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"La fausse route d'Alain Korkos"

Après la "lettre ouverte à Pierre Laurent" publiée sur le site le 10 janvier par notre chroniqueur Alain Korkos, et qui protestait contre la publication à la Une de l'Humanité d'une photo d'un visage de fillette palestinienne émergeant de gravats, nous avons reçu la réponse suivante de Patrick Apel-Muller, directeur de la rédaction de l'Humanité.

Derniers commentaires

Il y a une constante d'ordre général chez vous Alain : votre obsession à vouloir toujours analyser le choix graphique d'une photographie en la comparant systématiquement soit à une autre photographie connue où à une peinture ou encore une mise en scène de BD en principe connue. Cette intellectualisation de l'esthétique d'une photographie de reportage me semble complètement déplacée. Alain, vous venez du monde du dessin et ce n'est pas parce que la photographie à la graphie (écriture) en commun avec le dessin que tout en photographie est comparable à des oeuvres pensées, préméditée. Que ce soit un tableau ou un dessin l'auteur à le temps pour lui et même le photographe qui a pris cette photographie très célèbre de la petite colombienne – qui vous sert de comparaison – a eu le temps pour attendre et composer, la pauvre gamine a mis plusieurs heures pour mourir ensevelie.

Vous parlez de photographie de reportage en lui donnant bien trop d'importance intellectuelle de créateur bien loin du terrain sur lequel se trouve le photographe, les mains dans le cambouis. Trop souvent vous faites des comparaisons entouré de vos connaissances sur l'art alors que bien souvent sur le terrain, le photographe ne pense qu'à une chose : ce qu'il voit, comment en rendre compte, comment rendre son image lisible. Pour cela il n'a en général qu'un dixième de seconde ou au mieux guère plus de cinq secondes, il n'a pas le temps d'aller chercher dans ses références culturelles ce qui a été déjà fait tant en photographie, qu'en peinture, en dessin pour composer son image en référence à untel ou unetelle. Et surtout, le photoreporter a une personnalité, forte en général, qui lui permet de se passer de référence pour nous imposer un regard qui nous force à nous interroger.

Je vous invite à regarder le film suisse "War Photographer" sur James Nachtwey, vous verrez comment il travaille sur le terrain et de combien il était loin de sa bibliothèque quand il photographiait les conflits qu'il a couvert et à quel point ce qu'il photographiait l'absorbait et à quel point lors du tirage de ses photos il voulait absolument retrouver sa sensation du moment sans référence à qui que ce soit.

Le photoreportage est un art dans le sens de "métier" pas dans le sens "d'objet pour galeriste bourgeois."

Je vous vois venir : "je ne parle pas de la photo elle même mais du choix de cette photo, ce qui est très différent" me diriez-vous. Justement non. Le choix correspond à ce qui représente au mieux ce que voulait montrer le photographe dans cette situation précise sans alourdir l'image de références parasites comme vous l'avez fait avec la photo de la petite colombienne.

Donc Alain, continuez à nous parler des photographies longuement pensées, construites et mises en scène par des Avedon, Moon, etc... avec toutes les références culturelles qui vont très bien avec. C'est un plaisir, c'est très enrichissant mais pour la photo de reportage ne vous aventurez pas dans cette même intellectualisation qui est hors sujet en l'espèce car elle répond d'un instinct qu'il est vain d'expliquer.
Un seul remède- radical- contre le communisme: Mélenchon.
Pour plus d' information sur les Palestiniens je conseille ce site en anglais: www.seconddraft.org/movies.php
Il faut avoir voyagé en Palestine pour savoir que les palestiniens veulent la paix. Car ce ne sont pas les médias qui vous le diront, vous devriez tous le savoir.

Les palestiniens pourraient s'asseoir pour discuter de la paix si on ne leur enlevait pas à tout prix le siège juste avant qu'ils le fassent.

Quelle culture de paix ont les israéliens pour prétendre être les victimes ?
http://photos1.blogger.com/blogger/724/3197/320/israeli%20girls%20indoctrinated%201.jpg
http://photos1.blogger.com/blogger/724/3197/320/israeli%20girls%20indoctrinated%202.jpg
Ces photos datent des attaques meurtrières israéliennes (encore et toujours) sur le Liban en 2006.

Alain Korkos est un ignorant, je n'arrive pas à comprendre ce qu'il fait à @si, sauf à témoigner de la lâcheté des hommes. Les lâches s'attaquent toujours aux résistants et surtout, diable jamais, aux puissants. Cela s'appelle l'impuissance.
Voici un document à verser au dossier.

Pas de sang. Pas d'image non plus. Si ce n'est celle de ce journaliste israélien bouleversé par la détresse de son correspondant.

Et pourtant, tout l'argumentaire de M. Korkos peut s'appliquer : il choque, on est paralysé par son horreur, on ne raisonne plus, il donne des hauts-le-coeur, il produit de l'excitation vengeresse...

Question : la TV israélienne a-t-elle prémédité cette séquence "pour sensibiliser le chaland aux atrocités qui se déroulent à Gaza" ?

N'est-ce pas tout simplement pas l'horreur qui s'invite elle-même en "une", sans demander d'autorisation ou attendre d'y être conviée ?

Une question subsidiaire : maintenir un peuple dans la souffrance et dans l'humiliation, n'est-ce pas un non-sens politique, sans issu à terme ?

PatriceNoDRM
http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5113958
Allez Korkos, au boulot !
http://www.slide.com/r/QCS-HogItz9RFAU-sfG2Rx4kcL1aw6v-
[large]" Parle si tu as des mots plus forts que le silence, ou garde le silence."[/large]



C'est une autre version (Euripide), que celle de Souleimane, l'élève rebelle d'"Entre les murs" mais c'est la même idée.

C'est aussi ce que je m'efforce de faire, personnellement, tout particulièrement à propos de sujets d'actualité comme celui qui nous préoccupe ici.

Mais il est plus difficile de se taire que de dire tout et n'importe quoi, surtout lorsque le bruit de notre insignifiance est couvert par celui des bombes, des roquettes, des missiles, des sirènes d'ambulance, des cris de femmes, d'enfants, d'adultes meurtris, amputés, agonisant dans leur sang. Là-bas, au loin. Et pourtant si proche.

Si nous, ici, n'avons que nos claviers, nos écrans et nos mots pour combattre l'absurdité de la haine guerrière, alors prenons garde de ne pas nous en servir comme d'une mitraillette à balles virtuelles. La fureur guerrière est telle qu'on ne s'entend plus, parfois. Déjà qu'on ne se voit pas ! On va finir par ne plus "se sentir".
« Les photos de reportage sont très souvent des photographies unaires (la photo unaire n’est pas forcément paisible).

Dans ces images, pas de punctum : du choc – la lettre peut traumatiser -, mais pas de trouble : la photo peut « crier », non blesser. Ces photos de reportage sont reçues (d’un seul coup), c’est tout. Je les feuillette, je ne les remémore pas : en elles, jamais un détail (dans tel coin) ne vient couper ma lecture : je m’y intéresse (comme je m’intéresse au monde), je ne les aime pas. »

« La chambre claire, Note sur la photographie »

par Roland Barthes
Le point de vue d'un médecin français à Gaza qui fait l'inventaire de ses outils.......

http://www.lefigaro.fr/international/2009/01/14/01003-20090114ARTWWW00632-a-gaza-un-medecin-francais-raconte-lhorreur.php

En attendant de savoir si les prochaines ...photos ....seront un peu molles ou un peu dures...
Bonjour à tous.
Je suis désolé de poster ce message dans un forum de discussion où il n'a pas sa place, mais sur le moment je ne vois pas d'autre endroit.
Je ne sas où le poster, je ne sais où l'envoyer mais j'ai trouvé çà:
http://www.marianne2.fr/Affaire-Dray-quand-le-journalisme-devient-nauseabond_a173760.html
et surtout:
"Comme son journaliste champion du scoop judiciaire toutes catégories confondues est dans une relation privée privilégiée avec une magistrate au parfum des affaires, on suppose que le dit Est républicain ne s’est pas beaucoup dérangé… "

C'est un Edito de P. Cohen: çà peut-être du contenu inventé ou interprété, mais cela remet quelque peu en question la manière dont le journaliste s'est procuré l'info...

Serait-il important de le rajouter au "Vite dit et gratuit", en complément de votre annonce sur Dray et la Une de l'EST républicain ?

Je renouvelle mes excuses et vous souhaite, même 15j en retard, mes meilleurs vœux aux asinaute et à @SI.
Peut-être qu'un modérateur rangera ce post dans un contenu qui lui est propre (corbeille?)
Apel-Muller se prend un peu les pieds dans le tapis en disant que la chronique d'Alain Korkos fait parti de l'écho positif rencontré par cette photo. L'objectif est donc qu'on en parle, peu importe ce qu'on en dit?
Phrase sortie de la bouche d'Alain Korkos il y a moins d'une semaine pendant l'émission d'ASI:
"Si une guerre éclate au Congo tout le monde va y aller et ramener des images"

Cette ignorance doublée d'une prédiction aussi hasardeuse qu'inexacte me laisse admiratif.
Pourtant il avait bien révisé sa leçon d'histoire sur le Vietnam pour tenter de défendre une autre chronique douteuse.
J'ai l'impression qu'il est passionné d'histoire(s).
Probable que dans quelques décennies il sera en mesure "d'analyser" les images de massacres qui se déroulent en ce moment.
Il eut fallu des AK [Alain Korkos et non des AK 47] pour changer la face du monde d’aujourd’hui.
Certes !

Mais... Ne starisez pas Alain Korkos, il est trop bien pour mériter ça...
Monsieur,

Vous m'accusez de lancer une opération de basse polémique. Je comprends bien qu'en tant que directeur de la rédaction de l'Humanité vous ne puissiez vous déjuger, je comprends votre position. A votre tour, comprenez la mienne qui est d'apporter un autre éclairage sur cette image, comme sur d'autres. Encore vous avais-je fait grâce de cette interrogation : à part des hauts-le-coeur, cette photographie (qui à ma connaissance ne fut reprise par aucune autre Une de quotidien) produit-elle autre chose que de l'excitation vengeresse, de cette excitation qui dure depuis plus de trente ans et accumule les cadavres ?

Je ne suis pas journaliste politique. Et je trouve symptomatique que vous me parliez, dans votre réponse, de la nature de ce conflit. Je le répète, tel n'est pas mon propos ni mon ambition. Si cette photo avait été prise sur le théâtre d'un autre conflit actuel aussi médiatisé que la guerre de Gaza, ma réaction aurait été la même. Car il s'agit ici de morale de l'image.

Si je me mets à votre place, si j'entre dans votre discours, qui va prendre la mienne ?
A chacun son rôle. Le mien est d'interroger les photographies.
Défendez vos idées politiques avec les moyens que vous jugez utiles, mais laissez-moi cette liberté de vous dire que vous n'employez pas les bons outils, laissez-moi vous dire que vous avez manqué votre but. Vous parliez de l'écho qu'a provoqué cette Une. L'écho n'est rien d'autre que du bruit. Surtout pas du sens.
Cherchons le sens.
Je reste choqué. De quel droit des gens que je ne connais pas, un journal que je n'achete pas, s'autorisent-ils a faire parvernir a mes yeux une telle abomination, a ma conscience une telle horreur.
N'ais-je pas le droit de rester indiférent a la misere du monde? J'irai jusqu'ou AK n'a pas été: cette photo est un viol de ma tranquilité d'esprit.
Comme disait Coluche dans un de ses sketchs, je n'arrive pas a m'intéresser. Et c'est mon droit.
Mais ou iront-ils encore pour suciter la compassion ou extraire les gens de leur aliénation quotidienne!
Arretez, et laissez-nous cultiver notre jardin.
Le projet de L’Humanité était un cri, une alerte, une alarme, en utilisant une photo “choc” en un jour donné. Effectivement. Personne ne le nie.

Reste toujours cette question « qu'est-ce qui est insupportable en vérité ? », « qu'est-ce qui doit en premier lieu soulever l'indignation ? » : la réalité ? l'acte meurtrier qui a causé cette réalité ? ou sa représentation ?
Bien sûr que personne n'est obligé de la regarder fixement, de la contempler, cette photographie. Probablement suffit-il de l'avoir entraperçue du coin de l'œil, une seule fois. Peut-être suffit-il d'en avoir entendu parler.
Normal quelle nous fasse réagir, qu'elle nous écœure, d'une manière ou d'une autre. Manquerait plus que ça.
D'aucuns, qui s'indignent qu'ont l'ai publiée en "une", ajoutent contradictoirement : « En fait ça ne me fait plus rien, on nous en a trop montré ! » Comprends pas !?…

Avec Face2Face, Alain Korkos en appelle - ici et maintenant - à une représentation bisounours du conflit : c'est surréaliste !
Des enfants - et toutes sortes de non combattants - meurent, et on va montrer des gens sachant faire les mêmes grimaces rigolotes de chaque côté du mur…
Nous n'avons pas le même sens de l'obscénité.

Face2Face était et reste un excellent et courageux projet. Rien à dire. Comme d'autres, je ne peux que l'approuver. Une vraie tentative pour la paix. Tout à fait utile quand les gens ne se foutent pas sur la gueule, pour leur montrer que, s'ils recommencent, ils vont frapper leur semblables. Le signe d'égalité entre colonisateurs et colonisés est un peu trompeur, il est vrai, mais il faut parfois un peu d'illusion pour oser faire les premiers pas. Il faudra reprendre ce genre d'initiative - ou d'autres (l'orchestre de Barenboim) - après.
Bien sûr que nous voudrions voir les imams, les rabbins et les prêtres chrétiens courir tous nus en se donnant la main et en chantant des louanges à Dieu dans les vertes prairies de l'espérance. Non, pas tous nus ? Ah bon : dommage…

Bizarrement - je ne sais pas pourquoi, une sorte d'intuition - quelque chose me dit que ce n'est pas vraiment le moment.
Et puis, Alain, en quoi l'initiative Face2Face a-t-elle mis obstacle à ce qui se passe aujourd'hui ? Si la photographie (humaniste) n'empêche pas une guerre, sur quoi vous fondez-vous pour l'estimer positive, en usant de votre philosophie ?

Moi, je (re)dis que - pour sa chronique - Alain Korkos n'a pas bossé sérieusement. il s'est contenté de soulever le problème du dégoût, dans lequel beaucoup ont pu se reconnaître pour diverses raisons. « Le maître dit que c'est dégoûtant. Je suis - spontanément ou pas - dégoûté. J'ai donc eu le bonheur de partager le point de vue du maître. Arrêtons là la réflexion. »
Une question pour Patrick Apel-Muller: La famille de la victime a-t-elle été consultée pour publication de cette photographie ? Touche-t-elle des droits ?
Pour une fois je vais faire un post sur le TAS (Thèse, Analyse, Synthèse).
Et apporter un peu de [s]photo[/s] lumière.

Alain Korkos a à la fois raison et tord.
C’est un paradoxe apparent du seulement à un quiproquos sémantique pour certains et à un malentendu sur les mots pour d’autres.
Les photos oui… La une non !
Il ne faut pas confondre le témoignage pour l’Histoire avec le témoignage de l’histoire.
L’Histoire est pour les historiens qui travaille dans le respect et la mémoire des faits… Ils sont dans l’apathies conflictuelles.
Pour eux qu’importe que la photo montre le cadavre d’une fillette suite à un bombardement ou suite à un tremblement de terre. La photo est là pour illustrer leurs propos (comme Kim la petite vietnamienne qui est devenu une icône de la guerre du vietnam.). Ils cherchent à témoigner de la réalité des faits…

L’histoire quotidienne de l’actualité est pour les journalistes qui travaillent dans l’urgence et désirent le scoop et le prix Pulitzer. Ils travaillent dans l’urgence et veulent témoigner de ce qu’ils voient.

La photo n’est qu’un vecteur d’une partie de l’information…
Pour en comprendre toutes sa quintessence il faut la réceptionner et la décrypter.
La réception se fait par l’intermédiaire d’un média : télé, quotidien, magazine, net, buzz (souvent plus proche de la rumeur que de l’information).
Le décryptage se fait avec son cerveau ; son humeur ; son empathie et surtout sa sympathie pour l’un ou l’autre des belligérants.

La photo du cadavre de la fillette aurait pu aussi bien être prise suite à un tremblement de terre… Le décryptage du lecteur aurait été tout autre, même avec cet photo à la une.

Qui a raison sur le fond et qui a raison sur la forme…
L’un a raison sur le fond et l’autre sur la forme…

On peut voir sur la toile les pro-ceci et les anti-cela (ou vice versa) trouver des significations contradictoires selon leurs décryptages.
Je ne reviendrai pas sur cet aspect du problème largement commenté sur le web, que se soit du côté Israélien (l’enfant n’est pas mort, il simule) que du côté palestinien (explosion d’un camion en 2005 réactualisé en bombardement en 2009).

Des photos oui, mais pour illustrer l’Histoire ou illustrer l’histoire d’un article de fond.
Pas de photos chocs à la une pour vendre du papier…
Il est indécent de vendre du papier et de l’encre, en exhibant le sang à la une.

Continuer Monsieur Alain Korkos et carton rouge pour le nouveau Directeur de Publication qui ne fait pas l’unanimité.
Rappelons que c’est le régime stalinien qui a « inventé » le principe, de diffusion massive, des photos [truquées et/ou retouchées] pour accroître son hégémonie sur la masse prolétarienne
Il eut fallu des AK [Alain Korkos et non des AK 47] pour changer la face du monde d’aujourd’hui.

Comme je l’ai écrit par ailleurs, l’image, la photo est une arme hallebarde (à double tranchant) selon son utilisateur… le lecteur qui analyse ou le vecteur qui paralyse.

Quand aux @sinautes, rester dans l’analyse sur la forme et ne tombez pas dans une extase d’empathie sur le fond.

Eric Berrne
C'est tout ?
Moi aussi, je suis d'accord avec Korkos pour une fois....je pense comme lui que c'est contre productif de montrer certaines photos...j'ai été choqué par cette photo là et d'ailleurs j'en ai voulu à Alain quand il l'a ostensiblement montrée à la fin de la dernière émission.

Je n'ai pas envie de voir des photos comme celle là pour la même raison qui fait que je n'ai pas envie de voir des décapitations d'otages en Irak (je l'ai fait une fois et ça m'a suffit...) ou je ne sais quelle autre horreur. Ca ne fait pas de moi quelqu'un d'insensible au sort des palestiniens de Gaza. Je n'ai pas besoin de voir cette photo pour comprendre ce que ça veut dire quand j'entends que de nombreux enfants ont été tués...Ma réaction devant cette photo à été une réaction instinctive de rejet et de dégoût et de colère envers ceux qui la montrent: je me sens insulté par la personne qui sous-entend que j'ai besoin qu'on me montre cette photo pour me sensibiliser au drame qui se déroule...Maintenant, d'autres personnes peuvent avoir une autre réaction sur cette photo en particulier, chacun sa sensibilité.... Mais je crois vraiment qu'on ne peux pas imposer au regard de gens qui ne s'y attendent pas, n'importe quelle image.
Je voulais juste, moi aussi, vous faire partager une image, celle qui reste de la Palestine aujourd'hui...

Elle se passe de commentaire.

http://2.bp.blogspot.com/_NfQcLqcrR7Y/SW2D9kPw0KI/AAAAAAAAAi0/LxVmVNApnvs/s1600-h/arton1002.jpg
Et bien moi je n'etais pas d'accord avec les arguments d'Alain Korkos, et bien plus d'accord avec la lettre de l'huma. On peut decrire l'effet que provoque une image sans incriminer l'image, ce qui est une attitude infantile. Sans parler de l'attitude qui consiste a s'en prendre au messager. Que je sache les journalistes ne paient pas Tsahal pour nous faire de l'art, une sorte de Witkin au style industriel... il ne s'agit pas de cela. et je considere en plus qu'il faut un certain courage pour publier ces photos dans le climat actuel.
Je pense qu'Alain Korkos a tout à fait raison d'incriminer ces images, de décrire le phénomène de "fascination-tétanisation" qu'une telle image provoque.


http://anthropia.blogg.org
Je trouve le sujet du traitement des images de l'horreur tout à fait passionnant, et au fil des débats (certains des plus éclairants d'ASI, bravo, quel anniversaire), j'en viens à penser qu'Alain Korkos a eu raison de mettre les pieds dans le plat et d'enfoncer le clou.

Cette guerre est abjecte, il n'est pas question d'en douter ou de vouloir fermer les yeux. Cette guerre est abjecte, toutes les guerres le sont, il n'est pas besoin de photos pour le savoir. D'ailleurs il existe bien d'autres moyen pour informer les citoyens et éveiller des consciences que de faire des photos ; le texte, la parole, me semblent bien plus efficaces et constructifs -- encore faut-il trouver les mots, et c'est une autre histoire !

Les photos de Gaza, par leur violence quasi-sacrée, ne peuvent, en nous rendant juges de l'horreur, que nous en rendre aussi complices. Et c'est assez pervers, car elles n'assument pas le tabou, mais ne l'abandonnent pas non plus. Elles nous disent "regardez comme c'est irregardable, je vais vous montrer l'immontrable, des enfants déchiquetés, des corps mutilés et sanguinolants, tordus par la douleur".

Et du coup, comme c'est le mode favori d'information ces temps ci, je m'en sens de plus en plus anésthésiée. L'habitude de voir des massacres en direct, des bébés sacrifiés au théâtre, des scènes de violence en vidéo fait que, peu à peu, nous perdons pied avec le choc que tout cela devrait provoquer et que le témoignage se floute peu à peu avec des scènes de fiction, dans un brouillard dont seule la parole, les récits et les textes pourraient nous faire sortir.
L'Huma avait-elle mis en première page, il y a quelques années, une photo des morceaux du policier israélien dépecé par des manifestants palestiniens en furie ?

(Accord avec Rimbus, qui a posté presque en même temps que moi)

"Avant de savoir qui nous sommes, il nous faut descendre dans la rue, choisir notre camp, nous qui n’avons même pas eu le temps de nous choisir, épouser les passions d’autrui, nous qui connaissons à peine les nôtres, discerner le juste et l’injuste – et en grande hâte, car avant le soir, le juste vainqueur sera injuste à son tour"

Morvan Lebesque
oui, enfin si par malheur une rocket du Hamas avait tué un enfant israëlien (ce qui pourrait arriver), et qu'on en fasse la une d'un journal, qu'est ce que cela aurait démontré ? que les arabes sont des salauds ? que les juifs sont de pauvres victimes ?
cette polémique est ridicule. Dans une guerre tous les combattants sont des monstres potentiels.
Je suis avec monsieur KA !
Certes, certes... N'empêche... Cette photo en une continue de me choquer profondément. Une photo de la détresse des victimes m'aurait touchée, alors que ce cadavre d'enfant en gros plan me donne des hauts le cœur dès que je le vois. Je ne sais pas quoi en penser. Je n'arrive pas à arrêter franchement mon point de vue sur cette question.
Une chose est sure, c'est que je trouve exagéré de dire que M. Krokos a fait "fausse route". Son raisonnement est polémique, peut-être provocateur, mais il nous pousse à nous interroger, à remettre en question les images qui nous passent sous les yeux, à ne pas les consommer passivement, à faire lire sa chronique à nos amis pour en débattre avec eux. C'est bien ce que nous attendons d'@si, non ? Ce pour quoi nous avons renouvelé nos abonnements ?
Cher M. Korkos, continuez à nous agiter les neurones, puisque c'est votre métier. Et merci pour ça.
Cette histoire m'a donné envie de m'abonner à l'huma, je le ferai dès que j'aurais un peu d'argent de côté!
Ah là là ! Quand je vous disais qu'il faut jamais chatouiller les tigres - même en papier. Où je me rigole, c'est quand il écrit l'Apel (merde ! mon Mac) que "la photo de presse (...) a une fonction de témoignage historique"... Il a pas dû entendre parler des escouades de gouacheurs qui, à l'Huma même, retouchaient les photos pour faire disparaître les inconvenants... sur le modèle de "l'avenir radieux" qui déployait ses rayons à l'Orient rouge. Remarquez, y'a du juste : ce fut bien propre à "réveiller des consciences assoupies"...
Cher Patrick
Chère Rédaction,
Chers @sinautes

La photo de presse a, bien entendu, une fonction de témoignage historique et peut réveiller des consciences assoupies.


Merci pour ces propos.
Une photo raconte mieux que des mots de ce qui se passe que ce soit à Gaza au Vietnam ou ailleurs.
Et si elle dérange et réveille des consciences (comme le souvenir de la guillotine de Daniel doit réveiller le gouvernement) et bien c'est tant mieux.
C'est l'histoire de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours qui a mangé le facteur....
La boucle est bouclée.
Maintenant, puissent ceux qui en ont le pouvoir, faire leur possible pour que s'arrêtent au plus vite les massacres de la bande de Gaza.
Et ailleurs, évidemment, si les journalistes veulent bien consacrer certaines de leurs Unes aux autres conflits... bref occuper le terrain, en quelque sorte.
Ou tenter de le faire, et le signaler haut et fort quand ce n'est pas le cas, comme l'interdiction de journalisme par Israël actuellement.
Ça nous changera des bagouzes à 15000 euros et des robes hors de prix de la ministre de l'Injustice.
Et ça fera moins de conneries à décrypter, moins de miettes que les journalistes retardataires s'empresseront de ramasser servilement.
Je crois que c'est tout pour l'instant.
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