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"Qu'ils parlent bien ou mal, les Gilets jaunes ont toujours tort"

Est-ce une bonne chose d'enseigner aux classe populaires le langage, les codes, les modes d'expression des dominants, et notamment l'éloquence ? Est-ce un outil d'émancipation personnelle ou citoyenne, ou une manière de les adapter aux exigences de l'économie de marché ? Et qu'est-ce qui distingue l'éloquence de la rhétorique ? Y a-t-il plusieurs éloquences ? Questions posées à nos invités : Usul, vidéaste ("Ouvrez les guillemets", Mediapart) ; Clément Viktorovitch, enseignant de rhétorique à Sciences Po et chroniqueur sur CNews ; Mélodie Kudar, avocate pénaliste à Versailles.

Commentaires préférés des abonnés

Pourriez-vous demander à Laélia d'arreter d'interrompre les invités? C'est exaspérant, surtout quand elle n'a pas grand chose à dire.

C'était mignon cette emission spéciale Laélia Veron, avec des invités parfois...

Un sujet passionnant mais vous passez à coté de beaucoup de choses et en particulier la notion de l'identité des personnes qui parlent en focalisant beaucoup sur la forme du discours.

Notamment lors de la séquence avec Taubira, Daniel semble dresser u(...)

Derniers commentaires

Laélia Veron est insuportable. Je ne sais pas si je vais pouvoir regarder l'émission jusqu'au bout.

Sympa cette émission pleine de commentaires de gens qui parlent bien, vite et beaucoup à propos d'autres gens in abstentia qui parlent bien, vite et beaucoup, et aussi pleine de compliments adressés par ces gens qui parlent bien, vite et beaucoup aux autres gens in praesentia qui parlent bien, vite et beaucoup.

A part ça, Laélia, la diglossie, c'est un peu plus compliqué que les malentendus dans la communication. Avec une définition pareille, toutes les sociétés sont diglossiques, et le terme  ne veut plus rien dire.

Du coup, je pense que, du coup, Shopenhauer aurait pas validé l'éloquence de Laélia Véron. Du coup.


Sinon, en début d'émission, un long faux débat entre L. Véron et C. Viktorovitch  sur éloquence et rhétorique. L'idée est pourtant simple: la rhétorique n'est pas réductible à la maitrise de la langue bien qu'elle lui soit nécessaire. Maîtrise qu'on peut appeler éloquence bien que la définition de ce terme soit vague - d'où la discussion interminable d'ailleurs...


Enfin, c'est dommage que l'émission n'aient pas frontalement explorer les aspects sociologiques de la prise de parole: quid des formes socialement déterminées de langues, de la prise de parole dans un contexte légitime. Bourdieu parle très bien de tout ça dans "langage et pouvoir symbolique"; mais il y a une quantité d'auteurs intéressants (de mémoire, "langage et classes sociales" de Basil Bernstein)

Sans être un fan de B. Périer et sans apprécier toutes ses méthodes, je trouve que votre présentation de l'extrait d'A voix haute est malhonnête. On a l'impression que le projet mené à Paris 8 se résume à ce "battle" en effet peu glorieux. Alors qu'en regardant le documentaire en entier, on voit des choses beaucoup plus intéressantes, et qui mettent nettement plus en valeur les étudiants participants.

Rhétorique et Eloquence ont une bonne définition sur le Trésor de la Langue Française Informatisé (accessible ligne ICI)


L'Art d'avoir toujours raison - Wikisource


La Dialectique éristique — Wikipédia


Le fond, la forme / Apparence et conscience / ...


Schopenhauer, très grand misogyne, promeut le rapport de forces (victoire) pas l'intelligence.


A/s de l'intelligence et de l'éthique du débat :


- Machiavel :  Discours sur la première décade de Tite-Live    


- Adam Smith : Théorie des sentiments moraux    


Une parution récente aux Belles Lettres 

                     

Jacqueline de Romilly

            

Magie et rhétorique en Grèce ancienne

          
          

Dans ces quatre conférences prononcées à l’université de Harvard en 1974, inédites en français, Jacqueline de Romilly analyse la relation liant l’enchantement par les mots à l’inspiration divine et à la magie.

Bonjour à tous,


J'aimerais juste préciser que l'excellent documentaire A voix haute ne se résume pas à cet extrait peu représentatif que vous avez diffusé. Le film est de grande qualité et le concours final propose un débat passionnant pour déconstruire une phrase toute faite "Le meilleur est à venir" : http://www.marlasmovies.com/video-pourquoi-il-faut-voir-voix-haute/

Bonne émission et bons invités. Mais laetitia Veron un poil trop aggressive avec une propension à garder arbitrairement la parole, ca rend les choses inaudibles et parfois poussives à regarder, dommage pour une émission sur l’eloquence.

De la manière dont Sir Daniel ne put aller au bout de sa phrase (éloquent)

 

Il était une fois un jeune comédien du Conservatoire qui vit disparaître sa très grande amie, jeune et menue élève de la même institution venue d’une obscure banlieue, rebelle devant l’éternel, renversée par un taxi londonien au cours de l’été 1997. Un peu plus de deux décennies passèrent, le temps pour lui de se voir diagnostiquer une vilaine schizophrénie et de méditer, durant ses longues années d’internement, sur l’expérience transcendante que furent cette amitié et l’action courageuse de ce petit bout de femme qui avait eu la bonne idée d’investir transversalement les locaux du Conservatoire pour y mettre en scène une adaptation de la Misère du Monde du regretté Pierre Bourdieu. 

Sorti des murs barbelés et revenu du morne pays de l’Amérique Latine où Pinocchio et les Chicago boys avaient laissé une empreinte indélébile où il avait migré, le voici en vacances dans le Gard, occupé à visionner une par une les émissions presque toujours exaltantes du quasiment toujours athlétique et pénétrant trublion des médias français dont il est fait mention dans le titre de ce long commentaire. Il aime la variété des présentations, la jeunesse qui règne sur le plateau, les sujets éminemment politiques, et surtout le sale temps qu’y passe la langue de bois. Et puis, une nuit, après avoir pu se faire une idée du vulgaire et pas marrant pour un sou Balkany et revu l’érudit Rafik Djoumj parler de choses glaçantes comme la mort (par congélateur), ne voilà-t-y pas qu’il tombe sur un plateau entièrement composé de femmes et d’hommes sans cheveux blancs, sans rides et sans tabou. Après une légère appréhension devant toute cette verdeur, il s’emballe pour l’agilité toute chinoise d’un professeur de rhétorique, pour les talents de comédienne d’une avocate au fait de son métier, pour le flegme parfois dynamitant d’un ex-pas-bourgeois, et s’émeut au-delà de l’exprimable quand il voit intervenir la nouvelle collaboratrice du chevalier blanc de la scène médiatique française, francophone, universelle et mieux encore, qui tout d’un coup lui donne l’impression de voir revivre le feu de Véro, sa grande pote comédienne d’antan, en réalisant l’exploit de ne pas laisser mon Sir Schneidermann finir sa phrase.

Je m’appelle Diego, je ne suis pas libre dans ma tête, mais je dis quand-même bravo pour le tremblement de terre qu’a représenté cette émission pour moi, et si vous me demandiez à mon tour si je me pense éloquent, je vous répondrais, Daniel… Je m’en contre-chut… 

Emission intéressante, malgré le sujet inépuisable. Merci Daniel, tu t'es racheté de ta prestation calamiteuse dans l'émission sur le méchant de Sud Radio. Evariste.

Il était là Usul?   ... Ah oui, on l'aperçoit à la fin !


J'ai apprécié cette émission malgré tout. Madame Veron ne répond pas à la dernière question : De quel milieu venez-vous ? Sa non-réponse est une, alors qu'Usul hésite à développer son parcours car "trop dans l'affect". Mais les prolos sont dans l'affect, car les humiliations, les mépris sont du domaine de l'affect. Être élève de lycée au milieu de "camarades" qui ont l'aisance du langage, être salarié au milieu de ceux qui ont l'assurance d'être à leur place, c'est du ressenti, c'est de l'affect.  J'aurais aimé plus entendre Usul, il vient du "peuple" et une des seules phrases qu'il a prononcées a été reprise en chapeau pour l'article.

Encore une émission formidable. Bravo à Laelia Veron et Daniel Schneiderman pour sa préparation. 

Les interruptions intempestives d'une des intervenantes sont pénibles au point d'interrompre le visionnage de l'émission avant la fin.


Au sujet de l'extrait du Tribunal de Charleroi (La juge belge) que vous avez choisi, il s'avère que cette émission de  2011 est assez connue en Belgique et que la juge en question, malgré son ton direct et parfois un peu dur, finit toujours pas apporter des peines très clémentes aux prévenus ; la plupart se voyant proposer des peines alternatives à la prison.  On pourrait penser que vous ave choisi un témoignage tronqué à charge... (ce que vous ne manqueriez pas de critiquer si un autre média agissait ainsi)


Pour le reste de l'émission, on aurait aimé pouvoir entendre davantage l'avocate qui est, finalement, la seule dans la "réalité" (sans insulter les autres intervenants naturellement). Elle ne parle pas de ressenti ne commente pas des sujets mais parle de ce qu'elle constate au quotidien dans son activité professionnelle. 


Malgré ce commentaire un peu taquin, merci pour vos émissions pugnaces et intéressantes.

« Est-ce une bonne chose d'enseigner aux classe populaires le langage, les codes, les modes d'expression des dominants, et notamment l'éloquence ? »



Ça commence très, très mal. 


Ça commence très mal, parce que s’interroger d’enseigner ceci ou cela aux classes (avec un « s ») populaires, c’est dire que « on » a le pouvoir de décider ce qui s’enseigne ou pas aux classes (avec un « s » populaires. Qui est ce « on » ?

Ça commence très très mal, parce que poser la question ainsi, c’est supposer qu’il y a un enseignement destiné aux classes populaires et un enseignement destiné aux « autres ».


Heureusement, il y a l’émission. Et cette émission, je la kiffe grave.

Malgré les tutoiements, qui, ici,  ne m’ont pas choqué. 

Malgré les rictus du propriétaire de ce site chaque fois qu’il parle de Mélenchon, malgré la spontanéité interruptive de Laélia Véron.

J’ai le sentiment d’avoir, sur un sujet important, entendu des gens* qui ont des choses à dire et qui savent le dire.


(*) des gens ? Vous avez dit des gens ? Horreur !



@Daniel : Il me semble que la raison d'être d'@si, c'est ce moment d'arrêt pour analyser une situation. Pour ça, mieux vaut des intervenants posés que des intervenants venus passer des coups de gueule. Donc pas de regret pour l'émission sur les GJ, je pense que François Boulo était préférable à Ingrid Levasseur. À mon avis, c'est pas le rôle d@si d'assurer l'équilibre médiatique des paroles

Trop de café, Laélia, trop de café...
Surtout pour un débat sans enjeux immédiat ni antagonismes réels
#tousdaccord

Débat très intéressant même si vous passez un peu à côté du cas Poutou qui était notoirement connu pour son effacement. Peu éloquent, peu efficace. Il y avait eu une mise en lumière d'ailleurs du dispositif condescendant qui l'avait enfermé sur certains plateaux (notamment chez Ruquier avec Onfray en 2011). Il a depuis progressé même s'il n'a jamais rivalisé avec son prédécesseur Besancenot.

bonne emission meme si je ne comprends pas trop ce refus a la fin de la part des invites  d'assumer leur capacité d'eloquence et de rhétorique.... tout le monde semble au final botter en touche par fausse modestie alors que soyons clair ils sont tous de bons gros egos.  Il me semble qu'on est dans le réflexe bourgeois ,  il faut que le mérite soit reconnu par les pairs,  se reconnaître une qualité c'est malséant.


Très bonne émission, finement traitée avec de invités vraiment à la hauteur. Dommage qu'on  ne se soit pas assez étendu sur Platon et Aristone  (Pérelman aurait été également une référence intéressante). Laélia a été également au top dans ses interventions (voire ses interruption toujours bien à propos). Thème à renouveler.

Emission passionnante. Merci merci merci

quelques notes prises à la volée :

l’idée de ce concours demandé par le maire de Montreuil et qui se traduit par des ateliers fréquentés par  60 jeunes pendant 3 mois est une excellente idée !

Le concours final , est de même nature que les compétitions sportives : ça maintient la motivation  , ça donne au bout du compte  une certaine reconnaissance  et au bout du compte tout le monde progresse .  

Cette expérience de Montreuil est très positive .

Les arguments entendus contre la Saint-Valentin contrairement à ce qui a pu être dit sur le plateau ne sont certes pas « que des clichés » :   « c’est une régression par rapport aux combats des femmes », et la « St Valentin ça devrait être tous les jours «   sont des arguments pertinents .

Dommage que l’avocate n’ait pas eu plus de temps pour expliquer ses choix stratégiques : laisser ou ne pas laisser les prévenus s’exprimer à l'audience : c’était très intéressant, on aurait aimé l’entendre un peu plus .

Sur Notre-Dame  :  en France il existe un « point zéro «   qui sert à calculer les distances entre les villes  ; il est situé à Paris sur le parvis de Notre Dame . c’est probablement dans ce contexte qu’il faut comprendre les références à  "l’occident et l’orient" : l’occident c’est l’Ouest ( le couchant), l’Orient , c’est l’Est ( le Levant)  

Quant au conseil de ce professeur d’écouter France Culture , Usul a eu bien raison de le suivre !



Bonjour, désolé, je réagi avec 2 jours de retard, mais, de mémoire, l'histoire de l'orient dans le discours de Mélenchon, c'est des techniques architecturales utilisées pour la construction de notre dame qui ont été raportées d'orient suite aux croisades  

Tagueule! 


C'est juste ce que j'avais envie de dire après 20min !

Au risque de m'auto-caricaturer en mauvaise  pauvre , GJ , de quartiers populaires et plouc du sud ouest!


J'en peux  plus des bourgeois qui parlent des pauvres , je parle ici des bourgeois qui n'ont rien déconstruit de leurs codes , de leurs structurations de pensées , de leurs paradigmes , ceux qui ne reconnaissent pas leurs privilèges , ceux qui détestent  être appelé bourgeois et n'ose dire qu'il sont bien nés, je parle plus précisément de Laélia Veron ! Sa dernière réponse à la question de DS sur ses origines est mortelle!


Je passe sur son assurance statutaire, ses sorties sur ce qu'elle considère comme situations misérables, la non écoute de ses interlocuteurs et son unique référence en linguistique , le fameux Mr 10 stratagèmes ...

 

Ce focal sur l’éloquence et la rhétorique est tellement réducteur! pourquoi ce choix?


"Le langage s'inscrit dans des rapports de domination symbolique, exclure le social de la langue, c'est exclure la relation entre la langue et qui parle, c'est d'abord exclure la parole et son sujet". Je cite Bourdieu , mais on pourrait en citer beaucoup d'autres qui ont constamment fait des liens entre la parole et le  social; le je le nous etc... 

Et la  parole chanceuse dans la vie matérielle de M. Duras , ou comment 20 lignes  suffisent à retoquer l'éloquence et la rhétorique  à la maîtrise d'une technique.


Aussi , je ne peux  écouter  sur le sujet des pauvres  que des personnes transdisciplinaires , qui articulent ces différentes disciplines  et qui ont au moins l'humilité de dire d'où ils et elles  parlent , Gérard Noiriel, Mathilde Larrere, Clément Viktorovitch  !

De même , je ne peux écouter que des personnes qui ont l’expérience de la domination de classe , avoir expérimenter la honte , le mépris , l'humiliation , et le dénigrement !


Je ne peux plus écouter les comme ""Laélia à cette émission".


Alors vous comprendrez peut être que face à  cette violence ressentie par des propos condescendants , paternalistes et professoraux , les pauvres  ont envie de gueuler , de se débattre et de se battre ! Didier Maisto s'est débattu , peut être.

Alors vous comprendrez aussi que face à cette violence ressentie, certains en restent sans voix! 

Usul a essayé d'évoquer Edouard louis, et a eu beaucoup de mal à s"exprimer ! Une des  réponses à cette difficulté se trouve dans l'article d'Edouard Louis : ”Chaque personne qui insultait un gilet jaune insultait mon père”. lisez le avant de vous emportez.  


Bref , le coup de taubira était pas mal non plus , cette femme noire ministre la plus insultée à cette époque par la droite  répond avec éloquence à Ciotti , un mec de droite et par le petit trou de la lorgnette , ils arrivent à dire que c'était humiliant et méprisant pour Ciotti! non mais , il n'y a que des dominants pour nous la faire à l'envers!


j'arrête là , c'est la première fois que j'écris , j'adore cette émission , mais franchement cette fois ci , la goutte d'eau, c'était dur de ne pas m'énerver!








et le peuple dans tout ça ? 

Laélia Véron qui interrompt systématiquement les invités pour distribuer les bons et mauvais points c'est insupportable. Quelle mauvaise surprise :( émission dont le sujet m'intéressait grandement mais qui s'avère irregardable.

Après 30 minutes d'émission ,on est entre gens bien éduqués en train de gloser sur la definition de l'éloquence et de l'argumentation, sans ne plus parler ni des gilets jaunes, ni de leurs prises de parole dans les médias. C'est dommage....

Sympa cette émission sur Laélia Véron. (Fatiguante)

Bon j’exagère un peu, je l'apprécie. 

Mais, ne s'est-on pas éloigné du peuple en s’écoutant parler. 

Extrêmement désagréable cette Laélia  qui ne laisse personne parler et s'énerve toute seule ! Cela a carrément gâché le débat !

Suivi de près toute l'émission: super bien ! 


Sauf l'étrange interrompisme compulsif de Laélia Veron. Un Toc Toc ?


Et de "L' Utilisation de la Mauvaise Foi " afin de clore un débat définitivement ?


Exemple, asséné avec force et conviction: 

"Monsieur, vous avez tord, Eric Cioti est le guitariste de Led Zeppelin !"


Essayez ce stratagème, c'est franchement libérateur.

Juste un petit mot de soutien à Laélia Véron tout de même. Certes, faut se calmer sur les interruptions, mais beaucoup d'interventions sont passionnantes, il faut juste parvenir à canaliser toute cette belle fougue. En tout cas, elle ne mérite pas la moitié des commentaires désagréables ici postés.

super émission, autant dans le  fond que dans la forme. J'ai appris, j'ai ri, tant et si bien que je l'ai terminée jusqu'au bout car j'ai senti des invité.es clair.es dans leurs idées et où ils voulaient nous emmener, contrairement à la semaine  dernière où je n'ai alors pas du tout accroché avec le président de Sud Radio que j'ai vraiment eu du mal à cerner et qui  a instillé en moi un sentiment de malaise par la versatilité de son discours

Une très bonne émission , à la fois instructive ( la différence entre éloquence et rhétorique) et bien menée . surtout ,une émission inattendue , décalée , et cela  c'est vraiment bien .

Passage très captivant sur la 'vulgarisation' du texte de Schopenhauer par Laélia Veron, à ce sujet ; des tentatives d'incorporer un processus de 'détection' des stratagèmes qu'il mentionne afin d'enrichir les débats :
https://cortecs.org/a-la-une/video-disputatio-n1-lart-du-debat-rationnel/
https://cortecs.org/mediatex/video-disputatio-n2-experimentation-medicale/


L'altercation entre Viktorovitch et Veron sur le débat contradictoire en tant que jeu de stratégie m'a l'air d'être le point crucial de cette émission. Car si l'analogie permet de mieux comprendre l'utilisation de stratagème n'ayant aucun rapport avec le 'fond' du débat (la réponse de Taubira aurait pu être la même quand bien même Cioti l'aurait attaqué sur un autre sujet), elle est aussi révélatrice de son existence sous forme purement spectaculaire. En effet il serait compliqué d'imaginer deux personnes s'affrontant sur un jeu de stratégie (vidéo ou non) sans en connaitre les règles ni même les conditions de victoire !
C'est particulièrement flagrant dans l'exemple de Poutou, car peu importe si sa punchline 'marche' sur le public ou non, son score est au final 20x inférieur à celui de son interlocutrice. Autrement dit, le débat, selon la définition qu'on aime lui donner, c'est à dire à minima une présentation des divers point de vues existant sur une question donnée, des points de convergences et divergences entre elles ainsi que les éléments sur lesquelles elles reposent et qui doit permettre au public de se faire un avis éclairé sur la question, n’existe pas.


"Laisse moi finir, chut..."  C'est vrai quoi, on ne peut jamais en placer une!

C'était mignon cette emission spéciale Laélia Veron, avec des invités parfois...

Je ne comprends pas Mme Veron lorsqu'elle s'exprime même si au fond je la trouve sympathique. Bon c'est les vacances... j'espère qu'à la rentrée les sujets seront plus informatifs. 

Bonne émission mais les paroles de Véron et Viktorovitch m'ont semblé les moins pertinentes, à part les quelques définitions techniques rappelées par Viktorovitch. Kudar et surtout Usul apportent plus a la discussion.


Sur les discours Macron / Mélenchon, 

Macron meuble avec des évocations creuses, il affiche un petit rictus mi-embarassé mi-content de lui, le regard se balade, ah oui, qui dois-je convaincre déja ? Viktorovitch qui le défend, "je ne suis pas le premier des fans", en tout cas vraisemblablement pas le dernier. Même quand il est très préparé, il sonne faux, et il se donne des airs à l'aide d'artifice grossiers de communication et par l'usage de l'apparat.


Mélenchon garde le regard bas et se parle comme à lui-même, ce qui donne une profondeur incroyable au propos, et un sentiment de vérité s'impose. Quant à l'évocation de l'orient, il s'agissait de rappeler le temps long et l'influence de l'orient sur les sciences, notamment mathématiques, qui ont permis cette création architecturale. Et c'est franchement bien joué, car il universalise ainsi Notre Dame et ouvre ainsi la possibilité d'une "communion" (passez-moi l'expression) de tous les français. On touche là à l'essence même de la politique.

J'en suis à 01.07.10, et non quoi.... Je e veux pas faire du Laila bashing, mais elle coupe la parole aux autres, tutoie tout le monde, propose, me-semble-t-il, un discours souvent péremptoire et là elle prend la parole du chef. Quel est son rôle exactement ? Chroniqueuse ? invitée ? Personnellement elle commence à m'insupporter..... Serais-je le seul ?

Un vrai plaisir de retrouver des invités de qualité. Pour en revenir à l'ultime stratagème de Schopenhauer, il aurait été amusant de déterrer cette émission où Viktorovitch, face à un Ivan Rioufol sous LSD, aboyant des phrases en mode shuffle, passe par tous les stades de la rhétorique. D'abord, les arguments clairs et rationnels. Face aux interruptions et à l'agressivité de son interlocuteur, il démonte son argument par l'ironie, puis, face aux incessantes vociférations de Rioufol, il joue la carte de la confrontation d'ethos corporel : il respire un bon coup, pose ses mains sur la table, avance son corps et crie plus fort, exaspéré : "vous racontez n'importe quoi Ivan Rioufol", puis l'aligne sans merci. Pour avoir suivi ses vidéos ludiques sur l'ethos corporel et les débats politiques, j'ai été ému d'y discerner tous les stades précités, déclinés avec autant de talent.


Autrement, jamais vu le taulier se faire recadrer comme ça, c'est très rigolo - mais soyons honnêtes, Laélia Véron, c'est parfois un peu too much avec les invités, faut qu'ils puissent terminer une phrase de temps en temps non ?

Dans le débat sur l'immigration entre Clément Viktorovitch et la "journaliste" (désolé j'ai oublié son nom), vous semblez penser qu'il a gagné. Et au niveau de l'argument de l'éloquence c'est le cas. Mais en réalité ce que vont retenir les spectateurs c'est ce qu'elle dit, c'est àa dire en gros je le vis, je les vois les immigrés. Il a beau avoir raison, avoir les chiffres pour lui, le spectateur s'en fout ce qu'il veut c'est qu'on ailles dans son sens, qu'on lui donne raison.

Bonjour,


Je dois en préambule avertir que je n'ai pas encore vu l'émission (ce sera pour ce weekend sans doute). Néanmoins je ne peux que supposer qu'un article publié dans la revue SociologieS en 2015, de Mathieu Berger (de l'Université Catholique de Louvain) pourra apporter un éclairage intéressant. Il s'intitule "Des publics fantomatiques. Participation faible et démophobie"


Il y est question de la "faible participation" (politique) à laquelle est cantonnée une partie du public par la mise en place par les institutions (au nom de la participation) de dispositifs "dont la fonction se résume souvent à « montrer la participation », à montrer que quelque chose comme de la participation a bien lieu", et comment au fil des années cette dernière conduit à disqualifier, décrédibiliser le peu de personnes concernées qui feraient l'effort de vouloir participer tout de même, ces dispositifs allant jusqu'à entrainer une "démophobie" de la part des décideurs : "Ce qui s’élabore au fil de ces situations, c’est une certaine mémoire des interactions et, avec elle, quelque chose comme une hantise du discours profane et profanateur, et du trouble qu’il génère. Ce sont aussi, progressivement, chez les élus, les experts et le personnel d’encadrement de la participation, des stéréotypes et des anticipations « démophobes » (Crépon, 2012) qui apparaissent, puis s’expriment de plus en plus librement".


Je laisse les plus curieux creuser ici : 

https://journals.openedition.org/sociologies/4935

Un sujet passionnant mais vous passez à coté de beaucoup de choses et en particulier la notion de l'identité des personnes qui parlent en focalisant beaucoup sur la forme du discours.

Notamment lors de la séquence avec Taubira, Daniel semble dresser une symétrie en disant "que là cette fois ci ça passe parce que c'est Taubira et qu'on l'aime bien mais que quand c'est un mec de droite qui fait la même c'est triste".

Mais c'est passer à coté complet de la séquence.
Mme Taubira est une des rares femmes noires à avoir eu une telle importance en politique en France, et avec cette identité sont répertoire de réponse est tout à fait limité.

S'en sortir par le haut en ridiculisant son adversaire est un acte politique très puissant, d'abord parce que Mme Taubira à une force de langage que cette vermine de ciotti ne peux que rêver mais surtout parce que l'histoire Française et la position sociale de Mme Taubira joue un rôle clef dans cette séquence.

La France est un pays colonial et des régions entières du monde ont été brisées par l'apprentissage forcé du Français, qui plus est nous avons pendant des siècles déshumanisés et réduit en esclavage les personnes noires.
Tous ces actes ont encore beaucoup de répercussions aujourd'hui chez nous, alors voir une femme noire se hisser au dessus d'un homme blanc, avec force, subtilité et adresse c'est de loin l'acte le plus significatif et le plus fort dans cette situation là.

Mais aussi parce que ses options sont limitées:

Hors de question pour elle de se mettre en colère (angry black woman), et dérouler sagement son papier aurait été passer à coté de ce geste de pouvoir dont les occurrences sont si rares dans notre paysage Français.

Dans l'espace public et en particulier celui de la TV toutes les paroles ne se valent pas, si Mr Viktorovitch peux user de l'esthétique de la raison sur les plateaux (avec les chiffres, un argumentaire rationnel...etc) c'est parce que cette esthétique lui sera bien plus favorable dans ce contexte parce qu'il est un homme blanc et bourgeois.

Quand Ruffin parle c'est le miroir de cela, il sait qui il est et ou il est.
Hors de question de jouer le jeux des bourgeois sur leur propre terrain, il sait qu'il y perdrait en authenticité et qu'il ne ferai pas le poids face à des gens dont c'est carrément le destin familial de naviguer dans ce genre de cercles.

Sa force à lui il la cherche dans son identité.
Son éloquence vient du contraste qu'il donne à voir entre la langue morte de nos députés et ses interventions au style plus proche de la conversation pendant les diners en famille.

Émission un peu confuse par moments. Oui, ça s'interrompait mais au final, assez agréable à regarder. Les parcours de chaque invités sont intéressants.

Et cet extrait de la RTBF, lors une audience, est terrible.

Pourriez-vous demander à Laélia d'arreter d'interrompre les invités? C'est exaspérant, surtout quand elle n'a pas grand chose à dire.

Oulala ca commence mal... La séquence sur la saint Valentin n'est pas du high level on est bien d'accord ; mais la démonter sous prétexte de sujet bateau, de groupes genrés, etc... c'est faire preuve d'une vision très étriquée des choses. Dans le "peuple" (fameux terme fourre-tout), sujet des émissions d'été, tout le monde ne passe pas par des filières littéraires, mademoiselle... 

Alors peut-être ce dispositif est-il une première approche nécessaire pour ensuite creuser le projet ? Moi j'y vois des jeunes qui prennent la parole librement, qui s'expriment clairement et sans appréhension, qui emploient des arguments qui, s'ils sont des clichés, n'en restent pas moins l'évocation d'opinions, et surtout qui arrivent à communiquer sans s'insulter, sans glisser rapidement dans l'invective brutale, voire ordurière. 

Enseignant en lycée pro, je serais particulièrement satisfait d'arriver à générer une situation comme celle-ci dans certaines classes... Mais bon, peut-être suis-je un mauvais enseignant.

Bon, je retourne à l'émission...

après la dernière émission ( Sud Radio Maïsto ) j'ai un peu peur de regarder !


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