Rugy : et la tourniquette à vinaigrette ?
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Rugy : et la tourniquette à vinaigrette ?

Ce n'est pas pour me vanter, mais je n'aimerais pas être à la place du "déontologue de l'Assemblée". C'est en effet à ce personnage qu'il va revenir de distinguer les dépenses contestables des dépenses incontestables de François de Rugy, ce dernier s'étant engagé, après une spectaculaire convocation par le Premier ministre, à rembourser "chaque euro contesté", à propos de ses "repas fastueux" à l'Assemblée, et des dépenses d'aménagement dans l'appartement de fonction de son ministère (dans ce dernier cas, l'inspection du dressing échoiera au secrétariat général du gouvernement).

Comment distinguer, dans un dîner à la présidence de l'Assemblée, le consommateur contestable de homard, du consommateur incontestable ? Prenons un cas au hasard, mon ami-bloqueur Jean-Michel Aphatie. Lequel, si j'ai bien compris, appartient, par le biais de son épouse, au "cercle amical" de Séverine Servat de Rugy. Invité illégitime, donc. Copinage ! Remboursez ! Mais d'un autre côté, Jean-Michel est en lui-même une société civile sur pattes. Il ouvre d'abord le Nantais Rugy sur la côte basque. Et au-delà, sur le monde ibérique tout entier. Utile. Par ses compétences multiples (remboursement de la dette de la France,  agences de notation, détention de comptes bancaires à l'étranger par un ministre du Budget, techniques de la preuve dans le journalisme d'investigation, techniques de maintien de l'ordre, droit constitutionnel, etc) Aphatie est d'un conseil précieux. Je n'aimerais pas être à la place du déontologue de l'Assemblée. D'autant que le déontologue devra aussi statuer sur un certain nombre d'achats du couple Rugy, tels qu'ils apparaissent dans les révélations de ces derniers jours, ou de ces dernières années : nécessaire à raclette, vélo elliptique, ou sèche-cheveux à la feuille d'or.  Il ne manque que la tourniquette à vinaigrette, Boris Vian, reviens parmi nous !

Je plaisante, mais je ne devrais pas.  Dans l'emballement de ces derniers jours, Rugy est inaudible lorsqu'il insinue que les fuites qui le visent pourraient être liées à la réforme, impulsée par lui, de la retraite des députés (aucun article ne le rappelant jusqu'à maintenant, je précise que la retraite complémentaire des députés, après deux mandats cotisés, passera de 2106 à 1330 euros net par mois) mais c'est pourtant un élément de défense à garder davantage à l'esprit que la liste de ses intolérances alimentaires, du champagne aux fruits de mer. A propos de l'appartement nantais à vocation sociale loué à Orvault (44) par le ministre (troisième salve rapprochée de Mediapart), d'après mes propres investigations poussées, le loyer (481 euros pour 48m2) n'apparait pas excessivement bas. Dans un effort surhumain et ultime de conscience professionnelle, j'offre gracieusement ces éléments décisifs aux inspecteurs-déontologues mandatés par le gouvernement sur le front du marché de l'immobilier dans la banlieue nantaise. Sur ce, le matinaute s'éclipse pour quelques vacances bien méritées. Mais ce feuilleton, comme les autres, continuera d'être suivi ici.


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