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"La fausse route d'Alain Korkos"

Après la "lettre ouverte à Pierre Laurent" publiée sur le site le 10 janvier par notre chroniqueur Alain Korkos, et qui protestait contre la publication à la Une de l'Humanité d'une photo d'un visage de fillette palestinienne émergeant de gravats, nous avons reçu la réponse suivante de Patrick Apel-Muller, directeur de la rédaction de l'Humanité.

Derniers commentaires

Il y a une constante d'ordre général chez vous Alain : votre obsession à vouloir toujours analyser le choix graphique d'une photographie en la comparant systématiquement soit à une autre photographie connue où à une peinture ou encore une mise en scène de BD en principe connue. Cette intellectualisation de l'esthétique d'une photographie de reportage me semble complètement déplacée. Alain, vous venez du monde du dessin et ce n'est pas parce que la photographie à la graphie (écriture) en commun avec le dessin que tout en photographie est comparable à des oeuvres pensées, préméditée. Que ce soit un tableau ou un dessin l'auteur à le temps pour lui et même le photographe qui a pris cette photographie très célèbre de la petite colombienne – qui vous sert de comparaison – a eu le temps pour attendre et composer, la pauvre gamine a mis plusieurs heures pour mourir ensevelie.

Vous parlez de photographie de reportage en lui donnant bien trop d'importance intellectuelle de créateur bien loin du terrain sur lequel se trouve le photographe, les mains dans le cambouis. Trop souvent vous faites des comparaisons entouré de vos connaissances sur l'art alors que bien souvent sur le terrain, le photographe ne pense qu'à une chose : ce qu'il voit, comment en rendre compte, comment rendre son image lisible. Pour cela il n'a en général qu'un dixième de seconde ou au mieux guère plus de cinq secondes, il n'a pas le temps d'aller chercher dans ses références culturelles ce qui a été déjà fait tant en photographie, qu'en peinture, en dessin pour composer son image en référence à untel ou unetelle. Et surtout, le photoreporter a une personnalité, forte en général, qui lui permet de se passer de référence pour nous imposer un regard qui nous force à nous interroger.

Je vous invite à regarder le film suisse "War Photographer" sur James Nachtwey, vous verrez comment il travaille sur le terrain et de combien il était loin de sa bibliothèque quand il photographiait les conflits qu'il a couvert et à quel point ce qu'il photographiait l'absorbait et à quel point lors du tirage de ses photos il voulait absolument retrouver sa sensation du moment sans référence à qui que ce soit.

Le photoreportage est un art dans le sens de "métier" pas dans le sens "d'objet pour galeriste bourgeois."

Je vous vois venir : "je ne parle pas de la photo elle même mais du choix de cette photo, ce qui est très différent" me diriez-vous. Justement non. Le choix correspond à ce qui représente au mieux ce que voulait montrer le photographe dans cette situation précise sans alourdir l'image de références parasites comme vous l'avez fait avec la photo de la petite colombienne.

Donc Alain, continuez à nous parler des photographies longuement pensées, construites et mises en scène par des Avedon, Moon, etc... avec toutes les références culturelles qui vont très bien avec. C'est un plaisir, c'est très enrichissant mais pour la photo de reportage ne vous aventurez pas dans cette même intellectualisation qui est hors sujet en l'espèce car elle répond d'un instinct qu'il est vain d'expliquer.
Un seul remède- radical- contre le communisme: Mélenchon.
Pour plus d' information sur les Palestiniens je conseille ce site en anglais: www.seconddraft.org/movies.php
Il faut avoir voyagé en Palestine pour savoir que les palestiniens veulent la paix. Car ce ne sont pas les médias qui vous le diront, vous devriez tous le savoir.

Les palestiniens pourraient s'asseoir pour discuter de la paix si on ne leur enlevait pas à tout prix le siège juste avant qu'ils le fassent.

Quelle culture de paix ont les israéliens pour prétendre être les victimes ?
http://photos1.blogger.com/blogger/724/3197/320/israeli%20girls%20indoctrinated%201.jpg
http://photos1.blogger.com/blogger/724/3197/320/israeli%20girls%20indoctrinated%202.jpg
Ces photos datent des attaques meurtrières israéliennes (encore et toujours) sur le Liban en 2006.

Alain Korkos est un ignorant, je n'arrive pas à comprendre ce qu'il fait à @si, sauf à témoigner de la lâcheté des hommes. Les lâches s'attaquent toujours aux résistants et surtout, diable jamais, aux puissants. Cela s'appelle l'impuissance.
Voici un document à verser au dossier.

Pas de sang. Pas d'image non plus. Si ce n'est celle de ce journaliste israélien bouleversé par la détresse de son correspondant.

Et pourtant, tout l'argumentaire de M. Korkos peut s'appliquer : il choque, on est paralysé par son horreur, on ne raisonne plus, il donne des hauts-le-coeur, il produit de l'excitation vengeresse...

Question : la TV israélienne a-t-elle prémédité cette séquence "pour sensibiliser le chaland aux atrocités qui se déroulent à Gaza" ?

N'est-ce pas tout simplement pas l'horreur qui s'invite elle-même en "une", sans demander d'autorisation ou attendre d'y être conviée ?

Une question subsidiaire : maintenir un peuple dans la souffrance et dans l'humiliation, n'est-ce pas un non-sens politique, sans issu à terme ?

PatriceNoDRM
http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5113958
Allez Korkos, au boulot !
http://www.slide.com/r/QCS-HogItz9RFAU-sfG2Rx4kcL1aw6v-
[large]" Parle si tu as des mots plus forts que le silence, ou garde le silence."[/large]



C'est une autre version (Euripide), que celle de Souleimane, l'élève rebelle d'"Entre les murs" mais c'est la même idée.

C'est aussi ce que je m'efforce de faire, personnellement, tout particulièrement à propos de sujets d'actualité comme celui qui nous préoccupe ici.

Mais il est plus difficile de se taire que de dire tout et n'importe quoi, surtout lorsque le bruit de notre insignifiance est couvert par celui des bombes, des roquettes, des missiles, des sirènes d'ambulance, des cris de femmes, d'enfants, d'adultes meurtris, amputés, agonisant dans leur sang. Là-bas, au loin. Et pourtant si proche.

Si nous, ici, n'avons que nos claviers, nos écrans et nos mots pour combattre l'absurdité de la haine guerrière, alors prenons garde de ne pas nous en servir comme d'une mitraillette à balles virtuelles. La fureur guerrière est telle qu'on ne s'entend plus, parfois. Déjà qu'on ne se voit pas ! On va finir par ne plus "se sentir".
« Les photos de reportage sont très souvent des photographies unaires (la photo unaire n’est pas forcément paisible).

Dans ces images, pas de punctum : du choc – la lettre peut traumatiser -, mais pas de trouble : la photo peut « crier », non blesser. Ces photos de reportage sont reçues (d’un seul coup), c’est tout. Je les feuillette, je ne les remémore pas : en elles, jamais un détail (dans tel coin) ne vient couper ma lecture : je m’y intéresse (comme je m’intéresse au monde), je ne les aime pas. »

« La chambre claire, Note sur la photographie »

par Roland Barthes
Le point de vue d'un médecin français à Gaza qui fait l'inventaire de ses outils.......

http://www.lefigaro.fr/international/2009/01/14/01003-20090114ARTWWW00632-a-gaza-un-medecin-francais-raconte-lhorreur.php

En attendant de savoir si les prochaines ...photos ....seront un peu molles ou un peu dures...
Bonjour à tous.
Je suis désolé de poster ce message dans un forum de discussion où il n'a pas sa place, mais sur le moment je ne vois pas d'autre endroit.
Je ne sas où le poster, je ne sais où l'envoyer mais j'ai trouvé çà:
http://www.marianne2.fr/Affaire-Dray-quand-le-journalisme-devient-nauseabond_a173760.html
et surtout:
"Comme son journaliste champion du scoop judiciaire toutes catégories confondues est dans une relation privée privilégiée avec une magistrate au parfum des affaires, on suppose que le dit Est républicain ne s’est pas beaucoup dérangé… "

C'est un Edito de P. Cohen: çà peut-être du contenu inventé ou interprété, mais cela remet quelque peu en question la manière dont le journaliste s'est procuré l'info...

Serait-il important de le rajouter au "Vite dit et gratuit", en complément de votre annonce sur Dray et la Une de l'EST républicain ?

Je renouvelle mes excuses et vous souhaite, même 15j en retard, mes meilleurs vœux aux asinaute et à @SI.
Peut-être qu'un modérateur rangera ce post dans un contenu qui lui est propre (corbeille?)
Apel-Muller se prend un peu les pieds dans le tapis en disant que la chronique d'Alain Korkos fait parti de l'écho positif rencontré par cette photo. L'objectif est donc qu'on en parle, peu importe ce qu'on en dit?
Phrase sortie de la bouche d'Alain Korkos il y a moins d'une semaine pendant l'émission d'ASI:
"Si une guerre éclate au Congo tout le monde va y aller et ramener des images"

Cette ignorance doublée d'une prédiction aussi hasardeuse qu'inexacte me laisse admiratif.
Pourtant il avait bien révisé sa leçon d'histoire sur le Vietnam pour tenter de défendre une autre chronique douteuse.
J'ai l'impression qu'il est passionné d'histoire(s).
Probable que dans quelques décennies il sera en mesure "d'analyser" les images de massacres qui se déroulent en ce moment.
Il eut fallu des AK [Alain Korkos et non des AK 47] pour changer la face du monde d’aujourd’hui.
Certes !

Mais... Ne starisez pas Alain Korkos, il est trop bien pour mériter ça...
Monsieur,

Vous m'accusez de lancer une opération de basse polémique. Je comprends bien qu'en tant que directeur de la rédaction de l'Humanité vous ne puissiez vous déjuger, je comprends votre position. A votre tour, comprenez la mienne qui est d'apporter un autre éclairage sur cette image, comme sur d'autres. Encore vous avais-je fait grâce de cette interrogation : à part des hauts-le-coeur, cette photographie (qui à ma connaissance ne fut reprise par aucune autre Une de quotidien) produit-elle autre chose que de l'excitation vengeresse, de cette excitation qui dure depuis plus de trente ans et accumule les cadavres ?

Je ne suis pas journaliste politique. Et je trouve symptomatique que vous me parliez, dans votre réponse, de la nature de ce conflit. Je le répète, tel n'est pas mon propos ni mon ambition. Si cette photo avait été prise sur le théâtre d'un autre conflit actuel aussi médiatisé que la guerre de Gaza, ma réaction aurait été la même. Car il s'agit ici de morale de l'image.

Si je me mets à votre place, si j'entre dans votre discours, qui va prendre la mienne ?
A chacun son rôle. Le mien est d'interroger les photographies.
Défendez vos idées politiques avec les moyens que vous jugez utiles, mais laissez-moi cette liberté de vous dire que vous n'employez pas les bons outils, laissez-moi vous dire que vous avez manqué votre but. Vous parliez de l'écho qu'a provoqué cette Une. L'écho n'est rien d'autre que du bruit. Surtout pas du sens.
Cherchons le sens.
Salut Alain
bien répondu. Les gens préfèrent en rajouter à l'horreur, hélas, au lieu de rechercher des voies d'apaisement. Excitation vengeresse, le terme est bien trouvé. C'est bien de cela qu'il s'agit, et certains commentateurs du forum prennent un malin plaisir a souffler sur les braises pour réveiller ce sentiment primitif de vengeance qui nous plonge dans un cercle vicieux de haine, sans se rendre compte qu'il servent la cause de la guerre. hélas, avec de telles réactions, la paix n'est pas pour demain et de nombreuses victimes innocentes vont le payer de leur vie. c'est désespérant.
Toi seul connait la voie. Toi seul est vrai. Peu importe où tu guides mes pas ...
Non, encore une fois non!
Vous interrogez une photographie et vous concluez que tout le monde
doit avoir la même réaction que vous, avec ce qui ressemble fort à un argument
d'autorité.
Je suis désolé de vous dire que vous continuez sur la fausse route.
La seule lecture des commentaires de ce fil montre combien les réactions
sont diverses.
Et l'écho ce n'est pas du bruit...
"L'écho n'est rien d'autre que du bruit. Surtout pas du sens." Votre réactionl, Monsieur Korkos , est consternante ! Votre mépris concernant toutes les réactions laisse à désirer. Vous seul détenez LA vérité et vous balayez tous nos efforts de réflexions avec cette phrase ! C'est la dictature de la pensée de Korkos !
C'est vous la dictature!

Le flood répétitif c'est un peu comme cette photo, ça n'atteint pas son but, non plus...
N'avez-vous pas encore vu , Cassandre ! , quel mauvais augure c'est d'ajouter de la haine à la haine , de la violence à la violence ,
sans jamais s'assoir sous l'arbre à palabres , sous l'olivier , pour chercher la solution . Face à Face .

(aparté : Aïe , oui , les oliviers centenaires arrachés à la pelleteuse pour construire un mur de séparation ...)

Ce que certains appellent " une saine colère " est l'émanation de revendications unilatérales .

Où sont le débat , la recherche et l'échange d'idées ?
Le grand Israël a de beaux jours devant lui avec les défenseurs des palestiniens massacrés mi-figue mi-raisin.
Le Grand Israël , Christianfact , n'a plus aucun avenir , il s'est tiré une balle dans le pied ( une balle !!!!!!!!!! .)

"L'année prochaine à Jérusalem" qui a fait tenir ensemble une diaspora vieille de 2500 ans ( invention d'un peuple juif au VI ème , V ème siècle avant notre ère ,
ce fantasme devenu crime lorsqu'il a été réalisé et ce , dès 1948 .

Est-ce être mi-figue mi-raisin que de s'appuyer sur l'Histoire pour donner son avis sur ces fous furieux qui tuent
parce qu'ils se sont raconté qu'un dieu improbable leur a donné cette terre ????????

La figue , le raisin et l'olivier .........
Comment échanger des idées en regardant la carte, aimablement mis sur le site, montrant a quoi est réduite la Palestine?
Christianfact , je crois que vous ne m'avez pas lue sous les diverses chroniques
abordant encore et encore la monstruosité finale mise au point par des fous de pouvoir .

J'ai mis moi-même cette carte en lien , ainsi que plusieurs autres @sinautes .
A aucun moment , jamais , je ne trouve d'excuses à ce peuple qui se dit élu et qui tue , humilie , affame .

Une place a été faite aux rescapés de l'holocauste sur cette terre qui ne leur a jamais été promise que dans leurs rêves ,
une terre où ils pouvaient s'installer à côté de ceux qui y vivaient .
Pourquoi a t' il fallu qu'ils veuillent s'installer à leur place ?
En fait Mona vos écrits sont à peu près mes seules lectures, c'est bien pour cela que le post sur lequel j'ai réagi me paraissait légèrement découragé.
Découragée moi ? Jamais , rassurez-vous , Christianfact !
Merci pour votre confiance . Cela me touche infiniment .
J'aime beaucoup vos interpellations ponctuelles .
[...] Défendez vos idées politiques avec les moyens que vous jugez utiles, mais laissez-moi cette liberté de vous dire que vous n'employez pas les bons outils, laissez-moi vous dire que vous avez manqué votre but. [...]

Vous me paraissez bien affirmatif en décidant que le but est manqué. Peut-être cette image ne fait-elle pas résonner chez vous les même cordes que chez certains autres ?
Et étant donné votre expertise en la matière, cela ne me surprendrait pas, mais de là à en tirer cette conclusion, ....

Comme le dit JREM plus bas, la diversité des réactions nous indique qu'il n'y a pas un moyen universel, donc, dans ce cas, pas de Une universelle mettant tout le monde d'accord (ce qui au passage serait loin de me rassurer - je préfère un débat de bas étage à une uniformité toute Orwellienne). J'ai pour ma part reçu les arguments de chacun et je n'arrive pas à me donner une opinion tranchée (ce qui me convient tout a fait). Quel que soit le moyen utilisé, quelle que soit la photo, il y aurait eu des mécontents et des contents, il y aurait eu des hauts-le-cœur, des pleurs, des révoltes, des indifférences, des coups d'œil intéressés, des surprises et des wouha-la-photo-qu'elle-est-bien . Donc, vous comme un autre ne sauriez définir les "bons outils".

[...] cette photographie (qui à ma connaissance ne fut reprise par aucune autre Une de quotidien) [...]

Vous nous jouez le coup du petit débutant qui ne sait pas que l'exclusivité d'une Une est capitale. Combien de Unes reprises en Une dans un autre journal (peut-être une chronique à venir)? Malgré les protestations de Patrick Apel-Muller, oui une Une est là pour vendre, même pour Télérama, La Croix et Tricot Kids et oui elle est là pour attirer le regard et donc si on a la même que le voisin, hein on voit bien que ça le fait pas, ou bien ?

Attention, je trouve que vous tapez à coté. Comme si le fait qu'elles aient été reprises rendaient les caricatures de Mahomet plus... acceptables, non elles le sont ou ne sont pas en dehors de ce contexte.

[...] Car il s'agit ici de morale de l'image. [...]

Ah oui, quand même ! Bon la cause est entendue alors.
Monsieur Korkos,

Monsieur,
Vous m'accusez de lancer une opération de basse polémique. Je comprends bien qu'en tant que directeur de la rédaction de l'Humanité vous ne puissiez vous déjuger, je comprends votre position. A votre tour, comprenez la mienne qui est d'apporter un autre éclairage sur cette image, comme sur d'autres. Encore vous avais-je fait grâce de cette interrogation : à part des hauts-le-coeur, cette photographie (qui à ma connaissance ne fut reprise par aucune autre Une de quotidien) produit-elle autre chose que de l'excitation vengeresse, de cette excitation qui dure depuis plus de trente ans et accumule les cadavres ?


Des images au moins aussi dures ont été reprises en Une dans plus d'un journal (Al-Quds Al-Arabi par exemple) : ce n'est pas parce que le Figaro ou Libération ne l'ont pas fait que ceci est la règle partout ailleurs.


Je ne suis pas journaliste politique. Et je trouve symptomatique que vous me parliez, dans votre réponse, de la nature de ce conflit. Je le répète, tel n'est pas mon propos ni mon ambition. Si cette photo avait été prise sur le théâtre d'un autre conflit actuel aussi médiatisé que la guerre de Gaza, ma réaction aurait été la même. Car il s'agit ici de morale de l'image.

Si je me mets à votre place, si j'entre dans votre discours, qui va prendre la mienne ?
A chacun son rôle. Le mien est d'interroger les photographies.
Défendez vos idées politiques avec les moyens que vous jugez utiles, mais laissez-moi cette liberté de vous dire que vous n'employez pas les bons outils, laissez-moi vous dire que vous avez manqué votre but. Vous parliez de l'écho qu'a provoqué cette Une. L'écho n'est rien d'autre que du bruit. Surtout pas du sens.
Cherchons le sens.


Je ne comprends absolument pas comment peut-on faire abstraction du discours sous prétexte que son rôle ne concerne que la photographie ?? Partir de ce terrible constat, ou aveu, pour oser donner un jugement sur un échec "des rédacteurs du discours", je ne comprends pas non plus ??

Quant à "l'écho", le rapprochement au "bruit" est un jeu de mot (qui saute aux yeux, vraiment !)... Mais Peut-on compter sur les spécialistes de la photographie pour trouver "le sens" quand les analystes et les journalistes contemporains (médiatiques pour être honnêtes) semblent l'éviter et aller dans le "sens" du plus puissant ??

Je dois avouer que la réponse de l'Humanité comporte beaucoup moins de "réponses" que certaines réponses d'@sinautes faites sur le forum de votre lettre. J'aimerais tellement que vous répondiez à quelques unes, évidemment de votre choix car les réactions sont vraiment presque trop nombreuses ...

Bien à vous,
[quote= « Vous parliez de l’écho qu'a provoqué cette Une. L’écho n'est rien d'autre que du bruit »]

En effet un écho n’est qu’un son et n’a pas de réalité en soi comme source indépendante.

Continuez Monsieur Korkos, dans cette voie, à RAISONNER et oublier les voix qui ne font que RÉSONNER…
Ou comment avoir un petit tambour à la place du cerveau…

Stan 1000g
Alain Korkos nous précise…

« …à part des hauts-le-coeur… »
Et une petite couche de vomi supplémentaire pour ceux qui n'auraient pas eu leur dose.

« …à part des hauts-le-coeur, cette photographie (…) produit-elle autre chose que de l'excitation vengeresse. »
Cette "une" a peut-être joué un rôle dans la mobilisation ayant donné de l'ampleur à une manifestation de protestation (qui est une forme d'expression de l'opinion publique).
C'est peu, mais, quand aucune opinion publique n'ose s'exprimer vis-à-vis des "décideurs", n'est-on pas en dictature ?
« … l'excitation vengeresse » peut se nourrir de TOUTES les photographies, qu'elles soient en "une" ou pas, mais elle se nourrit d'abord de la RÉALITÉ des morts.

« Si cette photo avait été prise sur le théâtre d'un autre conflit actuel aussi médiatisé que la guerre de Gaza, ma réaction aurait été la même. »
Invérifiable…
« … conflit actuel aussi médiatisé… »
Sur le plan de l'image, la dite médiatisation est de contrebande et pas si évidente, puisque les reporters israéliens et étrangers sont interdits d'accès.
« Car il s'agit ici de morale de l'image. »
Nous sommes effectivement au cœur du problème, de la chronique d'A. K. et des deux forums. Cette phrase confirme ce que j'avais écrit dans le forum précédent. Nous ne sommes absolument PAS DANS LE DÉCRYPTAGE de l'image. Nous sommes dans la LEÇON de morale.

« Si je me mets à votre place, si j'entre dans votre discours, qui va prendre la mienne ? A chacun son rôle. Le mien est d'interroger les photographies. »
Je répète qu'Alain Korkos n'a rien interrogé de cette photographie et de son contexte. Il ne s'est exprimé que sur la moralité de son USAGE.

« Vous parliez de l'écho qu'a provoqué cette Une. L'écho n'est rien d'autre que du bruit. Surtout pas du sens. Cherchons le sens. »
Cherchons le sens… en scrutant le vomi comme d'autres interrogent le marc de café !
Alain Korkos n'a aucunement cherché le SENS, il a verrouillé la morale.

Dans un post du forum précédent, j'ai écrit qu'Alain Korkos se posait en AUTORITÉ MORALE de l'image (SON rôle). Cette réponse le confirme.

@si le site et Daniel Schneidermann, nous-mêmes avons-nous besoin d'un décrypteur qui reste en dehors de l'image (et de son contexte) sous prétexte de morale ?
(certains sont tout à fait fondés à ne pas la regarder, cette image, et aucun reproche ne peut leur être adressé ; mais, Alain Korkos, franchement, il en a vu d'autres et des pires…)
J'ai été interpellé par le récit du chaland qui vomit en voyant la "une" de L’Humanité devant un kiosque.
À quoi une telle mise en scène pouvait-elle servir (le cadre d'une pédagogie de la lecture d'image) ? J'ai senti intuitivement le procédé, mais j'ai eu du mal à en appréhender la logique et le fonctionnement.
En fait, cette flaque de vomi sur le trottoir est une véritable barrière de sécurité morale posée pour nous interdire définitivement l'accès au contenu de cette image.

Il est vrai que des gens ont spontanément détourné la tête.
Mais, finalement, ceux-là - qui ont réagit émotionnellement, psychologiquement - n'ont pas eu besoin de l'autorisation d'Alain Korkos pour le faire !

La chronique d'Alain Korkos, vise donc les autres, ceux qui auraient été tenter d'aller au-delà du trouble ressenti, en direction du sens.
À ceux-là, Alain Korkos dit : « Vous n'y pensez pas : c'est immoral ! » (voir sa réponse ci-dessus)

Il est apparemment étrange et paradoxal d'exhiber une photographie qu'il ne faut surtout pas regarder. Mais c'est finalement très malin. Une peu comme La lettre volée d'Edgard Allan Poe.

D'ailleurs, il serait statistiquement intéressant de savoir combien d'@sinautes ont VRAIMENT vu la "une" de L'Humanité chez leur marchand de journaux et combien l'on découvert dans le forum d'Alain Korkos et détourné le regard À CE MOMENT-LÀ.

J'ajoute, qu'à l'extérieur, au milieu de la foule (?), la "une" de L'Humanité était noyée dans les flots des signaux informatifs de la rue (où le regard est moins captif), parmi la masse des couvertures de journaux et de magazines…
Mais, seul, face à son écran d'ordinateur qu'on scrute avec intérêt et concentration, notamment en consultant le site d'@si, il est évident que, LÀ, on se prend cette image en pleine tronche.
L'indignation de certains @sinautes n'est-elle pas née en réalité de CETTE confrontation numérique VOULUE par Alain Korkos, qui y ajoutait le mode d'emploi spasmodique au cas où l'on n'aurait pas compris ?
N'y a-t-il pas là une manipulation ? Est-ce bien moral ?
« Patrick Apel-Muller omet de nous dire (…) la raison qui a présidé au choix de cette photo en première page, plutôt que l'une des huit autres publiées en dernière.
Elle est pourtant simple, la raison
(…) : nous avons déjà vu ces huit photos. Celles-là - ou d'autres en tous points semblables - furent un peu partout publiées ces jours derniers.
Mettre l'une d'elles en première page n'aurait pas interpellé le lecteur une seule seconde, en raison du principe suivant : « Les photographies produisent un choc dans la mesure où elles montrent du jamais vu. Malheureusement, la barre ne cesse d'être relevée, en partie à cause de la prolifération même de ces images de l'horreur. » (Susan Sontag, Sur la photographie.)
Alors il vous fallait faire fort, il vous fallait choquer pour vendre une idée et, accessoirement, du papier (ou inversement).
»

Admettons qu'à la rédaction de L’Humanité on ait voulu choquer pour diffuser « une idée ».
Alain Korkos, qui avait un exemplaire papier du journal et pouvait en parcourir les pages internes, met du temps au fil de sa chronique pour nous dire qu'il pourrait s'agir de « sensibiliser (le) chaland aux atrocités qui se déroulent à Gaza. », ce qui serait d'ailleurs un message un peu court pour un quotidien politique
Par contre, ce qui est immédiatement affirmé en amont, c'est le projet supposé de « vendre du papier », c'est-à-dire l' instrumentalisation de la mort d'une enfant pour faire du fric (comme Paris-Match); puis nous avons le qualificatif « obscène ».

Mais, inversons la proposition, comme dirait David Abiker :
La photographie qu'Alain Korkos aurait souhaité voir en "une" de L’Humanité, c'est « l'une des huit autres publiées en dernière » parce que « mettre l'une d'elles en première page n'aurait pas interpellé le lecteur une seule seconde ».
Ainsi, Alain Korkos aurait souhaité qu'il y ait en "une" de L’Humanité une photographie sans effet d'interpellation, invisible pour tout dire, afin qu'aucune « idée » ne passe.

Encore du temps de cerveau disponible pour Coca-Cola !

C'est ça être moraliste impartial (oxymore).
À propos de David Abiker… je me prends à rêver d'un véritable décryptage - en profondeur - de cette photo, de son contexte, et la façon dont un média - le site d'@si - interprète sa publication.
Dans la présentation de sa chronique, je trouve en effet : « Chez David, (…) Dernier passe-temps connu : débusquer les évidences cachées d'une photo. »
De son côté, Judith Bernard pourrait nous éclairer sur les figures du discours employées par Alain Korkos.
Enfin, Daniel Schneidermann, pourrait nous dire si le site d'@si a vocation à définir un ordre moral de l'image.

Mais, en proposant ça, je sens bien que je fous le vomi… euh, non : je voulais dire la m…
Le débat s'épuise parce que tous les arguments, ont semble-t-il, été avancés.
J''en ajouterai cependant encore un sous la forme de deux posts copiés sur le blog d'André Gunther qui a vraiment fonctionné en parallèle avec les deux forums d'@si.
Je réalise d'ailleurs que j'ai posé la même question que lui dans son titre : « Insoutenable: la guerre ou son image ? » (j'ai pas voulu copier, je le jure)
http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2009/01/12/909-insoutenable-la-guerre-ou-son-image

« 26. Le mardi 13 janvier 2009 à 10:43, par Loïs
Je me permets d'intervenir pour souligner une différence frappante quant à l'utilisation d'une même image sur ce billet d'André Gunthert et sur celui d'Alain Korkos.
Ici, l'image est présentée sous la forme d'une vignette de taille réduite. Le but est simplement d'indiquer une référence.
Là bas, l'image est plus grande et surtout la mention "Cliquez sur l'image pour un gros plan" figure sous celle-ci. L'image n'est plus une simple référence mais devient un élément du discours quitte à en brouiller la cohérence.
A chacun d'apprécier. »

« 30. Le mardi 13 janvier 2009 à 12:35, par Marcel
"Arrêt sur images" colle sa propre interprétation et condamne avec pudibonderie, mais parallèlement publie les photos critiquées en clair sur son site. Comment dire une chose et son contraire et dans quel but ?
Cachez ce sein que je ne saurais voir ou la tartufferie dans toute sa splendeur. »


« CLIQUEZ SUR L’IMAGE POUR UN GROS PLAN » !!!

Attendez… Non, j'y crois pas… C'est pas possible… Je vérifie…
L'image « obscène » qui donne des hauts le cœur et fait vomir sur le trottoir, vous pouvez - abonnés privilégiés d'@si - la contempler en gros plan, chez vous, à l'abri des regards indiscrets, grâce à Alain Korkos !!!
Celle-là, je ne l'avais pas vue (c'est le comble !) : merci Loïs.

Dans la pièce de Molière, Tartuffe est quelqu'un de vraiment très habile, qui est à deux doigts de réussir son travail de conviction…

Marcel, lui, considère que la tartufferie incombe à @si.
Sale étiquette pour le site !
Il est très fort, Gunthert et son espace de fidèles.
Il sait manipuler son monde, même certains @sinautes qui pourtant en en vu d'autres.
Explication de texte et du personnage faite un peu plus haut, où l'on voit pourquoi ce brave Marcel a été enduit en erreur par le blogueur.
Cher Fan de Canard,

Vous avez apporté une contribution utile au débat qui s'est tenu dans ces deux forums et sur le blog d'André Gunthert en veillant avec vigilance à ce que les propos d'Akain Korkos ne soient pas déformés.
Dans cet arbitrage, vous ne m'avez pas dressé personnellement de carton jaune pour ce motif.

Selon vous, si - sur le blog Actualités de la Recherche en histoire visuelle - “Marcel” impute au site d'@si la tartufferie d'Alain Korkos, c'est qu'il aurait été victime d'une manipulation intellectuelle (« induit en erreur ») d'André Gunthert.
Sur ce point précis, j'ai beau chercher, je ne trouve pas…
La première phrase qui ouvre la chronique (?) du blogueur est sans ambiguïté :
« Scandalisé par la une de L'Humanité du mercredi 7 janvier 2009, Alain Korkos, chroniqueur à Arrêt sur images, publie une "Lettre ouverte lettre à Pierre Laurent" (…) »
Puis, « (…) Korkos accuse L'Humanité d'imiter «la logique de Paris-Match» (…) », « Le rapprochement d'images est une méthode qu'Alain Korkos a largement déployé sur son blog, la Boîte à images, avant de l'acclimater à Arrêt sur images, où il est le seul véritable spécialiste de l'analyse iconographique. », « «Jamais une photographie n'a mis fin à une guerre», tranche Korkos. (…) »

Je comprends que vous puissiez être en colère contre les règles du jeu édictées par André Gunthert sur son territoire électronique. Mais, je vous en prie, conservez - tous azimuts - votre esprit de vigilance concernant la réalité des paroles énoncées.

Ci-dessus, j'ai ironisé sûr "Cliquez sur l'image pour un gros plan". Je veux bien maintenant me faire l'avocat du diable.
J'admets qu'il puisse s'agir d'une routine technique instituée entre les chroniqueurs et les gestionnaires techniques du site : « À chaque fois que nous signalons au @sinautes l'existence d'une image, nous leur offrons de la voir très correctement, afin de juger sur pièce. » ; automatisme que personne n'a sans doute songé à désactiver en l'occurrence…
Bien sûr.
Sauf que cette règle peut très probablement être aménagée au besoin et qu'ici la question se posait.

Ainsi, le moraliste de l'image que se prétend Alain Korkos aurait dû d'office demander que l'on floute le visage de la fillette afin de nous éviter de vomir sur notre clavier (je ne te raconte pas le boulot pour nettoyer après !) : cela aurait largement suffit comme preuve de l'infamie. D'autant que - tous chalands ayant découvert la "une" de L'Humanité à la devanture des kiosques - les @sinautes n'avaient pas besoin d'une piqûre de rappel.
Pour ceux qui ne l'auraient pas vue, EXHIBER cette image éprouvante dans l'intimité de notre écran sous prétexte qu'il aurait pu se faire que nous la croisions dans la rue relève bien de la manipulation.
Je résume : il s'agissait délibérément de nous choquer chez nous au cas où nous n'aurions pas été choqués à l'extérieur, et ceci à l'initiative du seul Alain Korkos (il ne peut guère, ici, accuser le directeur de rédaction du quotidien).
Ce n'est pas un procédé respectueux des sensibilités. Ce n'est pas un procédé humaniste.

Que ceux qui me trouvent énervant se rassurent : ce sujet s'éteint et je ne vais pas multiplier les lignes dans les différents forums d'@si (je n'en fréquente pas d'autres).
Car, pour le simple citoyen que je suis, la réflexion approfondie dans un tel débat représente une addiction dévoreuse d'un temps et d'une énergie dont j'ai vraiment besoin par ailleurs.
Je pense ne pas être le seul, et c'est bien pourquoi l'exercice de la vraie démocratie est si difficile.
(j'envie la disponibilité, le courage ou la facilité d'écriture d'autres @sinautes)
Je viens de découvrir que, dans le premier forum (15:15 le 15/01/2009), Alain Korkos a répondu à Arya sur divers points.
Le troisième et le quatrième peuvent être considérés comme des compléments à sa chronique/lettre ouverte :
« 3. Comment distinguer voyeurisme et information ?
(…) L'information, c'est une photo légendée assortie de moult explications.
Le voyeurisme, c'est une photo muette qui ne mobilise que l'émotion : le dégoût devant une telle horreur, ou la haine pour les auteurs de ce massacre.

Le problème avec le dégoût, c'est qu'il détourne le lecteur du journal qui s'abstiendra de l'acheter, n'aura pas accès aux pages intérieures expliquant le conflit.
Le problème avec la haine, c'est qu'elle n'a jamais rien résolu : elle dure depuis plus de trente ans, et les cadavres s'amoncellent sans qu'un espoir de résolution du conflit ne se profile à l'horizon.
»

En gros, sous prétexte qu'une longue légende n'était pas imprimée à côté de l'image et aussi lisible qu'elle, cette photographie n'aurait pas eu de contexte ? C'est absurde.
Même mal informé, le chaland savait qu'un dispositif militaire surpuissant utilisait un marteau pilon pour écraser une guêpe sans égard pour la fourmilière sur laquelle elle était posée.
Affirmer que le lecteur (?), dégoûté n'a pas acheté le journal et n'a donc pas eu accès au contexte en lisant les pages intérieures du quotidien représente une nouvelle tartufferie.
La preuve que c'est une image obscène, c'est que son obscénité a interdit de lire la légende qui était au verso… qui aurait fait qu'elle n'était pas si obscène que cela.

Au-delà de l'émotion légitime (dégoût) que l'on peut ressentir en la voyant, je trouve que cette image est particulièrement INFORMATIVE et représente un résumé clair de ce que subit la population civile de Gaza : des civils tués sous les décombres de leurs maisons explosées. Je déteste ce mot, galvaudé à toutes les sauces et très tendance, mais cette image est particulièrement “emblématique” de l'événement.

Concernant la haine - qui est un vrai problème -, j'ai déjà répondu…

Enfin, l'émotion qui n'engendrerait QUE deux sortes de réaction, c'est un postulat imposé par Alain Korkos et que personne n'est obligé de suivre.

« 4. Les photos de la guerre en Afghanistan
(…) la nature et le lieu du conflit ne sont d'aucune importance quand s'agit d'invoquer une certaine morale de l'image, et plus particulièrement de l'image de guerre. »

Une morale de l'image - en soi et pour soi, à l'écart du réel, pour le spectateur - mais une morale quand même, dont Alain Korkos est le garant.
Je ne me suis pas trompé sur ce point !
« (Alain Korkos) s'intéresse aux images et (…) parfois s'arrête dessus. @rrêt sur images. Telle est la vocation de ce site (…} »
En dérapant sur le vomi, on n'a pas vraiment eu le temps de s'arrêter sur l'image…
Merci pour votre réponse, Pierre.
Ultimes précisions.

Je dis que Marcel a été manipulé dès le départ, je le confirme dernière édition (promis j'arrête ensuite):
Comme le premier paragraphe est enfin évoqué, le début, comme vous le mentionnez, commence très bien.
Et il termine très mal:
"S'appuyant sur une citation de Susan Sontag, il [Alain Korkos] estime qu'«en publiant cette photo insoutenable, vous êtes entré dans une logique allant à l'inverse de vos espérances: au lieu de faire prendre conscience au chaland de ce qui se joue à Gaza, vous l'avez paralysé dans l'horreur.»"
Oubliant de fait et très rapidement qu'Alain parle de la photographie publiée en Une. Et ce n'est pas involontaire, car ensuite, au septième paragraphe, après ses points de vue sur les parallèles entre la photo d'Omayra Sanchez et Kaukab Al Dayah, une analyse rapide du travail d'Alain, le rapport de l'image à l'asymétrie du conflit... il pose la question "Est-il scandaleux de publier une image «insoutenable» ?" avec peu après dans le paragraphe suivant le retour habile sur Alain Korkos en le citant: "«Jamais une photographie n'a mis fin à une guerre»" en l'opposant immédiatement aux questions qu'il pose juste après, pourquoi la censure, la propagande etc.
Bref, la vue d'ensemble, à cause des omissions volontaires d'André Gunthert et de son amalgame entre de vraies questions et les citations au petit bonheur d'Alain, amène un sens global peu équivoque à qui n'a jamais lu la chronique d'Alain: il pense que ce dernier aurait voulu que la photo ne soit jamais publiée. Bref, qu'elle soit censurée. Ce qui n'a jamais été dit une seule fois par Alain qui a répété plusieurs fois dans sa chronique qu'il parlait de la Une, de la première page.
Avec pour résultats, le commentateur Marcel, à partir de cette opinion erronée à cause de la malhonnêteté du billet du blogueur, est surpris qu'Alain insère la photo dans sa propre chronique (il a peut-être une méthode pour décrypter, ou faire des arrêts sur images sans les images, passons).. parce-qu'il a été persuadé par Gunthert qu'Alain souhaitait que cette photo soit censurée. Et dans la foulée, Marcel pense avoir l'illumination grâce à Loïs qui a remarqué qu'en cliquant sur l'image on pouvait avoir un gros plan, comble des combles. Alors que donc, l'on n'a accès, pour mémoire (mais pourquoi le rappeler sur son blog ? cela serait trop malséant), à sa chronique que si l'on fait la démarche de cliquer sur son article une fois sur le site, à la condition également d'être abonné, ... et enfin, de soi-même cliquer sur l'image pour avoir un gros plan si on le souhaite. C'est pas tout à fait la même chose que de visualiser la photo en achetant son journal, et de la contempler d'emblée, non ?
Marcel fait son cinéma de manière assez comique "Attendez… Non, j'y crois pas… C'est pas possible… Je vérifie…" alors car il n'a pas compris le principal objet de l'article d'Alain.
De surcroit, et à cette heure, André Gunthert, avec son honnêteté intellectuelle qui le caractérise décidément, se garde bien de préciser ce fait avéré à ses disciples, lui pourtant qui aime bien répondre dans son espace.. et n'a pas non plus rectifié et précisé son billet.
Heureusement qu'il trouve ouvertement qu'@si a des méthodes "douteuses. C'est sûr, il sait de quoi il cause en la matière.

Comprenez ce que je veux dire, et de quoi je parle exactement, Pierre ? J'espère avoir facilité votre recherche concernant ce point précis.

Dans la forme, ma conception de ses "règles du jeu" est claire. Dans le fond, je suis persuadé que l'on n'applique pas ces restrictions et cette non liberté d'expression sans un certain état d'esprit au départ. Un procès d'intention, peut-être. Mais jusqu'à présent, ses manipulations successives jusque dans le forum ci-dessus confirment ce que je pense. Après les goûts et les couleurs... on verra la suite plus tard.

@ bientôt pour de futurs échanges, à l'occasion.
Cher Fan de canard

Le "méchant" c'est moi !
N'attribuez pas à Marcel ma propre vilenie.

« (…) le commentateur Marcel (…) est surpris qu'Alain insère la photo dans sa propre chronique (il a peut-être une méthode pour décrypter, ou faire des arrêts sur images sans les images, passons) (…).
Et dans la foulée, Marcel pense avoir l'illumination grâce à Loïs qui a remarqué qu'en cliquant sur l'image on pouvait avoir un gros plan, comble des combles. Alors que donc, l'on n'a accès, pour mémoire (mais pourquoi le rappeler sur son blog ? cela serait trop malséant), à sa chronique que si l'on fait la démarche de cliquer sur son article une fois sur le site, à la condition également d'être abonné, ... et enfin, de soi-même cliquer sur l'image pour avoir un gros plan si on le souhaite. C'est pas tout à fait la même chose que de visualiser la photo en achetant son journal, et de la contempler d'emblée, non ?
Marcel fait son cinéma de manière assez comique "Attendez… Non, j'y crois pas… C'est pas possible… Je vérifie…"
(…). »

Je croyais que mettre le texte des citations en couleur et entre guillemets serait suffisant pour qu'aucune confusion ne soit possible. Cette mise en couleur n'est probablement pas apparue sur votre écran.
Celui qui fait « son cinéma de façon assez comique », c'est moi (désolé).

Mon message juste avant (11:27 le 16/01/2009) et celui-là même auquel vous répondez expliquent précisément que le moraliste Alain Korkos aurait pu éviter de blesser des pudeurs en ne donnant qu'un aperçu de cette image « obscène ». J'ajoutais également qu'il y a une intrusion plus grande, selon moi, à faire surgir ce terrible fragment de réalité dans l'espace privé d'un abonnement numérique.
Cliquer sur la chronique d'Alain Korkos - dont on a fait la promotion dans l'émission, je le rappelle ! - pour comprendre le fondement moral de sa prise de position contre L’Humanité n'implique absolument pas que l'on s'attende et que l'on souhaite se prendre cette image dans la figure. Or, quand l'écran est un peu grand, l'image apparaît dès le premier clic. Et, de toute façon, il faut la balayer verticalement pour suivre le commentaire ! Vous aurez pu constater comme moi que deux internautes favorable à A.K. lui en ont fait le reproche.
J'ajoute que l'on peut - dans certains cas - se contenter de décrire des images ; l'exercice est très intéressant.
Enfin, plus haut, dans un court post, A. G. (dont le nom de doit pas être prononcé) a collé un lien vers un site de photographies de guerre dont l'internaute est prévenu que certaines images sont pénibles à regarder et celui-ci doit délibérément désactiver un voile noir pour y accéder.
http://www.boston.com/bigpicture/2008/12/israel_and_gaza.html

Dans sa deuxième réponse, Alain Korkos écrit : « L'information, c'est une photo légendée assortie de moult explications. Le voyeurisme, c'est une photo muette qui ne mobilise que l'émotion : le dégoût devant une telle horreur. »
En décidant d'en limiter au maximum la contextualisation, A. K. nous a servi une photographie particulièrement « muette » : il s'est donc bien adonné lui-même au voyeurisme, conformément à sa propre définition.

En citant "Marcel", ma question était plutôt : À quel point la restriction morale contenue dans la lettre ouverte d'Alain Korkos peut-elle être interprétée comme une position de principe (officielle ou officieuse) d'@si ? C'est tout.
Effectivement, j'aurais dû faire attention aux couleurs moi-même (qui apparaissent bien), ou vérifier le commentaire lui-même.
Et évidemment, je rectifie mon point de vue sur Marcel et son [s]orchestre[/s] cinéma.

Sinon, et là encore, un autre débat: montrer des images incriminées, ou faisant l'objet d'un propos, associant leur dévoilement à du voyeurisme... et se faire taxer de voyeurisme à son tour parce-que l'on illustre son propre propos de la photo en question. Adonné au voyeurisme ou pas ? Dans ce cadre précis ou l'objet étudié lui-même est la photo ? C'est votre prise de position.
Il est vrai que la méthode utilisée dans votre lien ("cliquer sur le cadre afin de visualiser une photo difficile") a le mérite de donner le choix au lecteur.

Bon, je constate sinon que ma lecture de l'article d'AG est peut-être correcte, vu l'absence d'objection ici et là-bas à mon analyse.
Et vu aussi, d'ailleurs, l'absence de la moindre allusion à cette analyse :-).
Refus de pensée…
(il s’agit bien du nom commun et pas du verbe)

L’accès à ce forum disparaît dans les limbes du site.
Mon regret est qu’il y avait un vrai sujet concernant notre rapport à l’image, mais que celui-ci a été contourné pour être instrumentalisé.

Pour revenir sur l’émission initiale (« À Gaza, ils avaient envie de dire… »)…
On pourrait souhaiter qu’@si “dérange” de manière perpétuelle par le décryptage de l’image - en elle-même ET dans le rapport de celle-ci au réel.
Par ailleurs, personne ne demande à @si de prendre une position politique, notamment afin qu’existe un espace où chacun - dans les forums - peut participer à une forme de débat démocratique (légèrement censitaire).

Dans l’examen des images de Gaza par @si l’émission, des questions pertinentes ont été posées. Mais il semble bien que les réponses aient aboutit à une sorte de consensus de pensée unique, une molle prise de parti :
Il y a des “gentils” dans chaque camp, comme ceux qui grimacent sur les photographies humanistes de Face 2 Face ; il y a des “méchants” partout, qui font de la propagande et lancent des armes meurtrières autopropulsées.
Égalité : un point partout. La balle au centre.
Puisque les deux équipes se valent, laissons-les continuer la partie sans jouer les supporters.
C’est un peu la “vulgate” occidentale, c’est beaucoup la vulgate gouvernementale et politique française… c’est un peu la vulgate conclusive d’@si.

Analyser les images sans s’inquiéter de la réalité qu’elles sont censées montrer d’un rapport de forces totalement dissymétrique pérennisant une situation d’oppression soixantenaire, avaliser une sorte d’égalité et en appeler au “fair play” de part et d’autre, c’est finalement une position idéologique.

D’autres l’ont écrit. Je n’y insiste pas.

Ce qui m’a fait réagir à la “lettre ouverte” d’Alain Korkos, c’est l’impression très forte qu’on voulait me manipuler, moi et d’autres, par l’utilisation de ces formes mêmes de discours contre lesquelles @si prétend nous “éclairer”.

J’en veux particulièrement à A. K. d’avoir utilisé la position qui est la sienne non pas pour nous aider dans la lecture d’une image particulière et sur l’interprétation de son usage, mais pour nous plonger la tête dans l’émotionnel (le vomi) jusqu’à la suffocation.

D’abord - et j’y insiste ! - Alain Korkos en a vu d’autres des images “difficiles”, et des pires ! Sa propre “indignation” ne peut pas être consécutive à la vision de l’image elle-même. Je suis convaincu que l’émotion du chroniqueur vient plutôt de la trop grande efficacité emblématique ET informative de celle-ci. Selon moi, c’est surtout en cela qu’elle le dérange

Usant d’une puissante incantation morale, Alain Korkos est resté en dehors de cette image et, surtout, l’a déclarée “tabou”, nous en barrant l’accès.

Une image est difficile, voire insupportable à regarder. Admettons… Pourquoi ? POURQUOI ?
Suffit-il de l’exhiber aux âmes sensibles et d’enregistrer leur effroi pour expliquer quoi que ce soit ?
La difficulté que l’on peut éprouver à voir la réalité en face est-elle correctement transcrite par le seul mot « dégoût » ?
Dire qu’une image est difficile à regarder, ce n’est pas la même chose que dire qu’elle est obscène.
POURQUOI cette image est dite « obscène » ?

Comment est-on passés d’un réflexe émotionnel légitime à une condamnation morale ?

Après avoir déjà proposé dans les deux forums qui lui sont consacré certains éléments pouvant expliquer le “dérangement” causé par cette image, j’en ajoute d’autres ici…

Je le répète, bien que pénible à regarder, cette photographie d’enfant manifestement morte n’est pas “gore” (complaisante dans l’horreur) : ses yeux ne sont pas ouverts, tournés vers nous, pour nous “impliquer” au maximum ; pas de rictus de souffrance, non plus ; pas de peau arrachée, pas de cervelle étalée, pas de membre tordu à contre-sens.
Quelques plaies apparentes sur un visage et du sang sur les gravats : ça, on a déjà vu et on verra encore probablement, dans d’autres circonstances, hélas.

En fait, ce qui nous dérange le plus est une simple contrainte inhérente à toute image : son cadrage. Dans le cas d’une photographie de presse, celui-ci résulte d’un triple choix : celui fait au moment exact de la prise de vue (dans la continuité d’un reportage), celui d’un responsable de publication qui choisi telle ou telle image, éventuellement celui d’un metteur en page qui re-cadre.

Contradictoirement, Korkos nous dit, dans sa chronique L’Homme de Gaza : « Le réel, la vie et la mort, sont hors champ. Au-delà du cadre.»
Mais, si la mort était vraiment hors du champ de cette photographie, celle-ci n’aurait jamais pu émouvoir le chaland au point de le faire vomir son petit déjeuner sur le trottoir.

Au-delà de la réalité qu’elle montre, la violence de cette photo réside précisément DANS SON CADRAGE, c’est évident. Celui-ci est une contrainte, il implique aussitôt celui qui la regarde.
Fruit des circonstances puis d’un choix, le cadrage de cette photo crée comme une sorte de huis-clos éprouvant entre nous et une morte. Nous sommes DANS la situation (à notre corps défendant, c’est vrai) et non pas simples spectateurs. Il s’agit d’une confrontation interpersonnelle, d’un dialogue silencieux. Qu’est-ce qui se dit ? À chacun d’entendre. Ce peut être un appel à l’urgence (vu le contexte de la publication). Ce n’est pas nécessairement une injonction culpabilisante : à chacun d’estimer s’il a des raisons de se sentir coupable.

Au vu de son âge, l’innocence de la victime, est une évidence : cette peine de mort qu’on lui a infligé est donc une injustice flagrante. Ça aussi, on se le « prend dans la face » sans pouvoir biaiser sur la géopolitique (une confortable “complexité du monde”).

Même les “bouts” (une main, un pied) de sauveteurs présents dans le cadre jouent un rôle : « Vous faites votre possible dans l’urgence, mais vous ne pouvez plus rien pour cette enfant que nous avons l’impression de connaître. » Et nous non plus ne pouvons rien pour elle : impuissance pénible.

On assiste à une sorte d’exhumation, puisque la fillette sera certainement inhumée ailleurs dans un cérémonial qui lui rendra sa dignité. Or, déterrer les morts, n’est pas un acte anodin : là encore, il est normal d’être impressionné.

Et puis, le sentiment d’étouffement aussi : le corps de l’enfant est littéralement enserré dans une gangue de gravats poussiéreux. Qui ne craint pas la suffocation ? Qui ne craint pas d’être enterré vivant ? Nous sommes également renvoyés à nos propres frayeurs…

Je pense que c’est cette imbrication multiple et complexe de dénotations (le réel, le contexte) et de connotations (l’imaginaire, les références) auxquelles le cadrage nous “contraint” à nous confronter qui fait que cette image nous secoue.

L’« obscénité », elle réside dans le fait d’être sérieusement dérangés, sans avoir rien demandé, hors des normes médiatiques convenables.
Un seul @sinaute a osé s’exprimer sans hypocrisie sur ce point. J’ai été très énervé en lisant son post (que je ne retrouve pas…). Mais, finalement, sa franchise est plus saine que bien des contorsions…

Des @sinautes (sincères et de tous bords !) ont écrit : « Moi aussi je suis choqué(é). Cela me suffit. Alain Korkos a donc raison. »
C’est un peu court. Désolé…

Si @si cède à la tentation du « cela va sans dire », le site n’a absolument plus aucune raison d’exister. Le discours de l’évidence tautologique, c’est de la non-intelligence de combat.

Sachant qu'on aurait pu, sinon “refroidir” l’émotion, du moins la mettre de côté, dans l’injonction à vomir, où est l’invitation “humaniste” à la réflexion “pacifiante” ?

L’acidité du vomi doit-elle nous aveugler comme un jet de gaz lacrymogène ?

Au final, rester dans l’indignation et l’orienter sur le messager plutôt que sur le tueur, c’est faire un choix.

Quant au transfert d’émotion depuis l’image d’Omayra (Sanchez) à celle de Kaukab Al Dayah, c’est une véritable escroquerie intellectuelle - style Uri Geller tordant à distance les petites cuillers par la seule force de son esprit
http://fr.wikipedia.org/wiki/Uri_Geller
-, faisant douter de la compétence et de l’expertise d’Alain Korkos en tant qu’analyste de l’image.
Je rappelle à tous que celui-ci ouvrait sa chronique/lettre ouverte par cette magnifique démonstration de son savoir, induisant ainsi la première “preuve” de son accusation contre L’Humanité qui aurait délibérément choisi cette photo pour obtenir un transfert émotionnel subliminal : « (…) le chaland qui passe à l’ombre du kiosque (…) se prend dans la face la photo de Gaza qui lui rappelle immédiatement celle de Colombie… ».
Curieusement, il est peu revenu sur cette idée ; pas plus que ses fans, hormis quelques-uns faisant écho à cette réminiscence.
Qu’une vague ressemblance de construction formelle avec un archétype attire davantage le regard sur une image que sur une autre, c’est bien possible. Mais il s’agit juste d’une sorte de jeu de mémoire, conscient ou non. Que le poids émotif d’une image ancienne passe nécessairement à une nouvelle pour ce même motif, c’est une affirmation dont on cherche encore le fondement.

L’autre arnaque argumentative a été de dire que cette photographie présentée sans légende immédiatement lisible était une IMAGE SANS CONTEXTE : qui peut vraiment le croire ? qui d’autre ose affirmer cela ?
Je n’ai lu personne reprendre cette affirmation d’Alain Korkos pour l’expliquer et la défendre.
Or, elle est la clef de voûte de la condamnation morale énoncée par celui-ci, fondée sur l’affirmation qu’une image sans contexte est, de manière évidente, un appel intéressé et/ou haineux au voyeurisme.

« (La) manie irrépressible (d’Alain Korkos) d’explorer les résonances, dans le fonds imaginaire que partagent beaucoup d’entre nous, des images d’aujourd’hui », ne suffit pas à tout dire d’une image. Effectivement. Mais, si on ne dit pas tout d’une image, qu’est-ce qui peut donner autorité pour porter un jugement moral sur l’usage de celle-ci ?

Alain Korkos s’est littéralement englué dans sa prétention à porter une telle condamnation.
Cette position d’autorité (acquise ?) est le seul débris subsistant du naufrage de sa lettre ouverte.
Analyse d’image = néant. Sinon, qu’on nous précise où elle se trouve…
Pourquoi Alain Korkos n’a-t-il pas fait d’analyse de cette image ? Là reste la question…

J’ai été trompé sur la promesse de “service” d’@si…
Bonjour,
J'interviens tardivement dans cette discussion, pour dire simplement qu'il faut se méfier du pouvoir de l'image (surtout lorsque c'est une image terrible comme celle de cette petite fille enterrée jusqu'au cou dans des gravats dont on peut (doit ) penser qu'ils proviennent d'un bombardement, et encore plus lorsque cette image est mise en une d'un journal).
J'avais cru comprendre que réfléchir et analyser les images est le rôle que s'est assigné @si, et en tant que très ancien téléspectateur de l'émission de télévision, puis abonné du site, je m'en félicite.
J'ajouterais que je n'ai pas eu personnellement (mais peut-être certains en ont-ils eu ?) des informations précises et certifiées sur l'origine de ces images.D'où proviennent-elles, qui les a prises, dans quelles conditions ?
Rappelons nous du "massacre de Timisoara" et de la manipulation médiatique qui avait piégé l'ensemble de la presse en 1989. Extraits Wikipédia : "En fait, l'histoire retient aujourd'hui quelques centaines de morts dans toute la Roumanie, et moins de 200 à Timi?oara (seulement 96 selon les décomptes officiels). Les cadavres, dont les images avaient fait le tour du monde, avaient en réalité été sortis de la morgue d'un hôpital local avec la complicité de quelques habitants ; ils étaient issus du fonctionnement habituel de l'établissement, mais avaient été présentés comme le résultat des tortures et massacres du régime en place. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_charniers_de_Timi%C5%9Foara)
Bien cordialement,
J. Louis
On peut se poser des questions sur tout. C'est pas interdit, c'est sûr, sûr et certain.
On peut émettre des doutes sans se limiter, à la recherche de la vérité, rien-que-la-vérité-dites-je-le-jure, ça aussi, rien à dire.

Mais là, alors là, non mais là, en soulevant cette objection-votre-honneur, vous n'avez pas comme l'impression de soulever un linceul parce que quand on voit que la tête, on sait pas si le croque-mort a bien fait son boulot, bah-quoi-c'est-vrai? Pour être plus clair, n'est-ce pas un peu inélégant, pour ne pas dire plus, et risquer d'être aussi glauque que vous.

Sachant que les reporters étaient interdits par ceux à qui pourrait nuire le mensonge que vous supposez, que l'armée israëlienne n'a pas démenti, à ma connaissance, le nombre de victimes, je me demande qu'est-ce qui peut bien le faire monter en vous, ce doute sur la véracité des images des victimes palestiniennes? La lie de cette guerre perpétuelle qui installe une mère à vinaigre dans les âmes.
La désinformation ne viendrait pas du côté qui interdit les journalistes, mais du côté de ceux qui informent malgré tout, C'est osé comme inversion des rôles!
Votre réponse commence par :
Vous m'accusez....
Et voilà, vous avez retourné l'affaire et maintenant vous êtes victime....
si ce n'est pas du grand art, ou un numéro de cirque.

Si je me mets à votre place, si j'entre dans votre discours, qui va prendre la mienne ?

Pour info, personne n'est irremplaçable. Il faudra bien se faire à cette idée....et si vous avez un doute demandez aux livres d'histoire....ou à défaut à Daniel S...

A chacun son rôle. Le mien est d'interroger les photographies.

Vous avez une manière d'interroger qui devient de plus en plus singulière, surtout avec cette harangue
en lettre ouverte, forme réservée aux indignations extrêmes.

Si vous êtes ce baroudeur de l'iconographie, ce boulimique de l'image que vous prétendez être,
je crois que vos hauts-le-coeur, votre révolte, est de l'ordre du mime, de la gesticulation,
que l'étalage du vomi est un écran pour simuler l'indignation.

Et le silence, ....une consternation silencieuse n'aurait pas fait l'affaire ?

Je ne vous crois pas sincère dans cette histoire et cette mascarade sur de supposés sentiments est au final, consternante.
Vous ironisiez il y a quelques semaines la mollesse des photos de guerre ...que de chemin parcouru depuis.

Votre constance de pensée semble bien aléatoire, hormis l'usage d'effets pour faire éclat.
Vous n'avez jamais été capable de reconnaître la moindre erreur, la moindre maladresse,
regretter la moindre virgule de vos dires, car souvent effectivement vous ne faites pas la différence entre Interroger et accuser
Jamais une excuse ou un remords et vous prétendez ici chercher le sens, comme si cela avait une importance pour vous,
car le sens qui vous importe le plus est bien le vôtre, univoque et éclairé.

Vous pensez que je suis toujours critique à votre égard, et bien
aujourd'hui j'ai honte pour vous, pour les mots que vous salissez sous le couvert du bon droit, du sens, de la dignité....
même si vous agissez avec le flegme d'une autorité de nous dire....vous êtes délétère, de mauvaise foi,
et en plus vous avancez fardé, sous les traits d' amuseur cynique cultivé et maintenant ....victime.

Cherchons le sens....que vous devez confondre avec la publicité...

On vous a reconnu AK,....
5 posts de Labate , suivi d'un post d'Urbidan : les paranoïdes se rassemblent , et sont mortellement et prétencieusement ennuyeux.
sans oublier un sentiment de déjà vu...
Fandasi pour Clavier et rimbus commentent le nombre d'échanges des autres @sinautes : c'est du jamais vu :)
Par Fandasi pour clavier
@abdessamad
15:37 le 11/01/2009
Je ne vois pas en quoi votre post est associable au mien , comme son léger retrait à droite semble le suggérer , comme si vous m'aviez répondu. Je suis totalement NON solidaire de vos sous entendus banals .

Par abdessamad
Re: @Clavier
00:14 le 12/01/2009

Ce n'est pas de ma faute si le message se place à cet endroit : il semble que je ne suis pas le seul à constater que les messages sont situés parfois à un endroit où l'on n'a pas souhaité qu'ils soient ! (cf bcp de messages ci-dessus)... Sinon, je n'ai pas demandé de solidarité de votre part et je me demande même pourquoi je suis en train de vous répondre alors qu'il n'y a pas l'ombre d'une idée dans votre commentaire !

Par Fandasi pour clavier
@abdessamad
01:27 le 12/01/2009
Mon pseudo , c'est Fandasi pour clavier. Je n'aime pas votre familiarité sans fondement. D'autre part , si vous me répondez , c'est que vous avez appuyé sur le bouton "répondre" en dessous de mon post . Evitez ça la prochaine fois. Enfin , libre à vous de sortir l'argumentaire éculé de "vous-n'avez-pas-d'argument". Car il est en plus très prétentieux.

Par Fandasi pour clavier
Re: @abdessamad
10:53 le 12/01/2009
...suite et fin : à moins que vous ne trouviez que quand on a pas vos idées et vos arguments, on n'a pas d'idée et d'argument.
Voir ci-dessus.
Parfois le scribe se plie à la tâche de ne rien dire.

Mais vous avez raison, c'est stérile et vain.
Mea culpa.

Mais dites à votre copain fanta assis de me lâcher les baskets.

Merci d'avance.
"fanta assis" , mais c'est qu'il s'essaye à l'humour, le bougre !
le clavier et le rimbus : le couple infernal. Dommage que le modérateur n'enlève pas les commentaires qui polluent !
Ha! Ha! Cassandre qui réclame la censure! Trop drôle votre souhait qu'on efface ceux qui vous contrarient.
Je découvre la réponse du faux-vrai directeur de la rédaction de l'Huma et les commentaires.

[quote=cette photographie ...produit-elle autre chose que de l'excitation vengeresse]

La preuve : les 450 commentaires (pas toujours de bon ton) postés sur la chronique.

D'accord avec Stanley Milgram "Continuez Monsieur Korkos, dans cette voie, à RAISONNER et oublier les voix qui ne font que RÉSONNER"
C'est beau comme un truc creux, votre prose ;-)
[quote=P A-M]Sur le forum qui a suivi sa publication, la plupart des intervenants ont formulé les objections majeures à son point de vue.

Mon bon meussieur Patrick Apel-Muller, je ne vois pas en quoi le fait que la plupart des forumeurs d'@si ait formulé des objections soit une raison pour objecter de la légitimité même de l'interrogation du K. Or donc, votre réponse manque singulièrement d'intelligence. J'ai trouvé l'esprit de contradiction dudit K intéressant mais vous n'avez su qu'en faire et c'est dommage.

[quote=Bacri]Et c'est la majorité, c'est tout et puis voilà !
Laquelle d'abord de majorite ? Hein, celle qui pensait que la terre etait plate? Celle qui veut retablir la peine de mort ? Celle qui s'fout une plume dans l'cul parce que c'est la mode ? Laquelle exactement ?

NB: ce post n'a rien à faire ici même, mais à la fin du fil. Meussieur le modo?.
L'image a-t-elle une essence ou n'a-t-elle qu'un sens grace au contexte?
Il semble d'apres votre propos que vous penchiez donc pour la premiere donc?
Monsieur Korkos,

Votre réponse ne vous honore pas. Vous évitez d'entrer dans le fond de la critique qui vous ait adressée. Vous ajoutez à votre erreur la vanité. Votre position ou votre "droit à" n'est en rien discuté ici. Vos "laissez-moi vous dire" sont assez pitoyables... Laissez-moi vous dire quoi ? Que vous vendez de la m... ? Vous prétendez que votre rôle n'est que d'interroger les photographies. C'est faux. Vous avez attaqué dans votre Lettre ouverte la fonction d'une image et non l'image même. Ou plutôt, des intentions.

Une "morale de l'image" n'a de sens que dans un contexte puisqu'une image, que je sache, ce n'est jamais qu'une re-présentation du réel. Votre méthode d'analyse, basée sur l'analogie, au reste, parfois féconde, montre ici ses limites.

D'un côté, vous jouez les théologiens de l'image comme une vierge effarouchée. De l'autre, les censeurs et donneurs de leçons. Où est la logique ?

Enfin, qui êtes-vous pour mépriser l'écho que cette photo aurait suscité ? Du "bruit" ? Parce que vous seriez le seul dépositaire du véritable sens ?

Personnellement, j'attends toujours une réponse de votre part sur le fond des arguments. J'ajoute, afin qu'il n'y ait aucune méprise de votre part, que je ne défends pas l'Humanité qui est un journal dont dont on connaît l'histoire. Mes interventions ici témoignent du mépris profond que j'ai pour le stalinisme, y compris sous ses formes renaissantes.
Je reste choqué. De quel droit des gens que je ne connais pas, un journal que je n'achete pas, s'autorisent-ils a faire parvernir a mes yeux une telle abomination, a ma conscience une telle horreur.
N'ais-je pas le droit de rester indiférent a la misere du monde? J'irai jusqu'ou AK n'a pas été: cette photo est un viol de ma tranquilité d'esprit.
Comme disait Coluche dans un de ses sketchs, je n'arrive pas a m'intéresser. Et c'est mon droit.
Mais ou iront-ils encore pour suciter la compassion ou extraire les gens de leur aliénation quotidienne!
Arretez, et laissez-nous cultiver notre jardin.
Le projet de L’Humanité était un cri, une alerte, une alarme, en utilisant une photo “choc” en un jour donné. Effectivement. Personne ne le nie.

Reste toujours cette question « qu'est-ce qui est insupportable en vérité ? », « qu'est-ce qui doit en premier lieu soulever l'indignation ? » : la réalité ? l'acte meurtrier qui a causé cette réalité ? ou sa représentation ?
Bien sûr que personne n'est obligé de la regarder fixement, de la contempler, cette photographie. Probablement suffit-il de l'avoir entraperçue du coin de l'œil, une seule fois. Peut-être suffit-il d'en avoir entendu parler.
Normal quelle nous fasse réagir, qu'elle nous écœure, d'une manière ou d'une autre. Manquerait plus que ça.
D'aucuns, qui s'indignent qu'ont l'ai publiée en "une", ajoutent contradictoirement : « En fait ça ne me fait plus rien, on nous en a trop montré ! » Comprends pas !?…

Avec Face2Face, Alain Korkos en appelle - ici et maintenant - à une représentation bisounours du conflit : c'est surréaliste !
Des enfants - et toutes sortes de non combattants - meurent, et on va montrer des gens sachant faire les mêmes grimaces rigolotes de chaque côté du mur…
Nous n'avons pas le même sens de l'obscénité.

Face2Face était et reste un excellent et courageux projet. Rien à dire. Comme d'autres, je ne peux que l'approuver. Une vraie tentative pour la paix. Tout à fait utile quand les gens ne se foutent pas sur la gueule, pour leur montrer que, s'ils recommencent, ils vont frapper leur semblables. Le signe d'égalité entre colonisateurs et colonisés est un peu trompeur, il est vrai, mais il faut parfois un peu d'illusion pour oser faire les premiers pas. Il faudra reprendre ce genre d'initiative - ou d'autres (l'orchestre de Barenboim) - après.
Bien sûr que nous voudrions voir les imams, les rabbins et les prêtres chrétiens courir tous nus en se donnant la main et en chantant des louanges à Dieu dans les vertes prairies de l'espérance. Non, pas tous nus ? Ah bon : dommage…

Bizarrement - je ne sais pas pourquoi, une sorte d'intuition - quelque chose me dit que ce n'est pas vraiment le moment.
Et puis, Alain, en quoi l'initiative Face2Face a-t-elle mis obstacle à ce qui se passe aujourd'hui ? Si la photographie (humaniste) n'empêche pas une guerre, sur quoi vous fondez-vous pour l'estimer positive, en usant de votre philosophie ?

Moi, je (re)dis que - pour sa chronique - Alain Korkos n'a pas bossé sérieusement. il s'est contenté de soulever le problème du dégoût, dans lequel beaucoup ont pu se reconnaître pour diverses raisons. « Le maître dit que c'est dégoûtant. Je suis - spontanément ou pas - dégoûté. J'ai donc eu le bonheur de partager le point de vue du maître. Arrêtons là la réflexion. »
Une question pour Patrick Apel-Muller: La famille de la victime a-t-elle été consultée pour publication de cette photographie ? Touche-t-elle des droits ?
Pour une fois je vais faire un post sur le TAS (Thèse, Analyse, Synthèse).
Et apporter un peu de [s]photo[/s] lumière.

Alain Korkos a à la fois raison et tord.
C’est un paradoxe apparent du seulement à un quiproquos sémantique pour certains et à un malentendu sur les mots pour d’autres.
Les photos oui… La une non !
Il ne faut pas confondre le témoignage pour l’Histoire avec le témoignage de l’histoire.
L’Histoire est pour les historiens qui travaille dans le respect et la mémoire des faits… Ils sont dans l’apathies conflictuelles.
Pour eux qu’importe que la photo montre le cadavre d’une fillette suite à un bombardement ou suite à un tremblement de terre. La photo est là pour illustrer leurs propos (comme Kim la petite vietnamienne qui est devenu une icône de la guerre du vietnam.). Ils cherchent à témoigner de la réalité des faits…

L’histoire quotidienne de l’actualité est pour les journalistes qui travaillent dans l’urgence et désirent le scoop et le prix Pulitzer. Ils travaillent dans l’urgence et veulent témoigner de ce qu’ils voient.

La photo n’est qu’un vecteur d’une partie de l’information…
Pour en comprendre toutes sa quintessence il faut la réceptionner et la décrypter.
La réception se fait par l’intermédiaire d’un média : télé, quotidien, magazine, net, buzz (souvent plus proche de la rumeur que de l’information).
Le décryptage se fait avec son cerveau ; son humeur ; son empathie et surtout sa sympathie pour l’un ou l’autre des belligérants.

La photo du cadavre de la fillette aurait pu aussi bien être prise suite à un tremblement de terre… Le décryptage du lecteur aurait été tout autre, même avec cet photo à la une.

Qui a raison sur le fond et qui a raison sur la forme…
L’un a raison sur le fond et l’autre sur la forme…

On peut voir sur la toile les pro-ceci et les anti-cela (ou vice versa) trouver des significations contradictoires selon leurs décryptages.
Je ne reviendrai pas sur cet aspect du problème largement commenté sur le web, que se soit du côté Israélien (l’enfant n’est pas mort, il simule) que du côté palestinien (explosion d’un camion en 2005 réactualisé en bombardement en 2009).

Des photos oui, mais pour illustrer l’Histoire ou illustrer l’histoire d’un article de fond.
Pas de photos chocs à la une pour vendre du papier…
Il est indécent de vendre du papier et de l’encre, en exhibant le sang à la une.

Continuer Monsieur Alain Korkos et carton rouge pour le nouveau Directeur de Publication qui ne fait pas l’unanimité.
Rappelons que c’est le régime stalinien qui a « inventé » le principe, de diffusion massive, des photos [truquées et/ou retouchées] pour accroître son hégémonie sur la masse prolétarienne
Il eut fallu des AK [Alain Korkos et non des AK 47] pour changer la face du monde d’aujourd’hui.

Comme je l’ai écrit par ailleurs, l’image, la photo est une arme hallebarde (à double tranchant) selon son utilisateur… le lecteur qui analyse ou le vecteur qui paralyse.

Quand aux @sinautes, rester dans l’analyse sur la forme et ne tombez pas dans une extase d’empathie sur le fond.

Eric Berrne
C'est tout ?
Moi aussi, je suis d'accord avec Korkos pour une fois....je pense comme lui que c'est contre productif de montrer certaines photos...j'ai été choqué par cette photo là et d'ailleurs j'en ai voulu à Alain quand il l'a ostensiblement montrée à la fin de la dernière émission.

Je n'ai pas envie de voir des photos comme celle là pour la même raison qui fait que je n'ai pas envie de voir des décapitations d'otages en Irak (je l'ai fait une fois et ça m'a suffit...) ou je ne sais quelle autre horreur. Ca ne fait pas de moi quelqu'un d'insensible au sort des palestiniens de Gaza. Je n'ai pas besoin de voir cette photo pour comprendre ce que ça veut dire quand j'entends que de nombreux enfants ont été tués...Ma réaction devant cette photo à été une réaction instinctive de rejet et de dégoût et de colère envers ceux qui la montrent: je me sens insulté par la personne qui sous-entend que j'ai besoin qu'on me montre cette photo pour me sensibiliser au drame qui se déroule...Maintenant, d'autres personnes peuvent avoir une autre réaction sur cette photo en particulier, chacun sa sensibilité.... Mais je crois vraiment qu'on ne peux pas imposer au regard de gens qui ne s'y attendent pas, n'importe quelle image.
Je voulais juste, moi aussi, vous faire partager une image, celle qui reste de la Palestine aujourd'hui...

Elle se passe de commentaire.

http://2.bp.blogspot.com/_NfQcLqcrR7Y/SW2D9kPw0KI/AAAAAAAAAi0/LxVmVNApnvs/s1600-h/arton1002.jpg
Et bien moi je n'etais pas d'accord avec les arguments d'Alain Korkos, et bien plus d'accord avec la lettre de l'huma. On peut decrire l'effet que provoque une image sans incriminer l'image, ce qui est une attitude infantile. Sans parler de l'attitude qui consiste a s'en prendre au messager. Que je sache les journalistes ne paient pas Tsahal pour nous faire de l'art, une sorte de Witkin au style industriel... il ne s'agit pas de cela. et je considere en plus qu'il faut un certain courage pour publier ces photos dans le climat actuel.
Je pense qu'Alain Korkos a tout à fait raison d'incriminer ces images, de décrire le phénomène de "fascination-tétanisation" qu'une telle image provoque.


http://anthropia.blogg.org
Je trouve le sujet du traitement des images de l'horreur tout à fait passionnant, et au fil des débats (certains des plus éclairants d'ASI, bravo, quel anniversaire), j'en viens à penser qu'Alain Korkos a eu raison de mettre les pieds dans le plat et d'enfoncer le clou.

Cette guerre est abjecte, il n'est pas question d'en douter ou de vouloir fermer les yeux. Cette guerre est abjecte, toutes les guerres le sont, il n'est pas besoin de photos pour le savoir. D'ailleurs il existe bien d'autres moyen pour informer les citoyens et éveiller des consciences que de faire des photos ; le texte, la parole, me semblent bien plus efficaces et constructifs -- encore faut-il trouver les mots, et c'est une autre histoire !

Les photos de Gaza, par leur violence quasi-sacrée, ne peuvent, en nous rendant juges de l'horreur, que nous en rendre aussi complices. Et c'est assez pervers, car elles n'assument pas le tabou, mais ne l'abandonnent pas non plus. Elles nous disent "regardez comme c'est irregardable, je vais vous montrer l'immontrable, des enfants déchiquetés, des corps mutilés et sanguinolants, tordus par la douleur".

Et du coup, comme c'est le mode favori d'information ces temps ci, je m'en sens de plus en plus anésthésiée. L'habitude de voir des massacres en direct, des bébés sacrifiés au théâtre, des scènes de violence en vidéo fait que, peu à peu, nous perdons pied avec le choc que tout cela devrait provoquer et que le témoignage se floute peu à peu avec des scènes de fiction, dans un brouillard dont seule la parole, les récits et les textes pourraient nous faire sortir.
L'Huma avait-elle mis en première page, il y a quelques années, une photo des morceaux du policier israélien dépecé par des manifestants palestiniens en furie ?

(Accord avec Rimbus, qui a posté presque en même temps que moi)

"Avant de savoir qui nous sommes, il nous faut descendre dans la rue, choisir notre camp, nous qui n’avons même pas eu le temps de nous choisir, épouser les passions d’autrui, nous qui connaissons à peine les nôtres, discerner le juste et l’injuste – et en grande hâte, car avant le soir, le juste vainqueur sera injuste à son tour"

Morvan Lebesque
oui, enfin si par malheur une rocket du Hamas avait tué un enfant israëlien (ce qui pourrait arriver), et qu'on en fasse la une d'un journal, qu'est ce que cela aurait démontré ? que les arabes sont des salauds ? que les juifs sont de pauvres victimes ?
cette polémique est ridicule. Dans une guerre tous les combattants sont des monstres potentiels.
Je suis avec monsieur KA !
Certes, certes... N'empêche... Cette photo en une continue de me choquer profondément. Une photo de la détresse des victimes m'aurait touchée, alors que ce cadavre d'enfant en gros plan me donne des hauts le cœur dès que je le vois. Je ne sais pas quoi en penser. Je n'arrive pas à arrêter franchement mon point de vue sur cette question.
Une chose est sure, c'est que je trouve exagéré de dire que M. Krokos a fait "fausse route". Son raisonnement est polémique, peut-être provocateur, mais il nous pousse à nous interroger, à remettre en question les images qui nous passent sous les yeux, à ne pas les consommer passivement, à faire lire sa chronique à nos amis pour en débattre avec eux. C'est bien ce que nous attendons d'@si, non ? Ce pour quoi nous avons renouvelé nos abonnements ?
Cher M. Korkos, continuez à nous agiter les neurones, puisque c'est votre métier. Et merci pour ça.
Cette histoire m'a donné envie de m'abonner à l'huma, je le ferai dès que j'aurais un peu d'argent de côté!
Ah là là ! Quand je vous disais qu'il faut jamais chatouiller les tigres - même en papier. Où je me rigole, c'est quand il écrit l'Apel (merde ! mon Mac) que "la photo de presse (...) a une fonction de témoignage historique"... Il a pas dû entendre parler des escouades de gouacheurs qui, à l'Huma même, retouchaient les photos pour faire disparaître les inconvenants... sur le modèle de "l'avenir radieux" qui déployait ses rayons à l'Orient rouge. Remarquez, y'a du juste : ce fut bien propre à "réveiller des consciences assoupies"...
Cher Patrick
Chère Rédaction,
Chers @sinautes

La photo de presse a, bien entendu, une fonction de témoignage historique et peut réveiller des consciences assoupies.


Merci pour ces propos.
Une photo raconte mieux que des mots de ce qui se passe que ce soit à Gaza au Vietnam ou ailleurs.
Et si elle dérange et réveille des consciences (comme le souvenir de la guillotine de Daniel doit réveiller le gouvernement) et bien c'est tant mieux.
C'est l'histoire de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours qui a mangé le facteur....
La boucle est bouclée.
Maintenant, puissent ceux qui en ont le pouvoir, faire leur possible pour que s'arrêtent au plus vite les massacres de la bande de Gaza.
Et ailleurs, évidemment, si les journalistes veulent bien consacrer certaines de leurs Unes aux autres conflits... bref occuper le terrain, en quelque sorte.
Ou tenter de le faire, et le signaler haut et fort quand ce n'est pas le cas, comme l'interdiction de journalisme par Israël actuellement.
Ça nous changera des bagouzes à 15000 euros et des robes hors de prix de la ministre de l'Injustice.
Et ça fera moins de conneries à décrypter, moins de miettes que les journalistes retardataires s'empresseront de ramasser servilement.
Je crois que c'est tout pour l'instant.
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