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La "France qui souffre" ou la France qui fantasme ?

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J'aimerais beaucoup avoir l'avis de Judith sur ce papier de Lordon justement. Il est méprisant lui aussi ?
Bonjour,
Je souhaite vous faire part non pas des discriminations ou des injures racistes que j'ai subies depuis que je suis jeune mais des a priori dont je fais l'objet régulièrement depuis bientôt 30 ans. Je suis née en France, je suis française et suis issue d'un couple mixte: ma mère est originellement française et mon père tunisien (naturalisé français depuis de nombreuses années). Mes parents sont instruits, éduqués, ont fait des études supérieures en France et sont cadres dans la fonction publique.
J’ai d’ailleurs suivi le même parcours estudiantin et professionnel qu’eux.
Ma mère est catholique non pratiquante, mon père n’est pas musulman (ni juif ni catholique) et mes parents sont tous deux laïcs. J’ai d'ailleurs reçu une éducation laïque.
Et pourtant le commun des mortels, y compris les citoyens de gauches bien pensants, instruits et ouverts, m’assimilent régulièrement à une musulmane (tout comme mon père alors qu’il existe des maghrébins laïcs, juifs ou chrétiens) : oui je suis donc « musulmane d’apparence » comme dirait Monsieur Sarkozy. On me demande si je mange du porc ou si je bois de l’alcool, on me dit que je dois sûrement être très au fait des culture et religion musulmanes, on veut me poser des questions sur ces sujets en pensant bien faire et se montrer ouvert d’esprit, on me dit que pourtant je devrais comprendre et parler l’arabe, on pense que je dois savoir cuisiner le couscous etc.
Je vis également au quotidien le préjugé que je simplifie ainsi : arabe ou d’origine arabe=moins intelligent, moins instruit et mois cultivé qu’un « français de souche » (façon de parler pour faire plaisir à ceux qui pensent l’être). Quand j’étais à l’école primaire, déjà, des élèves ou leurs parents pensaient que j’étais une mauvaise élève et que j’avais redoublé. C’est l’addition de plein de petites choses dites au quotidien, des comportements issus de ce préjugé et de la lepénisation des esprits qui peut devenir pesant, à la longue.
Je veux juste dire qu’il existe plein de personnes comme moi à qui de nombreux citoyens inventent une appartenance, des pratiques, une histoire. Mes chers concitoyens, laissez de côté vos a priori et vos peurs fantasmatiques s’estomperont. Traitez votre prochain sans préjugés, avec tolérance et respect, d’égal à égal, et la France ira mieux.
Et comme d'habitude, F. Lordon remet brillamment les pendules à l'heure...
vote du FN la France qui souffre! vaste hypocrisie! Dans ma région, beaucoup de petits villages votent FN! et ces électeurs, beaucoup, il faut le dire, sont xénophobes! Appelons un chat un chat! Je ne suis pas toujours fier d'être français!
Un article "extlêmement intélessant" comme me l'a précisé un ami chinois: Eric Fassin dans Rue 89
Et on retrouve ce même genre de phénomène dans les grandes villes de province.
Le problème est que 10e devient un quartier bourgeois et que d'ici peu les immigrés auront disparu.

Voici un extrait d'un travail sur Paris et l'habitat très révélateur et concernant le 10e arrondissement

Les nouvelles manières d’habiter des ménages gentrifieurs. Un exemple parisien

Après avoir tenté de cerner les effets de la gentrification sur l’habitat à Paris, il faut se pencher sur les ménages gentrifieurs eux-mêmes et leur rapport à leur logement. Pour cela, je m’appuierai sur une enquête menée en juin 2004 dans une cour ouvrière réhabilitée par un promoteur, rue du Faubourg du Temple, à la limite entre les 10e et 11e arrondissements (à la hauteur de la rue St-Maur) [5]. La Cour de Bretagne forme un passage fermé d’une centaine de mètres entre la rue du Faubourg du Temple et la rue du Buisson St-Louis et est composée de cinq bâtiments datant de la fin du XVIIIe siècle et du tout début du XXe siècle totalisant environ 10 000 m2 de plancher. Propriété indivise tenue par une famille noble, elle fut rachetée par un marchand de biens en 2000, réhabilitée puis revendue par lots, la réhabilitation divisant par deux la surface des locaux d’activité, augmentant la surface des locaux d’habitation mais en réduisant le nombre de logements, au nombre d’une centaine aujourd’hui.

Une quinzaine d’entretiens approfondis avec les nouveaux habitants a permis de mieux connaître le profil des gentrifieurs. Appartenant aux classes moyennes supérieures voire aux classes aisées, mieux dotées en capital culturel (niveau de diplôme élevé, champ professionnel de la culture au sens large) qu’en capital économique (revenus souvent irréguliers et situés, le plus souvent, dans la tranche des 25% des ménages les plus riches d’Île-de-France), les gentrifieurs font figure de néo-bourgeois en pleine ascension sociale, ne serait-ce que par le patrimoine immobilier dont ils viennent de se porter acquéreurs et dont la valeur a déjà doublé aujourd’hui. Formant un groupe social aux contours flous, ils mettent en œuvre une stratégie de distinction sociale dans laquelle le logement est un élément-clé.

Le choix du logement avant celui du quartier


Pour les nouveaux copropriétaires de la Cour de Bretagne, la recherche et le choix de leur logement n’ont pas été faits au hasard. Certains ont conduit cette recherche à la manière des repérages pour le tournage d’un film, d’autres ont arpenté pendant plusieurs mois toutes les cours environnantes à l’affût d’une bonne affaire, tous ont mobilisé leurs relations, la vente des lots s’étant faite uniquement de bouche-à-oreille dans le milieu des architectes, des photographes, du cinéma, du théâtre...

Présentée comme libre, cette recherche est en fait guidée par une forte contrainte de prix. Habitant souvent des immeubles haussmanniens dans le 9e ou le 12e arrondissement, le Marais ou rêvant du Quartier latin sans pouvoir se l’offrir, les gentrifieurs de la Cour de Bretagne ont d’abord choisi cette localisation en raison des prix encore abordables que leur proposait le promoteur, aux alentours de 2 700- 3 000 € le m2 (soit 18 000 à 20 000 F). Certains artistes arrivés comme locataires dans les années 1980 ont bénéficié de prix très intéressants (autour de 2 100 €, soit 14 000 F). Cette contrainte de prix explique que les gentrifieurs aient dû acquérir un logement dans un quartier encore populaire et immigré qui ne leur a pas plu d’emblée. Plus que le quartier, c’est la localisation et l’accessibilité de leur logement qui les a déterminés : plus proches de la station de métro Belleville que République, c’est pourtant cette dernière qu’ils mettent en avant, comme une garantie de centralité, certains considérant même leur nouvelle localisation comme centrale dans Paris. Leur choix est donc un arbitrage entre la contrainte financière et l’exigence de centralité, tous rejetant vivement la possibilité de s’installer en banlieue, présentée comme un exil insupportable.

Le quartier est d’autant plus supportable que leur nouveau logement se situe dans une cour fermée dont la composition sociale est très homogène, tant par le niveau social que par les domaines professionnels qui y sont représentés. Finalement, le quartier aussi fait partie des critères de choix des gentrifieurs parce qu’il offre la garantie d’y trouver de plus en plus de gens comme eux, leur réseau de sociabilité étant essentiellement concentré dans cette partie de l’Est parisien devenue suffisamment à la mode pour que ceux de leurs amis qui n’y habitent pas se déplacent pour venir les visiter. Peu à peu, même le quartier est valorisé dans ce qu’il a de populaire et d’immigré : on y trouve tout, à toute heure et à des prix défiants toute concurrence pour la vie courante ; on a l’impression d’être en voyage et on apprécie le mélange culturel inédit entre Maghrébins et Asiatiques ; et finalement, quoi de mieux pour prouver son ouverture d’esprit et s’opposer ainsi à la bourgeoisie traditionnelle des Beaux Quartiers ou des immeubles haussmanniens associée à la fermeture et à la réaction ? Le quartier populaire est devenu un élément de distinction sociale pour les gentrifieurs, d’autant plus qu’ils en sont protégés par une cour fermée où règne un entre-soi réconfortant.

Voici le lien de l'étude http://resohab.univ-paris1.fr/jclh05/article.php3?id_article=19
Merci Judith de m'avoir mis les résultats du 93 sous les yeux et d'avoir rappelé que vous habitez dans le 10eme. Ce chemin je l'ai fait en sens inverse pendant quelques années et il y a quelques décennies...Je pensais que la crise en touchant ce territoire aurait accru considérablement le vote FN. Bonne nouvelle donc. Ce qu'il serait interessant de savoir c'est le rapport des inscrits, donc français, au nombre d'habitants majeurs. La proportion je suppose est assez basse, et c'est là qu'il ne faut rien lacher sur le vote des étrangers aux élections locales.
Eh oui, je ne peux m'en défaire , rationnel, imaginaire, planifié, inattendu, étonné sidéré, ainsi va mon esprit et mon existence au gré de mes rencontres et de mes apprentissages.
Bien évidemment, j'essaie de dire au plus vif ce qui m'apparaît comme une raison de l'attrait qu'elle suscite en moi. Le qualificatif "courageux" m'apparaît alors sensé car j'estime son combat difficile voire dangereux pour sa personne tant il m'apparaît de haine, de puissance assise, dans les figures grimaçantes et les mots de ceux qui s'exposent à elle lors de face à face télévisuels. Son sourire, ses silences parfois, et ses résistances farouches face à ce qui m'apparaît une "meute à la curée" cherchant la blessure sanglante pour l'anéantir me la rendent séduisantes.
La raison aussi quand l'expression seule 'sortir de l'euro ou protectionnisme" ne trouve plus aucun autre écho puissant parmi les journalistes et experts conviés à l'interroger, qui en perroquets crient à tue tête yakune solution, yakun chemin, l'euro, l'euro !!!
Je rappelais que la révolution communiste des années 90 avait bouleversé bien des comportements et bien des réflexions, je pense que la révolution intellectuelle à venir qui secouera les sociétés de la globalisation marchande, idéologie barbare qui accapare l'esprit de nos médias et de nos élus puisera ses forces dans les pensées exprimées par cette femme dont l'isolement et la combativité me touchent aujourd'hui.

Marine aura sans doute changé, d'autres femmes et d'autres hommes s'offriront à mes yeux et à mon esprit, certains me séduiront par la diversité et la singularité de leurs pensées, l'une ou l'un d'entre-eux me charmera plus fort encore alors que les girouettes d'hier nourriront mes violences ou mes mépris.

Voyez-vous Yannick, je vous exprime ce que je ressens, ce qui me vient à l'esprit immédiatement et qui passé au crible le plus rapide de la raison m'apparaît constituer le charme, à mes yeux, le plus fort de Marine : elle est une femme combative et courageuse.
Mes arguments ne vous convaincront pas. soit. Je suis séduit par Judith et je ne peux en exprimer l'étendue et la cause et je ne pense pas que la réduction de nos choix électoraux se réduise à un argumentaire structuré et rationnel privé d'affections électives qui nous sont très intimes.
Encore Pascal;
L'attrait immédiat que suscita en moi Judith Bernard lors de la première apparition télévisuelle où j'ai eu le bonheur de l'entendre et de la voir, Arrêt sur images offrait alors au télespectateur du dimanche que j'étais le plaisir de découvrir une dissection éclairée et critique de toutes sortes de messages et de méthodes de communication utilisées par les médias, ne tenait pas seulement à ses analyses très fines du langage. Comme tout individu invité à jouer dans le cadre de la lucarne TV, Judith Bernard a un visage, un sourire, une voix, des expressions du corps, une silhouette qui en plus de ses mots, de ses réflexions et de ses convictions et elle m'a transmis ainsi une multitude de signes parfois contradictoires mais au final qui m'ont séduit.
Nous ne partageons pas les mêmes opinions sur Marine le Pen et sans doute ne partageons nous pas non plus les mêmes opinions politiques.
Mais les opinions sont fruits de tant de facteurs divers déterminant nos existences.
N'était- ce pas plus facile à mes dix ans de prendre fait et cause contre le communisme ici quand les démocraties socialistes s'abritaient derrièrer des fils barbelés, des miradors et des vopos armés. L'influence marxiste était alors omniprésente parmi les intellectuels de France.
L'anti-communiste était alors qualifié de primaire ou de fasciste...
Il y a plus de 20 ans, une révolution a renversé les régimes communistes et imposé une idéologie barbare du marché. Ici, la plupart des hommes politiques marxistes d'autrefois ont mué en petits bourgeois du monde.
Ils ont participé à l'édification de cette barbarie marchande qu'est devenue l'Europe qui nous gouverne et réduit un peu plus chaque jour notre démocratie.
Je suis de formation scientifique, mes expériences proffessionnelles m'ont conduit à partager des moments de vie avec des centaines d'humains qui m'étaient étrangers de moeurs et de coeur, je suis cartésien et j'admire le génie de Pascal, ils m'aident à contenir mes colères et mes emportements quand le manichéisme anéantit ma pensée et réduit mon visage à une figure grimaçante. J'aime Marine pour toutes sortes de choses et particulièrement pour son courage à dire son affection à notre langue, à notre République,à notre projet social face à la meute de bourgeois du monde qui orchestrent l'asphyxie des singularités c'est à dire des diversités.
Quel plaisir à vous lire Judith!
J'avoue que cette extase qui envahit mon corps et mon esprit ne se réduit pas au déchiffrage intellectuel rationnel et posé de votre pensée écrite. Non, Assurément non! Elle se nourrit avant tout à mon imagination où s'impose à moi votre figure animée. Vous êtes alors en pleine rédaction de votre article et votre visage si souvent mutin est en cet instant sévère et fermé. Votre volonté à rédiger un texte définitif sur ce sujet qui vous porte si souvent à prendre partie nuit à votre nature rieuse. Heureusement, je vois qu'un enfant vous tire par la manche et réclame votre affection. Aussitôt votre mine s'est enjouée à sa vue et vous avez souri. Un sourire qui me charme bien au-delà des mots, de la syntaxe, du manichéisme. Le charme plus fort que la raison, des arguments et des contre-arguments qui nous séparent, le charme d'une personnalité et de ses convictions que je respecte sans y adhérer car je dois vous avouer Judith que je trouve aussi du charme à Marine.
Celui de tenir tête face à cette horde médiatique qui s'excite à sa vue, guettant ses faiblesses.
J'ai croisé des sympathisants qui votent FN.
Quatre témoignages (électeurs FN)
Ce que j'ai lu de plus intelligent sur le sujet depuis le 1er tour :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/04/26/quand-le-front-national-prospere-sur-l-aveuglement-d-une-gauche-bien-pensante_1691757_3232.html
Je ne prétends pas à une analyse des électeurs du front national, mais ceux que je connais, et je ne sais pas comment vous faîtes chère Judith pour ne pas en rencontrer, ceux auxquels je pense ne sont ni franchement racistes, ni fachos, même s'ils sont quand même islamophobes, juste autoritaires, plein de préjugés, antiintellectuels, et pas spécialement souffrants (petits fonctionnaires). Ils ne sont pas cons pour autant.(ou pas toujours, ils jouent simplement parfois aux cons),
Lorsque je m'essaie à discuter avec eux, j'évite de les mépriser et de les enfermer dans cette seule étiquette, électeur de Marine Le Pen.
Je trouve qu'il y a aussi une part de fanfaronnade ou de provocation dans leurs positions. Plus que souffrants, je crois qu'ils sont surtout bousculés par la modernité, par la remise en cause de leurs valeurs qu'on peut certes résumer rapidement en "travail, famille, patrie".
Je n'ai pas l'impression que les médias soient responsables de leurs fantasmes même si effectivement ils les alimentent. Mais leur expérience leur fait aussi rencontrer des profiteurs de systèmes,chômeurs qui ne cherchent pas vraiment de travail (ça existe aussi), et ils sont aussi victimes d'incivilités ou connaissent des gens qui , etc. Ils sont surtout, je crois, bousculés par un monde qui va trop vite, qui relativise leurs croyances, nourrit le scepticisme alors ils se braquent et s'accrochent à des idées simples ou plutôt simplistes et archaïques : le barbare c'est l'autre.
Je ne les excusent aucunement, mais les stigmatiser et se croire tellement meilleurs parce qu'ils servent de repoussoir c'est à mon sens de la courte vue . Démonter leurs préjugés prend du temps, n'avance pas beaucoup et lentement. Les périodes électorales font reculer la réflexion de plusieurs cases.

Scepticus
La préoccupation de l'analyse de l'électorat FN sans que l'électorat des autres partis ne semble devoir poser question, associe à l'évidence le vote FN à un vote "contre nature démocratique". Mais de quelle « Démocratie » s'agit-il ?
Démocratique l'Europe? Renseignez-vous sur qui sont les commissaires européens, où ils ont été formés, dans quels groupes bancaires ils ont travaillé, leur dépendance aux États-Unis... Ils sont les agents du Nouvel Ordre Mondial organisant la répartition de la planète selon les intérêt du grand capital (comme en 1493 l'Espagne et le Portugal s'étaient partagés le monde, sauf qu'aujourd'hui ce sont les transnationales des pays du Nord). Fondée, dans les textes institutionnels, sur la « gouvernance » des élites technocratiques (les vrais, pas Aphatie), cadre juridique de la concurrence libre et non faussée, se prépare l'Europe des régions par une transition par la « gouvernance » des nations (dont la mise en œuvre en Grèce et en Italie a commencé, et la "dérive" du présidentialisme par Sarkozy qui a occupé les fonctions de Premier ministre et de tout le gouvernement, « désacralisant » la fonction ainsi qu'il est dit bêtement, en étant la prémisse en France).
Au niveau national, cela se traduit par la mise œuvre de la « décentralisation » et des « Politiques de la Ville » (curieux comme ces thèmes ont disparu du débat électoral sinon par des "promenades" alibis des candidats dans les « quartiers »).
Nous sommes en plein dans ce processus (auquel certains se confrontent en se battant contre l'implantation d'un aéroport par exemple) qui nous est donc peu lisible (d'autant qu'on nous le masque), soumis à l'état des rapports de force et à la résistance des peuples et de certains de ses représentants (ils ne sont pas « tous pourris »). - Vous pouvez trouver tous les éléments que je viens d'évoquer dans les rapports de la Communauté Européenne, de l'ONU, de l'OMC, du conseil économique et social (par ex.) etc., pas besoin d'aller sur des sites sulfureux de la propagande fasciste, ce n'est pas un complot, c'est de la "gestion" . Voir aussi des auteurs anars comme Jean-Pierre Garnier and co ou la série des « Manières de voir » du Monde diplo sur la mondialisation et d'autres encore -.
Le FN ne se présente donc pas comme opposé à la démocratie, mais au contraire à un système profondément anti-démocratique. C'est cela qu'une partie du "peuple" entend, le subissant de plein fouet notamment dans les entreprises où les « patrons » sont évanescents. Que la gauche intellectuelle bataille sur la démocratie des Lumières relève là du fantasme. La promouvoir, peut-être, mais prétendre qu'on y soit, foutaises.

Le FN est-il un parti démocratique pour autant ? Seule l'amnésie organisée et la propagande massive de dédiabolisation font de ses origines et du passé brutal du para colonial Le Pen un tabou aujourd'hui. Qu'une partie des nouveaux électeurs « populaires » du FN ne soient pas « fachos » ne les exonère pas de cautionner un parti fasciste. Ce n'est pas la première fois que ces catégories se font avoir. Le parti nazi des années 30 promettait la révolution sociale et la « suppression du prolétariat ». Mais là où le peuple entendait la fin de la condition prolétaire, il fallait entendre sa suppression physique dans les combats et dans les camps de travail. Là où les classes moyennes traditionnelles (petits commerçants, artisans, agriculteurs, petits patrons), qui ont constitué le gros de ses électeurs, entendaient les promesses de sauvegarder leurs intérêts, il fallait entendre que le parti nazi, à la solde des grands financiers, les éliminerait au profit des grandes surfaces. Mais il faut comprendre pourquoi ils se font encore abuser alors qu'ils n'ont plus l'excuse de la première fois.

En ce qui concerne notre propos, c'est au niveau de l'aménagement du territoire, réalisation locale du nouvel ordre mondial, que l'on peut trouver des éléments intéressants. Car de quoi les faits évoqués par certains ici sont-ils la conséquence (l'obligation de l'usage de la voiture, la situation des départements comme le Gard, etc.) ? L'aménagement du territoire est l'application des politiques mondiales et européennes dans ce qui concerne la vie quotidienne des citoyens au plus proche : répartition des terres agricoles, de l'urbanisation, des services publics, etc., par le zonage et le plan agissent directement sur les populations, dissolvant les formes sociales anciennes.
Faut-il rappeler que les premières villes conquises par le FN sont des villes de garnison, et que lors du repli des troupes coloniales, une partie a grossi les casernes de quelques villes du Midi ? Quel est l'effet du redéploiement des sites de défense (et donc de la fermeture de certains) sur des villes moyennes qui vivaient principalement de l'apport de ces bases notamment sur les frontières de l'Est jusqu'à la Méditerranée ?
La planification du développement touristique est un des plus importants facteurs de déstructuration de régions entières, de surpeuplement saisonnier et de désertification rurale. Le Sud, justement, l'Hérault et le Gard, terres communistes des vignerons rouges du Midi, a été profondément affecté par le réaménagement du Rhône, la rationalisation agricole par l'irrigation, la défiguration de la côte par les stations balnéaires. La Compagnie du Bas-Rhône (1956) pour l'aménagement de la région du Languedoc-Roussillon, émanation d'une commission de modernisation et d’équipement dépendant du Commissariat au Plan, a mis en place, à partir des années soixante, l'agriculture irriguée, l'aménagement du littoral auparavant livré aux moustiques et au camping sauvage, le verdissement et le reboisement, la rénovation des villages, la construc­tion de grands ensembles péri-urbains, la construction de l’autoroute, le développement du trafic aérien, l'expansion de l’université de Montpellier essaimant à Nîmes et Perpignan, et cela en l'imposant aux populations autochtones, qui trouvent leurs pleins effets aujourd'hui. Elle a été certainement, parmi les grandes sociétés d’après-guerre, celle qui reçut le plus les influences coloniales, en s'appuyant notamment sur les ingénieurs et les colons rapatriés d'Algérie qui bénéficièrent très avantageusement de grandes propriétés issues du remembrement.

Ne peut-on penser que ces mouvements de fond influencent profondément les structures et les mentalités sociales, surgissant sous la forme politique exprimant la rancœur et la dépossession ? Bien sûr s'y ajoutent la casse du tissu industriel, le "néo"-management (toyotisme) appliqué maintenant à la fonction publique, le décervelage des mass-médias, de l'industrie du divertissement et de la consommation (publicité), l'emprise de l'idéologie libérale-libertaire; la défaillance organisée du système éducatif (AGCS) et de la capacité éducative des familles, l'idéologie pavillonnaire, etc., qui se développent sur ce terreau. La désocialisation dans un monde de plus en plus artificiel (virtuel) justifie-t-elle la solution proposée par les militants du Cyberespace : « Le Cyberespace est fait de transactions, de relations, et de la pensée elle-même, formant comme une onde stationnaire dans la toile de nos communications. Notre monde est à la fois partout et nulle part, mais il n’est pas où vivent les corps. » ?

Propice à la déstabilisation des individus composant les groupes sociaux fragilisés par ces mouvements "tectoniques", faut-il penser qu'ils se tournent pour autant vers le FN ? Le comportement de l'électeur de base de régions conservatrices (ou l'étant devenues par les brassages de population) est-il si différent de l'électeur des banlieues rouges pour lequel le vote PC était une évidence culturelle ? Faut-il vraiment se mêler aux empoignades reposant sur des critères manipulateurs: pourquoi mettre en avant le vote ouvriers/employés qui a progressé de 21 à 23% de 1995 à 2002 (année du « séisme »!), alors que celui des retraités/inactifs a progressé de 11 à 16,8%, et celui des artisans/commerçants, chefs d'entreprise de 13% à 31% ? Voir ce travail sur le sujet .

L'astuce (!) de la propagande du FN (et de la droite sarkozienne) est, « par la désignation de boucs émissaires, de transformer une crise sociale en crise culturelle, de remplacer les conflits sociaux par les conflits en terme culturel », ainsi que l'explique Hervé Le Bras qui démonte les pseudos analyses du vote FN. Mais ce discours (désigner "le" profiteur proche de soi dédouane de ses propres responsabilités), forge des individus fermés (donc têtus) sur leur mensonge à eux-mêmes, que toute explication renforcera dans leur posture (d'où la difficulté de discuter avec eux comme certains l'ont expérimenté), parce qu'il est explicatif de ce que l'on ne comprend pas (les mouvements de fond) et donne des éléments de langage autopersuasifs et justificateurs.
Face à la « peste émotionnelle » que propage ce système destructeur de la terre et des hommes, d'autant que les "partis de gouvernement" ont été ceux qui l'ont mis en œuvre, ce n'est pas le langage de la raison qui est la réponse. C'est la promesse du sauveur à poigne et le régime autoritaire. Ce que Sarko ne peut plus représenter après les pratiques de son quinquennat malgré ses efforts. Mais ce sauveur serait le sauveur du capitalisme (fonction du fascisme de crise), non de ceux qui croiraient en lui.
Nous n'en sommes pas là, mais si le PS reste à la solde de Bruxelles, dans cinq ans la peste se répandra comme ce fut le cas dans les années trente et la propagande menteuse du FN (la « nouvelle droite » paraît-il) nous étouffera.
La suffisance de l'intelligentsia de "gôche"  (formulation paresseuse, j'en conviens) dans sa prétention à porter des valeurs universelles qui n'ont rien à voir avec la réalité (sous les discours enflammés, les pères fondateurs de la constitution des États-Unis et des constitutions européennes n'ont cherché qu'à faire en sorte que la majorité ignorante et non possédante, donc irresponsable, ne puissent accéder au pouvoir que seule l'élite éclairée et possédante devait détenir ) l'amenant à traiter de « gros cons » l'ensemble des électeurs du FN, est une erreur fondamentale, qui pourtant me démange aussi (sont-ils les seuls gros cons parmi les 46 millions d'inscrits ?). Devant un mouvement venant des profondeurs des conditions d'existence des hommes, leur « faire honte » ne peut qu'attiser la haine (et surtout la propager) contre les donneurs de leçon facilement suspectés d'être des profiteurs. L'électorat du FN n'est pas plus homogène que celui des autres partis. Il est significatif que l'on ne parle guère de la bourgeoisie maffieuse et hargneuse qui représente les principaux soutiens de Le Pen mais aussi de la droite extrême de l'UMP, des milices dans lesquelles des militaires ou policiers à la retraite encadrent des troupes constituées en partie d'un lumpen prolétariat que Marx désignait comme la masse sous prolétaire que ses conditions d'existence vouait aux sales besognes de la bourgeoisie contre les ouvriers (et qui ne vote pas, déjà parce qu'elle est massivement non inscrite sur les listes électorales).
Plutôt que débattre sur le fait que les électeurs sont des gros cons abusés ou non, les gens « de gauche » devraient plutôt se préoccuper, à mon avis, du blanc seing laissé à Hollande (qui ne négocie avec personne comme les technocrates de Bruxelles avant de se coucher devant ces derniers), et lui imposer, par la lutte, la résistance au totalitarisme réellement existant.
Faire honte à la France honteuse ?

Témoignage

Yannis Youlountas, poète et philosophe français et grec

22 avril 2012 : SOIR DE PEN, DIX ANS APRÈS

« Nausée et stupéfaction. Ce soir, dans mon tout petit village de la Montagne Noire, je me demande qui a pu apporter un soutien aussi massif à l'héritière Le Pen. Alors que le père avait toujours oscillé entre 3 et 12 voix pour 280 habitants, voilà que son écoeurante progéniture a brusquement atteint le score absolument incompréhensible de 33 voix sur 170 votants. Mais qui sont-ils ces 33 obscurs voisins à l'apparence tranquille et bucolique ? Comment en sommes-nous arrivés là, dans un minuscule village où la seule famille maghrébine est d'une gentillesse irréprochable à l'égard de tous ? A 300 km d'ici, dans ma ville natale, pourtant profondément de gauche et administrée généreusement par des maires communistes depuis un demi-siècle, la candidate d'extrême droite est carrément arrivée en tête : Martigues est brutalement passée du rouge au brun ! Stupeur là aussi. Partout en France, Sarkozy, Guéant et Hortefeux ont nourri, élevé et dressé la bête immonde, jour après jour, comme les ténors du capital allemand durant la crise de 1929. Nous sommes en plein cauchemar. De même en Grèce, ma terre d'origine, où plusieurs partis d'extrême-droite sont en train de profiter des circonstances particulièrement dramatiques du pays pour s'installer dans le paysage politique et se gonfler d'intentions de vote excitées par le sang à quinze jours du scrutin, comme des sangsues voraces et répugnantes.

Sur un plateau télévisé français, à l'instant où j'écris ces lignes, tous les politiciens réunis ne trouvent rien de mieux à faire que de courtiser l'électorat du FN en le plaignant longuement et en lui adressant leur sympathie fraternelle. La France qui vote Le Pen est devenue dans leur bouche "la France qui souffre". L'expression est reprise à tout bout de champ, de Ségolène Royal à Jean-François Copé, non sans jouer des coudes pour être bien audible et parfaitement en face de la caméra dans les caresses verbales et les mimiques à son encontre. Berk ! Paroles fétides de trous du cul qui règnent encore sur des Français décidément plus manipulés que jamais.

Non, la France qui vote Le Pen n'est pas la France qui souffre. C'est la France qui pue, non pas la sueur, mais le sang. C'est la France mortifère qui a toujours adoré l'autorité arbitraire et les ordres vociférés. C'est celle qui a besoin d'obéir à un maître pour pouvoir se délecter de la barbarie dite civilisée qui s'étend de jour en jour. Cette France-là attend patiemment comme un pitt-bul prêt à être lâché sur les boucs-émissaires que désignera le maître. Cette France-là n'est pas celle qui souffre, c'est celle qui attend le droit de faire souffrir. Cette France-là, c'est la sous-France : celle qui attend les ordres. Cette France-là n'est pas la France : elle est le contraire de la France. C'est pourquoi au lieu de se vanter de voter pour la dynastie Le Pen, ces gens-là, pour la plupart, se cachent (tous dans mon village, où aucun des 33 n'a jamais eu le courage de se dévoiler) : parce qu'ils savent bien au fond d'eux qu'ils sont la honte de la France.

Cette France-là n'est pas non plus la France qui a peur. C'est, au contraire, la France qui se délecte de faire peur, tapie comme une bête sauvage dans la nuit de la raison, et qui savoure le plaisir toujours plus grand d'être notre pire cauchemar. Cette France-là, c'est la France des lâches qui nous saluent masqués. C'est la France de ceux qui, en réalité, détestent la France, comme ils maudissent plus encore l'humanité jusqu'à eux-mêmes et qui n'affrontent pas plus les miroirs que le regard de leurs voisins. J'ai désormais 33 voisins masqués dans mon petit village, trois fois plus que la dernière fois. Et je ne sais toujours pas lesquels. »
Tout est dit.
C'est sûr, un texte comme ça, ça soulage, mais ça résout rien...

Vous votez quoi vous, FdG ? Si on vous répète à longueur de journée que vous êtes la France stalinienne, nostalgique des goulags, du KGB et du gosplan, vous allez le prendre bien et changer d'opinion ?
Symétrie plantuesque, c'est-à-dire intellectuellement nulle.

Symétrie plantuesque, c'est-à-dire intellectuellement nulle.


Je crois que vous n'avez pas bien compris ce que Yamine voulait dire. Il ne fait pas une symétrie entre le FN et les communistes, il suggère que l'argument qui consiste à culpabiliser ne marche pas.
Le problème, ce n'est pas Yamine Guettari que culpabiliser ne marche pas, c'est que chercher à faire changer de vote ces gros cons est inutile, ce n'est pas ainsi qu'on arrivera à se débarrasser de la nuisance qu'ils représentent.

yG
Le problème, ce n'est pas Yamine Guettari que culpabiliser ne marche pas, c'est que chercher à faire changer de vote ces gros cons est inutile, ce n'est pas ainsi qu'on arrivera à se débarrasser de la nuisance qu'ils représentent.

Une suggestion ? Un peloton d'éxecution ? Des camps de travail ? Vous avez l'air d'avoir votre avis sur la question.
"Une suggestion ? Un peloton d'éxecution ? Des camps de travail ? Vous avez l'air d'avoir votre avis sur la question.": pandami

En démocratie, il n'y en a qu'une, être majoritaire. C'est d'ailleurs la limite de la démocratie, elle favorise les plus cons et ceux qui les exploitent. Puisque la répartition des électeurs sera toujours biaisée en faveur de l'égotisme, du simplisme, et de l'irresponsabilité. C'est donc toujours une surprise et une bonne nouvelle, lorsque ce n'est pas ce biais qui l'emporte.

yG
Si je voulais pinailler je dirais que c'est TOUJOURS le biais de l'égotisme, du simplisme et de l'irresponsabilité qui l'emporte puisqu'on vote toujours mal au regard de celui qui n'a pas voté comme nous. De plus on vote assez peu par altruisme mais plus dans l'espoir de voir le clown qui sera élu régler nos petits problèmes (ou nos gros problèmes dans le cas où on est chômeur, ou précaire, voire sans papiers, etc).

je suis plus circonspect quand à votre commentaire sur les "limites" de la démocratie. Pourriez-vous développer ?
Sur la démocratie, depuis des années yannick la maintes fois développé, mais vraiment je n'ai pas envie de
chercher dans ses milliers de message...
cherchez vous même;-)
gamma
Danke schön (j'étais pas abonné à l' époque)
Merci, j'avais z'oublié ce texte de Judith et le forum...
gamma
"Si je voulais pinailler je dirais que c'est TOUJOURS le biais de l'égotisme, du simplisme et de l'irresponsabilité qui l'emporte puisqu'on vote toujours mal au regard de celui qui n'a pas voté comme nous." : pandami.

Non, là, vous feriez du relativisme, tout étant mis en regard de façon symétrique.
Mon point de vue est totalement différent, il n'a cure de ce procédé rhétorique, il souligne le fait qu'en démocratie, exploiter l'égotisme procure un avantage certain. Car, comme vous le soulignez vous-même :

"on vote assez peu par altruisme mais plus dans l'espoir de voir le clown qui sera élu régler nos petits problèmes (ou nos gros problèmes dans le cas où on est chômeur, ou précaire, voire sans papiers, etc)."

Mais cela n'a rien d'une fatalité, on peut voter pour autre chose que son intérêt immédiat (la baisse de ses impôts sur le revenu, sa sécurité, sa retraite), pour l'intérêt général (pour l'éducation, alors qu'on n'a pas d'enfant et n'en aura jamais, pour une augmentation des impôts sur le revenu alors qu'on en paye déjà soi-même, pour la culture, y compris celle qu'on ne consommera jamais par goût personnel, etc.), toutes ces choses dont on ne bénéficie pas directement à titre personnel.

Un chipoteur relativiste (pléonasme) pourrait m'objecter que la différence ici est entre intérêt immédiat et intérêt potentiel et que ce n'est pas si important, mais une fois de plus, il aurait tort, car, cela change tout, cela modifie profondément les rapports sociétaux, entre les individus.

Et si nous trouvons des égotistes qui votent à gauche par intérêt personnel immédiat, les valeurs de la gauche, elles, ne seraient se limiter à ces parasites-là, contrairement à celles de la droite qui s'en contentent très bien, que dis-je, ne recherchent qu'eux. La distinction entre les valeurs de droite et de gauche n'est économique qu'en second lieu, elle est d'abord éthique, le reste ne fait qu'en découler.


"je suis plus circonspect quand à votre commentaire sur les "limites" de la démocratie. Pourriez-vous développer ?"


Une démocratie au suffrage universel ne prend en compte que le nombre, la majorité.
C'est un système bêtement quantitatif, car, aucun principe qualitatif ne vient le soutenir, bien au contraire, puisque toutes choses égales par ailleurs, il est toujours plus facile dans un quelconque échantillon de trouver plus de personnes aptes à exprimer des comportements égotistes, dans la sécurité de l'isoloir, qu'altruistes (ou pour le dire autrement capable de voir au-delà de leurs intérêts immédiats).

C'est pourquoi, bien que la classe des dominées soit plus importante que celle des dominants, les dominants exploitant une politique basée exclusivement sur l'intérêt immédiat (le leurs avant tout) auront toujours un avantage certain dans un tel système quantitatif... hélas.

Rappelez-vous cette connerie sans égale du travailler plus pour gagner plus, l'intérêt immédiat, gagner plus pour sa pomme se fait ici au détriment de l'intérêt collectif, le taux horaire n'augmentant pas, nous devrons tous travailler plus pour espérer améliorer financièrement notre situation. L'égotiste, moi-je, s'en fout, il veut plus d'argent, tout de suite, à sa guise, il n'est pas regardant, peu lui importe que la société y perde globalement (en terme de condition de vie tout simplement), c'est son ventre, son confort qui compte avant tout. Or, de tels égotistes, il ne s'en est pas manqué dans le peuple le plus dominé... pas nécessairement celui qui avait le plus faim ou qui souffrait le plus, puisque d'autres, hélas moins nombreux, dans les mêmes conditions ont su différer leur besoin et voir plus loin que le bout de leur nez.

Tout cela pour dire qu'il faut se mobiliser à gauche pour ne pas revoir la droite la plus dure une nouvelle fois au pouvoir ce dimanche. Peu importe que le PS ne vous semble pas assez à gauche, que Hollande ne soit pas à votre goût (comme si Sarkozy pouvait l'être...), cela sera toujours moins pire que celui qui représente la fin du politique, puisque l'expression du plus assuré égotisme.

yG
Je ne rentrerai pas dans un débat sur le relativisme mais j'entends vos arguments, merci d'avoir développé ^^

Sauriez-vous, par le plus grand des hasards, à partir de quand notre système institutionnel a été qualifié de "démocratie" ?

Les pères fondateurs de la révolution parlent de "gouvernement représentatif" mais rarement voire jamais de "démocratie" (la démocratie étant un système bien défini mis en place à Athènes en 500 et 300 avant JC basé sur le tirage au sort).
voté
Oui mais si c'est juste l'expression d'une sorte d'indice de satisfaction, genre:
- sur une échelle de 1 à 10 vous mettriez combien?
- "FN" répondent des gens

Il faut qu'on s'interroge sur ce sentiment violent qu'ont, comme c'est logique, tous ceux qui ont ressenti un rejet ou un risque d'être rejeté, ce sentiment que les électeurs FN sont une menace directe.
Pour les besoins de quoi faire mine que "les français" = "le FN"? On confond les électeurs et les militants, mais que pour ce parti, c'est curieux. La franche hostilité bête est minoritaire en France, comparé à l'accueil de Jean de Florette aux bastides blanches.

La démonstration de ce Monsieur cité par AA, qui dit les étrangers du village sont pourtant des gens gentils, fait peur. Penser que l'on peut traduire les 33 votes FN de son village par un message contre cette famille, n'est pas l'évidence que cela semble être.
Si il n'y a pas de problèmes graves, pourquoi s'imaginer qu'il y en a?

Je ne pense pas que ce soit une question de méchanceté/ gentillesse des uns envers les autres. Il faut considérer l'effaçage de mémoire des résidents que représente une population parachutée. Ce qui se défait alors ne se reconstruit qu'avec le temps. Ce problème autochtones vs néo arrivants n'est pas spécifique à la société française, ni de mouvement de population que entre états. Les immigrés aussi ont peur de perdre leurs racines par exemple. Bien malin qui démêle les nœuds et les peurs des uns et des autres mais puisqu'on vit, on meure et qu'on jette des enfants vers demain, on va forcément y arriver.
Une grande différence entre la peur et l'angoisse, c'est que cette dernière n'a pas besoin d'objet.
Les racistes sont des angoissés plus que des peureux.
Kierkegaard a écrit des choses pas trop connes sur le sujet.
Bataille aussi, d'ailleurs: "l'humanité a soif d'angoisse..."
Si je vous saoûle, il faut me le dire.
Bon, je me tais.
savez pas ce que vous perdez.
Les crapauds bavent, la blanche caravane passe.
Entre 14h07 et 14h32, je me suis absentée.
Vous m'avez causé?

Il y a des auteurs que je ne me sens pas autorisée à lire, je ne suis pas initiée à la philosophie de haut vol.
Sur le forum, karaoké de la pensée, si je chante, c'est que faux et pas en mesure, qu'importe.
Ne me renvoyez pas trop vers les grandes pointures, ça va finir par se voir que je ne connais pas les paroles et que je ne suis pas dans le ton. (j'avais envie de dire: ça ne va pas finir par ne pas se voir, pour torturer le cerveau de ceux qui aiment et se régalent dès qu'il y a du "ne" en pagaille).
T'inquiètes tu n'es pas toute seule.
Je te tiendrais compagnie, entre autres.
gamma
Et en plus, ils sont modestes...La classe !
Je n'ai bien de ne peur de ne pas ne savoir à qui ne tu ne pouvais ne bien ne faire référence, poisson ne.
y a des déprimes de Dimanche dernier qui vont laisser des séquelles.
Quand on est de gauche, on croit aux vertus de l'éducation et de la perfectibilité des comportements humains, ces 33 voisins ont basculé dans l'inacceptable.

Est-ce une raison de se contenter de les conspuer et de les stigmatiser ?

Au contraire, je pense qu'il faut parler, se mobiliser, organiser des rencontres (pourquoi pas une assemblée de village ? ou à l'occasion d'une fête des voisins ?) et faire, non pas des leçons de morale, mais expliquer ce qui est incohérent et inacceptable dans le programme Le Pen, avec des exemples concrets comme l'a fait Mélenchon à la télévision dans son fameux duel.

On ne peut pas se résigner à ce basculement, à cette "rhinocérisation" d'un nombre croissant de nos concitoyens !
"Quand on est de gauche, on croit aux vertus de l'éducation et de la perfectibilité des comportements humains, ces 33 voisins ont basculé dans l'inacceptable.
Est-ce une raison de se contenter de les conspuer et de les stigmatiser ?
Au contraire, je pense qu'il faut parler, se mobiliser, organiser des rencontres (pourquoi pas une assemblée de village ? ou à l'occasion d'une fête des voisins ?) et faire, non pas des leçons de morale, mais expliquer ce qui est incohérent et inacceptable dans le programme Le Pen, avec des exemples concrets comme l'a fait Mélenchon à la télévision dans son fameux duel. "
: fer

C'est bien joli, mais cela s'appelle de la rééducation.
Or, lorsque cela s'applique à des adultes, non seulement, c'est faire preuve à leurs encontre de paternalisme, donc, de condescendance (c'est pourquoi je préfère les prendre pour ce qu'ils sont, des gros cons, au moins, je ne suis pas paternaliste avec eux), mais c'est aussi se leurrer sur la volonté de s'ouvrir à la raison de la part de l'autre.

S'ils avaient voulu réfléchir, ils avaient déjà toutes les cartes en main pour le faire. Ils savaient qu'il y a danger à voter FN, puisque le parti est étiqueté raciste depuis plus d'un quart de siècle, non sans raison.
Nulle ne peut l'ignorer.

Ce n'est pas par un mauvais raisonnement qu'ils sont arrivés à voter FN, c'est par volonté de ne pas faire appel à la raison.

C'est là toute la limite de la démarche pédagogique que nous pourrions entamer vis-à-vis d'eux, elle ne fonctionne qu'avec des personnes qui ne la récusent pas a priori.

C'est donc se leurrer que d'endosser la responsabilité de changer ces électeurs-là, cela ne fonctionne qu'à la marge, exceptionnellement. Ce n'est donc pas la solution. Comme Thomas Kuhn le disait à propos d'un paradigme défectueux en science, le meilleur moyen d'implanter le nouveau n'est pas de convertir les anciens, c'est d'attendre qu'ils partent à la retraite, qu'ils sortent du jeu.

L'éducation pour éviter le FN, oui, elle est en place depuis des lustres, auprès de nos petites têtes multicolores, parfait, continuons, intensifions, ce n'est qu'ainsi qu'on pourra contenir la bête à défaut de l'éradiquer en instaurant l'illégitimité de ce type de programme.
Mais la rééducation... autant essayer avec des témoins de Jéhovah. Plus d'un siècle après Nietzsche et un siècle et demi après Darwin, on est encore emmerdé par les thèses des religieux, c'est vous dire les limites de la pédagogie, hélas.

yG
J'ai bien vu votre théorie yG, mais je ne peux pas être d'accord avec vous : je pense que certains sont irrécupérables et ça sert à rien de discuter (indice : ils sont vieux et ont connu l'Algérie française ou jeunes, rasés, et avec le bras tendu) , mais d'autres sont encore accessibles à la raison et pas foncièrement mauvais. Ceux-là, il faut leur ouvrir les yeux et les récupérer : c'est pas parce qu'on est adulte qu'on a rien à apprendre, bien au contraire !
"d'autres sont encore accessibles à la raison et pas foncièrement mauvais. Ceux-là, il faut leur ouvrir les yeux et les récupérer : c'est pas parce qu'on est adulte qu'on a rien à apprendre, bien au contraire !": Yamine Guettari

Je n'en doute pas, je doute seulement de la proportion de ces derniers et donc de l'impact d'une telle mesure qui ne résoudra pas le problème que pose la part résiduelle qui peut fort bien être majoritaire.

yG
Mais enfin, que de simplisme !

Ces petits paysans, ouvriers, artisans, employés du Massif Central qui votent pour la première fois de leur vie au Front National (regardez cette carte par ex qui compare 2002 et 2012, c'est édifiant !), vous les considérez perdus, irrécupérables !?!

Croyez-vous qu'ils ont voté FN d'abord sur le thème de l'immigration ou du fantasme de l'immigration ?

Ne voyez-vous pas que la fille Le Pen développe en parallèle un nouveau discours sur la sauvegarde des services publics, sur la protection des plus fragiles, contre le libéralisme et les banques ?

C'est ce discours qu'il faudrait démonter et dont il faudrait démontrer l'hypocrisie et l'incohérence !

Si, à chaque fois qu'un nouveau pan de la société ou qu'une nouvelle zone du pays bascule vers le FN, il ne reste plus qu'à attendre que ce nouveau vivier disparaisse de lui-même, je crains que c'est nous qui nous nous retrouvions contraints un jour à l'émigration.
"Ces petits paysans, ouvriers, artisans, employés du Massif Central qui votent pour la première fois de leur vie au Front National (regardez cette carte par ex qui compare 2002 et 2012, c'est édifiant !), vous les considérez perdus, irrécupérables !?!
Croyez-vous qu'ils ont voté FN d'abord sur le thème de l'immigration ou du fantasme de l'immigration ?
Ne voyez-vous pas que la fille Le Pen développe en parallèle un nouveau discours sur la sauvegarde des services publics, sur la protection des plus fragiles, contre le libéralisme et les banques ? "
: fer

Vous croyez qu'ils ont voté FN pour la protection du service public, des plus fragiles.... pour tout le discours de façade au détriment de ce qui fait le fond du FN, le fuck you (à tous les autres) et le moi-je (vous emmerde) ?

Ce n'est pas pour un programme qu'ils ont voté, combien d'ailleurs votent pour des programmes, mais une attitude, un gueulement, la grande gueule bien méchante qu'incarne ce parti depuis des lustres.

Rien d'étonnant à ce qu'il progresse dans les départements qu'il n'avait pas encore touché à son maximum, sa légitimité depuis 2002 est constamment renforcée par le discours officiel, il n'y a plus de raison pour eux de se cacher, d'hésiter.

Le FN n'a rien à faire, il n'a qu'à regarder les autres échouer à ramener les trente glorieuses et à parader devant les plus impatients, les plus sanguins.

yG
Je ne crois pas que ces gens étaient depuis 20 ans des électeurs du FN "dormants" qui n'attendaient que l'occasion de sortir de leur tanière de beaufs racistes.
Simplement, nos campagnes ont changé, des liens se sont délités, les difficultés de la vie ont augmenté et l'Etat se retire spectaculairement depuis 10 ans (poste, école, téléphone, tribunal, administration).

La logique devrait amener ces gens vers le Front de Gauche. Mais, pour cela, il faut aller les chercher, batailler, argumenter, faire ce travail de pédagogie fantastique qu'a effectué Mélenchon de meeting en meeting...

Malheureusement, sa voix ne porte pas dans ces lieux et c'est tout l'enjeu des prochaines années:

Voyez l'Allemagne et la France en 1932, même crise, même colère du peuple, même misère, même angoisse des classes moyennes... Seulement d'un côté, cela a débouché sur Hitler, de l'autre sur Blum !

Il n'y a pas de fatalité à ce que le peuple tombe dans l'escarcelle de l'extrême-droite.
"Il n'y a pas de fatalité à ce que le peuple tombe dans l'escarcelle de l'extrême-droite.": fer

Nous sommes bien d'accord, c'est bien pourquoi je ne suis nullement complaisant avec ceux qui sautent à pieds joints dedans, alors qu'il existe des alternatives suffisamment audibles pour ne pas faire le choix du FN aveuglément.

Mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'aller les chercher. Par exemple, personne n'est assez stupide (ou dans ce cas, c'est vraiment foutu) pour penser qu'un parti de droite puisse rétablir les services de l'état, alors qu'il fuit l'impôt comme la peste. Sauf à rêver qu'on puisse avoir le beurre et l'argent du beurre en même temps, ce qui n'est guère encourageant.

yG
Pourquoi personne ne dénonce que la droite augmente les dépenses privées et accroît le coût du capital, avec les conséquences qu'on devine sur notre compétititivité ?
Je ne pense pas qu'on puisse trouver de meilleures illustrations de l'échec intellectuel du Front de Gauche que vos interventions. Ne changez rien, d'un point de vue documentaire, c'est très intéressant.
"Je ne pense pas qu'on puisse trouver de meilleures illustrations de l'échec intellectuel du Front de Gauche que vos interventions. Ne changez rien, d'un point de vue documentaire, c'est très intéressant."
: filou.

Pour votre gouverne, le FdG n'a pas échoué intellectuellement, mais électoralement.
Probablement parce qu'il visait un électorat moins abrutis que le FN.

yG
Il a échoué électoralement parce qu'il a échoué intellectuellement.
Drôle d'échec intellectuel pour un mouvement salué par une pluie d'éloges de ses propres adversaires, et capable d'infléchir plusieurs de leurs orientations programmatiques. Drôle d'échec pour un mouvement parti de 2% en 2010 et capable de séduire un français sur neuf deux ans plus tard. Filou, faut pas prendre aussi clairement ses désirs pour des réalités.
L'échec tient à l'incapacité de s'ouvrir et de se propager au-delà du socle électoral de "la gauche de la gauche". Pour mémoire : en 2002, Hue + Besancenot + Laguiller + Gluckstein = 13,81 %, soit un point de plus que Mélenchon + Artaud + Poutou. Le sur-place n'est pas spécialement une victoire intellectuelle, au contraire, compte tenu la crise, ça aurait dû être un raz-de-marée dans les esprits. Si vous jaugez votre réussite au nombre d'intellectuels recrutés aux idées attendues, c'est déjà en soi un échec. Vous voulez n'entendre de la part de vos adversaires que ce qui vous arrange, grand bien vous fasse, pour le reste, prêcher dans le désert, aussi brillant que vous puissiez être, ne vous mènera nulle part. Je n'ai pas bien saisi en quoi Mélenchon a infléchi la position de Hollande (y'avait déjà Montebourg dans la place au cas où vous auriez pas remarqué), par contre j'ai bien entendu Mélenchon n'imposer aucune condition le soir du 22. Beau résultat. Quant à mes désirs, vous n'en savez rien.
"Il a échoué électoralement parce qu'il a échoué intellectuellement.": filou

Vous ne connaissez pas grand chose au fonctionnement de la démocratie et du suffrage universel, visiblement.

yG
Vous êtes conscient que ce que vous dites n'a aucun sens ?
"Vous êtes conscient que ce que vous dites n'a aucun sens ?": filou

Je suis surtout conscient que le sens de mon propos vous échappe totalement, mais cela ne me surprend pas.

yG
Non, non, justement.
Yannick G avez-vous déjà fait une campagne électorale comme cadre ou militant ?
"Yannick G avez-vous déjà fait une campagne électorale comme cadre ou militant ?": patrick

Allez-y expliquez donc votre point de vue, en quoi la position qu'on occupe dans une campagne devrait influer sur l'analyse qu'on peut porter dessus ?

yG
L'expérience du réel, tout simplement.
"L'expérience du réel, tout simplement."

Nous la faisons tous en ce domaine, quelque soit notre place, c'est donc une connerie sans nom que d'en appeler à elle pour légitimer nos jugements. Mais je n'en attends pas davantage de vous, filou.

yG
Pour l'instant, vous n'avez parlé que de propos entendus aux caisses des supermarchés (Ou peut-être ai-je raté le passage où vous parlez de Tonton René qui passe ses journées bourré au bar PMU ?). C'est un peu léger comme expérience du réel.
Non mon propos est plus simple ! :-)

Une bonne campagne est une mécanique de communication, on a souvent très peu de temps pour approfondir un programme avec les citoyens.
Par les témoignages d'amis militants de Marseille au FDG, le meeting de Mélenchon n'est pas si bien passé que ça et les échos dans la population ont été souvent catastrophique. Trop historique, trop intellectuel.

Souvent des slogans incompréhensibles, sincèrement que pensez
de l'autonomie conquérante ?

Le texte sur l'Appel du Front de Gauche pour l’Art et la Culture : quelle humanité voulons-nous être ?
Extrait : Le Front de Gauche affirme que l’art et la culture sont le moteur de l’émancipation, de l’affranchissement, de la subversion, de l’invention, de la libération du joug des obsédés du profit.

Comment voulez-vous qu'un militant explique clairement la position culturelle du FDG avec ce genre de texte. Bien sur je caricature pas mal, mais Filou n'a pas complètement tort, Il a échoué électoralement parce qu'il a échoué intellectuellement. Sur beaucoup de sujets je suis incapable de donner la position du FDG, mais normal comme je fais partie des "gros cons" :-). À une époque le parti communiste était beaucoup plus clair et plus cohérent intellectuellement.

Cordialement
Indibutablement. Clarté et cohérence stalinienne restent encore de vrais puits d'inspiration.
"Le texte sur l'Appel du Front de Gauche pour l’Art et la Culture : quelle humanité voulons-nous être ?
Extrait : Le Front de Gauche affirme que l’art et la culture sont le moteur de l’émancipation, de l’affranchissement, de la subversion, de l’invention, de la libération du joug des obsédés du profit.
Comment voulez-vous qu'un militant explique clairement la position culturelle du FDG avec ce genre de texte."


Votre exemple n'est probablement pas le mieux choisi, patrick, car, il est au contraire très facile, il suffit de dire que le FdG soutient la culture, ce que ne font ni l'UMP, ni le FN, qui en attendent pour seul profit, des gains financiers.

Hélas, même bien expliqué, pour un électeur du FN, la culture se limite à celle de sa pomme. Qu'on lui dise qu'on va l'aider, la culture, il ressent cela comme une insulte, du gaspillage. Ce n'est donc pas une question de vocabulaire, pas plus de pédagogie, simplement, de valeurs. Les siennes ne sont pas celles de la gauche, par conséquent, il s'en branle de la culture, c'est bon pour les parisiens et les gaucho selon le gros con qu'il est et tient à rester.

yG
Mais je ne vous parle pas de l'électeur du front spécialement mais de l'électeur en général.
Il y a de la part du FDG une impression d'incohérence et de contradiction.

il suffit de dire que le FdG soutient la culture, ce que ne font ni l'UMP, ni le FN, qui en attendent pour seul profit, des gains financiers.

Alors qu'ils le disent directement dans un langage clair, c'est un parti politique pas un club d'intellectuels ! Vous avez beaucoup d'illusion sur la culture vis à vis du peuple de gauche.
"Mais je ne vous parle pas de l'électeur du front spécialement mais de l'électeur en général.": patrick

Ben, ceux à qui s'adressent ce message de soutien à la culture sauront l'entendre, les autres peut-être pas, mais ce n'est pas grave en soi, puisqu'ils ne sont pas concernés de toute façon par cette problématique dont ils ne veulent surtout pas entendre parler.

"Alors qu'ils le disent directement dans un langage clair, c'est un parti politique pas un club d'intellectuels !"

Franchement, il n'est pas nécessaire d'être un intellectuel pour le comprendre.

"Vous avez beaucoup d'illusion sur la culture vis à vis du peuple de gauche."

Je ne sais pas ce que vous voulez dire par là. Que le peuple de gauche est moins cultivé que je ne le pense ou qu'il ne se soucie guère de culture ?

S'il ne se préoccupe pas de culture, il est néanmoins bon qu'un parti de gauche, lui, s'en occupe. Représenter la gauche, les plus pauvres, les plus démunis, ce n'est pas avoir un programme et un discours pauvre et démuni. C'est toute la différence en le FdG et le FN, ce dernier s'adresse aux pauvres en leur proposant un programme et un discours pauvre, basique, ras du front, qui de fait ne peut que les condamner à rester dans l'état dans lequel ils sont, ce qu'ils ne sont même pas capable de percevoir... ces gros cons.

yG
Franchement, il n'est pas nécessaire d'être un intellectuel pour le comprendre.

Pourquoi ma question sur votre participation à une campagne. C'est qu'une campagne électorale n'est pas une conférence dans un amphi. L'électorat ne s'intéresse pas forcément comme vous à la politique, il lui faut un message clair. Et quand vous allez au charbon, vous vous prenez une belle claque ! et une sacrée dose de modestie.

Je ne sais pas ce que vous voulez dire par là. Que le peuple de gauche est moins cultivé que je ne le pense ou qu'il ne se soucie guère de culture ?

Non il veut avoir accès à la culture pour lui, pour ces enfants, et pas "de l’affranchissement, de la subversion, de l’invention, de la libération du joug des obsédés du profit.". En écrivant ce genre de phrase on se fait plaisir ! mais le message ne passe pas !

Et à force de voir des "gros cons" :-) Partout ! vous n'êtes pas prêt, de voir vos idées au pouvoir. Mais voulez-vous vraiment un changement ? ;-)
Yannick G considère que les électeurs Fn sont irrécupérables. Il n'a pas envisagé un seul instant que bon nombre d'entre eux ont hésité entre le vote Le Pen et le vote Mélenchon, Hollande ou autre avant de se décider. A-t-on besoin d'une preuve supplémentaire de la stupidité de son argumentation ? Qui n'en est pas une d'ailleurs. Un tiers des électeurs du FN viennent de la gauche. Le socle électoral de l'extreme-droite pure et dure est 5 %. Les enquêtes démontrent que le sentiment de racisme en France diminue. La très grande majorité des Français considère que la culture n'est d'aucune utilité pour résoudre la question du chômage qui est leur préoccupation première. On ne peut pas ne pas valoriser les métiers des ouvriers et prétendre recueillir leur voix. Regardez les choses en face bordel !
Je pense que la discussion devient stérile ! pour Yannick G le FN, les électeurs, les idées d'extrême droite sont des "gros cons" (jamais autant écrit cette expression ! merci Yannick ;-) il est sur ce point très robespierriste le FN est une figure du mal, et on ne discute pas avec le Mal et on ne l'écoute pas.

Le gros problème de cette stratégie c'est qu'il est plus difficile de se défendre quand on n'a aucune connaissance de l'adversaire.
"Le gros problème de cette stratégie c'est qu'il est plus difficile de se défendre quand on n'a aucune connaissance de l'adversaire.": patrick

Mais l'erreur est de croire que l'adversaire en démocratie doive être fachocyté, euh phagocyté pour être neutralisé. Ça, c'est bon comme stratégie pour l'UMP. Il ne s'agit pas de reprendre l'électorat du FN, mais bien de s'en détourner en proposant autre chose, ce qui a déjà été fait et doit se faire encore. On ne fait pas reculer la bêtise en l'intégrant, mais bien en n'y participant pas soi-même.

yG
Voila notre différence, pour moi la bêtise n'a rien avoir avec la politique. En politique il n'y a que des adversaires. Et le pire c'est l'ignorance de l'adversaire, notion que l'on retrouve trop souvent du côté de la gauche avec le mépris. La droite ne s'embarrasse pas de ce genre de problèmes, elle écoute, elle récupère et trop souvent elle gagne !

Bonne soirée
Patrick
"La droite ne s'embarrasse pas de ce genre de problèmes, elle écoute, elle récupère et trop souvent elle gagne ! ": patrick

Parce que la droite est opportuniste, qu'il s'agit de l'une de ses valeurs fondamentales, elle n'est pas regardante, c'est pourquoi la démocratie lui est favorable, puisqu'il s'agit d'une prime à la connerie.

Mais quel intérêt y aurait-il à ce que la gauche gagne en suivant le même chemin que la droite ?

Aucun.

S'il faut devenir aussi immorale que la droite pour l'emporter en démocratie, nous n'y gagnerons rien au final et perdrons même le peu que nous avons. Il ne s'agit donc pas de ne pas connaître l'adversaire, nous ne le connaissons que trop bien, il s'agit de ne pas être comme lui... quitte à perdre les élections, mais pas nos principes.

yG
On ne change pas grand chose avec des principes, mais c'est beau et touchant. ;-)

Bonne soirée à vous
Patrick
"On ne change pas grand chose avec des principes, mais c'est beau et touchant. ;-)": patrick

C'est pourquoi ce qu'on change sans principe est laid et détestable probablement.

yG
"Yannick G considère que les électeurs Fn sont irrécupérables. Il n'a pas envisagé un seul instant que bon nombre d'entre eux ont hésité entre le vote Le Pen et le vote Mélenchon, Hollande ou autre avant de se décider. "

Vous projetez vos limitations sur les miennes, filou.

Si, bien sûr que j'imagine sans peine que beaucoup de gros cons ont hésité et que certains ont même voté autres choses... tout en restant les gros cons qu'ils sont.

"A-t-on besoin d'une preuve supplémentaire de la stupidité de son argumentation ? Qui n'en est pas une d'ailleurs. Un tiers des électeurs du FN viennent de la gauche."

Pour l'heure, je ne constate que la stupidité de votre réflexion, car, qu'ils viennent de la gauche ou d'ailleurs ne change rien à leur bêtise, ils restent des gros cons autant par rapport à ce qu'ils sont à la base (des gros cons) que par rapport à la destination de leur vote (le FN).

Il ne suffirait pas, hélas, qu'ils votent ailleurs pour tous miraculeusement ne plus l'être. Il faudrait encore qu'ils comprennent en quoi ils étaient dans la bêtise lorsqu'ils votaient ou voulaient voter extrême droite.

"Le socle électoral de l'extreme-droite pure et dure est 5 %. Les enquêtes démontrent que le sentiment de racisme en France diminue."

Oui et alors ? Que les 5% de pure et dure soit supporté par le reste qui ne sont pas aussi raciste, mais toujours de trop car, aussi peu anti-raciste qu'eux, ne change rien.

Le racisme peut diminuer en France, on ne peut et pourra jamais en remercier l'électorat du FN.
Bien au contraire.


"La très grande majorité des Français considère que la culture n'est d'aucune utilité pour résoudre la question du chômage qui est leur préoccupation première."


On peut tout à la fois prendre la question du chômage au sérieux (sans pour autant considérer le travail comme étant la seule solution), sans dénigrer la question culturelle.

Ceux qui sont assez con pour penser que se préoccuper de la question culturelle se fait au détriment du règlement de la question du chômage sont des gros cons. Qu'ils représentent une majorité de Français selon vos sources/estimations ne change rien non plus.

J'ai d'ailleurs constaté qu'ils y avaient au moins 53% de gros cons lors des dernières présidentielles.
Les électeurs du FN ne sont que les plus gros parmi ceux-là, ce qui ne minore aucunement leur stupidité.

"On ne peut pas ne pas valoriser les métiers des ouvriers et prétendre recueillir leur voix. Regardez les choses en face bordel !"

Mais justement, il ne s'agit pas de valoriser le travail des ouvriers, cela ne veut rien dire d'ailleurs, puisqu'il suffit de payer trois fois rien le moindre salarié pour qu'il soit digne d'être ou d'appartenir à la nouvelle classe ouvrière.

Il s'agit de valoriser ceux qui sont exploités pour qu'ils ne le soient plus, que cela soit des chômeurs, des salariés à temps partiel, des salariés à temps plein mais au salaire minimum... en cela la culture et l'éducation ne seront jamais des instruments inutiles, bien au contraire, ce sont les seuls garant de l'émancipation.

On ne vote pas à gauche pour reconstituer la force de travail exploitable par le patronat, mais justement pour trouver d'autres modes de subsistance que cette exploitation.

yG

Le racisme peut diminuer en France, on ne peut et pourra jamais en remercier l'électorat du FN.
Bien au contraire.


si le fn prend le pouvoir le racisme disparaîtra : il deviendra légal.
Oui, ce qui reste de démocratie sera enterrée, les "gros cons" en pâtiront et les autres aussi. Que du bonheur pour tous.
Après avoir ri aux larmes hier avec tous ces "gros cons" dans le forum, je me suis posé une question intéressante : pourquoi l'expression "gros cons" est-elle tellement tolérée dans les forum et pas "couilles molles". Les féministes levez-vous, c'est inadmissible !
Pinailleuse...;-)
pfff couilles molles c'est vulgaire
gamma
Bon, ça y'est j'ai tranché. Triste. Un dernier mot : lisez Sun Tzu. C'est un début. On sait jamais, il se pourrait que vous soyez récupérable.
et le résultat du fhaine est une victoire intellectuelle.

lol
Sur les esprits, en tout cas. Sauf à considérer que c'est un vote uniquement viscéral, au risque d'être borgne (sans vouloir faire de mauvais jeu de mot). C'est le FdG qui prétend vaincre par la force de la raison. Failed.
la force de la raison ne se calcule pas en pourcentage.
quant au niveau intellectuel moyen de l'électeur fn, je doute de son rayonnement.

failed too
Vous ne comprenez pas. Relisez et essayez de comprendre.
pfffffffffffff

IT a changé de pseudo ?
"pfffffffffffff

IT a changé de pseudo ?"
Habib

Comment, vous ne saviez pas qu'IT était un filou ?
Depuis le temps. :)

yG
Ha ? je n'avais pas remarqué !
sérieusement
gamma
Sérieusement, je n'en sais rien, Gamma, mais qu'il y ait au final un ou deux filous ne me surprendrait pas. ;)

yG
Marrant ça. Je ne suis jamais intervenu sur les forums d'ASI (et les lit que très rarement) jusqu'à ce je tombe sur ces articles sur le premier tour confondant d'ignorance (déjà, il fallait avoir des oeillères pour être surpris par les résultats du vote). Vous ajoutez la suspicion facile, la parano et l'incapacité de vous considérer comme minoritaire (y compris dans le lectorat d'ASI) à votre dossier. Edifiant. Vous êtes beaucoup plus proche dans votre comportement de vos "ennemis" que vous n'êtes capable de l'imaginer. Pathétique ou amusant ? Je n'ai pas encore tranché, c'est la seule raison qui m'amène encore ici.
filou, votre agressivité est plus éloquente que vous ne le croyez vous-même. Vous êtes irrésistiblement attiré par le front de gauche, et comme vous pouvez résister à tout sauf à la tentation, vos dernières défenses sauteront vite. Et nous pourrons vous dire " bienvenu, filou !"
Pour tout vous dire, j'ai été tenté un temps de voter Mélenchon, mais finalement, j'ai choisi Hollande, car au moins j'étais sur de ne pas être trompé sur la marchandise.
Evidemment dans le sens où quand on attend pas grand-chose, on est pas déçu. Je considère que le salut, si tant est qu'il y en ait un, ne viendra pas de la classe politique. Voilà tout.
Et pour être encore plus précis, la personne dont j'apprécie le plus le discours, parmi les soutiens au FdG, est probablement Paul Ariès.
Et vous-même , filou , comment vous définissez-vous ?
Voir ci-dessus.
Cordialement.
Texte d'une débilité crasse... Taper sur le FN permet à des intellectuels de se donner une bonne conscience de gauche à moindre frais.

J'attends des textes aussi violents sur les électeurs UMPS qui soutiennent des partis antidémocratiques (ont voté le traité de Lisbonne alors que le peuple l'avait refusé), croissancistes (mènent le monde à sa perte en voulant à tout prix un retour de la croissance ce qui ne peut que mener à la guerre et la famine), antipopulaires (rapport Terra Nova et pas besoin de dessin pour Sarkozy)...

(Pour que ça soit bien clair : j'ai voté Mélenchon et n'ai aucune sympathie pour le FN)
Ouaip... Enfin à part ça, le sigle "UMPS", c'est une trouvaille du FN.
Il est bien trouvé : l'UMPS, ou les deux faces du même libéralisme.
Ben non, moi ça me va pas, pas plus qu'à Mélenchon qui faisait huer Sarkozy dans ses meetings mais interdisait qu'on hue Hollande.

Il faut quand même pas pousser.
En ce qui me concerne, l'important dans mon post est la phrase d'introduction: « Faire honte à la France honteuse ? », à comprendre en contrepoint avec le texte du dessus (que tu ne sembles pas avoir vraiment lu) et renvoyant à certains commentaires. Que certains aient voté pour le texte de Yannis Youlountas les regarde (pour moi, il illustre les clichés qu'évoquent Judith). Il est dommage qu'ils aient donc voté pour "mon" post. Curiosité du fonctionnement des forums.
Mon intention, en formulant cette question, était de pousser à s'interroger sur ce rapport aux électeurs du FN (dans la lignée de la chronique de la susceptible Judith), qui poussent certains à rejeter ces « gros cons », d'autres à espérer les récupérer en "comprenant" leurs votes et en les persuadant de leur erreur. J'appartiens plutôt à la première catégorie pour ce qui est de ma sensibilité (je parle en connaissance de cause, si cela a du sens au titre que "j'en connais" quelques uns, m'étant fâché avec des proches pour impossibilité d'une quelconque discussion raisonnable et argumentée avec eux). Mais ma "raison" m'incite, non pas à rejoindre la seconde parce que cela ne se joue pas d'après mon expérience dans l'argumentation directe (et il y a pas mal d'électeurs (ou non) d'autres partis (y compris du FdG) confondant ergotage et argumentation que je traiterais volontiers de « gros cons » aussi et ils me rendraient certainement la pareille), à rechercher les facteurs anthropologiques et sociologiques qui produisent une société conservatrice (là, il faudrait développer par rapport au "conservatisme" que Michéa attribue aux gens ordinaires en regard des pervers assoiffés de puissance, je l'ai fait ailleurs).
L'amalgame entre les diverses catégories d'électeurs (mais tous les "sympathisants" ne votent pas) du FN ne facilite pas la compréhension. Selon celle que l'on prend pour référence (malheureusement souvent en les généralisant) les degrés de réactions à leur vote varient fortement, ce qui justifie de faire honte à certains (parce qu'ils sont déjà honteux, facile), d'en conchier d'autres (avec raison), de vomir les vrais fachos (en connaissance de cause). Je répète que pour moi, quelle que soit la catégorie, leurs votes sont une caution au fascisme du FN et ils portent la totalité de la responsabilité avec ceux qui les manipulent. Les méfaits historiques de cette engeance ne peuvent être ignorés, notamment dans la capacité de diffusion de la peste émotionnelle chez les "gens ordinaires" « qui se délecte(nt) de faire peur, tapie(s) comme (des) bête(s) sauvage(s) dans la nuit de la raison, et qui savoure(nt) le plaisir toujours plus grand d'être notre pire cauchemar » une fois le Parti au pouvoir (Voir entre autre, Wilhem Reich - « Psychologie de masse du fascisme »; mais aussi le film de Louis Malle: « Lacombe Lucien »; et encore, la série de France 3: « Un village français sous l'occupation »,...).
Tu cites plus bas l'article de Jean-Pierre Le Goff, à savoir « ce que (tu as) lu de plus intelligent sur le sujet depuis le 1er tour ». Cela montre les limites de tes recherches sur le sujet. Si je partage la dénonciation de « l'aveuglement d'une gauche bien-pensante » qui a sa responsabilité historique, intellectuelle et politique, l'approche du phénomène (appelons-le comme ça) vote FN est bien suspecte de la part d'un sociologue (je le connais depuis longtemps). Celles d'Annie Collovald ou de Pierre Tevanian ou d'Hervé Le Bras que j'ai déjà cité sont bien plus rigoureuses.
C'est aussi pour rapporter les mouvements idéologiques à des causes plus profondes (que l'on ne peut non plus réduire à cela, évidemment, mais le monde n'est-il produit que d'une seule cause?) que j'ai proposé ces pistes, tout en sachant que la formule du « Nouvel Ordre Mondial » (qui n'est certes pas de moi) m'attirerait le dédain, si ce n'est les foudres, des imbéciles qui croient que l'accusation de conspirationnisme suffit pour évacuer les faits.
L'analyse géographique grâce à ces cartes (cliquer sur les départements) de la répartition du vote FN dans le Gard et l'Hérault par exemple (voir le noir autour de Béziers qui, quand on connaît le développement du pavillonnaire friqué au Nord de la ville, est pas mal explicatif, ou sur la côte et l'arrière-pays "touristique") ainsi que la diffusion "chancreuse" du noir dans certains départements bleutés (impressionnant), me paraît confirmer les influences « tectoniques » (pour reprendre une métaphore à risque naturalisant) et mériterait une étude pointue des voies de diffusion.

« Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont ». Les Inconnus

À écouter aussi chez Mermet, Dominique Vidal et sa thèse du « rassemblement des cocus ».
à comprendre en contrepoint avec le texte du dessus

Heu, c'était quand même pas super clair l'intention, j'ai pas compris non plus le lien entre la fin du premier comm (avec quoi je suis d'accord) et ce texte (avec lequel je ne le suis plus).
Bref, heureusement que vous précisez ! :o)
Je suis habitué à ce que tu aies du mal à comprendre.
Ha oui d'accord, on balance un fion direct maintenant, même quand on d'accord.
Hé bé.
Ben, je me souviens de nos échanges antérieurs et j'appréhende le glissement fatal.
Pour servir à la réflexion et à l'analyse du vote.

"Elle vote pour qui par procuration ?"

Riches et pauvres
tu as une référence ? un lien ?
voté...
C'est bien parce que c'est toi, zoze.
Il écrit aussi dans Siné hebdo.

Voté itou.
Merci pour le lien. Excuses pour l'oubli.
merci ulysse !
Merci pour cet article. Voici quelques chiffres et une référence pour compléter l'analyse: http://dormirajamais.org/fn/
Didier Eribon rapporte, dans son ouvrage "D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française" (Léo Scheer, 2007), ce que Bourdieu disait de François Hollande (p. 63) : "Ce pur produit de l'ENA qu'est François Hollande se faisant élire à Tulle, c'est la fin de tout ! ça veut dire le Front national à 20% dans dix ans". Et pourquoi ne pas inviter Didier Eribon a évoquer cette trahison de la gauche "de gouvernement" et les conséquences très concrètes de cette révolution conservatrice sur le vote populaire (mais pas seulement ?)
Je vous remercie pour votre article. Il exprime très clairement le semtiment que j'éprouve face au vote FN. Moi aussi je ne suis pas un spécialiste, mais l'explication "vote des gens qui souffrent" m'oripile, et comment expliquer, sans passer pour un populiste que les médias sont les grands responsables de ces Fantasmes.

Que pensent nos amis, collégues de travail, voisins, qui ont une couleur de pau plus bronzé, qui parlent avec un accent, aprés des soirées électorales diffusées par nos médias nationnaux, ou les plus hauts responsables politiques viennent jusque dans leur salon, expliquer que nous les bons français sommes trop bon d'acceuillir ces primitifs dangereux, et qu'il est temps de faire place nette, et de les renvoyer chez eux.

J'ai de nombreux amis et collégues immigrés, ou "issus de l'immigration", comme ils disent. Moi même j'en suis un, mais je ne le porte pas sur mon visage, je suis né du bon côté de la méditérannée. J'ai un grand sentiment de honte vis à vis d'eux.

Heureusement qu'il y a des antidotes, j'étais à Marseille, écoutez le discours de Mélenchon, les 10 premières minutes sur l'immigration. C'est un grand bol d'oxigène :

http://www.placeaupeuple2012.fr/discours-de-jean-luc-melenchon-au-prado/
Bon, reprenons avec sang-froid si possible. De tout ceci il ressort que l'électorat du FN est protéïforme, à l'évidence. Il me semble tout de même qu'en portant leur suffrage vers une candidate qui met "le problème" de l'immigration au premier plan de sa campagne et de son projet politique, ils adhèrent à l'hypothèse selon laquelle l'immigration serait la source principale de leur maux. Cette hypothèse me paraît relever du fantasme.
Est-ce qu'on ne peut pas dire clairement, honnêtement, à ces électeurs, que traiter les immigrés plus durement ne réduira aucune de leurs souffrances ?
Bravo Judith pour votre analyse, qui est confirmée par Todd comme je l'ai lu ci-dessus.

Comme beaucoup, je ne connais pas d'électeur FN (dans mes connaissances, il y en a au plus "un" que je suppose de...), ce qui est carrément flippant quand ils représentent 18% de l'électorat. Cependant, j'ai discuté un peu sur les forums. C'est évidemment très partiel, on y trouve surtout des militants. Cependant, la teneur du "fantasme" dans ces discussions est frappante. Il n'est question que de complot sioniste, complot maçonnique, complot des illuminati, complot du nouvel ordre mondial, etc. Leur reproche le plus fréquent, leur argument ultime contre Mélenchon, c'est qu'il était franc-maçon ! (Et ceci arrivait devant "communiste").

Parallèlement j'ai fréquenté les forum front de gauche (pour lequel j'ai milité) : on y voyait fréquemment des gens qui parlaient de leur boulot, le salaire, leur difficulté sociale (le RSA, les enfants à charge, etc.). Il avait aussi quelques complotistes, mais qui se sont fait rabrouer presque chaque fois par les autres militants.

Enfin, j'étais frappé au soir des résultats : comment diable le front de gauche réuni deux fois 120 000 personnes (A Bastille, à Marseille) et fait 11% tandis que le FN qui fait 18% e réunit au maximum 6000 ? Et même le PS et l'UMP réunissent bien moins de gens !
J'ai relu Todd : l'explication que je trouve c'est qu'il y a sous-socialisation de l'électorat FN (loin du centre-ville, renfermé, vivant la réalité par les médias), et sur-socialisation des électeurs front de gauche (dans les associations, les syndicats).

Ceci donne peut-être une piste et même deux :
- les médias (mais il y a un mystère à éclaircir, parce que ces mêmes médias ne sont pas "crus" par les gens)
- Reconstruire des espaces de socialisation (mais il faudrait une politique publique forte).
Tous ceux que je connais qui votent FN ne sont pas ouvertement racistes mais ont un terreau fertile. Ils ont tendance à généraliser sur tel ou tel autre groupe de personnes étiquetée en général d'étranger, ils font facilement des amalgames, leurs plaisanteries sont souvent de très mauvais goût.
Je les fréquente au travail, je suis musicien de jazz et paradoxalement dans ce milieu ils sont très nombreux.
Aujourd'hui, j'ai comme l'impression qu'ils surfent sur une vague ascendante, car je perçois de plus en plus que ces attitudes se banalisent depuis les 5 dernières années. C'est quasiment devenu une mode, ce qui était refoulé par honte avant, se défoule aujourd'hui et si je réagis je passe pour un minable "pas dans le coup", une espèce de gauchiste angélique qui n'a aucune conscience des réalités ...

Les médias sont un miroir, ça ne sert à rien de casser le miroir. Les politiques parlent et agissent et leur idées et actions sont approuvées, on est en démocratie, on ne peut pas empêcher cela sans arrêter la démocratie.
Pourtant tous les efforts ont été fait en vain, depuis les années 80, les éducateurs, les écoles, les messages à destination des enfants ont toujours été dans le sens d'un respect et d'une amitié entre les peuples,

Je pense qu'on est dans une pathologie collective de type schizophrénique, je ne sais pas si vous avez côtoyé des schizophrènes mais tous les symptômes de persécution, de syndrome d'influence, de convictions sur des pensées étranges totalement inventées sont là, avec en plus une chose que le schizophrène ne fait pas : l'amalgame. Et c'est impossible d'inverser la tendance.
Si on fait la liste de tous les films, les livres, les débats, les reportages qui ont été fait par les médias pour avertir, pour éduquer, si on fait la somme de toutes les mises en garde, les actions fait par des associations, des politiques (souvent de gauche) cela n'a pas empêché l'inexorable de s'accomplir.

Il semblerait que seules des actions irrationnelles, impossibles à conceptualiser, puissent répondre et inverser cette tendance, peut-être une catastrophe naturelle, une guerre. Un retour à la croissance aiderait peut-être à revenir à la raison, mais cela ne ferait qu'endormir la bête immonde, je dirais plutôt malade, qui sommeille chez beaucoup de nos concitoyens.

L'esprit humain est complexe, quand on pense que les religions ont été inventé et perpétrées par des schizophrènes qui ont eu des hallucinations visuelles ou auditives, que l'histoire de l'humanité s'est ponctuée d'actes de folie, de guerre, d'atrocité, il n'y a pas de raison que tout d'un coup cela se soit arrêté au XXème siècle !!!

On a eu presque 60 années de paix relative, espéront que cela continue cahin caha, il n'y a pas pire échec politique que la guerre.
Judith je vous aime. Votre texte est l'analyse la plus juste, la plus honnête aussi, que j'ai pu lire sur le vote FN depuis des années. Et pourtant avec votre satanée candeur, vous tendez le bâton pour vous faire battre: une prof du Xeme, fière de son travail dans le 93 (mais qui se garde bien d'y vivre vous reprochera t-on), qui regrette de ne connaître aucun électeur du FN et qui se permet de les renvoyer à leurs fantasmes: aïe aïe aïe. Heureusement qu'on n'est pas sur les forums du Figaro! Et je suis parfaitement placé pour le savoir, puisque je suis comme vous. Il faut dire que j'habite le 19ème, et que pour moi aussi, les immigrés sont mes voisins, mes amis, mes commerçants, ma fiancée. Et qu'on ne vienne pas nous dire qu'on ne connaît pas les difficultés sociales. À plus de 40 % de logements HLM dans notre arrondissement, les Neuilliens, Pieds-Noirs et Alsaciens n'ont aucune leçon à nous donner sur les prétendues difficultés du vivre ensemble. Résultat dans NOTRE France "qui souffre": 6% de FN.

Pourtant à chaque élection c'est toujours la même rengaine: le FN, ses électeurs, leur souffrance, ses fameuses classes populaires. Et j'ai à chaque fois envie de demander: et nous? Et nous les 82%? On compte pour du beurre? Faut il voter FN pour être considéré, analysé, convoité? N'y a t'il que le vote FN qui envoie un message? Moi aussi la prochaine fois je vote FN pour me sentir au coeur de l'attention nationale.

C'est ici tout le système médiatique qui fantasme, non plus sur les immigrés, mais sur le FN: on joue à se faire peur avec ces xénophobes qui font des cartons d'audience. Le bon peuble républicain par l'odeur du sang alléché. Un peu comme on aime annoncer le FN à 20% sur France 2 quand Canal annonçait 18,5% dès 20h. Pour un résultat final à 17,9. Résultat: record d'audience pour France 2, bien devant les autres. Ca faisait marrer Calvi dans C dans l'air aujourd'hui cette petite erreur... Si l'estimation avait été à 17,9%, soit 1,3 point de MOINS que Le Pen + Megret 2002 (16,86 + 2,34), cette soirée électorale aurait elle été la même?

Tous les débats focalisés sur le score du FN. Qui cela arrange t-il? Qui a intérêt à balayer d'un revers de fiche les 82 autres pour cent? Vend t-on plus de journaux en titrant sur "la menace FN" que sur "la victoire du PS" ou "la défaite d'un Sarkozy frontnationalisé"? La piste que donnait DS ce matin est tellement juste: ces électeurs qu'on voit sortir du bois tous les cinq ans, les journalistes ne les connaissent pas. Et ne s'y intéressent que ces soirs là. Il faut dire que l'Alien est vendeur. Daniel est trop fort quand même. Conclure sa chronique par "Et si la sincérité déchirée de cette curiosité cyclique était, en elle-même, une réponse à la question qu'elle pose ?". Comment dire mieux?

Ce système médiatique s'autoalimente en valorisant chaque soir d'élection les fantasmes de ces retraités frileux et péri-urbains paranos. Et c'est vers eux que devraient se concentrer nos recherches de solutions pour l'avenir? À eux d'orienter nos choix pour l'avenir de nos enfants? Plutôt crever. Nous sommes 82%. Minimum. Comme au deuxième tour de 2002. Sans parler de ceux qui ne votent pas, ni de ceux qui ne sont pas Français pour voter. C'est pas rien, on me souffle même que c'est une grosse, très grosse majorité. Et on ne fantasme pas, nous, enfin pas que. On baise aussi. Et tant pis si ça déplait aux retraités du Gard, nos enfants n'auront pas tous les cheveux blonds et les yeux bleus. Mais on ne va quand même pas s'excuser de baiser.

En tous cas c'est un plaisir de vous lire, tous. J'apprends beaucoup de choses de vos commentaires, de Camus à De Gaulle, de Serres à Michéa. Plus que jamais, je suis convaincu que le savoir est la clef de toute liberté. Et ce forum en est une belle illustration. Merci!
Responsabilité médiatique ?

En 2002, on a parlé d'insécurité à longueur de journaux télévisés => 4 millions d'électeurs pour Le Pen.

En 2012, pas un mot sur l'insécurité : 6 millions pour Le Pen.

Cela ne vous interroge-t-il pas ?

Ce sont les politiques, l'UMP en tête, qui ont propagé la haine à des fins électoralistes, en parlant de viande Halal, en parlant de M. Merah, en parlant d'identité... les médias n'ont, pour une fois, fait que relayer. A mon avis ils n'en ont pas rajouté, hélas ç'aurait été bien difficile vu la violence des propos - je rappelle que c'est B. Hortefeux qui a été condamné pour incitation à la haine raciale, pas fr2 ou RTL.

Je précise que c'est sans doute la première fois dans ma vie que je prends la défense de "lémédias".

Sur ce point donc je ne vous rejoins pas, mais tout le reste de l'article est percutant, bravo.
Constat : ceux qui reprochent à Judith d'être caricaturale quand elle parle du Sud sont au moins autant caricaturaux quand ils parlent de Paris.

(je précise "au moins" car dans son article Judith a clairement exprimé ses doutes quant aux "clichés", à la différence de ceux qui la critiquent et n'ont que des certitudes...)
auto-citation :
"bon, à part ça, la fameuse "poussée du fn" se résume à un pet de lapin : en 2002 le total des extrêmes droites fait 13,28% des inscrits, en 2012, 13,95%, soit 0,5% de "poussée"...
comme il semble, de plus, que la proportion d'inscrits par rapport aux électeurs en âge de voter ait augmenté ces dernières années, en gros le fn se maintient, tout au plus."
Et la desindustrialisation, ca vous parle? Et le chômage? Ca ne vous effleure pas?

Melenchon n'a pas proposé de solution crédible contre le ces fléaux, parcequ'il n'y en a pas dans le cadre de l'Union Européenne. Le coup de l'internationalisation de la lutte ne marche pas, parcequ'on est en concurrence qu'on le veuille ou non. Les delocalisations profitent aux prolétaires marocains et roumains, ils viendront pas manifester avec nous pour qu'on ferme les frontières de la France aux produits a bas coût importés. La dure réalité dans laquelle nous baignons n'est pas compatible avec l'idéologie communiste internationaliste. Quand on y a cru toute sa vie, c'est impossible d'accepter la frontiere parmi les concepts de gauche. Je parle d'expérience, ma mere est coco pur jus, elle ne se résoudra jamais a naviguer dans le reel sur cette question.

J'ai hésité entre MLP et JLM, oui. J'ai voté JLM parceque je suis un peu inquiet par le profil vieux-FN de l'entourage de MLP, et aussi parceque mon pere, né Algerien, exerçait mon vote par procuration. Mon vote ne valait pas une dispute familiale.

Mais je conçois qu'on puisse voter MLP. Sur les sujets économiques, qui sont au dessus de tout et de loin en terme d'importance, elle est la plus crédible, malgré son manque de profondeur théorique (vu a la TV). Elle était la seule a parler de la loi de 73 (avec NDA), du protectionnisme faisable (sans l'UE), et elle a enfin lâché le morceau de l'honnêteté la semaine dernière sur France Inter: "je préfère l'inflation et le plein emploi a la déflation et au chômage de masse". C'est la phrase la plus a gauche que j'ai entendue de cette campagne. On peut mettre ca a coté du concept le moins républicain que j'ai entendu de cette campagne qui est le droit de vote des étrangers, et ca nous donne 18% de vote pour le FN.

La faute n'en revient pas aux médias mais aux autres candidats qui n'ont pas offert ces solutions, Melenchon en premier lieu. S'il avait parlé de la sortie de l'euro et du protectionnisme national, plus un discours a peu pres réaliste sur l'immigration, il aurait laissé MLP a moins de 10% et serait allé chatouiller sarko. C'est une belle occasion de perdue.
Une partie du vote FN (majoritaire) n'a rien à voir avec un quelconque racisme, pour le coup fantasmé par Judith et lémédias, il a à voir avec la troisième république, et finalement, la république tout court.

Le vote FN, c'est beaucoup un vote cotre l'Europe.
Je n'ai pas le temps de tout lire, juste maintenant, mais je voulais aussi remercier Judith Bernard pour cette excellente chronique! Je pense d'ailleurs que sa perception, sur la "France qui fantasme" peut totalement s'appliquer à nombre de citoyens d'autres pays qui votent pour des partis d'extrême-droite, notamment en Suisse. Il y a deux ans, nous avons dû voter sur une initiative qui prévoit d'expulser tout étranger qui a dû purger une peine de prison ou a été reconnu coupable d'abus aux assurances sociales. Cette initiative a malheureusement été acceptée, mais ce qui interpelle particulièrement dans ses résultats, c'est qu'elle a obtenu les meilleurs scores dans des régions où il n'y a pratiquement pas d'étranger et très peu de criminalité. Ainsi, la commune qui l'a accepté avec le taux le plus élevé (65% de oui) se trouve....dans la campagne appenzelloise (canton alémanique dans la partie nord-est de la Suisse....si vous vous demandez où sont prises les photos de cartes postales d'une Suisse verdoyante, proprette, avec ses chalets au balcons décorés de géraniums, avec de belles montagnes dans le fond...et bien, c'est en partie là!). Par contre, Genève, qui connaît un des taux de criminalité les plus élevés de Suisse, mais comprend aussi près de 45% d'étranger, l'a largement rejetée (à plus de 55%). D'ailleurs, le canton a aussi rejeté le contre-projet du gouvernement, qui allait dans le même sens, mais tentait d'être plus compatible avec le droit international et les accords de la Suisse avec l'UE. Zürich, plus grande ville de Suisse, qui connaît aussi un des taux les plus élevés de criminalité (et de présence étrangère), l'a accepté du bout des lèvres (à peine 50,7%). Bâles-ville, l'autre grande ville frontalière de Suisse, l'a aussi largement rejetée (à 55%). La même chose lorsqu'il a fallu voter sur l’initiative concernant l'interdiction de construire des minarets en 2009. Elle a été rejetée dans les villes où se trouvent la plupart des musulmans de Suisse, tandis que les communes qui l'ont acceptée avec les taux les plus élevés ne comprennent aucun habitant musulman! Et ainsi de suite!

Je crois aussi que l'idée d'une peur du changement, évoquée plus haut, est à l'origine de ces votes. Les gens voient de loin un certain nombre de phénomènes sociaux, qui ne les concernent pas directement, mais dont ils craignent qu'ils se rapprochent d'eux et finissent par les concerner au premier chef. Leur vote est donc en partie "préventif". Même si, en réfléchissant un peu logiquement, il n'empêche rien du tout. Ainsi, nombre de gens ont voté pour l'interdiction de construire des minarets en Suisse (pas des mosquées, juste les minarets), parce qu'ils voulaient envoyer un signal aux musulmans et leur dire de ne surtout pas trop s'approcher d'eux, ni même de toucher à quoi que ce soit de leur train-train quotidien. Le message était: soit vous vous assimilez au point de vous confondre avec notre majorité, soit vous rasez les murs au point de vous confondre avec!
Votre article me laisse pantois.

Heureusement que votre sous-titre annonce la couleur : attention aux clichés.

Je me demande si votre texte n'est pas une circonvolution autour d'une question rhétorique : "mais qui sont ces gros cons de fachos ?". Réponse: des gros cons et des fachos.
Vous auriez pu vous arrêter là, on aurait compris que c'était un coup de gueule post-dépouillement, quand on constate que son champion s'est mangé le poteau. Pas la peine d'argumenter quand ce sont les tripes qui s'expriment.

Mais pourtant vous le faites, et on ne sent pas votre dialectique au meilleur de sa forme. Au festival des raisonnements foireux, citons-en deux :
- la Seine Saint Denis (alias le fin fond du cratère du désespoir et de la souffrance) ne vote pas FN, donc les électeurs FN ne sont pas « la France qui souffre » (concurrence victimaire sur le thème « je souffre plus que toi ») ;
- a contrario, les régions où le vote FN est fort sont des havres de paix, d'abondance et de félicité monochrome (blanche, pour être précis). Seule explication possible : soit ils sont cons (et là on revient au postulat de départ), soit ils ont une vision déformée de la réalité à cause des médias, bien sûr.

Bien sûr. D’ailleurs s’ils avaient leur libre arbitre, ces gens qui veulent défier le système, ils auraient mieux voté, c'est-à-dire comme vous.

Nous vivons tous plus ou moins dans des vases clos où rencontrons des gens qui nous ressemblent. Ca semble être votre cas, qui ne pouvez opposer à ce chiffre - 18% - que le déni de réalité. Je ne saurais vous dire qu’une chose, à vous qui signez cette chronique à valeur malgré tout informative : voyez d’autres gens que ceux que vous côtoyez d’habitude, posez-leur des questions, élargissez le cercle de votre entourage. Il doit bien se trouver non loin de vous un de ces 18% qui - le croirez-vous ? – risque d’avoir des arguments à vous opposer et pas que des chimères induites par les mass media. Peut-être même trouve-t-il des qualités intrinsèques au programme du FN ? Est-ce si impensable ?

Vous avez l’honnêteté de préciser que vous ne connaissez pas d’électeur FN, soit un Français sur 5. Et si c’était vous qui fantasmiez sur les raisons de ce vote ? En parlant « d’imaginaire » alimenté de peur et de colère par les médias, vous nous rejouez la partition de l’insécurité versus le « sentiment d’insécurité » qui a tant réussi à Jospin.

Les gens qui votent FN ce ne sont pas des petits hommes verts, ce sont votre boulangère, et votre coiffeur, mais aussi paraît-il des étudiants et quelques CSP+. Ceux-ci comme ceux-là ne sont ni des « gros cons » ni des victimes de manipulation. Du moins certainement pas tous.
Il est totalement contre productif de laisser entendre l’inverse, surtout pour la gauche traditionnelle dont le mépris ne fait que se couper un peu plus de son électorat.

Cordialement néanmoins.

Incidemment, et sans lien avec ce qui précède, soyez remerciée de l’adaptation sur scène du texte de F. Lordon, qui le méritait amplement.
Il est rare de voir ainsi contenu au détour d'une phrase une réponse à l'argument défendu dans le titre d'un article. Car c'est le sentiment que j'ai eu en lisant ce papier est très exactement : "j'aime bien Judith, mais là elle parle sans savoir".

Si j'avais eu mon site Internet, j'aurais fait une réponse approfondie dessus (et j'y travaille). Un mot : vous n'avez pas fini de pleurer si vous continuez, encore et encore et encore indéfiniment les mêmes erreurs de compréhension de la domination.
Sans aller chercher Michéa (mais il faudrait, car il était l'un des premiers à comprendre et théoriser le divorce de la Gauche institutionnelle avec le peuple), essayez de regarder cette émission des Matins de France Culture intitulée "la France des invisibles".
Je ne suis qu'un jeune citoyen, je n'ai pas été crier mon amour de la Commune à Bastille parce que je comprenais l'escroquerie à venir (et dont Mélenchon doit certainement être conscient comme moi) mais dans cet article, il y a tous les symptômes de l'échec de Gauche : méconnaissance du sujet ("C’est un raisonnement qui me semble extrêmement bizarre","je n’en comprends pas la logique", "mais il faut dire la vérité, je parle sans savoir"), psychologisation ("je suis tentée de penser qu’il est infléchi par une impulsion raciste irréfléchie", ), bons sentiments ("le FN n’a évidemment pas le monopole de la souffrance", "CLICHÉS, FANTASMES ET INTUITIONS") et l’imparable biais sociologique parisiano-centré...

Car même "pas outillée", en parlant sans savoir, Judith nous dégaine une sociologie du vote qui explicite clairement que grossièrement "le peuple ne vote pas FN" (car la Seine St Denis