Violences faites aux femmes : et les cogneurs ?
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Violences faites aux femmes : et les cogneurs ?

"Il y a des familles qui dorment dans le hall d'accueil de l'hôpital de Saint-Denis ?" demande Guillaume Erner. La question sent l'authentique surprise. Il vient de recevoir une révélation à laquelle il n'était pas préparé. Il reçoit ce matin la gynécologue Ghada Hatem-Gantzer, fondatrice de la Maison des femmes de Saint Denis, "première structure en France à offrir une prise en charge globale aux femmes victimes de violences". Tranquillement, la gynécologue raconte son activité. Ces dix, quinze, vingt rapports successifs que la Maison stocke précieusement, pour le jour où la femme, à la vingt et unième fois, sera enfin prête à porter plainte. Cette hantise de la famille reçue en catastrophe le vendredi à 17 heures, et à qui on n'a pas d'autre solution d'hébergement à proposer que de rejoindre les autres, et dormir dans le hall de l'hôpital. "Il y a des familles qui dorment dans le hall d'accueil ?"

C'est l'auteur des violences, et non la victime, qu'il faudrait obliger à quitter son domicile. Oui mais voilà. Qu'en faire, où l'accueillir, alors que toutes les structures qui vont participer aujourd'hui au "Grenelle des violences faites aux femmes" sont spécialisées dans l'accueil aux victimes ? "Pour ces structures, c’est la course aux subventions qui permettent de pérenniser leurs emplois" accuse Luc Frémiot, dans Le Monde. Ancien procureur à Douai, Luc Frémiot en convient aussi : ce sont les cogneurs, qu'il faut traiter, dans des établissements spécialisés. A l'approche du "Grenelle", on l'a entendu partout, sur tous les plateaux, s'écrier contre Schiappa, Belloubet et Castaner, à côté de la plaque, ou aux abonnés absents. Ce matin, face à lui, c'est Léa Salamé, sur France Inter, qui s'essouffle à défendre la bonne volonté gouvernementale. "Est-ce que tout de même vous ne saluez pas qu'on se bouge au plus haut de l'Etat ? Tout de même il y a une volonté ! Vous ne la saluez pas, cette volonté-là ? Je vous vois lever les yeux au ciel, mais tout nest pas à jeter, quand même ? 70 psychologues recrutés ! Tout de même !" 

Pour Frémiot, on s'en douterait, le Grenelle du gouvernement, c'est Perlimpinpin et compagnie. Sans doute. Mais par la seule médiatisation que provoque ce Grenelle -comme voici quelques années l'affaire Jacqueline Sauvage-, par cette convergence inattendue des deux invités du matin, il a pour effet collatéral paradoxal que soient renversées les perspectives, chamboulés les paresseux automatismes de pensée. Pour un matin,  Ghada Hatem-Gantzer, Luc Frémiot, piquent la place des bavards habituels. Ce qui n'est pas tout à fait rien.




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