2022, année de la comète
Le matinaute
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chronique

2022, année de la comète

Résolution 2022 : se préserver des indignations de Twitter. Se méfier de ces paniques morales quotidiennes, dont notre nouvelle chroniqueuse Élodie Safaris dresse ici la liste accablante, et savoureuse (la dernière en date concernant la re-baptisation de la galette des Rois à Besançon).

Mais tout de même ! Sans parler du fond des mesures adoptées, voir le protocole sanitaire de l'école annoncé "en exclusivité" par le ministre la veille de la rentrée à 16 h 52, sur un site de presse payant ? Le Parisien l'a vite rendu gratuit – c'était bien le moins. Et le ministère s'est empressé de publier le dispositif sur son site une heure plus tard. Mais à quoi pense donc le ministre Blanquer ? "De qui fallait-il préserver la tranquillité ? demande Libé. Quel répit fallait-il ménager ?"

Se préserver, donc, des indignations faciles. Sur les précautions sanitaires, par exemple. Maintenir les écoles ouvertes, autant que possible, est un objectif parfaitement légitime. Oui, le gouvernement godille, comme tous les gouvernements du monde. Depuis le début de la pandémie, deux ans bientôt, il godille entre le sanitaire et l'économique. Quel autre choix que de godiller ? D'où les absurdités innombrables, comme cette disposition sur les TGV, où les voyageurs n'auront plus le droit de consommer des repas, sauf cas contraire, mesure qui sera appliquée avec "discernement", sauf quand elle ne le sera pas. Quelle est la prochaine étape ? Manger à travers le masque ? Manger le masque ?

Va donc pour la godille. Mais il godille dans le provisoire. Tout au long des deux dernières années, il a continué de fermer des lits d'hôpital2022 sera "peut-être" l'année de la fin de la pandémie, a reconnu Macron dans ses vœux. Mais toute sa politique postule la victoire proche, le wishful thinkingOr rien n'assure que la pandémie sera vaincue en 2022. Ni en 2023. Rien. 600 000 volailles, en France, ont été abattues dans le dernier mois, pour contenir la diffusion de la grippe aviaire. Quel journal en fait ses titres ? Comme le rappelle à l'instant où j'écris Mélenchon sur France Inter, nous n'avons d'autre solution que de nous équiper pour la pandémie permanente.  Cette réalité nous oblige à "regarder en l'air", comme on regarde en face la comète de Don't look up, film-sensation de la fin d'année, foncer sur nous. Regarder en l'air, c'est parmi bien d'autres mesures, armer l'hôpital, ou fournir des milliards de doses de vaccins aux pays qui n'ont pas les moyens de les produire ni de les payer. 

Très bonne année à tous nos abonnés, et aux autres.


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