Olivier Bouygues en garde à vue : la télé n'en parle pas
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Olivier Bouygues en garde à vue : la télé n'en parle pas

Dans sa propriété de Sologne, le milliardaire faisait tuer les prédateurs de ses propres proies, au mépris de la loi

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Imaginez une des plus grandes fortunes françaises, à la tête de médias nationaux. Imaginez maintenant que cette grande fortune possède un domaine en Sologne, cette région colonisée par les ultra-riches pour leur plaisir personnel, à savoir la chasse, pour laquelle ils clôturent leurs immenses propriétés au mépris de la circulation naturelle des animaux. Imaginez encore que l'un de ces oligarques made in France décide, afin de rendre ses parties de chasse plus faciles, d'éradiquer systématiquement de son immense domaine toutes les espèces animales pouvant elles aussi chasser perdrix et faisans. Y compris des espèces protégées.

Pas besoin d'imaginer. C'est exactement ce qui s'est produit dans les 600 hectares du domaine solognot de Fontenaille, propriété d'Olivier Bouygues, d'après une enquête judiciaire. Rappelons qu'Olivier Bouygues possède avec son frère Martin près de 30 % du groupe du même nom – et donc du groupe TF1, sa filiale. Au matin du 4 juin, lors d'une perquisition de la gendarmerie et de l'Office français de la biodiversité (OFB), ont été découverts à quelques kilomètres d'Orléans "de nombreux cadavres d'oiseaux sauvages protégés […] notamment des cormorans, des buses et des aigrettes", dévoilait France 3 Val-de-Loire le 5 juin.

Les enquêteurs soupçonnent d'ailleurs une "destruction systématique depuis plusieurs années" de ces espèces, indiquait alors la procureure d'Orléans à la chaîne. L'antenne locale de la télévision publique, en pointe sur ce dossier, révèle encore, ce mercredi 9 juillet, le placement en garde à vue du propriétaire Olivier Bouygues. Il l'est aux côtés de trois autres personnes, dans le cadre de cette enquête pour "délit de destruction d'espèces protégées en bande organisée".

Le lendemain 10 juillet, un communiqué de presse de la procureure d'Orléans et du directeur de l'antenne régionale de l'OFB, cité par France 3, enfonce le clou. Le parquet a ainsi affirmé avoir découvert "un système de prime" pour récompenser l'abattage d'animaux, y compris des listes d'espèces à éliminer. Un système en place "depuis de très nombreuses années", afin de "préserver des conditions de chasse au grand et au petit gibier sur la propriété". Les peines encourues ? Jusqu'à sept ans de prison et 750 000 euros d'amende.

La mise en examen d'une des plus grandes fortunes françaises ne passe pas inaperçue, ni en Sologne, ni en France, ni hors de France. L'AFP se fend d'une dépêche, reprise par la quasi totalité de la presse écrite. L'agence de presse belge Belga fait de même. Mais sur les chaînes d'information en continu, pas un mot, du moins, jusqu'au vendredi 11 juillet. Depuis, non plus, l'information n'émerge pas. Si l'on en attendait pas moins de LCI (Olivier Bouygues est son actionnaire), on s'étonne concernant Franceinfo, d'abord. Mais aussi quant au silence de CNews – BFMTV ayant, elle, consacré un court sujet à Olivier Bouygues le 12 juillet. Apparemment, tous les faits divers ne se valent pas sur les antennes des chaînes d'information.

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