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Ouragan Irma : l'étrange prudence du "Monsieur Météo" de RTL

Le présentateur météo de RTL, Louis Bodin, s'est montré prudent ce jeudi matin à propos des effets du réchauffement climatique sur l'intensité de phénomènes comme l'ouragan Irma. Pourtant, tous les scientifiques s'accordent à dire que l'augmentation de la température de l'eau, conséquence du changement climatique, augmente la violence des cyclones.

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Pour Ouest-France, Irma n'est pas le plus puissant des cyclones : http://www.ouest-france.fr/monde/ouragan/irma/l-ouragan-irma-bat-il-des-records-5230073
Un autre article sur le sujet
Avec le changement climatique, des cyclones plus intenses / 12 octobre 2016, 21:50 CEST •Mis à jour le 6 septembre 2017, 16:03 CEST
Soyons honnête, la réponse de Jean Jouzel est alambiquée, la vérité est bien que l'on pense que l'intensité va augmenter, mais qu'actuellement on ne le mesure pas.
Pourquoi aucun média et scientifique ne parle de l'énergie cumulative des cyclones qui est le meilleur moyen de mesure que l'on dispose et qui ne montre pas d'augmentation d’intensité jusqu'à présent...

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_cumulative_des_cyclones_tropicaux
Vous avez des données disant que ça n'augmente pas ?
Quelques-unes ici sur l'Atlantique : liste de cyclones.
Si on prend les cyclones catégorie 5 (les plus intenses) dans l'ordre de l'indice ACE (énergie cumulée) :
2004, Ivan
2017, Irma (en cours)
2003, Isabel
2016, Matthew
1980, Allen
1967, Beulah
1979, David
1989, Hugo

Les 4 en tête sont depuis 2004.
Votre classement mélange ACE et échelle de Saffir-Simpson, il n'a donc pas de valeur scientifique. Par ailleurs il ne prend pas en compte les oscillations multidécennal de température de l'atlantique (AMO), variation sur une échelle de 50 à 70 ans, dont les causes sont encore mal connues. Nous sommes depuis environs 1995 dans une phase chaude donc phase avec probablement plus d'énergie.
http://la.climatologie.free.fr/amo/amo.htm
Cela complique donc l'évaluation et explique également la prudence des scientifiques.

Il existe également un biais de mesure important avant les années 70, années de début d'observation par satellite et donc d'un recueil plus exhaustif. Avant les satellites, si un cyclone ne touchait pas terre, il ne pouvait être mesuré correctement.
Oui, mon classement prend Saffir-Simpson pour se concentrer sur les cyclones les plus intenses et l'ACE pour une quantité plus extensive (énergie cumulée) mais il ne les mélange pas, l'idée étant d'isoler les effets les plus catastrophiques.

Dans le tableau, on a par exemple Ginger en 1971 supérieur en ACE à Hugo en 1989 mais l'un très long (28 jours) d'intensité "faible" (cat. 2), l'autre d'intensité 5 mais court (12 jours).
Au final, Ginger a été loin des 107 morts et 10 milliards de dollar de dégâts attribués à Hugo.

Et pour ce que j'en ai lu, l'oscillation multidécennale est cumulative avec le réchauffement d'origine anthropique, donc, à moins qu'on nie le second, il serait cohérent de s'attendre à des records battus avec son augmentation.

D'ailleurs, comme je le signalais plus haut, ce doc indique que Irma a battu quelques records : des vents maximums à 295 km/h (185 mph) pendant 37 heures, le précédent record était de 24h (le typhon Haiyan qui avait fait de gros dégâts en 2013 dans le Pacifique), record d'ACE d'un cyclone tropical (7.5-20°N, 60-20°W), record d'ACE en 24h etc.
Oui mais l'ACE est l'échelle Saffir couplée à la durée du cyclone, donc l'ACE intègre déjà l'échelle Saffir.

Le climat est défini comme la moyenne de la météo sur 30 ans, donc on ne peut pas conclure sur un événement mais sur une moyenne d'évènements et ce d'autant plus sur des phénomènes rares comme les cyclones.
Par ailleurs on analyse correctement les cyclones depuis peu de temps, on peut difficilement comparer la période d'avant les satellites avec la période actuelle. Par exemple on a pas encore de donnée satellitaire lors d'une période AMO chaude.

"Et pour ce que j'en ai lu, l'oscillation multidécennale est cumulative avec le réchauffement d'origine anthropique, donc, à moins qu'on nie le second, il serait cohérent de s'attendre à des records battus avec son augmentation":
Je suis tout à fait d'accord, mais vous dites vous même "il serait", on est donc dans une hypothèse, parfaitement logique certes, mais une hypothèse. Seulement il n'y a pas que la température de l'eau a prendre en compte, mais notamment l'écart de température avec la basse troposphère (qui doit être trop froide) et beaucoup d'autres paramètres. C'est pourquoi l'analyse d'un évènement n'apporte pas de preuves mais bien l'analyse d'une période d'évènements et la plus longue possible pour prendre en compte les oscillations multi-décennales.
En fait, vous me semblez parler sur un plan épistémologique, d'état des connaissances, je parle sur un plan plus pragmatique de sélection des informations d'utilité politique.
On manque certes de recul mais il va bien falloir prendre des décisions sans attendre deux siècles que les modèles s'affinent avec une compréhension plus claire des causalités.

Et, à nouveau, si je parle de l'échelle de Saffir-Simpson, c'est qu'elle est associé aux dommages attendus.
Catégorie 5 : vents à plus de 250 km/h, onde de tempête à plus de 5,5m, des destructions massives, des reconstructions qui prennent des années etc., on n'a pas ces considérations avec le chiffre de l'ACE.

L'important pour la plupart des gens est de savoir ce qui peut leur tomber sur la tête, et le fait est que si on prévoit des niveaux de destruction augmentant, ça va poser des soucis dans les Antilles.
Ces questions d'échelles intéressent sans doute les amateurs ou les professionnels de climatologie.

Moi la question qui m'intéresse c'est : pourquoi autant de nos concitoyens, dans ces régions d'outre-mer pourtant soumises aux risques cycloniques, sont-ils toujours contraints d'habiter dans des baraques aux toits de tôle ?
Il me semble que M.Bodin dit exactement la même chose en termes de pridence que les membres du GIEC à savoir que les ouragans ne seront pas plus nombreux mais ils auront une intensité plus forte !
À quand une chronique de Mathilde Larrère sur les prédictions climatologiques et les faits de 1900 à nos jours.
Voilà qui serait éclairant.
Une info en passant : Trump a nommé un nouvel administrateur de la Nasa, un certain Bridenstine qui est sceptique sur le changement climatique :
"Bridenstine has expressed scepticism about climate change. In a June 2013 speech on the House floor, he disparaged the role of humans in global warming and criticized then-President Barack Obama for spending more money on climate research than on weather forecasting. Bridenstine has argued to exclude greenhouse gases from federal regulation, and to expand oil and gas exploration on federal lands and offshore."

Espérons qu'il ne touchera pas à ce que fait la Nasa sur le sujet.

Et tant qu'on y est, un de leurs articles sur Irma renvoyait vers un météorologue qui donne des infos sur l'exceptionnalité de Irma (au 9 septembre) avec entre autres, des vents maximums à 295 km/h (185 mph) pendant 37 heures, record mondial, le précédent était de 24h avec le typhon Haiyan qui avait fait de gros dégâts en 2013 dans le Pacifique (des milliers de victimes).
Au niveau énergie cumulée, Irma est actuellement en 3e position des enregistrements modernes dans l'Atlantique, un score ACE de 60,3 en 10 jours, les deux au-dessus ayant fait 63,3 en 14 jours (Isabel, 2003) et 70,4 en 23 jours (Ivan, 2004). Suspens, Irma va-t-elle battre le record ? Vu son rythme, ça a l'air pas mal parti.
Quelqu'un qui s'exprime avec prudence me semble toujours plus fiable que quelqu'un qui s'exprime avec un ton péremptoire.

Par exemple, il y a 20 ans on prédisait la fin du Gulf Stream et un nouvel âge glaciaire en Europe à cause de la fonte des glaces arctiques qui feraient plonger les eaux chaude salées sous les eaux glaciales de cette fonte peu salée. Aujourd'hui on est bien plus prudent : Malgré l'afflux des eaux froides et moins salines, une étude de Kathryn Kelly constate que la surface de l'Atlantique devient de plus en plus salée.

D'autre part, le scepticisme n'est pas forcément concernant le réchauffement climatique, mais peut s'exercer sur les conclusions qu'on en tire, comme par exemple faire croire qu'on pourrait l'inverser comme l'affirment les conférences diplomatiques Copxx ou que c'est le plus grand péril environnemental existant (personne ne fait des Cop sur les pollutions chimiques ou à cause des matières plastiques indestructibles), le tout argumenté d'assertions stupides sur "la planète qui serait malade" et qu'il faudrait sauver, comme si les notions humaines de bien et de mal pouvaient s'appliquer à la planète Terre, là où il ne s'agit que de sauvegarder un éco-système éphémère ainsi qu'une espèce tout aussi éphémère à l'échelle du temps géologique.

Il y a dans ces visions apocalyptiques et "anthropomorphes" beaucoup d'imprécisions et de mensonges ainsi que des références inconscientes aux mythes religieux bibliques qui n'ont rien de scientifiques mais jouent sur l'émotion plus que sur la raison ( l'idée d'un jardin d'Eden originel, parfait et immuable, par exemple, ou d'une apocalypse causée par les péchés humains, coupables individuellement d'avoir mangé les fruits de l'arbre de la connaissance, autrement dit la science, etc.).

En réalité, c'est une véritable psychose schizophrène, puisque quand ils ont le choix politique entre un programme écologique de rupture totale avec notre mode de vie consumériste et un programme d'économie libérale basé sur la croissance économique et la finance, les Français choisissent ce dernier.
Irma.

Il y a quand même des noms de baptême qui vous interpellent quelque part.
Il est intéressant de constater que sur ce forum d'ASI, les 3 messages "votés" sont l’œuvre de contributeurs qui trouvent qu'on a bien le droit le remettre en cause le travail des scientifiques en écoutant un monsieur météo.

Ou quand l'ouverture d'esprit et l'esprit critique se traduisent en appétit pour les "vérités" non officielles...
sale temps ,ce main, en Bourgogne.
attention a ne pas tomber dans le militantisme aveugle @si... cette article ressemble a une chasse aux sorcières a peine déguisée. accepter la réalité du réchauffement climatique n'implique pas de lui coller sur le dos tous les événements météo qui se produisent, la prudence des propos de bodin ne me parait pas excessive.
L'essentiel est peut être qu'on y arrive petit à petit. Après avoir tordu et retordu les recherches scientifiques, sans compter celles qu'on s'est bien gardé de faire de peur qu'elles ne soient concluantes, les "scientifiques" qui nient le réchauffement sont en voie d'extinction, ceux qui le reconnaissent mais prétendent que l'activité humaine en est innocente commencent à avoir honte, ceux qui disent pptètbinkoui, ptètbinknon ont toute l'indulgence des "journalistes", encore un petit effort, messieurs qu'on nomme grands, vous finirez par admettre l'évidence: oui, le réchauffement climatique et les désordres qu'il engendre sont en quasi totalité lié à "nos" gabegies, oui, cela nous promet des lendemains qui déchantent tragiquement.

Et non, "nous" ne faisons rien ou si peu pour éviter cela.
Étrange cette pseudo polémique, Louis Bodin dit peu ou prou la même chose que Jean Jouzel ...
Votre point de départ, Juliette:

[quote=Juliette Gramaglia]"Louis, en un mot, évacuons le sujet tout de suite : est-ce que c'est lié au réchauffement climatique ?", lui demande-t-on. Réponse de Bodin : "Non, c'est difficile de faire le lien entre les deux pour l'instant, explique-t-il. On a même plutôt en ce moment un petit peu moins de cyclones qu'au début du 20ème siècle". Et de continuer : "En revanche, peut-être que le réchauffement climatique a tendance à amplifier les phénomènes quand ils arrivent".

1. vous avez oublié de fact checker son affirmation sur le nombre de cyclone. Du coup je viens de le faire: voici à priori ce que ça donne:

http://coaps.fsu.edu/~maue/tropical/frequency_12months.png
=> à l'échelle de la planète, ça se maintient, encore que ce graph date de 2013

https://www.epa.gov/climate-indicators/climate-change-indicators-tropical-cyclone-activity
=> en Atlantique Nord, ça baisse.

2. son second point est ce que dit Jean Jouzel, qui est peut être un peu plus convaincu, mais use tout de même d'une provision orale marquant le fait que c'est incertain également.

Du coup je ne comprends pas bien ce qui est reproché à Louis Bodin (dont je ne connais rien par ailleurs). Il a cité un fait correct et utile (que votre article obfusque malheureusement dans le débat publique, au demeurant, et ce à l'encontre du consensus scientifique dont tous mentionnent que "le nombre de cyclone n'augmente pas") et a rejoint le consensus sur le reste. Quel est le problème ?

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

Je n'y connais strictement rien et comme je ne regarde pas la télé, je ne connais pas non plus M. Louis Bodin.

Et j'ai la désagréable impression que vous reprochez à ce M. Louis Bodin un "peut-être" dont il a precédé l'énoncé de son opinion.
Et je vais vous dire que "peut-être", il n'y a pas assez de "peut-être" dans les commentaires des uns, des Huns et des autres au sujet des multiples malheurs qui nous assaillent.
Mmmmouais, pas très convaincant cet article, je trouve.
Car mêmes si tous les scientifiques du monde s'accordaient depuis des siècles sur le fait que le réchauffement de l'eau intensifie ces phénomènes...ça ne prouverait pas que CET ouragan là en particulier est intense du fait du réchauffement climatique.

Sinon, pour un prochain ouragan moins intense faudra-t-il fêter la fin du réchauffement ? Ou l'inversion de la tendance de la courbe ;-)

Pour le coup, je ne connais pas le monsieur météo dont vous commentez les déclarations, mais je trouve qu'il est dans une juste mesure.

Peut être qu'en d'autres occasions il a fait preuve de scepticisme et que du coup vous l'attendez au tournant ?
Ce n'est pas un événement météo, aussi spectaculaire soit-il, qui fait le climat. Louis Bodin a raison d'être prudent et les scientifiques ne lient pas la violence d'Irma avec le réchauffement climatique. Vous le reconnaissez vous-même dans votre article.

Oui, le réchauffement climatique va provoquer le réchauffement des eaux et va donc accroître la puissance et la fréquence des cyclones. Si, en 2050, il y a plus de cyclones et des cyclones plus violents, ce sera dû au réchauffement climatique. Si, en 2017, il y a un cyclone particulièrement violent, on ne peut rien dire.
Perso, j'aurai dit que le changement climatique augmente le nombre de cyclones.

En effet, si le réchauffement des eaux de surface de l'océan atlantique augmente la puissance des phénomènes extrêmes d'une manière arithmétique, alors de fait, les phénomènes subcycloniques, comme les "tempêtes", auront plus de risques de passer la limite du "cyclone". Donc, le nombre de cyclones augmenterait.

Mais si la même augmentation est non plus arithmétique mais exponentielle alors la puissance des phénomènes extrêmes est augmentée sans que cela affecte le nombre de phénomènes peu puissants. C'est ce que semble affirmer, si j'ai bien compris, Jean Jouzel.

Le changement climatique en cours est en phénomène complexe et il est facile de se tromper sur les forums quand on est pas spécialiste comme Jean Jouzel ou quand on a des intérêts financiers. Louis Bodin en a t-il ? Ce serait intéressant d'en faire le tour et voir si l'on s'approche de quelques pétroliers.
Ce qu'à dit Louis Bodin me semble scientifiquement correcte. On ne peut pas faire le lien sur un événement particulier mais le réchauffement climatique devrait avoir tendance à augmenter la puissance des ouragans. Il n'y a pas de prudence excessive à dénoncer.

Quand est ce que les journalistes vont comprendre que le réchauffement climatique est un phénomène à long terme dont les conséquences sont très mal connues? Il ne s’arrête pas à noël parce qu'il a de la neige ou s’amplifie à cause d'une période de canicule. Vous feriez bien de faire aussi preuve de prudence avant de lier des événements météorologiques au réchauffement climatique.
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