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Martinique : une chronique de Politis accusée de "pillage"

L’enseignante et historienne Laurence De Cock préfère utiliser "invisibilisation" que "pillage" pour désigner l’accusation de plagiat intellectuel dont sa dernière chronique sur l’histoire fait l’objet, de la part du fondateur d’une revue intellectuelle antillaise, Zaka Toto. Plongée dans les eaux troubles de la vulgarisation historique, ici teintées de critiques ironiques adressées à une intellectuelle spécialiste de l’enseignement du "fait colonial".

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C'est une chose d'expliquer comment les faits se sont déroulés de son propre point de vue, en pointant l'invisibilisation dont elle s'est rendue coupable; c'en est une autre de réellement faire son auto-critique; et c'est une troisième chose que de s(...)

« Être capable de dire ces simples mots : « Je me suis trompé·e », c'est une rareté dans le champ intellectuel. Il y a très très peu de personnes qui sont capables de ça ; je les compte sur les doigts d'une demi-main. »

(Source)


L'auto-critique ne cons(...)

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Je rejoins un peu de chacune de vos positions.
Elle aurait eu au beau jeu de s'excuser publiquement, via ses chroniques, tout en donnant sa chronique suivante à Zaka Toto.

Bon, j'avais pas entendu cette histoire avant son passage ici, donc merci à ASI (...)

Derniers commentaires

Ah, les gauchistes intersectionnels sont merveilleux, depuis leur tour d'ivoire parisienne ils donnent des leçons de "privilèges" à qui veut les entendre (essentiellement d'autres gauchistes intersectionnels parisiens manifestement privilégiés). Il est bon de les voir se prendre une paire de gifle méritée de temps en temps.

Donc tout le monde s'est abonné à ZIST ici si j'ai bien compris ?

Du coup, on devrait arrêter de rédiger des articles et des livres, des films aussi. Il y a forcément quelqu'un qui a déjà raconter notre histoire, et si on n'est pas né dans le lieu de notre histoire on est un voleur c'est bien ça ?

Quelle mauvaise foi......

En plus, l'attaque d'une "Blanc.he" est très déplacée, c'est bien connu les femmes ont le pouvoir dans la presse ! ....

A l'heure où j'écris ce texte, son compte n'est plus disponible : https://twitter.com/laurencedecock1

Kemi Séba est venu en Martinique en Mai 2018 pour une action symbolique centrée sur le sucre .


Quand Zaka Toto  publie une analyse de cette action il s'est passé 18 mois , il s'en explique ainsi :


 "Je me suis retenu de revenir au 18e siècle. Et puis il a fallu des recherches, le temps d’écriture, de relecture, d’allers-retours avec mon cercle de confiance sur ce sujet. Bref, du travail.

Pour le composer, il fallait une connaissance assez pointue du territoire, de son histoire, des idées qui y ont émergées. ……. à sa lecture on peut comprendre aisément que cette connaissance est, je crois, fine. J’ai mis une vie à la raffiner. Comme un artisan."

Finalement la publication, en 4 parties est faite sur le site de sa revue : ZIST fin Janvier et debut février 2020 .


Sa réflexion est  bien accueillie selon lui qui parle d'un succès certain . 


Laurence de Cock arrive en Martinique  10 jours plus tard, son projet était-il d'écrire un article sur le sucre ou cette idée lui est-elle venue sur place en discutant avec des intellectuels qui avaient lu la contribution de Zaka Toto ?














Cette histoire aura permis de découvrir cette série d'articles remarquable de Zaka Toto. On parle pas assez de la menace pour les causes décolonial/antiracistes que consitue Sémi Keba (pardon Kémi Seba!)

Merci pour cet article


L'occasion pour moi de relire Aimé Césaire et son discours sur le colonialisme.


Quand les pratiques de cette gauche paternaliste incarné par LDC sont denoncées , quand les gens qu'elle représente ne pratiquent que l'autoflagellation au lieu de la responsabilisation, quand les oppresseurs se proclament victimes face à la révolte , quand tous ces matagraboliseurs sont à l’œuvre , j'ai envie de dire à Zaka Toto : bienvenu , je vous vois  dans ce monde médiatique qui nous enfume.


C'est une chose d'expliquer comment les faits se sont déroulés de son propre point de vue, en pointant l'invisibilisation dont elle s'est rendue coupable; c'en est une autre de réellement faire son auto-critique; et c'est une troisième chose que de s'excuser. A ma connaissance, L. De Cock ne s'est pas encore excusée (publiquement ?), ce qui aurait été la moindre des choses...

Et comme pointé en fin d'article, il aurait sans doute été judicieux de laisser l'espace de sa chronique dans Politis à Zaka Toto, plutôt que de réécrire une chronique où elle prend encore la place des racisé.e.s...

« Être capable de dire ces simples mots : « Je me suis trompé·e », c'est une rareté dans le champ intellectuel. Il y a très très peu de personnes qui sont capables de ça ; je les compte sur les doigts d'une demi-main. »

(Source)


L'auto-critique ne consiste pas à se donner des bons points ou à se flageller. Elle ne consiste pas à défendre que l'on ne pouvait pas faire autrement ou que l'on a eu une attitude normale.

Elle consiste à identifier une erreur, un défaut, et les mécanismes qui y ont conduit. Une erreur qui était impossible à éviter n'en reste pas moins une erreur et elle doit être étudiée (pour peu que cette étude apporte quelque chose, ce qui est quasi systématiquement le cas) en posant de côté l'orgueil et les regrets pour devenir un objet d'étude dans un contexte à comprendre.

Le fait que l'objet d'étude est notre propre personne ou nos propres actes nous laisse un avantage inestimable : nous n'avons jamais accès à autant d'informations et d'indices sur les mécanismes sous-jacents lorsqu'il s'agit d'un·e autre, pour peu que l'on ait appris à s'observer.


C'est pourquoi l'auto-critique est une arme extrêmement puissante.

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