Concert interrompu de Barbara Butch : la parole aux personnes présentes (3/3)
C'est un emballement médiatique qui cristallise quelques-uns des sujets les plus inflammables : Gaza, Israël, LFI, l'antisémitisme et la liberté d'expression. Dès lors, pas si étonnant que le concert de la DJ Barbara Butch qui s'est déroulé à Grenoble samedi 18 juillet et sa perturbation par une foule de militants et citoyens engagés contre sa venue, aient largement occupé le champ médiatique toute la semaine suivante (et davantage). ASI s'est penché en détail sur le traitement médiatique de cette "affaire", et s'est entretenu avec trente personnes qui étaient présentes ce soir-là. Parmi elles, des militants, des journalistes, ou des spectateurs. Dans une première partie nous avons analysé l'emballement médiatique hors norme autour de cette soirée. Puis dans une deuxième, les biais et angles morts de ce récit médiatique. Dans cette troisième et dernière partie, ASI donne la parole à des militants et citoyens qui ont pris part à la manifestation, ainsi qu'à des journalistes présents.
Abonnez-vous pour pouvoir commenter !
si vous êtes déjà abonné Connectez-vous Connectez-vous
Commentaires préférés des abonnés
Grand merci pour ces témoignages qui remettent les choses à l'endroit . Une tempête dans un verre d'eau.
Tous les mainstream à l'unisson pour taper sur LFI sur la base de gros mensonges. Le pire , mediapart et plenel qui en ont profité pour assouvir l(...)
Merci Élodie pour ce trio d'articles très complets.
Je m'inquiète énormément pour l' infernal traumatisme moral subi par Barbara.
Et, j'ai noté, par ailleurs que 152 Palestiniens avaient été tués en Juillet 2026 selon le Ministère de la Santé de Gaza, dont 21 enfants.
(...)Derniers commentaires
Juste un mot, merci pour cette enquête! Ça fait du bien de lire un papier réfléchi comme celui-ci
Je parle sous le contrôle de la rédaction.
Je crois qu'aucune enquête composée de plusieurs volets n'ait obtenu une gratuité intégrale par le vote des ASInautes.
J'espère que cela sera le cas pour la présente enquête et le travail précieux d'Élodie. Cela n'enlève rien non plus à l'émission de cette semaine élaborée par Robin.
Merci à Vous encore Élodie d'effectuer sérieusement du travail journalistique. Vous parliez de vos idées personnelles dans un commentaire d'un précédent article concernant les débats sur l'actualité avec vos proches. J'espère donc que votre entourage le remarque qu'elles sont développées et argumentées par rapport aux autres.
Depuis sa création, Arrêt sur images occupe une place singulière dans le paysage médiatique français et dans mon univers personnel. Comme beaucoup de ses lecteurs, je le suis depuis plus de vingt ans. J'y ai appris à me méfier des évidences, à distinguer les faits de leur mise en récit, à interroger les mots employés, les images retenues, les cadrages, les asymétries de traitement. Peu de médias ont autant contribué à diffuser cette culture de la réflexivité journalistique.
C'est précisément pour cette raison que cette contre-enquête consacrée à Barbara Butch m'a profondément troublé. Qu'on me comprenne bien. Les trois volets publiés apportent des éléments précieux. Ils rappellent utilement que plusieurs commentaires ont sombré dans l'outrance, que les comparaisons avec un « pogrom », une « Nuit de cristal » ou une « lapidation » étaient historiquement absurdes, et que cette affaire a rapidement fait l'objet de récupérations politiques. Ils montrent également, grâce à un important travail de recueil de témoignages, que la soirée grenobloise ne correspond pas aux caricatures qui ont parfois circulé. Ce travail était nécessaire.
Mais c'est précisément parce qu' ASI nous a appris depuis vingt-cinq ans que le journalisme ne consiste pas seulement à établir des faits, mais aussi à interroger leur hiérarchisation, leur contextualisation et leur qualification, que cette enquête appelle, à son tour, une discussion critique.
Mon désaccord ne porte pas sur les faits. Il porte sur le récit qui finit progressivement par les organiser. Car, au fil des trois volets, les principaux éléments de la séquence cessent d'être réellement discutés. Les témoignages recueillis décrivent une campagne organisée pour empêcher le concert, une foule massivement acquise à cette mobilisation, des huées continues destinées à couvrir la musique, des injonctions répétées à quitter la scène, des doigts d'honneur, plusieurs jets de projectiles et, finalement, une interruption revendiquée par plusieurs participants comme une « victoire ». Certains faits demeurent parfois discutés dans leurs détails — la nature des projectiles, leurs auteurs, leur trajectoire — mais ils dessinent un tableau d'ensemble relativement cohérent.
Le débat se déplace alors. Il ne porte plus sur ce qui s'est passé, mais sur la manière de le qualifier. C'est ici que surgissent, me semble-t-il, plusieurs difficultés méthodologiques.
La première concerne la violence. Depuis des années, ASI montre avec raison que la violence ne se réduit pas aux seules atteintes physiques. Le média a contribué à faire reconnaître des formes de pression, d'intimidation ou de harcèlement qui ne passent ni par les coups ni par les blessures. Pourquoi cette grille de lecture semble-t-elle devenir plus difficile à mobiliser ici ? Pourquoi une artiste empêchée de se produire pendant vingt minutes par une foule hostile ne relèverait-elle plus, a minima, d'une forme de violence d'intimidation ? Refuser les analogies grotesques avec un pogrom n'oblige pas à conclure qu'il ne s'agissait que d'une manifestation ordinaire !
La deuxième concerne le régime de preuve. L'une des forces d'Arrêt sur images est d'avoir montré que le doute journalistique ne devait pas être distribué au hasard. Or, dans cette enquête, les exigences de preuve varient selon les objets. Les comportements des manifestants sont systématiquement individualisés, contextualisés et distingués : les projectiles sont discutés un à un, les insultes deviennent marginales, les gestes les plus problématiques sont attribués à quelques individus, souvent alcoolisés ou extérieurs au mouvement. Cette micro-contextualisation est intellectuellement stimulante. Mais elle finit par produire un effet de loupe : à force de distinguer les auteurs, les intentions et les circonstances de chaque geste, elle laisse au second plan la réalité d'ensemble que ces gestes composent collectivement.
Par ailleurs, une telle prudence est absente lorsqu'il s'agit d'analyser l'« emballement médiatique » ? Des traitements journalistiques très différents, des éditoriaux, des reportages, des chroniques ou des réactions politiques finissent par composer un même récit général. D'où une contradiction de méthode : d'un côté, le doute fragmente ; de l'autre, il agrège.
Cette asymétrie se retrouve jusque dans les catégories employées. Tout au long de l'enquête, l'action conduite continue d'être largement désignée comme un « boycott », alors même que les témoignages recueillis décrivent une mobilisation assumant explicitement l'objectif d'empêcher une représentation. De la même manière, le tract représentant Barbara Butch ensanglantée aux côtés de Benyamin Nétanyahou est essentiellement discuté à travers le statut de chacun de ses éléments graphiques. En privilégiant cette lecture analytique, l'enquête passe à côté de leur dimension proprement sémiotique : ce n'est pas chaque élément qui produit le sens, mais leur mise en relation. Or c'est précisément celle-ci qui associe Barbara Butch à un imaginaire de violence et de responsabilité dans les crimes commis à Gaza.
Cette impression est renforcée par les espaces de discussion qui accompagnent les articles. Les commentaires d' ASI ont longtemps constitué l'un des rares lieux où des désaccords argumentés pouvaient encore s'exprimer. J'ai été frappé, cette fois, par la force des certitudes et par la violence de certaines réactions à l'égard de toute lecture divergente. Ce n'est évidemment pas la responsabilité directe de la rédaction. Mais un média produit aussi un cadre de discussion. Lorsqu'un contre-récit devient aussi difficile à interroger, il mérite peut-être la même vigilance critique que les récits dominants...
C'est sans doute la leçon plus générale que je retiens de cette séquence. Les contre-espaces médiatiques ne sont pas spontanément plus pluralistes que les médias qu'ils critiquent. Ils produisent eux aussi des formes de cadrage, des catégories d'évidence et des frontières de l'acceptable. La critique du « mainstream » peut ainsi devenir elle-même mainstream au sein de certains segments de l'espace médiatique et politique. Aucun média n'échappe à ce risque, pas même ceux qui ont fait de sa dénonciation leur raison d'être.
Cette discussion dépasse d'ailleurs largement le cas Barbara Butch. Nous vivons une période où plusieurs réalités coexistent sans se laisser réduire les unes aux autres. Oui, l'accusation d'antisémitisme est parfois instrumentalisée pour disqualifier des critiques légitimes de la politique israélienne. Mais oui aussi, l'antisémitisme reste une réalité préoccupante, documentée et en progression, qu'il faut sans cesse dénoncer et combattre (on aura lu peu d'articles d'ASI sur le sujet...). Oui, les crimes commis à Gaza exigent une mobilisation sociale, morale et politique. Mais oui aussi, empêcher un artiste de se produire demeure un problème démocratique, quand bien même elle a reçu plus d'attention médiatique que d'autres. Refuser ces fausses alternatives est sans doute l'une des responsabilités essentielles d'un média de critique des médias.
Je continuerai à lire ASI avec la même fidélité qu'auparavant. C'est précisément parce que ce média m'a appris à exercer une vigilance critique à l'égard des récits médiatiques que je crois nécessaire d'appliquer aujourd'hui cette même exigence à son propre travail.
Rien n’a changé , il y aura toujours des connards bourrés dans toutes les fêtes et parfois ça tournera mal . Mais c’est plus photogénique de parler des diaboliques LFI . Et vu qu’à crépol c’est devenu du racisme anti blanc , qu’est ce que ça va devenir ici ? Pa s de racisme anti blanc , peut être un dégout de l’occident , ça c’est très possible, très probable . Et ça , ça vient du fait qu’en occident les ploutocrates ne lisent que les journaux , et qu’ailleurs , ils lisent encore de la littérature .
Mille mercis, Elodie, pour cette enquête approfondie. Là, vous surclassez largement les articles de Mediapart sur le sujet, basés sur un rapport de police et les infos du Point, ou visant à côté en épluchant le pedigree d'Allan Brunon, comme s'il était le seul protagoniste de ce boycott.
Un grand merci Elodie Safaris pour cette série d'articles et votre enquête remarquable, cela conforte mon abonnement à ASI.
Je me suis toujours demandé si les Résistants français de la 2e Guerre Mondiale se battaient contre l'armée allemande par pure germanophobie ou bien parce que celle-ci occupait et tyrannisait le pays.
Merci pour cette série d'articles.
Elodie vous allez vraiment me manquer quand je vais arrêter mon abonnement ASI. J'espère vous lire et écouter ailleurs.
ON S'EN FOUT (arrêtez de faire de la pub gratos à cette personne)
Du journalisme authentique ! Merci Elodie Safaris et Merci ASI
Bref, une douce hostilité absolument pas haineuse.
Merci Elodie Safaris pour ce travail méthodique et intelligent. Je gage qu'il n'infléchira que peu les opinions qui ont en général tendance à s'affranchir aisément des faits, y compris dans nos grands médias.
Merci d'avoir montré que l'appel à manifestation était collégial, qu'il impliquait nombre d'associations non suspectes d'antisémitisme, de LGBTphobie ou de grossophobie, et qu'il s'agissait par conséquent d'une véritable initiative citoyenne non discriminatoire (les élans spontanés décrits par les différents témoins semblent le corroborer). Merci d'avoir mis en évidence l'interprétation abusive et véloce de l'évènement par l'ensemble des médias, sur la foi des "impressions de BB". Merci enfin d'avoir récolté autant de témoignages divers, issus de personnes différemment concernées par l'action militante, qui font apparaitre en zone de consensus, une manifestation ordinaire d'opposition politique sans violence.
Je considère pour ma part que l'action conjointe des organisations envers Barbara Butch était imprudente. Imprudente car BB est déjà harcelée de toutes part (ce qui favorise notre empathie à son encontre), car ce type d'évènements est inmaîtrisable, car le passé a montré qu'LFI sort toujours meurtri (par l'ensemble des médias) de ce type d'évènement, ce dont LFI n'a pas besoin en ce moment. De plus, le bénéfice attendu de ce type d'action est assez faible à mon avis.
Sur Twitter, l'avocat Rafik Chekkat se scandalise d'un portrait à charge de Allan Brunon fait par Médiapart, dans un article qui débute ainsi :
Le comportement de l’élu isérois, coorganisateur du boycott de la DJ Barbara Butch, fait l’objet de plusieurs signalements internes. En cause : une attitude jugée « autoritaire » et des propos « sexistes et homophobes ». Lui dénonce une « cabale » menée par des opposants de l’intérieur.
Les abonnés pourront lire la suite.
Et donc, tandis que Médiapart enquête sur ce douteux personnage, @si recueille et avalise son témoignage.
« Dans les jours suivant le concert, Mediapart et Le Parisien ont fait état, sur la base d’un rapport policier et d’une vidéo fournie par les équipes de l’artiste, de plusieurs projectiles (bouteilles d’eau et bouteilles en verre) lancés sur la scène pendant le set de Barbara Butch et l’intervention d’Alexis Monge » (je souligne). Ne parlons pas du Parisien, propriété du milliardaire Bernard Arnault, un tel récit tronqué est dans l’ordre des choses — le mot « ordre » lui convenant très bien, à tous égards. Mais Mediapart ? Sur « la base d’un récit policier » et d’une « vidéo fournie par les équipes de l’artiste » ? Dans cette affaire, le récit policier devient crédible curieusement, alors qu’on le dénonce à longueur de colonnes habituellement ? Que sont devenus, ici, les mantras de Mediapart : les faits, rien que les faits ? le contradictoire ? On est, donc, en droit de se demander quel est l’agenda caché qu’ont ce journal et, particulièrement, E. Plenel, (re)devenu le chantre du « ressenti », primant sur les faits ? Vos trois articles, au-delà de la qualité de l’enquête qui y est menée, sont une véritable leçon de journalisme qui va à rebours d’un journalisme embarqué, qui n’est pas sans rappeler « une grande catapulte mise en mouvement par de petites haines » (Balzac). Merci à vous de vous en démarquer avec une telle exigence, au bénéfice de vos lectrices et lecteurs.
Merci pour ce travail de VRAI JOURNALISME, Élodie Safaris. Si tous les éditocrates, commentateurs, présentateurs de plateaux et journaux pouvaient vous arriver seulement à la cheville, avant de blablater ici et là…!
Très bonne enquête d’Élodie Safaris, qu'aucun média mainstream ne fera et surtout pas celui d'Edwy Plenel. À partager partout car il ne faut pas compter sur lesdits médias pour la reprendre..
Merci pour ce travail salutaire !
Intéressant, merci pour le (gros) boulot abattu pour ces trois articles.... (vraiment, c'est pas une pirouette).
Ceci étant, en réalité, ça apporte pas tant d'infos que ça sur cette action. Quoiqu'en fait, si, bien sur, pour tous.es celles et ceux qui n'ont jamais vécu ou organisé une action de bordélisation de ce genre.
Il y a pas mal de contraintes, l'air de rien, et, là, avec toutes les limites et contraintes liées au réel, sur un "cible" touchy. Notamment: combien de gens.es au so pour cadrer les personnes alcoolisées.es ? Comment se gère la com' post-action ? -et, là, faut avouer que l'ampleur de la shitstorm était difficilement prévisible, même avec le creux informationnel de juillet qui facilite les choses. Dans le groupe organisateur, qui a organisé les prises de vues et la com' externe?
N'empêche, malgré tout, à la fin, politiquement, c'est raté, leur action. C'est une victoire tactique, et une défaite stratégique. Ca arrive, faut la faire oublier avec, par exemple, des choses carréessur les autres rdv public des soutiens de poids de la loi Yadan/aux extremistes de droite au pouvoir en Israel/Palestine. (Blanquer organise un truc, fin aout, par exemple, Cazeneuve, potentiellement aussi). Ca va causer, aux Amfis, clairement...
rho punaise, y'a pas que des journalistes retraités et des jeunes "loups" qui veulent placer des papiers sur ce forum ;)
(c'est quoi les Amfis ? clairement ? )
Pas sur de comment prendre le reste du message (mal ?), mais les amfis, c'est l'université d'été de LFI*: https://amfis.fr/
mais :) quand même, au cas où j'ai raté l'humour du smiley...
* histoire de parler situé, comme on dit, j'en fait pas parti, de LFI, hein.
y'avait un ton qui détonait... et des questions qui changent ... et je voyais pas ce que c'était ls amis et chu sure que y' a plein d'autres gens dans mon cas... c'est tout. merci
Ok, noté, merci de la réponse tranquille, on va donc s'épargner de faire comme dans plein d'endroits des internets d'aujourd'hui, si ça va vous va. On va continuer à discuter, sans s'envoyer des procès d'intention énervés à la figure...
La bonne soirée...
aller, faisons comme ça.
Merci de préciser ce qui ne va pas avec les "journalistes retraités".
rien
oui non vraiment rien, comme pour "jeune loup" (même si ça peut faire péjoratif, j'ai hésité et je l'ai mis) c'est juste que comme on distille chacun des petits bouts de nos identités ça et là, j'ai remarqué que beaucoup de contributeurs actifs du forum sont des journalistes ou anciens journalistes... c'est pas dingue que ce site attire ce public là, mais je ne l'ai remarqué qu'il y a très peu de temps.... (j'ai sans doute bien fait de choisir l'agriculture plutôt que l'investigation). Dire que quelque chose est, ne veut pas dire que ça ne va pas.... ;)
Merci de ces précisions. Tout va bien, alors.
Je ne sais pas si je fais partie des jeunes "loups" (dans mon cas, plus si jeune), mais je fais en tout cas partie de ceux qui veulent placer des papiers...
Et ça me parait bien normal : pour moi, un espace de commentaires est avant tout un espace de partage d'informations. C'est pour ça que j'aime bien les commentaires sur Médiapart, où l'on peut souvent piocher des liens intéressants, découvrir des médias, des points de vue, etc.
Si il n'y a pas ce partage, cet espace manque énormément d'intérêt. Lire cent fois des "j'ai bien aimé" / j'ai pas aimé" / "merci beaucoup", ou pire, des engueulades ou des insultes... franchement, c'est pas ce que je viens chercher (même si les merci bcp ont au moins le mérite de faire plaisir aux journalistes). Mais si je trouve des références, des idées de livres à lire, des points de vue un peu originaux, là ça me parle.
Merci donc aux personnes qui placent des papiers et qui partagent leurs connaissances...
Puisque vous "suivez" le commentariat de Médiapart, j'imagine que vous avez lu le meilleur billet du Club – encore à cette heure, et pas seulement à mon goût :
Évidemment, peu commenté et peu recommandé...
C'est mon blog... Comment en avez-vous eu connaissance, puisque justement il n'a pas du tout été mis en avant ?
J'ajoute que je l'ai envoyé mon texte à la rédaction de Médiapart : je leur ai suggéré de le transmettre à Edwy Plenel pour qu'il le retweete :) Je crois qu'il y réfléchit encore...
En tout cas merci pour votre compliment, qui me va d'autant plus droit au cœur que vous ne saviez pas qu'il m'était adressé.
Lundi Matin va sans doute le republier sur leur site (mais ils hésitent à donner de l'écho à cette affaire...).
J'espère que ça rendra mon texte plus visible qu'il ne l'est (j'avais l'impression, avant votre message, que personne ne l'avait lu !)
Bonne journée
Bingo !!! Mais il existe un tracker chez Médiapart qui permet de... traquer le meilleur du Club et le pire de la Rédaction (le retraité Plenel)
« ça apporte pas tant d'infos que ça sur cette action » ??? Bien au contraire, et vous ne trouverez pas d’article aussi détaillé sur cette action dans le reste de la presse.
Et si vous aviez bien lu les articles précédents, vous les auriez, les réponses à vos questions : il n’y avait pas un « groupe organisateur », mais une multitude de collectifs disparates, chacun avec leur agenda propre, mais d’accord pour faire cette action, sans se coordonner.
Personne ne savait qu’elle allait réussir : la sauce aurait pu ne pas prendre, et tout le monde s’essouffler au bout de 10 minutes. Ça ne s’est pas passé comme ça.
Le public aurait pu être hostile à l’action et virer les quelques meneurs et meneuses : ça ne s’est pas passé comme ça.
Comme le dit aussi l’article (dans le 2/3 je crois), il y avait déjà plusieurs actions menées dans la journée : du tractage sur les marchés le matin, une simulation de checkpoint israélien, et l’accueil du tour du collectif EuroPalestine. L’action du soir n’en était qu’une parmi d’autres, dans un écosystème grenoblois bien actif (rasso tous les mercredis place V. Hugo, veillée tous les vendredis pl. Notre Dame...). Surtout, elle était le fait de collectifs qui ne se parlent pas vraiment : peu de liens entre OST et le Comité pour la Palestine, peu de liens entre LFI et d’autres collectifs queer etc. Donc chacun est venu de son côté. Pas de service d’ordre : c’est un concert ouvert, il y a déjà une sécurité, la police municipale...
Oui, la com’ post-action aurait pu être mieux gérée : il n’y avait pas de communiqué de presse déjà préparé, pas de vidéos...
Mais pour conclure, vous affirmez que c’est une défaite stratégique : pouvait-il en aller autrement ? Est-ce que les média ne sont pas, de toute façon, contre LFI ?
Regardez la victoire de Bally Bagayoko : sa « ville des rois » est devenue « la ville des Noirs ». Rima Hassan : sa participation à la Global Sumud est devenue une croisière touristique. Les appels à la paix de Mélenchon ont été transformés en antisémitisme...
Vous croyez vraiment qu’il puisse y avoir des victoires stratégiques dans un tel environnement médiatique ?
Dans la population, peut-être ; médiatiquement, je ne crois pas.
Merci pour ce commentaire très éclairant !
Désolé de ne pas comprendre ce que vous dites et encore moins ce que vous cherchez à dire; toutefois dans le cadre d'un site qui s'est chargé d'informer sur les médias et leurs dérives ces 3 articles apoortent énormémént d'infos et prend également le temps d'essayer de rapporter l'évènement tel qu'il a été vécu par des participant.e.s et non par Pascal Prost ou Laurent Nunez !
Il est difficile de nier que l'action est ratée du fait de ses suites extravagantes imprévues, que la capacité de l'ennemi à fabriquer et exploiter du mensonge a été mal évaluée et que LFI se serait volontiers passée de ce "shitstorm", comme vous dites. Cela dit, tout cela reste très microcosmien et je ne suis pas sûr que la chose ait finalement un grave impact pour elle.
Les indignés sont pour l'essentiel ses ennemis de service (du Printemps à Plenel, de Meyer Habib à l'Après en passant par le PS et même le pauvre Piolle devenu reine d'un jour, tous une main sur le coeur et le doigt vengeur), faisant profession de se scandaliser hypocritement en toute occasion, usant jusqu'à l'os mais de plus en plus à vide le thème chéri de l'antisémitisme.
Inversement, la surexploitation ad nauseam - et de mauvaise foi trop visible - de l'événement lilliputien et banal (une DJ pas très populaire huée dans un festival de l'été, y a t-il eu jet de gobelet ou de bouteille plastique ? Mon Dieu mon Dieu... Est-elle juive ou bouddhiste ?) finit par lasser ou agacer jusqu'à des franges rétives aux insoumis, et peut-être même inquiéter quelques brailleurs initiaux débordés, qui peuvent craindre un effet boomerang. Au total et au doigt mouillé, je dirais somme nulle.
Je ne suis pas d'accord suand on minimise la portée des campagnes de la presse qui ment à l'encontre de LFI. Ça n'a pas valeur de sondage, mais il m'est arrivé de retrouver des amis avec qui je militais dans une autre vie, des gens éduqués, plutôt anars. Et quand je leur parle de Mélenchon ou des gens que je connais à LFI, à ma plus grande surprise ils me répondent : "des antisémites". D'où croyez-vous que vient cette réaction ?
Si des gens cultivés marchent dans la combine quels peuvent être les dégâts chez ceux collés à la télé toute la journée ?
La culture n'empêche pas la bêtise
Enthoven en est l'exemple parfait.
Certes, mais ça ne contredit pas l'idée que les médias dominants ont une forte influence (off : et qu'il faut donc leur faire rendre gorge).
Je peux rapporter la même réaction chez certains de mes proches ou connaissances. Mais il s'agit généralement de gens qui ont au départ une solide prévention contre LFI et qui l'alimentent de ce que livrent les médias. Il y a de quoi.
Depuis sa première participation à une présidentielle en 2012, Jean-Luc Mélenchon a été désigné tour à tour comme assadiste (il a participé au gazage des enfants de la Ghoutta), criminel de guerre russophile (il est co-responsable des bombardements russes sur la population syrienne, maduriste (il a tiré sur les manifestants, truqué les élections, fomenté des arrestations, affamé les populations, Venezuelaaaaa). Il a attaqué violemment à Paris un procureur innocent en hurlant "l’État, c'est moi" et laissé sur le carreau la centaine de fonctionnaires qui accompagnaient la très normale perquisition des locaux de LFI (par ailleurs stérile et toujours sans lendemain judiciaire, huit ans plus tard). Il est devenu par la suite franchement poutinien, a attaqué et envahi l'Ukraine où il s'est rendu coupable ou au moins complice d'innombrables crimes de guerre, tout en prônant en France le tabassage conjugal des femmes.
Durant toutes ces années il est passé de l'islamogauchisme le plus odieux (on l'a vu hurler Allah Ou Akbar dans une manifestation de Daech ou Frères musulmans en novembre 2019) à l'antisémitisme le plus immonde ("rappelant les heures sombres") qui s'est révélé avec le "pogrom" du 7 octobre qu'il a applaudi, s'il n'y a pas directement participé. En parlant de "camper", il a révélé vouloir envoyer Braun Pivet à Auschwitz, il glorifie le Rrrrramasss avec lequel il a, au minimum, des accointances, traite les juifs - qu'il déteste et voudrait exterminer - de déicides. Sa "secte" qu'il contrôle en dictateur (ou "gourou") est un nid de Frères Musulmans ou les dissidents sont liquidés ("purgés") dans des caves qui se révéleront un jour des charniers. C'est donc tout naturellement que ses sbires s'en sont pris récemment à l'emblème du bien LGBT et humaniste Barbara Butch qu'ils ont sauvagement "lapidée" (sic) à coup de bouteilles pour lui faire payer sa judaïté (sic).
Tout ceci est rapporté par l'ensemble de la classe politique de bon aloi et des médias sérieux, de Franc-Tireur à Médiapart en passant par Le Point ou Libération, de BFM à France 2 en passant par Inter et Culture. On comprend donc que les monstruosités susnommées aient fini par parvenir aux oreilles de vos amis.
On notera cependant que pendant cette descente aux enfers de Dante et surenchère dans le crime patent et l'antisémitisme no-limit, Jean-Luc Mélenchon est passé de 11 à 22 % dans l'électorat (sans doute sourd et aveugle) et que LFI et lui ont fait leurs meilleurs scores (2022-2024) alors qu'ils étaient accablés simultanément et de façon intensive des crimes de poutinisme et d'anti-sémitisme-pro-Rrrramasss.
D'ou ma réserve sur l'effet des pluies de bombes continues (ou d'excréments) à long terme sur notre électorat. Mais je peux me tromper.
👍🤣🙏 (ça mériterait d’être recopié en haut !)
Croire aux bobards des médias sur jlm, , de assad à poutine en passant par l'antisémitisme en dit long sur la capacité de reflexion de ces bobos.
J'ai perdu ou arreté de frequenter tous ces bobos, n'en pouvant plus devant tant de naiveté ou d'hypocrisie.
Comme on dit au Mexique, mas vale solo que mal acompagnado.
Ce n'était qu'une douce et gentillette hostilité à l'égard de Barbara Biutch absolument pas haineuse d'après les propos recueillis.
Juste une promenade de santé.
Je me gondole face à la mauvaise foi des protagonistes engagés !
Vous tordez un peu les témoignages qui rapportent quand même projectiles, doigts d'honneur, qqs insultes. Et la tension, l'animosité décrite, etc.
"projectiles, doigts d'honneur, qqs insultes" ... de LFI ? ou de zozos bourrés ? Ou peu identifiables ? Ce n'est pas du pinaillage, la réponse conditionne la dimension politique - éventuelle - de l'"événement" (?).
Pas d'accord du tout. On y apprend par exemple que l'appel n'émane pas de LFI mais de 25 organisations majoritairement queers, syndicales et décoloniales. Que l'"action" s'entendait en fait de 30 militant-es dont une 10zaine d'insoumis-es qui tenaient leurs drapeaux et ont été suivi-es par l'écrasante majorité du public, rendant la distinction militant-es/spectacteur-ices complètement inopérant. Que contrairement à 100% des actions de soutien à la Palestine ces derniers mois, celle-ci à emporté l'adhésion de milliers de personnes, dont la majorité est partie avant le set et l'autre eqt restée poir manifester son désaccord politique. Bref, pas lu ça ailleurs pour le coup
Excellent triptyque. Il faut le rendre gratuit et le partager au maximum.
Les médias mentent, ça on le savait déjà, mais nous avons maintenant la preuve que les médias mainstream qui se disent de gauche sont donc contre la gauche.
C'est le cas du Monde, de Libé évidemment, mais aussi de Médiapart et particulièrement d'Edwy Plenel.
Nous avons la preuve qu'ils sont capables de mentir sciemment pour satisfaire leur agenda politique anti-LFI, la seule force politique aujourd'hui qui veut nous faire sortir de cette 5e République non-démocratique, la seule force politique capable de faire élire des maires comme Bally Bagayoko, la seule force politique qui tient tête aux médias, qui ne se fait pas imposer son vocabulaire, et qui fait entendre la voix de la France contre le génocide des Palestiniens.
Maintenant, il faut en tirer les conséquences : s'engager pour 2027, s'engager pour que LFI (car c'est la seule force de gauche en capacité de le faire) soit en mesure de gagner contre le RN au 2nd tour, et s'engager pour que LFI nous corresponde au maximum, à toutes et à tous.
Le combat va être long.
Merci beaucoup Élodie pour cette série qui remet les pendules à l'heure (pour ceux qui la liront).
Le mal est malheureusement déjà fait et la visibilité de ces articles restera minime.
A lire vos articles qui démontent totalement le narratif repris jusqu'à médiapart sur cette pitoyable affaire, j'ai vraiment de la HAINE - cépabien je sais - pour de nombreux journalistes et médias - pas médiapart qui fait globalement le taff - sans compter les "camarades" de gauche toujours prompts à hurler avec la meute - une mention pour Piolle qui remet une pièce dans la machine mais "c'est parce qu'il aime bien Jean-Luc" (et qu'il avait perdu son 06, sûrement... )
Et pendant ce temps, les horreurs du RN et du pouvoir passent inaperçues... Ne parlons évidemment pas du géno... pardon, de la "trêve" à Gaza.
Merci ASI.
Je m'inquiète énormément pour l' infernal traumatisme moral subi par Barbara.
Et, j'ai noté, par ailleurs que 152 Palestiniens avaient été tués en Juillet 2026 selon le Ministère de la Santé de Gaza, dont 21 enfants.
Merci pour cette série d'articles qui rappelle la difficulté de faire l'histoire et la facilité à manipuler dans l'immédiat .
Merci Élodie pour ce trio d'articles très complets.
Grand merci pour ces témoignages qui remettent les choses à l'endroit . Une tempête dans un verre d'eau.
Tous les mainstream à l'unisson pour taper sur LFI sur la base de gros mensonges. Le pire , mediapart et plenel qui en ont profité pour assouvir leur haine de Melenchon . Sans oublier la famille Ruffin, Autain et la limace Hollande.
Le travail que vous avez du effectuer, l'energie depensée simplement pour rétablir la vérité.
A voir l'écho résiduel que cette affaire laissera Ça rappelle beaucoup les mensonges après la mort de Q Deranque, qui a eu même droit à une minute de silence à l'assemblée nationale.
Puisse cet article avoir le même retentissement que la cabale organisée par les droitards
Merci d'avoir fait le travail.
"Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose"
Si j'ai bien compris, les médias mentent. Ce n'est pas bien . Que faut-il faire pour que les journalistes arrêtent de mentir ?