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Orwell : Et La Pléiade tua Big Brother (2)

Qui n'a pas son petit morceau de George Orwell ? Avec la sortie de son œuvre dans la collection de La Pléiade, la guerre d'appropriation se double d'une guerre de traductions. Suite et fin de la mini-série sur les controverses automnales autour d'Orwell.

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Merci pour cette série sur Orwell !

(Ce serait bien d'avoir le texte original, en anglais, à côté des trois traductions, please, pretty please with sugar and a cherry on top)

c'est l'occasion de regretter qu'il n'y ait pas plus d'éditions original/traduction, qui permettent à ceux qui ne maîtrisent pas bien la langue source de lire un texte facile d'accès, et de pouvoir quand même se référer au texte original. Moi qui ne (...)

Tout un foin pour que dalle? 

Tout ça pour ça? 

Bien du bazar pour des clous?

Y cause, y cause, c'est tout c'qu'y sait faire...

Derniers commentaires

Il n'y a rien que je déteste autant que les re-traductions qui tiennent à changer les expressions les plus iconiques d'un livre pour faire leurs intéressantes (et/ou les traducteurs faisant comme si l'immense majorité des gens ne comprenaient pas quelques mots/noms propres/racines gardées de la langue d'origine dans une précédente), donc je pense que je m'en tiendrai à celle que j'ai dù relire une dizaine de fois, ou peut être celle d'Agone si je tombe dessus.


Par contre un point absent de l'article c'est l'existence ou pas de préfaces, notes ou contenus additionnels qui indépendamment des traductions peuvent rendre les rééditions plus ou moins intéressantes et justifiées. D'après ce que dit Germain Rital de celle de la Pléiade, ça pourrait être un argument en sa faveur par exemple, et finalement plus important que comment est retraduit un livre que tout le monde connait déjà de toutes manières.

Article très intéressant. Merci !

DÉLIT JOURNALISTIQUE  HÉLAS ORDINAIRE DE NON-LECTURE



       

ORWELL: ET LA PLÉIADE TUA BIG BROTHER (2)



Il m'en côute de vous le reprocher aussi directement, car @si ne m'est pas sans intérêt: depuis de longues années . Mais je suis particulièrement scandalisé (j'ai encore cette naïveté) par cette seconde chronique "orwellienne". Plus cyniquement encore que la précédente, elle "illustre" le vice commun d'impréparation inhérent à la profession journalistique en matière de travail intellectuel. Comment oser titrer votre "chronique" (il vaudrait mieux parler d' "instantané") comme vous l'avez fait.: sans avoir, ne serait-ce que tenté de commencer d'étudier le travail de présentation et traduction d'Orwell de Philippe Jaworski? Car celui-ci le mérite grandement.


En tout premier lieu, du fait de son abord critique d' Orwell: loin de toute béate admiration, il souligne en effet tout autant les défauts (de vraisemblance comme de rédaction) de l'auteur de Mil neuf cent quatre-vingt-quatre, qu'il nous apprend à lire autrement le roman-farce auquel il doit son renom (il faudrait s'interroger sur le fait que les deux plus instructifs auteurs politiques soient précisément des auteurs de farces: théâtrale pour Jarry, roman pour Orwell). 


Et tout aussi essentiellement, sinon davantage encore, parce que, d'une part  il inscrit Mil neuf cent quatre-vingt-quatre dans la grande tradition satirique-politique britannique (Swift) et le démontre d'autre part accomplir distinctement son projet  de vie tant artistique (sous le nom choisi d'écrivain de George Orwell) que politique (sous son nom d'état-civil d'Éric Blair).



c'est l'occasion de regretter qu'il n'y ait pas plus d'éditions original/traduction, qui permettent à ceux qui ne maîtrisent pas bien la langue source de lire un texte facile d'accès, et de pouvoir quand même se référer au texte original. Moi qui ne suis pas très douée pour les langues étrangères, je suis toujours ravie de trouver ce genre d'édition, surtout pour la poésie (même dans une langue qu'on connait à peine, on a une idée de la musique de la phrase qu'aucune traduction ne peut remplacer), et pour les textes technique ou théoriques ou les traductions peuvent parfois déraper sur des "détails". pour la littérature c'est assez rare, c'est dommage.

Voix le texte original:


He took down from the shelf a bottle of colourless liquid with a plain white label marked VICTORY GIN. It gave off a sickly, oily smell, as of Chinese ricespirit. Winston poured out nearly a teacupful, nerved himself for a shock, and gulped it down like a dose of medicine.

Instantly his face turned scarlet and the water ran out of his eyes. The stuff was like nitric acid, and moreover, in swallowing it one had the sensation of being hit on the back of the head with a rubber club.

Merci pour ces articles concernant 1983 de Georges Oubien.

Je trouve aussi que les couvertures françaises du livre sont assez moches.

Le fond du livre restant le même pour qui veut le comprendre...

He took down from the shelf a bottle of colourless liquid with a plain white label marked VICTORY GIN. It gave off a sickly, oily smell, as of Chinese rice-spirit. Winston poured out nearly a teacupful, nerved himself for a shock, and gulped it down like a dose of medicine. 

Instantly his face turned scarlet and the water ran out of his eyes. The stuff was like nitric acid, and moreover, in swallowing it one had the sensation of being hit on the back of the head with a rubber club.

Un régal cette série Orwell, merci.  "Quoiqu'il en soit, comment est-il possible que nul n'ait vu l'incohérence de transposer au présent un texte qui dénonce précisément la dictature du présent perpétuel ? ". Il y a quand même eu la dégelée mémorable d'Arnaud Viviant dans le Masque et la Plume à propos de la traduction Kamoun, et en particulier du passage au présent. 


Et pour ceux qui veulent la version originale de l'extrait : 

"He took down from the shelf a bottle of colourless liquid with a plain white label marked VICTORY GIN. It gave off a sickly, oily smell, as of Chinese rice-spirit. Winston poured out nearly a teacupful, nerved himself for a shock, and gulped it down like a dose of medicine.

Instantly his face turned scarlet and the water ran out of his eyes. The stuff was like nitric acid, and moreover, in swallowing it one had the sensation of being hit on the back of the head with a rubber club."


En vo je recommande modestement l'édition de Penguin Classics (2000). Pour le même prix vous avez une préface du -très rare- Thomas Pynchon, classe. Dans les éditions ultérieures, je crois que cette préface a sauté. 

Aves ces cours extraits, j'ai du mal a me faire une opinion.

Personnellement j'avais bien aime bien le cote viellot de la premiere version. Il donnait encore plus de force a ce cote passe du recit et etait un constant rappel que c'etait la vision d'une dystopie d'un auteur de la moitie du XXe siecle.

J'ai une nette préférence pour la version d'Agone dans l'extrait choisi. C'est plus fluide. La version de 2018 me parait vraiment bizarre au présent, ça donne une impression de lenteur et de texte descriptif un peu basique. Je crois que les seules oeuvres que j'ai pu lire au présent sont des livres interactifs où l'on incarne un personnage (ça permet de se placer dans l'action). Je ne savais pas que c'était courant dans d'autres formes de romans.

Quel pédantrisme académique dans cette réponse ! Bordel ! C'est de la littérature, pas une documentation technique ! Ça n'a pas à être normé ! Big Brother va se la couler douce avec tous ces gens déjà formatés ! 

Je ne comprends pas votre réponse, que voulez-vous dire par "pédantrisme académique" ?


Ce n'est pas une œuvre originale mais une traduction donc ça n'est pas vraiment le bon endroit pour faire des expérimentations (ça n'est pas comparable par exemple à une adaptation). Ce qui compte c'est de respecter l'intention de l'auteur. La traductrice estime que le présent rend le récit plus effroyable soit. Mais dans l'extrait je trouve que le présent dessert l'intention car on perd en rythme et en émotion (et du coup on se rapproche de la documentation technique que vous dénoncez). 

Ca n'est pas une question de norme, ça me paraitrait idiot de faire un choix différent juste pour être différent des autres si ça nuit à l'œuvre.


Ensuite vous sous-estimez peut-être l'influence de l'éditeur et de l'industrie dans la traduction (du coup les normes que vous dénoncez sont peut-être du côté que vous défendez). L'article mentionne notamment l'hypothèse que le choix du présent pourrait être motivé pour des raisons marketing.

Pourquoi dans l'exemple donné deux traductrices terminent la première phrase par "Gin de la Victoire" et la troisième enchaîne directement sur l'odeur dudit breuvage . Qu'en est-il dans le texte original ? 

Au moins ne peut-on pas respecter la ponctuation du texte original.

Quant au "Grand Frère" , du moment qu'il ne s'appelle pas Pascal.

Merci pour cette série sur Orwell !

(Ce serait bien d'avoir le texte original, en anglais, à côté des trois traductions, please, pretty please with sugar and a cherry on top)

Quelle belle nouvelle bataille d'Hernani que voilà ! Et comment tout ce beau monde aurait traduit le « Much ado about nothing » de Shakespeare ? ^^

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