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Barthès, ou la gauche Bouygues

Une journaliste qui confesse avoir raté son interview, c'est rare.

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Au détour d'un paragraphe de notre auguste matinaute, voilà énoncé un concept peut-être moins anodin qu'il n'y parait : les deux concepts de la gauche, gauche sociétale et gauche sociale.

Deux gauches vraiment ? Diantre, tant que ça ? Dont l'une aurait droit de cité chez Bouygues en plus ?

Rappelons que la gauche, telle qu'elle se définit depuis le début du XXe siècle, émane du mouvement syndical, se la base sur les travaux de Marx et se définit par rapport aux question du partage des richesses. La gauche apparaît politiquement au début du XXe siècle avec la fondation de la SFIO (ancètre du PS, dont on rappellera avec malice que cet acronyme signifie "section française de l'internationale ouvrière") et du PCF... Bref, la gauche se définit sur les questions économiques et sociales.

Les questions de société sont quant à elles apparues avec la composante étudiante du mouvement de mai 1968, et ont été reprises par des partis se réclamant de la gauche (notamment le PS...), autour de thèmes tels que les revendications en faveur des homosexuels, des femmes et des consommateurs de drogues douces.

Mais quels rapports entre les deux ?

A l'examen, pas des masses.

Si on peut envisager une politique favorisant les salaires et de redistribution sociale qui s'accompagnerait d'innovations sociétales (en tout cas dans l'absolu, il faudrait trouver des vrais exemples dans le vrai monde), il est tout aussi concevable d'avoir un gouvernement appliquant des mesures tout à fait inégalitaires faire dans le "progrès" sociétal. Ca, on a sous les yeux, en France, depuis 2012 : un pouvoir de droite dure (pour ne pas dire dingue) qui abandonne l'industrie (Florange) à la voracité actionnariale, qui ne sépare pas les banques, qui sabre les retraites, démantèle le code du travail, signe le TSCG, applique l'austérité... et qui marie les homosexuels.

En fait ces question sociétales, telles qu'elles sont exploitées, ont deux fonctions évidentes :

1/ la diversion

Ces questions servent à introduire un semblant d'opposition entre les deux droites de gouvernement, la droite classique (en France, RPR UMP Républicains) et la droite dite "sociale-démocrate", qui sans ça auraient bien du mal à s'opposer sur quoi que ce soit.

Illustration : la loi sur le "mariage pour tous les homosexuels" (c'étaient les éléments de langage du gouvernement je crois ?), qui a donné lieu à un déferlement hallucinant de manifestations et d'envolées grandguignolesques entre les deux droites, permettant enfin à celle dans l'opposition de trouver enfin quelque chose à redire à celle au pouvoir.

Le meilleur dans l'affaire ? Après tant de gesticulations, voilà que la droite classique ne parle même plus d'abroger la loi en question. Tout ça pour ça ! Ce qui montre à l'envie que cette thématique ne fait même pas l'objet d'une véritable opposition entre les deux...

2/ plus grave : la coupure entre classes populaires et classes moyennes

On a là une thématique impulsée par le haut, qui trouve un large écho au sein des classes moyennes, et sans doute bien moins au sein des classes populaires, et dont la caste au pouvoir use et abuse pour éviter que les deux ne se rapprochent.

Ainsi, ces thèmes sont utilisés pour stigmatiser les milieux populaires aux yeux de la classe moyenne, ainsi que le montrent notamment des mouvements comme "ni pute ni soumise", qui nous explique que les quartiers populaires traitent mal les femmes, ou les émissions sur les gays en banlieue de LCP qui nous expliquent qu'ils n'aiment pas les homos... Salauds de pauvres ! faisait dire Autant Lara à Bourvil.

Rappelons au passage que Fadela Amara, présidente de ni putes ni soumises, vivait avec l'un des dirigeants de Charlie hebdo, et a été ministre de gouvernement sous Sarkozy. On a connu des gauchistes mieux entourés...

Au niveau international, on constate la même instrumentalisation à l'encontre des pays qui ne partagent pas l'engouement euro libéral de nos dirigeants : on le voit notamment à l'oeuvre contre la Russie, perpétuellement accusée de maltraiter ses homosexuels (alors qu'aucune loi de la Fédération de Russie ne réprime l'homosexualité, mais nos médias n'en sont plus à un délire près..). Plus encore ? Hillary Clinton, candidate néocons démocrate intègre ces thèmes au panel des justificatifs à l'impérialisme américain, en menaçant de sanctions les pays africains qui ne mettraient pas en place le mariage homosexuel.


Pour ma part, je ne vois aucune "gauche sociétale". Juste une droite libérale libertaire, qui utilise les thématiques sociétales pour se proclamer de gauche.

La "gauche" Bouygues ? ah, oui, "gauche" sociétale...
La "gauche Bouygues" me fait penser à un oxymore.
J"ai donc organisé un concours d'oxymores ( où d'à peu-près ).Le ramassage des copies a donné, par exemple :
- l'honnêteté de Sarkozy
- l'efficacité de Hollande ( ou la réussite d'Hollande )
- le fidèle Macron
- la franchise de Cahuzac
- la suavité de Mélenchon
- l'altruisme de Tapie
- le vertueux Copé
- les bienfaits des religions
- l'indispensable Sénat
- l'indépendance de la presse française
- la rigueur intellectuelle de Finkielkraut ou de Zemmour,
- l'antisionisme de BHL
- l'utilité des religions
- le beau Ciotti
- l'intelligent C. Jacob
- l'humanité des Lepen
- le charisme de Woerth
mais ceux que je préfère :
-l'immense espoir généré par la gauche
- et, l'avenir radieux des jeunes français
Précision quand même. Bouygues, avec 8% n'est pas le principal actionnaire d'Alstom. C'est l'État avec 20%.
Tout est dit. Bravo.
ce soir je regarde la 2 , interessant comme info non...?
L'idéologie du spectateur est une cible primordiale d'une émission d'info et de divertissement.
Le but reste le même : le fameux temps de cerveau disponible.
Il s'agit de montrer ce que les gens veulent voir, les auditeurs "gauche libertaire" ont suivi leur joueur de flûte.
Quand l'actualité est vide une Morano ou une fan de Céline Dion vient remplir le vide.
A cette heure de la journée on aime bien ses habitudes, ses pantoufles cérébrales
Valls, premier ministre de la France, rappelle la définition de la gauche après le congrès des frondeurs à La Rochelle
Valls, le toréador qui a assassiné la gauche avec son caudillo a le culot de dire :
« Si on ne bouge pas, la gauche sera ultraminoritaire à l’Assemblée nationale. Oui, la gauche telle que nous l’imaginons, utile, assumant les responsabilités de l’exercice du pouvoir, peut mourir, mais moi je veux qu’elle vive. »
C'est un peu comme un boucher poète qui parlerait de la beauté des agneaux gambadants en découpant quelques côtes de cette viande succulente.

Alors la question de savoir si ce Barthès est de gauche ou pas et de quelle gauche on parle, cela n'a plus guère d'importance. Les pétainistes ouvrent un bar en plein centre de Lille qu'ils appellent "La Citadelle" où l'on pourra causer entre blancs de souche ("Net blankes - Whites only"). L'heure est plutôt à savoir comment oublier les Hollande et les Valls sans perdre son temps à avoir du ressentiment, l'heure est à mettre en place de nouvelles solutions pour échapper au train train de la politique convenue. Au passage, j'engage les frondeurs à se réunir à Madrid plutôt qu'à La Rochelle, il y a davantage d'inventions. Là-bas, ils écoutent avec intérêt les Badiou et Rancière
Barthés trônant comme un pape au milieu de ses fidéles , vous croyez vraiment qu' il est de gauche ?
Je voudrais revenir sur deux choses : d'abord sur ce que fait Bolloré. En dépit de ce qui a été dit par vos intervenants lors de l'émission de rentrée, je pense que Bolloré est à la fois dans une démarche commerciale, mais il a un but politique précis.
Il a acquis de l'influence et du lobbying, pour ses propres industries, pour les protéger, les développer à l'abri de la puissance de nuisance et de lobbying d'un média, et incidemment rentabiliser tout cela, peut-être en supprimant le clair pour ne garder que les abonnements.
Mais c'est un proche de Sarkozy : on ne prête pas son yacht si on n'est pas un ami. Et Sarkozy n'est pas idiot : s'il a perdu en 2012, il sait que c'est dû au travail de sape de certains médias tels que Canal+. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais Sarkozy en 2007 avait une image de caudillo autoritaire, vaguement inquiétant.
C'est quand Yann Barthes a commencé en rigoler, et l'a ramené à ce qu'il était, un petit chef agité de tics, hyperactif et qui n'allait jamais au bout de ses projets, et pour lequel tout était question de spectacle, et pour lequel son narcissisme exacerbé tenait lieu de personnalité. Et dont on pouvait se moquer sans vergogne, a fait comprendre Barthès, parce qu'il avait comme tout le monde un côté ridicule. Tout-à-coup, quelque chose de sain et de roboratif passait par la grande lucarne.
Sarko et Bolloré ont très bien compris que la bataille médiatique avait été perdue en 2012, et qu'il faut remédier à cela. Ce sont des prédateurs, et lorsqu'ils ont perdu, ils savent faire l'analyse appropriée. Et ils savent que certains médias étaient contre eux, pas alliés à la gauche, mais qu'ils le combattaient en ordre dispersé parce qu'il était nuisible pour tout le monde;
Il y a plusieurs raisons qui ont poussé Bolloré à acheter C+, et Barthès était dans le lot.

Barthès est toujours aussi brillant : j'ai vu les deux premières soirées en morceaux, et c'est inégal, mais globalement très bien réussi. Surtout je lui suis reconnaissante d'avoir parlé d'Adama Traoré, la véritable affaire de l'été, et d'avoir dit, avec la soeur d'Adama (très émouvant, son intervention, même si elle était simple, tellement touchante de simplicité) et le journaliste qui suit réellement l'affaire, qu'aucun politique français ne s'était préoccupé de la famille. D'autre part, le chef des pompiers a témoigné qu'Adama était mourant, mais que les gendarmes étaient persuadés qu'il "simulait et était très dangereux". Sale histoire, n'est-ce pas ? Il fallait le dire et Barthès l'a fait. La violence s'est calmée à Beaumont, c'est le temps de la vérité, mais qui la dira ?
Que Barhès se revendique de gauche ou pas, qu'il soit d'une génération peu politisée, c'est une chose, mais l'émission est là, ils osent.
Le ballet Village People qui rigole de TF1 et TMC, avec ses acolytes à la masse, c'est dommage que le zapping n'ait pas pu le reprendre, et pour cause....

Dans ce grand plongeon collectif à la lemming auquel nous assistons et participons, un petite lumière qui ne s'éteindra pas.
Même sans regarder la télé, j'avoue que je suis toujours surpris que l'on attende ou pas quelqu'un comme Barthès qu'il soit de "gauche"... on attend à la rigueur qu'il soit "journaliste"...
Sonia Devilliers ce matin recevait Bruce Toussaint, dont on ne sait pas s'il est de "gauche" tant ce terme parle surtout aux électeurs un peu âgés.
Toussaint récupéré par le service public (un autre...on connait son salaire? ça devient un sujet car argent public tout ça, la question ne fut pas posée, la question n'est jamais posée, le pantouflage des [s]journalistes[/s]/ animateurs on en parle?...) lance sa nouvelle émission "C-polémique", comme il l'a dit lui-même, C-débat ça sonnait pas bien, on voit bien ce que sera cette émission...
Toussaint toujours ne fera plus d'interview de personnalités politique, mais "ouvrira" au représentants de la "société civile" (terme à définir, la définition la plus proche pourrait être, la société de ceux qui ne sont pas en service armé??)
La liste donnée: des intellectuels, des philosophes, des acteurs, des artistes, des écrivains, des... journalistes, mais des "gens qui ont un truc à dire", "qui ont un peu travaillé dessus"...
Révolutionnaire.
Donc plutôt Sophie Marceau qu'une infirmière au CHU, qui elle n'a rien à dire, et d'ailleurs comme elle n'a pas réfléchi sur le sujet, elle va voter n'importe quoi...
"Les gens"...
Ah oui et donc j'ai renoncé à expliquer à ma vielle mère que la gauche n'existe plus, que ni Joffrin ni Barthès ne sont des gauchistes, juste une option du système, comme "centre", ou "droite"...
Il ne faut pas sous-estimer Barthès. Je n'aimais pas son "Petit journal", n'aime toujours pas son "Quotidien", et en reconnaît tous ses défauts : il reste politiquement à la surface des choses, son offensive satirique est inoffensive et dérisoire, il redouble l'importance au show politique ou people (petites phrases, etc.) en prétendant les déconstruire.

Il reste qu'en regardant son émission, hier soir (dont l'efficacité, comme le fait remarquer Isaton plus haut, écrase ridiculement la concurrence), je me disais que c'était la seule émission actuelle en clair capable de rendre la "gauche" sexy (mettez ce que vous voudrez derrière "gauche" : drauche, social-libéralisme, toute corruption qui vous plaira ; il reste que c'en est la seule voix audible sur le PAF). Je crois que ce forum ne mesure plus très bien l'état désastreux de l'image de la gauche dans les milieux populaires depuis dix ans, dont les avatars médiatiques sont vus comme moralistes verbeux, bobos urbains, "bien-pensants", idéologues incapables de se cogner à la réalité... On a là la seule émission dont la parole va passer entre les gouttes de cette vision-là, et toucher des milliers/millions de personnes, notamment des jeunes - émission qui va donner, en clair et en grande audience à heure de grande écoute, une autre vision des migrants par exemple.

C'est INESTIMABLE.

Notamment en année d'élection présidentielle. Cela n'excuse en rien toute la mollesse idéologique de Barthès, la complaisance de l'humour de ses équipe et leur pseudo subversion, etc. Mais prenons juste une seconde la mesure du fossé : en face, à la même heure, il y a Touche pas à mon poste !! (que l'émission de Barthès a battu aux petits jeux d'audience, soit dit en passant).

Donc pas d'accord pour cracher sur cette bonne occasion avec dédain, et faire la fine bouche parce que Barthès n'est pas irréprochable ou encore trop libéral à votre goût.
N'ayant jamais sur-estimé le pouvoir contestataire de Barthès, je me contenterai d'observer qu'il faisait et fait un truc qui, commercialement, marche. Et que le super commerçant Bolloré a tout fait pour que lui et tout ce qui marchait sur Canal en clair se pète ou se barre. Incompréhensible, non ?

Pas tant que ça. Pour Bollo, Canal France n'est qu'un bizness parmi cent. Et qu'il casse ce qui marche non pour perdre des brouzoufs mais à la fois pour évincer des fouille-merde venu fouiller chez lui, chez Lucas et autres potes du CAC40, et pour plaire à Malfaisant 1er qui deviendra un Malfaisant II qui lui fera du retour sur investissement. Et les affaires sont les affaires, hein.

Moyennant quoi le plantage du mauvais clone et clown Eldin est un plaisir de choix.
Il fait une très bonne émission, regardez la concurrence comme tout d’un coup elle vieillit... Chez Hanouna ils font du à poil, chez Lapix ils sont en pilotage automatique et sur Canal plus l’opération sauvetage échoue.
Bonjour
Vous avez écorché le mot gauche, on dit plutôt drauche maintenant.
Il est de gauche comme John Oliver est de gauche - c'est un libéral politique dont le programme se résume à : "mais au nom de quoi vous voudriez interdire aux gens de faire ce qu'ils veulent ?".
C'est une gauche qui ne réfléchit pas plus loin que le bout de son nez, une gauche qui s'aveugle sur son amour inconscient pour le marché, qui ne comprend pas les conséquences de ses actes, qui défend à la fois la liberté politique pour les femmes et le port du burkini, interdit la fessée sur les enfants mais considère que les gens peuvent se torturer dans un cadre sexuel sado maso si ça les chante, jusqu'à l'extrême. C'est donc une gauche indifférente, profondément, au sort des individus et qui ne les pense pas comme des êtres situés.
En gros, c'est un con, et il n'y a pas grand chose à faire pour le sauver.
Ou peut-être lui offrir les œuvres complète d'Orwell. Mais encore faudrait il que ça ne glisse pas comme sur les plumes d'un canard.
qui interdit la fessée sur les enfants mais considère que les gens peuvent se torturer dans un cadre sexuel sado maso si ça les chante

???
et oui, c'est librement qu'on peut exiger que notre partenaire nous enfonce des tisonniers dans le cul, et la dignité humaine en la matière n'a pas sa place, comme nous le dit la CourEDH, largement suivie dans ses conclusions par tout un tas d'éditorialistes bien intentionnés.
Non mais qu'importe, on parle de deux choses complètement différentes, là, il n'est pas question de dignité humaine mais de consentement. Deux adultes entre eux, tant qu'ils sont consentants et que ça les éclate, on le droit de faire tout ce dont ils ont envie - se planter des tables ikéa dans les fesses avec du verre pillé si ça leur chante.

Un enfant, lui, ne quémande pas les gifles qu'il prend dans la gueule !
Je suis pas fermé à un débat sur les châtiments corporels, mais la comparaison ici n'a aucun sens.
ça vous semble être une évidence que ce devrait être puni. Pourquoi?
une camera devant chaque pieu pour vérifier que les pratiques sexuelles des français sont bien conformes aux normes morales selon DanetteOchoc.

Normes morales qui, notons le, veulent réhabiliter le châtiment corporel sur enfant.
Votre remarque DanetteOchoc ne manque pas de fondement.
De manière amusante, il semblerait que ni DanetteOchoc ni les 4 personnes qui lui ont répondu n'ont lu le jugement rendu par la Cour Européenne Des Droits De L’homme ; en résumé, elle a confirmé la condamnation des pratiques sadomasochistes, principalement au vu du fait que les sévices ont continué malgré la demande de la victime à ce qu'ils arrêtent, et de la violence de ces actes.
C'est beau, on dirait du Brice Couturier ou du Finkielkraut.
John Oliver est peut être globalement sur la même ligne politique ("libéral progressiste" en gros), mais d'une part il est beaucoup plus talentueux, et d'autres part il aborde des sujets de fond beaucoup plus complexes (pour une émission de tv) et les traite avec pas mal de sérieux, ce qui est un comble pour un comique. en particulier sur les sujets de politique américaine. Le petit journal ça a toujours été globalement très creux sur le fond avant de manquer totalement de mordant politique.
"il est beaucoup plus talentueux" - oui aussi pour le fond, c'est documenté (et je le regarde avec plaisir sur le net. j'ai en revanche du mal quand ça dégouline de moraline, ce qui lui arrive de temps en temps).
Dites-donc, "mais au nom de quoi interdire aux gens de faire ce qu'ils veulent", c'est une très bonne question, une des meilleures, si on la pose sérieusement; C'est à dire qu'il existe des raisons d'aller à l'encontre du principe fondamental de la liberté individuelle, mais elle ne sont pas si nombreuses et il faut les manier avec précaution.

L'opposition qui est faite entre social et social commence sérieusement à me courir. Ce n'est pas parce qu'on est socialement libéral que l'on le sera économiquement : on remarque d'ailleurs qu'une grande partie des républicains américains s'accommode parfaitement d'être à la fois socialement très conservateurs et économiquement très libéraux.

De mon point de vue, par ailleurs, le respect du droit fondamental d'une femme de choisir comment elle s'habille est un des meilleurs arguments à opposer contre le voile imposé dans certains pays, mais ce n'est pas un argument qui permet en même temps d'interdire ce foutu et ultra-minoritaire burkini.

Ce qu'on constate, c'est que le social et le sociétal vont de pair. On ne peut pas oublier le social au seul profit du sociétal, comme l'indiquaient Slavoj Zizek ou Obama, parce que les avancées sociétales restent de surface si elle ne sont pas accompagnées d'un dynamisme de progrès commun.
Mais ce qui se passe en ce moment, c'est l'inverse ; c'est un recul du social depuis des années qui commence à rendre les gens prêts à accepter des reculs sociétaux et de leurs libertés : eh bien non, et si par un hasard de l'histoire ce sont les clowns Barthès et Oliver qui sont les seuls à porter la voix de la raison sur la place publique sur ce sujet, alors au moins ne les dénigrons pas.
"C'est à dire qu'il existe des raisons d'aller à l'encontre du principe fondamental de la liberté individuelle, mais elle ne sont pas si nombreuses et il faut les manier avec précaution."

En droit des libertés fondamentales la première chose qui est enseigné c'est qu'aucune liberté, aucun droit, ne sont absolus.
A vrai dire il existe bien quelques droits fondamentaux indérogeables mais ils sont l'exception (interdiction de la torture, esclavage).

"L'opposition qui est faite entre social et social commence sérieusement à me courir. Ce n'est pas parce qu'on est socialement libéral que l'on le sera économiquement : on remarque d'ailleurs qu'une grande partie des républicains américains s'accommode parfaitement d'être à la fois socialement très conservateurs et économiquement très libéraux."

Et inversement.

Cela étant un libéralisme politique exacerbé envoie souvent les êtres et leur corps sur le marché.
C'est ainsi que sur les forums d'@si a-t-on pu avoir des échanges aux termes desquels, en substance, certains @sinautes écrivaient que "puisqu'on peut abandonner un enfant, pourquoi ne pourrait on pas le vendre" ou encore "si le don d'organes est permis, on ne voit pas au nom de quoi on en interdirait le commerce".

Les livres de Ruwen Ogien sont là pour nous prouver que ce que certains considèrent comme la seule extension du champ de leur "liberté individuelle" constitue en fait la mise à disposition des êtres sur le marché.
sur les forums d'@si a-t-on pu avoir des échanges aux termes desquels, en substance, certains @sinautes écrivaient que "puisqu'on peut abandonner un enfant, pourquoi ne pourrait on pas le vendre" ou encore "si le don d'organes est permis, on ne voit pas au nom de quoi on en interdirait le commerce".

Ces échanges sur @si ne sont le produit que d'une seule personne, et c'est la seule personne que j'ai rencontrée (au sens large) pensant ainsi.
On est très loin de pouvoir en faire un mouvement généralisé, tout de même.
Danetteochoc
"C'est à dire qu'il existe des raisons d'aller à l'encontre du principe fondamental de la liberté individuelle, mais elle ne sont pas si nombreuses et il faut les manier avec précaution."
En droit des libertés fondamentales la première chose qui est enseigné c'est qu'aucune liberté, aucun droit, ne sont absolus.
A vrai dire il existe bien quelques droits fondamentaux indérogeables mais ils sont l'exception (interdiction de la torture, esclavage).
"L'opposition qui est faite entre social et social commence sérieusement à me courir. Ce n'est pas parce qu'on est socialement libéral que l'on le sera économiquement : on remarque d'ailleurs qu'une grande partie des républicains américains s'accommode parfaitement d'être à la fois socialement très conservateurs et économiquement très libéraux."
Et inversement.

Si inversement, cela veut bien dire qu'il n'y a pas opposition systématique. Certains sont libéraux économiquement et conservateurs socialement, d'autres sont economiquement et socialement conservateurs, d'autres encore sont libéraux socialement et ne le sont pas dans les moeurs...Et chez tous, il doit y avoir des nuances.
L'opposition entre le sociétal/social n'est donc pas pertinent puisque bien trop réducteur pour rendre compte toutes les nuances et réflexions sur ce vaste sujet.


Danetteochoc
Cela étant un libéralisme politique exacerbé envoie souvent les êtres et leur corps sur le marché.

Oui, tout est dans le mot exacerbé...

Danetteochoc
C'est ainsi que sur les forums d'@si a-t-on pu avoir des échanges aux termes desquels, en substance, certains @sinautes écrivaient que "puisqu'on peut abandonner un enfant, pourquoi ne pourrait on pas le vendre" ou encore "si le don d'organes est permis, on ne voit pas au nom de quoi on en interdirait le commerce".
Les livres de Ruwen Ogien sont là pour nous prouver que ce que certains considèrent comme la seule extension du champ de leur "liberté individuelle" constitue en fait la mise à disposition des êtres sur le marché.

Parce que le marché est considéré comme tout-puissant et que puisqu'il est tel il ne peut que se nourrir de notre liberté (entre autre, il peut tout autant se nourrir de votre conservatisme, de votre religion, de tout en fait, du moment que ça s'achète ou se vend).
Comme vous jugez que nous ne pouvons nous défendre contre lui, qu'une articulation entre liberté individuelle et lutte contre le marché est impossible, vous choisissez celui du conservatisme moral (qui est le seul capable de nous défendre contre lui).
C'est une position intellectuelle respectable mais d'autres ont faits d'autres choix et ne jugent pas forcément que les êtres doivent "se castrer" parce que le capitalisme sait se servir du désir sexuel et humain pour perdurer (pour prendre cet exemple là, mais il pourrait y en avoir d'autre, le capitalisme est extrêmement plastique et adaptable).

La vraie question qui, à mon avis, se pose est celle-ci :
la question n'est pas de savoir si on a le droit d'abandonner ou non ses enfants, mais de savoir s'il peut y avoir gain marchand de leur abandon; si on a le droit de faire don de ses organes ou si on peut les vendre; si on bafoue sa dignité humaine en demandant à son partenaire sexuel de nous enfoncer un tison brûlant dans le fondement (je doute que mon degré de dignité se mesure à la conformité de mes fantasmes sexuels) mais si on peut mettre son fondement aux enchères pour que d'autres retirent un plaisir de nous faire mal.

Ce n'est pas la liberté que vous critiquez mais sa marchandisation. Comme vous ne voyez pas comment cette liberté peut réellement s'exercer dans un monde capitaliste vous préféreriez que nous en soyons privée. Ok.
En droit des libertés fondamentales la première chose qui est enseigné c'est qu'aucune liberté, aucun droit, ne sont absolus.

ça m'intéresse : quel est le principe invoqué ?

Cela étant un libéralisme politique exacerbé envoie souvent les êtres et leur corps sur le marché.

Je suis assez d'accord avec ce que dit Pythias plus bas : ce n'est pas la liberté que vous critiquez mais sa marchandisation.
A mon sens la marchandisation que vous évoquez est une perversion du principe de liberté, car la "liberté" de se vendre est le résultat d'une contrainte (économique) et la "liberté" d'acheter masque un pouvoir sur autrui (et pas une liberté individuelle).
Faire un lien presque automatique entre "amour inconscient du marché" et défendre certaines libertés (par exemple celle de s'habiller comme on veut) reste quand même extrêmement abusif.
On peut par exemple être très attentifs au sort des individus et, par conséquent, être très attentifs à certaines libertés, comme celle de s'habiller comme on veut (et aux conséquences concrètes de leur remise en cause). Par ailleurs, la contradiction entre défendre la liberté politique des femme et vouloir l'interdiction d'un vêtement est assez grande, également.

Ou alors, faudrait-il commencer à se dire que c'est pas bien de défendre certaines libertés parce que sinon - paf - c'est qu'on a un amour inconscient du marché...? Ce n'est quand même pas ce que raconte Orwell.

Attention donc aux grandes catégorisations définitives - et finalement abstraites.


C'est une gauche qui ne réfléchit pas plus loin que le bout de son nez, une gauche qui s'aveugle sur son amour inconscient pour le marché, qui ne comprend pas les conséquences de ses actes, qui défend à la fois la liberté politique pour les femmes et le port du burkini, interdit la fessée sur les enfants mais considère que les gens peuvent se torturer dans un cadre sexuel sado maso si ça les chante, jusqu'à l'extrême. C'est donc une gauche indifférente, profondément, au sort des individus et qui ne les pense pas comme des êtres situés.



En gros, la gauche qui est passée de la rose au poing à la fistinière.
Ouais, mais toujours avec la rose au poing...
C'est une gauche qui considère que les êtres humains peuvent être des adultes, et qui estime que ce n'est pas à l'état de se mêler de la vie privée des gens, y compris en matière de mœurs sexuels ou de religion. C'est une gauche qui n'a pas oublié l'esprit et la lettre de la déclaration des droits de l'homme, qui est le fondement de notre république, et qui sait ce que encore ce que signifie la devise de notre république: "Liberté, Egalité, Fraternité". Vous qui êtes prêt à jeter la liberté aux orties sous prétexte que vous n'aimez pas tel ou tel comportement, êtes-vous vraiment de gauche ? J'en doute.
Mais Barhes n'est pas de gauche, juste pas idiot. Sinon il a besoin de son job et ferra comme les petites classe moyenne , il s'écrase, arrêtez donc d'espérer quoi que se soit de gens qui ont un patron. Déjà même avec des rédactions géré par les journalistes , ils se sont TOUJOURS écrasés face aux richesses, on t prôné tout seul le libéralisme, merci le Monde, lib le nouvel obs, et ce tournant SANS patron industriel a leur tete . Ils se sont vendu seuls aux pouvoir, au patronat, les journalistes reve du pouvoir , et au lieu de se servir courageusement de celui qu'il ont, ils se mettent a genoux devant les riches . Fallait pas laisser les actionnaires privés entré dans l'info, et Bathes a besoin de bouffer, et son émission c'est du rire , Taubira de gauche ? http://osonscauser.com/demission-de-taubira-le-bilan-cest-maintenant/
un journaliste engagé Ruffin, qui comprend lui que les ouvriers, on besoin de la liberté de penser des intello, pour les aider a agir, au lieu de nous aider a nous assoupir en 2012 en votant Hollande le bourgeois : http://www.lesinrocks.com/2016/09/12/actualite/francois-ruffin-salaries-decopla-denoncent-linaction-demmanuel-macron-11863851/
oxymore rigolo
Barthès, satiriste inoffensif.
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