79
Commentaires

Meurtre de Crépol : le "racisme anti-blanc" selon CNews et Marianne

Jeudi 23 juillet, les juges d’instruction ont retenu la circonstance aggravante de racisme dans le meurtre de Thomas Perotto à Crépol (Drôme), le 19 novembre 2023. Depuis, les médias du groupe Bolloré, mais pas que, reprennent en choeur la thèse du racisme anti-blanc. La réalité est nettement plus complexe.

Commentaires préférés des abonnés

Pour ceux qui l'auraient ratée cette vidéo, qui tourne sur les réseaux depuis quelques années déjà, dit tout ce qu'il y a à savoir sur le fameux "racisme anti-blancs".

(...)

La connerie est -elle liée à la couleur de la peau ?


Vaste question !

Du racisme dans la police ?

On arrive pas à  y croire :


(...)

Derniers commentaires

Enfin nous pouvons cesser d'utiliser ce terme de racisés racisées puisque nous nous le sommes toutes et tous.


La race humaine est une et indivisible.



Sur ce forum coexistent quand même deux races, celle des humains et celles des robots con_versationnels, la deuxième citée étant supérieure en nombre et en productivité.


Sinon, un peu de douceur et beaucoup de talent dans ce monde de brutes : 


Claude Nougaro "Armstrong"



♪♪♫♫♫♪♫♫





Pour moi c'est surtout les réaction de gauche qui font de ce moment où la justice applique la loi Française existante une victoire de l'extrême droite.

Si les législateurs avaient voulu que "racisme" ne s'applique pas à tel ou tel groupe ils l'auraient précisé.

Simplement les définitions juridique, sociologique et populaire du racisme varient. 

Il y aurait changement si la gauche parvenait à imposer qu'il ne s'applique plus aux blancs, pas l'inverse qui est établi par jurisprudence depuis au moins 2014. Donc ça me semble un peu absurde de s'indigner de cette décision.

En imaginant qu'elle soit aussi problématique que Fassin le suggère c'est plutôt un amendement de la loi qui devrait être suggéré.

Éric Fassin sur Blast ce jour : https://www.youtube.com/watch?v=07tDidfMq7o

(si pas le temps, écoutez ne seraient-ce que les dix dernières minutes au moins)


Du coup malheureusement on peut quand même soulever la tension politique que représente ce jugement qui choisit donc d'ignorer des décennies de problématisation politique du racisme, même si effectivement oui, le texte de loi permet une telle interprétation. C'est un peu comme si en 2026 on jugeait les affaires de violences sexuelles avec le même prisme qu'en 1990, au prétexte que la loi est à peu près la même finalement. CNews a plutôt raison de considérer que ce jugement leur donne raison, qu'un tribunal accepte de retenir la circonstance aggravante de racisme pour une personne blanche est un acte politique réactionnaire, qu'on le veuille ou non.

Feuilleté le dernier Marianne pas bien loin puisqu'il a un édito de bruckner avec la phrase :

Le racisme anti blanc porte un nom, c'est l'antisémitisme...

Tout est dit, même pas envie de commenter.

4mer (je rappelle que c'est un pseudo, son patronyme lui semblait trop banal) va être en trop bonne con-pagnie.

Cela promet un éditorial décoiffant de Quatremer dans son nouveau poste à Marianne

Du racisme dans la police ?

On arrive pas à  y croire :


Les blancs sont majoritaires et dominants en France mais localement ça n’est pas forcément le cas . Si bien que les blancs peuvent être victimes de racismes en tant que minorité dans certaines villes . Le racisme anti-blanc existe donc . 

En fait, la question du racisme n'est pas la bonne question. En fait, le problème est que les gens viennent armés dans des endroits où il y a du public et de l'alcool.

On peut tergiverser sur le mot racisme mais que signifie l'intention de prendre des armes pour aller s'amuser?

Tout le monde veut son totem de socio en parlant oui ou non racisme. Pourquoi ne pas étudier le sujet sérieusement plutôt que de se focaliser sur un concept qui n'est pas le bon : le sujet n'est pas le racisme, mais la violence dans les bals de villages avec les groupes urbains. On serait étonné si on regardait les équipements que certains ont sur eux ou dans leur voiture lorsqu'ils se rendent à ces évènements: appelez ca du racisme ou de l'envie d'en découdre, on parle de pulsions de violence contre un ennemi qui n'est pas encore vraiment bien défini au moment de se rendre à une manifestation. Bref, sortons du piège du concept universel pour essayer d'interroger les rapports sociaux.

En pratique oui il n'y a pas de lois racistes en France de nos jours. Mais il serait bon de rappeler que ce n'est qu'en 1946 qu'a été aboli le statut d'indigène dans les colonies. 

Et que ce n'est que cette année qu'a eu lieu l'abolition du code noir (même si les textes ne pouvaient plus, en théorie, être appliqués). 

Quant au racisme anti-blanc, je ne doute pas qu'il puisse exister mais j'y vois surtout des personnes qui ne supportent pas d'être traitées comme elles traitent les autres. 

Et lui c'est une pauvre victime du racisme anti-blanc?

Le fantasme de ces journalistes et témoins du bolloré-club  traduit avant tout une aspiration sociale, une volonté de vivre ensemble.. Bref, en un mot,  une volonté  d'égalité... Ils veulent eux aussi être discriminés, être davantage controlés partout, y compris dans la rue, être recrutés par CV anonymes, avoir les mêmes difficultés pour se loger ... Inspirés qu'ils sont par leur mentor, un authentique catholique et un peu Africain non ? 


le testing montre que ce ne sont pas les blancs qui sont refusés à l'entrée d'un emploi, d'un appartement , des plages privées ou des clubs!

la loi riposte vient interdire les freeparty, n'est-ce pas contreproductif pour apaiser les relations sociales?

cette panique morale n'est-elle pas la suite du grand remplacement? de nombreux nouveaux électeurs sont issus de l'immigration, ils ont peur d'être minorisés, mais qui leur a dit qu'ils voteraient majoritairement à gauche?

Je ne me prononcerai pas sur le fond de l'affaire de Crépol.

Mais, concernant la justice, il faut noter que la justice juge des personnes pas un système.

Donc, oui, peut-être que des personnes font preuve de racisme anti blanc et que cette qualification peut être retenue dans une affaire judiciaire.

Par contre, cela ne veut pas dire que le racisme anti blanc en général est très répandu en France et qu'il a la même nature largement répandue, voire en partie systémique que les autres formes de racisme.

Le racisme antiblanc n’existant pas, vous accepterez que je vous traite de sale blanc, Léo Lagniez.

A propos de racisme 


Il aurait peut-être fallu commencer par rappeler que le concept de racisme anti-blancs a été inventé par l'extrême droite.

Môdieu, môdieu, mysaïreu, moi qui me croyais à l'abri, blanc chauve à lunettes, voilà que l'on me dit en danger !!!


Quel bande de connards !


De toutes les façons, déni ou pas : 


" Un homme ça va, deux hommes ça va, trois hommes et les emmerdes commencent. " Jean-Batiste Botul


Les groupes, les bandes, les ethnies, les blancs, les noirs, les jaunes, les intolérances, les conflits, c'est fatiguant !


Que la circonstance aggravante de racisme  soit retenu à l'encontre des accusés, on attendra le procès et le jugement.


Et on laissera C.News et Cie s'exciter sur leur bout de viande avariée toute pourrie.



Rory Gallagher / Taste "What's Going On"





La connerie est -elle liée à la couleur de la peau ?


Vaste question !

Hum de mémoire ça doit bien faire 15 ou 20 ans qu'il y a des affaires où le racisme anti-blanc est invoqué en justice, et il y a même déjà eu des associations anti-racistes universalistes (je sais plus si c'était le MRAP ou SOS) à se porter partie civile pour soutenir sa définition universelle.


Enfin il n'y a absolument rien de nouveau dans cette histoire, nos institutions ont toujours eu une définition qui ne voit pas la couleur du racisme (ce qui est plutôt adapté aux genre de cas dans lesquels il peut être invoqué comme circonstance aggravante d'actes entre individus, par ailleurs).

« Mais la simple définition juridique ne suffit pas à prétendre l'existence d'un racisme anti-blanc dans la société française. »

Je ne sais pas où vous vivez ni quelle est votre expérience, mais il faut être sacrément déconnecté de la société pour prétendre qu’il n’y a pas de racisme anti-blanc. Pour moi c’est la proposition miroir de la négation de l’islamophobie, du racisme, ou d’autres discriminations.

Ce n’est pas parce qu’une minorité de personnes blanches sont victimes de racisme que ce n’est pas très intense pour elles. Un exemple : il y a environ 8% de chômage en France. Ce n’est pas pour ça que ces 8% ne vivent pas à 100% leur chômage. C’est pour ça que la question de l’antisémitisme « résiduel » a été mal comprise : oui, l’antisémitisme en France est résiduel (c’est d’ailleurs ce que dit plus ou moins Denis Olivennes, et personne ne lui est pas tombé dessus), mais il touche à 100% les personnes qui en sont victimes.

Les personnes blanches qui vivent dans les quartiers sont relativement peu nombreuses, et c’est d’ailleurs pour ça que ces quartiers sont devenus des ghettos. C’est la même chose pour les établissements REP et REP +. J’y ai vécu, et mon fils est actuellement en collège ZEP : nous avons fait le choix de ne pas déroger à la carte scolaire, et j’espère ne pas avoir un jour à le regretter, car ce n’est pas un choix facile pour toutes sortes de raison.

J’ai été victime quasiment tous les jours de racisme dans les quartiers d’une petite ville de la vallée du Rhône, où j’ai vécu 6 ans à l’adolescence, et mon fils et ses copains vivent également du racisme de la part des jeunes de quartier dans leur collège, à Grenoble. J’ai moi-même été victime d’une agression raciste de la part de jeunes de quartier il y a peu. Le nier c’est refuser de parler à et de prendre en considération le vécu de toutes les personnes qui font l’effort de vivre dans ces quartiers et d’y scolariser leurs enfants.

J’ai eu la chance d’avoir une mère qui m’a expliqué le passé colonial français, et j’ai un grand-père politiste qui a lutté pour l’indépendance de l’Algérie. Ma mère a été cachée chez des amis à 10 ans pour échapper aux menaces de plastiquage de l’OAS. Ma mère a continué à nous préserver du racisme en nous expliquant les rapports de force et de domination, que j’essaie à mon tour d’expliquer à mes enfants. J’ai eu la chance d’être préservé du racisme que partageaient mes camarades blancs de cité, souvent des électeurs du RN aujourd’hui. Mais je ne peux leur jeter la pierre : leur vécu autant que leur positionnement social les a emmenés là.

J’ai ensuite vécu en Chine où j’ai également été victime de racisme anti-occidental : et beaucoup de Chinois vivant en France ont tout naturellement importer ce racisme, qui vise également (et surtout) les personnes noires et arabes. Les personnes originaires d’Afrique importent elles-aussi tout naturellement le racisme de leurs sociétés, qui n’en sont pas dépourvues, loin de là.

Il faut vraiment être un jeune journaliste empli d’idéologie et d’aveuglement, avec très peu d’expérience de la vie en France, pour nier l’existence d’une des facettes du racisme qui s’exprime dans notre société.

Pour finir, accepter l’existence de ce racisme ce n’est pas être naïf vis-à-vis des instrumentalisations de la droite et de l’extrême-droite.

Mais être de gauche, c’est regarder la réalité en face, sans œillères.

Ah, et est-ce que c'est le même Léo Lagniez qui écrivait dans le journal d'extrême-droite Le Point

C'est peut être ce qui l'a dégouté des histoires de racisme anti-blancs ?

Vous avez lu la suite ou vous vous êtes arrêtez sur cette phrase ? Je dis ça parce que le paragraphe suivant me semble prolonger la réflexion :

"Dire qu'au fond, traiter de « sale Blanc » ou traiter de « sale Noir », c'est la même chose, c'est faire comme si, quand on dit « sale Blanc », ça résonnait avec toute une histoire, avec toute une expérience sociale ordinaire et avec tous les discours politiques. Je n'entends pas de discours politique anti-Blancs, je ne vois pas de discrimination à l'embauche ou au logement pour les Blancs, je ne vois pas de contrôle au faciès pour les Blancs. Donc les expériences sociales ne sont pas les mêmes pour tout le monde", soutenait aussi Éric Fassin, sociologue et professeur de sociologie à l'université Paris VIII, sur France Culture en 2018.

Il en va du même pour le paragraphe d'avant en fait :
Un constat qui va à l'encontre de la réalité des études, comme le montre l'enquête "État des lieux des violences et des discriminations à caractère racial en France" de la Licra et de l'Ifop du 9 avril 2026 : "L'hostilité envers les « Blancs » est donc un phénomène réel, mais structurellement différent de ce que vivent les minorités : il ne s'accompagne pas du même degré de systématicité institutionnelle (l'école, l'emploi, la police discriminent faiblement les « Blancs »), ni de la même épaisseur historique, ni du même effet de cumul."  

En résumé, parler en France d'un "racisme anti blancs" est un peu exagéré. Non pas qu'il n'y ait pas en certains endroits une hostilité (en partie à caractère raciste) envers les "blancs" (en même temps quand on empile des personnes issues de l'immigration dans des "ghettos" que l'on abandonne pour ensuite leur faire vivre contrôles et vexations diverses par des policiers à majorité "blancs" ainsi qu'une politique discriminatoire menée par des politiques à majorité "blancs", on n'aide pas au vivre ensemble), mais les "blancs" ne vivent pas un racisme systémique.

Il faudrait donc que la gauche s'empare , à l'aide de sociologues, d'intellectuels et d'associations, de ce problème d'hostilité (dû entre autre à la non-mixité et aux politiques à chier menées dans les quartiers depuis 30/40 ans) pour apporter de vrais réponses à la place de réponses aussi simpliste que "l'ordre, l'ordre, l'ordre" que l'on justifient par un très exagéré "racisme anti blancs"

On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif. Essayez de convaincre les négationnistes que ce sont les blancs sui sont objet de discrimination l'embauche, pour se loger et dans des tas d'autres domaines.

Commentaire supprimé par un administrateur.

Ce que j’ai attaqué c’est ce passage, que je cite en exergue de mon commentaire « prétendre l'existence d'un racisme anti-blanc dans la société française ».

Le verbe « prétendre » est d’une grande violence pour les personnes qui le vivent, tout comme nier le racisme anti-noir ou arabe est d’une grande violence pour ses victimes.

Vous citez la phrase d’Éric Fassin, que j’ai bien lue : « Donc les expériences sociales ne sont pas les mêmes pour tout le monde ».

Évidemment que les expériences sociales ne sont pas les mêmes : mais ce n’est pas parce qu’elles sont ne sont pas identiques qu’elles ne se rejoignent pas, ou qu’elles ne créent pas le même sentiment d’injustice ou d’insécurité.

Je n’ai jamais été frappé ou contrôlé par un policier, hormis en manif : je ne l’étais donc pas pour ma couleur de peau, mais pour ma présence sur les lieux.

Par contre, j’ai été pris à partie quotidiennement avec mes camarades (je ne sais pas si vous pouvez comprendre ce que cela veut dire) lors de mes années dans cette ville de la vallée du Rhône, que ce soit dans la rue ou les vestiaires du collège, de façon systématique. Je suis parti de là-bas, mes anciens camarades sont restés. C’est en vivant là-bas que j’ai pu comprendre une partie du racisme de la population, sans l’excuser ni y participer.

Par contre, il n’y a pas de grand mérite à être « anti-raciste » quand on n’a jamais fréquenté que des personnes de son milieu social et que l’on n’a jamais vécu dans les quartiers.

Je suis farouchement anti-raciste, je n’ai jamais regardé que les paroles et les faits d’une personne sans me soucier ni de son sexe, son origine, ou son milieu, et je crois avoir bien plus de mérite à regarder la réalité en face que des personnes qui la nient, en miroir de ce que fait l’extrême-droite. Et c’est en ça que je pense être de gauche.

Commentaire supprimé par un administrateur.

Toute agression n’est pas forcément raciste. Il y a des racistes partout mais les critères selon lesquels l'autre est jugé inférieur, car dans le racisme il y a toujours un rapport de domination, ont été imposés par l’Occident qui a dominé le monde pendant des siècles (et ça continue aujourd'hui  avec trump). Je me souviens qu’il y a une dizaine d'années,  il s’est trouvé que la jeune femme élue pour etre miss Algérie etait noire car originaire du sud du pays.  Ça a créé  une polémique  au sein du pays. Comment une femme noire pouvait représenter le pays ? On peut citer d’autres exemples qui montrent que l’Occidental reste la référence au niveau esthétique : les femmes africaines qui tentent de se blanchir la peau malgré les risques pour leur santé, les femmes asiatiques qui se débrident les yeux...Quand on agresse un Blanc ce n’est sûrement pas par racisme. C’est autre chose !

Il y a une sorte de domination néo-coloniale dans vos propos à penser que l'Occidental a tout inventé... y compris le racisme ! 

Le racisme est un principe quasi universel, il existait en Chine avant que l'homme blanc arrive, et en Afrique avant que l'homme blanc n'arrive. Et il y existe toujours.

Que ce qui se joue aujourd'hui en Europe et dans le monde en rapport avec l'homme blanc soit différent, c'est autre chose, c'est évident. Qu'il y ait un rapport de domination de l'Occident et que cela influence les imaginaires, c'est évident également.


Mais il ne faut pas avoir vécu loin de France ou ne jamais avoir vécu dans les quartiers pour penser ou imaginer que le racisme "anti-blancs", qui est en soi une forme de racisme comme une autre, n'existerait pas. Un "sale blanc" ou "sale Français" (que j'ai beaucoup entendu) reste symétrique d'un "sale noir".


Ce que je trouve stupéfiant ici c'est ce refus en miroir de considérer une forme de racisme, tout comme on a nié d'autres formes de racisme auparavant. Et comment on refuse d'écouter la parole de certaines victimes aujourd'hui, comme on refusait d'écouter celle d'autres catégories. Si on doit écouter les victimes de racisme ou de discrimination, on doit toutes les écouter, d'où que ces discriminations proviennent, et qu'elles qu'en soit les victimes.

C'est le défi auquel doivent faire face les militants "de gauche" aujourd'hui.

C'est simplement que le mot "racisme" recouvre trop de choses différentes, et qu'on glisse facilement d'un sens à l'autre. On peut parler de "racisme" comme d'une théorie (pseudo) scientifique spécifique, établie pendant les lumières, sur une base biologique et topologique propre à un moment occidental. Dans ce sens il est très différent des ethnocentrismes plus malléable qu'on retrouve partout dans le monde. À l'autre extrémité, on parle de "racisme" dans le langage ordinaire pour désigner tout préjugé de groupe, un peu essentialisant (oah t'es raciste contre les porteurs de chaussettes bleues ou quoi), sans théorie génétique sous-jacente. Et puis on peut parler de racisme au sens institutionnel, le racisme systémique subi par les minorités (ou minorisés) d'une société, ou parler d'un racisme individuel, comme l'a priori d'une personne donnée sur une catégorie (plus ou moins inventée) de gens. Chaque fois le même mot, chaque fois des implications un peu différentes, des intentions différentes dans le concept qu'on cherche à communiquer et les aspects qu'on juge pertinent. Donc beaucoup de dialogues de sourds entre personnes qui se référent à une autre idée, ou même, souvent, qui passent d'une idée à l'autre sans s'en rendre compte.


Il y a des mots comme ça, qui recouvrent des familles de sens. Faut juste à chaque fois, dans chaque contexte, spécifier ce qu'on veut dire, et ni le prendre comme une évidence, ni l'imposer comme un sens évident, d'autorité, à travers tous les contextes.

"parler de "racisme" comme d'une théorie (pseudo) scientifique spécifique, établie pendant les lumières" c'est déjà de l'ethnocentrisme (un européocentrisme) en fait.


Mais on peut pas discuter de ça ici : j'étudie cette question depuis longtemps, notamment en m'étant déseuropéocentré et en travaillant sur d'autres pays. Je ne pense pas que l'on discute à armes égales, et j'en ai marre des avis des personnes qui lisent peu, uniquement en français, n'ont jamais habité dans un pays non-européanisé, et qui pensent pouvoir parler du monde...

Non, c'est un sens spécifique du mot parmi d'autres. Un mot qui représente une théorie spécifique, historiquement située, avec un contenu spécifique. Maintenant le même mot, dans d'autres acceptations moins étroites, signifie également d'autres choses (descriptives ou normatives). Mais les théories raciales (les 4 ou 8 races inventées à l'époque de la classification des espèces), qu'on appelle également communément le racisme ou le racialisme, sont un système de représentation spécifique, dépendant de concepts génétiques propres à une science spécifique. L'ethnocentrisme d'une tribu amazonienne, par exemple, même s'il recourt parfois à une histoire généalogique (mythes d'ancêtres originaux communs), permet dans la pratique une perméabilité que l'absolutisme "rationaliste" d'un matérialisme génétique ne connaît pas.


Maintenant tu veux causer "à armes égales" (selon ta petite terminologie qui en dit long), tu descends de ton tabouret et tu finis tes études d'anthropologie, en commençant par apprendre à lire (dans les langues de ton choix). Et un peu de linguistique, histoire de comprendre comment le langage fonctionne, t'aidera peut-être aussi à relativiser tes intuitions de touriste avant d'expliquer aux autres comment "parler du monde" comme tu dis.

votre deuxième paragraphe est de trop (et en dit aussi long que n'importe quelle petite terminologie) 


Le mec expose des faits, narre une expérience, il prend sur lui sûrement tant prendre le risque d'accréditer une thèse d'extrême-droite quand on est de gauche est un exercice qu'on a pas envie de pratiquer tous les jours, il est tout seul et vous lui faites une balayette d'enfoiré, pardon d'autorité, âgiste et condescendante parce que dans son énervement à n'être compris de personne il n'a pas su déceler les subtilités de votre invitation au pas de côté. Pas classe ! 

Bah action réaction. Que l'autre ne lise pas assez attentivement un texte pour comprendre qu'il s'agit d'une énumération d'usages d'un mot, soit, on ré-explique posément.


Mais qu'il tartine au-dessous une sorte de proclamation d'expertise disqualifiant d'avance toute contestation en présumant que personne d'autre que lui n'a lu un livre ou vu un autre pays, bah non, là je donne un coup de pied dans l'escabeau. Si on vient inutilement sur ce terrain-là, je préfère rappeler les raisons de le quitter.

"reaction" et c'est celui qui dit qui est ! 


Si on vient inutilement sur ce terrain-là, je préfère rappeler les raisons de le quitter.


on peut aussi payer un thé ou un clope et que ça se redescende gentiement, le soleil déclinant, dans la brise du soir ! c'est selon

Vous qui parlez de langage, notez que j'ai écrit "habiter", et non "visiter". Donc le tourisme... Et en l'occurrence mes études sont terminées. Mes recherches portent sur les récits, et j'ai notamment réfléchi sur les diverses traductions des mots et concepts, dont celles du mot racisme. Donc bon. Je peux descendre de mon tabouret, mais ça ne servira pas à grand chose...

Un "sale blanc" ou "sale Français" (que j'ai beaucoup entendu) reste symétrique d'un "sale noir


Pas d'accord pour le "sale français" sauf à considérer que français est une couleur de peau!

c'est souvent associé à une couleur de peau, de part et d'autre.

Je vous rejoins sur le fait d'écouter les victimes, et la violence qu'elles ont vécues, quelle qu'elle soit. Et je continue de penser que le fait d'être victime n'est pas assez pris en compte, sans compter que certaines personnes sont reconnues comme victimes, mais pas d'autres (on peut aller en procès à juste titre parce que l'on s'est fait voler quelque chose, mais personne ne va en procès parce qu'il ou elle n'a pas de quoi se payer un logement et vit dans la rue, pourtant la 2e personne vit une violence extreme).


Par contre, en vous lisant, vous donnez presque l'impression que les blancs seraient autant victimes de racisme que d'autres, ce qui est loin d'être le cas.

Cela ne va pas vous plaire, mais je trouve que vous tenez en partie un discours équivalent des masculinistes qui se disent victimes autant que les femmes, voire plus.

« vous donnez presque l’impression que les blancs seraient autant victimes de racisme que d’autres, ce qui est loin d’être le cas. » Ce n’est pas du tout ce que j’ai écrit, et ce n’est pas ce que je pense. Je pense que vous m’avez lu trop rapidement, car en me relisant je pense être assez clair. Et en réalité, ce n’est pas mon propos : je conteste seulement la négation d’un racisme qui peut s’exprimer à l’encontre de personnes perçues comme blanches. Pour moi la négation de ce racisme, tout comme le refus d’entendre la parole des personnes qui peuvent en être victimes, est le résultat du même processus qui a nié le racisme dont étaient victimes les personnes que l’on (réfléchir à qui est ce « on ») appelle aujourd’hui « racisées ».


Votre comparaison dans votre 2nd paragraphe est intéressante, car elle touche à une anecdote sur laquelle j’ai commencé à écrire, et qui fera l’objet d’un texte à venir : un jour, en me rendant dans une réunion VSS dans un squat, j’ai affirmé avoir été gêné par une affiche à mon sens discriminatoire à l’encontre des "hommes cis blancs" que cette affiche ciblait en particulier. Mon propos, que j’ai à peine eu le temps d’exposer, visait à dénoncer le mécanisme consistant à réduire des individus à un comportement supposé du seul fait de leur identité. Avant d’en parler, j’ai montré cette affiche à plusieurs copines et à ma femme, qui m’ont toutes rejoint et répondu être elles-mêmes choquées.


Cette réunion VSS réunissait exclusivement des jeunes (entre 20 et 25 ans) queer, à l’exception de moi-même et d’une vieille dame. Dans la seconde suivant mon intervention, la quasi-totalité des personnes présentes s’est jetée sur moi : impossible que je sois victime de discrimination, puisque j’étais un homme blanc ; j’étais partie prenante du système patriarcal dominant, et de ce fait, en tant qu’individu, ne pouvait être une victime et mon intervention n’était motivée que par ma volonté d’imposer ma volonté de mâle blanc...


Dans les deux minutes qui ont suivi, la vieille dame est partie, expliquant qu’elle n’avait rien à faire dans cette réunion. Elle était très choquée par ce qui venait de se passer.


Cette réunion réunissait des jeunes personnes queer blanches qui, par leur langage (leur discussion était truffée de néologismes et acronymes à la mode, auxquels ni moi ni la vieille dame ne comprenaient rien ; je précise que je suis pourtant assez averti et que je fréquente les milieux militants et squats depuis longtemps) et leur violence symbolique avaient réussi à exclure les deux seules personnes n’appartenant pas à leur milieu, et avant ça, tous les hommes d’origine africaine qui logeaient dans le squat, et donc les premiers concernés, et qui étaient restés physiquement à l’extérieur. Lorsque j’ai fait remarquer à ces jeunes queer la remarquable endogamie de leur réunion, excluant de fait les personnes noires occupant les lieux, par un langage et des pratiques militantes codées, elles assumaient totalement.


Ce que je veux montrer par là, c’est que même si les personnes queer sont structurellement discriminées à l’échelle de la société, elles peuvent créer des espaces où elles sont majoritaires, et où elles recréent des espaces de discrimination et de violence. C’est ce qui peut se passer dans « les banlieues » ou certains quartiers. Que l’on pense par exemple à la violence de certains quartiers noirs dans les années 80 (très explicite si l’on écoute le rap de l’époque). Ce racisme anti-blancs et cette valorisation de « la négritude » ne réduisaient en rien le racisme anti-noirs structurel et beaucoup plus important de la société américaine, dont les personnes noires sont évidemment les principales victimes, et de très loin.


Et c’est ce que montre très bien George Orwell dans La ferme des animaux : le fait que les cochons soient devenus dominateurs dans la ferme des Jones n’exclut pas que dans toutes les autres fermes d’Angleterre, les cochons soient dominés par les hommes. Mais là où ils ont gagné, ils reproduisent cette violence et cette domination.


J’espère que je me suis fait mieux comprendre, même si les explications ci-dessus sont forcément trop courtes pour un sujet d’une telle importance.

Ce que je veux montrer par là, c’est que même si les personnes queer sont structurellement discriminées à l’échelle de la société, elles peuvent créer des espaces où elles sont majoritaires, et où elles recréent des espaces de discrimination et de violence. 


Bien sûr que des personnes discriminées peuvent elles-mêmes être violentes (elles ont même des raisons que l'on pourrait trouver fondées de le faire).


Quant à recréer des espaces de discrimination, dans l'exemple que vous donnez ici, cela ne me semble pas comparable. Dans un cas, il s'agit de ne pas reproduire la domination à l'échelle du groupe de personnes discriminées (même si cela peut se faire de manière "violente" et parfois non fondé), dans l'autre, il s'agit de discrimination et de racisme systémique.


Pour reprendre l'analogie avec les masculinistes, voici des extraits sur leurs "arguments" trouvés sur ce site, avec notamment celui de dire que les femmes sont aussi capables de violence... Est-ce si différent de vos propos ?


Les femmes détiennent le vrai pouvoir, les hommes violents sont des victimes et les tribunaux tranchent toujours en faveur des femmes, affirment les masculinistes.

Ils mettent aussi en avant que les femmes sont tout-à-fait capables de violence envers les hommes[16]. Si nous ne contestons pas le fait que les femmes puissent agir de manière violente, observons cependant que celle-ci n’est pas de même fréquence ni de même ampleur que celle des hommes et que le traitement que la société réserve à la violence agie par les femmes n’est pas le même que celui qu’elle réserve à celle des hommes.


« L’un des arguments utilisés par des masculinistes concernant les violences faites aux femmes consiste à dire que les hommes sont également victimes de violences perpétrées par les femmes. Cette thèse de la symétrie de la violence permet 1) de banaliser, voire de nier les violences faites aux femmes ; 2) de dénigrer le travail des femmes œuvrant contre la violence faite aux femmes ; 3) de présenter les hommes comme des victimes de la violence des femmes ; 4) de légitimer leurs demandes de ressources financières pour aider les hommes (et du même souffle de critiquer ce qu’ils prétendent être l’excès de ressources dont disposeraient les femmes engagées dans la lutte contre la violence masculine) ; et finalement 5) de nier l’existence du système hétéropatriarcal, un système hiérarchique qui accorde des privilèges aux hommes et opprime les femmes »[23].


J'ai éprouvé le besoin de vous répondre surtout pour l'argument mis en gras ci-dessus. Pour moi, lorsque vous mettez en parallèle les différentes formes de violence, que vous parlez d'"un même processus", cela banalise, enlève la violence du racisme systémique, alors que sa dimension est tout autre que ce qui est appelé le racisme anti-blancs.


lorsque vous mettez en parallèle les différentes formes de violence, que vous parlez d'"un même processus", cela banalise, enlève la violence du racisme systémique".


Ben non, je ne crois pas. Je ne vois pas en quoi mettre à nu le même processus qui amène à des violences qui s'exercent à des échelles différentes "enlèverait la violence". C'est évidemment tout le contraire.

Dans l'exemple que j'ai donné, la violence reprend justement les mécanismes de la violence dominante, en réduisant un individu à son sexe, sa couleur de peau, etc.

Sans d'ailleurs "ne pas reproduire la domination à l'échelle du groupe de personnes discriminées", comme vous l'écrivez, puisque les personnes totalement exclues de cette assemblée étaient bien les personnes noires sans papier, écartées par tout un ensemble de codes d'appartenance (langagiers, vestimentaires, corporels, etc.).


Mais bon, je n'interviendrai plus dans cette discussion, car je ne crois pas que vous me lisiez bien et j'ai impression que vous discutez de ce que vous avez compris que j'écrivais, et non de ce que j'ai réellement écrit. C'est donc sans fin. Bonne journée.

Quand je vous lis, j'ai l'impression de revivre un débat, là sur l'afrofeminisme, un échange virulent entre le collectif Mwasi il y a plusieurs années.



Je ne vois pas en quoi mettre à nu le même processus qui amène à des violences qui s'exercent à des échelles différentes "enlèverait la violence". 


Parce qu'en parlant de "même processus", vous rapprochez des violences et on a l'impression qu'elles se valent. 

Comme si le fait que des femmes aussi exercent des violences contre les hommes, faisait que nous n'étions pas dans un système patriarcal. (j'ai bien compris que ce n'était pas votre argument, mais c'est celui des masculinistes)


Dans l'exemple que j'ai donné, la violence reprend justement les mécanismes de la violence dominante, en réduisant un individu à son sexe, sa couleur de peau, etc. 


Le racisme systémique va bien au-delà il me semble. Dans votre exemple, le seul droit qui a été enlevé a été de ne pas assister à la réunion. Ok, pour des raisons liées au sexe, à la couleur de peau (et au fait de ne pas partager les discriminations dénoncées)... Mais la comparaison s'arrête là, la violence n'est vraiment pas comparable avec le fait d'être considéré comme inférieur.es, comme n'ayant pas les mêmes droits que d'autres, etc. 


Sur votre dernier paragraphe, je ne suis pas certaine de moins bien vous lire que vous ne me lisez et il me semble que c'est le propre des discussions, des fois ça marche, des fois non, mais vous êtes tout à fait libre de me répondre ou non (et moi de même ;)

Je pense qu'il ne s'agit pas de savoir si ces violences se valent, il s'agit de reconnaitre que les deux existent. Et visiblement, c'est pas gagné.

En fait c'est un problème de rigueur intellectuelle : vous confondez processus et résultat, ici les violences. Ce n'est pas parce que le processus est similaire que les résultats le sont (cela dépend des conditions, du contexte, des moyens, etc.). C'est pour ça que les mots sont importants, et surtout la rigueur avec laquelle on les utilise.

Je plussoie. Il est indéniable qu'il existe, et les réactions à vos commentaires sont éclairantes, une forme de police de la pensée sur les dérives qui peuvent survenir à ne pas vouloir voir dans certaines révendications de groupes discriminés dont au passage certains se font les hérauts sans aucune légitimité, des propositions dérangeantes. Je pense personnellement aux personnes transgenres dont on confond à dessein la question des droits avec la question sur la transition elle-même.


C'est pourtant exactement la même distinction que fait JLM sur l'immigration. Considérer qu'on doit accueillir inconditionnellement l'autre ne doit pas empêcher le se questionner sur ce qui pousse certains à quitter leur pays.

Pour ceux qui l'auraient ratée cette vidéo, qui tourne sur les réseaux depuis quelques années déjà, dit tout ce qu'il y a à savoir sur le fameux "racisme anti-blancs".

DÉCOUVRIR NOS FORMULES D'ABONNEMENT SANS ENGAGEMENT

(Conditions générales d'utilisation et de vente)
Pourquoi s'abonner ?
  • Accès illimité à tous nos articles, chroniques et émissions
  • Téléchargement des émissions en MP3 ou MP4
  • Partage d'un contenu à ses proches gratuitement chaque semaine
  • Vote pour choisir les contenus en accès gratuit chaque jeudi
  • Sans engagement
Devenir
Asinaute

5 € / mois
ou 50 € / an

Je m'abonne
Asinaute
Généreux

10 € / mois
ou 100 € / an

Je m'abonne
Asinaute
en galère

2 € / mois
ou 22 € / an

Je m'abonne
Abonnement
« cadeau »


50 € / an

J'offre ASI

Professionnels et collectivités, retrouvez vos offres dédiées ici

Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.