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"Avec cette session de recrutement, j'ai filmé une tragicomédie"

Diffusé la semaine dernière sur France 2, le documentaire "La Gueule de l'emploi", centré sur les méthodes de recrutement de la compagnie d'assurance GAN, a suscité une grande émotion, notamment sur internet. Un site web a même été mis en ligne par un internaute, donnant les coordonnées des recruteurs qui apparaissaient dans le documentaire et appelant à des représailles symboliques contre eux. Sur notre plateau, le réalisateur du documentaire, Didier Cros, raconte comment il a travaillé et comment il a réagi à l'impact considérable de "La gueule de l'emploi", documentaire qui n'est (malheureusement) plus disponible sur Pluzz.fr, site de rattrapage de France Télévisions.

Derniers commentaires

Pour une fois je n'ai pas grand chose à dire sur cette émission d’Arrêt sur images, son principal intérêt a été d'attirer mon attention sur un très bon documentaire.

Je comprends pourquoi initialement l'entreprise et l'agence de recrutement étaient satisfaites du film, il montre une réalité du travail que je comprends et accepte. Commerciale depuis longtemps, il n'y a que deux détails (de taille) qui m'ont choqué :
- le fait que les candidats ne connaissent le montant de la rémunération qu’en fin de journée (c'est inadmissible, ce d’autant plus, que les commerciaux sont par nature motivés par la rémunération)
- la réflexion du DRH, qui sous entend devant le départ de certains candidats durant le processus de sélection, que si il y a autant de chômeurs, c’est en gros parce que les paresseux ne veulent pas se donner la peine de chercher du travail.

A part ceci, la violence du processus de sélection est en deçà de la difficulté du métier de commercial notamment de « chasseur » c’est à dire chargé de conquérir des nouveaux clients (à l’opposé des vendeurs chargés de la fidélisation) – On est aussi dans le cadre de ventes purement transactionnelles à des particuliers, ce qui est facteur de stress supplémentaire. La vente est un métier difficile, d’une part parce que les prospects (vous, moi, la voisine de pallier) sont fatigués d’être constamment sollicités et expriment leur refus quelquefois de manière peu courtoise ; d’autre part parce que vous avez la pression du chiffre au quotidien, votre supérieur demande des résultats, parce que son supérieur a besoin de résultats ainsi de suite … C’est cette résistance au stress, cette capacité à faire face à la pression et à faire ses chiffres coute que coute que de nombreux exercices de recrutement pour commerciaux cherchent à tester –

Cette dureté du monde économique, très bien expliqué par plusieurs candidats (facture à payer, arrivée en fin d’indemnisation, tous ces problèmes sont joliment résumés par une formule d’un candidat « la liberté n’a pas de prix, c’est pourquoi je suis très pauvre ») est aussi reflétée par la présentation de la compagnie aux « chanceux » finalistes - Le groupe mondial riche de x collaborateurs et présent à l’international est aussi soucieux de ne pas faire « exploser le coût de sa masse salariale » - Nous sommes bien dans un système où il reste certes des choix très limités: celui de partir (et de se demander comment on va pouvoir mettre de l’essence dans sa voiture dixit une candidate) ou de rester et d’essayer de ne pas écraser les autres dans le processus.
- Sourire en coin mesquin du DRH quand les finalistes se lancent dans leur joute oratoire
- Le vieux routard de la vente, ex manager, qui décide (à mon avis bien inutilement) de déstabiliser lors du jeu de rôle un autre candidat … les exemples de petites et grandes mesquineries sont nombreux.
- Ayant travaillé de nombreuses années en France, j’ai du bataillé pour m’insérer sur le marché de l’emploi, je pense à ce titre comprendre le propriétaire de RST conseil, d’une certaine manière il reproduit la violence de processus de recrutement qu’il a peut être subi.

Certains me diront que je suis formatée par le « business ». Je le reconnais volontiers. Je pense qu’on peut au quotidien être un « businessman » et faire des choix qui ne renversent pas le système hélas, mais ne l’aggravent pas pour les clients et/ou les collègues. Je crois surtout que seule une réelle volonté politique peut avoir un effet concret sur le véritable scandale : un chômage de masse qui gangrène la société française depuis plus de 20 ans, avec un résultat aussi triste que prévisible, rendu à l’écran par le documentaire : une lutte acharnée pour l’emploi autrement dit « the survival of the fittest »

Sedinam
PS : J’ai vu "la gueule de l'emploi", il y a 3 ou 4 semaines environ, par avance toutes mes excuses pour toute approximation.
Merci pour cette émission très intéressante !
à un moment donné faut arreter de planer et savoir faire la part des choses. l'entretien est dévolu à l'embauche de VENDEURS et il est donc formaté pour ce type de profession où oui effectivement il faut un minimum d'aplomb, de sens de la répartie, de créativité pour sortir du lot, mais aussi de détachement vis à vis de l'interlocuteur. le grand défaut du documentaire est de minimiser cette donnée de depart qui est fondamentale.
je pense que la premiere partie de l'entretien avec l'ensemble des candidats, n'est pas choquante: séquence de jeux de role et mise en situation. la seconde partie avec les trois candidats montre des méthodes du cabinet d'embauche beaucoup plus discutables avec des tentatives d'intimidation pour gérard, questions sexistes pour la dame...
le documentaire fait passer un message un peu attendu mais finalement n'y parvient qu'a moitié: faire passer ces candidats pour les victimes d'un systeme. d'ailleurs de leurs apartés ne ressort qu'un discours de victimisation et surement pas une remise en cause de leur prestation . Et pourtant objectivement on les trouve pas flamboyants, tous dans la premiere partie: aucun sens de la repartie, aucune créativité, d'une passivité dérangeante, adaptabilité nulle . on les sent formatés pour repondre à un seul mode de recrutement et dès que la donne change il n'y a plus personnes.
que cette méthode de recrutement soit utilisée pour l'embauche de techniciens, des ingenieurs je trouverais cela désolante mais dans la mesure où elle est utilisée pour l'embauche de vendeurs je ne la trouve pas si dure que ça dans la premiere partie
Franchement à part le Gérard et la dame il y en a pas beaucoup qui avaient envie d'aller au charbon
Pour voir le documentaire dans son intégralité, voir le post sur mon blog:

http://libreire.blog4ever.com/blog/lire-article-340538-3124217-la_gueule_de_l_emploi__documentaire_infrarouge___f.html

Un article détaillé suivra, sur toutes les étapes de ce recrutement, sur sa violence et son goût pour l'humiliation.
INFO: plus dispo sur Pluzz, mais possible à visionner sur le site de la RTBF.
Modéler le savoir-être de l'individu pour l'intégrer à l'entreprise n'est pas nouveau. L'effet de cette sélection arbitraire sur l'entreprise et la vie en société est bien réelle :
- On se prive des personnes les plus créatives qui sont incapables d'évoluer dans un cadre aussi rigide.
- La déshumanisation est perçue comme une qualité, ce qui créer un conflit avec le sens civique exigé dans la vie collective.
- Il y a une perte de sens dans le travail, on déresponsabilise les individus et on inhibe leur sens de l'initiativ. Ce qui est incompatible avec la qualités citoyennes.
Toute cette organisation reste quand même bien dogmatique, est-elle franchement la manière la plus performante de produire? On s'aperçoit qu'avec la sous-traitance les grands groupes ne font presque de la gestion, laissant les taches les plus difficiles à réaliser aux autres. Celles qui exigent de la créativité, de la ténacité et du courage. Eux font les comptes.
ce qui me gêne c'est que le 'producteur du documentaire n'assume pas .C'est comme si Marx s'excusait d'avoir écrit le capital Mao le petit livre rouge ou Hessel les indignés.

ce qui fut un acte de courage devient frilosité et mea culpa.
je lui propose la prochaine fois de filmer la copulation des bonobo là au moins il suscitera un large consensus et ci des activistes s'emploient à aller au bout de la démonstration on pourra toujours classé l'affaire X
Ce qui m'a le plus choqué, dans l'émission ASI, c'est l'opiniâtreté avec laquelle Cros veut cantonner ce qu'il a vu à du théâtre, comme s'il refusait de faire entrer les conséquences de ce dont il témoigne dans la réalité de chaque personne rencontrée.

Pourtant dans son documentaire, aucune ambiguïté ne subsiste :
1-Quasiment tous les candidats sont conscients du piège, et qu'ils se sentent obligés de s'y laisser prendre.
2-Les recruteurs se marrent grassement, ils n'appliquent pas seulement une méthode, ils s'en repaissent.
3-Cette pièce de théâtre marque réellement, concrètement chacun des candidats, et l'on voit qu'ils ne vont pas l'oublier sitôt la nuit tombée.
4-Les recruteurs sont égoïstes, dans leurs bulles, ils sont incapables d'empathie, de changement de point de vue (ça leur convient très bien - ce qui rejoint le point 2).
5-Aucune des personnes ne remet en cause le système dans son fonctionnement fondamental. Tous (à part deux), même s'ils protestent, acceptent de s'y soumettre (ce qui rejoint le point 1).

Ce qui m'a le plus choqué, ce sont les rires des recruteurs qui se régalent de la joute.
Eux sont effectivement dans une pièce de théâtre, à la fois metteurs en scène et spectateurs, etc
Il est temps de lire ou relire les Lettres de non motivation ...
Les commentaires qui expliquent les évènements vus dans ce reportage par la médiocrité des individus ou la méchanceté innée des hommes, voire un montage malhonnête des documentaristes sont soit malhonnêtes eux mêmes, soit mal documentés. Relire "soumission à l'autorité" de Milgram permet de remettre ce genre de faits en perspective ...

Cette approche de formatage par les grandes entreprises et les cabinets de recrutements est à la fois imbécile et contreproductif. Et dire que pendant toute la guerre froide on nous a chanté les louanges de la société capitaliste éprise de liberté et de créativité. Que voit-on dans ce documentaire : la guerre de tous contre tous parce que le GAN doit garantir les dividendes de ses investisseurs en poussant ses vendeurs à tenir des engagements que leurs dirigeants on promis à leur place.Et tout ça grâce au désengagement de l'état : vraiment la boucle est bouclée ... On est ravi d'apprendre que dans le milieu des assurances on se frotte les mains des baisses de remboursement de la sécurité sociales orchestrés par un président dont le frère dirige ce genre société ...

Bravo pour ce travail critique et aussi bravo à ASI pour le petit décorticage toujours utile , mais qui aurait pu aller plus loin avec quelques références nécessaires aux classiques de la psychologie sociales, Milgram en tête ...

Plus q'une comédie ou une tragédie
C'est une véritable farce, une farce à la Molière, une farce de qualité puisqu'à la fin les masques d'un système non-sensique tombent ...

Allez consolez vous ! Si vous en voulez vraiment, vous pourrez vous en sortir !
et si vous ne vous en sortez pas, c'est que vous n'en voulez pas vraiment !

Qu'est ce que c'est que ce monde où on demande constamment aux gens de se justifier sur ce qu'ils sont pour satisfaire aux exigences de pouvoirs arbitraires dont la seule légitimité est celle du porte monnaie ... Intellectuellement ridicule et humainement lamentable ...
Moi ce qui me choque le plus, c'est qu'avec un turn over de 50%, le client continu de faire confiance a une equipe de recrutement qui se plante à ce point...
C'est du grand n'importe quoi. Quelles competences réelles ont ces gens là ?? aucune en vérité.


Et cela me rappelle aussi que les entreprises ne recrutent que des moutons...et encore, pas des beliers: les fortes tetes ne sont jamais les bienvenus!!

Christophe
Emission intéressante qui remet sur le devant de la scène la question de la sacralisation du travail (du moins c'est ce qui m'a semblé le plus important dans l'émission). Dans un contexte de désintégration du salariat et de chômage de masse, le travail, unique vecteur d'existence sociale, est tellement prisé que l'on en devient à accepter tout et n'importe quoi.

L'excellent sociologue Loïc Wacquant en parle très bien dans le documentaire "Danger Travail" (de Pierre Carles). Son explication est on ne peut plus claire (vraiment, ça vaut le coup d'oeil)

C'est pourquoi il va falloir réfléchir à de nouvelles formes de travail, ou plutôt d'activité. Les travaux d'André Gorz ou Dominique Méda sont vraiment pertinents sur le sujet.
Bonjour,

Pour ceux qui, comme moi, n'ont pas vu le documentaire en entier voici son lien :

la gueule de l'emploi

Bon dimanche
Bonne émission.
C'est amusant, comme Didier Cros n'a pas l'air de se rendre compte de la puissance des images qu'il livre.
On dirait qu'il a peine à voir qu'il a créé un monstre dont il a peur qu'il lui échappe. (je sais, bizarre cette phrase, vous m'excuserez je ne trouve pas mieux.)
"C'est une comédie, c'est le système, tout le monde sait ça, (ben non, moi à ce point là, désolé, je ne savais pas.
Et pourtant je ne suis pas spécialement naïf)par ailleurs c'est des gens charmants" etc
Il sous-estime la colère de beaucoup de gens.

Pas facile de se figurer l'ennemi et le problème de manière rationnelle, verticale,
quand on a des situations aussi monstrueuses, et des figures humaines à mettre dessus.
Le problème devient forcément horizontal, remettre en cause le système on fera ça plus tard,
dans l'immédiat l'envie est ailleurs, elle se situe dans l'action violente, fatalement. A s'en tordre le ventre.
Pour revenir sur cette question de la responsabilité: l'individu en présence / le système, Paul Krugman exprime un point de vue qui me paraît juste (il ne parle pas de recruteurs, mais des agissements des membres du groupe Murdoch, mais peu importe: "Les individus sont complexes, mais les groupes beaucoup moins. Un homme politique incorruptible peut tromper sa femme, des canailles peuvent s'avérer des bons pères de famille, mais les groupes, comme le cercle de conseillers d'un homme politique, ou la direction d'un empire médiatique, ont tendance à adopter le même comportement sur tous les fronts. Si ce sont des menteurs et des tricheurs dans un domaine, en général ils le font en toutes circonstances".
C'est dans son blog:
http://krugman.blogs.nytimes.com/2011/10/14/patterns-of-misconduct/

Ce qui voudrait dire que le "système", on peut aussi dire la manip, nait du fait de faire mener l'entretien par un groupe de recruteurs, pas un seul.
Deux types de solutions sont avancées : changer les individus ou le système. Personnellement, je doute d'une vague massive de responsabilisation. Le candidat qui part avant la fin est très honorables mais en attendant, il n'a pas de boulot. Le marché est plein de requins affamés. Il y a de plus en plus de courageux qui essaient de respecter leurs valeurs, mais ça oblige souvent à des choix de vie radicaux ("sobriété heureuse" etc.) dont on doute qu'ils séduisent un jour les masses.
Par rapport au système, la question mise en évidence est celle du rapport de force entre l'employeur et le travailleur, qui est fortement liée au chômage. En situation de plein emploi, il n'y aurait pas cette pression insupportable sur les salariés. A défaut de croire encore au plein emploi, un revenu universel est peut-être une bonne alternative pour atténuer la soumission de la main d'oeuvre.

En passant, le doc m'a fait penser à "carré blanc", un petit film français passé quasiment inaperçu qui comporte quelques scènes de recrutement glaçantes dans un monde complètement déshumanisé... pas si éloigné de la réalité que ça.
En somme, le cynisme est roi.
Petite remarque : Daniel, comme d'autres, vous dites que La Mise à mort du travail étudie le cas Carglass.
Non, il y a trois parties : la première sur la souffrance physique et psychologique, la deuxième sur Carglass, la troisième
sur la finance au travers du cas Fenwick.
Ce qui au final fait un documentaire très complet. Non, mé !
Pour moi, le mot de la fin est donné par Julie (la candidate) qui dit en substance : "c'est une vaste supercherie qui dépasse de loin de monde du travail".
Je suis persuadé que nous vivons dans un monde factice où les relations humaines sont perverties, où les mots ne veulent plus rien dire à force soit détournés de leurs sens ou vidés de leur substance.
Sur le travail par exemple : Qui n'a pas dit : "travaille à l'école mon fils, tu auras un bon boulot " ?. Le Président lui-même ne disait-il pas vouloir remettre à l'honneur la valeur Travail. Or tout le monde sait bien qu'il n'y a pas assez d'emplois pour tous et que le jour où on n'a plus besoin de toi, c'est la porte. J'observe aussi des recrutements ou des promotions dans le secteur public où pour gagner 30€ de plus, on demande au candidat manutentionnaire : un CV, une lettre de motivation et un entretien qui pourrait s'apparenter à un recrutement de cadre. Et tout le monde fait comme si ! Le candidat comme si sa seule motivation n'était pas de gagner 20 € de plus, les recruteurs comme s'il faisait sacrément bien son job "en détectant un potentiels " (pas grave si cela coûte du pognon à la boîte, c'est le prix à payer).

Un grand "jeu" de schizophrènes ou plutôt de mythomanes ! Et on pourrait trouver encore bien d'autres exemples.

Pour moi, le mot de la fin est donné par Julie (la candidate) qui dit en substance : "c'est une vaste supercherie qui dépasse de loin de monde du travail".

Je suis persuadé que nous vivons dans un monde factice où les relations humaines sont perverties, où les mots ne veulent plus rien dire à force soit détournés de leurs sens ou vidés de leur substance.

Sur le travail par exemple : Qui n'a pas dit : "travaille à l'école mon fils, tu auras un bon boulot " ?. Le Président lui-même ne disait-il pas vouloir remettre à l'honneur la valeur Travail. Or tout le monde sait bien qu'il n'y a pas assez d'emplois pour tous et que le jour où on n'a plus besoin de toi, c'est la porte. J'observe aussi des recrutements ou des promotions dans le secteur public où pour gagner 30€ de plus, on demande au candidat manutentionnaire : un CV, une lettre de motivation et un entretien qui pourrait s'apparenter à un recrutement de cadre. Et tout le monde fait comme si ! Le candidat comme si sa seule motivation n'était pas de gagner 20 € de plus, les recruteurs comme s'il faisait sacrément bien son job "en détectant un potentiels " (pas grave si cela coûte du pognon à la boîte, c'est le prix à payer).

Un grand "jeu" de schizophrènes ou plutôt de mythomanes ! Et on pourrait trouver encore bien d'autres exemples.


Entièrement d'accord.

Cela dit, ce documentaire illustre un cas extrême, pathétique et révoltant, qui est sans doute répandu pour des postes de commerciaux ou de cadres supérieurs en grandes entreprises ou mêmes dans les administrations maintenant...Mais cela ne correspond pas à ce que vivent la plupart des gens qui recherchent du travail (c'est mon cas depuis un long moment). Les travers des recrutements et des procédures d'embauche sont souvent plus hypocrites et plus pernicieux encore : feeling du recruteur, ressenti, non-dits, cernage de la "personnalité", nécessité de faire un tri d'une façon ou d'une autre vu le nombre de candidats et le rationnement débile de l'Emploi, qui est au fond le vrai problème.

Le plus consternant, c'est de voir que des candidats arrivent à jouer le jeu et à aller jusqu'au bout, à se déshumaniser en conscience, pour trouver du travail à n'importe quel prix...Le pire est que certains n'en ont même plus conscience. Et c'est malheureusement la perversion du système depuis plus de 25 ans dans ce pays et ailleurs qui en est responsable, système mis en place par une minorité aliènée, bien placée, solidaire et agissante, avec le consentement et la résignation volontaire de la majorité silencieuse.

Ca n'est même plus une question politique. La plupart des "élites", de droite ou de gauche, sont contaminés ou aveugles, ou laissent faire.
Citation de Dolly

"Pour moi, le mot de la fin est donné par Julie (la candidate) qui dit en substance : "c'est une vaste supercherie qui dépasse de loin de monde du travail".

Je suis persuadé que nous vivons dans un monde factice où les relations humaines sont perverties, où les mots ne veulent plus rien dire à force soit détournés de leurs sens ou vidés de leur substance.

Sur le travail par exemple : Qui n'a pas dit : "travaille à l'école mon fils, tu auras un bon boulot " ?. Le Président lui-même ne disait-il pas vouloir remettre à l'honneur la valeur Travail. Or tout le monde sait bien qu'il n'y a pas assez d'emplois pour tous et que le jour où on n'a plus besoin de toi, c'est la porte. J'observe aussi des recrutements ou des promotions dans le secteur public où pour gagner 30€ de plus, on demande au candidat manutentionnaire : un CV, une lettre de motivation et un entretien qui pourrait s'apparenter à un recrutement de cadre. Et tout le monde fait comme si ! Le candidat comme si sa seule motivation n'était pas de gagner 20 € de plus, les recruteurs comme s'il faisait sacrément bien son job "en détectant un potentiels " (pas grave si cela coûte du pognon à la boîte, c'est le prix à payer).

Un grand "jeu" de schizophrènes ou plutôt de mythomanes ! Et on pourrait trouver encore bien d'autres exemples."


Entièrement d'accord.

Cela dit, ce documentaire illustre un cas extrême, pathétique et révoltant, qui est sans doute répandu pour des postes de commerciaux ou de cadres supérieurs en grandes entreprises ou mêmes dans les administrations maintenant...Mais cela ne correspond pas à ce que vivent la plupart des gens qui recherchent du travail (c'est mon cas depuis un long moment). Les travers des recrutements et des procédures d'embauche sont souvent plus hypocrites et plus pernicieux encore : feeling du recruteur, ressenti, non-dits, cernage de la "personnalité", nécessité de faire un tri d'une façon ou d'une autre vu le nombre de candidats et le rationnement débile de l'Emploi, qui est au fond le vrai problème.

Le plus consternant, c'est de voir que des candidats arrivent à jouer le jeu et à aller jusqu'au bout, à se déshumaniser en conscience, pour trouver du travail à n'importe quel prix...Le pire est que certains n'en ont même plus conscience. Et c'est malheureusement la perversion du système depuis plus de 25 ans dans ce pays et ailleurs qui en est responsable, système mis en place par une minorité aliènée, bien placée, solidaire et agissante, avec le consentement et la résignation volontaire de la majorité silencieuse.

Ca n'est même plus une question politique. La plupart des "élites", de droite ou de gauche, sont contaminés ou aveugles, ou laissent faire.
Vos réflexions sur le travail sont très intéressantes. Jean-Claude Michéa, qui a l'air d'être l'auteur à la mode du moment, a écrit sur le sujet de la valeur travail sanctifiée, d'après lui, aussi bien par la droite que par la fausse gauche socialiste et même l'extrême gauche. On trouvera ici une critique de son bouquin "l'empire du moindre mal" qui donne envie de le lire, quand bien même celui qui le critique, Anselm Jappe, exprime des réserves (Jappe fait partie d'une école, wertkritic - critique de la valeur - qui a l'air d'être à gauche de la gauche de la gauche).
Michéa s'inspire à la fois d'Orwell, de Mauss (théorie du don et du contre don) et insiste sur la « common decency » dont serait doté le peuple et qui empêcherait de faire n'importe quoi avec pour seul but le profit. D'après lui, "les gens ordinaires" pratiquent naturellement des "vertus ordinaires" comme la solidarité. Il prône une sorte d'anarchisme "conservateur", deux termes qui peuvent apparaître contradictoires, et défend une forme de populisme (le mot chez lui n'est pas péjoratif) qui a été dévoyé.

Dans sa critique, Anselm Jappe montre les limites de cette théorie :
[quote=Anselm Jappe]"Bien sûr, dans les communautés traditionnelles, la décence existe effectivement – sous forme de solidarité, d’entraide, de générosité, de l’attitude qui consiste à ne pas nuire aux autres – même si c’est souvent le souci de sa propre réputation qui la produit. On pourrait la définir comme la suspension partielle de la concurrence à l’intérieur d’un groupe et comme un rôle accru du don par rapport à l’échange marchand. Le problème est que cette décence est souvent pratiquée seulement à l’intérieur du groupe, en la refusant aux autres. Souvent, elle ne s’applique pas aux étrangers, aux gens de passage : avec eux, il n’y a pas de « chaîne de dons », pas de retour possible".

C'est peut-être cet aspect, justement, qui fait que Jean-Claude Michéa semble intéresser la "réacosphère", ceux pour qui ces valeurs doivent s'appliquer avant tout aux bons nationaux. Élisabeth Lévy lui consacre une interview dans le dernier numéro de son canard. Ça me chagrinerait que Michéa ne trouve pas d'autre compagnonnage que celui des bougnoulophobes de Causeur, qui ne peut que le desservir. Parce que ce qu'il dit par ailleurs sur l'éducation, sur la valeur, sur le travail, c'est bigrement intéressant (voir les liens en bas de sa fiche Wikipédia)
Il vaut mieux lire Michéa attentivement avant de le conseiller à tout va. Voilà comment un site, visiblement d'extrême droite, se gargarise de sa prose, sans la déformer, à propos de Zemmour et de la bien-pensance.. On a le droit de penser qu'il a raison, chacun son truc, mais son succès chez les réacs et les "bougnoulophobes" n'a rien de surprenant quand on lit des trucs pareils. Un "philosophe" de "gauche"(!!!) qui bavasse comme Ivan Rioufol, c'est effectivement du pain bénit pour les réacs et autres extrêmes droitiers en mal de crédibilité.
Il vaut mieux lire Michéa attentivement

Tout à fait.
Il vous reste encore à le faire, d'ailleurs.

Il vaut mieux lire Michéa attentivement avant de le conseiller à tout va.


Tout à fait. D'où mon dernier paragraphe.
Intéressant effectivement.

J'ai déja entendu parler de la revue du MAUSS, et d'Orwell evidemment...Mais jamais de Michéa.

Cela dit, j'ai tendance à me méfier un peu de la théorisation et de la généralisation excessive en matière sociale, sujet eminemment complexe et ambigü.

Merci pour l'info.
"Jean-Claude Michéa, qui a l'air d'être l'auteur à la mode du moment": Dominique Godin.

Nelly Kaprièlian résume très bien ce phénomène sur le plan médiatique, à défaut de l'être sur le plan de la pensée, elle parle de "l'engouement adolescent pour Jean-Claude Michéa". (p.103 des Inrockuptibles de cette semaine).
Très bien vu. C'est à croire qu'elle a lu Djac et consorts sur les forumes d'asi.

:P yG
Merci, Sterling Archer pour ce point de vue de Léon. Mais à le proposer, autant le discuter.

Car cette rhétorique raisonneuse est un des éléments puissants de la mise en mode de Michéa (comme dit Dominique Godin) dans certains milieux et de la confusion qu'il génère dans des esprits qui en ont marre à juste titre d'une intelligentsia qui se dit de gauche occupant une grande partie de l'espace médiatique et de l'entertainment mais y sont subtilement amalgamés en tant que gens ordinaires qui se veulent de gauche et essaient au quotidien d'améliorer la vie quotidienne des... pauvres?, exclus?, exploités?, dominés?. (N'oublions pas que nous sommes là dans le cadre des illusions que se fait la petite bourgeoisie d'État sur elle-même.) Les commentaires des potes à Léon sur les travailleurs sociaux sont assez savoureux.

Une question reste pertinente: pourquoi Michéa est-il à la mode dans certains milieux alors que les thèmes « sur l'éducation, sur la valeur, sur le travail » sont traités par d'autres de manière plus intéressante et qu'il ne fait que les reprendre la plupart du temps?

Peut-être qu'en explorant ce « syllogisme » de Michéa, à « la conclusion logique, imparable, incontournable », nous aurons en partie la réponse.

Syllogisme censé répondre lui-même (contredire) la « police de la pensée » (de gauche) qui aurait voulu faire interdire la déclaration (dénonciation, constat) de Zemmour selon laquelle « les citoyens français originaires d’Afrique noire et du [s]Mahgreb[/s] Maghreb étaient massivement surreprésentés dans l’univers de la délinquance et notamment celle liée à la drogue. ». Au vu des résultats, on ne peut pas dire que son influence soit si grande que ça et on peut penser que ça a plutôt fait de la pub à l'égérie médiatique de la nouvelle droite extrême. Pourtant, « de tous les universitaires chargés d’enseigner la sociologie politiquement correcte » à « tous les travailleurs sociaux qui estimeraient encore que la misère sociale est la principale cause de la délinquance ou qu’il existerait un quelconque "racisme d’Etat" à l’endroit des Africains (au risque de décourager l’une des bases militantes privilégiées de la pensée correcte) », en passant certainement par un paquet d'enseignants et autres gauchistes, ça fait du monde.

Notons d'abord que l'élimination du fait « qu’il est impossible de prendre position sur le fond, les statistiques ethniques étant interdites en France, » pour garder la "pureté"  du raisonnement syllogistique induit que la contestation du discours de Zemmour porterait uniquement sur la question de la réalité factuelle (nombre d'individus désignés comme délinquants par la police et la justice) de cette assertion. Et qu'ainsi, « il ne serait possible d’apporter la contradiction à Éric Zemmour autrement qu’en s’appuyant sur des statistiques qui seraient illégales et d’ailleurs dont l’interdiction est soutenue par cette même "police de la pensée" ! » Soulignons que n'est visé là que la contradiction apportée à Zemmour et non l'assertion de Zemmour elle-même qui peut se passer, elle, de données « illégales ».

Soyons clairs sur les termes:
« les citoyens français originaires d’Afrique noire et du [s]Mahgreb[/s] Maghreb étaient massivement surreprésentés dans l’univers de la délinquance et notamment celle liée à la drogue. »

- Il s'agit de citoyens français? Si l'on ne s'appuie pas sur des données, comment le savoir? À la "gueule"?

- Originaires d'Afrique noire et du Maghreb? Dont les parents ou grands parents sont originaires serait certainement plus près de la vérité. D'autre part, être originaire de quelque part est un attribut (notre lot à tous) mais devient dans la bouche de Zemmour une caractéristique biologique: la couleur de la peau. Sinon à quoi les distinguerait-on puisque cette « origine » est censée ne pas être enregistrée?

- Surreprésentés dans l'univers de la délinquance? C'est quoi « l'univers de la délinquance » sinon les chiffres enregistrés par la police concernant des personnes dont l'acte de délinquance a été prouvé par la justice républicaine? Donc, en l'absence de données chiffrées, il reste l'impression "commune" (et le discours du gouvernement). C'est-à-dire la représentation que certains s'en font. Si on cherchait bien, on trouverait certainement plus de délinquants financiers (et de drogués) dans les milieux financiers que chez les maçons. Ce qui n'empêche pas d'affirmer. Affirmation dont on sait les amalgames concernant les minorités "couleur ou âge" : si un noir (un jeune) me vole mon portable, tous les noirs (les jeunes) deviennent mes agresseurs potentiels, et l'individu noir (jeune) Tom peut être mis en prison à la place de l'individu noir (jeune) Paul.
Fondée sur le « on le voit bien » du public du FHaine: « on voit bien » que dans les hôpitaux ce sont les arabes qui sont servis en premier pour la moindre bobologie (j'ai entendu cette phrase). Comme si on ne voyait pas seulement ce que l'on veut nous faire voir (pour la « construction de situations », les pouvoirs d'aujourd'hui sont nettement plus performants que les situs). Lorsque le service public des bus et métro est dégraissé, que croyez-vous qu'il se passe? La promiscuité se fait plus forte, la présence de catégories sociales "différentes" se fait plus pressante (c'est le cas de le dire), les conditions sont réunies pour que le moindre incident dégénère et prenne des dimensions "inquiétantes", voire carrément "puantes" aux heures de pointe: « les pauvres, ça pue! ». Ben non, gros, la promiscuité massive pue! À l'hôpital pareil. Le manque de personnel accroît l'attente et exacerbe les tensions. De là à ne « voir » que les arabes qui sont devant nous, agités en plus, et ressentir une "invasion" puisque s'ils n'étaient pas là, nous gagnerions des places... Imbécile! Tu ne vois pas que bientôt tu n'auras plus d'infirmière du tout?

Il faut croire pourtant que cela ne suffit pas puisque on va avoir recours à la logique pour démontrer la vérité de l'assertion de Zemmour, et, subtilité, qui plus est à la logique de l'adversaire (l'extrême droite travaille l'art martial de la rhétorique) bien qu'il soit impossible de savoir qui tient réellement ce discours dans cet amalgame de gauche.

Ainsi, nous dit-on:
Si c’est le chômage qui est la cause de la délinquance, et si la communauté X est plus au chômage que les autres, alors la communauté X est plus délinquante que les autres…

Mais à la lecture des prémisses, cette traduction du syllogisme n'est pas très fidèle au texte.
Prémisse 1: « La principale cause de la délinquance est le chômage - dont la misère sociale et les désordres familiaux ne sont qu’une conséquence indirecte. » (Au passage, pourquoi "indirecte" et pas "directe"?).
Si l'on en croit certains travaux de recherche il semble qu'il y ait corrélation en effet. Mais principale ne veut pas dire unique ni automatique. Premier détournement.

Prémisse 2: « Il existe un système, une sorte de racisme d'État envers les noirs et les maghrébins qui en fait des victimes de l’exclusion scolaire et de discriminations à l’embauche, c’est pourquoi ils sont infiniment plus exposés au chômage que les Français de souche ou d’autres immigrés comme les asiatiques. »
Ainsi: Racisme d'État envers les noirs et les maghrébins ? exclusion scolaire et de discriminations à l’embauche ? plus de chômage... (? plus de délinquance? CQFD).
Si l'on en croit le travail de Fabien Jobard, Bavures policières? La force publique et ses usages, il semblerait bien qu'il y ait une « sorte » de racisme au moins des représentants de l'État qui concernerait même l'ensemble des pauvres et vagabonds qui ont toujours quelque chose à se reprocher, c'est bien connu, et surtout leurs mauvaises pensées envers les flics et les philosophes.

Donc, traduction du syllogisme: SI le racisme d'État induit plus de chômage chez les noirs et les maghrébins, ET parce que le chômage induit la délinquance, ALORS l'action policière, agent de ce racisme d'État, en fonction de critères racistes (mais ils peuvent être sociaux) induit proportionnellement plus de constatations de délinquance dans ces catégories que dans les autres.

Le syllogisme veut prouver que de la prémisse 1: a est dans b; la majeure "délinquance" est dans le moyen terme "chômage"),
en passant par la prémisse 2 (b contient c; le moyen terme "plus de chômage (des noirs et des maghrébins due « à une sorte de racisme d'État »)" implique la mineure "plus de délinquance des noirs et des maghrébins",
on ne peut que conclure que a appartient à c: que le chômage (des noirs et des maghrébins) implique une délinquance (des noirs et des maghrébins) plus importante, qu'il est donc logique que les noirs et maghrébins soient « massivement surreprésentés dans l’univers de la délinquance », en raison du schéma: exclusion ? chômage ? délinquance ? prison.
La « gauche », (mais surtout les cibles visés par Léon, Michéa, Soral et consort), doit donc reconnaître qu'il y a forcément plus de « noirs et maghrébins » délinquants. CQFD.

Si mon chapeau est bleu et que toutes les voitures bleues appartiennent à Léon, alors mon chapeau appartient à Léon. Voilà ce que nous dit ce « syllogisme ».

Si le chômage induit la délinquance et que l'« État raciste » met les noirs et les maghrébins au chômage, alors la délinquance est majoritairement le fait des noirs et des maghrébins.

Si la délinquance est dans le chômage et si le chômage est dans la catégorie « noir et maghrébin », alors la délinquance est dans la catégorie « noir et maghrébin ».

Voilà le raisonnement que ce syllogisme veut attribuer à "la gauche".

Cela n'apparaît logique que si l'on admet que l'analyse sociale qui montre que le pourcentage de chômeurs en prison (ou assimilé - là les données existent) est plus grand que pour les non chômeurs (y compris les sans activités comme par exemple les rentiers), est dans un même rapport d'inclusion que: les flics arrêtent "de préférence" (nationale?) les noirs et les maghrébins.

Les actions policières sont le chaînon manquant (non dit) de cette logique vaseuse.
Car si ce ne sont pas les statistiques policières qui indiquent la délinquance "réelle" d'une population (ce n'est jamais le cas en réalité, elles ne traduisent que l'activité policière en fonction d'objectifs prédéfinis et de critères de choix, réception des plaintes et filtrage sur le terrain), il reste le "sentiment", l'"impression" d'une « massive surreprésentation dans l'univers de la délinquance » (même si ce sont les journaux télévisés, les « émissions d'enquêtes » embedded dans les forces de police et les séries américaines qui constituent cet « univers (de la perception) de la délinquance »).

Or la "réalité" est que « la répression pénale, qui touche prioritairement les catégories sociales défavorisées, s’accroît en période de récession. L'État paternaliste remplace l’État « maternaliste » comme le montre la corrélation significative entre détention et inégalités sociales. » (Nicolas Bourgoin, article cité plus haut); que le contrôle policier (lire: Opération banlieues, Hacène Belmessous) des populations servant d'armée de réserve du chômage dans cette période produit plus de constatations-fabrications de faits de délinquance dans ces catégories.
Non par essence « ethnique » mais parce que les flics arrêtent plus facilement les chômeurs basanés que les rentiers blancs, parce qu'il faut tenir à carreau les opprimés dont on subbodore la révolte, vu qu'on fait tout pour ça. Autant les faire préventivement passer pour des "racailles" même si seulement quelques uns en sont effectivement.

Donc, n'analysons surtout pas pourquoi Zemmour, bravant hardiment la loi de la « police de la pensée » de gauche, profère (il est clair qu'il a le droit de proférer) cette désignation ethnique de la délinquance alimentant ainsi la haine de la « racaille » des banlieues, i.e. des immigrés, (opposés à la bonne classe ouvrière propre sur elle, mythe typique du marxisme orthodoxe) et pourquoi Michéa l'absout par un démonstration foireuse.

En effet, la réalité des chiffres n'a pas d'importance ici. Ce dont il est question, c'est de se refuser à désigner de manière ethnique une situation sociétale concernant une population particulière.
La "réalité", c'est qu'un certain nombre [s]d'individus[/s] d'êtres humains, principalement mâles, issus de "zones de relégation" selon la terminologie officielle de la « politique de la ville », sont majoritaires dans les faits de délinquance répertoriés et construits par la police et la justice à la botte selon ses critères. Point barre. Ce qui reste de la République s'en tient là.
Il s'agit d'une position décente qui n'est pas négation des effets de la violence délinquante (parce qu'on réfuterait un raisonnement aux prémisses tendancieuses, on nierait la réalité?) mais conscience que la référence ethnique ne peut que conduire au pogrom lorsque la situation économique se tend. La période s'y prête. Il est urgent de ne pas laisser se développer la « bête immonde ».

Cette écœurante tautologie: le chômage est la cause de la délinquance, donc s'il y a plus de chômage, il y a plus de délinquance, n'est que rhétorique (habile) idéologique à visée politicienne (on voit à qui sert vraiment l'absence (en tout cas la non publication) de « statistiques ethniques »).
Si c'est faire partie de la « gauche quantique ou kérozène » (sic!) que de dénoncer ce discours comme raciste et discriminant, soyons de gauche! (Et merde aux connards qui s'affichent de gauche et tiennent des raisonnements de merde!)

Mais l'on comprend pourquoi pour la nouvelle droite extrême, « la lecture de Michéa devrait être obligatoire ! ».
Après avoir vu ce documentaire je me suis dis quelle chance d'être écarté du marché du travail (trop vieux, trop longtemps au chômage, trop longtemps malade). Quelle chance d'habiter dans un appartement pas trop cher, de n'être responsable que pour moi-même, de n'avoir pas de crédits sur le dos, de n'avoir pas de pension alimentaire à payer (veut dire pas le couteau sous la gorge).

La vente est peut-être un secteur spécial, je n'y connais rien, je suis "anti-vendeur" dans l'âme, incapable de vendre mes propres trucs, je suis souvent gêné quand je dois négocier. Les discours formatés et le par coeur de certains vendeurs me font horreur et me font fuir. Quand je sens que le vendeur en face de moi n'est pas naturel j'ai juste envie de me barrer. Suis-je vraiment un cas rare où d'autres personnes ressentent-elles la même chose ? Dans cette séance de recrutement, je n'aurais pas tenu une heure.

Inversement je me dis combien la pression doit être haute, les contraintes financières et sociales fortes sur les gens qui cherchent du boulot, pour que l'on accepte de se soumettre à de telles situations violentes et humiliantes. On vit vraiment dans un monde de brutes. Pendant le documentaire je me suis fait un film dans ma tête en imaginant qu'à un moment tout le monde se lève et s'en va. A mon avis, l'ambiance pendant le recrutement doit aussi être un certain reflet de l'ambiance au travail, ça craint.
"Et eux aussi se justifieront en disant que vendeur est un jeu de rôle, une comédie, que c'est le système qui veut ça, nothing personal, que de toute façon chez les concurrents c'est pareil et qu'on peut pas faire autrement sinon on sera viré et remplacé par un autre qui fera la même chose voire pire. " J'aime bien cette intervention.

Ce que j'avais envie de souligner et j'ai bien l'impression que pour l'instant ça n'a pas été fait malgré un grand nombre de réactions, c'est le niveau intellectuel.

C'est un des trucs qui me choque le plus.

Il s'agit d'un poste de "cadre commercial". Les recruteurs semblent avoir la stature (en tout cas, ils se la donnent) de cadre également, en tout cas de vrais professionnels, de personnes diplômés etc. Les candidats aussi apparaissent dans une sorte de veine " sup' " . Et on croit encore à un mythe du genre : ok, il faut vendre mais pour vendre au final faut pas être con du tout, et faut avoir fait des études, avoir une culture générale etc.

Mais le constat alarmant est tout autre :

Que ça soit côté recruteur ou côté candidat, on a vraiment une bande de demeurés, qui résonnent avec une poignée de concepts qui tournent en boucle, des gens qui ont clairement un vocabulaire utlra limité et, surtout, ultra formaté. Si c'est le cas parfois de certains sportifs qui paraissent ainsi parce qu'ils répètent en boucle de façon hystérique : "la gagne la gagne la gagne", ben là, c'est pareil, le niveau humain se situe là : la gagne. La gagne comme seul concept humain et un désert autour.
"Je suis un battant, je crois en moi" devient l'espèce de concept obligé complètement vidé qu'il faut absolument balancer, comme un robot.
Et ça tourne que la dessus.
C'est complètement animal, on voit comment le col blanc est devenu petit à petit le masque de la médiocrité dissimulée, le masque du faux qui perd petit à petit de ce qui permettait jusque là l'illusion.

Ils sont NIAIS, tous. Ils sont VIDES, tous. Vides d'idées, vides de foi, vides de sincérité, vides d'intelligence, vides d'amour, vides d'humanité...
J'espère que le prochain doc de Didier Cros sera " comment les cabinets de recrutements recrutent et forment leurs recruteurs ? "

Sinon, il a raison ( je le trouve très honnête sur son travail ) quand il parle de la comédie des sessions de recrutements et des jeux de rôles.
Le problèmes est qu'en effet les niveaux d'enjeux ne sont pas les mêmes de part et d'autre de la table.
Mais, il ne faut pas croire qu'il n'y a rien à perdre ( ou a gagner ) du côté des " méchants". Eux aussi, sont sous l'enjeu de ne pas se tromper de candidat.

S'ils recrutent un tocard, c'est leurs propres compétences de recruteurs qui sera remise en cause et malmenée.

D'où, le parcours de recrutement où les candidats vont passer de multiples tests (certains subtils, d'autres idiots ou relevant de la pratique magiques ), d'où plusieurs recruteurs qui se partagent le diagnostic ( pronostic ) et le laminage des candidats pour se répartir la responsabilité (la dé-responsabilité ) [ et accessoirement tout ça justifie la note adressée au client en plus de se donner l'air sérieux ].

Et finalement, comme leur risque est de recommander quelqu'un qui ne conviendrait finalement pas, mais pas de démolir quelqu'un qui retournera au chômage et qu'ils reverront pas, on aboutit à ces situations.
Commercial, si c'est pas un job de merde à la base, c'est vraiment le bras armé du capitalisme, ne pas répondre à un besoin mais créer la demande, y en a à qui ça plaît d'être commercial, c'est tellement un job de bâtard que forcément, les méthodes de recrutement sont bâtardes, quand j'ai regardé le doc j'ai tout de suite pensé au film "la méthode", comme dit le réalisateur, c'est une vaste farce, tout le monde est au courant des règles du jeu, celui qui n'est pas content, il s'en va, il peut chercher autre chose qui n'a rien à voir, personnellement je déteste les commerciaux, quand on n'a pas besoin d'eux ils sont là et quand on a besoin d'eux ils sont incompétents.
Petite remarque : les recruteurs ne sont pas les seuls "méchants" du film. Les candidats aussi. Ils postulent pour un poste moralement douteux : refourguer le maximum de contrats les plus chers possibles, même à des gens qui n'en ont pas forcément besoin. Un vendeur doit faire du chiffre dans l'intérêt de sa boite et non dans l'intérêt du client. Et eux aussi se justifieront en disant que vendeur est un jeu de rôle, une comédie, que c'est le système qui veut ça, nothing personal, que de toute façon chez les concurrents c'est pareil et qu'on peut pas faire autrement sinon on sera viré et remplacé par un autre qui fera la même chose voire pire.
Est-ce tellement mieux que ce que font les recruteurs ?
Le harcèlement est un délit punissable par la loi, même si le harceleur a eu une enfance malheureuse, même s'il n'est pas conscient, même s'il fait partie d'un système il commet un délit.

Le site qui appelle au lynchage est choquant même s'il part d'un principe intelligent : comment faire pour lutter et pour que le buzz ne retombe pas ?
Peut être aurait-il fallu créer un site pour appeler les internautes à soutenir une association qui se porterait parti civil et qui pourrait porter plainte ? Cette affaire peut certainement être traitée dans un cadre légal. Il faudrait bannir à tout prix la justice sommaire.

En revanche, le harcèlement reste un délit. La justice, mobilisée pour régler le litige, protégerait les victimes comme les "présumés coupables" et préviendrait durablement les abus. Tant qu'on répond à l'illégalité par l'illégalité on fait le jeu de ce système monstrueux en laissant s'exprimer nos plus bas instincts, ceux-là même qu'on reproche aux recruteurs du GAN.
Moi je pense que le monde du travail dans les grosses structures est fait d'humiliations entre collègues de travail poussant à l'isolemment de l'individu : soit on est dans le groupe et compétiteur, soit on est solidaire et honnête et on sort du groupe. Chacun a peur d'être celui qui perdra son boulot dans les mois à venir ou de finir dans un placard.

Pas étonnant avec cela, de trouver, sur la toile, des sites comme lagueuledelemploi.net ou copwatch qui continue ce comportement de rabaissement de la dignité humaine et d'humiliation. Encore faut-il faire la différence entre humilier et repousser dans ses retranchements. Et encore faut-il mesurer la différence entre la réalité d'une situation et le point de vue qui en est donné dans un documentaire ou une vidéo amateur.
Belle preuve de malhonnêteté de Didier Porte en parlant de la promo d'Ivan Levaï chez Ruquier, où il s'est fait descendre en flèche par Ruquier et les deux nouvelles acolytes.
On dirait un thème pour.... arrêt sur images. Daniel franchement, vous aussi votre amour pour Porte vous bouche les yeux !
Pas encore regardé le doc (en cours de téléchargement)... Mais j'ai vu le film "ressources humaines"...

Dont rien que le titre est tout un programme : les humains, salariés, employés, ne sont plus qu'une "ressource" comme une autre. Utilisable, jetable, interchangeable, délocalisable...

Et ça me fait penser aux expériences de Stanley Milgram ...

C'est quand qu'on change le monde ? C'est quand qu'on vire tous ces kapos ? C'est quand ???
ce qui saute à la gueule, en fin de compte, c'est que c'est l'entreprise qui met en branle toutes les techniques de manipulation commerciale pour vendre son emploi !

amorçage, piège abscon, escalade d'engagement... c'est eux qui sont obligés de déployer tout un arsenal pour arriver à piéger un ou deux candidats !!!
Le coût de l'opération a déjà été évoqué sur un forum : en effet, ils sont prêts à payer drôlement cher pour arriver à le choper, leur commercial. Mais c'est plus que ça : il sont, tout au long de cette session, en position de vendeur aux abois, pas "d'acheteur de compétence" maître du marché. Les candidats sont piégés méthodiquement de façon à ne pas pouvoir refuser le poste (sauf à faire face à une intense dissonance cognitive). Sans tout ce déploiement, même les "finalistes" auraient peut-être bien lâché l'affaire à l'annonce du fixe. Sans tout ce processus d'engagement, les salariés leur claqueraient entre les doigts dès les premières semaines. Là, ils sont peut-être arrivés à les scotcher un peu (j'ai réussi à décrocher le job après ce cirque, je vais pas lâcher maintenant).

ils esquivent la question sur leur turn-over — pardi ! Je parierais bien qu'il est de plus en plus important.

Peut-être qu'en fait, même acculés, même sans ressources, même au chômage depuis longtemps, il y a probablement de plus en plus de gens qui refusent de se laisser piéger et laminer dans des conditions de travail dégueulasses, et probablement pas les moins capables. Pas forcément des refus "francs et directs", mais des esquives, comme on en voit au cours de la première journée, des façons de jouer le jeu sans le jouer. C'est très intéressant, les stratégies des gens pour résister à la manipulation.
Assez rassurant, même. Parce que si on regarde bien, il rame drôlement, l'animateur, pour parvenir à en faire rentrer quelques uns dans son jeu.
Juste pour faire partager un film.
La brutalité des recrutements à été le sujet d'un film récemment réalisé.
"ARTICLE 23" Produit par La Femme Endormie, qui à notamment sortie "La Vida Loca" du journaliste Christian Poveda.

Je rejoint certains commentaires du forum sur le "… c'est le système qui veux ça…".
L'argument d'excuse, déculpabilisant le "jeux de rôle théâtrale de l'employeur face au demandeur d'emploi.

Et ont continue en essayant de déceler chez nos têtes blondes l'échec scolaire…
Toute cette "mise en scène" n'est que le spectre de la race arienne… du branlage de méninge…

Pendant ce temps ailleurs…
Ont forme, ont embauche, ont travaille, ont produit.

Ils font aussi du bizutage aux 50 % des nouveaux 'turnover' ?
Des tombolas pour gagner une consultation psy. ?
un cendrier en verre "made in china" ?

Leur méthode de recrutement c'est juste trop marrant et une perte de temps…

vraiment productif tous ça …
Des connards recrutent des connards pour une boîte de connards...

"Quelles sont vos trois principales qualités et vos trois principaux défauts ?" C’est avec ce genre de questions très gênantes que les recruteurs (qui posent celle-ci fréquemment lors des entretiens d’embauche) ont quelque peu contribué au pourrissement de la société. Cette question pousse inévitablement à la mauvaise foi, à l’hypocrisie et finalement au mensonge. (A mon avis, il serait nettement plus judicieux de poser celle-ci : « quel est, d’après vous, le substantif qui vous correspond le mieux ?)

Mais bon...
S'il y a des dominants, c'est parce qu'il y a des dominés !

La soumission à l'autorité nous est inculquée dès l'enfance.
Et le secret d’une autorité, quelle qu’elle soit, tient à la rigueur inflexible avec laquelle elle persuade les gens qu’ils sont coupables.

Le pire, c'est que ça marche : le nombre de "victimes-bourreaux" ne cesse de croître.

Or, dans une société de maîtres et d'esclaves, personne n'est libre. Ni l'esclave, parce qu'il n'est pas son propre maître, ni le maître, parce qu'il ne peut se passer de l'esclave...

Triste humanité.
L'auteur du documentaire s'étonne qu'il y ait étonnement, de telles réactions virulentes après ce qui n'est après tout que la mise en image de ce que beaucoup d'entre nous ont déjà vécu sous une forme ou une autre. Pourquoi la mise en image a-t-elle autant d'impact, autant de force ? Parce qu'elle donne corps, constitue une norme, un dévoilement, transforme un tabou en sujet légitime de révolte, nous fait passer du statut de looser, un échec personnel (à un entretien) à celui de victime générique d'un système parfaitement rôdé...

Peu importe, en fait, il nous faut tirer parti de ce constat, l'indignation est là et nous en servir pour rebondir, profiter de cet élan pour agir contre le système, en l'occurence, ici, celui du recrutement. Souvenons-nous de notre colère, mais pas lors de notre prochain entretien d'embauche, à ce stade, il est déjà trop tard, non, collectivement, politiquement, en amont.

yG

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C’est une banalité de constater que nous vivons dans une société de plus en plus violente et cette violence on la retrouve même dans des entreprises du tertiaire (banques, assurances, etc.…) qui auparavant assuraient elles-mêmes recrutements et formations continues.

Désormais elles marchandent tout elles aussi, s’assurant à grands frais et pas toujours pour de bons résultats, coach et officines de recrutement ayant pignon sur entreprises.

Y-aurait-il du gâchis pour très cher ? On peut à juste titre se poser la question en visionnant ce sincère documentaire même si le recrutement de commerciaux a toujours laissé une grande part à de la subjectivité…

N.B. : Si on veut s’informer grâce à de bons documentaires comme celui-ci par pitié, pas de clouage au pilori, pas de lynchage. De la réflexion.
la réaction du mec qui donne en pâture et à grande échelle les noms et adresses des recruteurs, ben moi ça me fait peur. de la délation. quasi un appel au meurtre. en même temps DS pose LA question : dénoncer en termes généraux un système profondément répugnant c'est bien beau, mais sans dénoncer les agents de ce système ça sert à quoi ? et je comprends le réalisateur (je me demande s'il n'a pas un petit syndrome de stockholm d'ailleurs), dépassé par les événements et les réactions, et qui défend ses sources.
le fait est que ça a assez duré cette humiliation, ce mépris à l'égard de gens qui ont juste besoin de travailler.

là dessus, je me demande : c'est quand qu'on fait tout péter ? en fait, non, la question c'est : c'est QUI qui va faire tout péter ? les 10 ans, ils jouent sur leurs consoles. les 20 ans rament pour finir leurs études au cas où ça servirait quand même. les 30 ans sont en plein bébé-appart'-survie, les 40 ans commencent à en avoir marre de ramer pour rien (voir plus haut) et se casent au moins pire, les 50 ans rêvent d'un potager, les 60 ans l'ont et se demandent comment les vrais agriculteurs faisaient. les 70 ans se disent ouf, on est sortis du trip, j'aimerais pas avoir 20 ans aujourd'hui. bon, c'est une plaisanterie, hein, les @sinautes sont pas comme ça, et plein de pas @sinautes aussi.

mais bon, qui c'est qui va faire tout péter ?

notez, personne n'en parle, mais ici à ermoupoli, il y a des manifs quasi quotidiennes, sectorielles, de gens vraiment totalement désarmés devant l'adversité. ici pas d'entretiens d'embauche, juste de la débauche à tour de bras.
faut des années pour cicatriser d' un entretien embauche, en analyse ça doit être proche des pathologies de la prostitution, le film "la méthode " en parle un peu :
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=110623.html
"Ne pas se tromper de cible, c'est le système qui est en cause, pas les individus"

Ouais bon, faut pas déconner non plus, s'il n'y avait d'individus qui s'en faisaient les complices, il n'y aurait pas de système.
Un peu facile de se dédouaner comme ça.

"j'ai obéi aux ordres" qu'ils disaient pour se défiler de leurs responsabilités à une autre époque ...
Je confirme l'erreur mySQL, j'ai eu la même il y a quelques minutes et j'ai tenté de prévenir l'équipe par emails. Je ne sais pas s'ils les ont reçus.

Espérons que les inscriptions sont enregistrées malgré tout...

Excellente initiative d'ailleurs que ce partenariat entre ASI et Courrier International !
Arrêtons de taper sur "le système". Ce qu'on voit là-dedans, ce sont (pour la plupart) des individus mesquins, rabougris, bêtes, froussards, égocentriques, frustrés. Les méthodes ne sont pas bien reluisantes, certes, et exacerbent les travers de chacun. Mais ce que montre ce documentaire (plutôt bon, sous réserve qu'il ne manipule pas la réalité par un montage trop sélectif), c'est la médiocrité de l'Homme (et c'est en ça qu'il est bon jusqu'à en être épuisant).
Qui n'a pas eu envie de gifler Kevin le cancrelat ? Qui peut dire que le petit ton suffisant du chef-recruteur ne révèle pas toute la petitesse de sa personne ? Que la tête de la recruteuse (la blonde qui s'est fait rouler dessus par un camion et s'est renversé la boîte de maquillage sur la tronche dans le noir) ne trahit pas l'aigreur de sa vie, et n'a rien à voir avec un "système" ?
Non, il ne faut pas se tromper de cible : ce n'est pas le jeu qui est en cause, ce sont les joueurs, de même que les cadres psychopathes qui menaçaient et humiliaient leurs subalternes dans "La mise à mort du travail". Les individus sont responsables et libres, il n'appartient qu'à eux (candidats ou recruteurs) d'être dignes et humains. Ceux qui quittent le processus ou le sabotent en sont la preuve.
Invoquer le système n'est qu'une dangereuse façon d'excuser la médiocrité de l'homme.
Attention le formulaire d'abonnement à courrier international ne semble pas fonctionner : on arrive à une page de "warning/SQL access denied" ("coin" en langage guignol)?
pareil que valentin
Ce docu très instructif est d'ailleurs disponible ici pour ceux que ca intéresse...
Bonjour,

Par rapport a la Gazette, apparement il y a un soucis avec le formulaire pour l'abonnement a Courrier International, je recois l'erreur suivante :

Warning: mysql_query() [function.mysql-query]: Access denied for user 'asi'@'localhost' (using password: NO) in /reiserfs-raid0/asi/_cache/courrier-international.php on line 381

Warning: mysql_query() [function.mysql-query]: A link to the server could not be established in /reiserfs-raid0/asi/_cache/courrier-international.php on line 381
Erreur technique : SQL
Pas encore vu l'émission, mais ça ne m'empêche pas de réagir à ce qui suit, qui est dans la présentation :
[quote=la rédaction d'ASI]
"Daniel voit là "la grande question" : peut-on critiquer "le système" sans critiquer "les agents du système" ? "Mon film n'est pas là pour livrer en pâture et à la vindicte des personnes qui ont accepté de montrer leur travail dans la plus grande transparence", insiste Cros".

Le type s'indigne des réactions, et notamment de l'initiative du gars qui a donné les coordonnées des kapos du système (oui, je sais, faut pas dire kapo). Mais son avis n'a pas plus d'importance que celui de Pierre, Paul ou Jacques. Son film, une fois diffusé, ne lui appartient plus. Les conséquences relèvent d'une démarche militante qui ne le regarde pas particulièrement puisqu'il estime avoir fait son boulot en faisant le film.
Bien sûr, il a le droit d'être contre l'initiative, comme tout un chacun, mais quand il dit qu'il faut s'en prendre au "système", de quelle réalité nous parle-t-il ? Le "système" aussi peu défini, c'est du virtuel. Les victimes du système, par contre, sont bien réelles et en tant que premières concernées, elles ont toute légitimité pour s'organiser pour le foutre à bas, ce système. Et si elles choisissent de s'en prendre aux agents qui permettent à ce système de tourner, c'est qu'une première étape, c'est tout simplement parce que les chiens de garde sont en première ligne. Le tour des donneurs d'ordre viendra...
super ce film, passionnant du début à la fin.....
Et voilà comment on en est arrivé à vendre du "médiator" !!!!
humiliés ,concassés, terrorisés,manipulés de bons esclaves pour une entreprise qui ignore le mot éthique...
vous avez dit souffrance morale au travail?
comment travailler autonomie et vulnérabilité, pardon, hétéronomie et vulnérabilité!
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