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Fin de vie : un débat à mi-mots

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Mon père, en fin de vie mais non encore hospitalisé, avait demandé à son cancérologue et son généraliste ce qu'il pouvait faire. "Mettre un cierge!". Il m'avait dit qu'il saurait quoi faire lorsque ça deviendrait insupportable... et il l'a fait, du h(...)

 "L' Eglise manifeste toujours la même froide prétention à imposer ses dogmes à toute la population "


TOUT est dit.


Autrefois , il n'y avait que le catholicisme qui nous emmerdait, désormais ce sont les trois religions monothéistes ...


( Par ailleu(...)

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"Polémique bidon sur l'euthanasie dans les Ehpad" ?  Rien de bidon, il vous suffit de questionner une poignée d'infirmières sélectionnées au hasard pour le savoir. Elles vous apprendraient entre autres choses que non seulement la pratique est courante mais qu'elle est encadrée par un comité d'éthique, que la famille est associée à ses préconisations et qu'elle a le mot final. 


Et il n'y a pas que les Ehpad. 


Mon père a fini ses jours dans une clinique mouroir, structure gériatrique doté d'un énorme service réa, là où on vous entube souvent et où on vous extubre rarement. Dès qu'il y a été admis, on nous a clairement dit qu'il n'en ressortirait pas vivant, qu'on ne pratiquerait pas d'acharnement thérapeutique mais qu'on lui offrirait le maximum de confort jusqu'au trépas. 


Et de fait, 1/2 heure avant son dernier souffle les médecins nous ont expliqué dans le menu détail le protocole de confort consistant à augmenter la dose de morphine jusqu'à l'arrêt cardiaque. Jamais le mot euthanasie n'a été prononcé et c'est logique, puisque c'est illégal. Cinq minute avant l'heure du décès, l'infirmière nous a prévenus que c'était imminent et qu'on pouvait lui tenir la main. 


L'euthanasie, tout le monde la pratique, mais l'hypocrisie interdit d'en parler franchement et en toute transparence. 

D'ailleurs, à titre perso et ne disposant pas des moyens luxueux de Godard pour me l'offrir en version Suisse 3 étoiles, j'ai déjà trouvé la parade en version prolétaire: une bonne overdose d'une drogue mal coupée à m'injecter que j'irai me procurer dans la rue.


La polémique bidon, c'est celle consistant à faire croire que ces pratiques doivent attendre qu'un comité d'éthique national les autorisent pour qu'elles puissent s'exercer. 


Quant à l'Etat et son roitelet amoral Macron, ce n'est pas son rôle de dire ce qui est moral et ce qui ne l'est pas.  Ou alors, l'Etat doit être exemplaire moralement, ce qui relève de l'utopie. 


Enfin, on aurait pu s'éviter cette polémique inutile en rappelant l'existence d'un très beau film qui aborde ce sujet délicat sur le fond et sans tricher: "Les invasions barbares" de Denys Arcand, 2ème volet d'une trilogie sur le déclin en général.     

Croyez vous qu'il existe une compétition entre pays pour ce type de débats ?  Avant de vouloir arriver les premiers il vaut mieux bien définir son but, car ensuite il n'y a pas de demi-tour possible. 

Trop peu de lits de soins palliatifs à l'hôpital, sans parler des disparités selon les départements, trop peu de personnels formés aux soins palliatifs pour intervenir au domicile des patients... Tant que la société ne mettra pas les moyens financiers pour garantir à chaque patient l'accès à des soins palliatifs de qualité, le "droit à l'euthanasie" ne sera rien d'autre qu'un moyen de faire des économies sur le dos des gens. 

Et la manne financière mensuelle de recapitalisation des petits bas de laine de notre population vieillissante et dans la poche de qui elle tombe, on en parle ?

Soutenir l'ADMD (action pour mourir dans la dignité) - 75 000 adhérents en France-  c'est un acte militant et politique

Dans le film de 1973 de Richard Fleischer  : " Soylent Green", la mort de Sol semble idyllique, vivant dans une presque misère, logement délabré, électricité qu'on produit en pédalant, pour pouvoir avoir un peu d'énergie domestique, nourriture en tablette sans goût ni grâce qu'on fait passer pour du plancton : la suite  de son trépas cache une sinistre farce puisqu'il s'agit de nécrophilie industrielle.

L'histoire retiendra que les français, ce peuple qui aime tant à donner des leçons à la terre entière auront été dans le peloton de queue pour :

- Le droit de vote des femmes

- Le droit à la contraception

- Le droit à l'avortement 

- Les droits des homosexuels


Et c'est bien parti pour ce droit élémentaire qui est celui de choisir l'heure et la manière de sa propre mort.


D'abord il faut arrêter de mêler Macron à tous les débats

il a une propension à se renier qui ferait passer St Thomas pour un repère immuable


parlant de ce saint, "l'opposition résolue, même si pas toujours franche, de la mouvance catholique" à la légalisation sous conditions de l'euthanasie à leur même opposition à universaliser la résurrection

Au-delà de l'Eglise catholique, ce sont surtout les soignants en soins palliatifs qui sont inquiets à l'idée d'une nouvelle loi. Ce sont probablement eux que le dernier rapport s'étant positionné contre l'euthanasie ou le suicide assisté (Claeys Leonetti) a pu consulter. Ce sont aussi eux qui pourraient vous renseigner sur les questions techniques que vous posez. Les traiter par le mépris pour s'inquiéter du même phénomène qu'eux au paragraphe suivant semble un peu curieux. 

La retraite , la fin de vie , il a l'intention de faire des économies Macron ! Et quelle délicatesse! En fait c'est un autiste ...


Encore une convention citoyenne. Encore un machin qui ne débouchera sur rien, quoi.

Verbatim de la prochaine video de Macron : "Quoi ? On dépense un pognon de dingues dans les soins palliatifs, et les gens se sentent toujours pas bien !?".

Pour moi, on pourra envisager le « suicide assisté », quand on ne cherchera plus à sauver ceux qui tentent de se suicider.


Simple question de bon sens, mais qui implique de se positionner sur le validisme sous-jacent. 


Si une personne lucide avale une plaquette de somnifères, acceptez-vous de ne pas tenter de la réveiller ?

Dès que macron lance un os les médias courent après même ASI frétille de la queue. Regardons ailleurs pendant la démolition.

a l' hopital  quand des personnes agées et diminuées disaient qu' elles voulaient mourrir , on envoyait l' infirmier(e) en psychiatrie car on les pensait "deprimées" . on confond  epuisement du corps  et de l' esprit  et depression , en demandant aux gens de  se projetter  dans le futur, qui va etre pire ,   de pire en pire , sans remission, puisque l' age n' en   a pas et que le present  n ' est plus "vivable".

 N'oublions pas que  20 pour cent des plus pauvres meurent avant 65 ans .. l' age de la retraite..


après avoir rendu une partie de la population invalide et désespérée en laissant s'infecter tout le monde le gouvernement leur propose une porte de sortie, et c'est pas tout à fait celle qu'on aurait pu attendre.  (et je rigole même pas puisque ce scénario s'est déja produit). Je me faisais insulter quand je parlais d'eugenisme (comme tous les collectifs pro défense  défense sanitaire) mais vous le sentez vraiment pas là le petit parfum? Très serieusement je crois que ça va être aussi la réponse du pouvoir à la catastrophe climatique. (et oui bien sur la question mérite d'être débattue et choisir les conditions de sa mort peut être légitime; mais avec ceux-ci j'ai un petit peu peur.)

À propos de la mort en général, n’y aurait-il pas un changement de perception en France ? L’annonce de la surmortalité de 2003 (15 000 personnes) avait - selon mes souvenirs, je précise - fait les unes des médias. Et, cette année 2022, l’INSEE présuppose que 11 000 personnes au minimum sont mortes à cause des surchaleurs de l’été, dans un silence médiatique ahurissant…

Tombeau


Le noir roc courroucé que la bise le roule
Ne s’arrêtera ni sous de pieuses mains
Tâtant sa ressemblance avec les maux humains
Comme pour en bénir quelque funeste moule.


Ici presque toujours si le ramier roucoule
Cet immatériel deuil opprime de maints
Nubiles plis l’astre mûri des lendemains
Dont un scintillement argentera la foule.


Qui cherche, parcourant le solitaire bond
Tantôt extérieur de notre vagabond –
Verlaine ? Il est caché parmi l’herbe, Verlaine


À ne surprendre que naïvement d’accord
La lèvre sans y boire ou tarir son haleine
Un peu profond ruisseau calomnié la mort.


Stéphane Mallarmé

"Mais le système actuel, qui oblige les candidats à un petit voyage en Suisse ou en Belgique, n'est-il pas aussi "ultra-libéral" ? le Figaro ne pose pas la question". A juste titre puisque cela représente une petite poignée de patients,  la plupart des demandes sont rejetées car beaucoup fantasment un système d'euthanasie rapide qui n'existe pas, pour des cas qui ne peuvent pas rentrer dans le cadre législatif. 

Qui sait si à l'heure de sa mort, une loi votée à ce jour aura toujours cours ? 

Si c'est comme l'âge de la retraite...

Toute ressemblance avec une mort prévue sera fortuite.

Tout cela est S.G.D.G.

Je me demande ce qu'est la mort quand je vois tous ces gens morts sans le savoir et qui jouent aux vivants le sachant.

J’ai souvenir, durant les années violentes de la lutte contre le sida, de l’administration régulière, pour ne pas dire à foison, du cocktail lytique…

Bref, je sais bien que derrière ce débat récurant se cachent les bêtises catholiques, même si il y a séparation de l’église et de l’Etat, la République et Les Lumières.
Bref, au minimum archaïque, au maximum idiote, la France, non ?


"est-il indécent d'imaginer qu'il a pu avoir, dans un coin de sa tête, le tableau Excel des journées d'hospitalisation qu'un assouplissement permettrait d'économiser  ? "


En fait, Bribri l'a emmené au cinéma où il a vu "Soilent green" (Soleil vert en français).


Ça lui a donné des idées.

Mon père, en fin de vie mais non encore hospitalisé, avait demandé à son cancérologue et son généraliste ce qu'il pouvait faire. "Mettre un cierge!". Il m'avait dit qu'il saurait quoi faire lorsque ça deviendrait insupportable... et il l'a fait, du haut d'un pont.

Ma mère a survécu 10 ans, n'évoquant plus que sa jeunesse et me prenant pour sa mère. J'ai fait son deuil de son vivant, en me promettant que mes enfants ne vivraient pas ça...

Je ne sais ce que je ferai - rien peut-être, ayant tout oublié ! - mais je sais l'hypocrisie de notre société. Que de personnes, quand je parlais du suicide de mon père face à leurs condoléances, m'ont "avoué" le suicide d'un proche dont elles n'osaient parler, suicide toujours perturbant pour les proches et les témoins éventuels.

Hypocrisie.

 "L' Eglise manifeste toujours la même froide prétention à imposer ses dogmes à toute la population "


TOUT est dit.


Autrefois , il n'y avait que le catholicisme qui nous emmerdait, désormais ce sont les trois religions monothéistes ...


( Par ailleurs, j'ai cru comprendre que la reine d'angleterre nous avait quittés. Personne n'en parle !  Les journalistes pourraient, quand même, en dire un mot )

Très juste chronique sur l'euphémisation des discours autour de la mort prochaine. 

J'ai personnellement assisté à ce que peuvent être des soins "palliatifs" pour ma belle-mère atteinte d'Alzheimer, qui ne pouvait plus manger, même liquide, sans faire de fausse route: ça a consisté à arrêter de la nourrir. C'est à dire qu'elle est morte de faim et de soif. Et ici, la question du suicide assisté ne pouvait même pas se poser, puisqu'elle était déjà partie intellectuellement parlant (mais qu'en sait-on vraiment..?). 

Je suis pour le suicide assisté, si la personne a le libre-arbitre de cette décision. à 100%. Mais dans notre monde, où si tu n'es pas utile financièrement à la société, ne te pousse-t-on pas vers la sortie? Comment être sûr?

C'est le même débat que pour le congé parental: dans une société qui dit que la mère doit s'occuper de ses enfants (tout en lui reprochant de ne pas rapporter de fric dans le foyer...), quelle mère peut avoir l'assurance qu'il s'agit bien de SON choix intime et convaincu? (je compare la démarche et je parle de libre-arbitre, le vrai, pas le catholique).


Et si tout simplement, on laissait le choix aux personnes concernées, de mourir paisiblement. 

De même, si Emmanuel Macron s'est dit séduit par le modèle belge (avant de faire marche arrière) est-il indécent d'imaginer qu'il a pu avoir, dans un coin de sa tête, le tableau Excel des journées d'hospitalisation qu'un assouplissement permettrait d'économiser  ?


« J’ai décidé de fixer la fin de vie à 66 ans, afin que tous les Français puissent profiter pleinement d’une année complète de retraite. »

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