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Faits divers : le poids des mots et le yo-yo des émotions

Quelle différence, dans un article relatant un meurtre, entre "l'individu" ou "le monsieur" qui l'a commis ? Pourquoi écrire "barbarie" pour parler d'un coup de couteau ? Pourquoi minimiser d'emblée un féminicide en décrivant une "séparation qui a mal tourné" ? Le choix des mots, dans les faits divers, fait faire le yoyo à nos émotions. Au risque de nuire à la dignité des victimes comme des auteurs.

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Drôle de mot employé par Le Télégramme : "il l'électrifie"

Même si elle n'est pas morte, j'aurais employé électrocuter... 

c'est quand-même plus méchant, c'est pas comme s'il voulait construire un réseau, hein.


Bon, j'ai cherché, http://blog.alorth(...)

Superbe article, qui remet le vocabulaire journalistique, rempli de tics et de formules simplistes, à sa place. Mais attention, n'allez pas développer cette brillante analyse sur les plateaux télés : vous allez vous faire ...dépecer !

Et la capture d'écran de tf1 sur un féminicide :


▪ Le corps sans vie d'une sexagénaire a été retrouvé....

▪ À ses côtés, son conjoint, lui aussi mort par balles


- Alors elle, c'est un corps sans vie...

- Et lui, ben... lui aussi est mort par balles


Où l'o(...)

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J'arrive après la bataille mais merci, merci, pour vos articles qui montrent à quel point certaines idées s'infiltrent par tous les moyens possibles, insidieusement et comme les mots deviennent des mots d'ordre (j'ai envie de hurler quand j'entends un présentateur de France Culture reprendre sans aucun recul le terme "ensauvagement" ou "ensauvagé"). Les mots employés sans réfléchir, "innocemment" pour ainsi dire, sont les plus parlants, comme ce fameux "individu" (d'ailleurs on ne l'emploiera jamais pour une femme je pense ?).

Après le féminicide suivi d'un suicide qui a eu lieu devant le tribunal de Montpellier mardi, le Midi Libre titrait hier en Une : « Il l'abat ».

Aujourd'hui un journaliste qui a fait des "recherches" nous fait le portrait d'un monsieur plein de qualités qui avait, peut-être, des raisons d'avoir commis cet acte, la dame voulait le priver de sa maison.
Ça ne serait donc pas lui qui serait à l'origine de cet assassinat,  mais la vente de la maison familiale :

"Quand j'ai appris la nouvelle, je suis tombé des nus", confie l'un de ses voisins. "On n'était pas à faire des repas chez les uns et chez les autres tous les soirs mais on se côtoyait depuis des années et on s'appréciait. Jacques, c'était quelqu'un de gentil, serviable, avenant, jovial."

"Un jour, il m'avait confié que son ex-femme souhaitait la moitié de sa maison mais lui ne voulait pas lâcher le morceau. Ça le travaillait ça. Cette maison appartenait à sa famille et avait pour lui un caractère sentimental fort. Pour moi, il n'a pas supporté l'échéance qui arrivait et a eu un coup de sang."

"Il avait un caractère affirmé. C'était quelqu'un d'opiniâtre mais travailleur, sérieux, investi, engagé"


Pour la dame assassinée, on n'en saura pas plus :

Malgré nos recherches, nous n’en savons pas plus sur le profil de la victime. Même la maire de Montferrier-sur-Lez, Brigitte Devoisselle, où elle résidait, n’a pu nous éclairer. 

Merci. Passionnant encore une fois.

L'ensemble dessine un tableau très orienté. Manifestement, il a été décidé que l'extrême-droite allait accéder au pouvoir. C'est un de ces moments où on voit le véritable pouvoir, en filigrane. A moins d'imaginer que le fait que quasiment tous les médias décident au même moment de caresser l'extrême-droite dans le sens du poil et de reprendre ses mots, ses idées et son vocabulaire soit une coïncidence ?

Je kiffe grave.


Merci de nous montrer que les mots ont un sens, et que ceux qui les utilisent devraient s'en soucier.

J'ai toujours pensé que l'analyse lexicologique des productions journalistiques mériterait une rubrique d'ASI à part entière.

Et la capture d'écran de tf1 sur un féminicide :


▪ Le corps sans vie d'une sexagénaire a été retrouvé....

▪ À ses côtés, son conjoint, lui aussi mort par balles


- Alors elle, c'est un corps sans vie...

- Et lui, ben... lui aussi est mort par balles


Où l'on apprend donc indirectement que "le corps sans vie" n'est pas la conséquence d'une mort naturelle, mais qu'elle a été tuée.

Et après seulement que c'est lui qui l'a tuée avant de se suicider.

 

Le "balles" au pluriel, dont il est mort, est particulier aussi... 

(ça m'étonnerait qu'on se suicide par plusieurs balles, et même s'il y a eu plusieurs balles pour les deux, dans leur phrase c'est lui qui est mort par balles)

Merci pour cette chronique.

Superbe article, qui remet le vocabulaire journalistique, rempli de tics et de formules simplistes, à sa place. Mais attention, n'allez pas développer cette brillante analyse sur les plateaux télés : vous allez vous faire ...dépecer !

Drôle de mot employé par Le Télégramme : "il l'électrifie"

Même si elle n'est pas morte, j'aurais employé électrocuter... 

c'est quand-même plus méchant, c'est pas comme s'il voulait construire un réseau, hein.


Bon, j'ai cherché, http://blog.alorthographe.com/2011/08/03/electriser-electrocuter-electrifier/

c'est bien ce que je me disais. 

Alors en ce cas "il l'électrise" - même si communément on dirait plutôt qu'il l'électrocute - mais en aucun cas il ne "l'électrifie"...


"Les trois verbes existent : électriser, électrocuter et électrifier. Ils ont tous rapport avec le courant électrique au sens propre, mais diffèrent par leur degré d’atteinte et leur domaine d’emploi. S’électriser ou être électrisé désigne le fait de recevoir une décharge électrique, sans atteinte à la vie, tandis que l’électrocution (s’électrocuter – être électrocuté) provoque une secousse la plupart du temps mortelle. Le verbe électrifier ne s’applique pas aux êtres vivants et désigne quant à lui le fait de doter un lieu d’un réseau électrique (électrifier un hameau isolé)."

Ça évite de raconter le déroulé qui n'est jamais très glorieux , pourquoi allez dans les détails puisque ce sont des barbares , des individus , des sauvages ..Comment raconter par exemple la mise a mort d'un détenu qui tente de s'évader et sur lequel on tire trois , quatre fois , pendant qu'il essaye d'accrocher le grappin sur l’arrondi du mur .Comment raconter l’heure tardive , le tir au pigeon , le gibier trainé par terre sur plusieurs dizaines de mètres ,l'illégalité complète de l'acte sinon par "un individu lourdement condamné abattu en tentant de s'évader " . Ça  évite les complications et ça fait des économies . Mort aux vaches , mort aux condés , de mon calibre 12 et de ma balle blindée , et mort aux vaches ....Ou alors comment raconter l'emprisonnement a tort d'un individu qui tue un poulet pour ne plus y retourner , que part "un gendarme père de famille abattu par un sans domicile fixe  ". Et mort aux vaches , mort aux condés ....

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