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Ecriture inclusive : "l'Académie va contre la langue française"

Depuis quelques semaines, l'écriture inclusive divise, entre prises de positions des éditorialistes, de l'Académie française, et détournements sur les réseaux sociaux. Au coeur du débat : la question de la langue. Faut-il la féminiser, la simplifier, la protéger? Qui a le pouvoir d'édicter les règles? L'Académie française est-elle légitime? Pour en discuter sur notre plateau, Eliane Viennot, professeuse émérite de littérature française et autrice du livre Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin, Christophe Benzitoun, maître de conférence en sciences du langage et Hélène Eveleigh, professeure de français et formatrice à la retraite, membre du comité de rédaction des Cahiers pédagogiques.

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[…] une proposition de loi déposée le 28 juillet 2020 par neuf députés et députées, principalement du Rassemblement national, espérant « interdire l’usage de l’écriture inclusive par toute personne morale publique ou privée bénéficiant d’une sub(...)

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[…] une proposition de loi déposée le 28 juillet 2020 par neuf députés et députées, principalement du Rassemblement national, espérant « interdire l’usage de l’écriture inclusive par toute personne morale publique ou privée bénéficiant d’une subvention publique » […] commenc[e] par « présentée par Mesdames et Messieurs… ». C’est-à-dire PAR DE L’ÉCRITURE INCLUSIVE ! [Mymy, « Et si on se détendait sur le point médian ? », MadmoiZelle, 7 septembre 2020]

Horreur !

je viens de parcourir certains messages qui datent d'avant la nouvelle version du site, et je vois que le texte apparaît n'importe comment ... dans les messages de Coin-Coin, si délicieusement pleins de subtilités typographiques pour les références ( innombrables et précieuses) qu'il donnait, tout est devenu un liste de balises incompréhensibles.

Est-ce que ça veut dire  que même si un jour les anciennes discussions sont récupérées, elles n'auront plus leurs titres, plus leur mise en forme ?



Florence Montreynaud, historienne des femmes et militante historique, autrice de Le Roi des cons. Quand la langue française fait mal aux femmes1, répondait aux questions de Claire Beilin-Bourgeois pour la Nouvelle Revue Pédagogique (NRP collège, la revue des professeurs de Lettres), revue des éditions Nathan :

« [...] Il y a peu, j’ai lu dans un texte « le génocide des Juifs et des Juives », ce qui m’a fait un choc, parce que je me suis rendu compte que l’image que j’associais, lorsque j’entendais « des Juifs », était celle d’un groupe plutôt masculin. L’expression « les jeunes de banlieue » n’inclut pas vraiment les filles. Et quand on dit « les vieux », on pense à des hommes, alors qu’en réalité, il y a plus de vieilles que de vieux. [...] »

1. ISBN 978-2-321-01294-8, éditions Le Robert, 15 février 2018.

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

De tout ces faux débats autour· de l’écriture inclusive%, nous retiendrons que « M. Blanquer » se prononce « monsieur blanquère » et non pas « aime point blanqué ».

·. À gauche, à droite, au-dessus et en dessous du point médian.
%. Après avoir consacré trois mois et trois nuits entiers à l’écriture inclusive, Coin-coin jura : « Nom d’un pétard ! Iel pleut ! »
Alix[1] de Saint-André, à propos de Françoise Giroud [22]:[03] « [...] c’est écrit vraiment à la machine[?] [...] J’crois qu’c’est Truman Capote qui a dit ça au gars qui a écrit On the Road, iel[2] lui a dit : “[...]”. [...] Et iel[2] écrit pareil, y a pas d’gras, ça déborde pas, y a pas d’adverbe, y a même pas d’point médian ; c’qui vous imaginez, en littérature française, sans point médian, ciel ! que fait-on ? Et bien on fait c’qu’iel[2] a fait, iel[2] ; c’est-à-dire que, en même temps, curieusement, ça n’a pas vieilli ».

1. Prénom épicène.
2. Les pronoms ont été changés.
22. https://www.publicsenat.fr/emission/documentaires/francoise-giroud-autoportrait-80284, 26 décembre 2017.
03. http://www.ina.fr/video/CPD14000302, 7 février 2014.
?. Iel[2] ne précise pas si la machine était un Mac ou un PC.
Quand Dominique1 Voynet dit « mon père était maire »@17:12 & 2, ça sonne quand même bizarre. Il faudrait trouver un masculin au mot maire : mayeur, maillon, mayonnais..?

1. Prénom épicène.
2. Avec des oreilles d’académicien dans Le Figaro, ça s’écrit « mon pair était mère ».
Dans ce débat, je suis surpris d'entendre dans la bouche de certains inclusivistes deux thèses contradictoires : 1) l'usage est souverain 2) on ( l'académie) est toujours intervenu(e) dans la langue. Cette vénérable institution serait-elle à ce point incorporée par la langue qu'elle fasse partie de son usage ? Mais, en tant qu'anti-enthoveniste hystérique et convaincu, je ne peux que reconnaître la fragilisation de ma position. Bravo Coin-coin(e), en plus d'être drôle et convaincant(e), vous êtes un(e) excellent(e) manœuvrie(è)r(e).
C’est un Raphaële Enthoven complétement hystérix qui était invité à déblatérerv sur TV5 Mondef le 17 octobre dernier parvenant même à altérer le calme de Raphaëlh Haddad mais échouant à troubler les sérénités d’Éliane Viennoté et de Marie-Estelle Pechf malgré la houlette de Sylvie Braibantt. (Entre une ânerie de Raphaële) Viennoté a dit une petite bêtiseI:34:31 (et une ânerie de Raphaële) qui cependant figurait au XVIIe siècle sur la page Wikipédia consacrée au point médian : « Le point médian est souvent confondu avec son cousin, le point milieu, plus fin » et qui depuis a été corrigée : « Le point médian est parfois confondu avec la puce, plus épaisse, ou avec l’opérateur mathématique point »g.

La seconde partie du débat, en compagnie de Kaoutar Harchi, Philippe Magnabosco, Claire Guiraud et Bernard Cerquiglini, fut beaucoup plus intéressante, bien que plus consensuelle : « Raphaële Enthoven notamment s’est défendu dès le départ en disant qu’il récusait le fait d’avoir été présenté comme conservateur ; il apparaissait comme un conservatoire de beaucoup, beaucoup de choses »II:1:58 ; « à part quelques conservateurs un peu bouffons, nous sommes tous d’accord pour que les choses évoluent »II:10:14 ; « je ne sais pas si Monsieur Raphaële Enthoven a déjà mis ce fameux manuel scolaire de Hatier entre les mains d’un enfant et vu l’effet que ça avait »II:13:30 ; « c’que nous a dit le conservateur tout à l’heure, c’était : “la langue, vous n’avez pas l’droit d’y toucher, on ne peut pas intervenir dans la langue”, alors que, en fait, on n’a pas cessé, et l’Académie elle-même n’a jamais cessé (...) le paradigme conservateur est contre l’intervention ; il la réserve... aux puristes »II:16:15.


e. Né(e) à Paris le 9 novembre 1975, d’après sa carte d’identité.
é. Ne pas confondre avec Nelly Viennot, première femme à avoir arbitré un match de championnat de France de football professionnel masculin.
f. Op. link. by Ghis in forum « Écriture inclusive : panique quai conti ! », 27 octobre 2017.
f. Journaliste au Figaro.
g. Par exemple, la page Wikipédia « Génération·s, le mouvement » a été pucée avant d’être mathématiquée et enfin médanisée (pendant que la version anglophone de la page se faisait curieusement bassisée).
h. Lettre muette, comme parfois le e : « Je pense que le français n’est pas sexiste — Moi oui. — le français a toutes les capacités pour exprimer l’égalité des sexes. En revanche, les locuteurs et les locutrices peuvent l’être — Moi non. — et je pense qu’il faut... — Je me tais. — Voilà, c’est mieux. » (I:20:38).
r. Rédactrice en chef de Terriennes, portail dédié à la condition des femmes ouvert par TV5 Monde le 31 mai 2011.
v. Afin de générer « un faux débat » (I:31:25).


Index des auteur·ices cité·es
Henri Beyle : I:17:45, I:31:48, I:39:36, I:39:54, I:40:24
Jean-Michel Blanquer : I:48:7, I:48:22, II:14:8
Pierre Bourdieu : II:19:42
Aimé Césaire : II:19:3
Yannick Chevalier : II:27:33
Caroline De Haas : I:48:27
Jacques Derrida : II:1:7
Sylvia Duverger : II:26:4
Laurent Fabius : I:46:31
Jules Ferry : II:18:47
Gustave Flaubert : I:39:36
Michel Francart : I:30:2, II:8:17, II:9:7, II:9:14
Pierre Gattaz : I:39:4
Lionel Jospin : II:29:13
Jean-Marie Klinkenberg : II:9:8
Ahmadou Kourouma : II:21:9, II:24:45
Émile Littré : I:22:7, I:24:55
Angela Merkel : II:29:53
George Orwell : I:6:30, I:17:23, I:19:3, I:26:23
Florian Philippot : I:39:9
François Premier : II:15:39
Marcel Proust : I:18:44, I:39:36
Jean Racine : I:23:47, I:23:56
Jean-Jacques Rousseau : I:22:3, I:24:52
Valerie Solanas : I:2:32
Kateb Yacine : II:18:59
« Cher toi, tu es sur Radio Campus Paris » et si tu veux en savoir plus sur l’izizibilité de l’écriture inclusive etc., ça commence après la chanson Sale chienne de Chilla, à 18:45 (et pour la tirade critique des médias, c’est à 22:50).
Le Monde de demain27 décembre 2017, p. 19 a offert une tribune2/3 à Claude Hagège81 ans, qui fut candidat malheureux à l’Académie française en 2000 et en 200775 et qui remarque que l’accord de proximité reste utilisé par-ci par-là, par exemple par « Marcel Proust ou Jean Giraudoux, lequel écrit (Littérature, 1941) : “Dans les mouvements et les habitudes les plus journalières.” » Étrangement, il prétend ensuite que « proviseur n’est pas féminisable [du] fait que la morphologie du français ne permet pas la suite “-sr-” de “provisrice” ». Et pourquoi pas « proviseuse »80 ?

Le Monde de demain27 décembre 2017, p. 19 a offert une tribune1/3 à Raphaël Haddad« jeune analyste du discours et communicant » qui dit à peu près le contraire de ce que raconte l’autre au-dessus. Malheureusement, nous n’avons rien relevé d’intéressant100 dans cette tribune.

1. Deux tiers de la page pour Claude Hagège, un tiers pour Raphaël Haddad.
75. La limite d’âge pour candidater à un fauteuil ayant été fixée à septante-cinq ans, gageons que son oipinion est parfaitement neutre.
80. Comme par exemple dans Le Figaro.
100. Plus précisément : rien de neuf, sauf : « Reconnaissons toutefois que le débat m’aura amené à circonscrire le recours de cette abréviation [...] limitons-en le recours aux termes dont la forme féminine s’obtient par ajout [comme “ami·e”, “étudiant·e” ou “intellectuel·le”] plutôt que par substitution [donc par de “correcteur·ice”]. » Puis il évoque le point médian unique : « S’agissant des formes plurielles, on peut également réduire la notation à un seul point et préférer “cinglé·es” à “cinglé·e·s” [...] ».
Ce que Claude Hagège écrit dans cette tribune et qui constitue l'épine dorsale de son propos :

"Les luttes légitimes qui sont conduites depuis la Révolution pour abolir l’inégalité entre les sexes sont d’ordres social et politique. Elles ont produit des résultats certains, même s’il est vrai qu’il reste beaucoup à faire, comme le montre un combat voisin, omniprésent dans les débats actuels, celui des femmes contre la violence et les agressions sexuelles commises par des hommes assurés de leur pouvoir.

Mais aucune intervention sur la langue n’a produit de résultats sur la relation entre les sexes, ainsi que le font apparaître les histoires de l’arabe, du mandarin, du russe, etc. Certes, la langue porte des marques de la domination masculine. Mais ce n’est pas langue elle-même qui est sexiste. Ceux qui le sont, ce sont les hommes."


Je me permets de copier-coller, l'article n'étant accessible qu'aux abonnés du Monde.
Viennot elle-même le dit, que ce n’est pas la langue qui est sexiste. Reconnaissons cependant que Claude a le grand mérite de s’être choisi un prénom épicène1. Quant à Raphaël·le, al iel reste encore un effort à faire.

1. D’après Wikipédia, il se prénommerait en réalité Léon. Quel prénom ridicule !
Parmi les rares raisons de ne pas désespérer, je privilégie le fiasco de l'esperanto.
Les détricoteuses Mathilde Larrère et Laurence De Cock ont invité Marine Roussillon, maîtresse de conférence en littérature française à l’Université d’Artois :

[Les Détricoteuses, générique]
M. L.@0:16 : Bonjour à toutes et à tous [...]
[Les Détricoteuses, Au miroir du passé, générique]
M. L.@0:50 : [...] car sachez-le « il n’y a qu’une seule langue, qu’une seule grammaire, une seule république » [...] on est donc dans un moment particulier de crispation de cette histoire de langue, mais nous on voudrait l’ouvrir, parce qu’il n’y a pas que l’écriture inclusive en fait, il y a tout un tas d’autres éléments de crispation linguistique.
L. D. C.@3:01 : Oui, alors voilà, ça fait quand même quelques années qu’on entend parler de la langue arabe comme un massacre contre la civilisation, qu’on entend parler là tout récemment des professeurs des écoles qui ne maîtrisent pas l’orthographe et donc c’est un véritable scandale, il n’y a pas longtemps la fameuse ordonnance de Villers-Cotterêts revitalisée par notre président de la République et son associé-patrimoine Stéphane Bern, régulièrement les enfants des quartiers populaires dont on dit qu’ils ne maîtrisent que cinq-cents mots et donc ça expliquerait en partie quand même le caractère un peu sauvageon de ces enfants, voilà, donc, [...] Pierre Bourdieu [...] Barthes aussi, voilà
M. L.@3:46 : ben oui [...] donc je vais d’abord passer la parole à Marine et, Marine, d’abord j’ai une question : depuis quand peut-on dire qu’on parle français ? Est-ce qu’il y a un premier texte en français ?
M. R.@5:07 : Alors oui, quand on fait l’histoire de la langue française, on a l’habitude de considérer qu’il y a un premier texte, et ce premier texte, il date de 842 et ça s’appelle les serments de Strasbourg [...] En fait, c’est un latin plein de fautes, le français de cette époque-là, une sorte de créole qui aurait réussi, voilà, le mélange de langues de plein de peuples qui habitent la France à cette époque-là. Et cette idée que le français, au départ, c’est une langue pleine de fautes et toute mélangée, vous imaginez bien, il suffit de voir ce que raconte notre ministre[Jean-Michel Blanquer] pour penser que ça a été très longtemps inacceptable. Donc pendant longtemps on a essayé de dire autre chose : [...] ça vient des Francs [...] c’était le dialecte de l’Île-de-France [...] Bon, c’est pas du tout le cas, maintenant on le sait, cette langue-là elle existe pas, c’est un dialecte qui n’est parlé nulle part, voilà. Dans le pays, il y a différentes parlures, très plurielles, très variées, [...] et au moment de créer la langue du pouvoir, on fait une sorte de mélange de ces différentes parlures qui n’existe que par l’écrit, en fait. Et donc on voit bien que le français qui se constitue tout de suite comme une langue écrite, dans la distinction avec les langues parlées, et cette distinction-là, elle fonde un pouvoir qui est le pouvoir des clercs, le pouvoir des savants, le pouvoir de ceux qui savent écrire. [...]
M. L.@8:42 : [...] Villers-Cotterêts [...]
M. R.@9:03 : [...] Pantagruel [...] un recueil de poèmes en occitan [...]
L. D. C.@12:39 : Autre chose aussi au XVIe siècle, me semble-t-il, c’est le moment où l’écrit se fixe par l’imprimerie, et je crois que les imprimeurs aussi ont du coup un rôle dans ne serait-ce que dans l’orthographe [...] Et puis l’autre enjeu toujours à cette même période c’est les guerres de Religion, protestants-catholiques, et le protestant c’est celui qui doit avoir accès au Livre, directement, donc on a aussi un parlé populaire qui va se fixer par l’écrit, et à l’inverse le latin qui résiste par le biais de la contre-réforme catholique.
M. R.@13:25 : Tout à fait, d’ailleurs les réformés protestants étaient les premiers réformateurs de l’orthographe, les premiers à promouvoir une réforme pour simplifier l’orthographe.
M. L.@13:34 : [...] la naissance des Immortels [...]
M. R.@13:52 : [...] un moment de très vif débat sur la langue, un peu comme ce qu’on vit aujourd’hui [...] Les enchantements de l’éloquence [...]
L. D. C.@19:47 : [...] la Révolution française
M. L.@19:56 : qui est de fait une révolution linguistique aussi [...]
L. D. C.@24:51 : [On arrive] à la période clé, qui est cette période de la fin du XIXe siècle, qui est une période vraiment d’homogénéisation nationale, il faut fabriquer du Français, donc on voit bien que là, il y a la logique de l’impérialisme linguistique [qui] va véritablement s’imposer [...] cette affiche est un faux [...] je le dis aussi à un auteur de Lundimatin[op. link., cf. supra] que il faudrait peut-être un peu vérifier ses sources [...]
M. L.@28:57 : Et alors, autre impérialisme de la fin du XIXe siècle et qui pose des questions linguistiques, c’est la colonisation, alors est-ce qu’il y a eu un impérialisme linguistique colonial ?
L. D. C.@29:06 : [...] Toussaint Louverture [...] cette langue française qui arrive, qui est la langue des élites, qui est la langue de l’école, elle va aussi stimuler des résistances de langues indigènes [...] On a aussi d’autres cas [intéressants par exemple] le français des Européens d’Algérie [n’est] pas le même français que celui de la métropole [et quand les pieds noirs arrivent en métropole] ils sont bien moqués pour ça [...] le français, il va se généraliser de manière beaucoup plus importante après la décolonisation [...]
M. L.@33:21 : Alors [...] les années quatre-vingt [...] quatre-vingt-dix [...]
L. D. C.@33:45 : [Alors] Benoîte Groult [elle] avait pour mission de féminiser les noms de métiers [...] [Et puis aussi] je voudrais qu’on écoute un linguiste qui s’appelle Pierre Encrevé [et] qui explique vraiment comment cette orthographe [...]
M. L.@36:18 : Oui parce que en fait l’orthographe on l’a choisie [difficile] exprès [...]
L. D. C.@36:54 : Alors, comme le dit la présidente de la Société des Agrégés [Geneviève Zehringer] : « la langue française n’est pas un toutou » [...]
M. L.@37:55 : Alors, peut-être on peut un peu conclure maintenant qu’on a fait un peu le tour de toutes ces questions, Marine ?
M. R.@38:01 : Oui, je crois, c’que ça nous montre là, l’histoire de la langue, c’est que la langue c’est un enjeu de pouvoir, parce que quand on définit le bon usage on définit aussi qui a le droit de parler [...] Ce qui veut dire qu’à l’école, quand on enseigne la maîtrise de la langue, on ne peut pas réduire ça à la question de bien exécuter l’orthographe. Maîtriser la langue, ça veut dire maîtriser l’histoire, maîtriser la possibilité d’agir sur la langue, pour la transformer, pour transformer la communauté politique. Si on veut former des citoyens, c’est essentiel qu’on les forme à partir d’une réflexion sur la langue comment elle s’est construite et comment eux ils peuvent continuer à la construire.
L. D. C.@39:10 : Essentiel aussi je crois [de] cesser de disqualifier certains enfants, et notamment dans les quartiers populaires, par rapport à leur langage [...] en matière d’inventivité de la langue, les jeunes ont aussi beaucoup à nous apprendre.
M. L.@40:07 : Voilà, moi pour terminer, enfin, c’qui m’marque c’est à quel point le français a énormément changé [...] comme j’ai commencé sur Barthes, je vais terminer sur Barthes [...] c’est vrai que juste avant de faire l’émission je relisais Texaco de Chamoiseau [...]
L. D. C.@41:11 : Donc pas « une langue, une grammaire, une république ».
M. L.@41:13 : Ah non ! D’ailleurs pas « une république » non plus mais ça c’est aut’chose.
L. D. C.@41:19 : Une petite bibliographie pour terminer :
- Éliane Viennot, Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! ;
- Bernard Cerquiglini, La naissance du français ;
- Bernard Cerquiglini, Petite histoire de l'orthographe [?] [?] [?] [?].
Dans les discours politiques, on est passé de "Français" à "Français, Françaises" puis à "Françaises, Français".
Alain Rey a raison, l'usage finira par imposer, comme elle l'a toujours fait, une formulation à la fois correcte et pratique.

Avec ce léger bémol: quand j'étais petite, la dame qui venait faire les visites médicales scolaires, alors systématiques, on l'appelait "doctoresse". Ce mot , les "doctoresses" ne l'aimaient pas, à cause de sa connotation: il leur semblait (et il était) condescendant. Dommage, il était mieux, finalement, que docteure (il faut appuyer, de façon fort inélégante, sur le "reuh" pour se faire comprendre) ou docteuse (ou doctrice?).

Mais comment laver un mot de sa connotation? On a préféré l'abandonner.
Télérama a publié le 26 décembre prochain un entretien avec Aurore Evain qui s’était jadis intéressée au mot autrice1 et se penche aujourd’hui sur le mot matrimoine2 :

« [...]

Au Moyen Âge, quand un couple se mariait, il déclarait son patrimoine, soit les biens hérités du père, et son matrimoine, ceux hérités de la mère. [...]

[...] Je travaille désormais depuis quinze ans sur les femmes dans le théâtre et en tirant le fil, j’ai trouvé une énorme pelote. Il y avait bel et bien des autrices à l’époque de Corneille et Racine, certaines étaient même traduites en Europe. [...]

[...] Molière et Corneille, on sait que l’on doit trouver ça formidable. Mais peu de gens connaissent les noms de Françoise Pascal, Madame de Villedieu, Antoinette Deshoulières, Anne de La Roche-Guilhen ou Catherine Bernard, pourtant mères du théâtre classique... [...]

Le travail de certaines d’entre elles mérite d’être réhabilité, mais aussi d’être remis en performance : il ne doit pas exister que pour la recherche scientifique ! Restaurer le matrimoine, c’est aussi expliquer toute cette histoire. Décréter sans pédagogie n’a pas de sens. »

1. Aurore Evain, « Histoire d’autrice, de l’époque latine à nos jours », in Sêméion n° 6, « Femmes et langues », février 2008, Université Paris Descartes, pp. 53-62, en ligne sur le site de la Siefar.
2. Voir sur son site la vidéo d’une conférence filmée le 15 septembre 2016 à la Préfecture de Normandie à Rouen ou deux textes (l’un pour le Mouvement HF en novembre 2017 et l’autre publié dans la Revue du théâtre des Îlets en 2016) intitulés « Vous avez dit matrimoine ? ».




Sur l’air de Bouteille mon amour

Oh Jésus mon amour !
Vous êtes dans la Crèche
Dessus la paille fraîche,
Et mille Esprits divins qui vous sont tout autour.
Oh Jésus mon amour.

[...]

Sur l’air de Philis vous avez dans les yeux

Bergers venez voir dans ce lieu
_ Cet Homme-Dieu
_ Né depuis peu,
_ Voilà sa Mère, et son Époux :
_ Quelle merveille !
_ Son Fils sommeille
_ Sur ses genoux.

Cette Pucelle a dans les yeux
_ Ce que les Cieux
_ Ont fait de mieux ;
_ Son front où brille la pudeur
_ Est un beau temple
_ Que l’on contemple
_ Avec ardeur.

___ La Vierge.
Bergers parlez un peu plus bas,
_ Ne marchez pas
_ Qu’à petit pas,
_ Voilà l’Enfant dans son sommeil,
_ Faites silence,
_ Qu’aucun n’avance
_ Qu’à son réveil.

Sur l’air de Les oiseaux vivent sans contrainte

Ha ! que d’Adam le premier homme,
_ Le morceau de pomme
_ Nous fit grand tort,
Sans cette cruelle aventure
Nous n’aurions jamais craint la mort,
Ni nous ni la race future
N’auraient éprouvé la rigueur du sort.

[...]
Après un reportage@3:05 de Valentine Joubin réalisée par Annie Brault (

j’vous propose d’aller d’abord à la sortie des cours [...] c’est la règle la plus idiote que j’ai jamais entendue de ma vie, et que j’ai jamais comprise, d’ailleurs [...] en Normandie, une maison d’édition a fait de l’accord de proximité son identité [...] dès qu’il y a une règle de proximité dans l’ouvrage, il y a une note en bas de page1 [...] l’académicienne [...] les fleurs et les fruits sont quoi cette année ? [...] www.deezer.com [...] voilà le bureau des correcteurs, qu’on appelle cassetin [...] je pense que nous allons nous lancer dans une expérimentation [...] et pendant que le journal du soir réfléchit à l’expérimenter, d’autres médias se convertissent totalement à l’accord de proximité [...] globalement, tout le monde était plutôt d’accord pour le faire [...] www.youtube.com [...] pour rencontrer des adeptes du point médian, il faut pousser la porte des administrations publiques [...] à partir du moment où on a un levier d’amélioration pour le droit des femmes, et bien allons-y [...] ce n’est pas du tout le cas du conseil départemental [...] moi, j’suis désolée, j’suis très sensible sur le sujet, j’suis élue à la culture, j’m’intéresse beaucoup à la langue française, et je considère que toute mesure qui vient du jour au lendemain transformer la langue n’est pas souhaitable [...] la quette du point médian nous amène maintenant à Paris [...] école d’ingénieur-point-œufs-point-est-ce [...]

1. qui renvoie à la page 3 où la règle est expliquée

), un débat@36:47 avec Bernard Cerquiglini, oulipien, auteur notamment d’une « autobiographie de l’accent circonflexe » sous le titre L’Accent du souvenir, et Alpheratz, auteur·ice de Requiem, « le premier roman français où le masculin ne l’emporte pas sur le féminin » :

A.@40:04 : [...] ce n’est pas l’écriture inclusive, c’est le français inclusif, c’est-à-dire un ensemble de variations qui n’affecte pas seulement l’écrit, mais qui affecte également l’oral. [...] C’est un dialecte. [...] Un dialecte, c’est tout simple. Un dialecte, c’est une variation sociale d’une langue spécifique, qui n’est pas seulement géographique, ce sont des variations d’une langue qui est parlée, en l’occurrence, et c’est la grande force du français inclusif, car maintenant on fait du français inclusif sans le savoir, même nos adversaires [...]
B. C.@41:47 : [...] L’idée, c’est de se rendre attentif aux discriminations. [...] D’une façon générale, tout mot nouveau en français paraît laid. [...]
A.@46:03 : [...] Je vais apporter une solution à votre problème sénateur, sénatrice, sénataire, genre neutre, tout simplement. [...]

https://www.franceculture.fr/emissions/le-magazine-de-la-redaction/ecriture-inclusive-un-point-ce-nest-pas-tout
" Au nom de la Mère, de la Fille, et de la Sainte-Esprite..."
Un remarquable article de Romy Duhem-Verdière1 publié sur 24 jours de web2, le calendrier de l’avent des gens qui font le web d’après :

[...]

Et l’Académie française, alors ? On la pense légitime à parler de langue française alors que c’est une position usurpée : ce n’est qu’un club masculin traditionnel, sans grand pouvoir ni forte compétence, aucun linguiste n’y siégeant. Rien n’oblige à partager ses positions, souvent discutables et vite oubliées. Bref, ni l’État ni l’Académie n’ont pouvoir ni autorité sur la langue. Personne n’en décide, sinon celleux qui la parlent. C’est notre langue.

[...]

Le point médian est déjà présent sur les touches du clavier normalisé canadien [...]

[...]

Comment raccourcir ?

Détail important : où placer le point dans le mot ? Comment agréger « les rédacteurs et les rédactrices » ? Pas de « rédacteur·ice·s » encore moins de « rédact·eur·ice·s » ! Prenons exemple sur les fées et lutins du Québec qui ont quelques années de pratique d’avance et composent plus agréablement, avec un seul point par mot : « programmeur·euses », « rédacteur·ices », « inclusif·ives ». Point n’est besoin, en effet, de redoubler le signe avant la marque du pluriel.

[...]

Ta carte d’identité est déjà inclusive ! [« Né(e) le »]

[...]

1. « Bonne fée des users, Romy Duhem-Verdière est consultante UX, particulièrement soucieuse de sémantique et d’accessibilité. Elle a étudié la linguistique, l’art médiéval et parle HTML comme elle respire, amoureuse du Web for All. Créatrice de sites indépendants, elle documente et partage ses réflexions sur son blog, depuis 1999. »
2. « 24 jours de web est un site communautaire participatif. Chaque année, au mois de décembre, vingt-quatre autrices et auteurs se rassemblent et publient un article chaque jour de l’avent. »
Josiane Boutet, directrice de la revue Langage et Société, cosignataire de la tribune « Que l’Académie tienne sa langue, pas la nôtre »publiée par Ballast, op. link., était aujourd’hui l’invitée d’Yvan Amar dans l’émission1 Danse des mots sur RFI.

1. En toute fin d'emission, Josiane Boutet affirme prématurément que la France est le seul pays d’Europe à ne pas avoir ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.
[quote= Silvia Ricci Lempen, écrivaine, « L’écriture inclusive ? Un problème insoluble », Le Temps, 19 décembre 2017.]

[...]

D’après Alain Rey, qui se déclare acquis à ce qu’il appelle « l’idéologie » de l’égalité, « il faut d’abord que les mentalités changent pour faire bouger la langue ». Son argument : « Faire quelque chose contre l’inconscient collectif [...] ne peut pas marcher ». En un sens il a raison, mais c’est le serpent qui se mord la queue, la langue étant justement l’instrument de la perpétuation du sexisme dans l’inconscient collectif.

[...]

Partout où la langue est utilisée dans un but essentiellement instrumental, c’est-à-dire partout où elle ne renvoie à rien d’autre qu’à la lettre du message qu’elle est chargée de transmettre (offres d’emploi, règlements d’institutions, courriers administratifs, etc.), la généralisation de l’écriture inclusive est à mon avis hautement recommandable. [...]

[...]

En revanche [et en] littérature, [...] si je tente de décrire l’ambiance dramatique d’un incendie (pure hypothèse), je ne vais pas écrire que « les pompiers et les pompières sont arrivé·es trop tard » [...]

[...]

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

Sabine Prokhoris, le 14 décembre dans Libération, affirme que dans le vers de Racine « Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières », seules les nuits sont entières, et que donc ce n’est pas un accord de proximité. Un blogue hébergé par L’Express pérorait le 22 novembre suivant le même raisonnement à propos de cet autre vers de Racine : « Armez-vous d’un courage et d’une foi nouvelle ». Un autre blogue, celui des correcteurs du Monde, faisait pourtant remarquer la veille, 21 novembre, que si Racine avait voulu dire que seule la foi était nouvelle, il aurait écrit « Armez-vous de courage et d’une foi nouvelle ».

Et puis ajoutons qu’on trouve chez Racine d’autres exemples d’accords de proximité ne prêtant le flanc à aucune ratiocination de ce genre :
« Mais le fer, le bandeau, la flamme est toute prête » ;
« Mon repos, mon bon heur sembloit estre affermi ».
Dépêche AFP bâtonnée par Europe 1 et par Le Figaro (en bleu le texte sucré par Europe1 et en bleu celui sucré par Le Figaro) :



Appel pour que la Constitution garantisse l'égalité femmes-hommes
Par AFP le 14 décembre 2017 [dépêche dans sa version relayée par Notre Temps]

Le Laboratoire de l'Egalité lance un appel pour que l'article 1er de la Constitution soit réécrit afin de "garantir" l'égalité entre les femmes et les hommes, à l'occasion d'une future révision constitutionnelle, a-t-on appris jeudi.

"Il est nécessaire que l'égalité entre les femmes et les hommes soit affirmée au sommet de la hiérarchie des normes de notre République", écrit dans un communiqué le Laboratoire de l'Egalité, qui rassemble "1 300 hommes et femmes" issus de différentes sphères (associations, entreprises, réseaux de femmes...).

Cet "appel du 18 décembre" sera appuyé par une pétition sur change.org et une campagne sur les réseaux sociaux avec le hashtag #article1er, lancées lundi à l'occasion du premier "Parlement du féminin" à l'Opéra comique à Paris.

Les initiateurs de cet appel souhaitent que l'article 1er de la Constitution soit réécrit avec deux ajouts: "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens et les citoyennes (en ajoutant "les citoyennes") sans distinction d'origine, de race, de religion ou de sexe (en ajoutant "ou de sexe")".

Ils souhaitent par ailleurs une modification: "La loi garantit (au lieu de "favorise") l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales".

La formulation actuelle, "prudente", n'est "pas suffisante et laisse de nombreuses pratiques sexistes subsister dans plusieurs sphères de la vie sociale, politique et économique", souligne le Laboratoire de l'égalité. Il estime que les "aménagements simples" qui sont proposés "clarifieraient le texte fondateur de la République française et engageraient ses dirigeant·es et ses citoyen·nes".

Le président Emmanuel Macron a déclaré l'égalité entre les femmes et les hommes "grande cause du quinquennat".

Plusieurs réformes institutionnelles qu'il a promises nécessitent une révision constitutionnelle, et les députés ont commencé à réfléchir à de possibles évolutions.




Informations complémentaires données par Les Nouvelles NEWS :

[...]

Le Laboratoire de l’Égalité avait déjà formulé cette demande en 2016. Cette modification avait d’ailleurs été proposée auparavant, en 2013, par la Délégation aux Droits des femmes de l’Assemblée nationale. Sans résultat.

[...]

Ajouter cette précision, sans distinction « de sexe », c’était aussi une demande formulée le 8 mars dernier par des membres de la délégation aux Droits des femmes du Sénat. Leur proposition de loi constitutionnelle, visant à « inscrire le principe d’égalité devant la loi sans distinction de sexe » a été renvoyée devant la commission des Lois, sans suite à ce jour.

[...]
Désaccords en genre et en nombre
par Raphaëlle Rérolle (Le Monde, 14 décembre 2017, p. 16)

Le débat sur l’écriture inclusive divise les Immortels, et crée des remous au sein de l’Académie française, institution à nette dominante masculine

[...]

Un seul sujet, dans les batailles actuelles, les rassemble sans l’ombre d’une hésitation : le point médian. [...]

[...]

Sur la féminisation des noms de métiers, de titres et de fonctions, en revanche, les avis sont beaucoup moins uniformes. [...]

Qu’on en juge : si tout le monde admet qu’une dame fabriquant du pain est une boulangère, il en va autrement pour une femme qui écrit. « Auteure », pas question, cela violerait l’étymologie ; mais alors, pourquoi pas « autrice », sur le modèle d’actrice ou de factrice (admis dans l’édition de 1935 du dictionnaire de l’Académie française) ? « Horrible ! lance Alain Finkielkraut. Une craie qui crisse sur un tableau noir ! » [...]

[...]

[...] la controverse fait rage sur l’épineuse question du neutre. On sait que la langue française ne connaît pas cette forme, contrairement à l’anglais. Mais dans son texte de 2014, l’Académie défend l’emploi du masculin grammaticalement neutre, incluant un féminin virtuel dans lequel les femmes sont priées de se reconnaître. Faux, rétorque Dominique Bona, cette affirmation relève d’un « grand mensonge ». Soit on admet le masculin, affirme-t-elle, « soit on généralise la féminisation ». Danièle Sallenave la rejoint sur le fait que « le masculin n’est pas neutre, il a été choisi comme genre dominant ».

[...]

L’accord de proximité, qui donnerait le dernier mot à l’ultime nom d’un groupe (« les hommes et les femmes sont douées »), suscite une perplexité polie, mais ne révulse personne. À peine est-il traité de « misérable petite rustine » par Frédéric Vitoux. [...]

[...]
On a beau verrouiller, re-verrouiller partout, vérifier trois fois les verrous, surveiller, faire des rondes, il y a toujours des interstices. Et c’est par ces interstices que se sont glissés deux tirets lors de l’élection à la présidence de « Les Republicains ».

Joint par L’Express, Jens Villumsen, conseiller national LR proche de Valérie Pécresse et auteur de la capture d’écran qui a mis le feu aux poudres, raconte être tombé sur la mention en écriture inclusive en allant voter, samedi soir. « Sur le fond, je reste persuadé que l’écriture inclusive vient de la gauche radicale », ajoute-t-il.

Selon le service communication des Républicains joint par 20 Minutes, l’utilisation de l’écriture inclusive est « un choix de la Haute autorité » présidée par Anne Levade. « Aucune modification n’est possible avant la fin du scrutin », a précisé le parti. Anne Levade précise de son côté qu’il s’agit d’une « boulette » : « C’est une formulation du prestataire de service qui est passée entre les gouttes. Nous avons été attentifs sur tout, la taille des boutons, le design, mais personne n’a vu ça. »

« Comme le rapporte le Huffington Post, cette découverte n’a pas manqué de faire réagir les membres et élus du parti de droite sur les réseaux sociaux », rapporte France (TV) Info (.fr). « Jean d’Ormesson vient de mourir une seconde fois » après cet emploi de deux tirets, se lamente un internaute qui signe à Valeurs actuelles. « Quel désastre », déplore l’ancien ministre de l’Éducation nationale Luc Ferry. Un conseiller national du parti envisage même de s’abstenir de voter à la suite de cette provocation lexicale : « Vous ne pensez tout de même pas sérieusement qu’on va accepter de participer [à l’élection] alors que le texte est en écriture inclusive ? », rapporte Marianne.

--
Le débat sur l’écriture inclusive a ceci de remarquable qu’il est manqué. [...]

Non, le débat a encore quelques mérites, parmi lesquelles, surtout, de cartographier les plus bouffons des réactionnaires. [...]

Oui, parfaitement. [...]

Là réside sans doute le problème des partisans de l’écriture inclusive : leur tiédeur. [...]

Mais Barthes parlait donc de littérature...

Éliane Viennot, professeu[se] de littérature française, défenseuse de l’écriture inclusive, l’a bien rappelé : [...]

Est-ce que la littérature n’aurait aucun rapport à l’écriture inclusive ? [...]

Nous l’avons vu, il convient simplement de lire la circulaire du 21 novembre 2017 du Premier Ministre pour s’en rendre compte : [...]

L’autre camp s’avère plus difficile à cerner. [...]

Le bon usage est-il toujours « prescrit » ? [...]

La question manquée est peut-être la suivante : qui parle ? [...]

Et si nous préférions, tout simplement, la langue courante ? [...]

https://lundi.am/Ecriture-inclusive-ecriture-totale
Jacques Bonnaffé, Jean-Loup Chiflet, Chloé Delaume, Xavier Mauduit et Éliane Viennot étaient les invitées de l’émission Le nouveau rendez-vous, sur France Inter ce mardi 5 décembre.

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On ne vitupérera jamais assez M. Blanquer1. Éliane Viennot, professeuse de littérature, historienne et autrice de Et la modernité fut masculine. La France, les femmes et le pouvoir, 1789-1804 (Perrin, 2016), s'y atelle2.

1. Prononcer Monsieur Blanquer.
2. Dans Marianne.
mal placé
Dans Le Soleil, le point de vue de Marie-Éva de Villers, auteure du Multidictionnaire de la langue française :

« [...]

[...] Il faut lire l’excellent ouvrage publié en 201[6] sous la direction d’Éliane Viennot, L’Académie contre la langue française. Le dossier « féminisation », qui décrit avec un humour mordant la guerre sainte de l’Académie contre l’égalité des sexes.

Au Québec, la féminisation des titres est, pour ainsi dire, de l’histoire ancienne. En effet, c’est 20 ans plus tôt qu’en France, en 1976, que les nouvelles élues du Parti québécois ont demandé et obtenu des titres au féminin (la ministre, la députée, la présidente). Les désignations féminisées sont aussitôt reprises à l’Assemblée nationale ainsi que dans les médias. [...]

[...]

« Confondre sexe et genre est la marque d’une ignorance crasse, et un péché grammatical », tonne Maurice Druon en 2005. Dans sa chronique du Devoir du 10 novembre dernier, Christian Rioux partage l’avis de l’ex-Secrétaire perpétuel quand il écrit : « En français, il n’y a pas d’équivalence entre le genre grammatical et le sexe. » Contrairement à ce qu’affirment MM. Druon et Rioux, il y a une corrélation très forte entre le genre naturel et le genre grammatical pour les noms des êtres animés. [...]

[...]

Est-ce aux Immortels que songeait Alain Rey quand il déclare dans les pages du Monde du 25 novembre dernier que « La langue est une page d’histoire un peu figée qui est souvent racontée par des vieillards gâteux » ? L’impertinence du directeur du Petit Robert et du Grand Robert explique peut-être pourquoi celui-ci n’a pas été invité à revêtir l’habit vert et le bicorne. Pourtant, le Service du dictionnaire gagnerait grandement à s’adjoindre cet éminent lexicographe. Il est vrai que l’Académie s’enorgueillit de ne compter aucun linguiste en ses rangs…

[...] »
A lire pour alimenter et réfléchir

https://marwen-belkaid.com/2017/12/01/ce-que-nous-dit-le-debat-sur-lecriture-inclusive/
Ce forum-ci est une mine grâce à plein de gens,
en premier lieu l'équipe d'@si qui a ouvert le débat par l’émission,
puis les nombreux abonnés, pas toujours d'accord entre eux mais ça a donné lieu à des discussions intéressantes
et mention spéciale à Coin-Coin, vraiment !
Maintenant, c'est rituel : je me connecte à @si, je viens voir si par hasard y'aurait pas du nouveau sur ce forum !
L’écriture inclusive, une question uniquement contemporaine ? Le Moyen Âge s’était aussi posé la question de la féminisation des noms et des titres…
http://euchronie.org/2017/11/30/faut-il-dire-seigneur-e-lecriture-inclusive-au-moyen-age-actuel-moyen-age/
Source : https://actuelmoyenage.wordpress.com
Auteur·rice : Florian Besson
Moissonneur·euse : Annelise Rodrigo
Aire(s) géographique(s) : Europe méridionale, Europe occidentale
Période(s) : Moyen Âge (476-1492)
Michaël Lessard, avocat et co-dirigeant du Dictionnaire critique du sexisme linguistique, Noëlle Guilloton, terminologue agrée et autrice du recueil de haïkus Arrêts sur images, et Christophe Carron, rédacteur en chef de Slate.fr, seront les invités de l’émission Médium Large sur ICI Radio-Canada Première. L’émission sera suivie par la chanson Vivons cachés de Petit Fantôme.
[quote= Vincent Glad, Brain Magazine, 30 novembre 2017.]

« Le souvenir de son parfum, l’empreinte résiduelle, à peine sensible, de son épaule appuyée ce matin contre la mienne tandis que nous parlions me torturaient. Je sentais comme le fantôme de sa présence contre moi ; sa main, un instant posée sur mon visage, sa cuisse que le peu de place dont nous disposions pour nous asseoir avait amenée contre la mienne. J’avais la sensation dans ma chair du contact de ses membres alors qu’ils n’étaient plus là pour la provoquer ».

Attention, vous venez de lire un paragraphe entièrement rédigé en écriture inclusive, ce français de contrebande, désormais proscrit dans les textes officiels sur décision du Premier ministre.

Ces lignes sont extraites de Sphinx, publié en 1986 par Anne F. Garréta. Le roman est une prouesse linguistique qui vaudra à l’auteur une entrée dans le prestigieux Oulipo : l’auteur raconte une histoire d’amour entre deux protagonistes sans qu’il ne soit jamais possible de deviner leur genre.
Ca n'a rien à voir, mais c'est beau la langue.
Je relis les "Vies minuscules" de Michon Pierre et je retombe sur ça, oublié entre le reste:

" Parmi les palabres patoises, une voix s'anoblit, se pose un ton plus haut, s'efforce en des sonorités plus riches d'épouser la langue aux plus riches mots.....la Belle Langue ne donne pas la grandeur , mais la nostalgie et le désir de la grandeur."

Je voulais partager. C'est bien le forum!
Florian Bardou a dressé le portrait d’Eliane Viennot, professeuse émérite de littérature française de la Renaissance, pour Libération :

« [...] Fada d’opéras depuis son adolescence, elle préfère les compositeurs baroques, à l’instar de Georg Friedrich Haendel, « aux massacreurs de voix » du XIXe siècle qui ont imposé « le dogme du genre » dans la musique. « Je lis peu de littérature contemporaine car je m’endors au bout de trois minutes quand je me couche », ironise-t-elle. [...] »
La revue Ballast a publié la tribune d’un collectif réunissant plus de 70 linguistes francophones :

« En tant que spécialistes du français contemporain ou de l’histoire du français, nous nous réjouissons de l’ampleur des débats linguistiques qui ont lieu actuellement, aussi bien dans les cafés, les repas de famille que dans les médias et sur les réseaux sociaux. Ils témoignent de la vitalité de cette langue partagée par plus de deux cents millions de francophones sur tous les continents. [...]

[...] Au fond, il suffit de faire participer le plus grand nombre à ces débats et, au bout d’un moment, des tendances émergent, les dictionnaires et les grammaires les enregistrent, et les débats se calment… avant de reprendre, trente ou cinquante ans plus tard.

Les positions exprimées récemment par des membres de l’Académie française montrent leur ignorance des mécanismes des changements linguistiques, ce qui n’est pas surprenant. [...]

[...] Une langue n’a pas de visage ; c’est un système avec des règles en partie arbitraires, en partie motivées. Quand ces règles ne correspondent plus aux besoins, elles changent, que les puristes veuillent l’admettre ou non. Si l’on observe les courriels, tracts, textes officiels et même certaines professions de foi politiques, on ne peut que constater que des changements d’usage sont déjà en cours. Faut-il les entériner, les freiner ou les accélérer ? Les débats sont vifs. Mais personne ne peut nier ces débats, et personne ne doit les confisquer, pas même l’Académie, qui a récemment publié un communiqué alarmiste — qu’on aurait pu prendre pour une parodie ! — pour mettre en garde les francophones contre un soudain et mystérieux « péril mortel » qui guetterait le français (déclaration du 26 octobre 2017).

[...] Le français se trouvera en péril mortel le jour où l’on cessera d’en débattre. L’Académie disparaitra le jour où l’on cessera de lui accorder de l’audience. Si quelque chose devait être en péril mortel aujourd’hui, ce serait plutôt l’Académie. »
Hélène David, ministre responsable de l’Enseignement supérieurdepuis le 22 février 2016, de la Condition fémininedepuis le 11 octobre 2017 et de la Protection et de la Promotion de la langue françaisedu 23 avril 2014 au 22 février 2016, juge intéressante l’idée de Québec solidaire de remplacer le mot patrimoine, jugé trop masculin, par héritage culturel, nous rapporte Le Journal de Québec. « Des fois, j’ajoute le “·es” parfois non », leur a carrément révélé la ministre en parlant des courriels qu’il lui arrive d’écrire.

Plus tôt dans la journée, Manon Massée, députée de Sainte-Marie–Saint-Jacquesdepuis le 7 avril 2014 et co-porte-parole de Québec solidairedepuis le 21 mai 2017, lors un point presse, répondait à des questions dans le hall principal de l’hôtel du Parlement :

Mme Massé : [...] Nous, on est, depuis notre fondation, je vous dirais, dans cette recherche d’utiliser l’écriture épicène, donc d’essayer le plus possible de dégenrer notre écriture. Et je pense que cette proposition-là s’inscrit là-dedans, mais, ceci étant dit, les membres trancheront cette question-là la semaine prochaine.

M. Dion (Mathieu)[Correspondant de @RadioCanadaInfo à l’#Assnat] : Ça ne va pas un peu trop loin ? Qu’est-ce qu’on fait de langue maternelle, par exemple ? Tu sais, est-ce qu’on ouvre une boîte, là, finalement, puis on n’en finira jamais ?

Mme Massé : Ce qui est beau de l’écriture épicène, c’est justement de tenter de faire en sorte de dégenrer. Quand vous me parlez de langue maternelle, c’est intéressant. La langue maternelle, c’est quoi ? C’est que les femmes sont les seules responsables de la transmission de la langue ? Est-ce que c’est ça qu’on entend ? Comme, le patrimoine, est-ce que c’est seuls les paters qui sont responsables de cette transmission culturelle, des biens et avoirs ? Alors, moi, je pense que l’idée, là… On est au XXIe siècle, on peut commencer à réfléchir à ces questions-là sans en faire un drame national.
En plein débat sur l'écriture inclusive, l'Afpa Nouvelle-Aquitaine a semble-t-il choisi son camp.
https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/haute-vienne/limoges/ecriture-inclusive-afpa-feminise-metiers-1373821.html ·
Parmi les langues à trois genres, « je ne connais que l’islandais qui résout le conflit de genre au profit du neutre », note Anne Abeillé dans un article de Juliette Deborde publié par Libération le 28 novembre 2017 à 17 heures 17. Ça tombe bien puisque, dans les forums d’Arrêt sur images, on peut écrire en islandais.

Íslenska beygingarkerfið er flókið og hefur ekki breyst mikið frá forníslensku. Nafnorð og fornöfn beygjast í kyni, tölu og föllum. Kynin eru þrjú: karlkyn, kvenkyn og hvorugkyn. Í hverju kyni eru misjafnar beygingarmyndir. Föllin fjögur sem voru til í forníslensku hafa öll varðveist, en þau eru nefnifall, þolfall, þágufall og eignarfall. Lýsingarorð beygjast í kyni, tölu, föllum og þremur stigum (frumstigi, miðstigi og efsta stigi). Auk þess hefur hvert lýsingarorð sterka og veika beygingu. Ákveðinn greinir er skeyttur við nafnorð, eins og á hinum norrænu málunum, en enginn óákveðinn greinir er til á íslensku. Töluorðin einn, tveir, þrír og fjórir beygjast í kyni og föllum, en hin töluorðin eru óbeygð. Þérun er í rauninni útdauð í málinu, og er notuð aðeins í kaldhæðnum eða hátíðlegum tilgangi í dag.

« Pour les défenseurs de l’écriture inclusive, le choix de l’accord au masculin est hautement politique, malgré ce qu’affirme Jean-Michel Blanquer dans son interview à Inter », poursuit Juliette Deborde avant d’ajouter que « [l]e Haut conseil à l’égalité y voit aussi une trace de la domination masculine dans la langue française ». « On nous explique aussi qu’il est plus correct de dire “Il est important (de faire ceci)” plutôt que “c’est important”. “Ce” est pourtant un vrai neutre. Mais on a préféré favoriser le masculin », lui a confié Éliane Viennot, dans l’avant-dernier paragraphe.
[quote= Johan Faerber, Diacritik, 28 novembre 2017.]

[...]

[...] Depuis son romantisme conquérant, Victor Hugo le disait déjà en son temps : il faut mettre un bonnet rouge au dictionnaire https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Contemplations/R%C3%A9ponse_%C3%A0_un_acte_d%E2%80%99accusation. L’écriture inclusive a, quant à elle, décidé de lui mettre un bonnet rose que Blanquer notamment veut faire passer pour un bonnet d’âne.

[...]

[...] il convient de s’entendre sur ce que l’on appelle « écriture inclusive » [...] Il existe [...] deux écritures inclusives – voire trois.

La première d’entre elles est l’écriture inclusive managériale : elle est la parlure Macron [...] Le management fait toujours de la femme un accessoire et du langage une décoration de Noël : le langage est toujours le discours d’un discours du discours. [...]

La deuxième écriture inclusive est, cette fois, celle que condamnent précisément les membres du gouvernement [...] Le principe en est simple et irréfutable dans ses présupposés pourtant contestés : l’écriture inclusive épelle le réel jusqu’à désirer l’épuiser dans tous ses retournements et ses contournements possibles du féminin. [...]

[...] dans cette même seconde catégorie, il faudrait semblablement ranger l’écriture inclusive qui se développe en ce moment et qui prend la langue comme source vive dans l’onde de choc de l’affaire Weinstein. C’est la parole libérée, libre et déferlante de « #balancetonporc » et « #metoo » [...] Cette écriture inclusive qui révèle les harcèlements sexistes procède depuis l’intérieur de la langue, depuis sa zone de non-dits, depuis sa grande taisure à figure de culpabilité [...]

Et enfin, il y aurait un troisième écriture inclusive – ou plutôt sa possibilité parce qu’encore trop peu employée [–] [...] au cœur de laquelle les hommes parleraient au féminin et déconstruiraient leur rapport verbal à la virilisation de la langue. [...]

[...]
[quote= Emmanuelle François, SlateFR.]
[...]
Le Duden, le dictionnaire de référence allemand, propose l’utilisation du slash (les professeur/es) ou des parenthèses (les professeur(es)). Des associations féministes proposent d’autres méthodes pour l’écrit, comme les professeur*es, les professeurEs, les professeur_s… Le principe : être créatif.
[...]
Plus que les partis politiques, ce sont surtout les universités qui sont les fers de lance de l’utilisation de l’écriture inclusive. [...] « [...] Mais l’attitude des universités diffère en fonction des régions et de la place que les femmes y occupent. Les universités ne sont pas toutes aussi combattives que celles de Berlin[ », explique une des employées de l’université libre de Berlin (FU).]
[...]
En 2014, une nouvelle proposition a fait le tour des réseaux sociaux et provoqué des commentaires « si haineux, qu’on se serait dit dans les années 1930 » selon le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. [...]
Le samedi 18 novembre 2017 à 16 heures, la Grande Loge Féminine de France (GLFF) a remis son « Prix des Droits des Femmes » à Éliane Viennot, fachant quelques francs-maçons et franc-maçonnes1 : « [e]n effet, il s'avère que cette nouvelle primée ne sait rien sur la franc-maçonnerie et que, peut-on comprendre, elle s'en fiche complètement ».

1. « [N]ul n'ose parler de franches-maçonnes. Il y a bien des maçonnes, appelées sœurs, et même des Grandes Maîtresses ; mais que l'on dise franc-maçonne ne va pas sans intriguer. Pis encore, alors que le pluriel est francs-maçons pour les hommes, il est, paraît-il http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/franc-ma%C3%A7on_franc-ma%C3%A7onne_francs-ma%C3%A7ons_franc-ma%C3%A7onnes/35048 https://fr.wiktionary.org/wiki/franc-ma%C3%A7on, franc-maçonnes pour les femmes. [Le problème] se pose déjà pour franc-maçonnerie : l'emploi de franche-maçonnerie, qui devrait aller de soi[2], reste des plus discrets. »
2. N.d.C.-c. : Est-ce que vous en connaissez des qui disent la Franc-Comté ou les Francs-Montagnes ?
Répondant le 6 novembre 2017 à un courrier du 20 avril 2017 de Monsieur le premier président de la Cour de cassation, Madame le Secrétaire perpétuel de l’Académie française a annoncé que les académicien·nes ont « décidé d’entreprendre d’ici la fin de l’année en cours une réflexion d’ensemble sur la manière dont notre langue peut prendre en compte les changements intervenus dans la société au cours des vingt dernières années, et répondre aux aspirations légitimes de nos concitoyennes, qui souhaitent voir la place qu’elles occupent dans la vie sociale et notamment professionnelle reconnue par des dénominations adaptés ».

« Dans sa circulaire parue ce mercredi au Journal officiel, condamnant l’écriture inclusive, le premier ministre a devancé l’Académie en proposant une féminisation totale des fonctions. Celle-ci s’en inspirera-telle ? », se demande Le Figaro, qui a réussi à se procurer une copie de l'échange de lettres entre Monsieur le premier président de la Cour de cassation et Madame le Secrétaire perpétuel de l’Académie française.
[large]L'écriture inclusive[/large]



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Continue, j'aime.
L'émission C dans l'air présentée par une femme... #toufoulcan https://www.youtube.com/watch?v=-2lFjJkwWxc

« Vous savez, il y a une loi aujourd'hui encore qui n'a pas été abrogée qui dit que les femmes ne peuvent pas porter de pantalons. » #fottorino #mansplaining [@9:59]
Le président Mac Mahon, visitant l'Internet lors des terribles inondations d'écrire inclusive, s'écria : « Que d'hommes ! Que d'hommes ! » ; ce à quoi le préfet lui répondit : « Et encore, monsieur le Maréchal, vous ne voyez que les points médians. »
Les journaux titrent que l'écriture inclusive va être bannie de l'administration, sur base d'une circulaire du premier ministre à paraître demain. Remarquons cependant que la circulaire recommande d'employer l'écriture inclusive, certes sans graphies tronquées, dans les petites annonces :

« je vous demande de systématiquement recourir, dans les actes de recrutement et les avis de vacances publiés au Journal officiel, à des formules telles que « le candidat ou la candidate » afin de ne pas marquer de préférence de genre ».
Alain Rey, linguiste et auteur du livre Pierre qui roule n'amasse pas mousse aux Éditions de la Bibliothèque nationale de France, était l'invité de Rebecca Fitoussi dans l'émission On va plus loin sur Public Sénat ce 20 novembre (@49:20) :

— [@53:47] Qu'est-ce que vous inspire toute cette polémique autour de l'écriture inclusive ?
— Pas grand-chose.
— [...] l'Académie française a parlé de « péril mortel » [...]
— Je pense qu'elle exagère beaucoup, parce que l'écriture inclusive c'est simplement une espèce de petite manipulation au niveau graphique [...] un texte d'écriture inclusive vous pourrez pas le lire oralement, ça marche pas du tout. [...] c'est un petit peu le même problème que les écritures de tweets ou de sms, qui ont été accusés de tous les maux, ça allait faire disparaître la langue française. En réalité, ça peu gêner un peu l'apprentissage de l'orthographe, ça c'est vrai [...] Cela dit, l'intention est louable parce que il est vrai que la langue française est horrible [...] [avec] le masculin qui prédomine d'une manière très excessive. Mais c'est un héritage collectif de centaines et de centaines d'années sur des millions et des millions de personnes [...]
— Mais vous être d'accord pour dire que la langue française, où le masculin prédomine, influe sur les esprits, sur la structure mentale et peut créer du machisme ?
— Je pense que oui. [...]
— [...] Est-ce que c'est à nous législateurs, êtres humains, penseurs... à intervenir dans une langue ?
— Très difficile. La langue, c'est ce qu'il y a de plus démocratique au monde, ça vient de la masse et si le changement est vraiment voulu par une majorité, il va se faire de toute façon. Et c'est pas la peine de lutter contre.
Sur la page « Rendez-vous de carrière : mode d'emploi » du site ouaibe de l'Éducation nationale, on trouvait encore une quarantaine de graphies tronquées voici moins d'une semaine. Épuration en cours, il en reste encore trois : « les agent·e·s », « des évaluateurs·rices » et « à l'un ou aux deux évaluateurs·rices ».
[...] Mes élèves de 5ème ont plutôt bien réagi, malgré la « bizarrerie » de l’accord de proximité ; certain·e·s 5èmes connaissaient l’accord de proximité, enseigné par leur professeur·se de primaire. [...]

[...] Je me suis rendue compte en consultant la liste des 314 que j'étais la seule signataire « québécoise » [...]

[...] une journaliste m'a contactée : elle semblait plutôt en faveur de notre démarche, mais elle a simplifié, voire déformé mes propos par manque de compréhension et/ou d'information sur le sujet. [...]

[...] La réaction de notre ministre reste vague : condamne-t-il l'écriture inclusive, l'accord de proximité, les deux ? [...]

[...] La Belgique est plutôt à la pointe pour les réformes de langue, mais sur ce sujet-là il y a division des linguistes ou silence. [...]

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2017/11/20112017Article636467594583535357.aspx
« C'est obligatoire. Nous devons utiliser l'écriture inclusive. » http://www.rfi.fr/emission/20171115-allemagne-ecriture-inclusive-enseignement-suede-finlande
[quote= Brigitte Grésy, secrétaire générale du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle, entretien publié dans Libération, le 5 novembre 2017 à 18 heures 6.]

L’argument serait là que les écoliers, en l’occurrence des CE2, ne peuvent se mettre au point du milieu… alors qu’on leur enseigne le subjonctif et le futur antérieur. Un futur dans le passé, c’est quand même nettement plus compliqué qu’un point avant un «e».
« Les discussions qui se tiennent présentement en France, on les a eues au Québec dans les années 1980, lancedans Le Devoir du 16 novembre 2017, amusée, la linguiste Hélène Dumais, auteure du guide Pour un genre à part entière pour le ministère de l’Éducation du Québec. C’est une avancée, au moins [les Français] se questionnent, mais ça montre à quel point le Québec a été à l’avant-garde. »

Aujourd'hui, Hélène Dumais donne priorité dans sa pratique à l’utilisation de formes féminines complètes. « “E” majuscule, barre oblique, point médian, parenthèse : les formes tronquées, je ne trouve pas ça satisfaisant comme façon de faire. J’ai l’impression qu’on me ramène en arrière. On avait essayé ces formes avant de les abandonner », explique-t-elle.

Abandonnées (point médian & cie) ? Vraiment ? Jean-Pierre Le Blanc, porte-parole de l’Office québécois de la langue française (OQLF), indique précisément que les formes tronquées1 portent encore à débat : « Nous revoyons actuellement notre position sur ce dossier particulier à l’Office », déclare-t-il dans un article publié le 20 septembre 2017 par Montréal Campus, journal des étudiants de l’Université du Québec à Montréal (UQAM2).

1. Graphies tronquées : recours à différentes marques graphiques (parenthèses, trait d’union, barre oblique, point) ou à la capitale pour inclure le féminin.
2. L’institution écrit : « L’acronyme UQAM coiffé de l’accent grave [UQÀM] est la signature promotionnelle de l’Université du Québec à Montréal. Il s’agit donc d’un logo et non d’une règle d’écriture. Ainsi, lorsque l’acronyme UQAM est utilisé dans des textes courants, il doit être écrit sans accent. »
Mistake, once more.
« On ne confie des tribunes qu'à des hommes », constate Éliane Viennot dans une tribune publiée par L'Express09/11/2017.

« L'écriture inclusive [...], elle est déjà là et change déjà des choses », a répondu Raphaël Haddad interrogé par L'Express14/11/2017. En 2017, « le langage inclusif s'est banalisé dans le discours de meeting électoral ». « [C]es pratiques commencent à avoir une application concrète dans les ministères, à l'Assemblée nationale, à l'ENA et dans les collectivités territoriales. » Bientôt partout (sauf à l'école).
[quote= Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, Assemblée nationale, mercredi 15 novembre 2017.]

La France a comme emblème une femme, Marianne ; l'un de ses plus beaux mots est féminin, la République ; et notre langue a porté bien des combats féministes, hier, aujourd'hui et encore demain.

« En clair : une Marianne, une République, que peuvent donc bien encore réclamer les féministes ? » https://www.marianne.net/politique/pas-besoin-ecriture-inclusive-embleme-de-la-france-est-une-femme-balaie-ministre-education
Outre le texte de Chloé Delaume (« La langue reste attachée au phallus », déjà cité), dans le dossier de L'Obs du 9 novembre 2017 on trouve des textes signés :
- Marc Lambron, de l'Académie française (« Le langue français ») ;
- Marie Darrieussecq (« La grammaire aussi fabrique le monde »), qui avoue qu'elle « pratique déjà l’accord au féminin de façon assez discrète dans [s]es romans » ;
- Sam Bourcier (« Fuck le point médian »), pour qui « la véritable écriture inclusive, [...] c'est l'écriture « neutre » ». « On peut écrire autrement. Je le fais dans mon dernier essai », ajoute-t-il ;
- Pierre Jourde (« Ne soyons pas exclusivement inclusifs »), qui est favorable aux accords de majorité et de proximité mais voit mal les formules à rallonge ou les points médians s'imposer dans la littérature littéraire : « L’écriture inclusive convient, à la rigueur, aux documents administratifs, circulaires ministérielles et autres écrits officiels, bref à tout ce qui est pesant, bureaucratique, illisible, rasoir » ;
- Hélène Cixous (« Fable »), qui « sai[t] gré à Éliane Viennot d’avoir fait la lumière sur les circonstances de ce crime » (le « décret insidieusement salique qui proclame que le masculin est plus noble que le féminin ») ;
- Éliane Viennot (« “Le Corbeau et le Renard” en écriture inclusive : une fake news de plus »), pour qui ce sont « les écrits de nos jours et pour nos jours qui sont concernés », y compris et notamment la constitution et son préambule. Les écrivain·es sont libres d'écrire comme ils·elles veulent.

Le dossier est suivi par la chronique de Delfeil de Ton (« Sauvons le genre humaine »), qui évoque la robote Sophia qui, « première mondiale, vient de se voir reconnaître la nationalité [saoudienne] ».
À 8:11 Cf du manuel scolaire on constate que "savant.e.s" s'écrit "savants" dans le sous-titre :
"A Y avait-il des savants"
Donc en gros titre on inclus les deux sexes et par la suite qu'un seul ?
Acquittement par la Cour d'assises de Meaux d’un homme accusé d’avoir violé une fillette de 11 ans.

https://www.humanite.fr/sexualite-avant-18-ans-ce-que-dit-la-loi-645428

Et ensuite, quelle étape sera franchie? Mariage dès 9 ans-ou avant- comme c'est le cas dans de nombreux pays?
Chloé Delaume, romancière exigeante et audacieuse, s'exprime sur le sujet : « Le point médian est adapté et praticable dans de nombreux lieux et registres, mais difficile pour moi en terrain littéraire. C'est compliqué de jongler avec. »
Marc Levy, parfois orthographié Marc Lévy1, est-il une grande écrivaine ?

1. Son nom de naissance s'écrit « Lévy », avec un accent.
Ecriture inclusive, féminisation de la langue, glottophobie et enseignement de la langue française à l’école.
Du point de vue de la féminisation de la langue, il me semble qu’il est légitime, comme le souligne Eliane Viennot, de donner des noms féminins à certaines fonctions. Elle voudrait « professeuse » au lieu de « professeure » et « autrice » au lieu d’ « auteure ». Pourquoi pas ? D’autant qu’elle dit se référer à des étymologies d’un passé relativement proche dans lequel ces mots existaient. Très bien. Pas de problème ! Tout le monde (et là, je parle des enfants à l’école) comprend très bien que « Madame Le Président » est une expression ridicule, qui ne peut pas tenir dans la durée….
Que l’on utilise régulièrement des expressions telles que « les agriculteurs et les agricultrices », c’est un peu long, mais pourquoi pas ? Que l’on rappelle aux enfants que le mot « hommes » dans l’expression « hommes préhistoriques » est un neutre qui englobe femmes et enfants ….évidemment, c’est du bon sens et pourquoi ne pas changer, tant qu’à faire, ce mot « homme » en « humain » comme le préconise Eliane Viennot, dans l’expression « droits humains »…pourquoi pas ? Voire, « peuples de la préhistoire » et ainsi de suite….
L’écriture inclusive avec son « point médian » c’est autre chose. Il me semble qu’Eliane Viennot (encore elle) en parle avec mesure lorsqu’elle suggère que cette graphie soit utilisée dans des articles de presse et des communications politiques, voire dans la recherche universitaire et non dans l’enseignement primaire et secondaire. Le manuel Hatier a donc tort d’introduire cette graphie, dès le CE2 et on voit bien qu’il a d’autant plus tort, qu’il l’emploie en dépit de la logique dans l’expression « Agriculteur.rice.s » Là encore, laissons prévaloir le bon sens. Car le « point »médian ne facilite ni la lecture ni l’écriture. Or, notre jeunesse ne sait plus écrire, et lire non plus. Et ça, c’est grave !
Je me réfère maintenant au manifeste des 314 enseignants daté du 07.11.17 et qui s’engagent à ne plus enseigner à l’école l’accord du masculin qui prévaut sur le féminin. Il est quand même possible de se débarrasser de ses obsessions et d’arrêter de confondre genre et sexe, torchons et serviettes…. Si je dis « les torchons et les serviettes » que j’ai lavés, je ne pense pas faire du mal à la cause féminine. Guy Konopniki a écrit un bel article sur ce sujet dans Marianne, dans lequel il met en garde contre la réécriture du solfège dans lequel une blanche vaut deux noires. Ce qui me préoccupe, c’est que 80% de nos élèves ne savent pas accorder un participe passé…c’est ça le sujet ! Apprenons-leur à écrire correctement, ce ne sera déjà pas si mal !
Pour ce qui est de l’attaque « bourdieusienne » contre la glottophobie, que tente de défendre Christophe Benzitoun, je pense qu’il se fourvoie. Comment peut-on imaginer un monde non-discriminant ? Tout le monde « discrimine » dans un sens ou dans l’autre. Le vêtement, la coiffure, le tatouage, la gestuelle, le langage, l’accent, la voiture, le téléphone, le quartier où l’on vit… tout est là pour rappeler qu’on appartient à un « clan » ou à un autre. C’est le mythe de Pygmalion dans la pièce éponyme de Bernard Shaw, qui transforme une petite fleuriste en duchesse en lui apprenant à parler selon les codes de l’aristocratie. Le rôle de l’école devrait être de donner des clés, d’aider au décodage des signes, d’enseigner les règles au plus grand nombre d’élèves possible et non de faire croire qu’il existera un jour un monde merveilleux dans lequel tout le monde aimera tout le monde et tout le monde sera respecté pour sa seule valeur « humaine ». La discrimination par le langage est d’abord une discrimination par la pensée. Celui qui ne maîtrise pas le langage, ne peut exprimer clairement sa pensée. Une personne qui possède un vocabulaire restreint et ne connaît pas la syntaxe, (je ne parle même pas de culture générale) ne peut s’adresser aux autres pour se faire comprendre. Le rôle de l’école devrait être de donner au plus grand nombre l’accès à la compréhension du monde par la connaissance la plus riche possible de la langue. Cette langue est celle des « dominants » ? Oui, mais celui qui la connaît peut la détourner, se l’approprier, en faire une arme affutée. Celui qui ne la connaît pas, ne peut que se taire et souffrir dans son coin.
La langue est amenée à changer mais elle change sous la pression des usages. Qui emploiera encore l’indicatif après le connecteur temporel « après que » dans quelques décennies ? La pression des usages ne doit cependant pas amener à privilégier l’usage sur la règle, quand on l’a apprise. Les enfants de bourgeois savent parler « djeun » mais ils savent aussi parler « normalement », voire employer un langage châtié qu’ils apprennent dans leur familles. Les enfants des classes populaires les plus défavorisées ne savent que parler « djeun » parce que l’école n’est plus assez rigoureuse dans ses ambitions. Et ce ne sont pas les influences apportées par des chercheurs tels que Christophe Zitoun qui arrangeront le problème puisque celui-ci a plutôt tendance à vouloir aller dans le sens de l’appauvrissement des règles, de leur simplification, afin que celles-ci soient plus « accessibles » au « peuple », ce qui est assez méprisant pour le peuple et sous-entend qu’il est constitué d’individus moins intelligents que ceux des classes plus favorisées.
L’expérience des enseignants de l’université est rappelée par Pierre Jourde dans La culture bouge encore, tome 2, publié en 2016, suite de La culture qu’on assassine. Il évoque sa propre expérience: « cela apparaît, en fac de lettres dès les premières copies, avec des dix ou douze fautes d’orthographe par feuillet, un langage à peine compréhensible….. Des générations entières de jeunes gens ont réussi à demeurer quinze ans dans le système scolaire sans acquérir la maîtrise de base de la langue. »
J’ai moi-même décidé de quitter le lycée après avoir enseigné la littérature en terminale L. Lorsque j’ai constaté qu’une majorité des élèves de ma classe était incapable de lire deux œuvres aussi simples que Lorenzaccio et Zazie dans le métro (Musset et Queneau), lorsque j’ai vu ce que ces mêmes élèves étaient capables d’écrire en fin de terminale et que j’ai constaté que tous avaient eu leur bac, j’ai jeté l’éponge !
Je vis la même expérience à l’IUT, avec certains étudiants de première année dont les textes sont à peine compréhensibles. L’école ne remplit plus son rôle qui était celui d’apporter à tous les enfants le meilleur de la culture française afin que la naissance et le milieu social d’origine constituent le moins possible un obstacle à l’ascension sociale. A force de simplifications, d’allègements, de complaisance, de laxisme, on creuse les inégalités sociales : tous les tests Pisa le rappellent.
Oui, je suis réac. Ce n’est pas la peine de me le dire !
les majuscules la ponctuations les tirets les parentheses les signe diacritiques les guillemets la couleur bleu fuchsia les notes en bas de page et les chiffres arabes rendent ardue la lecture



modifie·e i fois derniere modification le xi xi le xi xi mmxvii par coincoin
Une bonne vieille discussion du café du commerce en moins intéressant puisque tout le monde est d'accord. Je n'aurais jamais pensé que les incluso-sceptiques étaient maintenant pestiférés au point de n'en inviter aucun sur un plateau comme celui-ci...

Les buts du langage inclusif n'ont pas été rappelés et ses ressorts n'ont pas été évoqués. Y-a-t-il des études empiriques sur l'impact de l'écriture inclusive ? Des exemples de pays où elle a fait évoluer les mentalités ? Quelle différence entre le ".e." et le "(e)" utilisé depuis des lustres ?

A regarder de l'émission, on a l'impression de deux blocs antagonistes qui s'accordent à dire d'un air entendu que l'écriture inclusive est soit la meilleure des choses soit le pire des ennemis, sans avoir débattu une seule seconde d'arguments plus sérieux que "c'est moche" ou "ça emmerde les académiciens ces vieux boucs arriérés".

Tous les arguments contre ont été balayés d'un revers de main dédaigneux (normal vu ceux qui ont été choisis) et l'analyse de la question de la complexité de l'écriture inclusive promise par Daniel en début d'émission est complètement passée à la trappe.

Personnellement, tout en rejoignant la démarche de fond, je trouve la notation avec des points perturbante pour la lecture, non pas d'un point de vue esthétique mais cognitif, le point étant d'habitude un marqueur de fin de proposition logique. Sans faire preuve ni d'un dithyrambisme béat ni d'un rejet réactionnaire, on devrait se poser la question du bilan entre ce qu'on y perd et ce qu'on y gagne. A cet égard, je préfère la solution pratiquée depuis des dizaines d'années dans le monde anglo-saxon qui consiste soit à utiliser le pronom féminin par défaut soit à alterner féminin et masculin au fil d'un texte.
Comme je ne sais où poser mes questions, vu la multiplicité des chroniques, émissions, etc abordant le thème, je les pose ici.
Je les pose ici en tant que questions. Que les Amazones prêtes à bondir sur le macho essaient de m’épargner.

Y a-t-il moins de femmes violées, battues, assassinées par des queutards pleins de bonne conscience dans les pays dont la langue voit le féminin et le masculin vivre en harmonie sous le regard bienveillant mais sourcilleux d’un neutre qui tient la chandelle ?

Y a-t-il dans ces pays moins d’inégalités de salaire et de responsabilités liées au fait que l’on est une femme ou un homme ?

Je suis convaincu que dans une certaine mesure, le langage structure la pensée. Mais dans une certaine mesure seulement.

Ne sommes nous pas en train de regarder le doigt alors que c'est la lune qu'il nous faut scruter ?
un ognon de 1925 :
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/15/Ognons-vilmorin.jpg
N'empêche qu'on dit " les gens sont belles", non pas les " les gens sont beaux".
QUESTION
Comment l’écriture peut-elle être inclusive alors que tout dans la langue n’est que discrimination, différence du sens et différance du référent et pour finir, lecture c’est-à-dire « sélection » ?
Pour l’écrivain, « la bêtise c’est de vouloir conclure », pour le grammairien, de vouloir inclure !
Autant quand l'écriture inclusive se faisait avec des parenthèses, cela ne me posait aucun problème, autant je suis perturbé par l'utilisation des points, qui hachent le rythme de lecture.
Bonjour,

Avez-vous regardé de quand date la masculinisation de "Sage-femme" : maïeuticien ?

On trouve ce terme dans la 9e édition du dictionnaire de l'Académie française en cours de rédaction. Les académicien.ne.s sont arrivés à la lettre R, donc point de "Sage-femme" pour le moment ;)

Définition proposée par l'Académie : http://www.cnrtl.fr/definition/academie9/maïeuticien
« XXe siècle. Néologisme. Emprunté du grec maieutikos, « qui sait accoucher les femmes ». Personne qui accouche les femmes. (Ce terme a été limité par l'usage aux hommes exerçant la profession de sage-femme.) »

Wikipédia m'apprend :
"La profession s'ouvrant aux hommes (depuis 1980), on a proposé « sage-homme », « matron » (sur le féminin « matrone »), « maïeuticien » (proposé à l'Académie française) ou « maïeutiste » (hellénismes savants), « parturologue », termes finalement tous écartés par l'Académie française au bénéfice de « sage-femme » pour les deux sexes, malgré la bizarrerie de l'expression appliquée à un homme.
(Le Robert - Dictionnaire historique de la langue française - Alain Rey et al. Paris 1992)"

On n'est pas loin de 1984 d'Orwel que Raphael Enthoven à appeler à la rescousse de façon si mesurée.

P.S. : mon petit Robert me dit d'ailleurs que "Masculinisation" est un nom féminin ;)
P.P.S. : pour le moment, le Trésor de la langue française informatisé, lui n'en veut pas. http://www.cnrtl.fr/definition/maïeuticien
Vous avez aimé les débats sur l'écriture inclusive? Vous allez adorer les débats sur la suppression des filières S, L, EL au lycée.

Les postes non pourvus sont aussi très secondaires par rapport à l'écriture inclusive et à la suppression des filières.

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

L'Académie française est un collège de vieilles personnes qui portent une épée mais fuiraient comme des lapins sitôt qu'un D'Artagnan viendrait.

Ces académiciens conservent au formol la langue comme d'autres les scorpions

Ils dorment sous la coupole et ne se réveillent que tous les 20 ou 30 ans au bruit d'une cédille qui disparaît ou d'un tréma déplacé. Et là, les voilà ressuscités dans leurs beaux habits verts et ils bataillent jusqu'à risquer l'apoplexie pour empêcher la langue de sortir du carcan où ils l'ont mise

L'écriture inclusive leur a redonné des émotions. Elle a même distrait Finkielkraut de ses obsessions. Rien que pour cela, elle mériterait déjà toute sa place... aussi inclusivons mes sœurs et mes frères
Déjà dans le forum de la chronique portant sur ce même sujet, un internaute voulait modéliser la "disparition" .

Roman écrit sans "e" dont Pérec donnera rapidement la clef dans la dédicace de "W ou le souvenir d'enfance" : "pour E" .

E: Eux, ses parents .

Son père mort au combat en Juin 1940 .

Sa mère morte à Auschwitz ...

Cette fois-ci il est question d'autodafés où on jetterait l'oeuvre de Pérec "traduite" par Schneiderman .

Ca commence à faire beaucoup .
Henriette Walter aurait été une invitée parfaite pour votre dernière partie de l'émission sur les langues, accents et "patois" (mot encore utilisé aujourd'hui sur votre plateau, c'est fou!) de France, et les regards qu'on leur porte dans notre société.
A quand sa venue dans le cadre d'une future émission? Pas trop tard non plus, svp - la dame a 86 hivers.
On doit impérativement traduire les oeuvres littéraires de quelque valeur en écriture inclusive,ça donnera de l'ouvrage,le chômage baissera et ensuite on pourra se chauffer avec les livres datant de ces temps barbares et sexistes...D.S. est désigné pour traduire en écriture "à la mode" un livre du regretté Pérec "la disparition"!
Dans le texte des ordonnances relatives à la réforme du Code du Travail, quelque soit leur nombre dans l'entreprise, il n'existe que des salariés.
http://www.mezetulle.fr/lecriture-inclusive-malcomprenant·e·s/
Au lieu de passer par l'ecriture inclusive, on peut simplement expliquer, insister durant la periode d'apprentissage, que le genre grammatical ne correspond pas a l'identite de genre, de la meme maniere qu'on peut avoir des attributs sexuels feminins ou masculins et se sentir, se voir homme ou femme. Ce qui est logique, meme si l'influence a existe, en definitive aujourd'hui, le feminin masculin pour la plupart des mots n'ont pas de lien intrinseque avec l'identite de genre, exemple : une maison ne se sent ni femme, ni n'a d'attribut sexuel feminin, le genre grammatical de "docteur", n'implique pas que ce soit forcement un homme, etc...


Et on ferait une pierre deux coups...le genre est une construction, grammaticale, sociale (ou autre ?).
[quote= VIENNOT, à 18 min 7 s.]
Par exemple, je suis sûre que M. Pivot aurait été tout à fait contre l'introduction de l'accent circonflexe ou de la cédille ou des accents lorsque les imprimeurs du XVIe siècle les ont introduits, puisque c'était des nouveautés.
En toute chose, il faut considérer la fin.

Apparemment, cette réforme de l'écriture tombe à point nommé pour relancer le marché des manuels scolaires.
Je voulais ajouter au message précédent le lien qui permet de voir le manuel scolaire dont il est question dans le texte d'Alexandre Fiebig. Je le fais donc ici.

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10155828511864350&set=p.10155828511864350&type=3&theater&ifg=1
J'ai trouvé ce texte sur un site de combat d'
enseignants au nom de la préservation de la qualité de l'enseignement. Il est écrit par Alexandre Fiebig et peut enrichir notre réflexion par quelques informations complémentaires:

"Alexandre Fiebig : Commentaire en forme de billet d'humeur et de lassitude.

La #GraphieInclusive avec un « • » est une matrice typographique militante "racine + suffixe masculin + • + suffixe féminin (+ • + pluriel éventuel)" qui a pour effet visuel de placer le masculin en premier et au contact direct de la racine, sans le séparer, ce qui ne change donc rien, puisque le masculin, venant en premier, l'emporte toujours sur le féminin, qui en plus est relégué et isolé par un « • » du reste de la graphie. Cet outil marketing de l'agence de communication d'influence Mots-Clés prend en otage le combat féministe universaliste et la parité pour de basses visées mercantiles, puisque cette agence vend des formations à son propre manuel ...

Alors qu'accorder les noms de fonctions, grades, métiers et titres avec le sexe des personnes qui les occupent et user du féminin et du masculin par l'énumération par ordre alphabétique, c'est de la véritable égalité, ce n'est pas brevetable, c'est à tout le monde, c'est de l'#ExpressionParitaire, identique à l'écrit et à l'oral. De même que recourir aux termes épicènes, qui est de l'#ExpressionNeutre. Avec l'une et l'autre, chacune et chacun peut faire comme bon lui semble. Cela s'appelle tout simplement la liberté d'expression.
https://www.facebook.com/ManuelsCollege2016/posts/1328897163922359

L'agence de communication d'influence #MotsClés a conçu son manuel d'#ÉcritureInclusive en novembre 2016. L'entreprise, qui commercialise des formations à ce type d'écriture en entreprise, met à disposition ce manuel, gratuitement, pour "sensibiliser à cette nouvelle orthographe". Quoi de plus que les recommandations du Haut Conseil à l'Egalité en novembre 2015 ?

Rien. À part le point-milieu • (ou point médian) dans la graphie militante "racine + suffixe masculin + • + suffixe féminin (+ • + pluriel éventuel)".

Pour vendre ces formations, quelle meilleure pub' que le tsunami créé par le manuel Hatier [https://goo.gl/bcyT9j] ? Bien plus efficace que le site https://www.pointmilieu.fr/, que le triptyque http://www.ecriture-inclusive.fr/ + Ecriture inclusive + https://twitter.com/Ecritureinclu, et que les site, page FB et compte Twitter #MotsClés.
https://www.facebook.com/ManuelsCollege2016/posts/1323568337788575

Trois points constituent le nœud de l'affaire et chaque point doit être pris séparément, à savoir : 1?la #GraphieInclusive et ses points médians ; 2?l'#ExpressionParitaire qui consiste à utiliser systématiquement le masculin et le féminin dans des énoncés du type de "Les professeures et les professeurs de Lettres réunis en Conseil d'enseignement ont décidé que etc." ; 3?la féminisation des noms de métiers et de fonctions: "professeure, autrice ou auteure", etc. Chacun des points mérite une réflexion particulière, car chaque point a des problématiques spécifiques.

Et justement, l'agence de communication d'influence Mots-Clés, je le répète, prend en otage le combat féministe universaliste et la parité, en liant les 3 points pour de basses visées mercantiles, puisque, je le rappelle, elle vend des formations à son propre manuel ...

«Les écoles doivent rester un asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas». #JeanZAY La graphie avec un « • », militante, "n’a rien à faire à l’école [https://goo.gl/fvLj4C], ni dans le primaire, ni dans le second degré", et n'a pas sa place dans un manuel scolaire destiné à des élèves de CE2 [https://goo.gl/bcyT9j].

Et cette irruption de la graphie militante avec un « • » dans un manuel scolaire de primaire, Mme Viennot se garde bien d'en parler. D'ailleurs toutes les défenseures et tous les défenseurs de la graphie avec un « • » se gardent bien d'évoquer cette affaire de manuel scolaire, l'occultent, la négligent, bref, essayent de faire oublier que le débat d'aujourd'hui a démarré le 23/09/2017 avec l'article de Marie-Estelle Pech [https://goo.gl/bcyT9j] sur le manuel #Hatier que j'avais repéré moi-même quelques jours avant.

A quand un vrai débat de fond sur la présence de cette graphie militante avec un « • » dans un manuel scolaire de primaire ?"
Émission intéressante, mais qui manquait de mon point de vue de perspective historique, juste effleurée. La guerre Langue d'Oc/Langue d'Oïl (sachant que les troubadours - sud - étaient beaucoup plus raffinés dans leur langue et leurs pratiques que leurs envahisseurs).
La bascule s'est faite par les guerres. De pouvoir, mais aussi de religions (la Papauté contre les Cathares, puis les Protestants). Notre culture et nos accents ont été réprimés, même si - et c'est assez drôle - nos supermarchés eux-mêmes s'en réclament désormais pour faire vendre!
Les Espagnols anti-franquistes ont fait le reste à partir de 1936 : malgré les camps dont ils ont souffert, ils nous ont rendu une partie de notre patois et de notre patrimoine. Vichy lui-même a été dérouté contre nos maquis auxquels les allemands ne comprenaient rien grâce à notre dialecte (bon d'accord, heureusement que les américains sont finalement intervenus). Mais quand même, quelle jolie langue... No pasaran!

Gaëlle Sartre-Doublet
C'est parfait, tout le monde est d'accord sur le plateau. On aurait aimé quelqu'un pour apporter la contradiction aux défenseurs de cette crétinerie.
Petit aparté, je n'ai encore vu que la séquence 1 (hier) mais je fais un saut ici avant de voir la séquence 2.

Il me semble à la lueur du Suédois et de l'Anglais lorsqu'ils découpent les mots ainsi, qu'il est plus facile de lire agriculteur·trice que la forme agrilculteur·rice ou je lis le mot rice que j'ai tendance à lire d'ailleurs avec le son Anglais "raysse" de par mes origines mais je doute qu'il en aille autrement pour de nombreux Français, le terme "rice" n'ayant pas à l'oeil d'existence en Français

En tous les cas merveilleux départ pour cette émission avec la séquence 1. Je m'attends donc à être aussi satisfait que Bruanne
En 2005, une célèbre émission de télévision (via sa chroniqueuse Judith Bernard) se penchait sur le langage de Nicolas Sarkozy : http://www.dailymotion.com/video/x16r4p
ça calme même les plus farouches opposants.
Si l'Académie avait fait son boulot, on aurait depuis longtemps :

Un ministre, une ministresse
Superbe émission, très inintéressante, merci.
Ce débat manque encore à la fois de fond et de contradiction ; pourrait-on, par exemple, avoir droit à autres choses que des dames patronnesses ? Serait-il aussi possible que l'argumentation soit structurée plutôt que d'accumuler des sujets différents à la file ? Trop d'amalgame, pas assez de réflexion : il faut corriger le tir.
Au fil des émissions de ces dernières semaines, j'ai de plus en plus le sentiment qu'ASI est devenu un média à thèse, qui chercherait à s'enfermer dans une doctrine, et surtout, une lecture de la société par le seul prisme de rapports dominants-dominés. Tout est sujet à caution lorsqu'il s'agit des soi-disant dominants, et rien n'est interrogé qui émane des soi-disant dominés (le patois ne trahit-il pas un entre-soi ? L'uniformisation n'a-t-elle pas permis à la France d'éviter la sécession illégale de l'une de ses régions ? etc.).

Ne pourrait-on pas faire l'effort, à l'avenir, d'invités des personnes aux opinions au moins un peu différentes ? Les conférences de consensus me font toujours un peu mal à l'âme.
Apparemment personne ne veut dire l'évidence.
On est au XXIème siècle, à l'ère de Twitter. Toute tentative de changer l'écriture dans un sens qui la RALLONGE n'a aucune chance d'aboutir. Personne n'en voudra parmi les jeunes, que ça vienne de l'académie française ou d'une quelconque approche organique.

Tout le monde est d'accord pour dire que le masculin par défaut est une bizarrerie. Ce qu'il nous faut, ce n'est pas

docteur.esse

c'est

doc (neutre).

Ca il n'y a que l'académie qui peut faire. Tous les ans, créer une version neutre de quelques mots, avec comme règle:
- doit contenir une trace de tout ce qui fait sens dans l'éthymologie
- mais rester plus court que la version la plus courte du mot (généralement le masculin)
- et signifie donc la même chose, mais en neutre.
Ce faisant on rajoute du sens : genre neutre, sans perte d'éthymologie, et on gagne de l'efficacité.

Mais tout ce que j'ai supporté de voir de la discussion... perte de temps intégrale. Rien de tout ça n'ira nulle part.
Pendant l'émission la crise de folie liée au changement d'orthographe de référence de nénuphar > nénufar a été évoquée.
Quelques éléments pour alimenter la réflexion sur les processus de domination à l'oeuvre dans les choix orthographiques.

La source de cet inventaire est ici !

on trouve, au XVIe siècle,
« le blanc neufart » chez Ronsard,
« le nenufar » chez Rabelais,
« le nenuphar » chez Charles Estienne (médecin) et Ambroise Paré (chirurgien) ;

au XVIIe siècle :
« nenufar » (Philibert Guybert, médecin),
« fleurs de nénuphar » (Olivier de Serres, agronome),
« l'huile de nénuphar » (Nicolas Abraham de la Framboisière, médecin) ;

au XVIIIe siècle :
« Les nénufars fleuris » (Anne-Marie du Boccage),
« Le sirop de nénuphar » (Encyclopédie de Diderot et d'Alembert) ;

au XIXe siècle :
« les clairs du cresson et les nénufars » (Balzac),
« les nénufars jaunes et blancs » (Nerval),
« la belle plante appelée nénufar, nymphéa » (Sand),
« les nénufars criaient dans leurs lits » (Baudelaire),
« Et dans les nénufars baisaient la Nymphe blonde ! » (Rimbaud),
« les nénufars des bords » (Zola),
« la fleur du nénuphar blanc » (Chateaubriand) ;

au XXe siècle :
le « nénufar » de la Vivonne (Proust),
« deux feuilles de nénufar » (Pierre Louÿs),
« les larges feuilles du nénuphar » (Jules Renard).

Et l'article de conclure : Avouez que cela donne l'impression d'avoir affaire à une graphie commune, dont usaient les poètes et les gens du peuple, et une graphie savante, surtout prisée des médecins et des botanistes. Littré ne dit rien d'autre : « nénufar ou, d'après l'usage des botanistes, nénuphar »
Ici, à la minute 39, le pétage de plomb total de Vanessa Burgraf chez Ruquier à propos des "petits tirets" ( comme elle dit) et de l'ognon sans i.

C'est à cette séquence que fait allusion une invitée.

A noter que la chroniqueuse de Ruquier croit que c'est le ministère de l'éducation qui fixe l'orthographe.
C'est mignon.
Et une preuve d'incompétence et d'impréparation aussi, mais bon ... chroniqueuse chez Ruquier, hein !
L'émission était très bien, mais pourquoi ne pas dire un mot sur l'usage de la langue à l'extérieur des frontières de l'hexagone ?
Et pendant ce temps des femmes et des hommes dorment dans la rue. Quel gaspillage d'énergie...
Je suis tout à fait d'accord. Notons aussi que la pratique du langage inclusif, certes va coûter de la salive supplémentaire comme le signale Eliane Viennot, mais aussi par voie de conséquence du temps supplémentaire, il va donc falloir augmenter la durée des temps de paroles (discours, entretien, exposé...) qui ont été calculés sur un usage masculinisé du langage, Et donc par conséquent idem pour l'écrit (article, rapport...etc) où la pratique de l'inclusif aura pour effet d'augmenter le nombre de signes...
Sans vouloir critiquer les invités que j’ai par ailleurs trouvé intéressants, je pense que, si vous envisagiez de parler de l’histoire de l’orthographe et de son enseignement, vous auriez pu trouver un linguiste de l’écrit qui y connaisse quelque chose. Les réponses des invités à certaines des questions de Daniel Schneidermann étaient assez frustrantes par leur manque de précision. Je me permets donc quelques mises au point sur un sujet sur lequel je travaille depuis quelques années.
Concernant la complexité de l’orthographe, comme les invités ont fini par le dire, elle date de bien avant le XIXe siècle. Il me parait difficile de parler de complexification dans la mesure où il n’a jamais existé une orthographe simple et unique. Le XVIe siècle est marqué par des débats entre partisans d’une orthographe étymologique et partisans d’une orthographe phonétique. Le fait est que les étymologistes ont plutôt gagné la partie notamment parce qu’une grande partie de ceux qui savaient écrire connaissaient aussi le latin. Il était donc pour eux facile de lire et écrire une langue où la forme des mots rappelaient la forme latine qu’ils maitrisaient (parce qu’en effet, ils avaient appris à lire en latin avant de lire en français comme l’a dit l’une des invités). Pour autant, l’orthographe a été régulièrement simplifiée (entre autres par l'Académie) entre le XVIIe et le XIXe siècle notamment parce qu’elle n’était pas uniquement pratiquée par des latinisants : des femmes, des artisans et commerçants, des étrangers apprenaient à lire et écrire le français sans nécessairement connaitre le latin. Quant à savoir pourquoi on a quasiment cessé de simplifier l’écrit depuis le XIXe siècle, il est difficile de ne pas y voir un outil de domination sociale mais le fait est que cela coïncide avec l’apprentissage de l’orthographe par une partie de plus en plus importante de la population. Il est probablement plus difficile de faire accepter une réforme à une population plus importante, quand bien même ce serait dans son intérêt, d’autant qu’une grande partie des élites tient également un discours conservateur.
Concernant la norme orthographique faisant autorité aux examens, vu de l’intérieur, je peux témoigner qu’il n’y en a pas. Je corrige le bac et le BTS depuis de nombreuses années sans qu’on m’ait jamais dit à quelle norme j’étais censée me référer. C’est d’autant plus regrettable qu’il existe en fait des textes légaux censés s’appliquer aux examens en terme de tolérances orthographiques. La première version de ces tolérances datent de de 1901 sous l’égide de Ferdinand Buisson, ministre de l’éducation de l’époque qui a tenté de s’opposer à la domination de l’orthographe dans l’enseignement primaire et la formation des enseignants. Une grande partie de ces tolérances ont valeur légale et ont été reprises en 1977 par Haby dans un texte qui est censé être en vigueur aujourd’hui mais dont je n’ai jamais entendu parler en tant qu’enseignante. Buisson n’était cependant pas le premier à tenter de lutter contre la prégnance de l’orthographe dans l’enseignement. Jules Ferry avant lui demandait aux inspecteurs primaires et aux directeurs d’école normale en 1880 de « nous faire des hommes avant de nous faire des grammairiens » et déclarait : «  épargnons ce temps si précieux qu’on dépense trop souvent dans les vétilles de l’orthographe, dans les règles de la dictée qui font de cet exercice une manière de tour de force et une espèce de casse-tête chinois ». Pour ceux que cela intéresse, n’hésitez pas à lire André Chervel, grand spécialiste de l’histoire de l’enseignement du français, dont les œuvres sont aussi érudites qu’accessibles.
Excellente émission sur un sujet rarement abordé ainsi, en profondeur, dans les médias ! Comme il s’agit d’un sujet que je connais un peu en tant que linguiste, je me permets d’intervenir sur le forum pour clarifier quelques points qui ont été abordés, mais de manière disparate.

La langue est d’abord produite par celles et ceux qui la parlent (ou l’écrivent). Ce sont les personnes qui parlent français qui "font" la langue française. D’un point de vue linguistique, le français parlé par Hollande ou Sarkozy n’est pas "meilleur" ou n’a pas plus de valeur que le français parlé par le boulanger ou l’ouvrière du coin: il s’agit de formes différentes, toutes aussi "valables" car produites par des locuteurs et locutrices francophones et comprises par les autres.
Ceci étant posé, les personnes parlant une même langue ont eu besoin (ou ont souhaité) fixer des normes pour diverses raisons. Les "règles" édictées par l’Académie française et autres institutions ne sont rien d’autre que cela : des normes. Et comme pour toutes les normes, il est intéressant de se demander qui les édicte et dans quel but (faciliter la communication, distinguer une élite... autant de raisons abordées dans l’émission). Comme toutes les normes, elles peuvent être modifiées ou remises en question... et c’est exactement ce que font les propositions d’écriture inclusive : elles remettent en question la norme "le masculin l’emporte". Ces propositions seront-elles adoptées par les francophones? J’en doutais il y a encore quelques mois, et j’ai l’impression que oui, elles sont en cours d’adoption. Elles répondent donc probablement à un besoin.

Pour celles et ceux que ça intéresse, je conseille vivement la lecture du livre de Philippe Blanchet intitulé "Discriminations: combattre la glottophobie" (éditions Textuel) qui traite du rapport à la norme linguistique et des discriminations qui en résultent (sujet abordé brièvement en fin d’émission avec la question des "accents").
J'ai trouvé l'émission passionnante et non jargonnante comme je le craignais.En cette fin de vacances, je suis en train de corriger des copies truffées de fautes (je dis et j'écris bien "fautes") d'orthographe et de syntaxe au point d'en devenir incompréhensibles. Je ne suis pas certaine que l'écriture inclusive soit un vrai problème mais les erreurs de conjugaison, les tournures de phrases totalement incorrectes, l'absence de vocabulaire sont dramatiques. Comment mes élèves pourront-ils se faire comprendre, accéder à des postes à responsabilité? Le langage devient de plus en plus un outil de stigmatisation et de discrimination au quotidien.

N'étant pas professeure de français, je ne sais quelle est l'origine de cet affaiblissement de la maîtrise de la langue maternelle de la majorité de mes élèves. Je reste convaincue que la pensée s'affaiblit lorsque le vocabulaire s'appauvrit. Je reconnais aussi que c'est un truisme totalement assumé.

Une dernière petite chose : Daniel, vous devriez présenter plus souvent l'émission avec l'accent du sud. En grammaire, cet type de phrase se nomme l'emphase (par dislocation, d'après mes vieux souvenirs d'élève).
D'après Eliane Viennot, Gaxotte aurait dit en 1980 « Si on élisait une femme, on finirait par élire aussi un nègre ! » Ceci avait été écrit dans le livre (que je n'ai pas lu) L'Académie contre la langue française (2015).

Est-il expliqué dans le texte quel était le contexte de cette citation ? Quelles sont les sources ?
Il est avéré que Gaxotte était contre l'admission de Yourcenar à l'Académie. Mais, y-a-t-il lieu de prendre cette formule comme autre chose qu'une boutade ?
Concernant l'absence d'accent à la TV, il faut aussi se dire que c'est finalement assez récent. Je pense aux années 70 / 80 et toute la période précédant, où des animateurs et animatrices avec un accent.
Maïté par exemple avait un accent prononcé, alors est ce que ça passait parce que c'était de la cuisine et que ça évoquait des saveurs du terroir je ne sais pas. Mais ce n'était pas la seule.

C'est peut-être du à une professionnalisation de la formation de journaliste avec des écoles spécialisées qui formatent à une certaine idée du métier et du marché.
Un tout bon débat qui remet pas mal de pendules à l'heure quant à l'histoire de notre langue et sa dimension politique.
Merci ! :-)

Pour les accents des journalistes (et j'ajouterais acteurs dans les téléfilms, séries, etc), ça aurait été intéressant de comparer brièvement avec quelques autres pays, francophones ou non. Même si la langue de l'"élite" prime partout, ça aurait montré que la France est tout de même particulièrement centralisée sur ce point (comme sur d'autres)

Je pense aussi à l'exemple du Québec : au milieu du XXe siècle, les journalistes devaient parler "parisien" et puis (je ne sais plus trop quand), ils ont été libérés de ça et assumé le parler québecois. C'est toujours le cas.
Les déclarations pourrites de Pascal Doucet-Bon à propos des accents régionaux sont extraites de l’émission-radio intitulée Et là c'est le drame.

Je mets le lien ici, car elle m’avait bien fait rire, à l’époque :

Pourquoi les journalistes ont tous cet accent ridicule ?
Pourquoi ne pas décider qu'il y a deux genres: le féminin et le neutre.
Dans l'émission d'hier, j'ai oublié de préciser que les médias audiovisuels publics avaient le devoir de s'exprimer de manière correcte. Et c'est le CSA qui est en charge de cette surveillance. Et comme on peut le lire ici (page 42), les spectateurs n'hésitent pas à saisir le CSA de ces questions ou à envoyer directement leurs remarques aux journalistes et aux présentateurs.

Une fois que l'on a dit ça, le problème qui se pose est celui de la référence à laquelle on se fie pour juger qu'une tournure est correcte ou pas. Et comme nous l'avons dit dans l'émission, cette question n'est pas simple. Par exemple, il est courant que des enseignants corrigent dans des copies d'élèves l'usage de points devant "et" ou "mais" alors que l'on en trouve de nombreux exemples... notamment chez Proust !

Si l'on regarde de près, les ouvrages de référence (grammaire et dictionnaire) ne sont pas tous d'accord entre eux. Dans un pays démocratique, la question de la langue de référence devrait normalement représenter un débat de société dans lequel on apporterait des informations historiques précises sur la construction du bon usage. Mais en France, on préfère se reposer sur l'Académie française pour gérer ces questions...
Merci à ceux qui ont fait l'émission et à ceux qui ont mis des liens vers divers documents et vidéos.

Petite curiosité : alors qu'en France on se bat pour dire "autrice", les comédiennes anglo-saxonnes se qualifient non plus de "actress" mais de "actor".
Je suis surpris que personne ne mentionne ce chouette texte, posté sur le club de Mediapart :

https://blogs.mediapart.fr/irma-afnani/blog/011117/lecriture-inclusive-occulterait-elle-le-neutre-grammatical-francais

Il y a beaucoup de mots que l'on croit masculins qui ne le sont pas du tout. Est-ce que la domination ne serait pas d'abord là, dans l'enfouissement de ce qui est neutre ou féminin, sous le masculin ?

Qu'en pense le grand prête de l'étymologie Alain Rey ?

PS : Et quid des faux participes passés que certain·e·s se croient malin·e·s d'ajouter ? (on ne dit pas "je me suis faite avoir", même quand on est une femme, parce que c'est le verbe "se faire avoir" - contrairement, par exemple, à "je me suis faite toute seule, sans l'aide de personne"). En d'autres termes, ne faut-il pas souvent commencer par interroger le fonctionnement de la langue, avant d'imaginer une réaction valable et pertinente à la domination masculine dans la langue ? Et n'oublie-t-on pas à peu près toujours de le faire ?
Invités intéressants, sur un sujet abordé intelligemment, on sent la magnifique préparation d'Hélène Hassekour et Adèle Belot.
les relances de DS sont parfaites ( obligé de se faire l'avocat de Sarkozy, ça demande un grand professionnalisme, respect ! :-D )
On n'a pas eu droit au plateau conçu pour se battre, du coup les réflexions et raisonnements peuvent être développés, personne ne crie ni n'essaie de prendre le dessus, les invités disent " je ne sais pas !" quand ils ne savent pas, donnent des exemples précis, prennent parti et l'assument ... mais c'est le pied !!
Un régal !

J'espère que nous serons nombreux à "voter pour ce contenu" afin de la rendre libre d'accès très vite.

Merci, merci, merci !!
Interview de Pagnol académicien.. On y entend ce que DS nomme une pointe d'accent

Un accent qui pointe ... ou qui tire ?
J'ai un peu du mal avec l'écriture inclusive aujourd'hui, le rappel historique était très intéressant, mais j'ai l'impression que les mentalités ont un peu évolué tout de même et arrivent à penser le genre neutre au travers du masculin, à la fonction, surtout depuis la généralisation de la pratique de l'anglais. Si l'on parle de médecin, professeur, ... on n'imagine ni un homme ni une femme et on ne sera pas surpris du sexe de la personne que l'on aura en face de nous.
A vérifier à nouveau, mais d'après ce que je lis, la défintion d' "ambassadrice" donnée par Richelet dans son dictionnaire consultable en ligne n'est pas celle évoquée sur le plateau.
Mais il y a peut-être différentes éditions.
Je suis tout au début de l'émission, et les personnes présentes sur le plateau se demandent pourquoi Word peut considérer "époux" comme discriminant.
Je pense que le fait qu'ils réfléchissent sur la phrase " L'époux va à la plage" fausse leur perception.
Si, dans un contexte administratif, on rédige par exemple un formulaire il sera effectivement discriminant de demander le nom de l'époux si l'on veut en fait le nom du concubin, partenaire de PACS, etc ...
Il y a encore pas mal de formulaires administratifs que les femmes doivent remplir en mettant " nom de jeune fille" puis " nom d'épouse" et ça fait un peu d'un autre âge, vu que ça ne marche plus comme ça pour l'état civil.

Si quelqu'un veut bien m'expliquer la nuance entre " Indien d'Amérique" et " Amérindien", celle-là m'échappe tout à fait.

***--***

Et tant que j'y suis, une remarque, mais vraiment en forme de clin d'oeil, sur la gazette 516 qui annonçait l'émission d'aujourd'hui.
DS y a écrit : " la domination de l'accent parisien, dans les médias nationaux, sur les accents régionaux"

Pour moi qui ne suis pas du tout parisienne cette formulation est TRES parisienne : car il n'y a que les Parisiens qui ne se pensent pas comme habitants d'une région. Héritage d'un passé où le Roi avait ses provinces, sans doute ? La France, c'est Paris, et puis il y a toutes ces terres éloignées que l'on possède, comme des colonies. :-D
Jusqu'à il y a 15 ou 20 ans, on entendait " en province", puis c'est devenu politiquement incorrect, ion a entendu " en région", c'est peut-être plus ancien ( lien avec la politique de décentralisation ?)

Je vois dans cette formulation " accent parisien" / " accents régionaux" une trace de cela.
Quand on est Parisien, on ne pense pas " la domination de l'accent parisien sur les autres accents régionaux" ni " sur les accents des autres régions" ni " sur les autres accents". Non, il y a Paris, qui forme une unité, et un bloc indifférencié qui s'appelle " les régions".
Je pense en plus que DS fait allusion à l'accent de la région parisienne, parce que l'accent purement "parisien" est plutôt en voie de disparition je crois.

Une petite survivance, comme ça, l'air de rien, de l'illusion qu'à Paris, on n'a pas d'accent, que c'est les gens d'ailleurs qui en ont.
Cela qui m'a été dit maintes fois par des gens qui trouvaient que " j'avais un accent". Quand je leur répondais qu'eux aussi, mais que simplement nous n'avions pas le même, ils pensaient que je plaisantais.
C’est à la création de l’Académie Française qu’il fut décidé de fixer des graphies complexes
pour distinguer les gens de Lettres des ignorants (et des simples meufs) :

le 8 mai 1673.
En cours de visionnage, j'en suis à o, comme oignon. Une réflexion avant d'oublier, ça a peut-être déjà été évoqué : depuis tout petit, j'apprends l’orthographe des mots, la conjugaison... le tout sanctionné par des dictées où était compté le nombre de fautes, ce qui m'amenait toujours à de très bonnes notes, mais avec un signe moins devant.
L'enseignant de ma fille, qui est un excellent enseignant (j'en profite un peu pour revoir les bases d'ailleurs), me parle de photographie des mots plus que de mémorisation. Effectivement quand j'ai un doute, j'ai souvent tendance à l'écrire pour voir celui qui me semble le mieux.
Quand je vois marqué "ognon", ça me ça me pique les yeux. Normal me direz-vous. Cependant, ça me semble être plus la conséquence de mon apprentissage qu'un réflexe pavlovien. A moins que la conséquence de mon apprentissage soit aussi du pavlovisme, ce qui est probable.

Idem avec l'écriture inclusive : ça me pique les yeux, comme l'oignon.

Donc 2 solutions, il me semble :
- Soit on continue comme avant et je ne pleure qu'en épluchant des oignons,
- Soit on autorise l'écriture SMS et je fais rapidement un stock de collyre avant qu'il y ait pénurie.

Autre remarque : dans une lettre de motivation, on est tenu de faire quoi ? Faut-il se renseigner pour savoir si la DRH est une féministe convaincue ou le DRH un homme masculiniste convaincu ?
En théorie des langages, on a déjà un formalisme parfaitement adapté à l'écriture inclusive abrégée: les expressions régulières.

agricult[eur|rice]s
artisan[ne]?s

Emission passionnante. Merci
J'y ai renoncé faute de savoir si c'est de la zoophilie hétérosexuelle ou homosexuelle.
Si l'académie a tort, c'est que l'objectif est de faire de l'écriture inclusive la nouvelle norme orthographique .

Or l'usage scolaire de la norme , qu'elle soit ancienne ou nouvelle, est de sélectionner : il y a ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ...

Lire, c'est donner du sens à un texte écrit .

Par exemple, quel sens donner à cette fable de Jean de La Fontaine : la cigale et la fourmi ?

La cigale : s'agit-il d'un mâle ou d'une femelle ?

Il y a un indice dans le texte : la cigale a chanté tout l'été

Chez les cigales, seuls les mâles chantent .

La cigale de Jean de la Fontaine est donc un mâle .

Et la fourmi ?

Pas le plus petit indice à trouver dans la poésie pour déterminer son sexe .

Mais comment faire pour que l'écriture inclusive du féminin ne devienne pas exclusive du masculin ?
l'écriture inclusive revient à nous faire croire que le parlement est représentatif par son % de femmes, de noirs, de gris, de jaunes, de gros, de petits, de laids, de beaux, etc.... en nous faisant volontairement oublier que la moitié de la population en est absente : les ouvriers et les employés.
Bonsoir,
je me permets un grand écart, sans rapport avec l'émission, veuillez m'excuser.
L'armée française a récemment armé des drones (volants pour être précis).
Je pense donc que l'académie française devrait introduire le verbe "droner" dans le dictionnaire.
C'est une nouvelle arme.
Un pistolet, ou une carabine tire je crois.
Une mitraillette mitraille.
Un bombardier bombarde.
Un drone drone (je sais pas s'il faut un accent circonflexe).
Je crois que le verbe est employé par les militaires, il me semble l'avoir lu dans la presse...
Il y a bien d'autres exemples de verbes liés à l'apparition de nouvelles armes ou technologies.
On dit parfois ce mot horrible que je ne sais pas écrire : "googlesiser".
Il me semble qu'il y a une distinction à faire entre un bombardement et un "dronage".
S'approprier ce terme permettrait de parler de ses armes.
Si ça amuse des asinautes, vous pouvez écrire à l'académie française :
dictionnaire@academie-francaise.fr
pour demander l'inscription du verbe "droner" à l'ordre du jour

Sur ce, je m'excuse pour cet aparté.
"Le véritable progrès démocratique n'est pas d'abaisser l'élite au niveau de la foule, mais d'élever la foule vers l'élite." Gustave le Bon.

La seule vraie question qui vaille dans une société démocratique est l'intégration sociale de toute la population et la constitution des élites. Les élites sont nécessaires mais sont dangereuses quand elles se constituent en caste. Une société sans élite, c'est ce qu'a tenté Staline à l'époque de la Grande Terreur avec le succès que l'on sait, une société avec élite qui est une caste c'est la notre. Dans les deux cas, on peut mieux faire, et on n'est pas dans la démocratie réelle/
La question est donc de savoir comment formé une élite ouverte, qui n'est pas renfermé sur les seuls fils de.
Et là évidemment l'école aurait un rôle immense a joué. Immense par la transmission. Faire partager aux classes populaires la culture générale qui est un héritage familial chez ceux qui précisément disposent d'un capital social important.
Et pour ça, le propos final de votre invitée fait complétement fausse route. Oui, c'est terrible, l'accent parisien et Val de Loire, l'accent des classes sociales supérieures est une marque de distinction. Supprimons-la donc, en valorisant les accents locaux et plus largement en valorisant les identités sociales particulières. C'est une forme de mépris social involontaire, fait au nom du respect de ceux qui sont pensés comme invisibilisés car c'est assigner à résidence identitaire les groupes dits dominés, et c'est encourager une parcellisation de la société. Une société démocratique, c'est une société qui pense que le politique provient du peuple, et qui donc partage une culture commune, qui transcende les identités individuelles, sans les nier pour autant. Le partage d'une culture commune, qui ne nie pas les cultures individuelles mais qui les dépasse est ce qui constitue donc la base d'une société démocratique.
Or notre société est construite par l'histoire. Qu'on le veuille ou non, c'est un héritage du passé qui a fait les traits culturels et littéraires de la France. Et c'est ça qu'il faut partager.
Et le fils d'immigré que je suis regrette le temps de sa scolarité passé au milieu des années 1980. J'apprenais à lire au CE1-CE2 tous les samedis, à une époque où on faisait 27 heures par semaine et non 24, sur des extraits des Misérables de Hugo. Je ne remercierai jamais assez mon enseignante d'alors qui m'initia à la culture française qui n'était pas la mienne, qui me transmis un pan de culture littéraire, qui m'apprit à lire et qui pensait en terme d'émancipation et non en terme de valorisation de mon identité de fils de rital vivant dans la banlieue rouge. Et qui m'a permis d'avoir une promotion sociale grâce à ce bagage.
Dans la même école où vont maintenant mes enfants, on leur apprend le développement durable, la lutte contre les discriminations, la lutte contre le harcèlement, la sécurité routière, plein de belles choses mais plus de culture générale classique. Que du coup je tente de transmettre car j'ai acquis ce bagage. Mais c'est une discrimination car l'école ne transmet plus cela. Du coup le bagage familial est renforcé, et la lutte contre les inégalités n'est qu'un leurre (voir la nouvelle assemblée nationale, encore plus élitiste socialement).
Alors l'écriture inclusive, le respect des minorités et tout ça c'est bien mignon, mais ça n'assure pas la promotion sociale, et du coup je vous fiche mon billet que MAcron soutiendra tout ça, car c'est de la poudre de perlimpinpin
Parisien tête de chien, parigot tête de veau !
paysans oui mais paysannes prends aussi un "n" supplémentaire: paysan·ne·s (vous avez repéré le point milieu ?)
Quand ça dérape

en fait il a commencé par "tous" et a du mal à dire "toutes".
Il a progressé depuis.
Je viens de m'apercevoir que l'écriture inclusive était absolument nécessaire.
Au hasard, chez Queneau, dans "exercices de style", il est évident qu'elle devient indispensable.

Anagrammes.
Dans l’S à une rhuee d’effluenca un pety dabs les stingvix nas, qui tavia un drang ouc maigre et un
peucha nigar d’un condro au lieu ed nubar, se pisaduit avec un treau gervayo qu’il cacusait de le
suboculer neovalotriment. Ayant ainsi nulripecher, il se ciréppite sur une cepal rilbe.
Une huree plus dart, je le conterne à la Cuor ed More, devant la rage Tsian-Zalare. Il étiat avec un
dacamare qui lui sidait : « Tu verdais fiare temter un toubon plusplémentiare à ton sessudrap. » Il lui
tromnai où (à l’échancrure).

Un ami photographe vient de m'envoyer des photos de personnes continuant à "se loger" dans la rue d'une grande ville.
Dont une d'une maman et de sa petite fille de 4, 5 ans.
Elles sont "inclusivement" touchées par l'écriture mais pensent surtout qu'elles vivent une inclusive exclusion.

Et le froid dans sa froidure froideur arrive.

Notre drosophilie nous perdra.
Mais, nous sommes déjà morts.
Madame Viennot est présentée comme "professeuse" tandis que Madame Eveleigh est présentée comme "professeure".

Pourquoi cette différence et que signifie cette différence ?
DELENDA ACADEMIA GALLICA
Pourquoi le mot "arabe" devrait poser un probleme...

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