'impression dominante que j'en ai !
vade retro mélenchonistes honnis. Après que votre leader maximo stalinoïde, avec ses adeptes fanatiques, ait mené durant près d'un an la plus belle campagne qu'on ait vue depuis très longtemps, humaniste et intelligente, vous refusez de vous aligner la main sur la couture du pantalon dans la longue file des électeurs du représentant de not'bon maître au risque de faire moins perdre la taulière du fhaine. Au bûcher !

Je parie même que parmi vous il y en a qui étaient pas Charlie.
25 ans... cela fait 25 ans que j'ai décidé de cesser de voter.
Depuis ces élections régionales où en PACA le PS voulait nous obliger à voter pour Bernard Tapie et sa liste "Energie Sud" censée rassembler "la gauche" face au FN.
Bernard Tapie comme barrage au FN ! Déjà j'avais bien compris toute l'absurdité de la chose puisque le fait même de construire ce barrage-là de cette manière-là allait nécessairement provoquer à plus long terme le succès de ce qui était censé être endigué.
Ce fut donc mon dernier vote. Et j'y allais à reculons.
Plus tard, il y eu Chirac comme barrage au FN. Et cette fois, non je ne votais pas. Non on ne me ferait ni peur ni ressentir la moindre culpabilité.
Et maintenant Macron comme barrage au FN.
Et toujours le FN monte, monte, monte. Malgré tous ces barrages qu'on nous a enjoint voire forcé ("moralement"... à grand coup de culpabilisation très peu démocratique) à construire.
Mais pourquoi le FN monte-t-il ? Parce qu'en fait ces barrages ne servent pas tant à endiguer le FN qu'à protéger un système néolibéral qui, depuis plus de trente ans maintenant, fonctionne au bénéfice de 10% de la population (en comptant très large) et au détriment, à plus ou moins court terme, des 90% restants.
Ce qu'on endigue c'est la colère des 90%. Et cette colère, parce le système médiatico-politique dominant a également passé son temps à déconsidérer toute alternative et même toute critique réellement "de gauche" de la mondialisation financière et de l'européisme néolibéral, elle a fini par être récupérée par le FN.
C'est par la démocratie, le débat démocratique, franc et ouvert que ce genre de crise devrait être résolue. Mais depuis de longues années le débat démocratique est biaisé et la démocratie est entravée. On peut débattre de tout et décider de tout... sauf de l'essentiel. Et remettre en question le néolibéralisme et la mondialisation financière n'est pas possible, n'est pas envisageable, n'est tout simplement pas permis. Et la société reste en crise, constamment, parce qu'il n'y a pas moyen de la résoudre.
Mais une crise, il faut bien en sortir. La crise permanente n'est pas supportable. Enfin si... pour les 10% peut-être et ils savent en jouer pour être toujours gagnants ces 10% là. Mais certainement pas pour les 90%.
Et si on ne peut pas en sortir par la démocratie parce qu'elle a été truquée alors il va bien falloir en sortir autrement.
La solution du FN : sortir de la démocratie pour sortir de la crise.
La solution de Macron : persister dans la crise en continuant à limiter la démocratie à ce qui est acceptable par le néolibéralisme.
L'autre solution : rétablir la démocratie puis sortir de la crise.
La solution de Macron ne fera que repousser l'échéance parce qu'elle ne résout rien, bien au contraire, elle ne cherche qu'à prolonger et même approfondir la crise permanente au bénéfice des 10%.
Macron président en 2017, c'est Le Pen présidente en 2022, dans une contexte global qui ne pourra qu'être "encore pire", puisque derrière le barrage, le niveau de la crise n'aura fait qu'augmenter.
Oui mais alors quoi ?
Je ne sais pas. Mais puisque la solution n'arrive pas à sortir des urnes, puisque le système s'arrange pour que ne puisse sortir des urnes qu'une réponse qui lui convienne alors il va bien falloir soit accepter les conséquences de notre stupidité collective soit se rebeller pour de bon, en dehors du périmètre bien balisé au sein duquel nos "élites" nous laissent nous agiter.
Une alternative : la guerre civile. Certain(e)s la souhaitent. Moi pas. Mais il faut bien un jour poser la question : que faire quand rien d'autre n'est permis, quand rien d'autre ne peut avoir d'effet parce que tout ce qui est autorisé est déjà préalablement désamorcé ?
Chouette ! Philippe Geluck dessine maintenant pour Arrêt sur images. Du coup je me suis réabonné·e.
"Considérons que ces deux injonctions sont engagées dans un concours d'inefficacité. Laquelle gagnera ?"

Là, Daniel vous prenez vos lecteurs pour des thons !

Mettre en parallèle, que dis-je, en concurrence :

- un rouleau compresseur médiatique (s'abstenir c'est faire advenir le FN), des dizaines heures d'émissions qui touchent des millions d'auditeurs ou de téléspectateurs.

- une protestation, d'une page, sur un forum de ... 26 000 abonnés.

Est-ce bien sérieux ?

Vous êtes vous relu quand vous avez qualifié les premiers "d'injonction molle" et l'autre "d'injonction dure" ?

Êtes-vous à ce point incapable d'entendre un abonné vous demander simplement de ne pas vous conduire comme ces éditocrates (que vous dénoncez à juste raison, notamment pour avoir banalisé le FN) qui estiment qu'un bon électeur doit forcément voter Macron ?

Demandez-vous une seconde, une seconde seulement, combien de ces mêmes donneurs de leçons n'auraient pas fait la promotion de l'abstention si on avait eu un deuxième tour Le Pen-Mélenchon ?
Daniel, vous manipulez un peu les fonctions de la conjugaison. L'impératif sert à enjoindre, certes. Mais une injonction peut être de types très divers (ci-dessous, pour Wikipédiâtre) :
un ordre ou une commande
une requête ou une demande
une exigence ou une supplication
une invitation
un conseil
une instruction
un souhait, une bénédiction ou une malédiction
une prière
une permission

Il eût été peut-être plus avisé (injonction cachée euphémisante) de vous attacher à démêler les catégories injonctives des uns et des autres, que de mettre dans le même panier de crabes les thomalegrand matutinaux et le beau billet de forum cité (que j'avais manqué, pour ma part).

En d'autres termes, une taxinomie de l'injonction me parait impérative :-)
Je preferes une "injonction dure", qui n'est qu'un cri pour se faire entendre (democratique), qu'une "injonction molle" qui n'est rien d'autre qu'une tentative de manipulation (anti democratique)
Daniel vous pourriez (notez l'absence d'injonction hein) vous interroger sur le bien fondé de l'injonction que vous estimez avoir reçu - pour ma part, je décèle surtout une exaspération face à l'avalanche de caca radiophonique et télévisuel qu'on se mange depuis dimanche soir.

Mais de ça, pas un mot dans votre chronique.

Quand vous admettrez que les seuls à se faire admonester dès qu'ils branchent la radio ou la télévision sont ceux qui se déclarent abstentionnistes, et ce, sans que JAMAIS leur point de vue soit débattu ou discuté comme une position d'égale valeur à la moutonnerie macronienne, on aura progressé.
On n'est même plus autorisé à dire que ce choix est un choix dégueulasse ?
Les vrais criminels, de nos jours, seraient les abstentionnistes ? Mais au nom de quoi .?
Quel est cet impératif moral qui s'imposerait aux électeurs et non pas à l'Etat lui-même ?

Pourquoi le choix du vote FN, et donc l'accession de ce parti au pouvoir, serai(en)t-il(s) condamnable(s) ? S'il(s) l'est(le sont), au nom de quoi ?
Pourquoi le FN est-il autorisé de concourir à l'élection ?
Comment peut-on imprimer 50 millions de bulletins "Marine LE PEN" et dire ensuite :
"Ah oui mais ce choix-là, il est pas vraiment possible en fait. Si vous l'utilisez pour autre chose que comme torchon ou liste de courses, vous êtes un odieux fascitoïde."
Et on devrait accepter en souriant de se plier à l'injonction merdique de participer à cette mascarade ? De s'entendre dire que sur les 4 choix possibles (Abstention, Le Pen, Macron, vote blanc/nul) il n'y en a en fait qu'un seul qui nous sauve de l'ignominie ?
Qu'est-ce que que ce délire ?
Pierre-Emmanuel Barré, du fond de sa réjouissante scatologie habituelle, n'a-t-il pas raison de dire "une démocratie où l'on n'a pas le droit de se plaindre ressemble vachement à une dictature" ?

Votre position, DS, me heurte de jour en jour davantage.
Je respecte le choix des uns et des autres, les arguments personnels sont honorables et souvent argumentés, mais je supporte de plus en plus mal que l'on pointe du doigt les seuls abstentionnistes ou les silencieux-qui-auraient-dû-parler, alors que je les considère comme les seuls personnes vraiment conséquentes.

A mes yeux il n'est pas question de cautionner le système électoral qui nous a organisé, et depuis longtemps, cette prise d'otage.
Ce n'est que mon point de vue. Je n'accepte pas d'être considéré comme un traître.
Et patati et patata, rata, rata,ratatouille.......
"On a bien compris votre position: tout sauf le Pen"
Encore heureux non?
Epuisé de ce mauvais film sur les injonctions, la pureté, les mains sales, miroir au mon beau miroir, mon nombril est-il toujours le plus beau du monde?
Ca devient indécent!
D'une part, sans vouloir offenser quiconque, @si n'a pas de vocation particulière à dire des choses originales là dessus, et d'autre part quitte à vous engouffrer dans la brèche, à lâcher toute ambition de faire de l'analyse des médias pour faire de la discussion politique pure, alors de grâce au moins élevez le niveau, je ne sais pas moi, parlez des programmes du fond, au lieu d'être à ce niveau de superficialité autocentrée. Au moins on aura pas tout perdu ! Mais en être à commenter le commentaire de T. Legand qui commente les commentaires de la twittosphère, on va descendre jusqu'à où? Elle vous plait autant que ça, votre roue, amis hamsters? C'est dingue, ça, à la fin! Wake up !
Daniel,
Vous ne semblez pas faire la différence entre une injonction venue d'en haut (les médiacrates vilipendant les électeurs, mollement ou durement (ça c'est bien observé) et une injonction venue d'en bas (un forumeur qui s'adresse à vous), car vous êtes bel et bien, malgré tout votre amour pour la démocratie égalitaire dont je ne doute pas, en haut et lui en bas.
Le Dabe : Et votre papier véreux, là, qu'est ce que c'est ? Il n'était pas dans l'inventaire, d'où sort-il ?
Le Cave : Écoute Dabe. Je crois qu'il faut être franc. On voulait vous faire une surprise.
Le Dabe : (Il colle une giffle au Cave). Et ça c'en est une ? Faire une surprise, vous vouliez me repasser, oui ! Et avec du papelard à démaquiller, encore ! C'est pour ça que vous avez cloqué le môme dans le coup. Seulement il s'est fait la malle avec ton talbin, l'enfant prodige ! Alors comme çà il n'y a pas de jaloux, on est tous au repasse-man ! Pour une fois que ta Hollande me casse pas la cabane, il faut ce que soit un merdeux qui me fasse marron, à mon âge ! Et je ne peux même pas porter plainte !
Selon un grand quotidien libéral en ligne : "la France qui brunche a peur". Or la peur, comme on sait, est mauvaise conseillère. Pas étonnant donc que cette France-là, tout à son effroi, persévère dans les erreurs du passé récent. Devant le spectre de Le Pen, elle s'affole en vociférant ses imprécations contre la seule force politique émergente qui est parvenue, en quelques mois, à endiguer le flux délétère de l'extrême-droite et de ses alliés conservateurs. En témoigne la progression du vote Mélenchon dans les catégories sociales vouée à l'impuissance par la déscolarisation, le sous-emploi et la relégation économique et sociale... Réduites à l'invisibilité par la vidéosphère et au silence par le jeu biaisé des institutions.
Ce sursaut de la Gauche, de nouveau campée sur son socle idéologique, est le fruit d'une campagne menée, non pas au nom de l'équité ou de la morale, mais pour la justice sociale et l'égalité... Sur la base d'un "programme commun" dont les mesures économiques s'inspirent plus du New Deal que du Gosplan et dont les réformes institutionnelles visent surtout à renforcer la responsabilité des élus au regard de leur engagements et à l'égard de leurs concitoyens.
Pour parvenir à leurs fins, tous les insoumis ne se sont pas contentés d'investir les réseaux sociaux. Ceux qui composent les groupes d'appui ont visité des cages d'escaliers au risque, parfois, de perturber le business des derniers dealers recalés par les managers d'Uber. D'autres ont sillonné les lotissements de la France péri-urbaine pour rappeler à ses habitants qu'ils doivent encore compter, dans les bureaux, les hôpitaux ou sur les chantiers, avec la diversité de la France du RER qui, comme elle, se lève tôt.
Ces activistes insoumis n'ont pas croisé beaucoup de "helpers" dans leurs pérégrinations. Les éditorialistes ont rarement fait état de leurs efforts sinon pour les présenter comme les sectataires d'un dangereux gourou... Quand ils ne les peignaient pas en guerilleros d'opérette à la solde des Tapioca bolivariens... Ou comme l'armée des ombres du Tsar de toutes les Russie... Pas un mot, pas une ligne en revanche pour expliquer l'attrait des jeunes et des classes populaires pour l'Avenir en commun ! Et le reflux, possible, sur cette ligne, des illusions mortifères du Front National.
Le problème est que leur potion néo-keynésienne, bien moins amère que celles qui l'ont inspirée, a un coût fiscal que les fers de lance de la République des satisfaits ne sont pas encore prêts à payer. D'accord pour circuler en Uber et défiscaliser le salaire de la nounou ivoirienne mais pas question de dépenser plus pour des hôpitaux, des écoles et des services publics que, de toutes manières, ils utiliseront de moins en moins. Et tant pis, si les salauds de pauvres, à force d'encaisser les coups des délocalisations, de la précarité et de subir tous les autres maux des réformes austéritaires, finissent par "mettre le brun", comme on dit en Picardie.
A défaut d'avoir jamais mis les mains dans le cambouis, "es "brunchers" ont désormais les pieds dans la gadoue. Est-ce à cause du changement climatique ou de la théorie du ruissellement? Non! C'est juste la politique qui reprend ses droits mais cela suffit pour que les "helpers" appellent à l'aide et que les "marcheurs", convaincus d'être harcelés par les cyber-cosaques du maréchal Poutine, se carapatent à grandes enjambées... Cela fait une occasion de plus pour que le clergé cathodique sermonne les hérétiques, forcément complices, qui refusent de se plier à ses injonctions électorales.
A ce stade, n'hésitez-pas à répondre à ces "pères-la-morale-républicaine" : vous êtes les principaux responsables du débordement nauséabond de vingt-cinq années de politiques néo-libérales. En Grèce, en Espagne et aujourd'hui, en France, une partie de vos concitoyens vous ont proposé d'en sortir par le haut. Vous avez caricaturés leurs solutions quand vous ne les avez pas insultés. Aujourd'hui, ne comptez-pas sur eux pour curer votre cloaque.
Alors comme ça, c'est nous qui sommes dans l'injonction ??? On est renvoyes dos à dos avec la merde en boite délivrée par France inter ??
Et se faire traiter de têtes dures ?
Olala on fait des menaces en plus ??
Ben voyons....

Ouais, vazy, traite moi de tête dure. C'est sur que le 7 mais, c'est à fond sans moi et je sais pourquoi.
C'est le même tonneau que "Je suis Charlie" : en fait, c'est SOIT Charlie.
Du totalitorisme dans 'l'injonction.

Basta...
Je ne trouve pas ça très joli d'afficher comme ça un abonné... Certes la forme de son post est un peu abrupte mais il n'a fait qu'exprimer sa pensée. Le ridiculiser d'un coup de projecteur n'est pas fairplay. Ça fait démonstration de force et ça me laisse un sale goût dans la bouche
Je vous remercie de me défendre, mais je ne me sens pas ridiculisée. Juste rangée à tort dans le tiroir des "injoncteurs" (oui j'invente des mots, et alors? comme dirait l'autre), considérée finalement comme violente et totalitaire. Alors que bon quand même dans la matinale et sur les forums y a plus virulent que moi me semble-t-il....
J'ajoute, mon cher Daniel, que vous comptez mes verbes à l'impératif (et d'ailleurs tronquez mon message pour ne garder que cela), alors que mon post compte plus de phrases interrogatives et de verbes au présent de l'indicatif que de verbes à l'impératif. A vrai dire je ne fais pas de statistiques concernant la ponctuation et l'usage des temps et des modes.

Vous semblez signifier que mon propos porte exclusivement sur les consignes/no consignes de vote, alors que ce n'est pas mon sujet.
Vous avez mon plein et entier soutient. Cette chronique de DS est pitoyable. Cette pseudo analyse sémantique renvoyant à égalité "Fais ce que je te dis" et "Laissez-moi tranquille" via l'argument fallacieux "si c'est la même forme, c'est donc le même fond" ne serais que pathétique si elle n'instrumentalisait pas votre message. Du coup elle en devient indigne.
Au petit jeu de sélectionner des bribes de commentaires, je tente ma chance :

« Nous sommes au désespoir, on s'est encore une fois joué de nous », avez-vous écrit hier.

Mon injonction :

j’aime bien vos commentaires, ne changez pas.
J’aime bien lire des choses que j’aurais bien aimer penser ou écrire. :)
Je ne vous ai pas trouvé ridicule, pas une seconde, bien au contraire. Je n'ai pas aimé la méthode de DS dans la citation de vos propos. Et vous vous défendez tes bien toute seule on dirait. Bravo
Et bien, je découvre que mes mots sont publiés dans votre texte, mis à égalité avec ceux des éditocrates. Quelle promotion!

Bon tout d'abord je suis heureuse de savoir que vous lisez attentivement les forums. Et je souris un peu quand même. Alors comme ça vous êtes vexé??? Pas content d'être rangé dans le camps de ceux qui justement profèrent ces injonctions, molles ou dures? Et pour cela vous comptez mes verbes à l'impératif et démontrez impeccablement que le dictateur sommeille en chacun de nous. Bravo.

C'est de bonne guerre. Nous récusons les injonctions en exhortant ceux qui les profèrent de cesser de le faire. Bien.

J'aurais aimé que vous notiez que je n'oblige personne à voter, ou pas, à dire ou pas. Je n'exige pas des prises de position. Je demande à ce qu'on nous lâche les urnes, justement, et à ce que l'on cesse de nous indiquer la voie à suivre. Je n'exige qu'une chose: que l'on n'exige rien de moi, qu'on laisse ma conscience tranquille. D'où le sens de mon propos: vous avez votre point de vue, très bien, il est respecté. Mais à vous lire depuis quelques jours, on a le sentiment que tout autre point de vue est déraisonnable, qu'il nous faudra nous pincer le nez et y aller, le candidat fut-il calamiteux. C'est votre avis.

J'aurais aimé aussi que vous releviez que mes mots, nos mots ici sur les forums, n'ont pas le même poids ni la même portée que ceux balancés pendant la matinale d'Inter. On hurle? Mais c'est parce que nos voix sont étouffées sous les hurlements de la meute!

J'aurais apprécié que vous compreniez le sens de ces mots: c'est précisément parce que l'injonction (molle, ou dure, ou tiède, ou ce que vous voulez) est partout qu'il nous faut ici nous en éloigner pour aller au fond des images, des évènements. N'est-il pas plus salutaire et profondément utile de décortiquer et d'analyser le chemin que parcours tranquillement le FN pendant que nous nous étripons pour savoir qui va voter quoi, et est-ce qu'il faut voter ou pas? N'est-il pas autrement plus constructif de déconstruire le discours frontiste, de mettre en perspective ces fameuses injonctions et la place réservée aux membres du FN dans les chaînes de TV et autres médias?

ASi est un îlot, du moins l'est pour moi, où justement on s'éloigne des discours tout faits pour analyser, faire un "arrêt sur image" et posément réfléchir. Donc oui, de grâce, réfléchissons, analysons, pensons, décortiquons, et cessons de tortiller sur une décision qui est intime, personnelle, secrète et s'exprimera dans l'isoloir (ou pas). Le débat depuis dimanche est vif, partout on discute, on oppose les points de vue, on exprime une réflexion. Enfin le débat politique et démocratique est ouvert alors que cette campagne n'en avait donné que peu d'occasions. J'ai voté pour la première fois en 2002, et jamais une élection depuis n'a offert un tel débat sur le sens de la démocratie. Il arrive tard, mais enfin, il est là et j'ai le sentiment que nous gâchons cette opportunité de réfléchir.

Je précise afin d'écarter toute mauvaise interprétation, que c'est en toute amitié et avec le sourire (qui depuis dimanche me fait cruellement défaut, donc pour ça au moins, merci) que j'écris ces mots.
Il y a une bonne dose de vanités dans ces altercations... Je ne participe jamais aux forums d'ASI, même si je les lis régulièrement. Je n'ai pas compris de nombreuses réactions outrées des articles de DS qui sont des articles d'opinion, intelligente et utile comme souvent. Je n'ai pas voté au premier tour, je ne voterai pas au second, et j'ai un plaisir intense à lire des textes qui me font vaciller, qui me font douter, à discuter ces opinions qui ne sont pas les miennes. C'est le jeu d'une démocratie dont tant de monde est prompt à affirmer nôtre ou sienne, mais qui me concerne malheureusement de moins en moins.

On a tout dit sur cette campagne, ici ou ailleurs. Pour ne parler que de moi, ce second tour fait culminer une vacuité et une violence qui existait déjà dans nos quotidiens, et dont ASI permet d'en saisir certaines ficelles (big up à Alain Korkos pour la "Sensation Macron"). Pour ne parler vraiment que de moi, je n'ai pas 30 ans et suis jeune chercheur en science humaine dans une grande faculté parisienne, et tout va bien. Simplement, je ne sais pas si j'aurai un emploi en septembre, j'ai quelque mal à prévoir d'avoir des enfants avec la personne que j'aime depuis quelque temps maintenant, parce qu'elle aussi dans la recherche, nous ne savons pas si nous pourrons viver dans la même ville pendant les 3 à 5 ans qui viennent, et que tous nos amis qui s'installent en famille ont fait le choix du secondaire. Je pourrai dire que je ne vote pas Macron parce que je suis convaincu que le FN en sortira nécessairement premier parti d'opposition, qu'il sera à 40% dans 5 ans dans un paysage politique dévasté par les traîtrises et les inanités, parce que j'aurai bien trop l'impression de voter Daladier, parce que le CICe, parce que les copinages, parce que...

Mais tout le monde s'en fout hors les déjà convaincus qui prêchent à raison leur Lordon, leur Schneidermann, leur Lancelin... Et continuons à faire ça, c'est trop nécessaire. Non, je ne vote pas Macron parce que ma vie de jeune bourgeois intellectuel (on a tout fait bien : on parle anglais, on fait du sport, on aurait voulu être républicain, bonne dentition, même qu'on voyage beaucoup et qu'on se dit nous-mêmes mobiles) est déjà insupportable par rapport à celle de nos parents. Parce que le discours du front républicain est d'une rationnalité curieuse pour qui est né dans les années 80 et plus encore 90, et à connu certains itinéraires de banalisations du mal, mais je n'ai jamais parlé d'identité heureuse ni rien banalisé. Parce que j'ai entendu des journalistes vouer aux gémonies la proposition d'un candidat de quitter l'OTAN, lorsque les mêmes journalistes viennent d'achever un an à nous dresser cette étrange équation de Trump = Le Pen = Hitler. Et que Trump défend en six mois l'OTAN, la guerre, et serre les palluches de la Silicon Valley sans ambages... Et si je m'indigne de voir Le Pen diriger mon pays, il n'empêche que les Orban et les Trump, dans l'OTAN comme dans l'UE, posent moins de problèmes que Mélenchon et Tsipras à ceux qui m'intiment l'ordre de voter contre eux.

Je ne voterai pas tout simplement pour la raison qu'il paraît que les abstractions orwelliennes ont déjà pris le pas sur une humanité simple : on défend le pauvre patron, l'identité, on voit un candidat à la présidence de la République s'indigner devant des ouvriers qu'il "se fasse agresser personnellement" quand le quotidien de certaines classes moyennes (oui, moi) est déjà une agression alors devant des ouvriers, franchement, quand je voudrais simplement dire à la génération d'avant "voulez-vous des petit-enfants?" parce que nous galérons, car le macronisme est au-delà de sa stupidité la conséquence logique de d'un monde où l'intelligence a disparu. DS, le forum s'écharpe sur le "il EST mauvais" : je n'ai pas trente ans et n'ai connu qu'un monde aux institutions de médiocrité organisée, et comme dans certaines vidéos tournées récemment en Picardie, les dominés font la leçon d'humanité (intelligence, éthique, dignité) aux dominants. "Vous m'agressez en tant que personne!" "Non M. Macron, nous parlons des politiques"...

Alors les grandes théories, les professions de foi, les références historiques... Je m'arrête aux grandes évidences - les fameuses émotions sensibles dont un BHL ou autre verra le signe d'un proto-fascisme, ce qui est refusé de percevoir à quel point le fascisme se nourrit d'absurdités purement intellectualisés, livresques, rhétoriques et verbeuses forgées dans le capitalisme. Et Macron est trop évident : merci de me l'avoir avec d'autres fait comprendre avec finesse. Votez, ne votez pas, ça ne me regarde pas et les opinions de DS ne me scandalise pas d'autant qu'elles sont formulées dans cette humanité que j'essaie maladroitement d'évoquer. A la limite, j'en retiens la seule chose essentielle : l'attention aux visages qui nous entoure encore, et dont Macron est le visage acceptable aujourd'hui mais désastreux pour demain, et Le Pen reste indubitablement le masque odieux dont il est innacceptable qu'on puisse supposer qu'elle est équivalente avec les benêts en marche. C'est un peu idiot de chercher des visages sur un forum, mais les journalistes d'ASI incarnent cela à mes yeux : des visages dans un désert de nuques courbées.
Vous comparez vraiment un(e) internaute (plutôt poli(e) soit dit en passant, son ton révèle plus de la lassitude que de l'agressivité) et des éditorialistes influents ayant pignon sur rue ?
Bref.
Vous le dites très bien dans l'introduction : à force de se faire insulter, culpabiliser, infantiliser, caresser puis gifler par les médias, les électeurs vont en effet probablement n'en faire qu'à leur tête.

Macron a été bazardé dans la course par le CAC40, les médias et la vieille clique politique subclaquante et il s'avère qu'il a été mal "casté". Il est nul.
Si il se vautre, ce n'est pas aux gauchistes qu'il faudra s'en prendre, mais à l'oligarchie arrogante, aux médias inconséquents et aux électeurs du front national. Accuser les gauchistes, ce serait quand même d'une sacrée mauvaise foi ! Je sais qu'on est les boucs émissaires faciles depuis des décennies, mais là ça frise l'acharnement !
Votons pour le M.O.U ( Mouvement ondulatoire unifié de P. Dac créé en 1965 ).
( ou sans injonction, ne serait il pas possible de voter pour le MOU ? )
Nous avons eu avec le petit Macron une campagne de drauche (plus "dr" que "auche").
Nous avons maintenant les injonctions modu ou lere ou more ou ledu.

J'opte pour modu car il est plus lable aux entournures et plus facile à glisser dans la poubelle ou poubil ( application stricte de la parité)
C'est très étonnant de voir comment une équipe de décrypteurs foncent tête baissée sur les clignotants qui focalisent les regards.
Il y a bien longtemps, c'était un autre siècle, à la télévision, Daniel Schneidermann avait conclu une émission d'ASI par une histoire qui m'avait scotché.
Des individus passent une frontière à plusieurs reprises et les douaniers, suspicieux cherchent en vain à trouver ce qui pourrait être caché. Et une dernière fois, un douanier demande au conducteur : "Mais vous pouvez bien me le dire maintenant, qu'est-ce que vous avez réussit à faire passer sans qu'ion le voit ? " Je vais vous le dire, cela fait des mois que ce que l'on passe , ce sont des camions… "

On se focalise sur les clignotants, on ne voit pas les camions. Pas besoin d'injonction, cela passe sous nos yeux.
[large]Quand on imagine avec qui on se retrouverait dans l’opposition si Le Pen passait, ça motive pour aller voter...[/large]

J'ai encore la ferme intention de m'abstenir. Mais voilà plusieurs jours que je m'astreins à ne rien lire de mainstream... à ne pas participer aux débats.

Je développe :

Il faudrait sans doute expliquer qu’obtenir le pouvoir, c’est s’enraciner dans les institutions, placer ses pions sur le long terme. Gagner l’élection, ce n’est pas qu’appliquer un programme, c’est prendre pied pour un moment dans l’Etat.

On parle du racisme du FN... Mais en quoi le racisme actuel est-il moindre ? Le racisme actuel est soutenu par les structures du PS, qui maintiennent toutes les organisations progressistes sous pression afin de ne pas faire de vagues à ce sujet. Il faut voir comme d’un jour à l’autre, dès que le PS est contre ceci ou cela, cela fait plus de « bruit ». C’est compliqué à expliquer, mais il faudra un jour documenter la façon dont le PS a étouffé tous les collectifs « de gauche » pour qu’ils ne manifestent pas contre ce qu’ils devraient (par exemple, la façon dont ceux-ci n’ont pas participé à la lutte contre la Loi Travail, dont ils n’ont pas participé à la lutte pour un accueil digne des migrants, etc).

Il suffirait que le FN passe pour que d’un coup, il devienne légitime pour le PS de se plaindre des bavures policières, de la répression des manifestations, de l’état d’urgence qui n’en finit pas, de lutter contre l’islamophobie (nan, je sais, je rêve... mais pourquoi pas... faut voir ce que les démocrates sont capables de dire en ce moment aux US... après 8 ans au pouvoir).

Bref, ce pouvoir est inique, et finalement, afin de ne pas brouiller les cartes avec cet ennemi, il serait sans doute préférable de s’assurer temporairement de sa continuité, plutôt que de permettre à la vermine fasciste d’obtenir une victoire. Nous éviterions aussi que toute une frange de la population se sente légitimée dans sa volonté de guerre civile.
Houlala Daniel... je ne sais quoi dire... La contagion des bras ballants me gagne... Je vais donc répondre par un lien, je ne saurais écrire mieux :

https://nanterrereseau.blogspot.fr/2017/04/face-au-front-national-reponse-aux.html
Merci pour cette analyse. En effet, nous sommes arrivés à un moment où chacun sait très bien ce que les autres doivent faire et ne se prive pas de le dire.

Pour ma part (et je parle de moi uniquement pour qu'on ne m'accuse pas d'injoncter quiconque) :
- je n'écoute pas la radio pendant l'entre-deux-tours, pas plus que je ne regarde la télé ;
- je lis (avec ferveur) les éditos de DS ;
- je passe doucement d'une position d'abstentionniste pure et dure à une position d'agnostique, qui pourrait bien se concrétiser en un vote Macron ET un engagement actif auprès des Insoumis ;
- je constate que ne pas écouter les matinales a un remarquable effet anxiolytique.

Bonne journée et merci pour votre travail, ne changez rien ! (Ah zut voilà que j'injoncte avec dureté :)
Vincent.
Ainsi donc, les injonctions des tuteurs de lierre seraient molles du fait qu'elles ne comportent pas de verbes à l'impératif.
Macron ou Lepen ? Qui est le pire ?

Si on est de gauche, on nous gave depuis Dimanche pour voter Macron, sinon on serait des "salauds" ( https://twitter.com/XavierGorce/status/857111499399196672 ).

Evidemment, personne ne tape sur les électeurs de Lepen, qui eux doivent être des gens très bien. Tellement bien que Macron leur a fait du pied hier dans l'Emission Politique de TF1 : " « Tolérance zéro » en matière de sécurité / 15 000 places de prison / La détention de stupéfiants est souvent sans suite. Je veux qu’il y ait une réponse immédiate, l’amende d’au moins 100 euros / etc." (http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/04/28/emploi-terrorisme-second-tour-ce-qu-il-faut-retenir-de-l-emission-sur-tf1-d-emmanuel-macron_5118975_4854003.html )

Par contre, pour les gens de gauche, rien, nada, allez-vous voir chez les Grecs si vous osez demander quoique ce soit d'autre que du mépris et des injonctions au "votutile" contre la bête infâme.

Mais justement, attardons-nous sur la bête infâme. Enfin avant ça, il faut montrer un peu patte blanche afin d'avoir une toute petite chance de ne pas me faire traiter de facho par tous les gens qui veulent penser à ma place. Je n'appelle pas au vote pour Lepen, ni Macron, ni blanc. Chacun fait ce qu'il veut en conscience. Je veux juste apporter des perspectives, et peut-être aider les gens pas-de-gauche à comprendre pourquoi ce ne m'est pas possible de voter ni pour Macron, ni pour Lepen.

Donc la bête infâme. 1930. Les heures-les-plus-sombres-noires-de-notre-histoire. Le retour de Hitler, c'est bien ça qu'on veut en ne votant pas Macron, n'est-ce pas ?

Bon ok, moi aussi je connais l'histoire de France et du monde, j'ai vu 5 fois la Grande Vadrouille quand j'étais petit.

Mais au delà de ça, si on réfléchissait un peu ? Je sais, c'est dur pour beaucoup de gens des médias en temps normal, donc commencer entre les 2 tours, moment passionnel et émotionnel au possible avec la configuration actuelle, ce n'est pas évident. Mais tentons le coup malgré tout.

Donc, depuis 1930 et tout le toutim, l'extrême droite a disparu et a été cantonnée dans un petit coin ? Non. L'extrême droite est arrivée au pouvoir en Autriche en 2000, en Suisse autour de 2010, en Italie dans les années 2000, et a eu assez de succès au Danemark et aux Pays-Bas pour soutenir des gouvernements début années 2010.

Et alors ? Alors, pas grand chose. Aucun d'entre eux n'a annexé la Pologne, ni n'a fait un blitzkrieg sur leur voisin, ni même déporté de juifs.

D'après la journaliste qui a compilé les résultats de l'exercice du pouvoir par l'extrême droite en Europe, dans cet article http://www.caminteresse.fr/economie-societe/que-se-passe-t-il-quand-lextreme-droite-gouverne-1111755/ , la seule conséquence est la diffusion de ses idées nauséabondes et une légère inflexion les politiques.

Voilà, c'est sûr cela ne fait pas bien envie, mais il y a tout de même une légère différence de degré avec la peur irrationnelle que l'on essaye de nous faire gober depuis quelques jours (enfin, cela a démarré en 2002, quand même).

Mais mais, me direz-vous, ne devrions-nous pas faire le maximum pour éviter ça, malgré tout ?

Et là, je vous répondrai : on l'a déjà pas évité. Et oui, le FN sans être arrivé au pouvoir suprême ni avoir jamais eu une quelconque influence notable au parlement a déjà profondément influencé notre politique. Pour ceux qui ont la mémoire courte, c'était sous Sarkozy et Fillon, c'était prétendument pour faire revenir l'électorat sous le giron républicain. En vrai, c'est le giron républicain qui s'est fascisé, avec le débat sur l'identité nationale en tête de proue, et autres joyeusetés chères au FN.

Donc en gros, on a déjà goûté aux conséquences du FN au pouvoir, sans qu'il y soit. Merci la droite.

Et on nous agite un gros chiffon rouge pour nous faire bien peur, pour une éventuelle infamie future, mais en oubliant soigneusement l'infamie bien réelle, d'aujourd'hui et non pas d'éventuellement demain qui est le libéralisme aveugle qui sévit dans notre monde depuis des dizaines d'années et qui fait souffrir, hier, aujourd'hui et demain, une part de plus en plus importante de la population.

Bon, ce sont les pauvres qui souffrent, donc ils comptent pas vraiment pour notre belle médiacratie. Les pauvres, ils sont là pour fermer leur gueule, et voter pour le gentil libéralisme pour contrer le méchant FN, une fois tous les 5 ans, et puis basta.

Et c'est la police de Sarko et de Hollande qui est plus que brutale ( http://www.lemonde.fr/violences-policieres/article/2017/02/20/jugement-a-bobigny-d-un-policier-municipal-pour-des-faits-rappelant-l-affaire-d-aulnay-sous-bois_5082242_5078781.html ) ; on n'a pas eu besoin d'avoir le FN pour qu'une frange non négligeable de la police tombe dans le fascisme. Avez-vous jamais entendu un "républicain" proposer un plan pour lutter contre ça ? Ils s'offusquent tous à chaque bavure (sauf le FN), mais au final ça ne fait qu'empirer.

Ce qui me paraît clair, c'est que le FN veut le pouvoir pour taper dans la caisse au maximum. Mais là encore, ils ne seront que dans les pas des experts précédents : Sarkozy, Fillon, Chirac, et co. (http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/01/31/comment-s-enrichit-jeanne-le-microparti-de-marine-le-pen_4567011_4355770.html )

En conclusion, si vous voulez me faire voter pour continuer à détruire les classes populaires, le bas de la classe moyenne, la planète, l'intérêt commun, et au final la paix, il va falloir me trouver mieux que l'épouvantail FN ; il a bien marché pendant des années, mais là il est arrivé à expiration.
What ?

Donc les médiacrates sont dans l'injonction molle mais les forumeurs/asinautes sont dans l'injonction dure ?

Mon dieu. Vous tenez vraiment tant que ça à ... je ne sais pas ? Les têtes semblent tourner ces temps-ci. Plutôt que de pointer du doigt, ne serait-il pas pertinent de chercher à comprendre pourquoi ?
Quet dur à cuire, ce Daniel ... :)
Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.