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Les doutes de Samuel Paty

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Merci, cela synthétise bien mon état d'esprit et celui de nombreux autres je suppose. Je ne dirai pas "je suis Paty" parce que mon je n'est que moi, et que je trouve que cette expression "je suis..." ressemble trop à une invention de publicitaire pou(...)

je suis enseignante, et à ce titre 

je suis libre de choisir mes supports pédagogiques


je suis agent d'un service public 

je suis agent d'une politique d'éducation et pourtant

je suis critique à l'encontre des choix politiques faits


je suis soli(...)

Le point intéressant c'est qu'on sait maintenant pourquoi le cours incluait ce dessin. 


a) il ne s'agissait pas d'un cours vantant les caricatures, mais évoquant la question de leur publication comme un dilemne


vingt minutes sont consacrées à une (...)

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Je n'avais pas lu la chronique de D.S, et c'est après avoir lu Charlie Hebdo et la "réponse" de G. Erner que j'ai pu le faire. Je suis  atterré par la chronique de Daniel. J'aime beaucoup ASI, mais là vraiment Daniel Schneiderman chie dans la colle. Je ne suis plus complètement ASI....

On peut faire toutes les caricatures qu'on veut.

On a aussi le droit de ne pas aimer certaines caricatures voire les caricatures.

On a aussi le droit de ne pas vouloir regarder certaines caricatures

On a le droit de ne pas acheter Charlie

On a le droit de vouloir acheter Charlie

On n'a pas le droit de forcer certains à vouloir regarder une caricature qu'ils ne veulent pas regarder.

On n'a pas le droit d'interdire une caricature que l'on n'est pas obligé de regarder.

On peut demander de retirer une caricature que l'on ne peut pas éviter de voir.

"Cachez ce sein que je ne serai voir"



'..Ils sont sans doute nombreux, ceux qui comme moi ont eu du mal à se sentir Charlie sans réserves, et sentent au fond d'eux une voix qui leur souffle avec insistance : "Je suis Paty". ..


 Monsieur  Daniel Schneidermann,  c'est moche de vieillir, et pire,  réadopter quelques préjugés ancestraux. 


Le goût du remord?  on découvre ce trait de caractère.. La peur? de quoi, cette peur? 


L'approche ou la  réminiscence du pêché chrétien? 


l'abandon d'une exigence laïque? alors il faut le dire et ne pas tourner en carré les ronds 


Le retour du jeune du vendredi saint vous arrangerait?.   Votre phrase est d'une inimaginable bizarrerie , elle sent un malheur proche.. 


Elève Schneidermann, vous me ferez deux heures de silence (une colle) et un topo sur le doute raisonnable du grand René (Descartes)

Je suis enseignante et enfin, j'entends une parole qui reflète ce que je pense. Les échanges entre les profs sont salutaires. Moi aussi, je pense que nous devons respecter chaque élève pour qu'il se sente accepté à l'école de tous. Actuellement, certains enfants musulmans sont en danger, car embrigadés par des mosquées qui les utilisent pour ébranler l'école publique. Nous devons réagir en restant neutres, en évitant l'exclusion ou le rejet, mais en maintenant fermement la loi de la république. Attention, les musulmans français sont soumis à une pression importante de la part des radicaux islamistes. Ne leur fermons pas la porte, eux et leurs enfants sont la cible de l'islam politique qui veut les pousser à aller dans des écoles confessionnelles.

Doutes de DP ? ? ou ironie de Samuel Paty ?

L'enseignement est un micro-système avec ses contradictions qui sont celles de la société. Banalité qu’il est bon de rappeler. Croire que les enseignants/enseignantes seraient des humanistes nés, partageant les mêmes valeurs… c’est un peu l’équivalent de croire au bon dieu ! Ex-responsable syndicale, j’ai quitté l’enseignement SANS illusions… J’ai rencontré le meilleur et le pire — et dans le secondaire et dans le supérieur. Il se trouvera toujours un/une collègue pour attaquer un autre collègue, et même justifier des pratiques douteuses (j’ai un bel exemple dans mes archives d’harcèlement sexuel, difficle à dénoncer dans les années 80 ! ).

Quant à la comparaison que DS s’interdit… oui, toute comparaison historique est nécessairement fausse, étant donné que l’Histoire est changement. Mais Weimar peut fonctionner comme une métaphore, pour dire que le temps présent est bien sombre et lourd de menaces… que ça sent mauvais…

Quant à la liberté de la presse, d’opinion, la contradiction est inscrite dans son histoire : je conseille vivement la lecture d’un article de Charles Walton paru dans la Revue d’histoire moderne & contemporaine 2006/1 (no 53-1), pages 63 à 87, dont voici le résumé :

  • Fondée sur l’analyse des revendications contenues dans plus de 500 cahiers de doléances, cette étude réexamine l’importance accordée à la liberté de la presse en fonction d’un élément jusqu’à présent trop négligé: le désir majoritairement exprimé à la veille de la Révolution d’encadrer cette liberté par des limites juridiques précises. Les acteurs prérévolutionnaires étaient certes favorables à la suppression de toute censure préalable, mais ils souhaitaient également encadrer cette libéralisation en maintenant, voire en renforçant, les contrôles hérités de l’Ancien Régime, afin d’interdire les publications portant atteintes aux mœurs, à la religion, à l’autorité politique et à l’honneur. […]

L’article se termine sur cette phrase :

Avec l’explosion du nombre d’imprimés – dont beaucoup sont dénoncés comme des libelles, attaquant les mœurs, la religion, l’autorité politique ou l’honneur « des hommes en place » – l’intolérance s’accroîtra encore, poussant de plus en plus la politique vers la confrontation. En l’an II, l’impératif de fonder et de protéger les mœurs républicaines – conçues en termes quasi-religieux – débouchera sur la justification de la répression, la suppression de tout pluralisme politique et l’avènement de la Terreur.

C'est fou comme "les choses" se retournent facilement. Certains distillent le doute. C'est ce genre de situation dont rêve les terroristes. L'état islamique qui semble, ne serait-ce que par son intitulé, être un projet politique sous couvert de religion doit se frotter les mains. Que de chemin parcourru depuis les deux premiers petits foulards de Creil soit disant sans importance.

en résumé : Ouf, il a expié ses fautes avant de mourrir. On peut lui rendre homage alors.

La soumission à son meilleur.
Non, la liberté d'expresion dans notre pays (mais plus pour longtemp) est inconditionelle à la sensibilité d'autri.
C'est exigeant, mais c'est comme ca.

Samuel Paty avait donc bien suggéré aux élèves de sortir de la salle de cours - contrairement aux négations qui ont été faites par la suite.


J'espère que cet épisode médiatique (l'information, sa transformation en rumeur qui a permis qu'elle soit réfutée, puis cette reconnaissance par le biais de ces courriels - qui n'est peut-être pas la fin de l'histoire) sera traité par ASI comme il devrait l'être.

Je Suis Fatigué.

Et on n'est que mercredi.

Voir le programme de ce chapitre et les manuels

est-ce qu'on y insiste sur 4 caricatures d'une religion précise, ou est-ce qu'un prof peut prendre des exemples récents touchant la "République" etc. ?

Moi, je n'ai aucun doute !


J'aime, que dis-je ? J'adore... J'adore la police qui me protège des dangereuses photographes de presse.

Moi, je ne sais pas...


Je ne sais pas non plus si ce sont mes doutes (parfois) qui m’ont récemment conduite à relire un des poèmes de Louis Aragon « La rose et le réséda ».

Merci. Oui, il n'est pas évident de s'identifier aux héros inébranlables de la liberté d'expression, qu'on transforme en défenseurs manichéens de la laïcité. Alors que Samuel Paty me touche par son intelligence faite de doutes et de questions. Des doutes et des questions dont nous avons tant besoin en ce moment.

"Tout effort de réflexion devient lâcheté. "

.....................................................................................Ils ont déjà gagné alors ?

ASI, toujours à l'affut de trouver une raison pour justifier sa soumission ou son aveugleument.
Assez minable.

je suis enseignante, et à ce titre 

je suis libre de choisir mes supports pédagogiques


je suis agent d'un service public 

je suis agent d'une politique d'éducation et pourtant

je suis critique à l'encontre des choix politiques faits


je suis solidaire de mes collègues cependant

je suis parfois critique envers leurs choix, comme eux le sont envers les miens

je suis libre d'exprimer cette critique

je suis attentive à celle des autres


je suis tantôt "décrocheuse", tantôt "figure d'autorité"

je suis "fonctionnaire"

je suis tenue de respecter les programmes de l'éducation nationale

je suis libre de mes choix pédagogiques?


je suis fatiguée de devoir être Charlie, Samuel, Mila...


je suis opposée à la logique qui veut qu'on soit "contre" si on est pas "pour"


Non Daniel, rien ne doit vous pousser à être Samuel, plus qu'à être Charlie. M. Paty est mort tragiquement, le pouvoir en a fait un objet de communion pour répondre à ses besoins de communication. Les mails publiés par le Monde nous rappellent simplement que cet enseignant, comme ses collègues, doutait, se questionnait, faisait parfois des erreurs. Comme m'importe quel enseignant. 


A-t-il bien fait de demander aux élèves de quitter la salle? A-t-il choisi avec pertinence les supports de son cour? Ces questions sont importantes et traversent l'esprit de tous les enseignants un jour où l'autre.

Cet évènement a provoqué une vague émotionnelle puissante (et c'est la moindre des choses), mais peut-on débattre sereinement lorsqu'on est submergé d'émotions? 


Peut-on critiquer, questionner les choix d'une victime de meurtre? Faut-il défendre d'un bloc tout ce qu'il a dit ou fait?  

Délicates questions.

Je pense qu'il faut, malgré l'émotion et l'horreur de l'évènement, continuer de questionner, réfléchir, critiquer et analyser. 

Et j'ai du mal à adhérer sans conditions à un "je suis...". J'ai du mal à adhérer à un slogan prêt-à-penser.


Entendons-nous bien: le meurtre de Samuel Paty est abominable et condamnable sans aucune hésitation. Cela ne doit pas pour autant nous inciter à sanctifier des victimes sur le seul fait qu'elles ont été des victimes. 






Charlie était dirigé par un connard (Philippe Val) qui avait attaqué Siné sous prétexte d'anti-sémitisme. Ce dernier avait donc créé Siné Hebdo. Suite à cela les ventes de Charlie avaient diminuées de moitié. J'ai acheté le premier numéro jusqu'à maintenant (Siné Mensuel).

Lire le bouquin de Denis Robert "Mohicans" où il explique que Val  a totalement détourné l’héritage et l’identité De Charlie Hebdo.

Voilà pourquoi, Je ne suis pas Charlie bien que toujours aussi triste de l'assassinat de ses journalistes et dessinateurs.

Quand je pense à toute la suite, je suis encore plus dévasté.

On ne peut pas caricaturer l'Islam comme on le fait pour le Christianisme. Ce dernier et la laïcité ont une histoire ensemble. Ils sont amis, ennemis, indifférents mais se comprennent ou presque. Ce n'est pas le cas pour l'Islam. Il faut considérer  le piège des caricatures, comme l'a écrit Pierre-Jean Luizard dans Libé (13/11/20) dans le titre de son article.

Malheureusement, avec Charlie, l'arrogance occidentale ( ou plutôt française, ce n'est pas le  cas dans les pays anglo-saxons) a encore frappé!

caricaturer ? oui!

de préférence tous les dieux en même temps....pas l'un plus que les autres à l'instant T ( pour le moins lorsqu'on s'adresse à des élèves).

Je suis Moi.


La maladie du "Huit Mai" est très répandue et continue son avancée contre la liberté d'expression.


Les diktats condamnant la non adhésion aux "hashtag JeSuis Machin" sont en fait contre cette liberté essentielle.


Pourtant, je partage tristement la vie des morts ; morts causées par l'obscurantisme sous toutes ses formes.

En fait de liberté, il devrait être question de politesse et de finesse. Charlie Hebdo est "bête et méchant", la couleur est annoncée dès le départ et ils montrent que la liberté peut être poussée loin. C'est bien quand on est d'accord avec eux, pas bien quand on est pas d'accord. Sur ce dernier point on peut le dire, mais poliment, sans menace et sans violence.


"Ils sont sans doute nombreux, ceux qui comme moi ont eu du mal à se sentir Charlie sans réserves, et sentent au fond d'eux une voix qui leur souffle avec insistance : "Je suis Paty". 


On avait bien compris que vous ne souteniez Charlie que du bout des lèvres. Si on peut appeler ça du soutien. Ce n'était vraiment pas nécessaire de le redire.


Et si vous traitiez plutôt le sujet de l'absence de visibilité dans les médias des mouvements de grève des soignant en plein confinement ? Car pendant qu'on ne soutient Charlie que du bout des lèvres, pendant qu'on bavasse sur ces ceusses qui ne respectent plus rien ma brave dame, surtout les jeunes qui ont osé faire la fête et à cause desquels, selon beaucoup, la deuxième vague de Covid déferle sur la France, on continue à fermer des lits, des services hospitaliers. On culpabilise les Français de vouloir vivre, voir leurs proches, de vouloir travailler, car les réas  sont saturées ou en risque de saturation, et pendant ce temps-là on ferme des lits...

Je trouve que c'est trop tôt pour cette chronique. Les esprits sont trop échauffés de part et d'autre. Le sujet est trop sensible et l'horrible drame bien trop récent. Un jour,  dans cinq ans, dix ans,  cinquante ans, il y aura des débats. Mais actuellement l'urgence est à l'apaisement. 

...je pense donc je suis... et je commence vraiment à en avoir raz la casquette des "héros" à deux balles , après coup dans le style prédicateurs malka enthoven fourest badinter et toute la clique de donneurs de leçon, qu'ils aillent au diable !

Je suis un peu mal à l'aise avec cette note, pour tout dire. Pas sur la question de l'avant / après, sur l'erreur de condamner des débats d'idées quand ils se font hors du contexte de l'attentat. Là-dessus je suis d'accord.


Mais plutôt sur ça :


"Je ne ferai plus de séquence sur ce thème. Je choisirai une autre liberté comme objet de séquence. Je travaillerai l’année prochaine sur la liberté de circulation ou, peut-être, sur la censure d’Internet en Chine", écrit encore Samuel Paty.


Mis en regard avec ça :


Comment dire que cela rend Samuel Paty  plus proche encore ? Les survivants de Charlie, eux, n'ont jamais exprimé aucun doute sur aucun de leurs dessins publiés.   


Dois-je en conclure, par déduction, que l'option considérée (soit la possibilité de totalement botter en touche sur la liberté de critiquer les religions en allant parler de la censure en Chine !) puisse être considérée comme une solution louable, valable, pertinente, désirable ?


Parce que fermer les yeux et regarder ailleurs face une friction majeure d'une partie de la société avec le droit français (soit le refus de reconnaître l'absence en France d'un délit de blasphème, que tant de gens voudraient aujourd'hui réinstaurer - sondage à l'appui) me semble franchement plus flippant qu'autre chose. Si ce débat n'a pas lieu sereinement à l'école et maintenant, il aura lieu quand ?

Vous oubliez que tout est parti de mensonges sans lesquels M Paty serait toujours de ce monde. 

Ces gens qui se disaient blessés n'évoquaient des faits qui ne s'étaient pas passés. Ils ont été obligés de déformer la réalité pour obtenir des soutiens. Ce n'est pas ce que monsieur Paty a fait ou dit qui a entraîné sa mort mais c'est ce qui s'est répandu sur les réseaux sociaux qui ont produit la catastrophe.

Et monsieur Paty s'est retrouvé accusé de faits qu'il n'avait pas commis. Je comprends son désespoir.

Etre victime d'une cabale, devoir se justifier et être finalement critiqué par des collègues:  quel gachis !

Le point intéressant c'est qu'on sait maintenant pourquoi le cours incluait ce dessin. 


a) il ne s'agissait pas d'un cours vantant les caricatures, mais évoquant la question de leur publication comme un dilemne


vingt minutes sont consacrées à une situation de dilemme autour de la question des caricatures de Mahomet : faut-il ne pas publier ces caricatures pour éviter la violence ou faut-il publier ces caricatures pour faire vivre la liberté ? 


b) sur la caricature utilisée elle était là pour "illustrer la dimension très émotionnelle de ce qui s’est passé." 


En d'autres termes faire comprendre aux non-musulmans (ces derniers étant invités à fermer les yeux) mais non lecteurs de Charlie non plus ce qui expliquait la vigueur des réactions de certains musulmans.


Loin d'être le cours magistral célébrant l'esprit "je suis Charlie", il s'agissait manifestement de contribuer à la compréhension des deux camps dans ce débat, en choisissant un dessin que Paty lui même qualifiait de particulièrement trash, rendant compréhensible la colère que les caricatures suscitaient même à un public non adorateur du prophète.


Perso je trouve que c'est en ça que la publication de ces échanges par Le Monde est intéressante, ce qu'il en dit achève de démolir toutes les légendes urbaines (celle de la vidéo du parent d'élèves évidemment, mais aussi celles qu'on a pu lire ici ou là d'enseignants ne comprenant pas sa démarche) sur l'esprit de son cours (si les témoignages d'élèves allant dans le même sens ne suffisaient pas).

Merci Daniel pour cette chronique juste et bien écrite.

Je l'ai relu plusieurs fois et je vais la conseiller à mes proches.

Je pense qu'on a bien compris, et depuis un bon moment, que DS désapprouve les publications de Charlie Hebdo. 

Moi, je désapprouve les positions de DS sur ce sujet, à un point tel que je suis bien aise que mon abonnement prenne fin aujourd'hui.

Car je n'y vois plus matière à réflexion et débat, juste de l'acharnement (aujourd'hui par un post que je considère comme particulièrement malvenu -pour rester mesuré).

avis de shitstorm en vue M. Schneidermann avec cet edito.

Mais, à lire des articles, ce cours, ce professeur, le faisait depuis des années, donc, si je comprends bien, le problème est moins son contenu que le dérapage qui s’est produit, cette jeune élève qui pour une raison x l´a envoyé au peloton d’exécution. Là est pour moi la grande affaire, l’élève et l’assouvissement de sa colère. Pourquoi était-elle si en colère, parce que ses absences à répétition qui l’ont menée à une exclusion temporaire ? En quoi cette dernière était un scandale pour elle, et pourquoi choisit-elle ce professeur et son cours pour l’assouvir ? Je l’a trouvé beaucoup trop absente dans toute la production éditoriale dans cette horreur.

Il me semble que l'injonction aux "survivants de Charlie" d'exprimer "des doutes" sur les dessins qui ont servi de prétexte à prendre pour cible leurs collègues ignore précisément cette question d'avant et d'après, tout comme celle de ce qui se dit en privé plutôt qu'en public. 


Il me semble par ailleurs probable qu'avant certains comme Cavanna et sans doute d'autres en interne (Wolinski vu ce qu'en dit sa femme ?) en aient exprimé, tout aussi discrètement que ces enseignants, simplement ils ne le faisaient pas sur une mailing-list dont des extraits ont été confirmés par Le Monde aujourd'hui (après avoir été évoqués par la fachosphère au lendemain de la mort de Paty, montrant qu'elle comptait au moins un abonné ne partageant pas du tout ces "doutes").


Par contre il me semble assez logique "les survivants" qui sont surtout une nouvelle équipe ou d'anciens seconds couteaux assez soucieux de continuer l'oeuvre des "martyrs de la liberté de moquer les religions" pour se mettre à leur tour en danger ne le fassent pas. Qui irait écrire dans Charlie en pensant qu'ils aient eu tort ?

Un article qui me fait penser à celui de ce matin sur Mediapart (https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/181120/la-liberte-d-expression-et-ses-caricatures)
Extraits :

"La lecture offensive, telle qu’elle a notamment été faite par l’arrêt Handyside rendu le 7 décembre 1976 par la Cour européenne des droits de l’homme, lequel affirme que « la liberté d’expression constitue l’un des fondements essentiels d’une société démocratique, l’une des conditions primordiales de son progrès et de l’épanouissement de chacun », juge, pour reprendre les termes de François Héran, professeur au Collège de France, que « toute parole ou image, même offensante, alimente le débat public et, donc, sert la démocratie. Elle serait bénéfique pour tous, y compris pour la minorité offensée. Une telle position est typiquement “paternaliste” : l’auteur de l’affront sait mieux que ses victimes ce qui est bon pour elles ; il estime que la blessure sera effacée par le surcroît de lumières ainsi dispensé ».


L’autre interprétation du droit de libre expression, toujours selon les termes de François Héran, « prend au sérieux le principe de non-nuisance affirmé en 1789 et le principe du respect des croyances posé en 1882 par Jules Ferry et rappelé dans la Constitution de 1958 ». Sans cette attention, le professeur au Collège de France estime que, « poussée à l’absolu, la libre expression ne tolère plus la libre critique ».

Trancher entre ces deux interprétations, explique François Héran dans sa roborative « Lettre aux professeurs dhistoire-géographie » publiée par La Vie des idées, suppose d’abord d’éviter le « piège sémantique grossier » qui voudrait « reformuler le dilemme en termes psychologiques ou moralisants : vous serez “courageux” si vous persistez à offenser l’autre, “lâche” dans le cas contraire »."

Quand je vois certains s'emparer des hashtag JeSuis, par exemple Raphaël Enthoven qui pourchasse sur twitter tous ceux qui ne sont pas ou pas assez JeSuisCharlie, JeSuisSamuelPaty ou JeSuisMila, j'ai envie de rappeler que soutien, solidarité, compassion et beaucoup d'autres réactions qui ne sont pas justification du harcèlement et du meurtre ne nécessitent pas l'identification totale à leur victime, ces hashtag sont utilisés de bonne foi par beaucoup, mais également instrumentalisés en tant qu'armes contondantes pour aplatir toute nuance.

Si jamais il me fallait critiquer un interdit, comme celle de montrer une représentation d'une personne. Je crois que ce passage de "La Vie de Brian" serait tout indiqué.


"CROWD OF WOMEN: [yelling]

JEWISH OFFICIAL: Matthias, son of Deuteronomy of Gath.

MATTHIAS: Do I say 'yes'?

STONE HELPER #1: Yes.

MATTHIAS: Yes.

OFFICIAL: You have been found guilty by the elders of the town of uttering the name of our Lord, and so, as a blasphemer...

CROWD: Ooooh!

OFFICIAL: ...you are to be stoned to death.

CROWD: Ahh!

MATTHIAS: Look. I'd had a lovely supper, and all I said to my wife was 'That piece of halibut was good enough for Jehovah.'

CROWD: Oooooh!

OFFICIAL: Blasphemy! He's said it again!

CROWD: Yes! Yes, he did! He did!

OFFICIAL: Did you hear him?!

CROWD: Yes! Yes, we did! We did!

WOMAN #1: Really!

[silence]

OFFICIAL: Are there any women here today?

CROWD: No. No. No. No...

OFFICIAL: Very well. By virtue of the authority vested in me--

[CULPRIT WOMAN stones MATTHIAS]

MATTHIAS: Oww! Lay off! We haven't started yet!

OFFICIAL: Come on! Who threw that? Who threw that stone? Come on.

CROWD: She did! She did! He did! He! He. He. Him. Him. Him. Him. He did.

CULPRIT WOMAN: Sorry. I thought we'd started.

OFFICIAL: Go to the back.

CULPRIT WOMAN: Oh, dear.

OFFICIAL: Always one, isn't there? Now, where were we?

MATTHIAS: Look. I don't think it ought to be blasphemy, just saying 'Jehovah'.

CROWD: Oooh! He said it again! Oooh!

OFFICIAL: You're only making it worse for yourself!

MATTHIAS: Making it worse?! How could it be worse?! Jehovah! Jehovah! Jehovah!

CROWD: Oooooh!

OFFICIAL: I'm warning you. If you say 'Jehovah' once more... [MRS. A. stones OFFICIAL]

Right. Who threw that?

MATTHIAS: [laughing]

[silence]

OFFICIAL: Come on. Who threw that?

CROWD: She did! It was her! He! He. Him. Him. Him. Him. Him. Him.

OFFICIAL: Was it you?

MRS. A.: Yes.

OFFICIAL: Right!

MRS. A.: Well, you did say 'Jehovah'.

CROWD: Ah! Ooooh!

[CROWD stones MRS. A.]

OFFICIAL: Stop! Stop, will you?! Stop that! Stop it! Now, look! No one is to stone anyone until I blow this whistle! Do you understand?! Even, and I want to make this absolutely clear, even if they do say 'Jehovah'.

CROWD: Ooooooh!...

[CROWD stones OFFICIAL]

WOMAN #1: Good shot!

[clap clap clap]


[Back to the top] "http://www.montypython.net/brianmm1.php 


https://www.dailymotion.com/video/x2hwqkh


Ensuite rien n'empêche de critiquer comment le propos soutien la thèse qu'elle défend. Ni comment le film a été réceptionné.


Quant à la liberté de pouvoir mettre ses doigts dans l'anus d'un personnage littéraire pour critiquer l'œuvre littéraire et son impact sur la culture populaire. À titre personelle je trouve ça pauvre comme critique de l'œuvre. Sodomitophobe et témoin d'une variante de la culture du viol. 

https://www.youtube.com/watch?v=hyCX96xnBvU

 "

Nous devons supprimer ce mot de notre vocabulaire. Dans les manifestations on entend : « Macron, enculé ! » Une accusation sans fondement. Une insulte pour tous les sodomites, hommes et femmes – ne les oublions pas. On entend : « le pape est est un enculé ». Et bien c’est péjoratif ! Et c’est irrespectueux. À juste titre, on dénonce la judéophobie, l’islamophobie, et il faut désormais dénoncer la sodomitophobie.

Enculé·e·s de tous les pays, unissez-vous ! Aux élections, voilà de quoi remporter tous les suffrages : les sodomites sont très très nombreux. Il faut que le plaisir échappe à la honte et au péché. Il faut qu’un jour le mot « enculé » devienne un compliment. Voila un combat important aujourd’hui,
un combat pour l’émancipation qui doit faire partie de la convergence des luttes : que l’on puisse dire un jour « va te faire enculer » comme on dirait bonne chance, bon voyage, bonne route, bon appétit, bonsoir, bonne nuit… et bonne bourre !

"

https://la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/contre-la-sodomitophobie


Quant aux menaces de viols et de morts en réponse à l'argumentation sur l'Islam agrémenté de doigt(s) dans l'anus

sans consentement apparent.

https://framapiaf.s3.framasoft.org/framapiaf/media_attachments/files/003/648/489/original/513f6513b545d868.png


Ne pas traiter l'autre de petite merde - CS #6

"

Va te faire foutre petite merde. Voilà une manière bien basse d'exprimer son désaccord. Mais il y a pire. Et il y a surtout bien mieux."

https://skeptikon.fr/videos/watch/06cba852-d0cc-4691-802f-d5c6d7632113

IL y a deux jours , la gamine qui fait le buzz sur internet pour vendre ses dessins , avait toujours ses doigts coincés dans le charnu d'Allah .Et là, ça a été la déferlante d'encouragements , et de menace de lui faire une Samuel Paty. Alors moi il m'est venu une espèce de révélation .Tous ces gens qui encourage   cette Gamine a mettre sa vie en danger , ont ils ou non leurs doigts dans le fondement d'Allah ? Cette question vaut pour Enthoven , Darmanin , Zemour , etc etc Et si vous ne mettez pas vos doigts là ou il ne faut pas , pour quelles raisons ? Lacheté , politesse ? J'aimerais vous l'entendre dire bande de tas de merde! (Ce n'est pas ordurier , c'est un état de fait)

Je ne ferai plus de séquence sur ce thème. Je choisirai une autre liberté comme objet de séquence. Je travaillerai l’année prochaine sur la liberté de circulation ou, peut-être, sur la censure d’Internet en Chine 


La Chine. Mais...c'est une vraie bonne idée, ça !! Cibler la censure d'internet EN CHINE !!! où donc a-t-il été chercher ça..


.vous le saviez, vous que la liberté d'expression EN CHINE est un vrai problème ??? Que la seule alternative au bordel de la santé chez nous, par exemple, c'est la privation de liberté "comme en Chine" ?


Pour prononcer cette phrase, -si tant est qu'elle ait été prononcée..., a-t-il été "encouragé" ? On dirait un enfant au piquet qui récite sa leçon, enfin apprise.


beueurrrkkk .


Moi aussi je suis Paty, sans réserve. Et du bout des lèvres Charlie.

La différence ? La sincérité.

Il est permis de comprendre qu'il a douté -faudrait-il vraiment dire aujourd'hui "capitulé" ? Mais allez savoir ce qu'il aurait fait l'année suivante. Comment dire que cela rend Samuel Paty plus proche encore ?




"C'est le propre du paradoxe de l'expression que celle-ci soit d'autant plus expression qu'elle est mobilisée, aiguillonnée et à l'écoute d'autrui." (Bernard Waldenfels, Le paradoxe de l'expression chez Merleau-Ponty, in Notes de cours sur L'origine de la géométrie de Husserl)

Merci, cela synthétise bien mon état d'esprit et celui de nombreux autres je suppose. Je ne dirai pas "je suis Paty" parce que mon je n'est que moi, et que je trouve que cette expression "je suis..." ressemble trop à une invention de publicitaire pour réduire la pensée à un réflexe compulsif. Mais les doutes de M. Paty font que je me sens infiniment proche de lui. Si loin des bêtises péremptoires de la majorité de celles et ceux qui interviennent aujourd'hui dans le débat public. J'ai une pensée particulière pour la direction et les enseignants de ce lycée, qu'ils puissent autant que possible retrouver une vie apaisée, et que leurs remords, leurs regrets, leurs culpabilités, s'effacent avec le temps. Ils ont fait vivre la démocratie au sein de l'établissement, c'est probablement le plus important, que l'on permette à la pensée de vivre, dans un cadre protégé.

Les reproches d'avant sont ils à connaître après

au risque de donner l'illusion d'une raison aux fous qui soutiennent l'horrible meurtre


L'heure est plutôt à entendre encore et encore ceux qui condamnent ce meutre

Moi, je suis Parti de Charlie !

La lecture de votre chronique me donne envie de pleurer. On voudrait faire la route dans l'autre sens (Souchon )

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