Cartes grises à la Une
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L'opaque marché des données des cartes grises

Comment un (faux) scoop révèle une pratique persistante

"L'Etat peut vendre les fichiers personnels de carte grise". C'est le titre d'une enquête du Parisien, publiée mardi 14 décembre. On apprend ainsi qu'un amendement, déposé par le sénateur UMP Gérard Longuet, a été voté "discrètement il y a quelques mois" pour que l'Etat puisse vendre les données des cartes grises à des opérateurs privés au premier rang desquels les constructeurs automobiles français.
But de la manœuvre ? Commercialiser des données qui constituent une véritable mine d'or pour les campagnes de marketing notamment de Renault et Peugeot (et leur donnent un avantage certain sur la concurrence étrangère).
Suite à l'enquête du Parisien, Gérard Longuet a réagi dans un communiqué, repris par l'AFP. Pour l'agence de presse, cela ne fait aucun doute : le sénateur a précisé que cet amendement "excluait les informations nominatives". Pas de panique donc, l'Etat ne communiquerait pas de données nominatives aux constructeurs automobiles. Sauf que l'AFP se trompe. Et l'enquête du Parisien est légèrement réchauffée puisque le magazine Auto Plus évoquait déjà ces ventes de fichier… en novembre 2006. Plongée dans le marché opaque de vos données automobiles.



C'est peu dire que l'enquête du Parisien sur la vente des données de cartes grises par l'Etat a suscité la stupéfaction. Plusieurs médias ont repris l'information, notamment l'AFP, Lefigaro.fr, Nouvelobs.com ou encore Francesoir.fr. Sans oublier France 2, qui a consacré un reportage à cette affaire dans le 13 heures du 14 décembre...

picto en interrogeant le même "spécialiste du droit sur Internet" que Le Parisien.

 

 

Tout est parti de la découverte par la journaliste du Parisien d'un amendement de la loi de finances rectificative de 2009, voté il y a un an et demi, et qui est passé totalement inaperçu à l'époque. D’après le quotidien, l'Etat peut désormais vendre les données des cartes grises au privé notamment "pour des opérations commerciales". Et ce n'est pas tout: aucune obligation "n'est faite à l'administration de prévenir les usagers de ces ventes". Si Le Parisien s'est saisi de ce sujet, c'est parce que l'Assemblée nationale étudie la possibilité, dans le cadre de la loi LOPPSI 2, d'enquêter sur les acheteurs potentiels de ces fichiers "dans l'objectif affiché d'éviter que ces documents privés ne tombent entre des mains malveillantes" précise le journal.

Le co-auteur de cet amendement de 2009 est le président du groupe UMP au Sénat, Gérard Longuet. Ce dernier a aussitôt réagi dans un communiqué, repris par l'AFP, en expliquant que "l'utilisation des données se rapportant aux véhicules et à leurs propriétaires à des fins ...

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Commentaires d'utilité publique

L'opaque marché des données des cartes grises

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Par mamie mon kiki
le 17/12/2010
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