148
Commentaires

Angot-Rousseau : "Les violences faites aux femmes systématiquement traitées comme un spectacle"

Comment parler des violences sexuelles ? Cette semaine, deux émissions grand public ont tenté de le faire. Dans On n'est pas couché, Sandrine Rousseau, l'une des accusatrices de Denis Baupin, a été malmenée. Et dans Dossier Tabou, (M6) la question a été principalement traitée sous l'angle d'un phénomène nouveau, et plutôt circonscrit selon l'émission à certains quartiers. Comment rendre visible ce qui a longtemps été occulté ? Pour en discuter: Sandrine Rousseau, ancienne secrétaire nationale adjointe d'Europe-écologie les Verts, Clémentine Autain, députée de la France insoumise et militante féministe, et Lauren Bastide, journaliste et porte-parole du collectif Prenons la Une.

Derniers commentaires

enfants de la patrie.
Bon débat, bonne émission, et puis à la fin Autain a laissé son habit de femme pour se draper comme d'habitude de son habit d'insoumise sectaire et c’était nul....
J'ai écouté deux fois. Paske selon ce que j'entends, je suis dans le carcan du libid-haineux masculin vu que j'entends pas trois militantes intelligentes mais deux dindes (rapport au rouge à lèvres) et un dindonneau qui glougloutent sec :-)) ; d'ailleurs le dindonneau fini l'émission en cahouette :-))).

Aujourd'hui c'est tarot et je sors l'excuse ; ce que je vais exposer, je le reprendrai pour mon talon à la fin de la manche.

Le brique et broque.

Une marinière à la bouche rouge qui exhorte "on" à modifier l'image de la femme dans les mass-medias.
Je re pète : s'agit-il de modifier les images d'Epinal de la libido masculine ou de faire bander popol en silence ?

Militer pour que les femmes ne soient pas toujours présentées sous l'angle du désir masculin avec du rouge plein la bouche sur une peau blanche et des cheveux longs blonds pas attachés ?
Ben moi, depuis le carcan, j'aurais dit que cela ne milite pas pour montrer à voir une autre image de la femme, mais pour changer ce que cette image de la femme provoque chez l'homme.

Faire de la politique, même pour une femme, ce n'est pas exhorter, c'est une adéquation dans le parler.
Or, demander à popol de se dresser sans mettre la main au cul, ce n'est pas une équation égalitaire.

La marinière parle également de la maison comme symbolisant le ventre de la femme et ramène le "sexiste" par excellence comme penseur légitime, celui qui a décrit la petite fille comme celle n'ayant pas de sexe.
Et poursuit sa métaphore militante du ventre féminin sensée modifier l’œil de bœuf oppressant en nous gratifiant d'une prédilection à la poussette.

Faire de la politique, même pour une femme, c'est sortir de l'état de nature.
Or, demander aux hommes une meilleur maîtrise de leur libido tout en refusant de faire l'effort de maîtriser la pulsion maternisante, ce n'est pas un équilibre social fraternel.

Alors oui, je me détache abruptement.

Mme Hautaine (je ne pense pas être la seule à la penser fort agressive dans son quotidien) qui croit en ses baskets, à vue la mort au couteau, et qui explique que le viol d'un homme c'est avant tout celui d'une femme.
Je me sens obligée d'écrire (et non je suis obligée) que Mme Autain n'est pas en droit, au motif de son histoire personnelle, d'imposer comme forme de l'action politique le témoignage à visage découvert, ni le témoignage tout court, ni encore moins l'obligation de se nommer victime pour en sortir. Mme Autain n'est pas du tout sortie de la violence reçue, elle ne propose pas d'alternative (parler ou se taire comment choisir), elle contraint à l'identification par le viol (j'ai été violée obligé et jamais je me suis fait violer qui est effectivement la forme verbale qui permet le plus de distance entre violence reçue et identité personnelle ; et quel bonheur ce serait si on pouvait transformer un viol en hommelette :-)) ; elle va jusqu'au déni de la violence faite aux garçons et naturellement, elle est à cent lieux d'envisager le viol des garçons ou des hommes par des mères et des femmes ; alors que depuis les années 70 et le viol comme mode de domination sociale de la femme, on a mis en avant le rôle prépondérant de la reproduction, de violé à violeur, d'enfant battu à parent battant, et qu'il n'est pas rare que le profilage des meurtriers de femmes en série inclus un portrait type de la mère "célibataire".

Son propos ne me semble pas une politique de lutte contre la violence, dont le viol, mais une injonction faite aux femmes de prouver et dire le viol par la douleur ressentie et ce faisant de s'associer à elle pour son propre salut. Son propos est d'autant plus grave que la reconnaissance de la gravité du viol et la mise en place d'une politique de répression s'agissant des femmes, et elle le dit elle même, a commencé dans les années 70 et que sa démarche n'est pas le début d'une politique qui existe avant elle, mais en conséquence une démarche personnelle désormais tout à fait possible et c'est heureux que cela continue ; raison pour laquelle son témoignage n'a pas fait tapage. Il existe une parole qui reste opprimée ; c'est celle des garçons, des petits garçons, des jeunes hommes et peut-être des plus vieux ? à qui ces femmes ôtent jusqu'à la possibilité en ayant été violés de l'avoir été comme garçon. Je ressens même l'impression qu'elle pourrait être de ceux qui combattent les homophobes tout en expliquant que dans la relation homosexuelle, il y a celui qui fait la femme et l'autre.

Mme Angot s'est mise en colère et elles ont appelé ça de la violence contre l'une d'entre elles ; Mme Angot a refusé d'être dans la brochette des victimes et elles se sont ries d'elle ; Mme Angot a donné la réplique à un hardi son avec un sourire qu'elle ne semble plus retrouver et elle l'ont traitée de matchisée ; les femmes en groupe ?

Les politiques contre les violences peuvent se conduire sans que les violentés portent l'étendard.
En justice, la poursuite du mouvement initié fin 70, sur des faits matériellement exacts mais des fondements sociologiques disons gentiment ébauchés, pourrait par exemple prendre la forme d'une inversion du fardeau de la preuve : le mis en cause devrait dire et détailler (comme aujourd'hui on somme le plaignant de dire et détailler) comment il a pu s'assurer du consentement.Cela conduirait les uns à ne plus pouvoir dire oh non et les autres à ne plus pouvoir plaider l'étoile de mer ; là encore petit effort pour enjeu réel.

Avec ma fille, on avait proposé une affiche au ministère à l'occasion d'un concours avec comme slogan : tant qu'une femme n'a pas dit ouïe, elle n'a pas consentie ; ils ont préféré l'image d'une gourde.

Faut-il que les femmes deviennent intelligentes pour n'être plus violées ?

J'en profite pour dire que la féminité, ce n'est pas "se faire belle", ça c'est de la coquetterie, c'est à dire plaire au coq. Et que les seules personnes qui sous-entendent que j'ai un problème avec ça (la féminité) car je suis rarement apprêtée, ce sont des femmes.

Et donc, je reprends mes propos pour une dissertation sur le troc des femmes.

Au fait, male gaze = œil de bœuf ? ;-)
Trois femmes intelligentes, posées et sensibles.

Elles ne font dire que ce qui ne devrait être que des évidences, mais qui n'en sont hélas pas.

Clémentine a été juste un peu au-dessus des autres...

Daniel a été très bien, mais clairement en-dessous sur le sujet, mais au moins a-t-il le mérite de les avoir invitées.

Tous/tes les antiféministes sont des connards ou des connasses, en général et en particulier.
Paradoxalement je comprends mieux la réaction de Christine Angot et de Yann Moix après votre émission.

J'ai trouvé difficilement supportable le moment où Clémentine Autain et Lauren Bastide se livrent à une pseudo analyse sémantique sur "je me suis fait(e) violer" vs. "j'ai été violé(e)", avec un présupposé fort sur la structure même du langage qui imposerait un système de valeurs machiste / misogyne.

Si l'on s'arrête sérieusement sur l'argument linguistique, c'est juste faux. "je me suis fait violer par"... on est bien à la forme passive ici. D'ailleurs Daniel Schneidermann a du mal à comprendre la démonstration. Ca vient en latin de fio fieri factum est qui veut dire être fait... Ce sont de pseudo-analyses qui viennent nourrir effectivement un discours politique. De même que l'analyse au début de l'émission par Lauren Bastide. Des exemples de titre çà et là dans la presse ne valent pas argument.

Mais peu importe en fait la faiblesse de l'argumentation. On est dans un discours politique. Sans rapport intrinsèque à la vérité en fait. C'est un discours qui se sert de thèses pour justifier une organisation différente de la société.

C'est là que je ressens une indécence d'introduire une analyse politique / un discours politique pour parler et traiter ce type de crime. C'est une violence en plus contre les victimes car, au-delà de résoudre ou non le problème, le discours politique retire aux victimes le caractère personnel, spécifique, singulier du crime qu'elles ont subi. Comme si en plus de perdre de soi à cause du viol, on perdait encore plus de soi par la banalisation du crime. Le discours politique réduit un drame personnel, un drame dans sa chaire à une chose sociale qu'il est possible de traiter au même titre que les licenciements, les divorces, et autres choses de la vie sociale.

Cela explique je pense la réaction violente de Christine Angot, et celle de Yann Moix également, même si il aurait mieux fait de se taire car balancer une analyse froide au visage d'une victime est juste ignominieux.
Je n'avais pas encore eu le courage de regarder l'émission, je viens seulement de le faire.

D'autres personnes l'ont dit, le comportement de Daniel Schneidermann me met mal à l'aise. Certes, il est plein de bonne volonté et souhaite approfondir le sujet, mais il est maladroit, il interrompt ses invitées et les empêche de parler, apparemment dans le but de les amener à dire ce qu'il souhaite les entendre dire. C'est frustrant et cela me paraît contre-productif. Parfois, cela s'assimile à un comportement de petit chef. Je ne comprends pas. Peut-être la gêne, en effet, sur un sujet délicat.

Concernant le décor du film soutenu par Clémentine Autain, et le statut de victime, je suis en désaccord avec Christine Angot, et même avec les propos de Clémentine Autain, qui semblent ne pas accepter le terme de victime et la somme d'échecs, peut-être, qu'il véhicule.

Moi je me sens comme le décor de ce film. Abîmée, défoncée, la tapisserie déchirée. Le sol couvert de détritus. Le velours râpé, déchiré, vieilli prématurément. Utilisable, mais à peine. Avec une sexualité comme ce décor : laide, sale, pleine d'immondices . Quand vous voyez votre sexualité se construire à l'adolescence, et peut-être même avant, sur une contrainte que votre agresseur sait rendre excitante, c'est irrécupérable et renoncer est moins douloureux.

Et pardon, mais ce genre de choix contraint fait de vous une victime à vie. J'en suis une, je n'y peux rien. Je ne vais pas faire semblant que tout baigne et que je me suis reconstruite comme si rien ne m'était arrivé. Je m'en suis "sortie", mais je ne m'en suis pas "bien sortie". Ce que j'ai vécu est atrocement injuste et je le payerai route ma vie. L'amour, la confiance, le sexe, ce n'est plus possible. L'amitié, c'est difficile.

Parfois, on ne peut pas ne pas être victime de ce qu'on a subi. On ne le décide pas autant que Christine Angot et Clémentine Autain semblent le penser. Parfois ça s'impose à vous, et on ne peut pas lutter contre la conscience d'être une victime. À un moment il faut aussi être réaliste.
Les violences faites aux femmes systématiquement traitées comme un spectacle? Ah bon!
Quelle nouvelle !
C'est étonnant ?
Ben voyons !
1) Il n'y a plus d'exécution publique, on trouve le spectacle où on peut. En plus si ça rapporte.
2) Quand on se désigne comme cible, il n'est pas surprenant de se prendre des balles.
Il n'y a pas de violence faites AUX femmes.
Il y a la violence du fort envers le faible. Un point, c'est tout!
Continuez à essentialiser et étonnez vous que la cible désignée soit de plus en plus victime.
Elisabeth Quin et ses petits jeunes hommes décoratifs...

Clémentine AUtain parle de manque de symétrie dans les rapports hommes/femmes. Chaque fois que je regarde la passation de parole d'Elisabeth Quin dans le 28mn d'Arte à ses deux chroniqueurs mâles, je ressens le même malaise que quand je vois les gros "lourds" (vous les reconnaitrez, je ne les connais pas trop) qui parlent des jolies potiches qui les entourent.
Je ne sais pas si les 2 mecs en question ont ce sentiment, mais je serais curieuse de savoir si d'autres personnes l'ont??? Il me semble que cette dame, chaque soir, tient à montrer qui "est" le pouvoir!
Madile
Christine Angot ne clashe pas Sandrine Rousseau. Elle ne la réduit pas. Elle ne l'empêche pas de penser. Elle réagit comme un auteur et objecte au discours la parole. En faisant son métier d'auteur, Angot nous a évité un sempiternel message publicitaire (oui, les sujets les plus graves sont absorbés par une modalité de publicité!) et nous a plongé dans une recherche d'auteur : comment dire ?
https://blogs.mediapart.fr/maia-maiakov/blog/081017/les-mots-sont-plus-importants-que-les-procedures-de-limportance-des-auteurs
Il est vraiment bizarre que jamais dans l'émission ne soit analysée la première réaction de Christine Angot aux propos de Sandrine Rousseau.
Personnellement je n'avais pas vu l'émission de Ruquier et la phrase de Sandrine Rousseau:"appeler d'autres personnes qui ont été formées pour accueillir la parole", m'a fait mal. Elle met Angot hors d'elle.
On accueille pas la parole, on la vit par empathie ou on la rejette...
Est-ce que vous pouvez comprendre ce que cette proposition a de terrifiant: pour écouter, pour entendre, il faut être formée???
Nous avons entendu ce genre de propos au moment des meurtres de Charlie, les enseignants disaient "on ne peut pas en parler avec nos élèves, nous ne sommes pas formés! "
Cela signe la mort du rapport humain qui nous permet d'accéder à l'autre et à sa parole.
Ce n'est pas la formation qui permettra à une femme violée de se faire entendre.
L'interview filmé, quelqu'il soit, est forcément mis en scène. Par conséquent celui de C. Autain l'est également et le choix qui est fait peut donc être discuté. Le jugement de C. Angot s'il est sans nul doute inacceptable dans sa forme il n'en est pas moins juste. Cette tapisserie déchirée, ce fauteuil fatigué sont des éléments qui apportent une artificialité indécente par rapport au sujet traité. On pense immédiatement au mot de Godard repris par Rivette à propos du film Kapo : "le travelling est une affaire de moral". Le propos ne pouvait admettre qu'un décor banal et naturel. Par exemple un banc public d'un jardin public quelconque, avec plan serré. En quelque sorte le metteur en scène doit savoir s'effacer devant certains sujets.
tout dabord, merci pour la diffusion de cette intéressante vidéo. cependant, je regrette que Daniel S interrompe les invités. de plus, concernant le sexisme dans les bars, j avais envie de dire qu effectivement ce rapport-homme femme est tronqué pas seulement dans la société magrhébine, mais dans toute la france. j ai l expérience de connaissances jurassiens me parlant des femmes au bistrot. ce sont des putes ou des alcooliques. elles doivent etre a la maison et non au bistrot. autant vous dire que j avais bondi.. et que cet homme , n hésitait pas à me montrer que les femmes sont juste là pour etre "baisée" ou femme a la maison. qu en tant de célibataire, je devais coucher avec lui. bref, voilà.. autant vous dire que j ai cessé ce jour de croire que les femmes sont les égales de l homme en france.. quand au harcellement de rue, je l ai vécu aussi. "salope" parce que j étais enceinte ( j avais 25 ans, dans les années 80 )
voici quelques points n'analyse .
le concept d'exil / Angot pousse à l'exil ROUSSEAU quand elle lui refuse sa langue , son récit . Exil dont Rousseau a tenté de sortir par son livre .
Le mal / entendu .. Angot souffre d'un mal entendu qu'elle refile comme une patate chaude à ROUSSEAU. .

La légitimité ou pas à faire émerger dans la cité la question du viol de le rendre intelligible sans en faire son fond de commerce quitte à reverser ses droits d'auteur à une association reste un enjeu majeur .
excellente émission
Merci à Madame Rousseau de s'être livrée à ce témoignage. N'en déplaise à l'individu Moix, Ce témoignage n'est pas contestable. Merci à tous les intervenants de ce plateau d'avoir su traiter ce sujet de manière sereine afin de faire avancer le débat.
Ce qu'Angot dénonce dans le décor du documentaire c'est le lieu commun qü'il valide dans l'imaginaire du viol, qui deviendrait presque excusable si on peut en faire un chanson.

"et j'ai renversé à Trousse chemise
Malgré tes prières à corps défendant
Et j'ai renversé le vin de nos verres
Ta robe légère et tes dix sept ans
Quand on est rentrés de Trousse chemise
La mer était grise, tu ne l'étais plus
Quand on est rentré la vie t'a reprise
T'as fait ta valise t'es jamais r'venue."
(Charles Aznavour)
Bien joué, Daniel, le coup de "Nolwen Leroy s'est fait lever sa jupe chez Ardisson", et en plus, personne ne relève ! Cette tournure m'a toujours insupportée, mais il faut croire qu'elle est bien ancrée dans les habitudes. Et là on ne parle même pas de viol pourtant...
L'émission était pas mal, j'espère que vous en referez d'autres sur le sujet car comme l'a montré votre formidable invitée, du point de vue du traitement médiatique, il y a beaucoup à dire. Il n'y a pas de manière idéale de parler du viol, des agressions sexuelles et du sexisme, et il est contre-productif d'attiser le conflit entre femmes. Qu'on en parle, c'est déjà l'essentiel, et au fil du temps les idées et les positions s’affineront, et peut-être même que nous évoluerons.
Bonjour
Je pense Daniel que vous auriez pu prendre un peu de temps au début de l'émission pour présenter la nouvelle venue Hélène Assekour.
Bienvenue Hélène.
Merci pour cette emission de grande qualité! Les invitées sont brillantes. Du parfait arret sur images!
J'ai renouvellé aujourd'hui mon abonnement, c'est la 6eme année, et je souhaite encore longue vie a @si.
Une des intervenantes dit que la main au cul, c'est le quotidien de toutes les femmes. Personne ne bronche. Acquiescement silencieux des autres femmes présentes sur le plateau. Alors je me permet une petite rectification : c'est le quotidien de toutes les femmes, sauf moi. La main au cul, le harcèlement de rue, les insultes, les menaces, c'est , à en croire les médias, le quotidien de toutes les femmes... moins une : moi. Quand je sors dans la rue, quand je vais danser, quand je vais dans un bar, les hommes me respectent. Suis-je seule dans mon cas, ou bien avons-nous tellement peur des féministes médiatisées que nous n'osons pas prononcer cette simple phrase : « Moi, Natacha, je ne suis pas, la plupart du temps, victime de la violence masculine , je n'ai pas peur de sortir dans la rue, aucun homme ne touche jamais mon corps sans mon autorisation et je ne souhaite pas que d'autres femmes parlent en mon nom ».
Emission finalement super intéressante, d'utilité publique? Mettons là en avant!)
Pourtant, elle est juste, la colère d'Angot. "formés pour accueillir la parole, je ne peux pas entendre ça, c'est un blabla... "
Je la partage, en tout cas, cette colère. J'ai ressenti la même en entendant Vallaud Belkacem sortir comme un lapin de son chapeau des "mallettes pédagogiques" après l'attentat de Charlie Hebdo, j'ai la même devant le projet de loi contre le harcèlement de rue.
Une chose me semble sûre : on ne peut pas être "formé pour accueillir la colère", parce que la colère, justement, résiste à l'accueil, signifie que le réel excède "l'accueillable", l'audible, le dicible...
Peut-on suggérer au passage que l'inceste subi dans l'enfance, et le tripotage imposé à l'âge adulte, si odieux qu'il soit, ce ne sont pas tout à fait des expériences comparables ? Qu'il y a une forme d'invisibilisation aussi à amalgamer les deux dans une même problématique, à y répondre par les mêmes recettes ?
C'est une expérience pénible, de subir la colère. De la ressentir aussi, d'ailleurs. Il me semble, Sandrine Rousseau, que vous (seule) tentez de ne pas vous laisser enfermer dans le choc émotionnel de cette colère, dans une posture de "victime d'une agression", que vous savez qu'elle a du sens. Et pas seulement un sens "politique" comme celui que lui prête Schneidermann.

Bon, je continue de cogiter à tout ça, mais là j'ai pas le temps d'en écrire plus. Entre autres sur la parole, le discours, le "racontage" , et Hiroshima...
Dispositif habituel, toujours agaçant mais tout particulièrement pénible compte tenu du sujet de l'émission : Daniel Schneidermann aux commandes, assisté d'une collaboratrice consciencieuse mais jouant les utilités, et trois invitées intéressantes constamment interrompues par le seul homme du plateau. Monsieur Schneidermann cherche à obtenir ce qu'il a prévu d'entendre, parle plus fort que ses invitées pour garder le contrôle de son émission, et se permet des plaisanteries ardissonesques (oui certes Clémentine Autain était assise, pas debout).

C'est pas gagné...
Très bonne émission.
N'empêche que ce n'est pas gagné !
Cette émission de Ruquier est obscène, on retient de cet échange violent que ceux qu'on croit chroniqueurs ne sont que deux égos malades, qui dénient à Sandrine ROUSSEAU le droit de faire oeuvre...
Elle n'a pas le droit de marcher sur leurs platebandes d'artistes, car elle n'appartient pas au même monde qu'eux : eux seuls savent ce qui peut faire livre. Ce moment de télévision montre merveilleusement l'obscénité du milieu Culturel Parisien... où une poignée d'oligarques, qui se tiennent par la barbichette, font la pluie et le beau temps.
Angot et Moix disent la même chose : "MOI, je suis écrivain, TOI non !"
Ils ne peuvent pas s'empêcher de se mettre en avant alors qu'on leur demande ici d'être des critiques : ils leur est impossible de ne pas parler d'eux, de dire leur propre talent, de dire qu'eux sont écrivains... de dire qu'ils ont du talent... et pas elle.

Cette émission est un spectacle ignoble.
Un spectacle qui dit l'ego immonde de deux mâles Parisien en souffrance : Moix et Angot veulent encore et toujours plus de reconnaissance...PERSONNELLE.
Ils sont bien meilleurs qu'elle !
Bonjour,
Une remarque qui sera considérée comme très légère sur un sujet si grave, mais il est évident qu'on ne peut pas dire " je me suis faite violer" ou "elle s'est faite violer". Pourquoi ?
D'abord parce que sur le fond il est bien plus juste, comme le disent toutes les participantes de dire "elle a été violée", c'est évident.
Mais aussi simplement parce que, sur la forme, personne ne semble connaitre le français dans cette auguste émission.
En principe, en français, on devrait dire "elle s'est fait violer" ou "je me suis fait violer".
https://www.projet-voltaire.fr/regles-orthographe/elle-s-est-faite-faire-ou-elle-s-est-fait-faire/
Évidemment, c'est comme pour les accords des nombres avec le mot euro, à force d'entendre des erreurs grossières de la bouche de tant de journalistes, même les meilleurs, on dira le probablement bientôt partout.
Surprenant ! dans une émission qui se nomme "Arrêt sur Images" personne ne remet en cause la société du spectacle ! Ruquier, Ardisson...qui sont ces clows qui ne sont là que pour faire du "buzz" comme on dit....au secours Max-Pol Fouchet, Bernard Pivot...et bien d'autres, revenez ils sont devenus fous et des personnes intelligentes participent aux jeux du cirque !! ..et elles s'étonnent d'être malmenées ?...battons-nous pour un véritable service public.
Super les nouvelles cartouches. Les laisser un peu plus longtemps serait un plus.

Sinon super émission.
Bravo pour vos émissions et celles ci en particulier,
émissions des plus intéressantes
merci
Bien que l'émission soit intéressante, j'ai trouvé assez insupportable la façon dont Daniel cherche à parler à la place de Rousseau sur son interprétation de la phrase "C'est comme ça" (le refus d'écouter décidément).
Rousseau fait l'effort d'expliciter le ressenti que pouvait avoir Angot en formulant cette phrase : l'impasse juridique qui existe sur la question rend l'effort humain, individuel absolument primordial pour une femme pour s'en sortir. Premier réflexe des autres intervenants : interrompre, non pas écouter le ressenti mais politiser la chose, y aller de son opinion et de son avis. Y compris lorsque c'est Rousseau, qu'ils savent pourtant du même bord, qui fait cette analyse.

A croire qu'il vaille mieux écouter une certaine forme d'expression de la violence qu'une autre ? Renier l'expérience de l'une des deux intervenantes, et toute forme d'explication empathique ?
Emission plus qu'intéressante.
Très bonne émission, merci aux invitées,
dommage qu'il n'y ait plus de "making off" dans le corps de l'article, par exemple pour mettre un lien vers "Prenons la Une" dont je n'avais jamais entendu parler.
Un bon plateau. Peu à peu la reconnaissance des violences sexuelles est prise en compte. J'avoue une allergie à Angot dont les accès de colère sont recherchés par les animateurs pour l'audience mais qui ne fait pas avancer la cause des femmes.
Merci de cette émission . Et ça fait 10 ans que je post sur le machisme en France et sur les journalistes qui écrivent homme avec un petit h quand ils parlent de l'humanité, et tout le monde s'en fou, par contre mes écris avec mâle , là j'ai eu droit a des remarques .
Autre truc, c'est pas parce qu'il y a une femme qu'un groupe n'est pas machiste, les femmes sont machiste comme le transmet le patriarcat (nous créons le monde aussi) , nous sommes nous aussi traversé par les valeurs de notre société, sur la faiblesse des femmes, leur bêtise, le fait qu'elles bossent; que nous soyons en danger, et les mec ne vivent absolument pas cela .. les femmes aussi doivent se nettoyer du manque de respect qu'elles ont envers le autres femmes, de la jalousie aussi, et plutot se réjouir de la réussite d'une de nous, et d'avoir de l'ambition ... de la bienveillance, c'est pas gagner.
Bravo, merci pour cette émission, merci d'avoir bien fait votre travail.

J'ai noté quelques rires de Daniel, soit gênés, soit allégeant la discussion, une marque de gêne du présentateur devant un sujet pas facile à manier en tant qu'homme journaliste, doublement questionné sur le problème ? Dommage que la co-animatrice Helène Assekour ait été autant en retrait par rapport à Daniel.

Félicitations à Sandrine Rousseau pour son combat, s'il fallait une preuve de la nécessité de "parler", comme est titré son ouvrage, on a eu une brillante démonstration.
Clémentine Autain a également été brillante, et beaucoup plus audible qu'elle peut l'être parfois sur des plateaux bfmisés.
la preuve que quand on laisse parler les gens dans un espace médiatique "safe", étrangement leur propos a le temps d'être approfondi, nuancé et affiné.
Une fois de plus, je trouve que l'objectif n'est pas d'apprendre aux femmes à se protéger (bien que ce soit nécessaire et vachement utile dans les cas d'urgence) mais aux hommes à ne plus être agresseur.
Et bon vent à Prenons la une, collectif garanti d'utilité publique.
Lu, approuvé et voté.
oui 'aux hommes à ne plus être agresseur. ' que les mecs apprennent aux autres mecs a se tenir. L'éducation de jeunes hommes et du aux adultes du meme sexe, les garcons n'imitent pas leur mère mais leur père, donc que les gars éduquent leur fils, ce serait normale, les femmes n'y arriveront pas (la preuve c'est nous qui élevons les momes depuis l'aube de temps et pas d'égalitarisme), parce que les petit garçon savent qui ils doivent devenir.
Que les mâles s'éduquent et se poussent pour nous laisser de la place, nous n'y arriverons pas seule avec notre fortune divisé par deux, et notre poids plume, par contre on est meilleure a l'école, pour 25% de salaire en moins ... on a pas demandé aux esclaves de 'affranchir seul, c'est bien les blanc qui l'ont fait, ont été obligé de partager qq terre et on arrêté le racisme .
vous avez raison, "qu'on éduque les hommes" ne sous entendait pas pour moi que les femmes éduquent les hommes, mais ça va mieux en le disant :)
C'est assez ironique de voir Daniel Schneidermann user des mêmes attitudes sexistes reprochées juste avant à Thierry Ardisson. Sandrine Rousseau commente l'attitude de Clémentine Autain en disant qu'elle "est debout", Daniel Schneidermann la reprend avec un gloussement : "en l'occurrence, elle est assise", alors que tout le monde avait compris le propos de Sandrine Rousseau. Même chose avec Mathilde Bastide, que le journaliste interrompt et somme de commenter le décor critiqué par Angot, parce que ça l'intéresse, lui. Il y a du boulot !!
Même chose avec Mathilde Bastide, que le journaliste interrompt et somme de commenter le décor critiqué par Angot, parce que ça l'intéresse, lui. Il y a du boulot !!

C'est une marque de fabrique de DS. Faites un tour sur les forums des émissions, vous constaterez que cette critique ressort presque à chaque émission. Il interrompt pour obtenir la réponse à sa question, sans en démordre. De là à y voir une attitude sexiste…
Les gloussements et l'humour "relou", c'est pas sexiste non plus ? DS serait-il votre vache sacrée ?
C'est assez ironique de voir Clémentine Autain user des mêmes attitudes sexistes reprochées juste avant à Thierry Ardisson. A partie de 22:25 Lauren Bastide explique qu'on n’utilise pas les bons mots et qu'on ne dit pas "elle s'est faite violé" et Clémentine Autain la coupe pour dire "abus" (le doigt levé comme en classe pour demander la parole) avant d'esquisser un petit rire ou pour parler d'omelette, ce qui ne fait rire que Daniel, sourire un peu Sandrine Rousseau (qui semble ailleurs) et Lauren Bastide qui ne doit pas réalisé à ce moment précis le "sexisme s'exprimer". Ce ne doit pas être un sujet grave ou je ne dois pas avoir tout compris ; sinon oui, il y a du boulot...

Je radote ; c'est la colère.
Les amis de Noa Jansma, une étudiante de 20 ans qui vit à Amsterdam, ne voulaient pas la croire lorsqu’elle leur disait qu’elle se faisait harceler presque quotidiennement dans la rue. Pour le leur prouver, elle a décidé de se prendre en photo avec ses harceleurs et de poster ces photos sur le réseau social Instagram. En un mois, Noa Jansma a posté 24 photos sur le compte "dearcatcallers" (chers harceleurs).

Selon la jeune femme, tous acceptaient de se faire prendre en photo, "parce qu’ils trouvent que ce qu’ils font est tout à fait normal". L’expérience, qui a attiré 46 000 abonnés, arrive à son terme, mais le compte Instagram va être repris par d’autres femmes, ailleurs dans le monde. Le but : montrer que le harcèlement est un problème qui concerne les femmes du monde entier, quotidiennement
(Le Monde.fr).
Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.