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Silence, Jancovici sonne le glas !

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Sonnons le glas pour parler d'une cloche : Glucksmann visitant une éolienne ?  Qui brassait le plus de vent ?

Jancovici ne dit pas que des conneries, loin de là, mais ça reste un polytechnicien qui met sa raison au-dessus de celle de tous les autres, qui a cette capacité à dire "ça va mal mais le capitalisme c'est pas trop grave et monsieur et madame tout le(...)

Et sur le nucléaire en temps de sècheresse , il n'a pas dit de faire son deuil ?

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L'éditorialiste de LCI en arrive probablement à la conclusion qu'il y a trop de "normes" après des pates trop cuites ou après avoir marché sur une crotte de chien  :)

Je vais me faire des amis sur le forum en remarquant que Jancovici n'est pas le seul à se foutre de la question sociale. Plusieurs asinautes s'en foutent tout aussi royalement. Ce qui compte c'est que l'Humanité, avec un grand H soit sauvée. Même s'il n'y a que le gratin qui peut surnager.

Il n’est pas très aimé par ici Monsieur Jancovici…. Je trouve que c’est quelqu’un qui ne pratique pas le langage et la culture de notre époque. Il dit sa vérité, très étayée par des faits et nous met face à nos contradictions. Sauver notre confort sans aucune concession : tous les autres ergotent pour ne pas dire que c’est impossible. Pas lui.

Jancovici, c’est un agent de la survie de notre espèce et de notre version de l’écosystème terrestre.

Jancovici partage avec Philippe un tropisme pour le nucléaire...attendons la suite!  

À défaut de proposer ou de mettre en lumière des solutions réalistes, cohérentes et sociales, ou d'énoncer de grands dogmes inatteignables, au moins il énonce, d'après son expertise, dans les médias, ce qui est et ce qui sera et ce d'une manière relativement concrète. Pourquoi lui demandez-vous, par dessus le marché, d'être un fin stratège doublé d'un fin pédagogue? Au médias, citoyens, politiques de s'informer, vulgariser et prendre ici et là des idées qui pourraient se traduire en action. Lui au moins agit et avance, avec les moyens qu'il a. Ce qui n'est pas le cas de tout le monde.

Parue en octobre 2021, sa BD s'est écoulée à 1 million exemplaires (chiffre de 2024) ! Il faut lire et voir avec quelle précision et sérieux il traite les questions des énergies, des ressources, des modes de vie, et avec quelle légèreté et mauvaise foi il traite la question du nucléaire: minimisation scandaleuse de la gestion des déchets, des conséquences sanitaires et humaines des catastrophes, des conséquences sociétales de la militarisation des sites et de la répression des opposants.

Episode 2,  fin décembre 2022, de faux représentants de la maison d’édition Dargaud ont démarché plusieurs librairies en France en leur demandant d'inclure un erratum dans la bande dessinée, dénonçant les approximations, les erreurs et surtout le positionnement problématique sur le nucléaire.

Episode 3: les éditions Dargaud réagissent et dénoncent un tract diffamatoire.


Dans cette dernière interview sur France Inter, on peut se poser des questions sur sa démarche, se dire que finalement elle est la même: beaucoup plus de lucidité sur la situation que la moyenne des intervenants, certes, mais pas plus d'arguments sur les conséquences. Ok on savait que les forêts deviendraient inflammables. Mais on savait aussi que l'exploitation massive du pétrole générait des gaz à effet de serre à l'échelle mondiale. Ok il va falloir faire attention, adieu le monde des boomers, une société de sobriété comme futur à court terme, tout ça... Mais on le savait aussi depuis que l'écologie et la défence de l'environnement existent.


En effet Duhamel est presque suspendu à ses lèvres, Jancovici se comporte en prophète. Un prophète qui énonce calmement la liste des calamités à venir. Mais un prophète à la solde des industriels de l'énergie. La seule chose qu'il dénonce ce sont les méchants homme politiques qui sont nuls et démagogues, contrairement à lui qui est un ingénieur rationnel, lucide et désintéressé. Un prophète qui ne remet pas trop en doute la société telle qu'elle est, mais qui propose ce que René Riesel et Jaime Semprun appellent l'administration du désastre, une prise de conscience de la catastrophe, sans remettre en question le système industriel qui en est à l'origine, et en consolidant au contraire le pouvoir de l'état, des industries, de la bureaucratie, par un plus grand pouvoir technocratique. Un prophète enfin, qui demande d'accepter les certitudes, sauf sur le nucléaire, sujet sur lequel il est toujours un marchand de doute. 

on peut etre dubitatif sur l'exercice comme je l'étais lors de l'initiative de la convention citoyenne mais si ca permet de recentrer le débat durant la présidentielle a l'heure ou tous les partis réacs (et pas que) présentent l'écologie  comme l'ennemi des peuples, on ne va pas s'en plaindre. si janco réussi avec cette initiative  a ce qu'on parle régulièrement  de la centralité de l'écologie  plutôt que d'immigration d'insécurité on aura collectivement gagné. 

Ils ont été capable de stopper l’économie pendant des mois lors du Covid.

Les Macron, Netanyahou, Trump, Poutine et autres gaspillent et sabotent des millions d’années d’évolution en se refusant d’admettre la nécessité à agir rapidement - immédiatement - et efficacement face à une menace certaine.

Ces super connards menacent donc l’avenir de l’humanité d’une façon bien plus grave qu’une épidémie.


L’expérience du Covid en a montré la possibilité.

Ils pourraient décider de stopper l’activite économique l’équivalent d'une semaine tous les mois (stopper les trafics. Il n’y aura plus d’avions, de porte containers, de camions, de tracteurs, d’usines qui polluent).

Ils ne le font pas alors que la nature a montré sa résllience et sa capacité à se régéner en quelques semaines..


Et plantons des arbres sur les terrains de monocultures intensives destinées à l’exportation.

Les arbres sont nos alliés dans la lutte contre le changement climatique.

Pas la Fnsea ni sa banque le Crédit agricole.


Sinon, c’est cuit pour l’humanité, toute l’humanité, y compris les Arnault et Cie. 

La nature se moque de leur avenir comme eux se moquent d’elle. 

Sauf que des deux, c’est la nature qui sait se passer des Arnault et Cid pour se régénérer.

Pas l’inverse. Ne serait-ce que pour trouver de la nourriture.


L’inaction publique montre que la connerie politique tue - quand elle ne massacre pas déjà dans l’indifférence des Arnault et Cie (Soudan, Palestine, Ukraine, Iran, Kivu, etc.) - et pollue bien plus que le Co2.

La connerie politique est une arme de destruction massive ; car, de fait, ce qui se passe sont les prémices bien plus qu’annoncées d’un énorme, du plus grand, de l’ultime génocide. 

Les connards qui gouvernent sont donc des criminels.

Cette situation d’arbitraire mortel pour les populations peut-il constituer un cas de légitime défense comme les monarchomaques le prétendaient ?




Cette phrase :


 « maintien du pouvoir d'achat des plus pauvres, ou co-construction générale au "deuil heureux" »


m'embête ;


déjà la référence à Perri et sa fuite nuitamment à L’hôtel, comme l’autre autrefois à Varenne, comiquement m’irritait, dans la mesure où je crois être nombreux à même pas en avoir l’idée, tellement l’absence de budget pour.


M’embête car, à mon sens, il s’agit moins de plus pauvres ou de deuil heureux que d’accompagnement non pas à la transition mais aux changements quotidiens que cela implique.


Je m’explique : en juillet j’étais en réunion avec la cheffe d’agence Paris Habitat en tant que collectif de locataires d’une résidence sociale.


Bien entendu, nous avons posé le sujet de la canicule et de la chaleur dans les appartements, surtout en étages.


Disons le tout de suite, la résidence est neuve, elle a dix ans en cette rentrée, et les ouvrants bénéficient de persiennes ; sauf que le tout est métallique et comme enrobé de vitrage ; des logements sous serre, en quelque sorte.


Alors, bien sûr, notre résidence n’est pas prioritaire, quant au grand plan sur cinq ans d’apposer des obstruants sur toutes les résidences qui en sont dépourvues.


Sauf que, je lisais dans l’été que des volets permettaient une baisse des températures intérieures de 2° par rapport à l’extérieur.


Sachant désormais cela, je trouvais l’aventure du plan totalement dérisoire car passer de 42° à 40°, je doute grave du confort ainsi récupéré.


Effectivement, nous pouvons imaginer qu’arrivé au stade d’un 42° dans le logement, nous aurons, les années passant et les chaleurs se faisant de plus en plus fortes, d’ici là pris l’habitude, accoutumés en quelques sorte, à vivre en appartement sous de telles températures.


Mais j’ai de gros doutes : au moment des canicules, dans les étages, les voisins relevaient des 36/38° chez eux ; perso, en rez-de-chaussée, je tournais à 29/31°.


A cette période, je lisais aussi qu’il était admis que les corps commencent à souffrir à partir d’un environnement à 24° - des études poussent à 28°.


Bref, s’accoutumer à la nouvelle donne, cela ne va pas être possible, le changement est brutal ; des dégâts corporels avec éliminations pures et simples vont se multiplier.


Gag, pour finir ; Pas de climatisation des logements envisagée, en revanche, tout à fait possible de s’équiper Individuellement de climatiseur mobile…


C’est ici, à ce point, que je situe l’accompagnement : Ne pas laisser les gens seuls à combattre la chaleur dans leurs appartements, cela doit être un mouvement collectif.

Ne serait ce pas Gluglu débarquant de sa fusée blanche et rouge dans "Destination l'urne !" , fameux album.

Pourquoi Jancovici ?  pourquoi a-t-on  besoin d'un couteau suisse alors qu'on a une boite à outil ?  

maintien du pouvoir d'achat des plus pauvres


oui mais pour acheter quoi?  du plastique transporter dans des conténeurs?

Où vous lirez en Anglais (sorry) le silence des chefs d'état Européen (à l'exception de Pedro Sánchez - toujours le même - le seul à avoir condamné le génocide) après un été dévastateur de choc climatique
Et dans cet article, hommage est rendu à Mélenchon, ça change des "médias Français officiels"

C'est une blague, ou bien ça a été mesuré les durées de non-interruption?

https://bonpote.com/



Ni de droite ni de gauche, bien évidemment, mais quand-même, un petit coup sur LFI comme ça, juste pour le plaisir.

Tu fais des confusions Daniel. 

Jancovici ne dit pas "je ne sais pas" quand il ne sait pas mais quand la question l'embête et l'oblige à se positionner politiquement et à  risquer de perdre sa place d'expert auprès des politiques et des médias dominants. Et ne nous fait pas croire que sa parole serait plus légitime parce qu'il ne serait pas invité chez Bololand et consorts.  Il est un fervent soutien de la société industrielle. Pour exemple : as tu entendu sa réponse concernant l'arrêt des centrales nucléaires par temps de canicules? Alors qu'il est expert du domaine, là il ne sais pas, puisqu'il n'a pas encore lu les rapports. C'est à pleurer de rire.

Son engagement concerne ses petits intérêts. Il a très bien vendu sa BD, loin d'être  inintéressante au demeurant. 

Il est un apparatchik du système, qu'il a bien du mal a réellement critiqué puisque son statut social lui permet d'en vivre. Il ne serait pas tant invité si son discours était si dérangeant. Il nous dit qu'il passait déjà à la télé il y a 25 ans pour nous prévenir. 

Jamais ne sont invités les journalistes du journal, parfaitement indépendant depuis plus de 20 ans, "La Décroissance".

Il fait parti des administrateurs du désastre qui serviront à définir, bien qu'il s'en défende, les politiques visant à nous soumettre durablement au capitalisme. Il pourrait participer à l'écriture du "rapport Lugano" ( Cf le roman de feu Suzanne Georges). 

Souvenons nous du traitement de la Covid.


A lire car de plus en plus d'actualité le livre de Jaime SEMPRUN et de René RIESEL : "Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable" Editions de l'Encyclopédie des nuisances 2008 ou 2009. 


Bonjour chez toi.

Sans vouloir vous décevoir, il n'y aura pas de "co-construction heureuse". Contrainte ou choisie, la décroissance est un fait physique qui s'imposera à nous, mais rien ne permet de dire que ce sera heureux. C'est bien le discours de Jancovici. 


Je vous invite à écouter Lordon, lors des Amfis: on a vu des scènes de violences pour des climatiseurs cette année, qu'est-ce que ce sera quand ce sera pour 1.5 l d'eau pour 4 et pour une journée? Non, définitivement ce ne sera pas heureux. 


Ecoutez-bien Janco: il est déjà trop tard, le CO2 relâché dans l'atmosphère y est pour 10 000 ans, donc quoi qu'on fasse aujourd'hui c'est +4 degrés dans quelques décennies, au bas mot. Et à +4° les étés ne sont pas caniculaires ils sont mortels. Lordon encore: le ridicule de Panier-Runacher qui vient parler de l'adaptation de la France à +4°, "mais Agnès, +4° c'est 60°c en plein été et à 60° on ne s'adapte pas on meurt".


Il faut faire le deuil de l'eau qui coule à flots au robinet, de l'accès à la nourriture abondante, de la vie en temps de paix. Faites aussi le deuil des supermarché, d'Amazon, de votre smartphone et de whatsapp Ce qui nous attend, ce sont les pénuries, les infrastructures qui lâchent, la migration massive de populations y compris européennes fuyant des régions devenues invivables soit à cause du climat local soit à cause des pénuries. 


Les "effondristes" ont fait ce deuil depuis  longtemps, et eux aussi avaient raison avant tout le monde mais personne ne les a écouté. Servigne était considéré comme une sorte de gourou en sandales. 

Ce mois-ci les météorologues alertent: le phénomène el Nino en cours est le plus puissant jamais vu, l'année 2027 sera pire que 2026, et ce sera aussi sans doute l'une des plus fraîche que nous connaîtrons à l'avenir. 


Maintenant, lisez les programmes des différents partis prétendant gouverner à partir de l'année prochaine, lisez-les avec ce prisme là: qu'ont-ils prévu après le deuil? Quelle société nous proposent-ils? 


Gluglu nous propose une société qui relance l'industrie d'armement, étend la dissuasion nucléaire à l’Europe toute entière, met fin au modèle social (fin de l'âge légal de départ en retraite, fin des cotisations pour soit-disant augmenter les salaires, fin des régimes de sécu dits "spéciaux" qui répondent pourtant aux spécificités des métiers "spéciaux"), propose de foncer tête baissée dans le tout IA, n'a pour seule mesure écologique que le redressement de l'industrie française par l'achat de masse de voiturettes électriques, finance "l'innovation" des entreprises et le technosolutionnisme. Bref la fuite en avant, doit vers le précipice. Suivi aveuglément par Jadot, qui risque d'emporter avec lui les Ecologistes de l'aile droite. Et rejoints par un PS morribond dont la survie dépend uniquement du nombre d'élus, les militants ayant pris le large depuis belle lurette tout comme le "socialisme" dont ils se réclament. 

Quand aux écologistes, leur projet de société s'inscrit à l'intérieur du capitalisme, sans le remettre en cause. C'était d'ailleur le sujet d'une de leurs conférences: comment mettre en oeuvre un projet écolo dans une économie capitaliste. 

Les uns et les autres étant crédités de scores nanométriques, ils n'ont aucune chance de mettre leur projet à exécution. En revanche ils ont toutes les chances de faire échouer un véritable projet de rupture. 


Quand à la proposition insoumise, elle s'inscrit dans un contexte de campagne présidentielle: des propositions pour l'immédiat (on fait donc avec la largeur de bac à sable dont on dispose avant l'élection), et des propositions pour l'avenir plus ou moins lointain (on propose des alternatives à l'existant et jusque là c'est bien le seul mouvement politique qui structure son programme sur l'avenir chaotique qui nous attend. Je dis bien structure, pas empile des mesures). 


Et Jancovici le verbalise très clairement: qu'on le veuille ou non nous sortirons du capitalisme car il a atteint les limites planétaires, ne peut pas aller au delà et ne peut donc perdurer dans un monde en pénurie, puisque contraire à sa logique d'accumulation sans fin. 


Je vous invite à écouter Lordon, lors des Amfis


Oui mais en entier et depuis le début....


Pour ce que vous avez calé, je conseille son article dans le Diplo de mai intitulé "La crise scélérate".


Et pour la fin j'ai recopié la transcription...:


"Il faut vous préparer parce que vous allez au devant d'événements de très grande ampleur.


Si vous me passez un petit moment de grandiloquence, je vous dirai que vous avez rendez-vous avec l'histoire et que c'est le genre de circonstances où on se met sur son 31. Voilà.


 Donc il faut se préparer. 


Quant à moi, est-ce que je reconstituerai la distance que j'ai annulée aujourd'hui ou pas ? Je n'en sais rien. Ça n'a aucune importance.


 Sachez dans tous les cas de figure que mes vœux, mes pensées, éventuellement mes futurs coups de pieds au cul vous accompagnent."



oui bien sûr à écouter en entier


mais concernant le deuil et le glas, il a évoqué ces faits (pénurie et inconscience des gouvernements) de manière limpide juste et comme d'habitude sans pincettes


pour le reste, je lui souhaite d'avoir raison mais c'est un autre sujet ;)

"Ecoutez-bien Janco: il est déjà trop tard, le CO2 relâché dans l'atmosphère y est pour 10 000 ans, donc quoi qu'on fasse aujourd'hui c'est +4 degrés dans quelques décennies, au bas mot." 

A part la prémisse qui est de Janco (la persistance du Co2), la conclusion est de vous et elle serait complètement déprimante si elle était juste.

Si on arrêtait toutes les émissions de GES le climat se stabiliserait rapidement et commencerait à se refroidir mais très, très lentement. Il y a des puits de carbone qui fonctionnent encore, il y a l'effet inertiel des océans qui relâchent la chaleur accumulée, il y a aussi la pollution qu filtre les rayons du soleil. Il y a d'autres GES que le Co2, etc... Tout ça est un jeu d'équilibres très complexes mais le poids des émissions anthropiques dans le Co2 atmosphérique est tellement massif que l'humanité dispose d'un vrai levier d'action.

Si déjà on parvenait à réduire substantiellement nos émissions, par exemple en réduisant notre consommation de viande, en vivant de façon plus sobre, le réchauffement se ralentirait, ce qui donnerait du temps pour se préparer à ce qui vient.

 On est à +1,5° en tout  cas en Europe et on a vu ce que ça donne. +2/3° de moyenne à l'horizon 2050 c'est des pointes caniculaires où on dépasse couramment les 50°. Et c'est bien assez pour provoquer des millions de morts surtout si l'humidité s'en mêle. Pas la peine d'imaginer des +4° et des 60° où même les scorpions ne tiennent plus...

Pas la peine d'imaginer des +4° et des 60° : les 60° c'est Lordon qui caricature volontairement l’action de Panier Runacher en rappelant que dans un monde à + 4° on ne s'adapte pas, c'est trop tard. Quand aux 4° à l'horizon 2050 c'est précisément le "plan" que propose Panier Runacher, et donc du gouvernement. 


Je "n'imagine" pas, j'écoute et j'enregistre. Les données sont celles du GIEC: non les températures ne baissent pas si on arrête tout de suite nos GES. Le CO2 déjà relâché est et restera pour 10 000 ans, et l'emballement est déjà bien trop avancé pour qu'un arrêt complet des émissions de GES ait un effet significatif à l'échelle d'une vie ou même de plusieurs. 


En gros, dans l'hypothèse ou on stoppe totalement démettre du CO2, les GES déjà émis vont continuer à réchauffer l'atmosphère pendant plusieurs décennies avant en effet de baisser très très lentement. Quand on parle de baisse des températures très très lente, c'est sur une échelle de temps très longue. Beaucoup plus long que 2100. 

Le lien pointe vers le site du Shift Project, qui reprend la synthèse des 5 projections du GIEC. Et le schéma proposé est limpide: pas ou peu d'émissions (hypothèse "très basses" émissions, avec ce que ça implique en terme de changement de société, manger végé n'y suffira pas) le climat se stabilise certes mais il n'y a pas de retour en arrière. Nous ne retrouverons jamais les températures de 1950, ni même de 1980. Ni même des années 2000. 


Et pour que cette hypothèse se réalise il faut arrêter immédiatement et totalement de produire du CO2. Totalement: plus d'avions, plus de production mondialisée, plus de téléphones portables, d'extractions minières, de bagnoles, de pétrole...etc.

Pour ne pas dépasser les 2°, il faudrait réduire nos émissions à hauteur d'un confinement COVID (donc mondial) chaque année, là encore les ordres de grandeurs de sont pas de moi mais de l'ingénieur médiatique. 

Pour rester à +1.5°. C'est à ce jour inimaginable. 


Donc prenons l'hypothèse d'une baisse drastique des émissions de GES, avec encore une fois tout ce que ça implique, mais pas suffisante ("basse"). C'est +2°.


Dans les 3 autres scénarios, c'est entre +3° et +4° que ça se joue, le climat continuant de se réchauffer au-delà de 2100. Et nous sommes clairement sur la trajectoire +4°, voir la page 10 de la synthèse . Dans ce scenario, la zone située entre les deux tropiques est rendue inhabitable. pour les humains comme pour les espèces animales. 


Là où Panier Runacher se trompe (volontairement?) c'est que le scénario à +4° n'intègre pas la neutralité carbone, mais des émissions de GES très élevées. Ce qui est peu ou prou le cas aujourd'hui et qui semble bien parti pour continuer allègrement. C'est sans doute pour cela qu'elle propose directement de "s'adapter" à +4°, et pas de baisser les émissions. Ce n'est pas assez "pro-business" je suppose. 


La conclusion de la synthèse du GIEC est sans ambiguïté: "Les années les plus
chaudes que nous avons vécues jusqu'à présent seront parmi les plus fraîches d'ici
une génération. Les émissions de GES passées ont engendré des changements
profonds dans toutes les composantes du système climatique. La poursuite des
émissions aggrave les impacts du changement climatique. De nombreux changements sont irréversibles sur des échelles de temps centennales à millénaires. Les choix et actions mis en œuvre au cours de la décennie en cours auront donc des répercussions aujourd'hui et pendant des milliers d'années
"


Ma conclusion est non seulement juste, mais elle est étayée et appuyée sur les données scientifiques pour lesquelles il y a consensus depuis très longtemps. Et oui elle est absolument et profondément déprimante. Faire le deuil, donc. 

Je ne pense pas que ce soient les conclusions du GIEC. Ce e sont même pas les conclusions de la synthèse qu'en a faite le Shift Project.


Voici ce que j'ai retenu de mes lectures:
L'océan et la végétation absorbent aujourd'hui environ la moitié de ce que nous émettons chaque année (nous émettons ~40 milliards de tonnes de CO₂ par an, il n'en reste que ~20 dans l'atmosphère). 


3 scénarii:


1. Les émissions cessent aujourd'hui
La température plafonne. Quelques dixièmes de degré en plus les premières années (les poussières industrielles disparaissent en même temps), puis stabilisation. Elle ne redescend pas avant des siècles.


2. Les émissions sont limitées à la capacité des puits (~20 Gt/an)
La quantité de CO₂ dans l'air reste figée à son niveau actuel. La température continue de monter d'environ un demi-degré supplémentaire, étalé sur plusieurs décennies, avant de se stabiliser. On atterrit autour de +1,8 à 2 °C mondialement. Avec une réserve : les puits s'affaiblissent à mesure que l'océan se réchauffe et que les forêts souffrent, donc il faudrait réduire les émissions un peu plus chaque année pour tenir cette ligne — 20 Gt aujourd'hui, moins demain.


3. Les émissions continuent à 40 Gt/an
Rien ne se stabilise. La concentration monte d'environ 2,5 ppm par an, le déséquilibre s'aggrave d'année en année, et la température augmente d'environ +0,25 °C par décennie. À ce rythme : ~2 °C vers 2050, ~3 °C vers 2090.


Un truc que dit vraiment le GIEC: le réchauffement est à peu près proportionnel au total cumulé de ce qu'on a émis depuis 150 ans. Chaque tonne non émise est du réchauffement évité. Chaque tonne émise est du réchauffement acquis. Ni plus ni moins. Donc votre idée que les "GES déjà émis vont continuer à réchauffer l'atmosphère pendant plusieurs décennies", je ne sais pas où vous l'avez trouvée. La concentration de carbone détermine le réchauffement. Si la concentration n'augmente pas, le réchauffement non plus.

Je ne pense pas que ce soient les conclusions du GIEC. Ce e sont même pas les conclusions de la synthèse qu'en a faite le Shift Project.

alors là je sais pas quoi dire, j'ai copié-collé depuis la synthèse et mis le lien... je sais pas ce qu'il vous faut. C'est bel et bien ce qui est prévu. 


Si vous restes bloqué sur les 60°, c'est Lordon, pas moi. 


GES déjà émis vont continuer à réchauffer l'atmosphère pendant plusieurs décennies = Chaque tonne émise est du réchauffement acquis. Ça veut dire la même chose. Conclusion de la synthèse du GIEC: Les émissions de GES passées ont engendré des changements profonds dans toutes les composantes du système climatique. La poursuite des émissions aggrave les impacts du changement climatique. De nombreux changements sont irréversibles sur des échelles de temps centennales à millénaires.

Le réchauffement acquis c'est celui qui a déjà lieu et qui va se poursuivre. 


Je n'invente pas le fait que l'atmosphère va continuer de se réchauffer même si on arrête les émissions de GES. C'est dans la synthèse, l'évolution des températures est schématisée avec des couleurs. Vraiment, je comprends pas ce que vous ne comprenez pas. 


 je cite encore la synthèse: 

Les engagements pris par les États avant la COP26 restent ainsi bien en-deçà du
nécessaire pour limiter le réchauffement à 1,5°C. Pour ce faire, une diminution drastique et immédiate des émissions d’ici 2030 est indispensable. Les engagements pris par les pays avant la COP26 (en 2021) nous conduiraient vers un réchauffement d’environ 2,8°C à l’horizon 2100. Les politiques mises en œuvre en 2020 nous amèneraient quant à elles à un réchauffement de 3.2°C. Bien que de nombreux pays ont annoncé leur intention d’atteindre une forme de neutralité carbone vers 2050, les outils pour y parvenir restent largement inexistants. Le financement de l’atténuation a certes progressé depuis 2010, mais de manière très inégale entre pays et secteurs et sa croissance a ralenti après 2018. L’atténuation reste ainsi très limitée dans les pays en développement (par le manque de ressources financières et technologiques), notamment du fait que les pays développés n’ont pas tenu leurs engagements financiers. Les flux financiers à destination de l’adaptation et de l’atténuation sont également toujours inférieurs à ceux destinés aux combustibles fossiles. En conséquence, les objectifs de limiter le réchauffement à 1,5°C et même à 2°C restent inatteignables avec les mesures actuelles.

 [...]

Le dérèglement climatique est une menace pour le bien-être des humains. La fenêtre de tir permettant de garantir un avenir vivable et durable pour tous se referme rapidement. En effet, les possibilités d’un développement résilient sont contraintes par les émissions passées et sont progressivement limitées par la quantité de GES que nous émettons et émettrons. Des mesures d’atténuation drastiques et rapides et une mise en œuvre accélérée des mesures d'adaptation au cours de cette décennie permettraient de réduire les dégâts attendus sur les humains et les écosystèmes. Cela engendrerait de nombreux co-bénéfices, comme l’amélioration de la qualité de l'air, du bien-être et de la santé (mobilité active, régimes alimentaires sains et durables) ou de la productivité agricole. Au contraire, le report de ces mesures accentuerait le réchauffement planétaire, réduirait les capacités d’action (des systèmes humains et naturels atteindraient leurs limites d’adaptation) et augmenterait les dégâts.


Le GIEC envisage bel et bien un scénario à +4° à l'horizon 2100, "avec les politiques actuelles". C'est également écrit noir sur blanc (voir graphique page 10). 


Les engagements de la COP26 nous conduiraient à 2.8° si ils étaient tenus, ce qui n'est absolument pas le cas. Les 1.5° sont enterrés. Par ailleurs, plus on attend plus on se rapproche de la limite d'adaptation (plus on émet, plus ça se réchauffe moins les puits de carbone sont efficaces). 

« Je n'invente pas le fait que l'atmosphère va continuer de se réchauffer même si on arrête les émissions de GES. »


Non, mais ce n'est pas dans la synthèse, qui n'envisage pas ce scénario — les cinq trajectoires du GIEC partent toutes d'émissions qui continuent puis décroissent, aucune ne modélise un arrêt brutal. Ce scénario est évidemment irréaliste ; il sert uniquement à comprendre le mécanisme, et c'est là que nous divergeons.


Vous citez : « de nombreux changements sont irréversibles sur des échelles de temps centennales à millénaires ». La phrase du rapport continue, et précise lesquels : l'océan, les calottes glaciaires, le niveau des mers. La température de surface n'est pas dans la liste. Ce n'est pas un hasard : le GIEC écrit par ailleurs que limiter le réchauffement à un niveau donné exige d'atteindre le zéro émission nette de CO₂ — ce qui n'aurait aucun sens si la température continuait de monter après.


Et « réchauffement acquis » ne signifie pas « réchauffement qui va se poursuivre ». Ça signifie l'inverse : acquis, définitif. C'est un plancher sous lequel on ne repassera pas, pas une pente sur laquelle on continue de glisser.


Le mécanisme, si on arrêtait tout demain : les océans et la végétation continueraient d'absorber du CO₂, donc la concentration baisserait lentement. Cette baisse compense à peu près le réchauffement encore en réserve. Résultat : quelques dixièmes de degré de plus les premières années, parce que les poussières industrielles qui nous font de l'ombre disparaîtraient aussi, puis un plateau. Pas une redescente — vous avez raison sur ce point, nous ne reverrons pas les températures de 1980 — mais pas une poursuite de la hausse pendant des décennies non plus.


Vous savez, il y a peu de temps je pensais encore que le réchauffement continuerait sur sa lancée même en cas d'arrêt total des émissions. 


Pourquoi j'insiste sur une hypothèse d'école ? Parce que vous en tirez « quoi qu'on fasse c'est +4° », et que c'est faux — pas déprimant, faux. Les +4 °C sont le scénario à émissions élevées, celui où on ne fait rien.

Sur le reste, nous sommes largement d'accord : nous sommes sur cette trajectoire-là, l'inaction politique est réelle, et il n'y aura rien d'heureux là-dedans. Mais entre +2 et +4, il y a tout ce qui nous reste à jouer, et présenter le pire comme déjà écrit fait exactement le travail de ceux qui n'ont pas envie qu'on bouge.

Les +4 °C sont le scénario à émissions élevées, celui où on ne fait rien. Mais on ne fait rien! 


+3.5° n 2100 "avec les politiques actuelles"... Tenant compte que 2030 c'est dans 3 ans (limite fixée par le rapport pour agir), je maintiens que oui quoi qu'on décide à partir d'aujourd'hui, en 2100 il fera en moyenne 4° de plus. Car plus on atteint plus on rogne les capacités des puits de carbone à absorber.


Rien qu'un exemple: si la plupart des arbres survivront à l'été que nous venons de connaître, ils ne survivront pas au suivant. Dépérissement rapide, maladies. Fini le puits de carbone. 


Par ailleurs, l'augmentation des températures peut-être boostées ponctuellement par des phénomènes intenses comme el Nino. Celui a débuté entre pleinement dans ce scénario. Nous avons déjà atteint +1.5°, et l'année prochaine ce sera un peu plus. 


après, franchement +3 ou +4:  une large zone de la planète est inhabitable toute l'année, et le reste suffoque. 


Donc je reviens à l'aspect déprimant: quoi qu'on fasse aujourd'hui, il est trop tard pour espérer échapper à +4 (3.5 exactement dans le rapport) à 2100. Quoi qu'on fasse, les canicules extrêmes, les pluies diluviennes, les sécheresses intenses seront notre lot quotidien. Ce n'est pas une projection. Ca ne l'est plus.


Donc faire le deuil, pour pouvoir passer à la suite. Sortir de la sidération. Et agir pour émettre moins que ce que la planète peut absorber. 

« Agir pour émettre moins que ce que la planète peut absorber. » Nous sommes d'accord — et c'est bien pour ça que je ne vous suis pas sur le « quoi qu'on fasse ». Les 3,5 °C que vous citez, c'est la projection « avec les politiques actuelles », c'est-à-dire le scénario où l'on ne décide rien. On ne peut pas s'appuyer dessus pour dire ce qui arrivera « quoi qu'on décide » : c'est le chiffre de l'inaction, pas celui de la fatalité. D'ailleurs il baisse depuis dix ans — on était à 4-5 °C — non par optimisme, mais parce que des politiques ont changé. Trop lentement, oui. Pas assez, oui. Mais l'aiguille bouge, et elle bouge parce qu'on la pousse.


Sur les puits qui s'affaiblissent, vous avez raison, et c'est bien pourquoi votre conclusion me surprend : si chaque tonne émise pèse plus lourd à mesure que les forêts souffrent, alors chaque tonne évitée pèse plus lourd aussi. Ça rend l'action plus urgente, pas plus vaine.


(Un détail : El Niño n'ajoute pas de chaleur au système, il la déplace. Les années El Niño sont chaudes, les années La Niña fraîches, et ça s'annule sur la durée)


Sur le deuil, je vous rejoins en partie : il faut renoncer à l'idée que rien ne changera, et ceux qui promettent que la transition sera indolore mentent. Mais entre +2 et +3,5, il y a des centaines de millions de vies et des régions entières qui restent ou non habitables. Faire le deuil de cette marge-là avant d'avoir essayé, ce n'est plus de la lucidité — c'est servir ceux qui n'ont aucune envie qu'on bouge.


Un mot pour finir : merci de cette discussion. À force de me frotter au déni, j'avais perdu l'habitude d'un désaccord qui oblige à vérifier ses propres convictions — j'en ai révisé quelques-unes en vous répondant, notamment sur ce que devient la chaleur stockée par les océans. Ça change du dialogue de sourds habituel.

Je crois que nos point de vues divergent sur une chose: je pense que l'inertie de la politique et le contexte mondial font qu'on ne fera pas plus à l'avenir que ce qu'on a fait jusque là, ou qu'on le fera trop tard. Je pense donc que le scénario à +4 est celui vers lequel on va (pas en 2050 comme Panier-Runacher-c'est-pour-la-magie, mais plutôt en 2100). 


Pour tout le reste il me semble qu'on est assez d'accord, je ne nie pas l'urgence et je milite même pour proposer et convaincre. Il me semble que faire ces démarches demande d'avoir fait le deuil d'un certain nombre de choses et intégré ce qui nous attend, et les émotions que tout cela suscite. C'est indispensable pour échanger sereinement et expliquer, sans alarmisme et sans craintes. 


Je pense également que par principe de précaution, il vaut mieux se préparer au scénario le pire. Un peu comme quand on prévoit un PPMS, on envisage la situation la plus grave comme référence pour anticiper tout ce qui peut déraper. Ainsi on est prêts si c'est moins grave que prévu. 


Rien n'est perdu, ou en tout cas pas totalement, pour rester en dessous de 2.5°. Mais ça demande des changements tellement rapides et radicaux que ça ne se fera pas sans douleur. D'où mon pessimisme quand à la faisabilité de ces changements. Et pas seulement en France. Un COVID par an, c'est pas rien, comment faire accepter ça? Aux populations, je pense qu'information, éducation, accompagnement permettront de le faire entendre et comprendre. Mais le CAC40 et les techbro... c'est une autre affaire. Ces gens veulent balancer des panneaux solaires dans l'espace pour alimenter l'IA, et faire de l'extraction minière sur Mars, et accessoirement devenir immortels. Clairement il faut soit les enfermer d'urgence vu la fragilité de leur rapport à la réalité, soit .... faire en sorte qu'ils aient la trouille du peuple pour le prochain siècle et au delà. Dans tous les cas ils ne lâcheront rien. 


Pour El Nino, j'ai lu dans le rapport que le phénomène peut amener à ponctuellement dépasser les 1.5° du fait de l'augmentation de la température des océans. J'en avais donc compris que el Nino convoie un surplus de réchauffement, de manière ponctuelle, sans remettre en cause la trajectoire moyenne. 


Enfin, merci à vous également pour cet échange, qui m'a moi aussi demandé quelques révisions par souci de précision ;) A force d'échanger avec des gens qui "ne croient pas", ou ne s'intéressent pas au sujet, on fait des raccourcis... 

Ce que je comprends par rapport à El Niño, c'est que ça ne modifie pas la quantité de chaleur globale du système Terre (enfin sauf s'il y a une modification significative de la captation de chaleur à cause de changements dans la couverture nuageuse, mais la problématique est complexe je n'ai pas trouvé grand chose à ce sujet), mais la répartition de cette chaleur entre les profondeurs de l'océan (moins de remontées d'eau froides des profondeurs les années El Niño) et la surface. Donc effectivement pas d'effet sur la trajectoire du réchauffement pluriannuel mais une température de surface plus chaude globalement (et encore plus localement) ces années là.

"Le mécanisme, si on arrêtait tout demain : les océans et la végétation continueraient d'absorber du CO₂, donc la concentration baisserait lentement."


Ok.


Vous oubliez juste que "les océans et la végétation" perdent de façon irréversible leur pouvoir d'absorption (sécheresse, incendie, déforestation....)

Je ne l'oublie pas, j'évoquais le fait que les puits s'affaiblissent dans mon message de 22:19.


« Irréversible » est excessif : une partie de cet affaiblissement est une réaction au réchauffement lui-même (océan plus chaud, forêts stressées) et se corrige si le réchauffement s'arrête. Ce qui est irréversible, c'est ce qu'on a détruit (forêts primaires, tourbières, pergélisol) pas la fonction d'absorption.


Sur le mécanisme, même affaiblis, les puits restent des puits et à émissions anthropiques nulles la concentration baissera. On ne sait pas à quel rythme mais elle baissera. 


De plus, l'océan n'absorbe pas parce qu'il est en forme, mais parce qu'il y a plus de Co2 dans l'air qu'à la surface de l'eau (c'est de la physique, ça ne se fatigue pas).


Pour que la concentration cesse de baisser à émissions nulles, il faudrait que les puits deviennent émetteurs nets : pergélisol qui relâche son méthane, Amazonie qui bascule. C'est un risque sérieux (et pour le coup vraiment irreversible) mais ce n'est pas le scénario central et c'est une raison de plus de ne pas s'en approcher.

Ouf, merci, vous m’évitez de me fatiguer. C’est quand même incroyable cette tendance des gens à vouloir casser le thermomètre. 

Si c'est moi que vous visez : je ne casse pas le thermomètre, je le lis.


La concentration de Co2 est passée de 280 à 420 ppm depuis l'ère préindustrielle. Elle est étroitement corrélée à la température du globe, par un mécanisme physique connu depuis le XIXᵉ siècle. Et ce carbone porte la signature des fossiles : enfoui depuis des millions d'années, le carbone fossile ne contient plus de carbone 14, et l'on observe que le CO2 atmosphérique s'en appauvrit exactement comme si on y diluait du carbone fossile. Une empreinte digitale.


Mon désaccord avec john ne porte sur aucun de ces points. Il porte sur ce qu'on en déduit. Admettre ces trois faits, c'est admettre que nos émissions déterminent la courbe des températures, donc qu'elles ont un effet immédiat sur elle. Effet asymétrique : on peut la faire monter facilement, on ne peut pas la faire redescendre. Mais on peut la stabiliser, et c'est ce qui est en jeu entre +2 et +4.


Dire « quoi qu'on fasse, ce sera +4 », ce n'est pas lire le thermomètre. C'est décider par avance qu'il ne sert à rien de le regarder.

"Parlons science. Il existe un instrument de mesure qui permet d'évaluer à la fois l'humeur générale du moment, l'idée que s'en font les médias dominants, la cote de crédibilité des personnalités publiques aux yeux de ces médias du moment : c'est le nombre de secondes qui s'écoulent entre deux interruptions, par Benjamin Duhamel, de l'invité.e de la Matinale de France Inter. Grosso modo, cet intervalle de temps peut varier entre six secondes et une minute entière. Les experts l'estiment à six secondes pour un second couteau de LFI, trente secondes pour Mélenchon, quarante-cinq pour un dirigeant RN, et jusqu'à une minute pour un prix Nobel. En cette rentrée post-canicules, la cote de jean-Marc Jancovici égale celle d'un prix Nobel. Avant l'été, on l'écoutait avec un sourire rentré : "Ah ce Janco et son nucléaire..." On ne sourit plus."


Puissiez vous parler de cette autre instrument de mesure , autre arnaque : les sondages 




A propos de Glucksmann


"Il existe de nombreuses façons de décrire le lamentable Raphaël Glucksmann (qui serait un désastre complet en tant que président français), mais « petit-fils d’espion soviétique » est proprement ridicule D’une part, il a cofondé avec son père André le « Cercle de l’Oratoire », un think tank français pro-américain créé dans le but, je cite, de « défendre la politique américaine dans l’opinion publique française et de lutter contre l’antiaméricanisme » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Cercle_de_l%27Oratoire). En d’autres termes, c’est une officine de propagande pro-américaine. André, son père, était également infamous comme l’un des plus fervents soutiens en France des interventions militaires américaines. Par exemple dans cet article surréaliste du Monde au début de la guerre en Irak (https://lemonde.fr/international/article/2003/04/14/point-de-vue-la-faute-par-pascal-bruckner-andre-glucksmann-et-romain-goupil_316794_3210.html), il écrivait : « Quelle joie de voir le peuple irakien se réjouir, célébrer sa libération et... ses libérateurs ! Il y a quelques mois, la France prétendait canaliser l’ardeur belliqueuse des États-Unis dans la « légalité » de l’ONU. Malheureusement, l’opposition à la guerre a dégénéré en opposition systématique à Washington... La France s’est mise hors jeu, ridiculisée... À cet égard, Tony Blair, qui a pris le risque d’affronter son électorat tout en restant fidèle à ses convictions, s’est révélé un véritable chef d’État. » Tout le monde peut convenir que ce degré d’apologie et de flagornerie pour ce que l’histoire retiendra comme l’un des plus grands crimes de l’Amérique est au-delà du nauséabond...

Voilà pour la lignée « d’espion soviétique »... Raphaël Glucksmann a ensuite commencé sa carrière dans la vingtaine comme homme de main du président géorgien Mikheil Saakashvili après la « Révolution des Roses », une révolution colorée sponsorisée par les États-Unis. Comment un jeune Français dans la vingtaine se retrouve-t-il homme de main d’un président géorgien dans l’après-coup d’une révolution colorée sponsorisée par les États-Unis ? Dites-le-moi Et la Géorgie n’était pas suffisante : 3 ans après avoir pris son poste auprès de Saakashvili, il s’est installé en Ukraine pour aider le mouvement Euromaidan – une autre révolution soutenue par les États-Unis – à la suite de quoi son épouse d’alors Eka Zgouladze, qui était ministre en Géorgie, est devenue ministre en Ukraine ! Raphaël est systématiquement à l’avant-garde de toutes les campagnes de propagande américaines. Par exemple, il a joué un rôle de premier plan dans la campagne sur le « génocide ouïghour » de Mike Pompeo, diffusant les morceaux de désinformation les plus ridicules que même les officiels américains n’oseraient pas revendiquer, de peur du ridicule. Par exemple ici sur son compte Instagram (https://instagram.com/p/CdLpKMXDW_2/?hl=en), vous pouvez voir une vidéo de lui s’exprimant au Parlement européen et affirmant que le « PCC » récolte des « organes halal » d’Ouïghours exécutés pour des « clients fortunés du Golfe »...

Il est évidemment aligné à 100 % derrière tous les conflits géopolitiques occidentaux du moment : - vis-à-vis de la Russie (le voici sur la chaîne YouTube « Strategic Communication » de l’OTAN disant « nous avons des ennemis, et en premier lieu, le régime de Poutine » : https://youtube.com/watch?v=NJ9raSU5N68) - vis-à-vis de la Chine (il a même mené une récente délégation de députés européens en visite à Taïwan : https://english.kyodonews.net/news/2021/11/877e1b649820-european-parliament-delegation-arrives-in-taiwan-amid-china-tension.html) - et vis-à-vis de l’Iran (le voici sur son compte Instagram écrivant que « Les Gardiens de la Révolution iraniens doivent désormais être considérés comme des terroristes et traqués comme tels » : https://instagram.com/raphaelglucksmann_english/p/CnrZwzCsQCH/?img_index=1). Sa position sur Gaza ? Vous l’avez deviné : alignée à 100 % sur la position américaine. Il écrit (https://euradio.fr/emission/20mZ-parlement-europeen-session-pleniere/klnx-pleniere-au-parlement-raphael-glucksmann-condamner-lattaque-du-hamas-et-demander-une-pause-humanitaire) : « La lutte contre le Hamas est parfaitement légitime ; on a le droit de se défendre contre une telle organisation terroriste. Mais nous devons aussi être capables de nous rappeler l’obligation de respecter le droit international humanitaire, l’obligation de respecter le droit international (...) la véritable paix implique le démantèlement du Hamas. » Presque mot pour mot tiré d’un communiqué du Département d’État américain... Pour résumer : un homme qui a cofondé une officine de propagande pro-américaine, servi comme homme de main à deux révolutions soutenues par les États-Unis, répète les points de discussion de Mike Pompeo, appelle à traquer les Gardiens de la Révolution iraniens, reprend mot pour mot la ligne du Département d’État sur Gaza, et veut que l’Occident confronte simultanément la Russie, la Chine et l’Iran."


Arnaud Bertrand



Petit conseil de lecture stimulant : Le ministère du futur de Kim Stanley Robinson , simili-roman de SF bourré d'informations, d'analyses et de propositions souvent très politiques  . Un complément modernisé d'Ecotopia.

"Fin du monde, fin du mois, même combat", criaient les cortèges écolos ces dernières années. Peut-être. 


En ce contentant d'un "peut-être" à une question aussi cruciale, on est "apolitique " à la manière Jancovici. Et comme on dit : apolitique, donc de droite. C'est ce côté là de DS qui, parfois, remonte à la surface et qui peut irriter les "gauchistes" du forum.

Ce n'est pas l'essence bloquée à 2€ qui va augmenter la consommation des classes moyennes.
C'est juste une mesure de circonstance qui va leur rendre la vie un peu moins dure et peut-être limiter les bénéfices indécents des pétroliers
Par ailleurs, on ne sait pas avec quelle mesure JCJ s'apprêtait à mettre en regard le blocage des prix puisqu'il a été interrompu au bout de 10 secondes par Duhamel qui veut absolument qu'il se positionne sur le programme de LFI.
Qu'il approuve ou qu'il condamne, dans les deux cas, c'est tout bon. Soit Janco se discrédite comme expert, soit LFI est disqualifiée par l'expert impartial. La preuve navrante sur ce forum...

Extrait pour se marrer


Les grands dilemmes de notre époque ont désormais leur grand débat citoyen

A l’approche de l’élection présidentielle, 150 Français tirés au sort et représentatifs de la société française vont se retrousser les manches.

Vous plaisantez, M. Schneidermann, quand vous dites que Jancovici ne fait pas de politique. Quand on se fout des aspects sociaux dans les solutions proposées (autrement dit "malheur aux pauvres !"), on fait de la politique. Et de la pire espèce.

Pour emprunter le vocabulaire froid des ingénieurs , le concours de la façon la plus précise, juste, implacable d'alerter sur le changement climatique a des effets de bord qui finissent par manger tellement le milieu qu'ils sont contreproductifs. Tout le monde a pu voir que quand il y a pénurie d'oeufs, les gens se ruent sur les stocks et accélèrent la venue du tipping point. Pareil pour l'apocalypse climatique. Ils crament leurs ressources "foutu pour foutu"; voient en chaque voisin, chaque étranger un rival pour la survie et deviennent haineux. Il y a des solutions, des modes de vie sobres et confortables pour autant qu'on les promeuve comme désirables et qu'on les rende faisables d'abord pour le plus grand nombre, au lieu de toujours commencer par l'élite écolo, qui ne ruisselle jamais et se fait détester (bobo/écolo est la pire insulte dans beaucoup de milieux y compris pratiquants d'un mode de vie sobre) parce qu'elle donne des leçons de morale en plus de préempter les meilleures ressources.

L'écologiste Aguigui Mouna déclare : "Pour qui sonne le gras ?"

Vive Mouna C'est Le Pied / Ecologiste Avant La Lettre, Il Lutte Contre Toutes Les Pollutions


Aguigui Mouna — Wikipédia




petit jeu : qui a dit ? 

"On a quand même une pulsion au toujours plus. C'est ça qui fait que - très étonnamment - quand vous gagnez le smic vous avez envie de gagner deux fois le smic ; mais quand vous gagnez un million, vous avez aussi envie de gagner deux millions."


Jancovici, non seulement il a un ton insupportable de donneur de leçons

mais en plus il a la conscience politique d'une huître


https://larevuedesmedias.ina.fr/jean-marc-jancovici-journalistes-stars-changement-climatique-ski-combloux-lobbying


"un des débats essentiels que devrait permettre de trancher, à gauche, la présidentielle : maintien du pouvoir d'achat des plus pauvres"


Non ! Il est documenté partout que les "plus pauvres" n'ont que très peu à voir avec l'écocide actuel, majoritairement dû au capitalisme et aux riches. 


"un petit tacle à la proposition LFI de blocage du prix de l'essence, la taxant d'incohérence avec les objectifs climatiques"


Mettre sur le même plan un suicide collectif mondialisé avec le prix de l'essence en France, c'est vraiment au mieux stupide, au pire démobilisant et confus.

il a balancé (à la fin de l'interview de France Inter, et sans prononcer le nom du parti) un petit tacle à la proposition LFI de blocage du prix de l'essence, la taxant d'incohérence avec les objectifs climatiques 


Suis d'accord avec janco. seuls ceux qui ont les moyens de rouler devraient pouvoir le faire ( comme pour les yatch et les Jets ) les autres n'ont qu'à prendre le vélo. 

vive le litre d'essence à 10€


A moins que durant la transition (qui sera longue ) pour détricoter ce qui a été mis en place (et imposé )depuis près de 80 ans, on décide de ne pas faire payer les pauvres qui subissent déjà (et bien plus que les riches ) le changement climatique

Comme toujours les médias dominants sont incapables de pluralisme. Y a pas que Janco dans la vie, et Osons Causer a déjà montré les limites de ses points de vue.

Et ASI contribue à cette surenchère jancoviste en ne mentionnant jamais Négawatt par exemple.

Et sur le nucléaire en temps de sècheresse , il n'a pas dit de faire son deuil ?

Jancovici ne dit pas que des conneries, loin de là, mais ça reste un polytechnicien qui met sa raison au-dessus de celle de tous les autres, qui a cette capacité à dire "ça va mal mais le capitalisme c'est pas trop grave et monsieur et madame tout le monde faudrait qu'ils prennent moins l'avion" et qui globalement parle technique mais très rarement politique.


Globalement c'est un ingénieur qui n'a pas d'avis politique parce que la politique c'est sale, c'est de l'humain, du subjectif, de l'affect. Alors que parler technique c'est propre, c'est objectif, c'est quantifiable.


Je préfère écouter Serge Zaka

Sonnons le glas pour parler d'une cloche : Glucksmann visitant une éolienne ?  Qui brassait le plus de vent ?

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