200
Commentaires

#LibéRacisme : une chronique de Libé jugée sexiste et islamophobe

"Beurettes tapageuses", "ceinture de chasteté explosive" et "conducteur salafiste". Jugée sexiste et islamophobe, une chronique du journaliste de Libé Luc Le Vaillant a suscité une vague d'indignation, notamment sur Twitter. Une chronique défendue par Laurent Joffrin, mais critiquée en interne. Un texte qui s'ajoute surtout à la longue liste des polémiques créées par Le Vaillant, interrogé il y a quelques mois à ce sujet sur notre plateau.

Derniers commentaires

Ça raconte un truc du genre : « Avis aux terroristes : N'arrivez pas en niqab mais habillé bourgeoisement, les agents de sécurité vous tiendront la porte et les passagers du métro vous aideront à porter vos paquets. » Je connais des concierges qui ont ouvert eux même la porte aux cambrioleurs sur un « délit de bonne gueule ».

La peur irraisonnée est le lit de la bêtise et des réactions stupides. Cet écrit en est un exemple, mais il est effectivement représentatif d'une partie ce qu'on entend en ce moment. Pas de quoi faire un monstrueux fromage.

J'en connais d'autres en haut lieu qui ont fait 100 fois pire dans la plus totale absence de réflexion, on a assisté à des choses hallucinantes que je ne pensais pas possible en France parmis nos (ir)responsables politiques. Je comprends mieux certains épisodes de notre histoire...
Il est plus que temps de promouvoir un obscurantisme éclairé !
Hobbes marxiste, Spinoza libéral ?
Merveilleuse société ou l'on peut à la fois défendre l'IVG et le port du voile intégral.
Où l'on se choque d'une fessée parentale mais défend le droit d'enfoncer des tisonniers dans le cul (le sien ou celui de son partenaire consentant) au nom de la liberté sexuelle et du droit à la vie privée.
Où l'on trouve l'humour de Patrick Timsit insupportable (mongoliens et crevettes) mais défend, au nom de la liberté religieuse et du respect de la diversité, le droit de prêcher des insanités dans des lieux de culte.

Le jour où l'homme libéral politique post soixante huitard comprendra que le fait privé est doté d'une normativité collective, et que la neutralité de l'espace public est un mirage non seulement impossible, mais pas souhaitable, la société française aura progressé.

En attendant traitez moi de raciste, si ça peut vous faire du bien.

Cette affaire d'islam est magique tout de même... les français sont tellement obsédés par les rapports de domination qu'ils en oublient de traiter le fait religieux - et les revendications qui l'accompagne - avec le respect qu'il mérite.
Excellente tribune, qui devait ouvrir un débat et pousser à réfléchir.
Mais nous vivons une époque où plus grand'monde n'est équipé pour ça !
La dictature des imbéciles a, une fois de plus, tué dans l'œuf une vrais question de fond...
"Plusieurs passages alternant entre clichés sexistes, orientalistes et racistes"

Mettre l'orientalisme au même niveau d'infamie que le racisme et le sexisme, n'est-ce pas du racisme ?
.....et cette voilée semble l'avoir bien compris......L'article ne parle de rien d'autre , et plutôt bien , même très bien , non seulement le fond est juste mais la forme est belle , et liée , Luc le Vaillant , belle plume ( sans rire )
Si les religions sont équivalentes, honorable Ignatius, comment expliquez-vous que l'une seule d'entre elles soit élue à Auschwitz ?
Il y a deux manières de renvoyer dos-à-dos les religions. Les réfuter une à une et constater leurs réfutations. Et, en amont, se demander ce qu'est la religiosité. Là, l'horrible constat d'une hiérarchie des religions pointe le bout du nez. Toute religion prétend répondre à une question qui l'a fait naître. ( répondre à une question ne signifiant pas l'annuler). Là, l'horrible constat s'impose : les youp...euh ...les Juifs sont très au dessus du lot. Au point qu'il est permis de se demander si leurs ennuis ne viennent pas de là... Peut- être n'y a-t-il de guerre que de religion.
J'ai lu ce contenu hier, mais il était trop tard pour que je puisse en dire quelque chose ... Sans intérêt en fait. J'ajoute parce que ça me démange depuis longtemps... Il faut urgemment foutre la paix aux Musulmans. Plutôt voir le documentaire de Mordillat et Prieur sur "L'islam et Abraham", ce n'est pas le titre exact, mais j'ai envie de l'écrire ainsi.
Un bruit court selon lequel Luc Le Vaillant conserverait dans une fiole de cristal de Bohème une goutte de sperme de DSK.
Mais ça reste à vérifier.
Libération est pour moi le journal de gauche le plus machiste , c'est du porto a chaque édition . Juste dégeu pour moi , c'est un journal qui continu le délire sexuel de 1968 ou les femmes pa ce que pilule étaient sommé de baisé, et le mec ne se demandait meme pas si la femme en avait envie . Aucun mec ne se demande si une femme a envie de lui, et pourtant dans les couples c'est le principale problème , les femmes s'ennuient tellement au lit qu'elle arrêtent le sex , sauf pour l'hygiène , et les mec de gauche sont aussi nul sexuellement que les autres , aucune connaissance de la libido féminine , la leur leur suffit comme boussole .
http://dariamarx.com/2015/12/08/lettre-a-luc-le-vaillant/

Penser que Libération pense qu’il est utile de relayer votre opinion au lendemain des élections m’abasourdit. Vous ne pourrez pas baiser toutes les femmes, Monsieur Le Vaillant. Même avec votre imagination. Même avec votre esprit. Vous ne pourrez pas deviner toutes nos formes, explorer tous nos corps. Nous ne le voulons pas. Nous ne sommes pas consentantes. Laissez-nous vivre. Laissez nous nous couvrir et nous découvrir comme nous le souhaitons. Laissez nous donner du sens ou pas à nos vêtements. Laissez-nous croire, laissez-nous boire. Cessez de penser que vous comprenez les femmes, musulmanes ou juives, en mini-jupe ou en jean. Vous ne comprenez rien. Ni aux discriminations terribles qui pèsent sur les épaules de mes sœurs musulmanes, ni sur les oppressions subies tous les jours par les femmes de toutes confessions ou mode de pensée. Vous êtes un homme cisgenre blanc typique. Il y a vous et votre bite. Ne parlez donc que de cela à l’avenir.
Je trouve l'indignation suscitée par cet article parfaitement justifiée. Nous ne sommes pas confrontés à un choc des civilisations, mais à celui des ignorances
C'est dur, d'être un homme... sauf que non... Plus le droit de fantasmer (et de le dire, surtout, car pour les fantasmes, hein, liberté de penser) sur les petites nanas en minijupe qui montrent tout ou presque, voilà qu'on est obligé de se rabattre sur celles qui veulent rien (nous) montrer... Sauf qu'apparemment, et contre toute attente (??) on y gagne en torride. Et en buzz. Jackpot!

"Vous portiez quoi, le soir où vous avez été violée? Un décolleté profond? Vous l'avez pas un peu cherché, non? Un col roulé? C'était pas de la provoc, ça?"
1er ou 2ème degré, ironie ou pas ironie, je n'en sais trop rien. A la lecture des quelques extraits reproduits ici, le texte de Luc Le Vaillant fait plutôt penser à celui d'un journaliste qui joue au grand écrivain, qui fait du style pour le style. " Elle porte une abaya couleur corbeau. La tenue traîne jusqu’au sol et balaie la poussière des anxiétés alentour. […] Cette autre soutane monothéiste lui fait la cuisse évasive, la fesse envasée, les seins restreints. Les cheveux sont distraits à la concupiscence des abominables pervers de l’Occident décadent. […] Elle doit avoir dans les 25-30 ans. Elle est la sœur désolée et désolante des beurettes sonores et tapageuses qui égaient les soirées RATP." J'hésite entre l'admiration et la rigolade.
Un chronique bien pourrie dans Libé ? Je n'ose y croire.
Bien nostalgique de la colonisation.
Et émanant de gens qui se gargarisent pourtant du "vivre ensemble".
Elle est pourtant tellement dans l'air du temps, cette chronique.
Notre temps, où l'ennemi, ce n'est pas la clique qui nous gouverne, qui monte les individus les uns contre les autres. Ce n'est pas le capitalisme, qui enfante le terrorisme à coup d'injustice et de bombes "humanitaires".
Non, c'est le musulman.
Et surtout, la musulmane.
On aurait aimé lire la suite de l'histoire : on aurait pu voir cette salope (parce que c'en est une, hein, à venir faire de la provoc comme ça) "niquabée" (non, ce n'était pas un niqab, parce notre Vaillant croisé n'aurait pas pu décrire son visage) prendre des coups dans sa sale gueule d'intégriste, de supposée terroriste, de la part de tous ces passagers aux regards fuyants, mal à l'aise dans leur paranoïa. Ç'aurait été encore plus fun, le truc.

Sous les applaudissements de la foule en délire.
On a 40% de vote pour le FN, le tout journaliste se demande pourquoi,
y'en a un qui fait l'effort de mettre en place le jeu de miroir qui essaie d'expliquer et...
il se fait dézinguer....
Dézinguer par qui au fait?
Ou plutôt qui a mis le hashtag en TT? Ben c'est Thomson et Gresh du diplo, relayé d'abord par Al kanz et ensuite la meute de Salafs...
Des féministes s'en sont emparées ensuite.

Et qu'est ce qu'on a vu ensuite, les frontistes mort de rire de voir qu'énoncer que oui ca fait peur, dans le métro à Paris de voir une minette en niqab (parce que les débats sémantiques sur les robes islamiques ca échappe un peu à la majorité hein) ca vaut à libé q'uils n'aiment pas beaucoup beaucoup de se faire allumer, par les mecs qu'ils détestent. J'imagine d'ici Marine défendre la liberté d'expression de Libé...

Et à la fin quoi? ben des gens qui ont toujours aussi peur des minettes islamisées dans le métro, et qui ferment leur gueule sinon ils se font avoiner par plein de gens qui parlent bien.
A j'oubliais, le sexisme du francais de souche (gros porc) face à la beurette islamisée. Discours lancinant qui est ressorti hier. Ben je veux pas décevoir les féministes, mais les hommes sont pleins de fantasmes. Sisi.

Un mot pour finir, certains de ces idiots utiles du FNessaient d'expliquer que c'est libé qui fait monter le FN et que c'est pour ca qu'ils tapent dessus.

Heuuuu les gars, à part vous qui lit Libé?
Soif de complaire au boss. Rien que de très classique.
Bientôt je retourne en France. Ça ira plus vite : de quoi a-t'on le droit de parler en France ?
Retour En Thalys. Ai-je le droit de dire, de penser, d'avoir en tête qu'un connard peut faire un carton dans le wagon où je suis ou une cinglée se faire exploser et moi avec au moyen d'un joli gilet bourré d'explosifs et de boulons ?
C'est possible ? De dire que j'y pense ? Et si j'y pense et en parle, je suis quoi ?
Vraiment envie de rester ici.
Bientôt cernés par les le pen au nord et au sud, entourés par leurs électeurs et pas le droit de rien penser ?
Chouette perspective.
Ça fait envie.
Ce tollé est pathétique... D'autant plus que ce texte est plutôt drôle avec de gros morceaux d'auto-ironie... Bref les lignes sont toutes tracées, @si a l'air un choqué mais ce n'est plus vraiment surprenant... La palme de l'hypocrisie revenant à Willy Le Devin... Si c'est lui la relève de Libé ben c'est plus que mal barré. Au moins Le Vaillant il a du style.
Cette chronique, c'est jamais qu'une resucée du Voyage quand Léon y retrouve Ferdinand à Niouyork.
Il a ajouté : "Je t'ai reconnu tout de suite Ferdinand ! À la manière que t'es monté dans le tramway... Figure-toi, rien qu'à ta manière dont t'étais triste quand t'as trouvé qu'il y avait pas une femme. C'est-y pas vrai ? C'est-y pas ton genre ?"
Après l'épicerie, voici la femme tapie dans l'ombre.
Le plus gênant reste, dans l'article, ces " répulsions laïques".

La Laïcité passe d'un concept philosophique à une religion de bigots.
Mouais...

Encore un article parmi la foultitude quotidienne que peu de gens auraient lu (à tort ou à raison) sans la diffusion exponentielle a posteriori causée par ceux qui le critiquent.
Bref. Personnellement, je trouve le style littéraire pas terrible. Point barre. Mais chacun/e peut apprécier ou pas. Encore point barre. Franchement pas de quoi y passer des heures, avec les sujets qu'il y a en ce moment.
Mais personnellement encore - et surtout, citoyennement (heum) - je fais partie de ceux que ces accoutrements font flipper (pas seulement la mode féminine). Occasionnellement par une appréhension diffuse, comme mentionnée par Le Vaillant. Mais d'une manière générale, quand même, tout de même, quand bien même... 300 ans de luttes, d'éclairage (Lumières, hein), de prise de conscience, de travail sur l'esprit humain pour en arriver là, se retrouver dans ces situations.
Alors, quand s'ajoutent aux accusations de racisme celles de sexisme... Généralement le machisme n'est pas loin - d'un point de vue salafiste par exemple, cela doit bien faire sourire d'avoir ces soutiens outragés.
Waw le style du gars, c'est chaud d'écrire comme ça en 2015.
Et les propos, heu... le minimum aurait été de dire qu'il s'était senti ridicule après être sorti de la rame.
Son discours est exactement celui d'une personne endoctrinée par BFNTV ou TFN... Aucun recul...
Ça serait pas la première fois qu'une entité libérationnesque - ouais je mets Charlie dedans - balance des trucs islamophobes.
Et qu'on ne vienne pas discuter sur le terme, quand on a peur d'une femme voilée ça signifie quoi ?
Nulle part il n’est dit que cette femme scrutée porte un niquab, allô prenez conscience de vos obsessions.
Personnellement, je trouve que c'est un très beau texte littéraire.
Ce qu'il ressent, il l'exprime, et c'est tout à son honneur de reconnaître des préjugés et des peurs dormantes. Les contradictions et les incohérences sont le lot des êtres humains, et il y aura toujours des gens pour critiquer et crier à je ne sais quoi.

Comme dit le proverbe arabe : Les chiens aboient, la caravane passe !
Et si je pense que le niqab est un symbole d'appartenance à une secte, ça le fait où je suis un integriste ?
Libé est un journal faisandé à plus d'un titre mais je dois dire que je suis souvent enchanté par certains morceaux d'écriture qu'on y trouve (comprenez: mazette, c'est bien écrit) et les extraits ci dessus me font penser à ça.

Après j'ai quand même l'impression que les gens qui ont trouvé très bien d'aller bombarder la Libye et la Syrie baissent le volume sur les gens qui critiquent ça en faisant de la tempête dans un verre d'eau pour faire diversion. S'étouffer du gars qui parle(rait mal) de la femme qui a un voile pendant qu'on approuve au moins tacitement le bombardement des femmes similaires dans la même journée, il n'y a que mois que ça frappe ? Mais après tout Libé ne l'a pas volé. Il ne parle pas trop non plus des conséquences les plus problématiques de la politique internationale du présent gouvernement (ni du précédent en fait).
Ce qui pose surtout problème dans cette chronique (pour moi répugnante), c'est le faisceau des représentations qu'elle met en scène. Ce n'est pas seulement les sous-entendus libidineux, ce n'est pas seulement la xénophobie musulmaniaque instinctive (je ne trouve pas le mot d'islamophobie pertinent, je l'évite à dessein). C'est la fusion des représentations qu'un homme se fait ici d'une femme, qui est particulièrement choquante. Elle est de part à part dépeinte comme un objet, que ce soit sous la forme du bout de tissu qui parait-il la prive d'humanité, sous la forme du bout de chair-à-plan-cul fantasmé qui fait saliver l'auteur, et sous la forme de son accessoire en bandoulière qui en fait le réceptacle certain de la prochaine bombe terroriste.

Comment ne pas y voir le texte d'un gros porc pervers et libidineux écrivant de tout le haut de sa domination masculine et, sans doute, professionnelle (car quel pouvoir exorbitant de savoir bien écrire et de pouvoir le faire dans une tribune aussi large, quelle puissance jouissive que de se savoir ce pouvoir de fabriquer par la plume cette fille qui n'a probablement - en tout cas telle que se la projette l'auteur - pas une once de pouvoir pour y répondre [il ne faut pas négliger ce pouvoir symbolique, qui transpire de toute part dans le texte pseudo-poétique de ce Vaillant queutard déheskien : sa tournure littéraire est ici l'indice même de sa domination]) ?
Génial, ce texte de Le Vaillant !
c'est surtout parfaitement ridicule
et d'un style contourné - auto portrait tristounet
passons notre chemin
J'ai pris cette chronique pour ce qu'elle est je pense, billet d'humeur introspectif, et je ne suis pas choqué non plus.
Surtout, mais c'est valable pour le Monde comme Libé (et peut-être pour le Figaro aussi) : il y a de très bons articles, de très bons journalistes, précis, factuels, informatifs, mais ils sont représentés ou mis en valeur par des titres raccoleurs, outranciers, voir parfois allant contre le contenu, et par des gens qui sont les figures médiatiques et souvent médiocres, comme Leparmentier, ou Joffrin.
Je ne sais pas pourquoi ça se produit : organisation hiérarchique, rapport salarial, paresse des journalistes, peur, crise du secteur, ou peut-être aussi quand même journalistes en accord avec la ligne éditoriale... mais si à un moment on écrit dans un journal qui publie des torchons comme ça, il ne faut pas se demander si les gens associent le titre avec ceux qui en font partie.

Pour la chronique elle même, quand on tape toujours sur les petits, il faut se rendre à l'évidence : on fait partie de l'oppression. Si ça défrise (bien pensance, pruderie), le problème ne vient pas des gens dénigrés.
Les "blagues" sexistes, racistes, homophobes (etc), on se rend compte qu'elle sortent de la bouche ou du clavier de gens qui ne font que des blagues sexistes, racistes, homophobes (etc). Ca s'appelle juste tenir des propos sexistes, racistes, homophobes (etc).
Qu'est-ce qui est le plus dérangeant, que Libé le publie ou qu'il exprime son sentiment ?
Je ne sais pas quelle est la politique de Libé sur les chroniques, quelle liberté ont les auteurs, si il y a accord de la rédaction ou pas, mais je ne trouve pas si mal sa manière d'exprimer son malaise. On sent bien la subjectivité, qu'il n'y a pas là de prétention à la raison, qu'il fait parler son arrière-plan de représentations et son affectivité, et au final, il est probable que pas mal de gens en France ait le même genre de réaction que lui. Que peut-on lui répondre ? De s'imprégner de l'ambiance ninja pour être blasé, ne même plus y voir quelque chose d'étrange ? D'être dans le malaise mais de ne pas le dire ?
" pas mal de gens en France ait le même genre de réaction que lu"

Peut-être mais il embarque tout le monde !
Pas sûr d'avoir saisi mais ce serait alors bien la question du statut de son article. En fait, je me dis qu'un jour il faudrait que ça sorte, qu'il y ait vraiment exposition de ces sentiments qui me semblent habiter une partie de la gauche, celle sûre de sa supériorité culturelle, laïque, anti-cléricale, éclairée, féministe, austère ou libertine, convaincu qu'une femme voilée dans le métro est à libérer, qu'elle est en voie de faire du mal à elle-même et aux autres, que ce noir est un obscurantisme en marche etc.
De fait, c'est en partie vrai, il y a bel et bien de l'obscurantisme en marche qui prend cette forme même si ce n'est pas décidable sur des apparences, et il n'est pas toujours évident de saisir les nuances.
Ceci étant, peu probable qu'une kamikaze en France s'habille ainsi, surtout en ce moment, le bon sens aurait dû le rassurer...
Oui, je me suis posé la question du statut. De plus j'ai détesté :
"Cette autre soutane monothéiste lui fait la cuisse évasive, la fesse envasée, les seins restreints"

ps: je ne suis ni abonné ni lecteur même occasionnel de Libération, donc ne connais du texte que ce qui en est rapporté ici.
@Faab,

1- Ben oui, il y a une "gauche" très "colonialiste" qui assène ce qu'il faut être plutôt que d'amener la plus grande majorité des personnes à être tout simplement (l'éducation, le libre arbitre, le tâtonnement, les échecs-réussites...): Le Temps!
" Le plus dur dans l'existence est de devenir ce que l'on est." ( F. Nietzsche)

2- Ben oui, actuellement une kamikaze, pour être effiace, devrait s'habiller en prada...
Je ne sais pas quelle est la politique de Libé sur les chroniques, quelle liberté ont les auteurs, si il y a accord de la rédaction ou pas, mais je ne trouve pas si mal sa manière d'exprimer son malaise. On sent bien la subjectivité, qu'il n'y a pas là de prétention à la raison, qu'il fait parler son arrière-plan de représentations et son affectivité, et au final, il est probable que pas mal de gens en France ait le même genre de réaction que lui.



D'accord avec vous Faab. Je n'ai pas lu les réactions de ceux qui crient au racisme mais je dois dire qu'elle sont a priori stupide et je le dis d'autant plus que c'est Julien Salingue, un type que j'apprécie, qui a attiré mon attention sur ce billet via FB (Salingue avait envie de vomir).

Cette chronique est plutôt bien écrite et le malaise et les sentiments contradictoires qui m'envahissent lorsque je croise le chemin d'une femme entièrement recouverte trouve une résonance dans la prose de Le Vaillant.
Je ne le suis pas du tout sur la parano antiterroriste par contre mais c'est clair qu'une femme en niqab ça me fait toujours quelque chose. Un mantra qui s'installe dans ma tête: pourquoi??????

A tout celle et ceux qui surjouent l'indignation antiraciste ou antiantisémite quand un individu témoigne de son malaise face à une d'altérité telle qu'elle vous triture le cerveaux je dirais juste de quoi avez vous peur pour refuser d'essayer de comprendre.

Le refus de comprendre au nom de principes supérieurs porte en lui un sentiment de supériorité qui m'effrayer car il dissimule une intolérance au moins aussi grande que celle qu'il prétend dénoncer.

Que des bobos de gauche a la sauce libé soient mal à l'aise face au fondamentalisme musulman n'est pas un scoop en les invitant à s'autocensurer on met comme d'habitude le problème sous la table.
Certes les bobos de gauche à la sauce libé sont des donneurs de leçon invétérés et ils ne sont pas très tendre avec le malaise plus classique des classes populaire de souche vis à vis des noirs et des arabes ou le malaise des noirs et des arabes vis à vis du traitement particulier (de faveur) de l'antisémitisme chez ces même bobos à la sauce libé.

En s'enflammant au lieu de discuter calmement on ne fait que monter la bile.
Peut on essayer de comprendre mais être résolument contre le port de ce genre de voile sans se voir taxer d'intolérance ?
Quel type de monde enfante une femme qui porte un niqab ?
Que dit le voile de la manière dont elle va éduquer ses fils, si elle en a ?
Que dit son voile de la manière dont elle élèvera ses filles ?
Quelle place respective dans la société pour les enfants de femmes portant des niqab ?

Peut-on encore défendre avec ardeur une conviction - que tous les hommes ET LES FEMMES naissent libres et égaux en droit - sans immédiatement passer pour, au choix, un raciste ou un islamophobe ?

Une femme portant un niqab dans une société ou le fait est interdit s'embarrasse-t-elle de ceux qu'elle heurte, ou qu'elle choque ?

Bien sûr les journalistes de Libé qui se désolidarisent de Vaillant n'ont aucun préjugé.
AUCUN. JAMAIS, ils sont trop purs pour cela.
Ou alors ils ne foutent jamais les pieds à la cité curial, ni au métro Couronnes, pas plus qu'à Saint Denis ou à Champigny sur Marne, où les femmes en niqab se multiplient de manière exponentielle sous les yeux médusés de ceux qui ne se voilent pas et peinent, c'est humain, à comprendre leur geste.

Il faut arrêter de faire comme si la pureté existait et comme s'il était inconcevable et fatalement punissable d'avoir des préjugés. Tout le monde en a. ce qui compte, c'est ce qu'on en fait.

A ce titre, on peut être désolée de voir une femme en niqab, sans s'imaginer un instant blesser d'une quelconque manière le femme en question.

Pour finir, ce serait marrant que les journalistes de Libé passent quelques jours au sein de familles immigrées (dont je suis). Ils verraient que les expressions de type "les français ceci" et "les portugais cela" (suis portugaise) sont légion, et sans ontologiser, reflètent ce que chacun perçoit comme l'expression d'un trait culturel distinctif par rapport à un autre groupe, national ou autre.

Il faut nommer les choses. Mais bien sûr comme nommer c'est distinguer, et donc discriminer, il ne nous reste plus qu'à fermer notre gueule.

Le plus triste c'est que 130 personnes sont mortes au nom d'une pratique fanatique de la religion (bien qu'il ne faille pas gober tous les discours sur la radicalisation de l'islam, cf. les travaux d'Olivier Roy). Trois semaines plus tard on tape sur un journaliste qui avoue qu'il a peur, et qui expose crûment des sentiments mêlés qu'il peine à comprendre lui-même. Les réactions de la meute sur twitter me paraissent complètement à côté de la plaque.
manquerait plus que les femmes se mettent à réfléchir, alors quelle sont faites pour enfanter.
Une fois de plus, je me suis levé pour Danette !
on se lève tous pour Danette !
Quand même étonnée que vous ne soyez pas irritée par le sous-texte machiste : ce qu'il attend de cette fille est-il aussi désaliénant que ce qu'il semble affirmer ?
Ce bémol me parait bienvenu ...
Toutafé ! Je me lève pour Danette mais je m'assois sur Le Vaillant !
En 1968 à Champigny pas une seule niqabée ni voilée. A peine quelques vieilles qui portaient un foulard, comme la propre gezbd- mère le faisait dans son village. Je demande : il n'y avait aucune femme qui éprouvait des sentiments religieux ? C'étaient toutes des dévergondées ? Aucune pratiquait sa religion ? Toutes mécréantes ? Vraiment ?
La "meute" en parlant de Twitter, c'est un mot qui me plaît bien... le degré 0 de la réflexion... La meute à l'affût, prête à jeter l'opprobre sur n'importe quel individu qui ne ferait pas partie de l'Océania... Ils ne savent même pas pourquoi (pour qui) ils chassent... des carnassiers pris de folie collective, la folie de l'immédiateté...
Que dit le voile de la manière dont elle va éduquer ses fils, si elle en a ?
Que dit son voile de la manière dont elle élèvera ses filles ?
Je ne sais pas quels préjugés tordus se cachent derrière ces sous-entendu, mais sa semble être du lourd.

Peut-on encore défendre avec ardeur une conviction - que tous les hommes ET LES FEMMES naissent libres et égaux en droit - sans immédiatement passer pour, au choix, un raciste ou un islamophobe ?
Bien sûr, c'est pourquoi il me semble bizarre d'exiger des restrictions vestimentaires particulières pour les femmes.

Il faut arrêter de faire comme si la pureté existait et comme s'il était inconcevable et fatalement punissable d'avoir des préjugés. Tout le monde en a. ce qui compte, c'est ce qu'on en fait.
Certes, on a tous des actes ou des pensées dont on n'est pas le plus fier. Ce n'est pas une raison pour les étaler fièrement dans un journal, sans explications, dans un moment et sur un sujet particulièrement tendu. Crier au scandale raciste est sans doute ridicule, par contre du manque de discernement et du mauvais goût certainement.
"Je ne sais pas quels préjugés tordus se cachent derrière ces sous-entendu, mais sa semble être du lourd."

Voilà tout le problème.
Si vous vous figurez que le port du niqab est compatible avec la liberté politique et l'égalité hommes / femmes je ne sais pas de quelle planète vous venez. A se demander qui a le plus de préjugés tordus.

Vous pourrez toujours m'argumenter que la femme en niqab est l'égale de son homme dans son foyer, mais c'est exactement le genre de billevesée que balançaient les anti MLF dans les années 60' : "ah mais les femmes dirigent le foyer, elles prennent les décisions, souvent même, tiennent les cordons de la bourse, de quoi se plaignent elles ? ne sont-elles pas les reines de la domesticité ?". Elles sont bien les égales des hommes, c'est juste que leur place est différente.

Bien sûr, cette place est tellement privilégiée que les hommes, jusqu'à aujourd'hui, se ruent sur leur foyer dès que c'est possible, espèrent quitter leur travail, et détestent intervenir dans la cité. C'est tout à fait évident.

Bien sûr vous pouvez également argumenter que la liberté, c'est de se choisir toutes les chaînes qu'on veut.
Vous pouvez également me dire que la liberté c'est de se choisir le modèle de vue qu'on veut.
Qu'on peut porter atteinte à sa propre dignité si on le souhaite (d'ailleurs la Cour européenne des droits de l'homme est d'accord avec ça, c'est formidable).
On devrait même pouvoir se mettre en esclavage librement non, si on y a consenti.

La liberté, c'est l'esclavage
La vérité, c'est le mensonge
La guerre, c'est la paix.

Les mots ont un sens Kusto.

La liberté n'est pas un espace d'indétermination dans lequel on "fait ce que l'on veut".
La liberté suppose certes un espace important d'auto détermination mais pas que, car si elle est une donnée objective elle est aussi un objectif politique : le but d'une société devrait être de rendre les hommes et les femmes les plus libres possibles.

Je ne m'explique pas, de ce point de vue, qu'on en arrive, en occident et au nom de la liberté, à défendre les revendications de celles qui veulent s'en priver pour elles mêmes, au nom du fait religieux, qui avait en France, jusqu'à ce que l'islam devienne un fait social majeur, l'importance des superstitions type patte de lapin.

Il est tout à fait frappant de constater le mépris qu'inspire aux français libéraux les revendications culturelles des catholiques finissants, et d'assister dans le même temps à la défense des revendications féminines fondées sur l'islam.

Jusqu'à une période récente le féminisme était universaliste : il supposait l'auto détermination, mais vers davantage d'autonomie politique des femmes. La burqa est le contraire de l'autonomie politique, elle retranche les femmes de la cité : elle le fait symboliquement, par la dissimulation des visages et des identités, mais également juridiquement, dans les pays où la charia est appliquée.

Donc j'ai très envie de vous demander dans quel type de France vous souhaitez vivre pour l'avenir ? Comment voyez vous l'avenir politique de ce pays ? Personnellement l'idée que mon fils grandisse dans un environnement où le port d'un vêtement noir dissimulant l'identité des femmes me glace le sang. Que reste-t-il de l'autonomie quand le voile retranche les femmes de la vie politique ? Rien.

Je ne comprends pas très bien où vous voyez là des préjugés.
Si vous voulez dire par là que j'ai une conception différente du voile de ceux qui le portent, je l'assume totalement.
Je suis née en France, et mon point de vue est donc culturellement marqué - ce qui est non seulement inévitable mais absolument nécessaire quand on veut dessiner un monde décent pour l'avenir.

Je pense par exemple que défendre mon point de vue est nécessaire pour que demain le voile intégral (auquel je prête un sens spécifique) ne soit pas devenu la norme du fait des revendications de ceux qui le portent (et qui leur prêtent éventuellement un sens autre, religieux notamment.). En effet en France le religieux ne doit pas dicter les affaires publiques. Dans la mesure ou un voile intégral a des conséquences politiques collectives fortes, que je réprouve, il m'apparaît clair que je ne peux l'envisager positivement.

Notez que la femme portant sa burqa ne fait pas autre chose : elle parle de quelque part. De son identité construite sur une conscience islamique forte, de son arabité pour certaines, du dégoût de l'occident pour d'autres (y compris chez les convertis bien sûr).
Il ne vous aura pas échappé que la meuf de la chronique ne porte pas de voile intégral, pas vrai ?
Merci je sais lire. Reprenez le fil de la discussion, c'est moi qui ai parlé de niqab plus haut.
"Bien sûr, c'est pourquoi il me semble bizarre d'exiger des restrictions vestimentaires particulières pour les femmes."
Si des hommes se promenaient entièrement vêtus de noir et dissimulant leur visage, les réactions d'inquiétude seraient les mêmes. Il se trouve que ce sont les femmes musulmanes qui sont concernées. L'homme musulman (pas la religion nous dit-on) impose ce vêtement à "ses" femmes pour protéger "son" bien, pas à lui. Pas fou. C'est une conception des rapports hommes/femmes qui va à l'encontre de la vie dans une société démocratique, à l'encontre du respect que l'on doit à tout être humain.
Dans nos sociétés la dissimulation est mal vécue. Exemple: les casseurs encagoulés dans les manifestations. Cela vous choque? En Occident mais aussi en Asie non musulmane, en Amérique du Sud, en Polynésie, en Afrique non musulmane, nous aimons avoir un visage en face de nous parce qu'il participe puissamment à l'expression des sentiments, à l'échange.
Enfin, nous n'imposons pas de restrictions vestimentaires, mais nous opposons aux restrictions que ces femmes soumises s'imposent ou se voient imposer.
(...) Quel type de monde enfante une femme qui porte un niqab ? (...)


Une femme qui porte un niqab ? Toutes les mêmes ?
En l'occurrence, ce n'était pas un niqab et pensez-vous que Mélanie ex-"Diam's" Georgiades élèvera ses enfants comme une paysanne afghane ou une princesse saoudienne ?

Pour ma part, je ne sais pas encore ce que tout ça va donner, les femmes en France qui ont opté pour ces signes très ostensibles de religion sont encore jeunes, difficile de savoir quels modes de vie vont en émerger, si ils seront tenables, durables. Il y aura sans doute des groupes sectaires qui s'efforceront de perdurer mais si il n'y pas banalisation du rapport à ces tenues sur le mode "bonnes soeurs" ou moniales bouddhistes par exemple, ça risque d'être difficile à vivre.
toutes les mêmes ?
bien sûr que non
il doit y avoir du très religieux
de la revendication identitaire
du fait politisé qui prend le voile très couvrant (quel qu'il soit) pour protester contre l'impérialisme (Malcolm X est passé par là)
bref, toutes sortes de modalités

mais je ne comprends toujours pas que l'on accepte de voir les libertés se retourner contre les individus, sur leur demande
politiquement, cela n'a aucun sens.
Peut on essayer de comprendre mais être résolument contre le port de ce genre de voile sans se voir taxer d'intolérance ?

Non ce n'est pas possible: s'affirmer contre le port du voile, c'est être intolérant, c'est dénier aux musulmanes (et en j'en suis une) le droit au libre exercice de leur culte. D'autres vont plus loin et nous insultent pour le simple fait d'avoir une religion, ceux-là nous dénient aussi le droit à la liberté de conscience.

Ces deux droits sont pourtant garantis pas l'article 1er de la loi de 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat: " La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public."

Mais il faut croire que de nos jours seuls les musulmans et les défenseurs des libertés publiques s'en souviennent.

Quel type de monde enfante une femme qui porte un niqab ?

Je vous renvoie la question: quel type de monde enfante des individus qui objectivent les femmes, jugent de la légitimité de leurs pratiques religieuses et de leurs tenues vestimentaires non pas sur la base du droit et du respect des libertés individuelles mais de leur conformité à la norme, et remettent en cause la capacité de ces femmes à réfléchir pour elles-même et faire leurs choix en conscience, les infantilisant de manière ouverte?

Que dit le voile de la manière dont elle va éduquer ses fils, si elle en a ?
Que dit son voile de la manière dont elle élèvera ses filles ?
Quelle place respective dans la société pour les enfants de femmes portant des niqab ?


Le voile ne dit rien de tout cela: il n'est que la manifestation extérieure d'une profession de foi (qui consiste en un choix de croire en l' existence de Dieu et à la parole de son messager Mohamed, et d'appliquer les préceptes de la religion que ce dernier est venu enseigner). Il reflète également le rapport qu'une musulmane a à son corps, sa conception de la pudeur.

Il n y a pas de communauté d'opinions entre les femmes voilées sur les questions d'éducation. Certaines ont une discipline très souple avec leurs enfants et sont très impliquées dans leur scolarité, d'autres sont elles-mêmes en difficulté et auraient du mal à occuper pleinement leur rôle d'éducatrice sans un soutien à la parentalité. Les mêmes cas de figure peuvent se retrouver chez les femmes non voilées et chez les femmes non pratiquantes.

Quant au rapport au genre, prétendre que les musulmanes enseignent à leur filles qu'elles sont inférieures aux garçons, alors qu'elles manifestent quotidiennement par leur présence à l'école, dans le monde du travail, dans le monde associatif leur adhésion à une société mixte qui garantit juridiquement l'égalité des sexes, c'est juste faire preuve d'hypocrisie. On ne fait actuellement aucun procès d'intention aux autres confessions monothéistes, notamment chrétiennes, qui ne sont pourtant pas davantage libérales que l'Islam sur cette question. Mais comment résister à la tentation quand la cible est si facile: arabes ou noires de peau, majoritairement pauvres, peu ou mal éduquées, très souvent précaires dans l'emploi et refusant les codes sur l’apparence que certaines féministes blanches dénoncent aussi pourtant etc... Il ne faut pas s'étonner de se faire taper dessus quand on est si vulnérable.

Par ailleurs, la société française est loin d'être un modèle en matière d'égalité des sexes: les inégalités d'accès aux formations scientifiques, aux postes des responsabilité, en matière de salaires, dans la répartition des tâches ménagères etc.en sont la preuve. Il y a honnêtement mieux à faire que de s'attaquer aux musulmanes.

Peut-on encore défendre avec ardeur une conviction - que tous les hommes ET LES FEMMES naissent libres et égaux en droit - sans immédiatement passer pour, au choix, un raciste ou un islamophobe ?

L'homme et la femme républicains, démocrates, mais surtout modernes et privilégiant la raison feraient usage dans un cas pareil de leur capacité de réflexion pour remettre en cause les impensés de leurs discours. Éventuellement également la forme dans laquelle ils transmettent leurs opinions.Dire qu'on est pour l'égalité hommes et femmes n'est évidemment ni raciste ni islamophobe, est ce à dire qu'il est impossible que certains éléments dans ce discours sur la défense de l'égalité ne sont pas ce qu'ils paraissent à ceux qui le soutiennent, et ne peuvent pas tels qu'ils sont présentés paraître islamophobes ou racistes?

Les questions qu'il serait bon de vous poser devraient plutôt être: en quoi cette critique pourrait elle être légitime? Qu'en est il de ma capacité à entendre et reconnaître les remises en cause qui me dérangent?

Une femme portant un niqab dans une société ou le fait est interdit s'embarrasse-t-elle de ceux qu'elle heurte, ou qu'elle choque ?

Elle ne devrait pas s'embarrasser de l'opinion des autres sur ses croyances, car la loi de 1905 l'en dégage. Dans une société qui respecterait ses propres règles, et appliquerait la tolérance qu'elle professe et sur laquelle elle s'appuie largement pour justifier la supériorité morale qu'elle affiche (et qui est très contestable), cette musulmane aurait pour elle sa liberté de conscience et de culte. Elle serait soutenue par tous les vrais démocrates, attachés au respect des libertés fondamentales. Le problème qu'ont les islamophobes avec l'Islam serait uniquement LEUR problème, sans effet de contagion de cette haine minoritaire.

A ce titre, on peut être désolée de voir une femme en niqab, sans s'imaginer un instant blesser d'une quelconque manière le femme en question.

Votre manque d'imagination, d'attention et de bienveillance en la matière est plus que triste, il est dangereux et anti-républicain.
Il n'est pas compatible avec l'idée de fraternité de ne pas s'inquiéter de l'effet qu'ont vos propos sur vos compatriotes de confession musulmane, surtout dans le contexte actuel où le risque de stigmatisation de ces citoyens français du fait de leurs convictions religieuses est dénoncé par beaucoup de personnes.

Il faut nommer les choses. Mais bien sûr comme nommer c'est distinguer, et donc discriminer, il ne nous reste plus qu'à fermer notre gueule.

Quand on a rien à dire, il vaut en effet mieux se taire.

Le plus triste c'est que 130 personnes sont mortes au nom d'une pratique fanatique de la religion (bien qu'il ne faille pas gober tous les discours sur la radicalisation de l'islam, cf. les travaux d'Olivier Roy). Trois semaines plus tard on tape sur un journaliste qui avoue qu'il a peur, et qui expose crûment des sentiments mêlés qu'il peine à comprendre lui-même. Les réactions de la meute sur twitter me paraissent complètement à côté de la plaque.

Qu'en est il de la peur dans laquelle vivent les musulmans et les musulmanes?
De ceux qui n'ont en rien participé aux attentats du 13 novembre, se sont sentis profondément choqués par les attaques, ont pleuré les victimes dont certaines étaient aussi musulmanes, mais qui doivent malgré tout subir des injures, des violences physiques, des dénonciations abusives entraînant des perquisitions injustifiées et humiliantes, des assignations à résidence sur la base d'une vague suspicion, des dégradations de leurs lieux de culte,...Qui se soucie de leurs peurs?

Les chroniques comme celles de Libé réduisent les musulmans à leur foi pour mieux nier leur humanité. Voilées ou pas, on emprunte les transports en commun comme tout le monde pour aller étudier, travailler, récupérer nos enfants à la crèche ou à l'école, faire nos courses et on est susceptible d'être victime comme n'importe qui d'autre qui traverse l'espace public. Je ne vois pas en quoi la peur de ce pseudo journaliste serait plus fondée ou plus forte que la mienne, pourquoi il serait en droit d'exprimer ses instincts les plus bas alors qu'on nous demande de faire profil bas.

Qui plus est la religion n'est ni la seule, ni la 1ère explication aux attentats, qu'on arrête donc de se focaliser sur les musulmans: les vraies priorités du camp sécuritaire sont ailleurs et mettent à mal la démocratie avec l'état d'urgence et les atteintes aux libertés fondamentales bien plus que ne pourraient le faire les musulmans s'ils en avaient le pouvoir.
pardon, je n'ai pas le temps de répondre, il me faudrait au moins une heure et je n'en dispose pas.
juste sur une chose :

"On ne fait actuellement aucun procès d'intention aux autres confessions monothéistes, notamment chrétiennes, qui ne sont pourtant pas davantage libérales que l'Islam sur cette question."

si, j'en ai fait. j'ai reçu une éducation catholique traditionnelle, qui, combinée à une culture également traditionnelle (village portugais avec un profil type de parents ayant grandi dans les années 40), qui a pesé lourd dans mon émancipation (impossible évidemment).

donc je m'applique les procès. je ne fais pas de différence. et je me suis battue contre mes parents. très violemment, car ma "francisation" les a terrorisés, l'altération de la culture d'origine étant importante. je comprends donc parfaitement ce que c'est que d'être "différent", que d'être modeste, ouvrier, pauvre, et désigné, accusé. je suis blanche donc c'est plus facile pour moi, je le sais, mais j'ai une conscience aiguë de ces problématiques.

c'est je crois la raison pour laquelle le fait religieux m'interroge, en particulier le port du voile. comme je l'ai écrit ailleurs ici nous en faisons tous des interprétations différentes, et si l'on peut tenter de comprendre celle d'autrui - au nom de la tolérance que vous revendiquez - on ne peut saborder ses propres conceptions - ce que vous ne faites pas, vous restez droite dans vos bottes : vous avez posé une option de vie, vous lui prêtez un sens particulier, et vous n'en démordez pas.

je ne sais comment aborder ces différences de point de vue.
la diversité est une immense richesse, j'en suis convaincue.
mais je ne sais quoi en faire quand elle propose des manières d'être au monde qui me semblent incompatible avec la société française telle que je me la figurais - et ce n'est pas une question de couleur, ou d'origine géographique, je me fous royalement d'où viennent les gens, de la teinte de leur peau. cela a à voir avec les valeurs partagées.

bref, beaucoup à creuser encore.
mais vous voyez, je trouve triste que ma conviction exprimée vous conduise à me dire intolérante.
cela prive quiconque d'avoir une conviction.
vous devriez vous e priver vous même, au passage.

bien sûr une société libérale s’accommode parfaitement de ce type de dialogue, mais il n'autorise pas la constitution d'une communauté politique. me semble-t-il.
Votre combat contre vos parents ne vous exonère pas au minimum du respect pour les musulmans, et en fait à la bienveillance et au soutient que nous devons leur apporter, en ces temps difficiles et oppressants, surtout pour eux.

L'oppression qu'ils subissent directement par le racisme ambiant (qui s'aggrave de jour en jour), est bien plus grande que l'oppression supposée qu'ils subissent en respectant une croyance religieuse monothéiste (ie le port du voile). Remplacer une "petite" oppression (porter un foulard) par une chasse aux sorcières, un vote FN, etc. n'est pas judicieux, pour le moins.

Vous etes intolérante quand vous voulez imposer votre vision des choses, vos croyances (le foulard = oppression de la femme). Alors que des normes vestimentaires, on en trouve partout ! Le voile n'est donc qu'une excuse à peine voilée (héhé) de l'islamophobie au pire, et de l'anti-religiosité primaire au mieux.
"vous voulez imposer votre vision des choses,"

complètement crétin
pardon mais avoir une opinion sur un sujet de conduit pas à "imposer" quoi que ce soit à quiconque, puisque me semble-t-il seul l'Etat dispose du monopole de la violence légitime, et que je ne suis pas, c'est un fait, législateur.

ne pas réussir à saisir ce qu'est un débat d'idées contradictoire est une maladie mentale for répandue, et c'est regrettable.

Par ailleurs je suis tout à fait anti religieuse, c'est une tradition française bien locale, ne vous en déplaise
jusqu'à il y a peu elle faisait sourire la plupart des religieux paisibles qui s'en accommodaient fort bien, et grincer des gens les intégristes tenus de fermer leur gueule.

Il est dommage de constater que les temps aient changé au point où on ne peut plus donner son avis et argumenter une conviction sans se faire attaquer personnellement. je n'interdit à personne sur ce forum de donner son avis contraire, pas plus que je ne peux vous faire taire quand bien même votre critique m'afflige. et c'est très bien comme ça.

donc merci de "respecter" mes convictions même si elles vous semblent violentes.
vous respectez bien celles des femmes en burqa, qui sont, me semblent il, l'objet de mes développements, tous les voiles n'ayant pas le même sens ni la même portée

mais la subtilité c'est pas votre truc non plus manifestement.
Heu, pourquoi tant de violence, et des insultes dans votre message ?
En quoi n'ai-je pas respecté vos opinions en donnant des arguments contradictoire (ce que par ailleurs vous faites semblant de demander) ?
Vous ai-je attaqué personnellement ? Contrairement a vous, vous ai-je insulté ?

Vos reproches peuvent s'appliquer d'abord à vous-même, avant de faire des leçons à ces "[s]abruties de[/s] musulmanes voilées, incapables de comprendre qu'elles sont aliénées, [s]ces connes[/s], on va leur apprendre [s]la soumission à nos valeurs[/s] la libération de leur dogme pour la démocratie, la liberté [s]et mon cul sur la comode[/s] et la [s]chrétienté[/s] laïcité".
J'ajoute, tant que j'y suis:

- La phrase que vous citez n'était pas "vous voulez imposer votre vision des choses," mais "quand vous voulez imposer votre vision des choses,". Grosse différence
- La violence d'Etat n'est pas légitime à mes yeux.
- Les oppressions que nous subissions tous (et en particulier les musulmans bien souvent en bas de l'échelle sociale), à cause du système économique (capitalisme) et politique (Veme république) actuels, est bien supérieure à l'oppression(supposée) que subissent les musulmans à cause de leur religion. Donc se focaliser sur le voile et la critique des musulmans sous prétexte de leur "libération", est tout simplement mensonger. Si vous vous préoccupiez réellement de leur "libération", vous lutteriez contre les inégalités, les oppressions constantes qu'ils et elles subissent (le racisme), et plus généralement contre le capitalisme, qui nous opprime tous.
Tiens, sur la perception occidentale du voile avec la "galanterie française" d'ancien régime (ceci n'est pas un détail) en arrière-plan, voir le passionnant et subtil entretien que mène Laura Raim avec Ivan Segré sur le site Hors Série.
Entre 14 et 22 minutes plus ou moins.
Vous n'êtes pas législateur mais citoyen qui met en place par ses votes et les idées qu'il défend des législateurs, quelle différence ? Le problème ne réside pas dans le pouvoir que vous avez ou non, mais bien dans la violation des libertés individuelles que vous voulez institutionnaliser.
Sandy, se réveiller, s'étirer, boire un café en regardant les premières lueurs du jour, entendre son coq s'égosiller et lire : " mais citoyen qui met en place par ses votes et les idées qu'il défend des législateurs.." c'est d'une cocasserie extrème.

Merci pour ce fou rire.
Tout mon soutien Pessoa, bravo pour cette réponse. La déshumanisation des musulmans qui transparait dans certains discours de personnes se pensant progressistes, dont celui auquel vous venez de répondre, est glaçante.
"est glaçante." ??? Vous "givrez" pour pas grand chose...
Oui, mais pourquoi pas ne pas en porter, de voile ou autre truc?
Et si je suis (du verbe suivre) Pessoa pour me laisser entrainer à comprendre avec bienveillance, et entrer dans un autre point de vue, je ne vois dans le voile, une fois de plus, qu'une sorte d'étoile jaune (i.e. un signe extérieur, l'étoile jaune a été une affirmation de sa croyance, une fierté acceptée même si non revendiquée et non choisie, et pas seulement le signe d'infamie qu'on a compris après/pendant/avant, c'est selon, qu'il était).
Je vois des gens qui veulent me mettre sous le nez leur religion, dont je me fiche puisque je n'ai ni préjugés ni haine et que je ne fais point d'amalgames.
Mais alors j'ai une énorme incompréhension complète. Tout me semble d'une incohérence de top niveau, digne des meilleures anguilles sous roche de notre psycholo psychanalo sociolo, à l'image des circonvolutions de notre cerveau ressemblant à celles de tout un tas de petites bêtes, ce qui devrait nous mettre la puce à l'oreille, de l'insignifiance de tout ça.
Mais comptez pas sur moi pour creuser la question puisque je m'en moque.
bravo pour le point godwin ("étoile jaune")

Laissez les gens tranquilles, faire leur propres choix, leurs propres aliénations. Tout le monde en a, les musulmans ne sont pas les pires, loin de là. Pourquoi se focaliser là dessus ?
On ne le repètera jamais assez : le monde est divisé en deux groupes : les bons (c'est nous) et les méchants (c'est eux). Jusqu'à mon dernier souffle je crierai ce message !
Moi je n'ai rien contre les musulmans.
Mais j'ai tout contre tous ceux qui de pres ou de loin considéraient comme normal ou justifié de s'en prendre à Charb et aux autres ("Chéééé" et qu'on me dise pas que c'était à la marge! Je l'ai entendu. ).

La réalité est la suivante, à cause de musulmans intégristes les libertés ont fortement régressées en France.
Il n'est plus possible par exemple de dessiner Mahomet.
Et les femmes en Niqab expriment une forme d'intégrisme.

Et demain il ne sera plus possible de se baigner ensemble dans les piscines.
Comme dans certaines piscines municipales de Londres.
Voire des tribunaux islamiques.

Je vomis les toutes les religions qui sont parfaitement ineptes. Mais force est de constater que celle qui en ce moment veut se méler de tout, et le fait de manière très organisé, c'est l'Islam.
Excellent argumentaire, malheureusement bien au dessus du niveau des propos racistes auxquels il répond, et qui ne sera pas entendu par ceux-là même qui les formulent.

L'islamophobie rampante n'est qu'une forme de racisme anti-arabes déguisé sous les couleurs des "valeurs républicaines" et de la "laïcité".

Les media, puis les pouvoirs publics, en légiférant inutilement sur le "voile" ont largement contribué à cette "réification" des femmes portant ce vêtement: habituellement réservée à la logomachie de droite et d'extrême droite (type FigMag ou Valeurs Actuelles), l'islamophobie et le rejet du "voile" sont devenus en quelques années un affect commun ultra-dominant.

Il est extrêmement difficile de répondre à un discours implicitement haineux qui se donne des faux airs de bonne foi:

-"Peut on essayer de comprendre...sans se voir taxer d'intolérance ?"
-"Peut-on encore défendre avec ardeur une conviction...sans immédiatement passer pour, au choix, un raciste ou un islamophobe"
-"on peut être désolée de voir une femme en niqab, sans s'imaginer un instant blesser d'une quelconque manière le femme en question. "
-"Une femme portant un niqab dans une société ou le fait est interdit s'embarrasse-t-elle de ceux qu'elle heurte, ou qu'elle choque."


Toutes ces phrases sont typiques du racisme ordinaire, en prenant à chaque fois le soin de désamorcer par avance l'accusation de racisme...pour une raison simple: leur contenu est raciste (ce que l'on retrouve dans l'expression commune "je ne suis pas raciste, MAIS...", où l'on peut être sûr que ce qui suit sera un propos raciste).

Car comme vous l'expliquez:
-être contre le voile EST intrinsèquement intolérant.
-avancer frauduleusement que défendre l'égalité hommes-femmes implique d'être contre le "voile" est implicitement raciste, en sous-entendant que par nature, ce vêtement est contraire à ce principe d'égalité (ce qui est devenu hélas un lieu commun).
-être "désolé" à la vue d'une personne voilée est à la fois condescendant, méprisant et raciste: c'est évidemment insultant à l'égard de ces femmes.
-reprocher aux personnes voilées de "heurter" ou de "choquer" autrui est parfaitement intolérant, et légitime à peu de frais toutes les attaques haineuses envers ce qui n'entre pas dans la norme (à ce tarif là, on peut être indifféremment "choqué" par la vision d'un roux, d'un punk ou d'une nonne).

Il n'y a malheureusement pas grand chose à faire contre cette rhétorique qui s'autojustifie par elle-même: elle sert uniquement à légitimer un affect de haine déja-là. L'objectif est de banaliser cet affect en lui fournissant un appui apparemment rationnel et moral.

Ce racisme post-colonial se double généralement d'un sexisme implicite - clairement dans le cas de Le Vaillant: le "voile" alimente toutes sortes de fantasmes post-coloniaux, la "bombe sous la burka" n'en étant qu'une itération récente.

-Chez certaines féministes, au lieu d'inspirer bienveillance et volonté de dialogue, ce vêtement est traité comme un fétiche symbolisant l'exploitation des femmes par les hommes: au lieu de reconnaitre les femmes qui se voilent en sujets autonomes qui sont leurs égales, elles sont vues comme des objets manipulés par les hommes de leur entourage (frères, pères et maris).

-Chez de nombreux hommes, le voile est perçu immédiatement comme la marque de la non-disponibilité sexuelle et/ou maritale de ces femmes - ce qu'il est d'ailleurs en partie - et entre en conflit majeur avec la culture patriarcale française de femmes "disponibles", ne serait-ce que visuellement dans l'espace public.
Le "délire" abject de Le Vaillant est traversé par cette fantasmagorie d'ordre sexuel:"Elle se retrouve encagée dans un grillage d’affects réprobateurs et de désirs ambivalents. Le tout lui fait un bouclier protecteur et un podium de pole-dance pour un strip-tease mystique terrorisant".

Le Vaillant est un beauf sexiste et raciste comme on en trouve partout: ce qui est nouveau et plus surprenant est que le climat de racisme totalement débraillé, à travers ce relâchement du langage et le déversement de la haine ordinaire est devenu tellement consensuel qu'on le trouve même à Libé.
Imaginons le contraire: " Ah, sont-elles charmantes ces beurettes voilées qui nous libèrent de la routine franchouillarde, qui nous apportent cet oxygène culturel qui nous désasphyxie". Ne voyez-vous pas que le piège se referme ? La solution est l'humour, qui seul traverse le niqab. Certes, l'humour, Charlie nous l'a appris, est risqué. Mais l'absence d'humour est la Q'Allahchnikov.
" Ah, sont-elles charmantes ces beurettes voilées qui nous libèrent de la routine franchouillarde, qui nous apportent cet oxygène culturel qui nous désasphyxie".

Il ne s'agit là que d'une forme inversée du délire de Le Vaillant, mais véhiculant exactement le même contenu raciste et sexiste...et vous appelez ça de l'humour?
Jamais je " n'appelle ça de l'humour". L'humour ne s'appelle pas. Je pensais, au vu de vos posts ,que vous le saviez.
Perso, je pense que le voile n'est pas la question. Ze question is : Les voilées et leurs voileurs sont-ils prêts à accepter, en échange de leur légitimation, les torrents de rire blasphématoire ( scusez le pléonasme) que leur comportement déchaîne nécessairement ?
Bonjour, j'invite les gens à ne pas se laisser avoir par le discours apparent de DanetteOChoc.

Comme vous pourrez le lire ici à propos du mariage homosexuel :
"Concernant la question du mariage ouvert aux couples de même sexe je pense que la question de la définition du mariage (comme auparavant la définition de la vie) et de sa fonction sociale constitue pour beaucoup d'opposant le nœud du problème. Je ne vais pas vous refaire un argumentaire qu'Henri Guaino ou la Manif pour tous ont rebattu sur les plateaux télé, mais pour faire bref si le mariage est, historiquement comme juridiquement, non pas seulement un contrat mais une institution, destinée à encadrer une vie familiale supposant des enfants, l'ouverture du mariage aux couples de même sexe emporte immédiatement la question de la provenance desdits enfants, deux individus de même sexe ne pouvant pas, a priori, enfanter ensemble (je mets de côté les manipulations de patrimoine génétique féminin implanté dans un noyau de spermatozoïde mâle).

De ce point de vue l'opposition de bon nombre d'individus n'est pas fondée sur le refus de voir des homosexuels se marier, mais bien sur l'opposition à la gestation pour autrui qui constitue, in fine, un moyen plus simple (bien que cher) pour avoir un enfant, dans un pays où l'adoption est une guerre sans fin (surtout si c'est interdit me direz-vous...).

Bref, voilà à mon sens comment on peut être, je ne dis pas "opposé", mais peut-être "inquiet" de l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, sans être homophobe. Au fond, il ne s'agit pas d'une opposition à l'amour entre deux personnes de même sexe, ni à la vie en commun, ni même, fondamentalement, une opposition à ce qu'ils deviennent parents. Mais la GPA constitue l'étape suivante, la mécanique des droits fondamentaux le commande, l'évolution de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme est ainsi faite (je précise, bien que je convienne que les arguments d'autorité soient pourris, que j'ai enseigné les libertés publiques, enfin bref je connais très bien les arrêts de la CEDH)."

DanetteOChoc tiens à chaque fois le même genre de discours. Dans cet extrais elle nous explique que l'on peut tout à fait défendre exactement les mêmes revendications politiques que les homophobes, sans être pour autant homophobes.
Et dans ce nouveau fil vous remarquerez qu'elle défendra à nouveau l'idée que l'on peut défendre les mêmes revendications que les islamophobes, sans être islamophobe.

Dans le premier cas, c'est l'argument de la GPA qui servira de prétexte, ici elle a choisit l'angle de l'émancipation de la femme musulmane et du combat républicain.

C'est du sophisme.

Il s'agit précisément d'une technique de manipulation qui consiste à utiliser des moyens détournés pour défendre quelque chose qui autrement serait indéfendable.

Cette manipulation nécessite évidemment à chaque fois une proposition malhonnête.

Vous remarquerez que dans le premier cas c'est l'association malhonnête entre GPA et mariage homosexuel qui permet la manipulation. Alors qu'évidemment il n'y a absolument aucun lien.

Dans le deuxième cas, c'est beaucoup plus subtil, il s'agit de mettre en avant le combat pour l'émancipation en le dissociant de tout ce qui va avec, comme par exemple un humanisme, une fraternité, qui par définition sont universels.
C'est de cette manière qu'elle tente de faire croire qu'il est parfaitement compatible de se battre pour cette émancipation, pour les valeurs républicaines, et en même temps de défendre les préjugés, l'idée de traits culturels ( novlangue politiquement correcte pour ne pas dire "raciaux"), ou encore la xénophobie du journaliste de Libération.

Les raisons et les valeurs qui vont nous pousser à combattre la domination des hommes sur les femmes, jusque dans le foyer familial, vont évidemment nous pousser à combattre toutes les formes de domination en général, et donc à combattre les préjugés, le racisme et la xénophobie car nous ne savons que trop bien quels rôles jouent les bouc-émissaires dans ces dominations, à protéger les populations fragiles, parce qu'opprimées et stigmatisées à cause de leurs croyances religieuses, et ce malgré ce que nous pouvons penser des religions, et enfin à défendre la liberté pour tous.

Si je réagis, c'est parce qu'évidemment cela me fait mal au coeur de voir une personne comme DannetteOChoc, profondément anti républicaine, détourner et piétiner nos valeurs républicaines de liberté d'égalité et de fraternité, instrumentaliser le combat pour l'émancipation, pour ensuite défendre de telles idées réactionnaires.
Et ça fait d'autant plus mal de voir sa bile régulièrement dans les commentaires mis en exergue sur ce forum.
Quand on voit que jusqu'ici nous avons de fervents défenseurs de l'état d'urgence, qui est même naturel, plus grand chose n'a la capacité de m'étonner...
Libé publie qui il veut et les gens expriment publiquement les opinions qu'ils veulent dans leur chronique.

Mais la liberté d'expression, ça n'a jamais été un paravent à la critique.


En l'occurrence, les gens trouvent que la chronique est raciste, sexiste et islamophobe.

On peut le contester, évidemment, mais pas comme le fait libé : dire que ça n'est pas raciste *parce que* libé/le chroniqueur n'est pas un journal/iste raciste est une débilité confondante. Parce que le racisme ça n'est pas un attribut des gens/journaux, ça n'est pas quelque chose qui qualifie "l'essence" d'iceux. Ce sont des actes/paroles qui sont racistes, pas des gens.

En particulier, le fait que le chroniqueur puisse être par ailleurs un type bien est indifférent; le fait que d'autres pensent pareil est ici indifférent; le fait que ça soit une opinion, un coup de gueule et pas une argumentation précise est encore indifférent.

La seule question, c'est de savoir si, ici, les propos tenus sont racistes/sexiste/whatever.

Au minimum, j'observe qu'ils sont essentialistes : il ne connaît pas la fille, ne l'a jamais vu auparavant, mais se permet sur la seule base de son physique de tirer des conclusions sur ses "origines" (whatever that means), sa vie personnelle (sous l'égide d'un mâle), spirituelle et psychologique (i.e. tout ceci n'est pas sérieux, c'est de la provoc), ses opinions politiques (complaisances à l'égard du terrorisme), etc.

L'ironie de l'histoire a l'air de lui échapper : parce qu'au final, il n'a rien à foutre de la meuf en question, il ne lui adresse même pas la parole. Ca ne lui pose aucun problème de la réduire à la projection de ses fantasmes, de la réifier intégralement.


Libé pourrait avoir au moins la décence d'assumer. Mais non, ça préfère se cacher derrière son petit doigt à coup d'incantations sur le caractère "littéraire" de la chronique, le 2nd degré et je ne sais quelle autre excuse même pas originale des gens qui se font prendre la main dans le sac.
totalement absurde.
Luc Le Vaillant serait coupable d'omettre l'ontologie démocratique de la personne tandis que le niquab, responsable de cette triste situation, ne saurait lui en aucun cas produire de "l'essence" quand bien même il n'est que fonction et injonction, spectacle discourant : cacher et défier, affirmer que dans la rame il n'y a que concupiscence et viol en puissance. Que la démocratie c'est le viol. Misère d'un certain féminisme qui pourrait s'y rallier justement par esentialisation. Ce n'est pas la queue de Le Vaillant qui doit en être en cause mais ceux et celles qui "essentiellement" le ramènent à sa queue.
Ii conviendrait ici aussi de parler un peu de la réaction de la Société des journalistes de Libé : on savait ces petits jeunes normés, sans styles, prospérant dans un journal où dorénavant il n'est demandé aux Alemagna, Le Devin, Equy, Betton sous la coupe de Hufnagel de nous produire chaque jour que des relations du monde à hauteur de tabloïd. Et pas même une plume parmi eux ....
A Libé le divorce de la rédaction avec le service culture fut toujours un sacré précipitateur intellectuel, d'autant que chaque chroniqueur culturel pouvait se retrouver par principe et/ou par talent et/ou sous-effectif invité ponctuellement à rejoindre la rédaction politique ou fait sociaux.
Imagine -ton aujourd'hui l'une telle irridiation dans un tel cimetière où le service culture est désormais une sous-section de Next.
Aujourd'hui on pense suggérer requérir l'aide du HCR pour exfiltrer Le Vaillant, Lindon (s'il le souhaite) et quelques autres pour qu'ils rejoignent, ailleurs, ailleurs, les Lefort, Garriberts, Philippe Garnier, tant d'autres et même Joffrin qui dans cette affaire fut aujourd'hui assez digne. Qu'en pensent feues les clavistes ?
Quant à l'article de Coquez dans AsI introductif à ce forum il est parfaitement lamentable par son conformisme offensif. A douter même de la poursuite d'un abonnement.
oui voilà. Bravo et merci.
"Luc Le Vaillant serait coupable d'omettre l'ontologie démocratique de la personne tandis que le niquab quand bien même il n'est que fonction et injonction, spectacle discourant : cacher et défier, affirmer que dans la rame il n'y a que concupiscence et viol en puissance. Que la démocratie c'est le viol."

Donc ya pas essentialisme, mais en fait, si, ya essentialisme. Et évidemment, c'est de la faute de la personne essentialisée. Projection de fantasmes égocentriques, donc. Egocentriques, parce qu'il revient à se placer au centre des représentations de l'individu essentialisé, de croire que la personne n'existe que relativement aux réactions qu'elle provoque chez "nous" : elle s'habille ainsi pour nous provoquer, pour nous défier, etc.

La remarque sur la concupiscence et le viol, rappelle d'ailleurs que le "nous" en question est un mâle hétéro. Il est bien connu qu'une meuf n'existe que relativement au regard que les mâles hétéros portent sur elle. Que ce regard épuise ce qu'il y a à dire sur elle. Que ce regard n'est pas subjectif, mais induit object-ivement par la personne elle-même.


Imaginez le même texte avec, à la place d'une femme voilée, une fashion victime.
jutement, il ne s'agit pas d'une fashion victim. Dans cette chronique de Le V. se bousculent raisons et déraisons,propres ou prêtées justement ou injustement d'autres, suscitées par un spectre et un spectre comme le disait Kartl M. ça hante, en conséquence de quoi Luc le Vaillant a produit brillamment "un cauchemar d'une nuit d'hiver".
Je pourrais répliquer à propos de la nature de la singularité stigmatisée ; imaginez qu'il se fut agi d'un SS (non pa de Godwin). Un peu de sérieux dans le énoncés des termes de l'équation. Le problème ce n'est pas qu'elle soit femme mais se soit auto-déterminée comme singularité politique particulière ; ce qu'elle produit c'est un discours. Et ce discours, produit, engrène, grince, est proprice aux projections etc. Maintenant si vous trouvez de l'ADN là-dedans ? !
"imaginez qu'il se fut agi d'un SS (non pa de Godwin)."

Pas de point godwin, mais en fait, si, un point godwin.

"Le problème ce n'est pas qu'elle soit femme mais se soit auto-déterminée comme singularité politique particulière ; ce qu'elle produit c'est un discours."

Elle ne produit aucun discours. Elle prend le métro. Le seul discours produit, ici, c'est celui du chroniqueur sur l'objet de sa chronique. Objet, encore une fois, parce qu'il la réifie entièrement (e.g. il ne lui adresse même pas la parole) et va jusque lui imputer les raisons de sa réification : je te réifie et par là tu perds toute individualité mais tu l'as bien cherché, regarde comment tu t'habilles.

J'aime la façon dont il prend (mentalement) à témoin les autres passagers (lire : mâles hétéros) du métro. Double projection de fantasmes : sur la meuf et sur les autres passagers qui penseraient tous pareils. Genre il trouve confort dans le fait qu'il ne serait pas le seul à penser ce qu'il pense : si d'autres gens pensent pareil, ça ne peut pas venir que de moi, pas vrai? c'est bien que ça vient d'elle.


Le procédé n'est même pas subtil.
Féminisme de la misère, misère du féminisme. Le pseudo ne fait pas tout !
Je n'ai pas la moindre idée de ce dont vous parlez.
"Je me dis que j’exagère, et toute la rame avec moi, de mettre en garde à vue le libre arbitre d’une pauvre petite croyante qui ne fait de mal à personne en suivant les chemins qui ne mènent pas à Rome",
Libé va peut-être pondre un texte, "Le papier d'humeur expliqués aux nuls", comme l'avait fait avec condescendance Charlie Hebo avec les dessins du petit Aylan.

Il doit bien être possible de descendre plus bas que le niveau de bêtise.
"L’accusation de racisme ou de sexisme qui court ici et là est évidemment ridicule quand on connaît un tant soit peu notre chroniqueur".

Tant il est vrai que Le Vaillant est une figure bien connue de tous les Français.
Quand je suis en face d'une beurette niqabée dans le bus, ce qui me reste d'hormones incontrôlables peut prendre le dessus. Au point que je peux me demander si ce n'est pas fait exprès. Mais mon dressage judéo-chrétien me protège du passage à l'acte, qui donc me semble être la question essentielle.
Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.