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Commentaires

Un oeil rond dans la nuit

Derniers commentaires

Ces élections ( en France , en Espagne ) vous saperaient le moral ?
Mais non , il faut y croire ! Faire confiance !

A qui , ça , je ne sais pas !
le slogan de la droite espagnole pendant la campagne legislative " Avec Rajoy, c'est possible" ça aussi c'est original, zont du payer cher le "créatif", en plus
Alors ? Et la réponse ?
J'attends toujours moi !
Juste un détail pour préciser que l'affiche polonaise avec un détail du chef d'œuvre de Rembrandt est exactement là même qui avait servi à Amsterdam en 2006 pour l'installation vidéo que Greenaway avait fait au Rijksmuseum. Il s'agissait d'une projection numérique directement sur le tableau de Rembrandt accroché pour l'occasion dans une salle spécifique. L'installation, que j'ai pu revoir une deuxième fois à Poitiers (sans le tableau bien sur) lors d'une conférence faite par Greenaway, est impressionnante, mais d'une pertinence artistique très limitée (à mon avis, surtout que l'effet est le même sans l'original).

Une petite précision aussi, le titre original du tableau, cité dans un carnet du commanditaire et accompagné d'une petite copie à l'aquarelle, est " le jeune capitaine Banningh Cocq donnant l'ordre à son lieutenant, Willem van Ruytenburch, de faire sortir sa compagnie".

Je fais une parenthèse sur cette manie affreuse en France de traduire, voire de trahir les titres des films. Je pense justement à "Meurtre dans un Jardin Anglais" ce film incroyable de Greenaway qui perd tout son cachet et sa surprise par rapport au titre original ("The Draughtmans' Contract", le contrat du dessinateur). On a quand même gardé, en 1988, le titre original (et intraduisible) de "Drowning by Numbers", qui en Italie est sorti sous le titre horrible de "Triple assassinat dans le Suffolk".

Je n'ai pas vu ce film malheureusement, mais en tout cas selon un ami proche qui est prof de ciné et spécialiste de Greenaway, ce dernier opus est plutôt décevant, malgré des belles images et quelques bons passages.
Dans Nikita la silhouette et l'ombre sont en discordance?
Propositions tardives: Je me lance
- Ressemblances:
1 - la perspective
2 - l'ombre de l'homme
3 - l'homme qui court
4 - la nuit
5 - le graphisme des lettres du titre
6 - une grande ville déserte la nuit
7 - ???????????????

Zerreurs :
1- La tour Eiffel dans l'axe des arcades du Louvre?
2 - La silhouette féminine...mais je ne sais pas pourquoi!
3 - ??????????????????
4???????????????
5.......etc.
Désolé Alain je suis incapable de jouer car je suis inculte sur le plan cinématographique et je cours après le temps....Mais je reste attentive!
ginette Saban

OUAH! OUAH !Merci ,Un grand merci pour cette intéressante analyse;

J'ai cru un moment au retour de Daniel Arasse .
Et crois moi ,c'est un vrai compliment;

à bientôt ;
Réaction un peu hors sujet, et en même temps peut-être pas tant que ça. Il y a une chose qui a le don de m'agacer, c'est l'opposition permanente entre la culture des soi-disant érudits intellos et les autres. Et surtout cette façon d'accuser l'érudit de prendre celui qui a moins de culture d'être un crétin. Je pense qu'on peut ne pas être d'accord avec une analyse, une colère, parce que je fais partie des gens qui pensent que les gouts et les couleurs se discutent. De là à taxer toute analyse un tant soit peu pointue d'atteinte à l'intelligence du quidam moyen, c'est un peu limite et ça ne fait pas avancer le débat.

L'accès à l'art n'est pas qu'une question de culture, d'instruction, de connaissance des codes. Qu'on ait certaines clés et pas d'autres n'empêche pas d'être touché par une oeuvre, et je trouve que Greenaway a cette grâce de savoir nous toucher malgré son aura de cinéaste intello. Je ne dispose pourtant que d'une culture générale plutôt basique, amplifiée certes par une curiosité dévorante. Mais les quelques films que j'ai pu voir de lui par le passé (Meurtre dans un jardin anglais, Le jardinier, le voleur, sa femme et son amant, Le ventre de l'architecte) ont su me toucher bien au delà de leur forme et leur esthétique très particulière. Pourquoi donc tirer toujours les choses vers le bas, notamment en présentant des affiches utilisant des codes markéting dans l'air du temps et qui ne riment à rien ? Pour promouvoir le travail d'un artiste, n'est-ce pas lui rendre justice que de se montrer un tant soit peu créatif ?

La culture vient aussi de l'habitude. Si on nous sert en permanence les même trucs tape à l'oeil parce que "ça parle" (c'est aussi, ne nous leurrons pas, parce que ces trucs sont ceux de la pub dont nous sommes abreuvés à longueur de journée), on finit par perdre le sens de la contemplation. Comme certains enfants oublient les délices de la lenteur à force d'ingurgiter des films où la précipitation fait office de rythme et noie l'indigence. Certains me disent qu'il faut vivre avec son temps, bon. Moi je trouve encore beaucoup d'émotion sous la prétendue poussière des italiens du Louvre, une émotion spontanée qui vient parfois quand on se laisse faire. J'aime l'idée qu'on ne soit pas dupe de la société de consommation qui façonne malgré nous notre rapport à l'image.

Merci donc infiniment pour cette chronique qui me ravit chaque fois, qui m'éclaire sur des points qui m'étaient inconnus, j'apprécie de partager un peu de cette culture, ce regard avisé qui permet à la modeste inculte que je suis de voir autrement.
L'erreur, c'est la présence de l'excellllent Liam Neeson dans cette énième grosse bouse bessonienne.
Cher Alain,
Chers @sinautes

Magnifique, le film, je ne sais pas, je n'ai pas été le voir, l'affiche française ne m'en donne pas, mais vraiment pas du tout me déplacer.
Magnifique, les affiches polonaises, et encore plus belles depuis que je connais l'histoire de ce tableau.
Magnifique, le découpage. Découper un Rembrandt à la scie ! Aujourd'hui il faut oser. Cela lui donne un côté "La cité idéale"
Magnifique en ce qui concerne l'architecture, mais trop ordonné pour ce qui concerne des hommes.

Si je n'avais pas lu que c'est deux films différents, je pensais que cela concerné le même film de Luc Besson.
Pas magnifique !
"Le plagiat est nécessaire; Le progrès l'implique", Isidore Ducasse, comte de Lautréamont...
Ce serait pas une histoire d'ombres projetées, m'dame ? Celles du personnage et du panneau ?
Je les trouve un peu bizarres.
J'avais oublié que le tableau original avait été ratiboisé sur le mode oh ben zut alors il dépasse.
Ça fait effectivement du bien de pouvoir par ici s'extraire un peu du cirque médiatique para-présidentiel.
Comme chuis un peu inculte, j'ai bu les propos d'Alain...
Mais comme Alain avait prévu un supplément spécial incultes joueurs de mon acabit, voici mes propositions :
au titre des ressemblances :
- la rue étroite
- les pavés
- la lumière rasante
- le personnage qui court
- le titre sur la gauche de haut en bas

au titre des différences :
- les couleurs des titres et images
- la phrase teaser "il a 4 jours..."
- le personnage fuyant la lumière contre celui fuyant vers la lumière
- le titre légèrement oblique
- l'angle de vue sur le personnage

En comparaison, l'affiche de Taken privilégie le personnage et sous-entend explicitement la présence d'un second personnage féminin en fond. Cette affiche est affublée d'un teaser qui se veut explicatif du contenu du film ( je trouve ce procédé de message assez nul, même si on le retrouve régulièrement : de toutes les façons je lis toujours les résumés synopsis avant).
Celle de Nikita est plus "picturale" : le personnage, tout petit, court vers la lumière, dans une rue étroite amenant une certaine pression. L'histoire, l'atmosphère appuyée par la couleur, prime sur le personnage ou bien même l'auteur et les acteurs.
Autre grand moment de créativité, d'affiche de cinéma OK, c'est une reprise, et celle de gauche (2007) est le trailer du remake, celle de droite (2003), la "vraie" de l'original... mais bon !

http://pic80.picturetrail.com/VOL2115/10182213/18363360/306637445.jpg

Sinon concernant le film de Greenaway, très fashion l'affiche !
Comme si Rembrandt avait inventé le polaroïd... pour Vogue.
Définitivement rien à voir avec Peter Greenaway, même pas Vivienne Westwood, pour faire dans le Crazy English Fashion show.

En fait j'avais jamais vu l'affiche de Fur, très zolie la planche contact de 6x7 !
Merci pour cette analyse, aussi aimablement érudite que passionnante, et ça fait du bien de lire un vrai texte sur... l'image sur ce site :o)
Numéro un : sur l'affiche "Taken", le coté "tour de Pise" atteint aussi le texte.
Reste six ...
Ca nous change de sarkozy ou des journaux télévisés se répétant a satiété : cela fait un bien fou
il y a donc des analyses possibles sur l univers de la culture et son utilisation médiatique.
Prochain sujet suggéré : presse du milieu artistique et lobbying des grands musées pour promouvoir leur exposition même en transformant la réalité .
Promotion des livres; pourquoi certains auteurs sont des permanents a la télévision et d autres ignores ?
Comment les théâtres organisent leur communication en l absence de tout grand moyen médiatique ?
Et surement plein d autres dont les lecteurs d ASI ont l idée
Bravo BRAVO
Remarquable analyse ! Merci !
C'est vrai que la tendance actuelle (depuis des années maintenant !) à l'affiche photographique (pour le cinéma en tous cas) est venue probablement d'un souci d'efficacité commerciale : le spectateur lambda est censé mieux s'intéresser à un portrait réaliste qu'à une évocation poétique ou à un geste purement graphique. Va savoir pourquoi ! Vous avez raison de faire remarquer qu'en l'occurence, il y a là cette fois… publicité mensongère !
Cela dit, par son déséquilibre même, cette affiche n'est pas inintéressante, et en la voyant on ne s'attend quand même pas à "Mon cul sur la commode"… D'autant que ceux qui connaissent Peter Greenaway…
Hélàs, le temps des sublimes affiches polonaise est hélàs révolu. On peut encore les trouver sur les grandes brocantes ou au Festival d'Avignon… pour décorer sa chambre…

Un ex-graphiste nostalgique mais vachement up-to-date.

(Merci à la contribution d'Oblivion)
Bonjour,

Je vais faire l'avocat du diable et le neuneu de service, mais ce que je crois comprendre, vous défendez votre regard, votre culture.
Pour moi, la première affiche est plus efficace, plus attrayante (quatre visages, quatre personnes)
Le tableau de Rembrandt est sombre, illisible, l'affiche sent le classique, la poussière, chiante comme la mort dans mon regard et mon peu de culture.
( le coup des diagonales est très efficace et surement evident, mais un scientifique avait montré qu'en décortiquant les proportions d'un kiosque à journaux, on trouvait ce que l'on voulait! Pi, le nombre d'or, Nostradamus etc..)
Pour moi (non cinéphile) la 1ere affiche m'a rappelé "Pillow book" (de Peter Greenaway) le découpage d'écran, et j'avais vraiment aimé!
j'aimerais savoir, cher Alain, comment est née cette chronique.
Avez-vous été en premier lieu "attrapé " par la pauvreté de l'affiche et alors, avez-vous fait une enquête jusqu'aux autres affiches, les polonaises - d'ailleurs quid des autres pays où le film est distribué - ?
Ou bien,
Avez-vous appris, découvert, les affiches polonaises et par comparaison, vous avez réalisé la pauvreté de l'image sur les colonnes Morris ?
Ou encore,
Amateur de Greenaway, face à l'affiche qui effectivement rend mal compte de l'ambiance que l'on attend, vous vous etes interrogé et avez cherché ?
Aîîîeuuuuh !
Je suis là, tranquille, décontractée de bon matin. Et pis là, y'a le Ka qui me rappelle
mes douleurs de graphiste.
Oui, je confirme, à chaque fois que je passe devant une affiche de cinéma
française, c'est la consternation. Et encore, cela a petit peu évolué.
Il y a quelques années, une affiche française, c'était : une photo extraite
du film avec un titre centré. Aujourd'hui, on se permet de mettre 4 photos penchées…
La différence que l'on peut constater entre les affiches polonaises (lien)
et les françaises : la photo versus l'illustration.
L'illustration, cékoaça ? Mystère, la France qui pourtant a une longue tradition
picturale, refuse qu'un message passe par le dessin.
Ce phénomène touche tous les univers du graphisme : affiches de films, packaging,
publicité. S'en sortent avec honneur : le livre et les affiches de théâtres.
Pourtant, pourtant, quand l'illustration s'invite, elle récolte quelque succès :
la dernière publicité Orangina entièrement d'imagination a été remarquée.

Je pense qu'il y a une explication logique, mais laquelle ?
Considère t-on l'illustration comme trop abstraite ?
L'illustration est-elle perçue comme enfantine ?
Coûte t-elle trop chère (en temps et en prix) ?

Votre chronique est intéressante car elle pose la question de la représentation en général.
Est-on plus fidèle à la réalité avec la photographie ? L'utilisation massive de la retouche
photographique permet de dire instantanément : non.
Quelle est la place de l'artiste dans l'économie ? Fermer sa bouche et faire keskontedi
pour gagner des sous ?
Là, je crois que oui…
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