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Tueur du Puy-de-Dôme : faut-il dire "forcené" ?

Est-il juste de parler de "forcené" à propos d'un homme violent envers sa conjointe, qui met le feu à leur maison et assassine trois gendarmes ? Féministes et chercheuses regrettent un mot "fourre-tout" qui "invisibilise les violences faites aux femmes". Revue de presse et analyse.

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Moi je parlerais plutôt d'un attentat commis par un extrémiste religieux ayant assassiné 3 gendarmes....

Il faudrait amener aux assises les personnes  qui lui ont fourni les armes , celles qui l'ont aidé et celles avec qui il pratiquait la religi(...)

C'est sûr qu'un survivaliste équipé d'un fusil d'assaut à visée laser et d'un gilet pare-balle, le premier mot qui vient c'est "sain d'esprit".

Drôle de débat sémantique, et (me semble-t-il) un peu à côté de la plaque.

Les deux mots ne désignent pas la même chose et, en l'occurrence, il apparaît que l'homme violent avec son épouse ou sa compagne était bel et bien aussi un forcené, c'est-à-dir(...)

Derniers commentaires

Article très intéressant... pour moi, les gendarmes n'ont pas été "victimes d'un forcené", mais victimes collatérales de l'incurie de notre police et de notre justice qui n'avaient jamais répondu aux signalements de son ex-femme...

Attention aux termes car :


- le terme assassiner impliquerait la préméditation ce qui peut mener loin...


- Est-il possible de parler de "violences conjugales"(1)  qui n'apparaissent pas à ma connaissance et à ce stade, contrairement aux problèmes antérieurs de "garde d'enfant" et d'individu "lourdement armé"... Alors ?


On dit fréquemment et avec raison que la gendarmerie est dans la société rurale comme un "poisson dans l'eau" avec une parfaite connaissance du milieu dans lequel elle est appelée à "intervenir" : Etait-ce vraiment le cas ici et sinon pourquoi ?  


En d'autres occasions les médias emploient volontiers au minimum le terme de "terroriste", souvent pour moins grave qu'ici : Pourquoi pas ici ? Parce qu'il ne s'agit pas d'un musulman ?


Question subsidiaire : Quelqu'un connait-il la région en question ? 


(1) A moins que l'appel ait fait état de "violences conjugales" effectives


Conclusion : Tout commentaire d'un fait divers est nécessairement aléatoire quand on ne connait que certains éléments du dossier



J'ai lu dans la Montagne qu'il s'agissait d'un extrémiste catholique. Qu'en aurait-il été s'il avait été musulman ?

Avec une pensée pour Fénéon, j'aurais écrit : "Un concubin violent tue trois gendarmes, en blesse un quatrième à la jambe et se donne la mort, la femme est sauve."

En définitive, le meurtrier s'est avéré être plus dérangé que forcené.

Ce sont effectivement les hommes violents qu'il convient d'identifier avant qu'ils ne commettent l'irréparable. La solution de fond est dans une éducation moins violente, apaisée et plus juste. Les femmes tuées par leur conjoint ne représentent qu'une petite partie, spectaculaire et cruelle certes, des violences quotidiennes faites aux femmes. C'est un travail à très long terme, sur plusieurs générations et nous n'en prenons pas la direction que je sache. Afin de pallier les défaillances éducatives, la détection est une solution qui n'est pas parfaite, on le constate ainsi presque tous les jours. Il doit être possible de l'améliorer en en faisant une priorité, sans trop élever le degré d'intrusion chez les êtres humains qui restent libres et égaux en droit. Vaste et délicat chantier. Vouloir tordre le vocabulaire, la syntaxe pour la faire coller à une vision précise me semble ici hasardeux étant donné le profil extrémiste du candidat, un champion de France dans sa triste catégorie.

Je m'étonne qu'il n'y ait pas de lien fait avec le Covid et le confinement, surtout pour un survivaliste, l'ONU alerte pourtant sur l'augmentation de la violence domestique (qui touche les femmes mais aussi les enfants) pendant les confinements   a priori +30% de signalements en plus en France.

Moi je parlerais plutôt d'un attentat commis par un extrémiste religieux ayant assassiné 3 gendarmes....

Il faudrait amener aux assises les personnes  qui lui ont fourni les armes , celles qui l'ont aidé et celles avec qui il pratiquait la religion, fermer son lieu de culte....  

Ah non cela ne compte pas ce n'est pas un musulman salafiste mais un intégriste catholique d'extrême droite ancien militaire mais par ailleurs bien connu  des services de police ou de gendarmerie pour de multiples incidents dont certains graves qu'il a eu l'occasion de commettre ces dernières années...

Savoir dans notre état de contrôle comment une telle personne aussi signalée a pu se procurer et détenir cet armement pistolet et fusil automatique silencieux lunette de tir.... 

Encore une récupération politicienne fait sur des cadavres encore chaud. Cette façon de faire est absolument dégueulasse , d'où que soit le bord qu'elle vienne.
On a affaire à un survivaliste / intégriste catho / fanatiques des armes / auteur d'un triple homicide, mais ce qu'il faut retenir, c'est que c'est un mari violent? Je suis pas sûr que ce dernier point explique les précédents.  

Pour être plus claire, le meurtrier des trois gendarmes est un fondamentaliste religieux et appartenait au courant survivaliste de l'extrême-droite intégriste. Son arsenal comprenait un pistolet Glock, un fusil d'assaut semi-automatique avec silencieux avec visée laser et gilet pare-balle.  Pour résumer c'est un terroriste envers sa femme et envers la société.

Violence intra familiales, violences conjugales.

Il faudrait dire homme violent, parce qu'avec les mots précédents, à l'écoute des informations, on ne pouvait pas savoir si c'était un homme ou une femme. C'est en grande majorité les hommes, pas besoin de préciser ? 


Je suis bien d'accord, il faut éduquer les enfants dès le plus jeune âge. Il faut éduquer au respect de la personne humaine : fille garçon ou autre. Ca devrait être obligatoire. Il y a beaucoup de travail, et une vraie urgence.

Ce n'est pas les pervertir mais les protéger, souvent ils sont victimes collatérales ou victimes tout court.


Regardons les jouets que nous allons offrir : qui aura les jouets roses et bleu pâles ou aspirateur ? qui aura les tracteurs, lasers et autres armes ?

Il y un autre angle de critique possible sur cet événement :

Entend-on le mot "forcené" dans le cas des attentats islamistes ? Et pourquoi pas ? En quoi les djihadistes sont-ils plus sains d'esprit que l'homme de Saint-Just ?

Et pourquoi n'entend-on pas le mot "terrorisme" dans ce cas-ci, alors que l'homme est vraisemblablement imbibé d'une idéologie politique violente ?

Où sont les politiques qui promettent des lois d'exception, des projets anti-séparatisme, des dissolutions d'associations, etc. quand il ne s'agit plus de la religion musulmane  ?

Où sont les syndicats de policiers qui réclament une justice plus sévère ?

Drôle de débat sémantique, et (me semble-t-il) un peu à côté de la plaque.

Les deux mots ne désignent pas la même chose et, en l'occurrence, il apparaît que l'homme violent avec son épouse ou sa compagne était bel et bien aussi un forcené, c'est-à-dire une personne en proie à une crise de folie furieuse. De plus, comme l'ont déjà souligné certains commentaires, cette crise de folie furieuse n'a pas abouti à un féminicide mais à trois "gendarmicides".

Au risque de rappeler une évidence, ce n'est pas la violence de cet homme envers son épouse ou sa compagne qui a causé la mort des trois gendarmes.

Sur l'effacement du genre relevé par Rey-Robert, mauvais procès là encore : quand on dit et orthographie un forcené, on indique le genre grâce aux règles élémentaires de la grammaire. Je n'ai certes pas procédé à une revue de presse exhaustive, mais tous les exemples cités dans l'article utilisent le masculin.

De plus, dans les supports d'information qui m'ont appris la nouvelle, à chaque fois on a indiqué que les gendarmes avaient été tué par un forcené (au masculin, donc) dans le cadre d'une intervention pour violences conjugales et les propos ou les articles mentionnaient tous que la femme s'était réfugiée sur le toit. Où est l'effacement du genre ?

Je pense que justement l’important est peut-être (l’enquête le confirmera ou pas) que ces meutres des corrolaires du fond principal de l’affaire, à savoir une femme subissant des violences de la part de son compagnon. Cette vision peut choquer, mais si elle est avérée, elle peut être éclairante sur la manière dont notre société gère les violences faites aux femmes.

Il suffit d’imaginer que cette femme ait été « simplement abattue », pour que d’ailleurs on en ait à peine entendu parler. Ça n’aurait été qu’un féminicide de plus

"Au risque de rappeler une évidence, ce n'est pas la violence de cet homme envers son épouse ou sa compagne qui a causé la mort des trois gendarmes. "


Si c'est une évidence, redisons -la : il n'a pas visé sa victime et touché par mégarde quatre gendarmes.

Bon, et maintenant ?

Il me parait trop facile de ne pas prendre en compte que la violence est un système, un mode de fonctionnement, un façon d'envisager ses relations avec les autres. 

La violence ne fonctionne pas par crises, elle  est toujours là. 

La "crise" est juste plus visible. 

Vous évoquez le forcené  personne en proie à une crise de folie furieuse

La violence monte jusqu'à son paroxysme quand la victime tente de se sauver et quand elle reçoit de l'aide, ce sont les soutiens qui deviennent de nouvelles cibles.

Il y a un point qui n'est pas évoqué, c'est la mort de cet homme. Je n'ai pas lu comment elle était survenue. Mais il faudrait se pencher sur ce qui pousse un grand nombre de ces hommes violents ayant laissé leur violence s'exercer au plus haut point et qui se suicident. 

Lâcheté, refus d'affronter les règles de la société ou retour de la violence vers soi dès lors qu'elle ne peut plus être infligée à d'autres ?

Après avoir posté un "vrai" commentaire, j'en poste un "faux" afin qu'un éventuel modérateur l'intercepte et le fasse suivre à qui de droit ! Cela fait près de quinze jours que j'essaye de joindre quelqu'un pour mon abonnement qui a été débité deux fois le même jour alors que son paiement était en règle. J'ai essayé de trouver le bon endroit pour poser la question : visiblement, il n'y en a pas... En tout cas, deux messages sont restés sans réponse. Alors, avant que je ne m'offre à Noël le cadeau de ne plus être abonné à ASI ( ce qui serait dommage), que quelqu'un me réponde, s'il vous plaît !

Sinon pour des raisons purement idéologiques, pourquoi vouloir mettre en avant tel ou tel aspect de l'individu en question ? Apparemment, l'élément déclencheur a été l'agression contre sa femme, mais sans qu'on puisse parler de "féminicide" (alors que les gendarmes sont eux bel et bien morts, non ?). Le type avait revêtu un gilet pare-balles (pour tuer sa femme, bien sûr !), il collectionnait les armes (pour être sûr de pouvoir tuer sa femme si besoin, bien sûr !) et était équipé d'un fusil à visée laser (pour ne pas rater sa femme, bien sûr !), il fréquentait assidument les milieux catholiques extrémistes (pour gagner le Paradis malgré le féminicide, bien sûr !) et il avait des tendances survivalistes (pour échapper longtemps aux conséquence de son féminicide, bien sûr !). A force de "chercher", on finit par trouver, non ? Pour ma part, "forcené" me convient parce qu'il laisse ouvert le champ de la complexité d'une affaire hors normes.

CQFD. Oui nous avons besoin de nouveaux mots pour décrire certaines réalités. Pour les auteurs de violences conjugales chroniques notamment, mais pas seulement. 

Ce sont des études canadiennes qui ont montré que les "crimes passionnels" étaient en fait l'aboutissement d'un long processus de mise sous emprise de l'autre, pas du tout des coups de folie. Et qu'ils se produisent le plus souvent quand la victime tente d'échapper à l'emprise, justement. J'espère vraiment que ces trois morts, qui ne sont pas les premières du genre, contribueront au renforcement des approches préventives - c'est un sujet qu'on devrait aborder dès l'école, pendant le cours d'éducation affective/sexuelle/relationnelle, pour que les relations hommes/femmes soient mieux décryptées. il est plus que temps !

Je partage le malaise devant l'abus du terme forcené. Ce mot catégorise l'auteur des faits dans notre conscience: "Puisqu'il est officiellement malade mental, nous avons officiellement le droit de ne pas vraiment nous sentir concernés... C'est juste la faute à pas de chance !"

On peut donc en effet être dérangé par l'emploi anesthésiant de ce mot. Et assurément il permet de désactiver l'aspect "féminicide". Je trouve pour ma part regrettable qu'il ne se trouve pas grand monde pour s'inquiéter de l'idéologie "survivaliste" du tueur - tout aussi masquée par l'emploi de "forcené". Il faudrait plus de détails, mais enfin nous avons régulièrement des informations sur la montée d'un certain type de violence: "je me débrouille tout seul, l'état n'existe plus, j'achète des armes, ça va péter !" Cette violence est souvent liée à une idéologie d'extrème-droite (ici apparemment l'homme était plutôt catholique intégriste et croyait la fin du monde proche) - mais avec "forcené", on coupe court à toute tentative de connexions, de réflexion, d'interrogations.

Le terme a deux acceptions différentes suivant qu'il est utilisé comme "nom" ou "adjectif". Un forcené implique potentiellement une dimension psychiatrique. Un conjoint forcené donne le contexte social et la notion de violence.

Comment appelle-t-on, un mec qui pète les plombs et commence à massacrer autour de lui?

En Indonésie on dit "Amok".

On n'a pas fini de rigoler...

C'est sûr qu'un survivaliste équipé d'un fusil d'assaut à visée laser et d'un gilet pare-balle, le premier mot qui vient c'est "sain d'esprit".

Est-il juste de mettre de hashtag "féminicide" pour un homme qui n'a pas tué sa femme ?

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