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Vote électronique, pourquoi casser les urnes?

Abstention record, crise de la représentation politique : tout est réuni pour le grand retour du vote électronique, ce serpent de mer techno-politique. Tant pis si les expérimentations ont occasionné trois à cinq fois plus d'erreurs de dépouillement que le système traditionnel, tant pis si les expériences montrent que l'abstention n'est en rien réduite par le vote électronique... il se trouve toujours une start-up prête à disrupter la démocratie.

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Je crois bien que vous n'avez pas lu l'article. Ni quoi que ce soit sur le sujet ces dix dernières années. On va faire simple : ça ne fonctionne pas, n'est pas démocratique, puisque non vérifiable et ouvre la voie à encore plus de vente de vos donnée(...)

Derniers commentaires

Contribution à la réflexion sur l'abstention :



A Ambleteuse, les  électeurs étaient appelés à élire leur maire Dimanche dernier , l'élection précédente ayant été invalidée sur recours du perdant . 


Ambleteuse : 1752 inscrits .


Le taux de participation aux Régionales et Départementales a été de 32,42 % 


Le  taux de participation dimanche pour cette élection municipale : 72,3%




A une époque où les gens sont de plus en plus mobiles, fréquemment loin de leur foyer, il me semble que la question posée par le vote électronique est légitime. Beaucoup de gens autour de moi n'ont pas voté parce qu'ils étaient ailleurs ce jour-là. Qu'ils ne soient pas des citoyens exemplaires n'est pas la question: ils sont la réalité d'aujourd'hui, point. Nous n'avons pas (encore?) les solutions techniques, soit. L'idée en elle-même est peut-être mauvaise, voire. Mais il s'agit d'un vrai  problème, et il mérite qu'on y réfléchisse ensemble.

Depuis deux ans de luttes sociales ? DEUX ANS ?!?

Alors tout-à-fait d'accord avec le reste de votre article mais là... ça fait bien plus de deux ans que
 le peuple est en lutte et qu'il est brutalisé.

Alors les Gilets Jaunes, certes. Mais avant ça, la loi dite El Khomri pour ne citer qu'elle, qui avait déjà mobilisé contre elle et provoqué en retour une répression (graduellement toujours plus) violente.

Et il y a une continuum évident entre la politique économique et sociale sous Hollande et celle sous Macron... et un continuum tout aussi évident dans la répression.

je vote encore, si je devais passer par un algorithme, inutile de dire que je ne voterai plus, aux états unis le vote par correspondance a été un franc succès, pourquoi n'est-ce pas possible en France? les décideurs de droite ont peur que la gauche sorte vainqueuse des urnes? je vous recommande la lecture de "demain les chiens" ou comment était déjà envisagé la dislocation du politique dès l'après-guerre!

L'argument de la rapidité de dépouillement est vraiment curieux. Le dépouillement prend très peu de temps, et les résultats sont connus et fiables au niveau national dans la nuit qui suit les élections. Franchement, à quoi peut bien servir de gagner quelques heures ? Qui a besoin de ça ?


En plus c'est facile à faire, et ça permet au citoyen de participer...


Franchement le problème de l'abstention ne vient certainement pas de là. Peut-être tout bonnement que les gens n'ont plus envie d'être représentés ?

En fait sur le fond quelle qu’en soit la modalité, il n’est jamais raisonnable d’accepter le principe d’un vote avec autant d’importance et de tolérer qu’un yaourt rose ou bleu obtienne un blanc seing (le mandat souverain) pour faire le contraire de ce qu’il avait annoncé pendant 5 ans sur le principe d’un accord non éclairé de 15 % de la population.


Ce qui est raisonnable c’est de déconcentrer le pouvoir. Aucun être humain ne devrait pouvoir avoir autant d’impact sur tous les autres.

Merci ! J'ai beaucoup apprécié le ton (et le contenu) de l'article.


Je reviens sur le point suivant à la fin de l'article :

 Ce qui fait beaucoup de mots pour décrire la sous-traitance du domaine électoral à des acteurs privés - pardon, aux "entrepreneurs citoyens"- contre l'accès aux données publiques, dont ils seront ensuite libres de monétiser l'analyse à des clients tiers.  


Je ne sais pas si c'est exactement équivalent, mais cela me semble déjà le cas dans le domaine de la santé avec Doctolib (la sous-traitance à des acteurs privés), je ne comprends pas que ce soit si peu remis en question....


Comme beaucoup ici, je suis contre le vote électronique: aucune confiance dans le dépouillement, et des hackers étant capables de détourner de l'argent des banques, rien ne promet qu'on ne découvre pas qui vote pour qui! 


Etant capable de payer mes impôts par internet, je pense pouvoir voter sur une machine. Je fais partie des 33% qui ont voté, je n'en suis pas vraiment fière car il m'est arrivé de ne pas me déplacer( 2ème tour des présidentielle; choix politique) je deviendrai abstentionniste si on ne nous propose que le vote électronique pour les raisons données ci-dessus!

J'ai l'impression que le point de vue des éditorialistes sur le vote électronique rejoint un peu le principe du "la technologie c'est magique" (comme pour le climat : "on trouvera des solutions, ne changeons rien -- on = les ingénieurs hein, pas moi faut pas déconner non plus").


En dehors de toute considération sur la faisabilité technique, ça pose un problème d'acceptation des résultats par la population qui est rédhibitoire.


Le principe peut être intéressant pour la consultation informelle de l'avis des citoyen(ne)s toutefois. Un peu comme un sondage sur toute la population.

L’illustration de xkcd tape bien juste (comme souvent).


N’importe quel informaticien vous dira que le vote électronique est une mauvaise idée pour de simples raisons techniques (essentiellement de fiabilité), et s’il ou elle vous répond qu’il ne voit pas le problème, c’est que vous parlez à de bien piètres informaticiens (où à des commerciaux 🤷‍♀️)


On peut analyser comme on veut le fait que l’abstention soit élevée, mais y voir « c’est parce qu’on n’a pas le vote électronique » didiou xptdr quoi


Mais bon, face à tout « problème », il y a une startup prête à vendre une solution simple … et à côté de la plaque.

C'est surtout là où la différence se fait. L'initiative de Neuilly a déjà ete realisée plusieurs fois par les consulats francais . Et ca n'a jamais marché : un update de java ou de browser et hop plus de systeme.

Je pense qu'il ne sert à rien de parler de preuve de programme et de fonctions homomorphes : la plupart des systèmes deployes ne meritent pas le titre de programme mais plutôt le titre arnaque sur fonds publics.

Le reste est toujours pareil. C'est pas trop cher mais ca ne marche pas. 

Bref la startup nation dans toute sa splendeur.

Je ne m'abstiens pas, je vote pour cet article.


Une idée pour faire baisser l'abstention, plutôt que de voter le dimanche, voter le mercredi avec une autorisation d'absence  au travail pour le permettre. Il me semblme que c'est ce qui se passe au Royaume Uni, non ?

Voilà qui (re) fait le tour de la question , abordant toutes les dimensions . Article exemplaire pour outiller notre sens critique, plutôt que de verser dans des synthèses pré-mâchées . Avec sa " conclusion" de se demander si une soit-disant "start up nation" qui lorgne sur les restes démocratiques n'est pas déjà prête à avaler tout cru la légitimité du vote physique ...

Haha c'est un article coup de gueule. Ça fait du bien des fois. ;)


Je me sens un peu concerné par le sujet, entreprenant dans un domaine touchant bon an mal an la civic tech et vous donne raison. Le vote électronique (comme les crypto-monnaies et 99,99999% des idées de start-up) est une fausse solution en réponse à un faux problème (des frictions dans le fait de voter?), qui essaie de se raccrocher tant bien que mal à un vrai problème (l'abstention) sans le solutionner et, pire encore, en lui ajoutant de nouveaux problèmes.


J'étais complètement passé à côté de cette solution Explain / Liegey Muller Pons (je ne vois pas trop comment d'ailleurs vu que je n'étais vraiment pas loin) et viens de regarder ce qu'ils proposent. Les 3 gus ont compris qu'ils pouvaient se faire beaucoup plus d'argent que les consultants en fournissant la même merde que leurs comparses par une solution informatique plutôt que par une prestation intellectuelle sur-mesure. 


Ce qu'ils proposent n'a en réalité aucun intérêt, mais pour paraphraser ce bon vieux Charlie Munger : les start-uppers continueront à vendre de la merde tant qu'il existe des clients pour acheter de la merde. 

Le domaine de la vérification logicielle, dans lequel je travaille, s'intéresse beaucoup à la question du vote électronique. Et ma position, qui est celle de la plupart des chercheurs de ce domaine est: il vaut mieux ne pas l'utiliser, en tous cas pour les élections réellement importantes.


En effet, on sait depuis les travaux d'Alan Turing dans les années 30 (c'est-à-dire avant l'invention des premiers ordinateurs électroniques) qu'il est tout bonnement impossible de vérifier, automatiquement et en toute généralité, des logiciels. Autrement dit, il est impossible de garantir le bon fonctionnement "dans l'absolu" d'une machine de vote électronique. Ce qui ne veut pas dire qu'on n'est pas capable d'offrir des garanties intéressantes mais toujours sous certaines hypothèses.


En particulier, on peut, en utilisant des techniques de chiffrement homomorphe, concevoir des systèmes de vote garantissant à la fois:

1) la confidentialité du vote: personne d'autre que vous ne peut connaitre votre vote)

2) la vérifiabilité du vote: chaque personne peut vérifier que son vote a bien été comptabilisé

(voir par exemple cette présentation)


Le deuxième point est un avantage y compris sur le système de vote actuel (bulletin dans l'urne), qui ne permet pas un contrôle individuel et secret du vote. Le vote électronique peut donc, du moins en théorie, être assez fiable et présente même des avantages comparé au vote papier traditionnel.


Mais cela repose sur des hypothèses nécessitant un certain niveau en mathématiques pour être comprises. De plus, même si ces hypothèses sont vérifiées, il faut s'assurer que l'ensemble des machines impliquées n'ont pas été piratées, qu'il n'y a pas de bugs dans les logiciels, etc. Bref, on retombe dans le problème général dont je parlais au début.


Et même si on arrivait à donner des garanties suffisantes, celles-ci demanderaient, par leur nature même, de grandes connaissances en mathématiques pour être comprises. Il n'y aurait en France que quelques centaines, au mieux quelques milliers de personnes capable de comprendre pourquoi le système marche.


Et c'est là la grande force du sytème de vote "papier": pour vérifier ce système, il suffit de savoir lire et compter, deux compétences "basiques" qui sont enseignées à tous. Passer à un système de vote électronique ne ferait qu'accentuer la défiance de l'ensemble des citoyens envers un système qu'ils seraient alors incapables de vérifier par eux-même.






Ce qui est impressionant , c'est qu'ils pensent que nous sommes des feignasses et que c'est la raison pour laquelle on vote pas . Alors j'ai du mal a croire qu'ils pensent vraiment ça , je les crédite de trop d'intelligence vous pensez ? Hum ...Une Pécresse qu'elle pense ça , je veux bien , qu'un Macroniste , OK . Mais la plupart savent exactement , les raisons de ce non vote . Un écoeurement devant cette classe politique corrompue ,  ces programmes indigents , la démocratie défaillante , et j'en oubli surement . C'est juste une espèce de dernière  lancée de ligne pour gagner du temps .Quel sera le premier , après >Méluche à enfin évoquer le problème , a oser le dire sur BFM , logiquement ce sera un mec de gauche , et puis ça va faire son chemin , mais ça va être dur de se regarder en face , putain je suis un enculé , un profiteur , une crapule , et si je veux continuer a profiter encore de ce système , il va falloir que j'accepte des règles du jeu démocratiques et que je fasses de vraies propositions , ça doit carburer dur dans les tronches de ces élites .

Excellent article, merci infiniment Thibault de traiter ce sujet important. Cet engouement technologique est soit irréfléchi soit malhonnête.


Je regrette juste un peu (mais un peu seulement) que quelques aspects ne soient pas approfondis. Comme par exemple, la différence entre le vote électronique à distance et le vote électronique au bureau de vote. Il est important de faire cette distinction car dans l'esprit et l'argumentaire de beaucoup d'avocat·es du vote électronique c'est bien du vote à distance qu'il s'agit, car c'est lui qui évite d'avoir à se déplacer, qui permet de voter depuis n'importe où, même sur son lieu de vacances. C'est donc de lui qu'on attend (à tort) un véritable impact sur l'abstention.


Or le vote à distance est irrémédiablement disqualifié par l'impossibilité de garantir l'absence de contrainte (coercition chez les spécialistes du vote), tout comme le vote par correspondance ou le vote par procuration qui doivent donc rester des exceptions fortement contrôlées.


J'ajoute qu'à distance ou au bureau le vote électronique n'offre aucun autre avantage que la rapidité du dépouillement (sauf une fois sur deux lorsque surviennent des bugs), mais présente de multiples inconvénients très graves. L'opacité du système et l'impossibilité pour chaque citoyen·ne de l'examiner et de le comprendre (sauf pour quelques rares expert·es en cryptographie, en informatique et en réseau) devrait provoquer un rejet unanime. Malheureusement le technologisme et l'appétence pour les solutions magiques à tous les problèmes rendent attrayantes ces "solutions" foireuses.


Les partisans sincères du vote à distance n'ont rien compris à ce qui fait une véritable élection démocratique et n'ont jamais réfléchi au problème, pourtant facile à comprendre, de la coercition, sans parler des autres problèmes. Les partisans sincères du vote électronique au bureau de vote sont prêt·es à sacrifier rien moins que la démocratie pour gagner quelques heures de dépouillement. Quelle impatience ! Surtout pour des élections dont on constate qu'elles intéressent de moins en moins de gens. En quoi l'annonce des résultats 2 ou 3 heures plus tôt pourrait-elle remédier à ce manque d'intérêt ? J'avoue ne pas comprendre la logique.


Quant aux déçu·es du suffrage universel, elles et ils répètent inlassablement "élections piège à c..." et se moquent éperdument des tentatives de la startup-naichionne pour truquer à grande échelle les élections grâce à la maîtrise de la technologie. Pour elles et eux les élections sont de toute façon toujours truquées, alors un peu plus un peu moins...


Beaucoup mentionnent le logiciel libre et à code source ouvert, les certificats individuels de vote contrôlables a posteriori et tout un tas de gadgets censés remédier aux défauts du vote électronique. Aucun de ces gadgets ne peut sérieusement tenir ses promesses, pour de nombreuses raisons qu'il serait trop long d'exposer ici. Mais la littérature scientifique sur le sujet est assez copieuse et exceptionnellement intelligible. Les papiers de la chercheuse en informatique Chantal Enguehard, mentionnée dans l'article, sont très intéressants et souvent très faciles à lire, même lorsqu'on est pas expert·e. On peut trouver un de ses derniers papiers, "Vote électronique : analyse d’une obstination non scientifique", dans la revue gratuite en ligne Third (https://third.digital/).

Quand j’entends parler* de ce qui se passe sur Facebook, Twitter et autres réseaux dits « sociaux », j’imagine avec terreur ce que pourra être le vote électronique. 


N’importe quelle excitée et n’importe quel excité du clavier pourra en quelques clics déverser sa haine (avec un grand N) ou son désarroi dans les urnes de notre monarchie républicaine. 

C’est en effet un geste citoyen de se déplacer au bureau de vote, d’attendre son tour (quand il faut attendre bien sûr) et de se plier au petit rituel de l’énoncé de son nom, de son numéro sur les listes électorales, d’entendre avec soulagement « peut voter », puis avec le même soulagement « a voté ».


Et j’ajoute que je vois avec inquiétude ce qui va se passer. 

La startupnéchieun va confier la gestion du scrutin à quelques entreprises informatiques moyennant contrats gras et ruisselants et contre les habituelles et rarement tenues promesses « tout sera fait dans les règles et dans le respect absolu de la légalité ».


En résumé, 

Votez dur, votez mou, mais votez dans le trou ! Le trou étant Google ou Facebook ou Amazon, ou Twitter, ou ...




 (*)  à défaut de voir, parce que je me tiens loin de ces merveilles du monde moderne, 

13 millions de personnes ont du mal avec l'informatique, qu'a cela ne tienne, instauront le vote électronique. 

Ceux qui s'abstiennent le font rarement parce que le bureau de vote est trop loin ou que ça prend trop de temps d'aller voter. On peut donc imaginer que la volonté d'instaurer le vote électronique n'a rien à voir avec la lutte contre l'abstention.

Alors pourquoi le faire ?

Réponse complotiste :

Éloigner encore un peu plus les classes populaires du vote. Ce qui a pour effet de reconduire les sortants. Tout changer pour que rien ne change.

Un petit risque cependant, que les vieux votent moins. Ce n'est pas un problème tant que les quartiers populaires votent peu.


Il faut bien que quelqu'un se dévoue pour le dire : les politiciens sont des casse-(b)urnes ! 

bien sûr que le vote électronique n’est pas la solution au discrédit de la classe politique et des médias affidés mais ces expérimentations prefigurent ce qui sera nécessaire pour que le RIC (référendum d’initiative citoyenne) dont le jour viendra puisse être crédible.


et la block chain est loin d’être une mauvaise idée.

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