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Antisémitisme : une étrange indifférence

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Comme vous le dites, Mr Schneidermann ("c'est moi qui traduit"), vous traduisez "Et tout ça ce sont des traditions qui sont beaucoup liées au judaïsme. " par "attaché aux traditions et à l'endogamie, comme tous les juifs. ". La traduction n'est (...)

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Salutaire piqure de rappel par notre ami DS : le vrai journaliste ne s'adresse pas à ces lecteurs, mais à ses confrères.

Peu importe le sujet, la hiérarchie d'importance. Il décèle l'info que les autres n'ont pas relevée, et qui, de ce simple fait, devient fondamentale.

Tout le monde sait que l'avenir du monde n'est pas un enjeu pour la présidentielle qui vient. Non. C'est de savoir si JLM est oui ou non antisémite.

Le vrai journaliste ne peut pas se taire (fermer sa grande gueule, diraient certains). Impossible. Son devoir l'appelle, c'est la grandeur de sa fonction.

De fait, le journaliste, comme tout le monde, a des employeurs. Il lui faut donc montrer son employabilité. Son lectorat s'en fout complètement. Lui non. Donc son lectorat se tapera ses inepties.

C'est pour ça, entre autres, qu'on l'aime, DS ; ça et ses célèbres interruptions de raisonnements passionnants pour des éclaircissements sur des points qu'il est le seul à ne pas avoir compris, lors de ses émissions.

La majorité des gens qui critiquent Mélenchon, parce que Mélenchon crie très fort, parce que Mélenchon est un dictateur, parce que Mélenchon il est méchant, ont en fait très peur que Mélenchon au pouvoir augmente leurs impôts.

C’est…

Aussi simple…

Que ça. 


alors finalement, qui est antisémiste ? Zemmour? Mélenchon? les deux? aucun des deux? on commence à s'y perdre dans cette histoire.


LFI trop de courtisans et plus assez de militants

"Je ne sais pas si Jésus était sur la croix, je sais qui l'y a mis, paraît-il, ce sont ses propres compatriotes". Comment Mélenchon peut-il ainsi, incidemment, enfourcher certains des clichés les plus récurrents de l'antisémitisme (le peuple déïcide, la fidélité exclusive à la tradition, l'endogamie) ?


Je vérifie. Voici où se trouve l’extrait :



Je comprends que Jonluk fait une analogie : les policiers sont crucifiés, c’est à dire exposés à de la violence des manifestants par ceux qui sont censés les protéger : par ex., Lallement, qui ordonne des nasses pour énerver les manifestants qui vont finir par s’en prendre aux policiers.

Lallement, c’est les Romains.

Et les manifestants, les compatriotes du Messie.


Et il dit que l’imagination, c’est à dire le récit religieux, prétend que se sont les compatriotes de Jésus, cad. les manifestants qui frappent les policiers, cad. Jésus, alors qu’en réalité, c’est le Romain cad. Lallement qui les crucifient.

On comprend que pour Jonluk, la crucifixion de Jésus est considérée comme une fiction grâce à son expression « paraît-il« . Et ensuite quand il dit que « en matière de méchanceté mutuelle, l’imagination est là depuis quelques temps ». Le récit catholique faisait porter la responsabilité de la crucifixion a d’autres pour euh... s’en laver les mains.


(Pour arriver à cette interprétation, je suis partie de l’idée que Jonluk est très cultivée et qu’il connaît l’histoire de sa religion.)



J'ai bien peur d'avoir plus d'inculture que Melenchon car moi je ne comprends pas la remarque de DS sur la phrase suivante 

Mélenchon avait lancé "Je ne sais pas si Jésus était sur la croix, je sais qui l'y a mis, paraît-il, ce sont ses propres compatriotes".



hmm je sens que je vais lancer une autre polemique. Je precise que je ne dis pas que j'aurais de telle parole (surtout que si les gens avec le pouvoir de le crucifixier autour de Je sus étaient majoritairement juif, est ce que pour autant ca representerait un "judeité" ou juste une repression d'un agitateur politique, j'aurais plutot tendance a penser la 2e. Bref, juste, je cherche a comprendre ce qui a choqué/ ce qui choque encore par son inculture (parce que j'ai toujours entendu ce poncif "les juifs ont tués Jesus") : Est ce qu'on ne considere plus que ce sont les juifs, est-ce justement une vision plus politique qui prevaut maintenant, est-ce juste l'essentialisation qui choque ?

Mais vraiment, Daniel , pourquoi donc rajouter de l'eau à ce moulin ? Pourquoi isoler, dans une interview, de quoi gratter là où la vie d'un homme (JLM) démontre ( et vous le dites vous-mêmes) qu'il n'y a rien à gratter  ? Je ne comprends pas. Non, je ne comprends pas pourquoi vous faites cela.

"une relative... indifférence à la question".  


Ah bon ? Perso, je ne trouve pas qu'il y ait indifférence. La preuve en est donnée sur votre compte TWT et sur ce forum (par le volume  et la qualité des commentaires). Au contraire, je trouve qu'on en fait des caisses sur l'anti-sémitisme, au point de ne plus savoir de quoi on parle. 


D'où ma question: l'antisémitisme, au 21ème siècle, c'est quoi exactement ? Vous le définissez comment et par quels critères précis, SVP ? Et au moment où j'écris cela, je me sens comme menacée de procès en antisémitisme, allez savoir pourquoi. 


En tous les cas, voici l'énième preuve que non, nous ne sommes pas tous indifférents. En revanche, j'aimerais bien savoir si je dois me classer parmi les antisémites. Cela me renseignerait sur des zones de mon "moi" que je pourrais méconnaître. Car si j'ai bien compris l'affaire "JLM antisémite", j'en déduis qu'on peut être antisémite qui s'ignore. Or, j'aime pas m'ignorer, parce que ça voudrait dire que je suis indifférente à moi-même, ce qui serait incompatible avec ma conscience de moi. 


Et sinon, je suis d'origine franco-italienne par mes parents (que je n'ai pas choisis). J'ai vécu la moitié de ma vie en Sicile où le christianisme est très présent, symboliquement, artistiquement, visuellement et culturellement. Si on s'imagine que cela fait de moi une bonne catho, je n'en prends pas ombrage, alors que je ne pratique pas et que j'ai même décroché les croix du Christ dans les salles d'école (avant qu'une loi sur la laïcité ne l'impose).

 

Néanmoins, je trouve normal qu'on puisse considérer qu'avoir vécu en Sicile où on fait défiler des madones et autres saints patrons pour détourner des coulées laviques me situe culturellement dans le champ "catho-idiot".  Parce que ces associations d'idées, ces rémanences culturelles, aussi fausses soient-elles me concernant individuellement, sont des pièces à conviction constitutives de ce qu'on appelle une "appartenance culturelle". 


Que je le veuille ou pas, le fait d'avoir traîné mes guêtres en Sicile dans les années 1980-2000 me situe parmi les cathos de l'Italie du 20ème siècle. J'en conserve d'ailleurs de très beaux souvenirs , bien que je ne me reconnaisse pas dans l'idée que les Siciliens de mon époque se sont forgée de moi, "la petite française", comme ils s'acharnaient à me qualifier comme pour dire que je n'étais pas ni ne serai jamais une Sicilienne "de souche". Était-ce là une sorte de racisme anti-Français? Bien évidemment que non. C'était juste une manière de faire locale. Et ça voulait dire qu'à leurs yeux, j'étais différente et surtout différentiable des natifs du cru. Et c'était vrai.


Alors je veux bien admettre qu'il soit gênant d'être sans cesse renvoyé aux pratiques et croyances ancestrales de sa culture d'origine (endogamie, transmission de la religion par le sang de la mère, etc.), surtout si elles sont fausses ou dis-qualifiantes. 


Mais je ne vois pas en quoi cela constitue une pensée ou le début d'une idée antisémite. D'où que l'on vienne, on est tous le fils et la fille d'une histoire qui nous précède, et de la culture que cette histoire a produit dans les siècles.


Appartenir, même malgré soi,  à une histoire et à une culture n'implique pas, jamais, qu'on en approuve toutes les coutures. Car comme pour les parents, on ne choisit pas son histoire. On en subit le poids, mais on en retire aussi des moyens de se situer historiquement et culturellement parmi toutes les histoires et cultures du monde.  Sauf à vouloir croire qu'une histoire serait supérieure à une autre, je ne vois pas en quoi être renvoyé à la sienne puisse constituer une offense. Ou alors, s'agissant de l'antisémitisme, il faudrait considérer que les Allemands d'aujourd'hui, héritiers malgré eux de la Shoa, n'auraient plus le droit d'exister et devraient collectivement se suicider ?  


Bref, tout ça pour dire que je commence à saturer grave chaque fois que les sujets importants - transition écologique, planification d'une économie compatible avec l'écologie, sortie de la Vème république monarchique, et j'en passe - sont régulièrement entachés de soupçons en antisémitisme dirigés contre la personne qui porte ces idées au nom de milliers d'autres qui les approuvent. 


Vous nous rappelez que c'est la troisième fois que JLM est soupçonné d'antisémitisme. Est-ce à dire qu'il n'y aurait pas de fumée sans feu ? Si c'est le cas, j'attends de vous que vous l'invitiez à l'émission du vendredi. Et que vous permettiez à votre invité d'avouer et d'assumer publiquement son antisémitisme, tout comme Zemmour avoue et assume son racisme anti-muslims sans que ça ne provoque des cris d'orfraie. 


Si Z peut tranquillement s'affirmer raciste et même candidater à la présidence sur ce seul argument,  je ne vois pas pourquoi Mélenchon ne pourrait pas s'affirmer antisémite. Sauf à considérer qu'il y aurait des racismes acceptables et d'autres, insupportables.  Et puis, je trouve intéressant de savoir si Mélenchon est véritablement antisémite. Pas parce que le sort des Juifs m'intéresse plus que le sort de toute l'humanité sur terre (je ne considère pas qu'un Juif soit humainement plus valable qu'un non-juif). Mais parce que je suis bien curieuse de comprendre en quoi l'anti-sémitisme qu'on lui suppose constituerait un atout-clé pour se faire élire et appliquer son programme, l'AEC qui me semble le meilleur, le plus souhaitable pour la majorité et le plus abouti du moment. 





  



Mélenchon a publié sur Facebook un laborieux rectificatif où il reconnaît s'être mal exprimé, et apporte deux corrections (je résume encore) : 1) son analyse s'applique à toutes les religions. 2) Elle ne concerne pas TOUS les Juifs.   


Ca ne change rien au fondement de sa pensee, les personnes visees ainsi que l'essentialisme existant ou fantasmé ne sont pas important.

Ce qu'il faut retenir de son intervention c'est que sa vision de la france par la creolisation est la mort des particularismes et donc induit une homogeneisation culturelle.

Zemmour veut faire des francais comme soit disant il y en avait avant.

Melenchon veut faire des francais comme on en a jamais eu avant et gare a ceux qui veulent rester comme ils sont.

Certainement que l’antisémitisme d’un juif est d’un autre ordre que l’antisémitisme d’un non juif. Et Jesus et patati. Où l’on voit que la mayonnaise prend bien. Mauvais présage (ancêtre du sondage) que tout ça. Notre échappatoire Mélenchon s’en prend plein la tête et l’adversité, qu’il subit par son refus de composer habilement avec chacun, son choix d’etre lui-même et d’exprimer la complexité, l’adversité aura raison de lui. Quand je lis cet article, je me dis c’est foutu. Comme au théâtre, tout est en place et la tragédie va se dérouler.

On viendra se plaindre après d’avoir l’apothéose du sarkozyhollandemacron. 

"Je rêverais de parler d'autre chose..."

 Daniel Schneidermann



"Mais parlons d’autre chose

Nous étions deux amis et Fanette l’aimait
La plage est déserte et pleure sous juillet
Et le soir quelquefois
Quand les vagues s’arrêtent
J’entends comme une voix
J’entends... c’est la Fanette "


Jacques Brel

Daniel

Je fais la même analyse de ses paroles lorsque vous écrivez :"Autrement dit (c'est moi qui traduis) : non, Zemmour n'est pas antisémite. Il est simplement conservateur, attaché aux traditions et à l'endogamie" Par contre, lorsque vous rajoutez " comme tous les juifs." vous vous trompez. Vu la relative proximité de nos points de vue en général, je ne comprends pas pourquoi vous y voyez quelque chose qui n'y est pas. Peut être parce que je ne suis pas juif, mais à ce moment là, n'est ce pas plutôt parce que les accusations en antisémitisme pour disqualifier toute critique, jusqu'à la critique sociale, que vous analysez si bien, finit par vous influencer ? Est il si difficile de penser que les quelques religieux qui ont permis de maintenir vive la tradition religieuse juive à travers les siècles ne représentaient pas tous les juifs, au sens de peuple ? Venant de Mélenchon, j'entends, comme de tout antiraciste conséquent.

Vous auriez pu critiquer la faculté de Mélenchon à se lancer dans des analyses alambiquées et trop compliquées pour le débat public, qui nuisent à sa propre image. Mais je ne peux m'empêcher de lui trouver des circonstances atténuantes, tellement est bas le niveau de la "réflexion" politique dans notre pays.

Quelle est la différence entre essentialiser quelqu'un a partir de sa confession ou de ses origines et essentialiser quelqu'un à partir de son sexe, couleur de peau et âge ("mâle blanc sexagénaire" par exemple)? Dans un cas ça marche mais pas dans l'autre?


;)

Nous aurions besoin d'une L'émission... Extrême droite vs. Racisme vs. Antisémitisme
Et pourquoi pas inviter Nicolas Lebourg ?

Mélenchon anti sémite... retour des marronniers ? C'est vrai qu'il n'y a pas grand chose dans l'actualité !

Mélenchon aurait pu biaiser sur cette question. Zemmour n'a pas besoin qu'on vienne à son secours, ni qu'on lui manifeste de la solidarité par delà les clivages politiques ni qu'on parle de lui. Hélas, l'intellectuel en lui ne sait pas faire. Toutes les religions sont conservatrices, c'est une évidence. C'est pourquoi elles ont duré. On peut donc généraliser. Mais s'il avait considéré, "cas d'école", que cette religion était plus conservatrice, quel aurait été le mal ? J'imaginais bêtement que toute religion pouvait être critiquée, tant qu'on fiche la paix aux pratiquants dans leur pratique et qu'ils nous laissent également en paix .

J'en conclus que j'ai l'autorisation de critiquer la religion catholique, l'orthodoxie., le bouddhisme, le protestantisme, que je suis même encouragée à pointer l'islam. Mais qu'il est interdit d'émettre un point de vue sur la religion juive, telle qu'elle est généralement pratiquée en Europe. Je découvre avoir fait de l'antisémitisme, il y a déjà 30 ans, quand j'expliquais à ma hiérarchie le différentiel entre les élèves prévus en CP et ceux en maternelle par le fait que les familles de l'importante communauté juive, ne mettaient plus leurs enfants dans le Public à partir de 6 ans. Ce qui était encore marginal à l'époque pour pour les familles se revendiquant comme catho. Chaque religion pourrait me semble-il avoir quelques spécificités, en fonction du fait qu'elle est ou non dominante, a été particulièrement stigmatisée ? Ici je ne pense pas faire preuve de naïveté en affirmant qu'on coupe les cheveux en 4 sur le crâne de Mélenchon  ! Parallèlement ça ne dérange guère qu'on célèbre Pétain et qu'on réhabilite les pires crapules.  A force d'être d'une exigence extrême, jusqu'à aller fouiller dans l'inconscient présumé, on en finit par ne plus regarder du côté du danger !

"Mon ennemi  c'est la finance" Est-ce que Hollande est antisémite ?

"Mon ennemi, c'est le financier" d'après Usul JLM en prononçant ces paroles fait preuve d'antisémitisme... On sait de qui il cause n'est-ce pas ma bonne dame ?

J'aime pas la politique d'Israël,  j'aime pas BHL non plus, j'aime pas ma banque ni mon banquier (tiens d'ailleurs, qui dirige la caisse d'épargne ?) Est-ce que, de même qu'Ata Raxie, je suis antisémite à l'insu de mon  plein gré ? 


Question subsidiaire : en quoi est-ce plus grave d'être antisémite qu'anti-musulman ?

Putains de religions ! Chrétiens, juifs, musulmans priez vos dieux si ça vous chante mais foutez-moi la paix !

Je veux bien que Mélenchon soit son pire ennemi parce que régulièrement, au milieu de tout un tas de trucs intéressants et à peine commentés il sort un truc mal dit ou mal interprêtable sur lequel tout le monde se jette avec avidité... Mais... Comment le dire poliment. Cela me procure un ennui infini et me fait désespérer non pas sur l'état de la gauche, mais des médias.

Comment Méluche a-t-il pu déblatérer de telles bêtises ?!... j'avais lu en vitesse dans les actualités sans approfondir, je n'avais pas l'intégralité de ses propos, (dans la vie on fait aussi des choses autres que suivre la toile)...

Ce n'est pas digne d'un candidat. Il s'est pulvérisé. Etait-il surpris par la question ? ... ça n'excuse pas ce ton et ces propos de salon fumeur pour "convives cultivés"

L'intelligence eut été de dire qu'il se réservait une réponse à venir sur un sujet aussi grave...il pêche par piteuse vanité, convaincu de son savoir d'enseignant entraîné il oublie que la connaissance ne se contente pas du petit savoir...

Plus qu'à lire sa défense, le mal est fait, il est irréversible...suis consternée, j'aurais fait un effort au 1er tour, ça devient difficile...reste quoi pour la gauche de Jaurès ?...

Cher Daniel, quitte à me faire incendier par les inconditionnels de FI, en bonne lectrice de Berlin 33, je vous dis MERCI pour ce courageux billet qui m'a serré le coeur !

La rhétorique par allusion, le "on se comprend", est une spécialité de l'extrême droite française. Pas de Mélenchon, ni de la gauche en général.


oui; et donc c'est d'autant plus important que les discours de gauche ne ressemblent pas à des discours d'extreme-droite. 

Au delà de la dernière sortie de Mélenchon; clairement antisémite; le problème c'est toujours de se placer dans le registre de l'indignation morale. Dans la "polémique" précedente (qui n'as pas atteint le mainstream) on expliquait à Mélenchon que la référence au financier était confuse et pouvait être rattachée; consciemment ou non; à un imaginaire antisémite. Au lieu d'une discussion sur le sujet la réaction a été immédiatement l'indignation morale (antisémite MOI?").  Le problème c'est pas spécialement Mélenchon d'ailleurs mais un représentant de gauche par ailleurs bon orateur pas capable de se remettre en question sans sortir le bouclier "cette accusation est infamante; je suis blessé dans mon ego" (il s'en remettra ton ego Jean-Luc y a de la marge); surtout que dans ce cas on ne disait pas "Mélenchon vilain antisémite bouh" mais "ce discours peut véhiculer des représentations antisémites inconscientes"; ce qui est quand même différent. Bref la société est traversé par des systèmes de dominations et des représentations auxquelles personne n'échappe (y compris les "concerné-es"); il s'agit d'y réfléchir et de se demander si et comment on peut faire mieux; pas de crier au complot à chaque fois; même si la mécanique des réseaux sociaux fait aussi souvent qu'on cherche un "méchant" à abattre (parce que c'est cathartique). Oui il y a un problème d'antisémitisme à gauche; qui n'est peut-être pas structurant comme pour l'extreme-droite; mais qu'il ne faut pas non plus cacher sous le tapis.

Merci pour cet éclairage, M. Schneidermann. Je vote Mélenchon depuis 2012, et je dois dire que je n'arrive pas à comprendre cette déclaration, ni dans son principe éthique, l'essentialisation étant un mal qu'il faut toujours combattre, ni dans son intention tactique, prendre la défense de Zemmour n'est vraiment ce que ses électeurs attendent de Mélenchon. Et tout ça pour faire ensuite une déclaration où il finit par dire exactement l'inverse de ce que tout le monde l'a entendu dire. Macron doit bien se marrer...

Nous les ashkénazes on n'aime pas trop être confondus avec les sef racistes...

J'ai l'impression d'être à la maison en lisant ce genre de billet.

Là où je pense que vous vous trompez, c'est que Zob n'est pas raciste, ni antisémite. Il est purement xénophobe. Il a une trouille viscérale de tout ce qui n'est pas raccord avec sa France fantasmée. L'essentiel pour lui, c'est de rallier cette France.

Daniel Schneidermann parle de " victimes d'attentats islamophobes " . A quels "attentats" fait-il référence ? Le mot est fort. Abonné depuis des années à Libération et au Monde, ces deux journaux, de la même chapelle que vous, n'auraient pas manqué d'en parler en gros titres, je n'en ai jamais vu trace. Bizarre

Zemmour et Melenchon, j'ai rien appris sur eux en lisant ASI et j'avais déjà mon point de vue sur les deux gaillards.

Par contre mon opinion est entrain de changer sur ASI et DS.

Vous me décevez énormément ! A tourner en boucle sur le moindre pet de Zemmour alors qu'il y a tant de sujets à traiter!


Sondage express:


Aprouvez-vous ces affirmations:

1. Mélenchon est antisémite

2. Mélenchon n'est pas antisémite mais il fait le jeu de l'antisémitisme

Moi j'ai dit bizarre bizarre ? Comme c'est étrange.


Et pendant ce temps... un autre sondage:

Que pensez-vous de la candidature (probable) de Zemmour:

1. Je voterai certainement pour lui

2. Je voterai pour Emmanuel Macron pour lui faire barrage (et aussi parce qu'il est jeune et joli)


Allez, je retourne me coucher...

Pffffffffffffffffffff..... Franchement, j'aurais préféré que DS s'indigne du sort fait à son collègue Assange


Quant à Mélenchon, peut-être maladroit dans le choix d'une expression au milieu d'un déluge de mots, soit.


Mais de là à le soupçonner d'antisémistisme alors que son engagement de toute une vie prouve le contraire, cela ne peut provenir que d'un esprit malveillant (Plenel) ou très  tourmenté (DS)..

C'est marrant quand même qu'on pose la question à JLM et pas directement à Z., ce n'est pourtant pas faute de l'avoir dans les médias !

Mais bon, pas de soucis, quelle qu'aurait été la réponse, les réactions auraient été sensiblement les mêmes : il a été décidé une bonne fois pour toutes que Mélenchon est un antisémite et quite à prendre les chemins les plus tortueux, on trouvera toujours les arguments pour le prouver...

et pendant qu'on pinaille pour savoir si c'est juste ou pas de dire que Méluche est anti-sémite, le monde continue de tourner:


https://www.mediapart.fr/journal/international/011121/la-cop26-le-double-jeu-hypocrite-d-emmanuel-macron 


Donc continuons à nous prendre la tête pour savoir si la virgule mal placée de Mélenchon est un signe de son anti-sémitisme non assumé, et laissons Macron faire croire au monde qu'il agit pour le climat pendant qu'il soutient la labellisation des centrales à gaz fossile comme "énergie verte".  


Sérieusement, fac à un type qui prône ouvertement une société de race pure, on va se demander si Mélenchon quand même il est pas un peu limite? Vraiment? 


Enfin ...


Le grand Rabbin Haïm Korsia dit : « Zemmour est antisémite et raciste »


et ….


Mélenchon dit : « le grand Rabbin se trompe ».


Mélenchon notre grand sachant à tous. 

Pro fait si, pro fait ça,

Pythie par ci, pythie par là,

Attention camarades un sphinx peut en cacher un autre,

L'eau racle les côtes qui se creusent, se creusent....


Nous vivons une époque formidable


Merci beaucoup pour ce regard (enfin !) dépassionné sur cette polémique, on en avait besoin.


Ce qui continue de m'étonner, c'est l'absence totale de bienveillance à l'égard de Mélenchon, dont les premiers tireurs sont systématiquement celles et ceux qui prétendent vouloir s'allier avec "les insoumis" (dont la condition implicite pour une alliance est toujours de désavouer Mélenchon, comme s'il pouvait y avoir des insoumis sans Mélenchon...).


Il n'est certes pas parfait, mais qui, dans l'espace politique actuel, a été aussi clair, aussi structuré, aussi explicite, tant sur son cheminement idéologique que stratégique ? Jadot, Roussel ? Restons sérieux...


Je veux dire par là que s'il y en a bien un chez qui on peut toujours mettre en perspective dans un cheminement personnel, parce qu'il fait systématiquement l'effort de le formaliser (dans ses livres, ses billets de blog etc.), c'est bien Mélenchon. Alors pourquoi toujours orienter vers le pire une remarque maladroite au cours d'une interview dense ? Qui peut objectivement croire que Mélenchon est antisémite ? Sinon pour lui nuire ?


C'est vraiment pénible, et ça n'offre pas du tout la possibilité de la nuance dans le débat public, même dans des médias qui pourraient l'accueillir (au hasard, Mediapart, qui se rapproche jour après jour du statut de mass media). Au contraire, chacun assène des certitudes bien calibrées auxquelles tout le monde se doit de croire ("Zemmour est antisémite" : je vois très bien pourquoi on peut l'affirmer, mais aussi en quoi on peut ne pas être d'accord, et ça peut être un objet de débat intéressant). 


Mais les affirmations hors-sol de Jadot (interdire l'abattage rituel, "contraire au bien-être animal") et les indignations factices (et mal jouées !) d'Hidalgo passent crème. Malgré un niveau de pertinence proche de celui d'un slogan publicitaire. C'est donc ça, le débat politique du moment ? Pour être acceptable, il vaut mieux considérer ses électeurs comme des consommateurs que de chercher à ouvrir la réflexion des uns et des autres suite à une déclaration maladroite ? C'est bien pauvre.

Bonjour, merci pour cette chronique. Je voudrais tenter une hypothèse, qui concerne J.-L. Mélenchon mais qui nous concerne peut-être  tous : je pense qu'il est possible d'être sincèrement engagé contre l'antisémitisme et en même temps d'avoir, une partie de son cerveau pourri par des clichés antisémites. Je ne doute pas un seul instant une. J.-L. Mélenchon soit fervent et convaincu quand il combat l'antisémitisme dans tous ses discours, et qu'il trouve infamant d'en ėtre accusé en retour. Mais quand il recycle des poncifs sur le peuple déicide, ou quand il fait des rapprochements si acrobatiques qu'il les regrette lui même (évoquer des formes intégristes du judaïsme quand on lui parle d'E. Zemmour, alors qu'on ne sait rien de la religiosité personnelle de ce dernier, et donc que cette association n'a aucun sens, sauf à l'essentialiser ), il témoigne peut être à son corps défendant qu'il est traversé par des tropes antisémites qui sont incrustés dans notre société, peut être notamment dans sa génération. Évidemment on rêverait qu'il dise : c'est vrai que j'ai ces immondes scories, c'est d'ailleurs une indication de la perversité de cette vision du monde, de sa diffusion sourde, et oui, il faut que je m'en débarrasse, mais accordez moi que ma vie témoigne d'une lutte exigeante contre tous les racismes. La droite fera semblant de ne pas comprendre, lui ressortira toujours telle ou telle proximité douteuse à ses yeux, mais on s'en fout : il me semble qu'à gauche, nous on pourrait l'entendre, le comprendre, et le juger sur pièces. On pourrait même se dire qu'à des degrés divers, ces clichés rôdent autour de chacun de nous. Mais il ne le fera pas, parce qu'il a la mauvaise foi classique d'un politique orgueilleux à l'ego blessé ( être présenté comme si cultivé, et dire de telles conneries) et parce qu'il est tout à son combat présidentiel et qu'il ne veut quasi-rien lâcher, de peur qu'une spirale négative ne l'entraîne, et avec lui les espoirs sociaux qu'il porte. Ce qui est triste est que tout ça est également compréhensible et regrettable. 


Je pense aussi probable un autre truc : dans sa dissociation a posteriori entre le judaïsme en général et l'intégrisme, il ne dit probablement pas le fond de sa pensée. Je le crois plus anticlérical que ça, plus suspect envers l'emprise globalement néfaste des religions. On peut penser ça (je le pense moi-même) et pas forcément de manière bourrine, en concédant que certains aspects des religions institutées sont des faits anthropologiques qui existeraient même sans elles (les questionnements sur la transcendance par exemple). Mais c'est un discours très peu dans l'air du temps, marqué par la religiosité de l'époque, du "respect" dû à la religion (confondu avec le respect dû aux personnes qui croient), et même lui ne sait pas bien le défendre. Du coup, il le fait de manière brouillonne, et surtout à un moment qui n'a rien à voir avec la choucroute car encore une fois, vu qu'on ne sait rien sur la pratique personnelle de E.Zemmour, le rapprochement entre ce que lui pense et ce que penserait tout ou partie du judaïsme n'a aucun sens. 

Bravo pour cette  brillante chronique intelligente et équilibrée !


Je ne suis pas juif

Je ne suis pas antisémite ( enfin, j'espère, car on a  vite fait d'être jugé antisémite. °


Je m'interroge souvent sur l'importance donnée à la religion juive  et  aux croyants juifs. .


En France, si j'en crois Wiki, ils représentent 0,70 %  de la population.


Les protestants , 3 à 4 %


Les musulmans, 6 à 7 %


Et, les athées 22%  ( grâce  à Dieu )..


Pourquoi cette importance spécifique ?


Parce qu'ils ont été martyrisés ? Mais, d'autres peuples , au cours de l'histoire,  l'ont été , également.


Parce qu'ils sont " le peuple élu " ?


 " Peuple élu ... enfin, disons plutôt en ballotage "


J'espère ne pas être catalogué antisémite par cette question intempestive ! ( j'ai un peu peur du Crif )

Bravo surtout pour commencer en ne vous disant pas antisémite et prouver l'inverse ensuite. Si par deux fois vous écrivez espérer ne pas en être taxer ce n'est pas fortuit.

Relativiser la shoah est un marqueur essentiel des antisémites ( cf "le détail" de JM Lepen), quant à votre jeu de mot foireux sur le peuple élu et votre foutage de gueule du CRIF dont vous savez très bien qu'il ne peut rien vous faire, quel courage...

Malveillant et Mal-comprenant :


Il me semble que " Peuple élu ... enfin disons en ballotage " est une citation de Tristan Bernard, qui se disait lui-même être de ce peuple élu.;


Il pouvait, d'ailleurs en être fier.


Quant à avoir peur du CRIF, j'avoue que moi-même, je ne suis pas rassuré......

" J'appartiens à ce peuple qu'on a souvent appelé élu. Elu ? Enfin, disons: en ballotage ! "   Tristan BERNARD ( Propos. Conférence à Nice 1942 ).


Compte tenu  de mes origines, il me faut du courage pour dire, comme Ata   Raxie , que le CRIF s'exprime souvent  de manière   malveillante.

malveillant ne triche pas sur son pseudo !


;-)

Quand un français est con, on dit: " Quel sale con! "
Quand un juif est con, on dit : " Quel sale juif! ".
Je revendique pour les juifs, le droit d'être cons.
Pierre Dac

HAhahah 

Dieudone sort de ce corps.


Aux USA, Dave Chapelle nous fait un remake avec a la place des juifs les LGBT. Et pourtant ils ne disposent ni du CRIF ni de l'AIPAC.


Mais comment font ils ?

 ils ne disposent


Euh... Si c'était le critère le Glaad tout seul a un budget de 30 millions de dollars. L'Aipac de 75 environ ; si on compte tous les autres lgbt advocacy groups c'est largement comparable niveau lobbys.

 

(ceci ne voulant pas dire que ce soit une bonne excuse pour s'en prendre aux LGBT, s'il était nécessaire de le préciser)

Oh je ne pense pas que le budget des lobbies soit le seul critere pour expliquer leur influence. Je ne pense egalement pas que la puissance des lobbies explique a elle seul la sensibilite sur un sujet donne.


Ce genre de questionnement peut etre legitime si il propose et appel a une recherche de la reponse. Questionnement qui peut etre resume par :

Existe il un privilege juif/LGBT comme il existe un privilege blanc ?


Hors ce que je vois ici c'est plutot un questionnement classique facon Dieudonee/Chapelle qui commence toujours pas relativiser et donc minorer l'existence de l'antisemitisme/LGBTphobie (ils sont pas nombreux, c'est arrive a d'autres). Mais le plus important c'est de ne surtout pas apporter de reponses sur pourquoi la societe est particulierement sensible la dessus et laisser les sous entendus faire le travail. 

Je n'ai pas dit que ce soit le cas, juste qu'il est très difficile de nier (surtout aux Etats-Unis) qu'il y ait un puissant lobby LGBT. Après c'est pas pour ça qu'il mérite d'être appelé la mafia de l'alphabet ou autres formules niant sa légitimité mais il a une grosse influence, parvenant de manière impressionnante à faire continuellement avancer son agenda dans le pays occidental le plus pourri d'évangélistes, celui où même l'avortement ne survit plus que comme un pendu au bout d'une corde.


Enfin pour en revenir à la question, je déteste en règle général l'expression privilège pour qualifier d'être traités à peu près comme tous les humains devraient l'être (au mieux, et à condition de ne pas être trop pauvre). Et plus encore les concours victimaires. Alors vouloir en organiser un inversé pour accoler privilège à encore plus d'identités qu'aux hommes blancs c'est pas trop mon truc.


Si on y tient on peut reconnaitre que certaines micro-minorités s'en tirent un peu mieux que d'autres plus larges pour ce qui est de réduire les discriminations dont elles sont l'objet ou de voir une plus grande proportion de leurs membres être acceptés au sein des classes privilégiées. Ça découle je pense justement de leur faible nombre entrainant plus de mobilisation, car c'est un impératif de survie pour ces groupes encore plus que les plus larges, plus de cohésion dans leurs revendications et discours, plus de facilité à s'organiser, et moins de difficultés à faire de la place à leurs représentants.


Après ça peut être mal vécu par certains défenseurs des causes de groupes plus larges, qui peuvent avoir le sentiment que ces micro-minorités leur passent injustement devant. Mais ça part d'une vision toxique de la société comme un jeu à somme nulle où parce qu'un groupe gagnerait quelque chose les autres devraient y perdre.


Sinon je ne sais pas trop si ça s'applique au cas de Chappelle (ni s'il peut être accusé de s'en prendre "aux" LGBT hors d'une partie de cette dernière lettre), qui si son discours sur leur privilège peut montrer quelques signes d'une telle jalousie, a des motivations ayant assez peu à voir avec ça. Principalement c'est un partisan d'une liberté d'expression très large / allergique à la cancel culture qui a développé une solidarité avec les "terfs" en voyant comment elles étaient traitées (ou parce qu'il a lui même des difficultés avec la notion de genre séparé du sexe, ce en quoi il n'est pas tout seul dans sa génération). Et qui s'est radicalisé car il impute aux transactivistes de twitter le suicide d'une amie elle même trans qui avait pris sa défense après de précédents spectacles où il se moquait bien plus gentiment du nouveau paradigme lié à ces identités. Après évoluera t'il comme Dieudonné ? C'est possible, il ne serait pas le premier ex-comique converti par la "team terf" à aller très loin dans la radicalité sur ce sujet (voir Graham Lineham), mais il me semble tout de même assez loin du stade fonder un parti néo-nazi avec quelque équivalent d'Alain Soral.  

"ou parce qu'il a lui même des difficultés avec la notion de genre séparé du sexe, ce en quoi il n'est pas tout seul dans sa génération"


Difficulté ? ou refus d'une théorie un peu particulière qui se fonde sur des simples stéréotypes  :"je ne me sens pas homme/femme car je ne correspond pas à l'idée qu'on peut se faire des personnes de ce sexe."


Il n'y a rien qui justifie qu'un homme puisse se qualifier de femme ou inversement. Il s'agit plutôt du rejet de l'idée qu'un homme puisse avoir une part très féminine au point de se confondre avec l'idée qu'il se fait d'une femme (mais ça reste un homme et inversement).

Je ne nie pas que le concept d'identité de genre peut avoir son intérêt dans un cadre scientifique pour éviter les phrases à rallonge mais il faut arrêter d'importer dans la pensée courante des concepts sortis de leur cadre, ça mène à de belles dérives (comme pour le racisme ou cette histoire d'homme dans le corps d'une femme" ou de "femme dans le corps d'un homme").


Je mets à part tous les cas d'anomalies génétiques qui sont effectivement des personnes dont le sexe est plus ambigu, c'est un autre sujet que celui de l'identité de genre telle qu'elle est défendue par ses partisans (qui se base uniquement sur le ressenti et pas sur la science. Le fait qu'il y ait une part de collision entre la théorie farfelue et la science ne la valide pas pour autant)

Ba difficultés à accepter -> refus. 


Mais il sort des arguments assez primaires (genre seul le sexe existe car on est tous nés d'une femme) pour qu'on puisse considérer qu'il ait des difficultés à simplement concevoir cette séparation aussi.


Après perso je ne juge pas en constatant que c'est très générationnel (y compris au sein des LGBT, il y a toute une génération qui n'est pas à la page des discours sur le genre, en particuliers ceux post Judith Butler, et même chez les trans une de trans-médicalistes qui ne soutiennent pas un droit absolu d'auto-identification). 


Perso je ne me considère pas assez directement concerné ou spécialiste pour vouloir exprimer un avis là dessus. A part quelques drags du temps lointain où je fréquentais les boîtes tekno espagnoles, dont j'ignore même si ielles se seraient définies comme telles et le fils né fille d'une cousine avec qui j'ai dù manger deux fois dans ma vie, je n'ai jamais croisé de trans que sous forme d'activistes se définissant comme tels sur internet (et qu'il peut être très difficile de différencier de comptes trolls destinés à nuire à ce groupe), et je craindrais d'être trop influencé par l'image plutôt désastreuse qu'ils me donnèrent de leur communauté (hors quelques exceptions comme Nathalie Wynn / Contrapoints que j'adore).

D'accord, j'avais compris ça comme un reproche plutôt que comme un constat de refus.


Pardon de revenir sur certaines de vos expressions mais soit il y a un facteur génétique qui fait que la personne n'est pas clairement définie sexuellement (ça oui, ça existe), soit elle est un homme, soit elle est une femme. il n'y a pas de "garçon né fille" pour ce que j'ai pu lire au niveau biologique. Même si la personne se sent profondément de l'autre sexe, ça ne veut pas dire qu'elle en est.


Entendons-nous bien : peut-être que quand vous dites ça vous ne mettez rien de plus que moi qui parlerait plutôt de couches d'identité (donc à la biologie s'ajoute la psychologie et les stéréotypes ou plus largement à l'influence sociale de toutes sortes), mais ces expressions me font tiquer, je les associe à des modes de pensée que j'identifie comme obscurantistes.

il n'y a pas de "garçon né fille" pour ce que j'ai pu lire au niveau biologique 


Si, ça existe. Plus exactement, c'est une anomalie génétique qui fait que des individus porteurs des chromosome XY ne développent pas (ou pas complètement) des caractéristiques masculines, et dans certains cas, peuvent sembler "fille" à la naissance avant de se masculiniser à la puberté.


Voila, c'était juste un peu de pinaillage qui n'a aucune importance dans votre conversation, mais qui rappelle que la nature est toujours plus complexe que nous le soupçonnons.


En l'occurrence c'est juste un jeune homme trans, j'ai juste employé cette expression pour clarifier. Jamais parlé avec lui de comment il en est venu à s'affirmer comme tel donc je ne saurais en dire plus.

Oui je suis d'accord avec ça, C'est ce que je désigne par "flou biologique" et j'ai au préalable précisé que je mettais le cas des anomalies génétiques à part.  


Ce qui me gêne c'est que l'expression "garçon né fille" qui commence à émerger dans le "débat public" (toutes proportions gardées) se repose uniquement sur le ressenti et non sur la biologie.

Après, si on s'en tiens au biologique les terme c'est plus "male" et "femelle" que "garçon" et et "fille".

J'essaie de déterminer si la réponse est sérieuse ou juste un troll

Il y a discution sur la part de biologique et de social dans les termes "garçon" et "fille", il n'y en a pas dans les termes "male" et "femelle".
Bien cadrer le débat sur les termes qui ont un sens social et ceux qui ont un sens biologique c'est déjà un point de départ nécéssaire.
Donc non, ce n'était pas du troll.

Non garçon/fille n'a pas de sens social, d'où sortez-vous ça ?

De l'usage, la chose qui prime quand on parle de linguistique.

Ben dans l'usage ça n'a pas de sens social non plus

Allez, expliquez-moi comment fonctionne l'expression "Être un bon garçon" si au second terme n'est pas associé une atitude sociale et non seulement des caractéristiques purement biologiques? Et ce n'est qu'un simple exemple pour vous dessiller.

Ca veut juste dire soit sage/obéissant, et ça veut dire la même chose que "soit une bonne fille", je ne comprends vraiment pas où vous partez là.

Votre réponse elle-même confirme que l'on parle bien d'une attitude sociale et non de caractèristiques biologiques. L'obéissance ce n'est pas biologique mais sociale.
Maintenant, étape suivante, et vous verrez où je veux en venir. "Habille toi comme une fille" et "habille toi comme un garçon", ça correspond, dans la grande majorité, aux mêmes attentes? Ces différences sont due au biologique?

Je pense que ça découle juste d'un auto-conditionnement assez naturel de ma part. Enfin ça m'aurait embêté de blesser ce neveu en le mégenrant, donc naturellement j'essaye d'y penser comme le garçon plutôt que la fille biologique de ma cousine (terme que j'aurais pu employer plutôt que "né fille", mais qui serait un moins bon pense-bête pour me rappeler de l'appeler désormais "lui").


Après à une échelle plus large votre débat résume bien le problème avec cette identité (ou la manière dont elle est défendue actuellement) qui conduit à d'incessants débats sur le langage (et une forte réactance des personnes ayant à changer le leur, ou voyant avec horreur disparaitre l'usage de termes comme "femme" au profit d'une novlangue déshumanisante).


Mais à l'échelle justement un peu plus intime (pour l'extrêmement peu que j'en ai d'expérience comme je disais plus haut) le problème ne se pose pas comme ça, tu as juste un être humain en face de toi que tu n'as pas envie de blesser, et ajuste spontanément ta manière de parler, d'en parler, voire de le voir, pour ne pas le faire. Indépendamment de toute considération intellectuelle ou idéologique sur ce qui est réel, socialement construit, biologique, légitime, cohérent avec le reste de ta vision du monde ou pas.


Citation approximative (et totalement hors du contexte où il la racontait) d'une petite histoire de Woody Allen en bonus. C'est un gars qui va voir son psychiatre :

- Docteur docteur mon voisin est fou il se prend pour une poule.

- Pourquoi venir me voir au lieu de l'amener alors ? Je pourrais le guérir.

- C'est que j'ai besoin des œufs.


Pour moi la raison profonde, pour leurs proches, d'accepter que les gens s'identifient comme ils s'identifient c'est tout simplement celle là, le besoin de ce qu'ils produisent (d'affection, de créativité, de bien être pour ceux qui respectent leur identité) tels qu'ils se vivent. Il n'y a pas besoin d'adhésion à des théories spirites sur des gens nés dans d'autres corps ni de considérer comme scientifique la prose indéchiffrable de quelque philosophe prénommée Judith.


Le problème je pense c'est dans la... transition de ce truc assez évident à l'échelle individuelle à celle collective, des rapports sociaux etc... La violence des échanges sur le sujet vient en partie de là je pense. On a des gens qui ont décidé de croire à certains trucs (sans même avoir nécessairement une idée très claire d'en quoi), soit par besoin intime de justifier ce qu'ils se sentent être, soit par impératif moral, parce qu'ils connaissent des humains qui ont besoin pour se sentir bien qu'on les valide comme ce qu'ils considèrent être. Et n'arrivent pas à supporter que d'autres, qui ne raisonnent pas en terme d'impératif ou de morale, leurs rappellent que ces trucs sont un brin fumeux, ou n'acceptent pas de se soumettre aux devoirs qui pour les premiers en découlent. S'ensuivent des dialogues de sourds entre gens dont l'approche est avant tout morale (mais qui n'osent l'avouer car ce serait contraire aux devoirs découlant de celle ci) et d'autres qui ramènent tout aux réalités matérielles, à la biologie, à la logique ou à des principes idéologiques externes au problème (puis deviennent berserk par réactance vers la 17ème fois que leur est demandé d'ignorer tout ça).  

Votre drama personnel entre vous, Plénel, et Mélenchon broutte tout le monde depuis des années. Vous avez l'honnêteté de commencer comme quelqu'un qui sait qu'il va ennuyer ses lecteurs avec sa vieille rengaine. 

Comment disiez-vous si peu élégamment à propos de Monique Pinçon-Charlot ? "La vieillesse est un naufrage". Vous prenez l'eau.

J'aurai plutôt espéré un billet sur l'excellent reportage des journalistes de OFF, passé hier sur Blast. Et qui n'a pas pu être diffusé sur les chaines tradis... Mais bon, chacun ses priorités et ses "indifférences", selon son nombril et son histoire.



L'accusation d'antisémitisme est la mère de tout les wokismes , celui qui lutte contre le wokisme en général ,est antisémite , celui qui lutte seulement contre une partie du wokisme ,se trompe ,ou se mystifie ,ça me parait une bonne définition.

Je pense que l'explication de l'aveuglement de Mélenchon sur Zob tient à deux choses:

1) le biais d'engagement: Mélenchon ayant auparavant déclaré que Zob était un type fréquentable, il lui est plus difficile de dire aujourd'hui que Zob est antisémite (même si les thèses de Zob sur Pétain datent d'au moins 2014, si ce n'est plus tôt)

2) le fait que Mélenchon ayant eu des ennuis avec la justice ("ma personne est sacrée"), il va systématiquement prendre la défense de personnages politiques ayant eux aussi des démêlés avec la justice (Zob, mais aussi Fillon, etc), voir toute sa théorie sur le "lawfare"


Deux raisons de plus qui fait que Mélenchon n'est pas un bon candidat pour la gauche en 2022.

« Les trolls insoumis, meilleurs alliés de Macron ». D.S

DS, toujours si poli, manie l’insulte (troll) en appui du patron de Médiapart, blanche colombe offensée. Touchante solidarité.

L’ancien directeur du Monde (La face caché du Monde : Pierre Péan et Philippe Cohen) avait lui  brandi l’éthique, pas folle la guêpe.

Plenel est au « foutage de gueule », ce que les « trois gros » sont à la gastronomie, un artiste. Transformer  une connerie, en faute politique et morale. Insinuer qu’il s’agit de propos antisémitiques sans bien sur prononcer le mot en toute connaissance de cause de l’effet produit : faire débouler la meute de tout bord, pour lynchage en règle,  Ca c’est de l’éthique journalistique coco, ou je ne m’y connais pas.

J’ignore si cette jeune militante est la meilleure alliée de Macron.  Par contre Plenel l’ai assurément (Acrimed, 24 juin 2019 par Mathias Reymond).

Il aura passé toute la mandature à dénoncer la politique d’un Président qu’il a contribué à faire élire en ne pouvant ignorer qu’il ferait une politique libérale catastrophique pour la plupart de nos concitoyens.

Dans le même temps d’un côté, il dénonce l’extrême droite et de l’autre ne manque pas une occasion pour se faire allié indéfectible du bloc bourgeois dans son entreprise de déligitimisation et décridibilisation de la gauche dite radicale. Affaiblir une force qui combat l’extrême droite c’est évidemment contribuer à renforcer cette dernière. Pour le coup cela est une faute politique. . Pour ce qui est de la faute  morale, grande marotte du flingueur de Denis Robert dans l’affaire Clearstream, je  laisse cela aux donneurs de leçons petits bourgeois.

On comprend l’acharnement  des médias des milliardaires, c’est leur taf (Lordon. La pompe à Phynance. Fury room. Mai 2021), On peine à comprendre les motivations de Plenel. Une pathétique haine recuite enkystée depuis Mathusalem contre JLM qui prête à sourire, ne peut pas tout expliquer.  

Il aura contribué à la catastrophe qui se profile. Si elle arrive, il sera le premier à pleurnicher. Mais il sera trop tard et cette fois il risque d’être emporté par la vague. A trop jouer avec le feu on se brûle.


j'ajoute qu'il serait utile pour éclairer les propos de Mélenchon de lire (ou relire) le livre d'Abraham Leon "la conception matérialiste de la question juive" ainsi que les ouvrages de Maxime Rodinson sur le sujet.

on dit qu'aucun président américain ne peut être élu sans le soutient de l'AIPAC; aucun président français ne peut désormais être élu sans le soutient du CRIF ?


On en est là ?


comment le rappel d'un simple fait biblique  (jésus fut livré aux  Romains par l'oligarchie de son propre  peuple ) devient un propos antisémite ?


c' était déjà une instrumentalisation pour " justifier " les idées antisémites d'une partie de l'église catholique, voilà maintenant cet élément factuel ( si on en croit les écrits bibliques... ) devenir tabou de peur d'être utilisé comme arme de destruction massive 


Désolant tout ça !

Adorateurs du feu les mots brûlent si on ne met pas la grille de l'histoire...

Le charme et le chêne

"...Donnaient leurs flammes de danse
Flamenco de crépitements
Dans des  épousailles torrides..."


Peut être une image de feu et plein air

Comme vous le dites, Mr Schneidermann ("c'est moi qui traduit"), vous traduisez "Et tout ça ce sont des traditions qui sont beaucoup liées au judaïsme. " par "attaché aux traditions et à l'endogamie, comme tous les juifs. ". La traduction n'est pas correcte, c'est même une falsification de la pensée de Mélenchon.  Mélenchon ne parle pas de tous les juifs mais de traditions liées au judaïsme, ce qui est rigoureusement exact et n'a rien d'antisémite. Mélenchon soulignait le fait qu'on pouvait être juif, pas antisémite, et défendre une tradition réactionnaire. "L'impensé antisémite" de Mélenchon est du même ordre que celui prêté à Marx, à Trotsky et à toute la tradition critique marxiste des religions.

Il a l'art de se tirer des balles dans le pied, à ce niveau de récurrence c'est probablement un handicap choisi lors de la création du personnage pour obtenir un trait bonus en contrepartie.

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