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Apple keynote, la machine à tuer le journalisme

Comme chaque année, le grand raout d'Apple transforme – encore plus que d'habitude – les journalistes tech en auxiliaires de communication de la marque. Je le sais pour avoir été moi-même couvrir, tous frais payés (par Apple), la "keynote" 2018. Il est grand temps de s'interroger sur la pertinence journalistique de ces "reportages".

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Très instructif.  Très long et détaillé. Ça donne envie d'en savoir plus sur les coulisses d'apple.

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j’adore les keynotes d’Apple. Je regarde les résumés et en quelques minutes j’apprends l’essentiel. Pas besoin de journalistes pour me dire ce que je dois en penser (i.e depuis quelques temps, Apple n’innove plus et ressemble à la bicyclette ou à l’UE : il faut toujours pédaler ou produire une nouvelle norme pour ne pas tomber, quitte à ce que soit peu ou pas utile.)

Quand vous analysez "Ça vous pose déjà les limites de l'indépendance éditoriale" après raconter qu'être "au centre de conférences de Cupertino avec un PC, c'est péché" ; vous induisez qu'il vous serait d'une impérieuse et évidente nécessité que d'avoir sous la main vos gadgets numériques faits de lithium, de cobalt, et de neodyme ; le tout pour n'assister qu'à une conférence d'une heure et demi.


Ce qui vous choque, c'est de voir votre Huawei se faire remplacer par un iPhone. Tandis que ce qui me choque, c'est votre besoin de smartphone pour assister à une réclame. Or, vous aviez le droit, comme l'ensemble des étudiants et citoyens de France et de Navarre, de prendre vos notes avec une feuille et un crayon [1]. Drôle d'ironie alors ensuite que de vous lire fustiger "un des défenseurs les plus acharnés de la surconsommation et de l'obsolescence".


Je vous accorde que c'aurait du panache de questionner Apple sur son optimisation fiscale, la redistribution de ses profits, et les conditions de travail chez ses fournisseurs, le tout en pleine keynote. Mais ce sont des questions liées à la mondialisation et elles se posent d'égale manière à toute les multinationales à qui on n'en demande pourtant pas autant. Épingler Apple pour les conditions de travail chez ses sous-traitants sans épingler les enseignes de nos parcs d'activités commerciales et de nos centres-villes n'a par exemple aucun sens.


Il faudra m'expliquer pourquoi l'idéologue fait d'Apple le représentant de la surconsommation plus que Alienware, alors que cette dernière a les mêmes fournisseurs, sous-traite dans les mêmes usines, et dilapide les mêmes métaux rares. Par quel miracle la keynote d'Apple fait pousser des ailes d'altermondialistes aux journaleux, alors qu'ils restent dans leur rôle de technolâtres parfaitement dociles lorsqu'il s'agit du CES ou de la keynote de Samsung ?


Pire : quand on compare avec le secteur automobile, pourquoi dans un cas, c'est Apple que l'idéologue montre du doigt et pas ses clients ; tandis que dans un autre cas, ce sont les clients de 4x4 Cayenne qui sont montrés du doigt et pas Porsche. Il n'y a rien de rationnel dans cette mise au pilori quasi systématique d'Apple, si ce n'est la vieille antienne du PC versus Mac. En termes de prise de recul, d'indépendance d'esprit, et de pertinence d'analyse, on a vu mieux. D'autant plus que techniquement et objectivement, Apple est parmi les GAFAM les moins pire.


Son modèle économique est de vendre du matériel : des ordinateurs et des téléphones dont la durée de vie est en moyenne assez nettement supérieure à la concurrence. Contrairement à Google et Facebook dont le modèle économique est de vendre des données personnelles. Et son système d'exploitation repose sur Darwin, un noyau libre et gratuit, qui fait partie de la famille Unix et donc concourt aux communs et à la lutte contre l'obsolescence, contrairement à Windows, le système d'exploitation propriétaire de Microsoft, totalement fermé, quand bien même PowerShell y cohabite désormais avec Bash. Et Apple n'est même plus la plus grosse capitalisation boursière.


Pourtant, l'idéologue ne pose la question des métaux lourds que lorsqu'il s'agit d'Apple. Alors mon but n'est absolument pas de vous servir la soupe de Cupertino, mais d'expliquer que vous en faites le pommier qui cache la forêt. Taper sur Apple est parfaitement légitime. Encore faudrait-il ne pas laisser croire que consommer un produit d'un concurrent d'Apple serait plus vertueux que consommer un produit Apple : qu'on m'explique sinon en quoi une tablette Samsung serait plus évolutive, plus réparable, plus sociale, et plus écologique qu'un iPad.


Se trouver un bouc-émissaire est bien pratique : une fois qu'on en a un, on n'a plus besoin de se poser les bonnes questions. Combien de personnes fustigent Apple pour son utilisation de métaux rares mais s'achètent fièrement et sans scrupule une perçeuse-visseuse sans fil Bosch, un coupe-bordure sans fil Ryobi, et une souris bluetooth Logitec ? Pensez-vous que le lithium des accumulateurs électriques des uns n'est pas le même lithium que le lithium des accumulateurs électriques des autres ?


Le problème du lithium a pour cause originelle un certain "sans fil" qui dépasse de loin les seules activités économiques d'Apple. Plus exactement, tous nos équipements électriques rechargeables consomment actuellement du lithium : vapotes, jouets, petites voitures radio-téléguidées, outils de jardinage et de bricolage, brosses à dents, lampes, enceintes, ...


Ça va prendre plus qu'un tableau de chasse avec la seule tête d'Apple : l'État va devoir expliquer à ses administrés que "l'électricité sans fil" est à proscrire, tout en devant admettre qu'elle puisse aider à atteindre la neutralité carbone dans certains cas.


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[1] pour l'anecdtote, ce sont les amphis "littéraires" qui sont gavés d'ordinateurs, tandis que dans les amphis "techniques et scientifiques", on goûte plutôt à la puissante productivité de la feuille de papier et du crayon pour dessiner des schémas et écrire des équations.

Une majorité de salariés d’un Apple Store du Maryland ont voté en faveur de la création d’un syndicat, malgré l’opposition active des dirigeants du groupe californien. Ce genre d’initiatives se multiplient aux Etats-Unis.

 c  'est un debut !!

En fait, ce qui me fatigue le plus dans ces suivis de keynote d'Apple (et consort), c'est qu'à force d'être dithyrambiques systématiquement, on ne fait plus le tri entre réelle innovation et suivisme, entre innovation utile et futile. Les exemples qui me viennent en tête?

- l'arrivée de l'iPhone, quoiqu'en pensent ceux qui disent qu'Apple copie, réelle innovation

- l'arrivée des nouveaux iPhone depuis : rarement innovation, juste une autre brique dans le mur

- l'arrivée de l'iPad, réelle innovation utile une fois passé les les premières versions

- la plupart des fonctions logicielles (et pourtant je les utilise), souvent pas monumentales quand ce ne sont pas des idées piquées ailleurs (sherlockées)


Les questions qui fâchent jamais posées:

- l'autonomie avant l'arrivée de leurs nouvelles puces qui faisait d'Apple des fabricants de smartphone peu autonomes (moqué dans les pubs de concurrents) dont l'essentiel de l'innovation était le design. C'est d'ailleurs la question principale: le design aujourd'hui n'a-t-il pas servi ces dernières années à cacher l'absence d'innovation

- plutôt que l'obsolescence (cf supra), les incongruités dans la réparation: on peut, malgré les mauvais score iFixit, changer les batteries d'iPhone, de MacBook Pro... mais pas d'iPad: est-ce vraiment écolo? De même, quel recyclage des AirPods and Co?

- l'utilité d'un produit (quitte à se tromper puisqu'il peut parfois réussir): l'Apple Watch a de quoi poser question, une montre que l'on doit recharger tous les jours... et pourtant ils en vendent.

- l'orientation service à fond n'est-elle pas aussi une preuve d'absence d'idées nouvelles?


Les questions provoc qui montrent que le journaliste se veut critique mais tombe à côté:

- les histoires d'obsolescences qui sont assez peu adaptées à Apple (l'ordinateur dure très longtemps et les iPhones aussi, même les iPad que je critique au dessus durent longtemps)

- les histoires de magasin d'application: j'ai les deux (Apple et Androïd) et je ne trouve pas que l'herbe est plus verte ailleurs. Ou alors, quitte à aborder ce sujet, le regarder, soit d'un point de vue du logiciel libre plutôt que de développeur rémunérés, soit de l'absence de travail d'édition/sélection que l'on pourrait attendre (nombreuses copies d'app qui restent longtemps). Bref, regarder la piètre qualité de cet App Store pour la rémunération demandé plutôt que de pleurer sur son monopole : si des concurrents apparaissent demain, soyons réaliste, ils ne seront pas meilleurs.


PS: les Stevenotes sont plutôt dans les années 2000, celui-ci étant revenu chez Apple en 97.

- les histoires d'obsolescences qui sont assez peu adaptées à Apple (l'ordinateur dure très longtemps et les iPhones aussi, même les iPad que je critique au dessus durent longtemps)

Oui, le matériel dure plutôt longtemps par rapport à la concurrence, se revend bien mais les bridages logiciels participent de cette obsolescence programmée. La non-réparabilité également. Pour avoir voulu garder un iPhone 5S plus de 5 ans, je trouve que la question de l’obsolescence est légitime chez Apple.

Mac OS et iOS ne sont pas plus "bridés" qu'Androïd et Windows. Mais leurs systèmes d'exploitation ne sont destinés à ne tourner que sur des machines Apple : si vous voulez utiliser iOS, il vous faut acheter un iPhone. Cela présente des avantages techniques comme, au final, une meilleure sobriété énergétique par exemple. Mais derrière la fallacieuse légende de la fermeture d'Apple, se trouve en fait une question juridique sur les droits d'auteurs, et la soif de surconsommation de ses détracteurs.


Pour comprendre ce qui est ici reproché à Apple, il faut s'imaginer se plaindre de ne pas pouvoir utiliser l'interface d'une calculatrice Casio sur une calculatrice Texas Instrument. Personnellement, je n'y arrive pas : à prestations comparables elles coûtent le même prix, fonctionnent avec les mêmes piles et métaux rares, et sont fabriquées dans les mêmes usines en exploitant les mêmes ouvriers.


Premier scénario : si je dois acheter une calculatrice pour passer mon bac et que je préfère la Casio, j'achèterais la Casio. Deuxième scénario : au nom de ma liberté, mon bon gré est d'acheter une calculatrice Texas Instrument mais avec le menu Casio qui me sied. À votre avis, quel scénario illustre le plus la surconsommation ?


Donc non. Le pseudo-bridage logiciel d'Apple n'est qu'une vieille trace de freinage au fond du slip des vieux défenseurs de Microsoft. Les vrais mouvements libristes comme Framasoft qui militent et oeuvrent en faveur des utilisateurs et de leurs libertés, s'attaquent bien moins aux solutions logicielles payantes d'Apple, que de celles "gratuites" de Microsoft et de Google.


Enfin, il y a une chose qui manifestement vous échappe : la durée de vie des appareils Apple est plus longue que celle de ses concurrents : c'est la définition même d'une moindre obsolescence ! Ça n'empêche pas de questionner le secteur dans sa globalité, le nécessaire et le superflu ; mais c'est tout de même paradoxal d'accuser d'obsolescence l'entreprise dont les appareils durent le plus longtemps.


En terme d'obsolescence, je possède un ordinateur dont le processeur mono-coeur et les 512 Mo de RAM effectuent les mêmes tâches aujourd'hui et aussi bien et aussi rapidement qu'ils le faisaient il y a 15 ans. À une exception : la navigation sur internet. En effet, les pages web d'aujourd'hui, bourrées de publicités et de framework JS, mobilisent plus de mémoire vive que les applications stand-alone de l'époque qui effectuaient de vrais calculs : la plus grande partie du web est aujourd'hui un ogre énergivore rendant les vieilles configurations obsolètes.


Le problème, à la racine, n'est pas de pouvoir changer sa batterie de téléphone tous les 3 mois. Encore une fois, cette facilité là tend plutôt à encourager la surconsommation et à changer la batterie aux moindres signes de faiblesse. Et quand on achète une voiture, on ne se demande généralement pas si le joint de culasse est facilement remplaçable : quand on a une panne, on va voir un garagiste. Et si vous allez voir un électronicien compétent (et pas un vendeur de pièces détachées), il vous dira qu'un iPhone n'est pas plus compliqué à réparer qu'un Samsung.


Non, à la racine, le problème ce sont ces nouvelles pages web et applications toujours plus énergivores et au bilan carbone désastreux ; puisqu'elles consomment toujours plus de processeurs, de mémoire, et d'électricité, et puisqu'elles nécessitent du matériel toujours plus récent. C'est ainsi que s'opère l'obsolescence : moins par les constructeurs que par les développeurs, parce-qu'en effet, les appareils finissent leur vie non pas parce-qu'ils ne fonctionnent plus (ça arrive mais moins souvent chez Apple), mais parce-qu'ils sont "devenus" trop lents. Mais les appareils ne sont pas "devenus" plus lents : leur processeur bat toujours à la même cadence, ils ont toujours autant de mémoire, et les processus s'effectuent à temps constant. Non : ce sont les pages web et les applications qui sont "devenues" plus lourdes.


La question de la surconsommation et du réchauffement climatique, quand elle s'applique au secteur numérique est en fait de savoir quels sont nos besoins légitimes. On peut imaginer que les services d'urgence comme le SAMU et les pompiers aient le besoin légitime d'un GPS. Mais qu'apporte à ces équipes une interface avec la surcouche satellite (pour voir les arbres dans la rue, les pédalos sur les lacs, et les baigneurs à la plage) à l'interface bien plus sobre, raisonnable et durable que celle d'une carte ?


On peut même se poser la question de ce qu'apporte le mode "navigation"  bien plus lourd que le mode plan : avoir tout l'écran qui défile autour du véhicule statique (en général un triangle bleu en bas de l'écran) est bien plus consommateur d'énergie et de ressources qu'un seul petit point rouge qui bouge sur une carte statique. D'autant plus que son utilisation systématique induit la perte des compétences cartographique et d'orientation. Qu'apporte la définition de textures et d'animations fines à chaque brin d'herbe d'un simulateur de vol si cela veut dire qu'il faille doter sa machine de 32Go de RAM pour y jouer ?


L'obsolescence dans le numérique n'est certainement pas l'affaire d'un seul constructeur de matériel. C'est aussi, voire surtout, l'affaire des développeurs de logiciels qui se vautrent dans une débauche obscène de besoins en ressources matérielles nécessaires pour en mettre plein la vue à leurs clients. Un simulateur de courses de voitures open source nécessitant 32Go de RAM pour fonctionner participe autrement plus à l'obsolescence et à la surconsommation mondiale que Nintendo avec Mario Kart. Mais comme dans tout secteur, il y a des concurrents qui misent sur la débauche de moyens pour offrir du spectaculaire, et d'autres qui misent sur l'efficacité, la créativité, et la sobriété.

Le bridage ou le système captif n'est pas qu'une légende. Par contre en effet ça n'est pas la chasse gardée d'Apple (à mon sens les champions restent microsoft) mais surtout ce n'est pas lié à une éventuelle culture d'entreprise fermée ou ouverte mais à un principe économique très simple:


Plus un produit est minoritaire sur le marché, plus il est interopérable, plus il est majoritaire plus ils essaient de rendre l'utilisateur captif.

Bridage et système captif, ce sont deux choses complètement différentes.


Quand une mobylette est bridée, c'est pour ne pas dépasser la vitesse autorisée, il en résulte que l'on n'exploite pas toutes les capacités de la machine. Du coup, on la débride pour en faire ce que l'on veut. Pour les téléphones, c'est presque pareil que la mobylette, sauf qu'au lieu de modifier le pot d'échappement, vous modifiez le contenu de sa mémoire.


Au tout début d'Androïd, quand Google osait encore prétendre qu'il s'agissait d'un logiciel libre, des petits malins se sont amusés à effacer la mémoire morte de leur Samsung, pour y installer l'un des firmwares de leur choix qui traînait sur le net. C'est là qu'on a parlé de débridage par similitude avec la bidouille d'une mob. Généralement c'était pour y re-installer Androïd mais sans re-installer la surcouche logicielle du fabricant qui elle, mettait en place un système captif. Par exemple sur les téléphones Androïd vendus par Orange, il y avait une appli de commerce pour faire des achats auprès d'Orange que l'on ne pouvait pas désinstaller sans flasher la ROM. Tout comme l'agrégateur de news d'Orange aussi, de mémoire.


Déjà l'on voit une différence entre le téléphone et la mobylette : c'est qu'en débridant la mobylette on débloque ses performances. Alors que les performances du téléphone débloqué sont les mêmes que quand il était bloqué. Ce que l'on débloque en débridant un téléphone, ce n'est pas des ressources matérielles, ni des performances techniques, mais essentiellement un usage.


De l'autre côté, chez Apple, c'est un peu différent. Déjà, ils n'ont jamais prétendu qu'iOS était libre. Contrairement à Androïd que l'on peut télécharger à peu près n'importe où pour l'installer à peu près n'importe où (ce qui est pratique pour les développeurs), iOS est vendu avec la machine dont il se doit de gérer les composants. iOS est un logiciel, écrits par des auteurs, spécifiquement pour l'iPhone, et pour lequel il a été fait le choix de protéger cette oeuvre de l'esprit par des droits d'auteurs.


iOS n'étant pas libre, il est propriétaire, et pour protéger les droits des auteurs du système d'exploitation, un certain nombre de protections techniques ont été mises en place en supplément des dispositions juridiques. La première, étant de coupler une copie unique du système d'exploitation à une machine unique. Dès lors, le débridage des machines Apple consistait à violer les droits d'auteur pour réussir à installer une copie du système d'exploitation sur autre chose que la machine à laquelle cette copie était originellement destinée.


Ici non plus, le débridage ne débloque ni ressources ni performances. Mais dans le cas d'Apple, le débridage d'un iPhone, c'est juste pour le plaisir de violer les droits d'auteurs. Il n'y a aucun intérêt à installer iOS sur un Samsung, et aucun intérêt non plus à installer Androïd sur un iPhone. Et pour ce qui est des développeurs, ils peuvent très bien écrire des applications iOS sous Linux : le langage dévolu, Swift, est sous licence libre Apache, et toute la doc est publique.


Perso, je suis à fond pour les licences libres, mais je n'ai cependant pas envie de jeter les droits d'auteurs aux orties pour autant. J'espère vous avoir un peu mieux fait comprendre pourquoi bridage et système captif ne sont pas synonymes, et en quoi le débridage des appareils apple est une pure escroquerie intellectuelle.


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Sinon désolé, mais votre aphorisme n'est pas toujours vrai. PostgreSQL est plutôt majoritaire sur le marché des SGBDR et il est resté, reste, et restera interopérable. C'est d'ailleurs bien le respect de standards ouverts qui compose l'une des nombreuses qualité de ce produit, comme le fait d'être libre, notamment aussi.


Peut-être que je ne regarde pas là où il faut, mais j'ai tendance à croire au contraire, que les fabricants de boule d'attelage et les fabricants de remorques arrivent à se mettre d'accord sur des standards aussi.

PostgreSQL est plutôt majoritaire sur le marché des SGBDR


Je n'ai pas été assez clair dans mon aphorisme, mais il ne concerne en effet que le marché propriétaire. De plus c'est un principe général, on peut certainement lui trouver des contre-exemples.


Quant au bridage, je n'ai jamais évoqué de débridage. Mais ce n'est pas parce que le débridage est impossible ou difficile qu'un appareil IOS n'est pas bridé... Et il l'est, on a accès qu'à des surcouches en limitant nettement ce que l'on pourrait faire avec l'OS installé dessus. Ce qui n'est pas le cas de Mac Os, par contre.


"Et pour ce qui est des développeurs, ils peuvent très bien écrire des applications iOS sous Linux : le langage dévolu, Swift "

Comme vous l'avez bien expliqué, on ne peut pas installer d'émulateur sur d'autre plateformes, donc on peut développer une app sans la tester. Il faut aussi xcode pour éviter de tout gérer les questions d'environnement à la main. Et finalement il faut un mac pour publier sur l'appstore (avec les dernières versions de macOs, donc une légère obsolescence programmée)

On sent tellement le sentiment de ne plus se sentir pisser chez Mouloud Achour, et c'est pas nouveau.

Il pourrait contenter de se satisfaire devant un miroir pour nous éviter de nous infliger l'exercice de la brosse à reluire.

Merci ! 

Je ne sais pas s'il existe des "keynote" pour Google, mais est-ce que les journalistes tech agissent de la même manière ?

Merci pour cette article.


J'ai toujours été choqué par la complaisance dont bénéficiait souvent Apple dans les médias.

Pour moi, c'est souvent de la publicité (mal) déguisée et surtout gratuite...

Je ne sais pas à quoi cela tient. Enfin, l'article en parle un peu.


Sinon, on pourrait dire aussi que facebook et twitter bénéficient également d'une énorme publicité gratuite partout avec les "réagissez sur facebook ou twitter".

Alors, certes, ils sont un peu hégémoniques dans leur domaine mais ils risquent de le rester longtemps avec de telles pratiques...


A noter aussi qu'une déclaration sur twitter est toujours indiquée comme telle : "machin a dit dans un tweet" ou "untel a réagi sur twitter"

Quel est l'intérêt de citer le moyen ?

C'est comme si pour une interview téléphonique, on disait "untel a réagi avec son téléphone samsung en utilisant le réseau orange" ou pour un communiqué "un tel a publié un communiqué écrit sur son Mac et en utilisant son abonne ment sfr".



 Mais surtout, il y a quelques années, alors employé pour un pure player que je ne peux malheureusement pas nommer pour des raisons juridiques,  
Ah, mais si vous ne pouvez pas, nous, on peut... D'ailleurs, moi je dis : Konbini. Cf. cet article.

Allez, avouez, vous n'attendiez que ça, que quelqu'un le dise à votre place ! C'est ma manière de vous remercier pour cet article ! :)

Très bien joué cet article, plein de lucidité et d'humour. Et encore il faudrait être davantage effaré, plus abasourdi pour être à la hauteur du phénomène. Ça relève de l'hallucination collective mélangée à une expérience d'asservissement volontaire, le tout a l'échelle planétaire. Des milliers de gens qui viennent se prosterner devant une entreprise multinationale, la pire de toutes, hystériques devant les fétiches qu'elle vend une fortune (au sens propre, un SMIC pour un appareil qui cache une fiche technique très moyenne). Complètement révérencieux devant les cadres qui exploitent le monde entier, des mines de lithium jusque dans les usines Foxcon. 


Je verrai bien une petite infographie représentant un histogramme en forme d'iphone, montrant la répartition du prix de vente entre la part de R&D, les matières premières, l'assemblage, la distribution, le marketing (énorme) et la part des actionnaires.

Très instructif.  Très long et détaillé. Ça donne envie d'en savoir plus sur les coulisses d'apple.

Surréaliste la vidéo avec Mouloud Achour ! Le câlin à la fin !  il faut se pincer pour y croire. Comment fait-il pour ne pas se sentir grotesque. Est-ce possible de faire plus caricatural ? Que peut faire le gorafi après ça ?!

Ça m'a rappelé aussi une émission d'arrêt sur images (je ne sais plus laquelle) dans laquelle un des intervenants (visiblement fan d'apple) présentait, sans rire, apple comme une petite entreprise familiale, limite les produits étaient fabriqués à la main en bois de hêtre issu de forêts gérées durablement, un savoir faire qui se transmet de père en fils depuis plusieurs générations ....

Je suis produits Apple car j’ai commencé l’utilisation d’ordi sur cette marque et comme je trouve l’utilisation de ses matériels facile, je continue.

En revanche, mon premier smartphone a été un Microsoft, et lui aussi je l’ai trouvé facile d’utilisation, malheureusement cette marque n’a pas persévéré.
Le système Androïd me laisse froid, alors je continue avec Apple.

Si j’avais des reproches à formuler, plus que l’histoire de l’enfermement dans un système, ce serait plutôt en termes de qualité des appareils. Par exemple, mes ordinateurs portables ne sont valables que quatre ans, au-delà ils déconnent franchement. Par ailleurs, le blanc, sorti en 2009 ou 2010, a été un vrai scandale, son fond gondolait systématiquement sous l’effet de la chaleur, d’ailleurs Apple lui-même l’a retiré de la vente au bout de deux ans dans un grand silence de presse.

Dernièrement, lors de la sortie des HomePod mini, personne, même pas les gens d’Apple, a précisé que pour un bon fonctionnement de ces deux appareils en mode stéréo il faut rattacher à sa box un routeur, sinon cela ne tient pas, vous passez votre temps à reconfigurer votre installation. C’est parce que je suis allé sur un forum d’utilisateurs que j’ai pu enfin jouir de la stéréo sans entraves lorsque j’écoute de la musique. Enfin, je viens de m’équiper de AirPods 3, je découvre ce type d’écouteurs, et je trouve ça formidable de confort.

Bref, effectivement, la presse ne joue pas son rôle de porteuse de plume dans la plaie.

Notre monde occidental mondialisé peine à trouver un sens à la vie, et les gens se rabattent sur l'offre spirituelle qu'on leur vend à grand renfort de marketing : les nouvelles technologies. Apple est la nouvelle Basilique St-Pierre. Steve Jobs est mort (tout comme Jésus), mais son esprit saint perdure, le rituel se renforce et se mue en tradition alors même que le message a perdu tout son sens (si tant est qu'il en ait eu un de son vivant). Et tant pis si Apple et consort produisent l'exact inverse de leur discours ("to make the world a better place").


La différence avec notre bonne vieille religion c'est que, au moins, elle apportait une réponse à notre plus grande angoisse : la mort. Certes, le paradis est passé de mode, mais il donnait un sens à la vie (l’Église vendait des "biens de salut", comme on dit en sciences sociales). Elle incitait à se conduire vertueusement ici-bas pour espérer serrer la pince à Jésus et menaçait le mécréant d'aller faire un vilain barbeuc avec Satan.


De nos jours, la nouvelle religion du monde et ses fantasmes de toute-puissance nous obligent à consumer tout tout le temps en nous faisant croire que tout ceci n'est pas réel (puisque virtuel). Avec, comme assise spirituelle, un nihilisme individualiste inégalé. Ces sociétés de la tech (Apple en tête) ne font que détruire chaque jour un peu plus (et un peu plus vite) tout ce qui fait (devrait faire) sens pour l'être humain : les relations sociales, la culture, l'éducation, la santé, la faim, et (non des moindres) la nature, l'écologie, la planète, l'environnement, appelez cela comme vous voulez.


Si Steve Jobs a été fichtrement clairvoyant, c'est que ceci est bel est bien une révolution. Notre société a été complètement chamboulée en l'espace de 40 ans à peine. À l'échelle de l'histoire humaine, c'est d'une rapidité prodigieuse. Mais une révolution vers quoi ? Dans quel but ? Car aucune des problématiques auxquelles notre monde est confronté n'est résolue. Et quiconque fait l'effort (intellectuel) de se pencher 5 petites minutes sur la question se rend vite compte que le problème vient, pour une bonne part, de ces sociétés, Apple en tête. Car ni Apple Watch, ni Mac Book Pro ni iPhone n'ont pu guérir ce pauvre Steve de ce cancer auquel il a succombé à l'âge prématuré de 56 ans seulement. Peut-être que si le fric, l'énergie, et la dévotion louée à Apple avaient été investis ailleurs, Steve serait encore vivant aujourd'hui.

Merciiii pour ce super article long et détaillé, je ne connaissais pas du tout la propagande d'Apple. Mouloud Achar - Tim Cook is the new Salamé - Ghosn

C'est un peu comme Rolex non ? mais a quel âge faut-l avoir un Apple si on veut ne pas avoir raté sa vie ?

Conneries.

Ingénieur, depuis que j'ai eu un IPhone 3GS et ai connu le ressenti d'une mouche luttant pour traverser une vitre en essayant de l'utiliser dans mon environnement technologique (et buttant sans cesse sur les barreaux de la prison doré) je fuyait leurs produit. Je n'avais pas conscience du social engineering malsain qui produisait ces articles sirupeux et hémiplégique. C'est terrifiant.

Merci pour cette analyse éclairante.

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