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Face au sulfureux joujou GTA, la presse est ébahie

C'est un record : six millions d'exemplaires vendus en une semaine. Un disque ? Un DVD ? Un livre ? Non. Un jeu vidéo, Grand Theft Auto IV, lancé le 29 avril partout dans le monde. Un jeu "déconseillé aux moins de 18 ans" en Europe, "violent, amoral et addictif" proclame Libé à la Une. A grand renfort de témoignages douteux ou recyclés, journaux télévisés et animateurs télé s'alarment devant les risques du sulfureux joujou.

Derniers commentaires

Ce soir, sur la Une, "Ma vie virtuelle" avec Serge Tisseron.

"Désormais, il suffit d'un clic pour être en relation avec des millions d'internautes aux 4 coins de la planète.Mais quel rôle joue ce virtuel dans le monde réel ? Pour qui est-il devenu une porte de sortie... Pour qui est-il devenu une nécessité ? Où commence la confusion des genres ? Illusion ou étape salutaire pour aborder la "vraie" vie ?Le monde virtuel participe-t-il à rompre le sentiment de solitude ou au contraire le renforce ?Voilà , quelques-unes des questions qui seront abordées ce soir avec nos invités.- Isabelle , adepte des jeux de rôles. - Stéphanie qui a choisi le virtuel pour trouver le grand amour.- Marie alias Beattie 12 heures par jour dans Second life ! - Martin, Geoffroy et Michaël adeptes de Facebook. - Bernadette et Abdelkader. Ils écrivent et publient ensemble des romans et pourtant, ils ne se sont jamais vus ! Elle vit en Belgique, lui en Algérie. Leur bureau ? c'est Internet !- Serge Tisseron, psychanalyste et auteur de « Virtuel, mon amour »."

http://www.la1.be/programmes/details/index.htm?progId=13538519668
"Notons tout de même que dans le jeu, on ne peut certes violer personne, mais qu'il est possible d'exécuter la prostituée que l'on vient de s'offrir..."

J'extrais cette phrase du texte de Dan Israël, pour m'étonner de la légéreté avec laquelle elle a été parfois commentée ici.
Il ne s'agit pas pour moi d'infliger une quelconque leçon de morale, ni de m'appesantir sur la banalisation de la violence - le sujet a été largement débattu - mais de m'interroger sur la signification de cette possibilité de meurtre visant un personnage marginal de notre société.
Pour les concepteurs du jeu, la pute est une sous-merde dont la vie peut être très simplement otée.
La situation de ces marginales est suffisamment inconfortable, sans qu'il soit besoin de renchérir, par l'intermédiaire d'un jeu vidéo, dans le glauque et le sordide.
GTA est un jeu extraordinnaire, c'est incontestable. Pour ceux qui en douterait, voilà un site qui le démontre de manière irréfutable:

www.gtaestunjeuxextraordinnaireetcestirrefutable.com

Toutefois, j'ai un très grand regret.

Après avoir exploré le monde de GTA 4 en entier (ce qui m'a pris, au bas mot, au moins 45 minutes !!! ), je me suis aperçu qu'il manquait un élément crucial au jeu.

Certes, il ne faut pas jeter la pierre aux concepteurs du jeu, ils ne peuvent pas penser à tout, mais quand même.

Voilà, si vous aussi vous trouvez ça inacceptable, merci de le signaler ici:


www.oupeutontuerlesjournalistesdejeudiinvestigation.com
Bonjour,

je suis un peu surpris de voir cet article de Dan Israel, pas tant le fait même qu'il existe, mais bien par son contenu, reprenant sans plus de questions la défense et le point de vue d'une presse spécialisée la plupart du temps gratuite (les mieux informés diront prépayé).

Tout d'abord, le pitch du jeu. Il aurait été intéressant de regarder ce dont il est question, de faire apparaître le discours du jeu (qui ne va pas sans problème) mais qui n'est pas la simple narration d'un truand en devenir. C'est d'abord et avant tout, l'arrivée à Liberty City (satire de New York) d'un immigré Nico Bellic, qui pense rejoindre son cousin qui vit le rêve américain. LE propos du jeu se résume à peu près à cela : le rêve américain et mort, la société américaine attire les pauvres et les désoeuvrés (comme l'indique le fameux texte de la statue http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Nouveau_Colosse) mais n'a à leur proposer qu'une misère sociale. Terreau d'une violence sans égale. Voilà qui eut été plus juste. Ensuite, de dire que là où il y a de la misère, il y a de la prostitution, des vols, etc. c'est aussi tronquer le jeu, les milieux "aisés" ne sont pas mieux. Tout le monde en prend pour son grade (surtout la télévision au passage - pourquoi ASI ne relève pas la critique des médias de GTA IV ? peut être simplette, mais qui montre à quel point ce jeu n'a pas été pensé par les gars de Rockstar pour plaire à la télévision.)
Mais je peux comprendre pourquoi vous ne relevez pas tout cela. Ce ne serait pas le propos d'un site qui veut décrypter les médias. Ce qui compte me répondrez vous avec raison, c'est le traitement qu'en ont fait les médias, et non le contenu du jeu lui-même. (Mais un jeu c'est un média non ? Au moins au même titre que le clip de Justice ? Alors le jeu vidéo, boue, crasse et cheveux ?)

L'analyse de l'émission de Denisot à été faite, depuis, au moins vingt fois et je comprends également pourquoi il n'était pas question pour vous d'en refaire l'analyse. Quoiqu'une rapide description du dispositif mis en place, la place du présentateur, l'orientation des questions, la production de faux documents (vidéo de l'allemand) bref une parodie de journalisme. Alors certes, le psy tient bon, ce qui était admirable vu le dispositif en place face à lui.

Là où je deviens plus perplexe, c'est votre traitement de la presse spécialisée. Celle du jeu vidéo. Bien sûr que leur discours n'est pas inintéressant, mais il est quand même à relativiser. C'est pourquoi je suis surpris que l'on s'arrête à un article comme vous le faites. Il me semble que le problème de jeu vidéo aujourd'hui, c'est qu'il est pris entre des médias traditionnels qui ne connaissent pas le sujet (comme d'autres sujets d'ailleurs) et une presse spécialisée vouée corps et âme à son objet. Entendez par là que cette presse ne vit en grande partie que grâce aux recettes publicitaires des campagnes de pubs qu'achètent les éditeurs de jeux vidéo. Ce qui laisse à penser tout de même qu'elle n'est pas dans une position lui permettant de tout dire de ce qu'elle est censée critiquer. Bref, c'est comme si demain un tel événement se produisait avec des produits cosmétiques et que vous interrogiez Anne de La Forest, rédactrice en chef du magazine DS...

Bref, il me semblait que la sortie de GTA IV était pour arrêt sur image de faire un état des lieux de la presse vis-à-vis du jeu vidéo, tant généraliste que spécialisée. Et il me semble que votre article se limite à un léger décryptage (déjà fait partout ailleurs) des médias généralistes. Mais nous sommes sans doute là vis-à-vis d'un sujet trivial (le jv) qui ne mérite peut-être pas l'attention que méritent les produits cosmétiques ou nicolas sarkozy ? Mais j'aimerais qu'on m'explique pourquoi, tant il est évident que c'est cette industrie qui demain (et déjà aujourd'hui) va diffuser son point de vue sur le monde. Il y avait un autre jeu à questionner : Call Of Duty 4, véritable exercice de propagande américaine, simulateur de l'idéologie dominante, vis-à-vis duquel le silence (tout au plus quelques remarques dans les "tests " mais toujours une note excellente) de la presse (spé et généraliste) est révélateur : on ne mord pas la main qui nous nourrit, en revanche on monte au créneau pour défendre nos produits (GTA). Il eût été intéressant de montrer que le débat n'avait pas lieu, car plombé d'avance entre une télévision qui pose les mauvaises questions pour faire de l'audience et surtout par ignorance, et une presse spécialisée, une critique qui n'en est plus une et qui fait plus ou moins partie de l'industrie publicitaire.

Alors ? A quand une émission consacrée au sujet, avec obligation de jouer pour Judith (le joueur acteur/spectateur, un peu trivial, mais sans doute intéressant dans sa bouche), Sebastien ( sur un effet de réalité ? les études faites sur le sujet?) et même pourquoi pas le brillant Korkos (qui pourrait montrer les similitudes visuelles entre les jeux et le cinéma et même parfois la peinture ou la bande dessinée et de clore le débat stérile et inutile jv art/pas art). Bref, quand vous intéresserez-vous a ce qui déjà aujourd'hui et sans doute demain continuera de formater l'opinion cad les jeux vidéo ? Vous disposez de l'indépendance nécessaire pour le faire, et des lecteurs (et parfois même auteurs) parmi les plus vifs (voir l'échange du dessus) ce qui permettrait peut être d'en discuter vraiment.

J'espère que le dernier passage suffit à prouver mon attachement à votre entreprise (si d'aventure mon abonnement n'y suffisait pas), je vous prie d'excuser le ton maladroit et l'expression hasardeuse de ce billet, mais quand il me semble que vous manquez quelque chose, c'est un peu vous rendre service que de le dire.
Bonjour,

Tout d'abord merci pour ce résumé, c'est assez édifiant je trouve, en particulier C+, pourquoi une attitude aussi polémique de la télé alors que la presse papier est plus nuancée ?

Je pense que les jeux video, et GTA en particulier, privent les grands médias tv d'un peu moins de temps de cerveau disponible. Pour les films ou les disques il y a tjs des stars à montrer, bref la télé en profite. Pour un jeux il y a rien à moins d'être un média spécialisé (qui sont très peu en regard de la masse totale). C'est un peu réducteur, mais quand je regarde autour de moi (trentenaires cadres et un peu geeks) la tévé et les jités ont nettement moins la côte dans les conversations que la Wii ou GTA !

Après on voit bien qu'il y a deux générations qui se regardent en chien de faïence, l'une -maintenant trentenaire- a grandie avec les amstrad/amiga & co et a un certain pouvoir d'achat, cible d'un certain nombre de jeux adultes (gta, bioshock, cod4 ...). Et l'autre qui a grandie sans et ne comprends pas l'intérêt qu'on puisse y porter. Pour bcp de gens jeux video = loisir de gamins, donc GTA apparait comme sulfureux, sauf qu'on occulte totalement le fait que les joueurs ont vieillis, la pyramide des ages des gamers se déplace lentement. Malheureusement lémédias dans leur volonté de faire monter un polémique inexistante l'ignore (volontairement ou non ?) complètement.

Sur l'art & le jeux video, Canard PC avait fait un dossier il n'y a pas très longtemps, plutôt bien argumenté (dans le style CPC ^^) qui situait le réel apport artistique au niveau du gameplay, le reste étant un support à un art existant (visuel, sonore, narratif ...).
Ahhhh, je viens justement de sortir d'une séance de quelques heures...

Sachant que j'ai fini le scénario, voici le déroulement d'une séance type de ce jeu:

Je commence dans ma planque, je prend ma lamborghini et je déclenche une course de rues que je gagne haut la main (les autres avaient des nissan micra)
Je continue en prenant une moto et en explorant pour chercher ce qui peut faire office de tremplin dans le décor, histoire de faire de belles cascades.
Après une provocation policière qui a dégénéré (il m'avait refusé la priorité et refusait de faire le constat) je me suis retrouvé avec le FBI à mes trousses, je me suis échappé en hélicoptère militaire. Je me suis posé sur un toit, duquel j'ai snipé toute résistance.
J'ai repris l'hélicoptère, en fumée après avoir reçu de nombreuses balles
Je me suis posé dans un terrain vague. J'ai volé un taxi et j'ai semé tout le monde.
J'ai décidé de rentrer dans mon appartement, pour sauvegarder et quitter tranquillement.
Pour cela, j'ai regardé le plan des lignes, et j'ai pris le métro.
A une correspondance, j'ai eu le malheur de bousculer un sauvageon qui m'a violemment poussé sur les voies au moment où mon train arrivait.

Et je suis mort.
J'ai une licence, je suis en master, je joue aux jeux vidéos depuis tout petit, je joue à GTA IV depuis sa sortie, je viens d'entrer dans une équipe et j'ai des "amis" online avec qui je joue régulièrement. Je joue au jeu tous les jours pour m'amuser à coté du taff et j'apprécie la compétition donc je tente de monter mon niveau au max et c'est à la fois plaisant et pas plus addictif que de l'alcool donc si on sait se contrôler il n'y a pas de problème (sauf pour les jeux massivements multijoueurs là c'est conçu spécialement pour être addictif). Pour les jeux vidéos autres que le massivement multijoueurs, comme GTA IV, je ne vois pas où est le problème, beaucoup de jeux vidéos sont plus intellectuels que des livres et des films. GTA IV est culturellement très riche, en lui ils regroupent beaucoup de types de jeux vidéos de manière bien réalisée même si on peut lui faire certains reproches dans le détail. Mais surtout c'est le jeu vidéo le plus immersif, pour moi c'est ça son point fort par rapport aux autres. Puis si les politiques veulent que les nouvelles générations aient une meilleure vision du monde ils faudraient peut être qu'ils se mettent au travail pour la société au lieu de leur carrière. Les jeunes générations n'ont pas grandi dans les trentes glorieuses etc.


Bienvenue dans un univers que les médias généralistes connaissent mal, observent encore avec méfiance... et dont les fervents défenseurs ne pardonnent rien, ou presque.
Effectivement vous avez vu juste. Voyez ce lien intéressant http://www.jeuxactu.com/article-29654-gta-iv-a-coute-100-millions-de-dollars-.html
220 personnes ont voué 5 ans de leur vie à travailler 12 heures par jour ... alors quand on sait ça et qu'on voit le baclage des incultes du jeu vidéo c'est énervant. Je ne pense pas qu'ils aient fait ça pour réaliser un jeu bête et violent, surtout quand on connaît le résultat (parce que je suppose qu'ils en parlent sans y jouer bien sûr).
Dans le fonds c'est un problème de génération tout ça.
Je joue régulièrement à un FPS (First Person Shooter), et fallait bien que ça arrive, hier j'ai mangé une carotte !!

Les jeux vidéo vont "pousser/encourager/contraindre/motiver/etc..." (entourer la bonne réponse) certains joueurs à faire des choses violentes dans la vraie vie, combien de joueurs vont au contraire rassasier leurs pulsions grâce aux jeux ?
Sur ces personnes qui passent à l'acte, combien l'auraient de toute façon fait sans les jeux ?
Quel degré de violence apportent les jeux par rapport au Jité de 20h ?
Combien de joueurs vont acheter GTA IV grâce à l'exposition médiatique des critiques ?
Plutôt que considérer que ce type de jeu est à l'origine d'une société violente, ne pourrait-on pas plutôt partir du postulat que la violence de la société est à l'origine de ce jeu ?
Puisqu'il semble que le temps soit à la morale, je dois me confesser : je joue. Bon, pas à des jeux violents comme GTA que je ne connais pas, moi ça ne me fait pas tripper de dégommer des gugusses (même s'ils sont d'infâmes machos phallocrates !) ou de vendre virtuellement de la drogue. Non, moi mon truc c'est les jeux d'aventure. Je pense être psychologiquement représentative du joueur moyen, c'est à dire relativement normale et équilibrée, et le plaisir que je peux trouver dans l'interractivité de ces jeux ne m'a jamais amené à plaquer mari et enfant du jour au lendemain pour suivre les traces d'un trésor caché, ou la piste d'un manuscrit mystique, d'une cité perdue ou de je ne sais quoi d'autre. De même que le fait d'aimer les films de Tarantino ne m'a jamais donné envie d'aller débiter en tranches 88 cinglés avec un sabre japonais, ou d'énucléer une borgne à mains nues, bref je vais bien, merci. Je suis comme la majorité des gens : même quand je suis dans un contexte interractif, je sais faire la différence entre la réalité et la fiction.

Je ne me pencherais pas sur le contenu amoral du jeu, d'autres l'ont abordé mieux que moi, mais ce qui me trouble, c'est cette inquiétude persistante des médias concernant une incitation au passage à l'acte. Il y a quelques dizaines d'années, on dénonçait les jouets d'imitation type faux pistolets, sous prétexte qu'ils induisaient auprès des enfants la violence à son stade ultime, qu'ils banalisaient les armes à feu, l'acte de tuer, et pouvaient favoriser les comportements déviants à l'adolescence. Mais nombre de pédopsychiatres affirment aussi que jouer à se tuer est important dans le développement des enfants, que jouer avec des pistolet-jouets permet d'identifier les tabous sociaux (le meurtre) à un moment clé de leur développement et de créer des limites psychiques, que cela leur permet de "tuer" symboliquement le Père, étape aussi essentielle que le passage par l'œdipe. En résumé, que ce n'est pas mal de jouer à faire semblant de se tuer.

Les jeux vidéos ont un pouvoir catharsique fort, ils ont pris une place que notre société trop propre ne laisse plus : au moyen-âge, il y avait le "jour des fous" où tous les codes sociaux étaient mis cul par dessus tête, où tous les excès étaient permis dans un contexte codifié, et où le pouvoir de la religion sur ces âmes croyantes voyait sa représentation réduite à une mule coiffée d'une mitre d'évêque. C'était un exutoire d'époque, aujourd'hui on en a créé d'autres, il faut croire.

Je ne m'étendrais pas sur le cas des psychopathes en puissance ou celui des personnes psychologiquement fragiles que l'on doit bien évidemment protéger et aider, je ne suis pas assez armée (c'est de circonstance) pour en parler et je crois qu'ils ne sont pas représentatifs de la grande majorité des joueurs. Je pense juste qu'il faut débattre tout en se méfiant de la médiatisation de la polémique : l'importance qu'on donne à tout ça (voir aussi le débat autour du clip de Justice) peut faire plus de dégât que la violence des images elle-même.
Bof, pourquoi ne pas laisser ce type de critique aux [sites spécialisés...

Et pendant ce temps, une émission de Finkelkraut interrompue, La presse unanime et énamourée fait depuis ce matin l'apologie d'un nouveau think-thank libéral chargé de donner des idées au parti socialiste - ce qui est une façon implicite, et perverse, de sacraliser la mort des militants de base et des vrais intellectuels engagés... tout ça sans articles d'ASI.
Exactement Jean-Julien Primack, vous avez raison. Un des (nombreux) points omis par les journalistes des médias traditionnels est le second degré et l'ironie de la série GTA. C'était particulièrement évident pour les premiers opus (en vue de dessus).

Personnellement, je ne vois pas comment on peut prendre au sérieux un GTA, c'est absurde. C'est comme un Starship Troopers ou un Kill Bill au cinéma, la surenchère de violence mène au ridicule volontaire et assumé. Je suis beaucoup plus dérangé par des jeux comme Call Of Duty 4 ou Command and Conquer Generals, qui mélangent allègrement jeu et idéologie puante en se prenant au sérieux.

Et concernant le statut d'art que beaucoup refusent de donner au Jeu Vidéo, je pense qu'ils n'ont tout simplement pas assez joué pour en juger. Le critère économique est hors sujet ici : tout comme au cinéma, en musique ou en littérature, il existe des jeux commerciaux sans saveur, et des jeux à la valeur artistique beaucoup plus grande. Le niveau d'émotion et de réflexion que des jeux comme les Baldur's Gate ou les bons Zelda ont pu m'apporter est bien supérieur à tout ce qu'un Astérix au Jeux Olympiques ou autres navets cinématographiques (et donc artistiques) auront jamais à m'offrir.
Et comme d'habitude pas un mot sur le scénario ultra référentiel aux grands films de gangsters de Scorcese et Mann et l'humour et le second degré du soft.

On se focalise sur des détails et on oublie l'essentiel : l'intelligence du joueur.

De là à comparer la drogue et le jeux vidéo comme je l'ai lu plus haut, c'est consternant d'obscurantisme.
Ce que je trouve dommage c'est que lorsqu'un film comme Taxi sort, on ne trouve personne dans un JT pour dire que le film donne un mauvais exemple de comportement au volant, pourtant on n'en trouve beaucoup des crétins au volant qui ont une conduite dangereuse en se prenant pour le héros de ce genre de film et là les morts sont réels.
Un jeu comme GTA c'est comme regarder "le parrain", regarder "le parrain" ca ne pose pb à personne mais en faire un jeu video si... assez obtu comme raisonement.

Cordialement
Nicolas
Moi je me demande quand est-ce qu'on va interdire le Monopoly. C'est vraiment un jeu immorale : gagner de l'argent en plumant les autres. Et ca a totalement perverti toute une generation, regardez comment va le monde...
Juste un détail concernant l'émission de Denisot : La séquence de l'ado qui pête un plomb devant son PC est un fake...
Le jeune allemand joue la comédie (plutôt bien d'ailleurs).
Je suis étonné que personne ne l'ait signalé.
C'est assez emblématique de ce qui se passe en ce moment je trouve : les médias traditionnels passent pas mal de temps à tape sur internet et les "nouveaux medias" mais sont bien contents d'y trouver de quoi alimenter leurs propos, quitte à ne pas faire leur travail : vérifier l'info...
Perso, j'adore ce genre de jeux hyper violents... et je suis doux comme un agneau.... :-P

Plus sérieusement, si on prend l'hypothèse que la pub pour les produits gras ou sucrés peut rendre obèse comme ont voulu le montrer plusieures enquêtes d'@si sachant que c'est un rapport passif à l'image, est-ce que les jeux vidéos violents peuvent rendre violents sachant qu'on participe directement à la tuerie virtuelle ?

That is the question...


http://lecourant.info
"Notons tout de même que dans le jeu, on ne peut certes violer personne"
Me voilà rassuré.
En tant que grand fan de manga (et occasionnellement de jeux vidéo), je peux vous dire qu'on nous a sorti exactement la même soupe pour les mangas et animes quand Dragon Ball cartonnait chez Dorothée.
C'est violent, c'est commercial, ça traumatise, ça rend addict, c'est pas de l'art, c'est pas philosophique, blablabla, vraiment TOUT. Et ces bons vieux amigos de Famille de France était déjà pour défendre les petits nenfants. Alors maintenant, j'imagine qu'un certain nombre d'entre vous est passé par là, et s'en est tiré plutôt bien. Et maintenant, le marché du manga est florissant, et tous les éditeurs s'arrachent des oeuvres magistrales de Taniguchi ou de Tezuka, et on découvre des petites perles tous les jours grâce à cela. Ben c'est pareil pour le jeu vidéo, on y survit, on se rend compte qu'il y a autre chose derrière, que y'a du très bon et que y'en a même pour tous les goûts.

Face à un "joujou" (quel terme condescendant, pitié !!) que personne ne comprend, on se pose mille et une questions, qu'on a arrêté de se poser depuis des décennies, voire des siècles, pour d'autres médias (allez voir "l'Origine du monde" au Louvre et dites moi si ça va pervertir vos petits enfants !). Question de mode, et question de succès, ce qui revient au même (parce que des jeux vidéos qui montrent des viols, y'en a, rassurez-vous !)
... que sont Tétris et Puzzle Bubble.
Bon le coup de pub est une totale réussite, et c'est dire à quel point la morale est imbriquée dans nos vies et nos perceptions, dès qu'un truc complètement amoral pointe le bout de son nez, hop on sort toute la batterie, JT, Denisot, psys promoteurs, ados aux regardx vitreux.
Tout ça pour s'apercevoir que le tueur dans le jeu, dans le dernier extrait proposé par Dan Israel, est un éjaculateur précoce qui pas content dérouille la prostituée comme tout bon psychopathe qui se respecte (il n'allait quand même pas faire passer ça).
Après second life, ce jeu vidéo.
Moi je m'inquiète plus de la respiration sifflante de la miss Laborde (écoutez bien ses inspirations pendant sa présentation du sujet) que des conséquences potentielles que peut générer ce jeu sur les déséquilibrés. Les tarés de la gâchette sont de toute façon déjà en action partout dans le monde.
Après les messages subliminaux des groupes de métal (Judas Priest pour ne citer qu'eux), les déviances des jeux de rôles et autres plantades des moralisateurs de l'époque, je crois que je vais continuer à ne pas jouer à ce jeu exutoire (mince on n'a pas parlé des détails mesquins qu'est le prix de ce phénomène) et suivre l'événement médiatique donc publicitaire dans les colonnes d'ASI.
Et comme le dit Santana, ce violent de la guitare, "let the children play".
Et en avant première: on attend avec impatience la suite du jeu, une sorte de cross-over entre GTA4 et les débulbés du clip de Justice.
Mais que fait le fiston Gavras ?
En ce qui concerne GTA, effectivement, une fois de plus, les jités ont tous servi la même soupe, sans vraiment savoir de quoi il retourne.
Il y a d'autres jeux sur lesquels personne ne se pose de question, mais qui au final sont beaucoup plus cyniques : les jeux de stratégie en temps réel, dans lesquels l'objectif est de lever une armée et d'anéantir les ennemis. Quel plaisir d'envoyer sans compter des milliers de soldats à la boucherie, démollir les villes et les habitants civils des adversaires.
Il y a aussi la dinette virtuelle des Sims, bien que non violente... Mais oui, les jeux sont virtuels, on y fait ce qu'on veut, et c'est probablement pour cela qu'on peut devenir accro : ça peut devenir plus plaisant en apparance que la vraie vie.
A quand un jeu réaliste sur comment monter un syndicat ouvrier dans un pays émergent ? Se battre contre des conditions de travail dégradantes, repousser la frontière de l'esclavage, défendre les droits de l'homme, manifester contre les grands propriétaires terriens, et surtout... rester en vie assez longtemps, échapper aux tueurs à gages, éviter de disparaitre corps et biens... Ca serait palpitant, très real life.
Lou : "les jeux vidéo ne sont pas un art".

Débat qui ne sera pas clôt avant un bon moment... A votre connaissance peut-être pas, mais ceux qui jouent aux jeux vidéo ne seront pas d'accord. Il y a des jeux, évidemment pas très médiatisés pour le plupart, qui peuvent, je crois, être considérés comme des oeuvres d'art. Ce sont des jeux où le joueur n'est pas seulement appelé à faire ce qui lui est demandé, mais également à se demander ce qu'il fait et donc à remettre en question ses habitudes de joueur (les jeux vidéo étant un domaine où l'on se copie allègrement, il n'est pas rare qu'un genre tourne en rond). Ce sont des jeux si cherchés esthétiquement et dans la construction de leurs univers que le seul but véritablement intéressant pour le joueur sera d'accéder à la beauté suprême - on va dire - qu'ils nous proposent en nous la cachant parfois.

GTA, malgré sa surmédiatisation fait partie de ces jeux. Vous pouvez vous promener tranquillement en ville et remettre en question vos habitudes de jeu sur GTA : est-ce véritablement en tuant tous les passants et en cassant tout que je m'amuse le plus ? Ou bien puis-je également profiter du jeu en prenant une posture contemplative, en observant les immeubles, les gens, la vie, en me promenant dans les petites rues de Liberty City en écoutant du jazz ? GTA est un jeu où le joueur est libre d'imposer la morale qu'il désire sur ses actions. Il nous met donc face à nos propres barrières morales. J'ai beaucoup tergiversé avant d'aller voir, pour la première fois depuis 6 mois que j'y jouait, une prostituée dans ce jeu. A cette époque, cela titillait sans doute mon sens moral. Eh bien pendant 6 mois je m'en suis passé, je n'y ai même pas tellement pensé et puis j'ai essayé, pour voir, et ça n'était pas si terrible. Et si l'on pouvait violer dans GTA ? Eh bien ce serait pareil. Rien ne m'obligerait à le faire et j'hésiterais sans doute beaucoup avant de tenter l'expérience mais j'essayerais, ne serait-ce que pour voir si les développeurs sauraient créer chez moi un sentiment de malaise.

J'en viens du coup à votre point de vue sur la comparaison avec sade. Personnellement, je ne suis pas sûr que cette comparaison tienne tout simplement parce que je ne connais de Sade que ce que les médias m'en ont dit, c'est-à-dire pas grand chose. Mais lorsque vous dites : "ironie aristocratique de l'auteur", cela résonne et évoque GTA pour moi. Il n'y a évidemment pas une ironie aristocratique du jeu mais il y a bien une ironie tout court. Une ironie qui désacralise la violence, qui lui impose des barrières au delà du visible et qui rappelle sans cesse au joueur qu'il est devant un jeu et que ses actions gratuitement violentes sont sans issue.

Cela dit, vous mettez le doigt en fin de commentaire sur ce par quoi le jeu vidéo décrédibilise ses tentatives d'être respecté en tant que domaine artistique. Vous dites : "D'ailleurs leur objectif premier est la rentabilité, donc le fric." C'est exactement le problème du jeu vidéo. Des éditeurs qui ne se risquent pas trop sur le terrain de la créativité et des partis-pris esthétiques de peur de faire un échec (le plus souvent, les jeux les plus profonds font un bide, du reste), et, pour les jeux les plus connus grâce aux médias généralistes, des campagnes de promotion telles que ce loisir apparaît comme un bête loisir très coûteux et rien d'autre. Mais permettez-moi une comparaison : la partie la plus visible du cinéma, ce sont les affiches géantes que l'on voit en ville pour des comédies à la con et des navets d'action. Pourtant, vous n'ignorez sans doute pas que derrière ces productions énormes se cachent des oeuvres souvent ignorées du plus grand public. Il en va exactement de même avec le jeu vidéo.
Merci @si pour cet article salvateur! Depuis le temps que je trouvais que la presse généraliste était complètement à la masse au niveau jeux vidéo... Pourtant, c'est bien souvent dans la culture geek (au sens large) que la création et la communication sont les plus intéressantes!
Ce qu'il se passe dans le jeu, premières impressions:
http://www.dailymotion.com/relevance/search/gta/video/x594nf_gta-iv-mes-impressions_videogames
lavidéotest travaillée du jeu solo:
http://www.dailymotion.com/bibi300/video/x5buxf_videotest-gta-iv-solo-x360_videogames
La vidéotest mode multijoueur:
http://www.dailymotion.com/bibi300/video/x5d1g7_videotest-multi-gta-iv-x360_videogames
MAIS... si vous ne voulez pas vous emmerder avec les commentaires vous avez ici le jeu en musique. A essayer au moins pour découvrir ce rock mix. Go! go! johnny go!
http://www.dailymotion.com/relevance/search/gta/video/x59m6y_gta-4-best-of-n1-rock-mix_videogames
A n'en pas douter ce jeu a une vocation purement culturelle.
Je suis "hardcore gamer" depuis 10 années ; avec une moyenne de 10 heures de jeux vidéo par jour, je puis affirmer que s'il y a un danger dans le jeu vidéo, ce n'est pas la violence, mais l'addiction éventuellement procurée, qui peut tendre le joueur à délaisser ses études. J'ai désormais arrêté les MMO (le genre de jeu le plus addictif qu'il soit ; GTA c'est du pipi à côté), et si j'ai ainsi pu côtoyer des milliers de joueurs comme moi, je n'ai malheureusement encore jamais rencontré d'individu déséquilibré.
Quand les médias s'ennuient et se lassent de parler de la guerre, il faut créer la polémique. GTA 4 connait un franc succès, alors c'est l'occasion de remettre sur le tapis le sempiternel débat sur la violence et les jeux vidéo.
Je maîtrise ce sujet mieux que quiconque, mieux qu'un psychologue ou un journaliste ; et ça commence très sérieusement à m'énerver.
Il y a une note sur le jeu "interdit aux moins de 18 ans", dans le livret il y a les disclaimer à propos de l'épilepsie etc... Il y a des parents aussi pour les plus sensibles ou photosensibles.
Forcément, ce sujet attire, alors on le met à la une d'un journal.
Dans les journaux télévisés, on a pu voir les reportages les plus ridicules qu'il soit, dans lesquels (sur TF1), PPDA nous parlait de joueurs addicted à World of Warcraft, qui se prenaient pour des elfes de la nuit (oubliant de préciser que ce sont des individus fragiles, qui se seraient pris pour un noir de la NBA s'ils avaient joué au basket ball), ou bien dans le JT de France 2 dans lequel le journaliste reprenait une blague d'un site web dédié aux jeux vidéo où, sur le ton de la plaisanterie, des joueurs japonais se seraient suicidés en avalant des poches de silicone à cause du retard de la sortie de leur jeu tant attendu ; évidemment, c'était une blague, mais les journalistes de France 2 avaient repris l'info, avec un reportage dans lequel ils avaient falsifié la traduction des témoignagnes de japonais amateurs de jeux.
Rien de nouveau à l'horizon, donc.
Hier, j'ai fait sauter la sale tronche d'un dealer au bazooka, et j'ai émasculé une petite frappe avec un couteau à huîtres. Il essayait de me taxer ma béhème, l'ordure.
Je m'éventrerais volontiers une pute au cutter, aujourd'hui.
Il faut savoir varier les plaisirs.
ca fait 10 ans que le premier gta est sorti. et pour chaque opus le meme debat..
Toute cette polémique est pathétique. Rappelez-vous quand le Rock'n Roll commençait à être écouté: la musique du diable, ça va pervertir vos petites têtes blondes, vos filles vont se retrouver enceinte, cette musique pousse au suicide etc, etc, ad nauseam.
Et rappelez vous les jeux de rôles (sur format papier), si si rappelez-vous le tintouin médiatique, avec la cohorte de psy, les émissions chez Mireille Dumas, ces faits divers croustillants (le gamin qui se prend pour Aragorn et qui saute sur sa prof couteau au poing). J'étais (et je suis toujours) rôliste, à l'époque mes parents avaient peur que je devienne fou (merci les média!).

Re-belote avec les jeux vidéo, et ça aussi ça ne commence pas avec GTA loin de là. Je me rappelle encore il y a plus de 10ans, je cherchais partout le jeu Sanitarium, j'en avais entendu le plus grand bien, je me pointe dans mon hypermarché et là le vendeur me dit que le jeu a été retiré des rayons à cause de...Famille de France (le jeu serait amoral, malsain, responsable du sida sur terre et de la croissance molle de la France, j'exagère à peine). Heureusement, le vendeur était compréhensif et j'ai réussi à récupérer un exemplaire du stock, résultat: le meilleur jeu auquel je n'ai jamais joué (et je ne joue pas qu'un peu sur PC), à l'époque j'avais vraiment eu l'impression de rentrer dans une oeuvre littéraire, j'ai été transporté par la poésie mélancolique de ce jeu, une véritable expérience.

Le jeu vidéo est aussi dangereux qu'un bon roman bien écrit, rien de plus (imaginez un jeu dont le concepteur serait Sade, ça ne serait pas triste). Un roman/un jeu vidéo ne rend pas violent, ne remplace pas la réalité par le virtuel, ne pousse pas au crime SAUF si à la base le lecteur/joueur/spectateur(j'allais oublier les films et la violence à la télé) a déjà un problème mental et dans ces cas là, le gars qui pète les plombs l'aurait fait jeux vidéos ou pas.

Je veux pouvoir jouer à tout, je souhaite que tous les jeux soient accessibles, qu'ils soient graveleux ou moralement douteux ça ne devrait pas compter (on vend bien des films X, qu'on fasse pareil qu'on limite les jeux "qui font peur" aux adultes et basta!). Si le jeu fait du douteux pour le douteux, s'il est racoleur, et bien soit, je l'achète pas (ou si je l'ai déjà acheté je n'y jouerai pas longtemps, c'est pas vraiment mon truc le "choquer pour choquer") mais c'est à moi d'en juger pas à un comité de censure qui n'y connait rien et qui prétend juger pour moi.
Je suis fan de films de genre (les bis de fantastiques, de science fiction, et je l'avoue j'aime beaucoup les slashers...et je ne suis pas un psychopathe) et j'ai trouvé que Manhunt (un autre jeu qui a beaucoup fait parler de lui) était un parfait hommage aux films trash que j'affectionne, je l'ai trouvé vraiment bien fait (avec une bonne charge contre les média spectacles, genre télé réalité, c'était savoureux), quand je l'ai fini j'ai eu l'impression d'avoir regardé un bon film et j'en redemandais.
Bon, je devrais pas le dire, parce que ça gâche un peu le jeu, mais si à aucun moment, vous n'incarnez de jeune fille rebelle, vous serez amenée à cotôyer une broyeuse de c*uilles qui tue d'un coup de Desert Eagle (pistolet très présent dans la mythologie des joueurs, synonyme par excellence de la puissance et de la force) un macho du bronx qui l'ennuie quand elle a ses ragnagnas.

Et puis, je signale quand même que dans ce jeu, on peut avoir différentes copines qu'on doit sortir régulièrement, sinon elles nous font la gueule et on ne peut plus bénéficier du repos du guerrier... Pire que des tamagochis.

Pour ce qui est de la moralité, EVIDEMMENT que c'est immoral, mais beaucoup moins que le clip justice par exemple, où les gredins frappent au hasard sans autre justification qu'un plaisir sadique.

Qu'on trouve le prétexte bon ou pas, il y a toujours une justification à une action que vous êtes contraint de faire dans GTA IV, c'est ce que je voulais dire.
On doit tuer des maîtres chanteurs, des dealers de crack pour enfants, des voleurs de gloire qui ont triché. On doit s'immiscer dans des vendettas sanglantes.

Ah si, il y a UNE mission injustifiée, mais terriblement jouissive: on doit à un moment tuer un avocat qui est l'exacte personnification de Jack Thomson (cité dans l'article).
Comme quoi, les développeurs se sont fait plaisir et ont justement programmé leur principale tête à claque pour ne pas avoir à la tuer dans la réalité... C'est horrible ce que je dis... Je suis un monstre.
Chaque arts as amené son projet sulfureux, GTA est au jeu vidéo se que sade est à la littérature.
Ce que je reproche à GTA c'est toute cette technique au service d'un héros mafieu.
Manque plus que de faire des jeux vidéos de simulation de sérial killer ou pédophile, nazi, dictateur parceque ces chers gamers scandent que c'est juste du jeu.
Quand aux psys, j'ai une idée, créer des jeux (spécifiques aux pathologies) en réseau local ou ils interverviendraient directement afin de guérir leurs patients.
Ca fait 30 ans que les gamers courrent aprés le jeu, la console parfaite en dépenssant leur argent, en perdant leur temps, leur santé.
Plus dure seras la chute quand le gamer dervras se priver de son GTA chérie.
Ya eu une (superbe) simulation de snuff movie par rockstar. Manhunt.

mais là encore, chaque mise à mort est justifiée d'une manière ou d'une autre. C'était un jeu d'infiltration (où le personnage doit jouer à cache cache, car il peut prendre peu de coups sans mourir) où chaque ennemi pouvait être tué de manière ultra violente ( je me souviens particulièrement de l'exécution à la faucille, où la pointe s'enfonçait à la base du scrotum pour remonter jusqu'au plexus solaire). Mais chaque ennemi cherche en même temps à nous tuer.
On est donc dans le cadre de la légitime défense.

Aujourd'hui, je ne connais strictement AUCUN jeu où les actes de violence contraints sont gratuits. On doit remonter dix, voire 15 ans en arrière pour trouver de vrais jeux immoraux.

Parce que ce qui est subversif dans un jeu, c'est pas la violence, c'est la raison pour laquelle la violence est administrée. Un jeu du niveau du film "c'est arrivé près de chez vous", même à caractère humoristique, n'aura JAMAIS aucune chance de sortir. JAMAIS vous n'en verrez tant que le milieu et la perception des élites culturelles n'aura pas profondément changé.
Le probléme est bien là !
Dans les films, jeux, on justifie la violence du héros par une situation hubuesque.
Je parle de de contenu malsain dans un jeu et la défense est que "oui mais la situation le permet"..... le résultat final est le même: banalisation de moeurs violente.
Et cela transpire dans le réel, usage de la torture car justication que la situation ou le méchant le permet.
Trés chers gamers continué avec vos GTA et Call of duty, le lavage de cerveau est en marche, vous étes prêt pour le front.
Oui, enfin il y a quand même une distance que tu as en tant que majeur et qui te fait bien remarquer que ces situations sont hors du commun.

N'oublie pas qu'il existe des jeux vidéo pour ADULTES, pour esprits formés.

Je suis intimement persuadé que si tu fais un sondage, même parmi les fans de 24h chrono, aucun n'ira justifier la torture en algérie ou en Irak. Là dessus, c'est quand même Fox News le plus dangereux.
<>
Les joueurs adultes trucident parceque la situation le permet dans GTA ou Call of duty, ensuite se mette un petit mario ou ils trucident les vilains méchants pas beau, vont sur le online trucider les autres joueurs.
Pas de doute leur cerveau adulte est formés.
En ce qui concerne l'art du jeu vidéo (j'étais sur que ça allait dévier là dessus), ouvrez vous l'esprit.

Le jeu vidéo, c'est un médium nouveau, un moyen d'expression neuf (qui date d'il y a trente ans mais tout de même). Un médium qui, malgré la liberté qu'il donne au joueur, peut le placer dans la vision d'un auteur ou d'un collectif d'auteurs. Le jeu vidéo associe sculpture (modélisation en trois dimensions), design sonore (design au sens large), animation, écriture, peinture, techniques cinématographique, photographie (donner les bonnes couleurs, etc) et ajoute à tout cela un nouveau domaine artistique: le GAMEPLAY.

Le gameplay, c'est quoi? C'est l'ensemble des possibilités d'interaction entre l'avatar et le décor. C'est une chose complexe qui est passée à la trappe par les gens qui n'y connaissent pas grand chose, mais qui est un champ artistique complet et CAPITAL, parce qu'elle fait toute la substance du jeu. Certains passent à coté de cette dimension parce qu'ils ne peuvent pas la comparer à celles qu'ils connaissent déjà. Pourtant c'est aussi important et vecteur d'art que les techniques cinématographiques qui font TOUTE la différence entre un bon et un mauvais film. Pour le cinéma aussi on pourrait arguer que choisir le bon filtre, la bonne focale, c'est de l'artisanat et pas de l'art. Mais diriez vous que Kubrick n'est pas un artiste? Oseriez vous?

N'amalgamez pas la liste des oeuvres artistiquement médiocres qui sont, à la limite, de bons travaux d'artisans et le jeu vidéo en lui même qui est un des MEILLEURS supports de l'art jamais créés.

Sachez une chose, le jeu vidéo existe depuis à peine 30 ans, depuis pong, qui est un peu au jeu vidéo ce qu'était le kinétoscope au cinéma. Aujourd'hui, DEUX DIMENSIONS intéressent les joueurs et font acheter un jeu. La dimension artistique, mais SURTOUT la dimension TECHNIQUE. Les jeux-vidéo ne sont pas encore mûrs pour être reconnu comme un genre artistique à part entière. On est toujours dans un travail d'exploration, on repousse les limites des ordinateurs pour avoir les jeux les plus beaux et les plus réalistes possibles. Mais un jour, cette ruée vers les gadgets techniques, vers le réalisme, va s'arrêter. Ne subsistera alors plus que la valeur artistique des jeux.

Et si vous cherchez bien, si vous osez prendre la manette et regarder avec un oeil curieux, vous pourrez trouver bon nombre d'oeuvres d'art déjà sorties.

Je vous donne des exemples précis:
ICO, SHADOW OF THE COLOSSUS, deux jeux intensément poétiques, dont l'intérêt réside dans le vide des décors, le sentiment de solitude
SILENT HILL 2, 3 etc. Une série de jeux avec un coté malsain à la David Lynch. Les créatures y sont créées à partir de recherches dans l'inconscient collectif (Alain Korkos approuverait)
Zelda Ocarina of Time, Zelda: the wind walker : deux des meilleurs jeux jamais sortis au monde, par un des grands artistes du domaine: Shigeru Myamoto, créateur de Mario, de Donkey Kong, et toute la clique).
Resident Evil 4
STALKER : Shadow of Chernobyl (jeu aux revendications écologiques)
Half Life 1 et 2 (qui basent la majeure partie de leur intérêt, en plus d'un Gameplay fantastique, sur un scénario riche en rebondissements)

Chaque arts as amené son projet sulfureux, GTA est au jeu vidéo se que sade est à la littérature.

Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes SVP. C'est un jeu et vous en pensez ce que vous voulez, mais ce n'est pas l'œuvre d'un artiste. Les jeux vidéos ne sont pas à ma connaissance le 9e art, ni le 10e, ni le 11e... D'ailleurs leur objectif premier est la rentabilité, donc le fric. No comment.

Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes SVP. C'est un jeu et vous en pensez ce que vous voulez, mais ce n'est pas l'œuvre d'un artiste. Les jeux vidéos ne sont pas à ma connaissance le 9e art, ni le 10e, ni le 11e... D'ailleurs leur objectif premier est la rentabilité, donc le fric. No comment.


Donnez moi un exemple d'artiste qui n'espère pas vivre de son oeuvre ! (et si possible de son vivant ^ ^ )

C'est par ailleurs un débat que je me rappelle avoir abordé sur le forum d'un site de jeu vidéo, en voici quelques points revus pour l'occasion (on s'adapte au site...) :

Voilà un sujet auquel j'ai bien envie de participer, histoire de redorer l'image des jeux vidéos auprès des plus septiques ou des plus critiques...

D'abord sur le concept même de l'art... Je crois qu'il faut être capable de considérer un tas de choses comme de l'art. Quand j'étais petit, je pensais que l'art se limitait à la musique classique et à ce qu'on pouvait trouver dans les grands musées. Vision un peu limitée ! Aujourd'hui, ne pourrait-on pas partir de l'émotion suscitée comme point commun aux différentes formes d'art ?
Sans doute associée à une touche d'admiration et/ou de respect.

A partir de là, il me semble que certains jeux ne méritent clairement pas le qualificatif d'artistique... Toutes les licences bâclées à des fins commerciales par exemple ! Et puis, la plupart des suites. Les jeux de sport "simulation", etc.
Ensuite, il y a les jeux de réflexion pure et dure et pour lesquels le concept est parfois simplement génial (pacman, tetris, etc). Est-ce de l'art ???

Maintenant, allez jouer à un zelda (au hasard : Ocarina of Time ) et tentez de défendre que ce n'est pas de l'art... Certes, il y a une fin commerciale. Mais les émotions suscitées par l'histoire, la musique et même les graphismes valent ce que j'ai pu ressentir devant certaines oeuvres au sens plus "classique" du terme. Je pense qu'il y a des jeux véritablement beaux, qui font rêver et qui vous laissent vous évader, à la façon d'un bon livre ou d'une bonne bande dessinée. D'ailleurs, un certain Sokal, auteur de bd, s'est reconverti dans le jeu vidéo version artistique (il y a moyen de trouver des interviews à ce sujet sur le net) (enfin, certains demanderont si la bd est un art... ). Des compositeurs se chargent des meilleures bandes sons. Tout le monde n'est pas capable non plus de dessiner un univers "magique".


Après n'avoir plus joué pendant des années, je me suis repris une console ce Noël. Adulte et médecin de formation (avec un emploi du temps particulièrement chargé), ça ne m'a pas empêché de passer plus de 150h rien que sur le dernier Call of Duty (m'occuper de la santé des gens en journée, flinguer mes voisins en soirée). Bon, conscient que j'ai un peu abusé, je pense revendre la fameuse console. Ceci me permet toutefois de parler plus en connaissance de cause que la plupart des gens. Prenons cet exemple - loin d'être poétique - de CoD4 : ce jeu présente une réalisation au-dessus de la norme et son scénario vaut mieux que celui de la plupart des films d'action qu'on peut voir au ciné. Est-ce de l'art ?

Autre exemple polémique : Bioshock (si vous comprenez l'anglais : http://fr.youtube.com/watch?v=lp8rTXUzbqE&feature=related très joli trailer... l'utopie d'un gars qui a créé une cité au fond de l'eau où les artistes ne craindraient pas la censure, où il n'y aurait pas d'éthique veine limitant la science, etc... et où finalement tout a mal tourné. Extrêmement violent, si vous commencez à regarder ces 3 minutes, assurez vous d'aller jusqu' à l'image des mains particulièrement jolie... (vous comprendrez))


En fin de compte, c'est bien cette question de savoir si on peut considérer le jeu vidéo comme de l'art qui m'apparaît centrale. Car si on lui accorde ce statut, il bénéficiera presque automatiquement d'une certaine immunité... (qu'est-ce qu'on est prêt à bouffer sous prétexte qu'on dit que c'est de l'art, ça me fait toujours bien rire !).

Aller, l'étape suivante sur ce topic est de lancer l'échange de Gamertag ^ ^ (possibilité offerte par les réseaux de jeux vidéos de se retrouver entre camarades de jeu, histoire de se tuer entre amis ^ ^ ce qui est tout de suite bcp plus sympa). Et n'oubliez pas : Work less, Play more !
Aucun véritable artiste n’espère vivre de son œuvre ; un artiste vit pour son œuvre et tâche de rester vivant. Pour cela un peu d’argent lui est nécessaire, je vous l’accorde.

Je vous conseille vivement la lecture d’une nouvelle peu connue de Houellebecq : « Rester vivant » (un insoutenable chef-d’œuvre) afin de vous retrouver dans la tête d’un artiste. Vous trouvez que mon exemple est mauvais, car Houellebecq se fait du fric avec ses romans (ce ne sont pas les meilleurs). Nous devrions lui demander si c’était son espoir ou le but de sa création.

Vous ne me parlez que d’esthétisme ou d’ornement, vous me dites que ces jeux vous ont fait rêver, qu’ils étaient si beaux qu’ils vous permis de vous évader. Réduire l’œuvre d’art au beau ou au rêve apporte une définition tronquée de celle-ci. L’artiste est un homme d’idées qu’il présente sous une forme ou une autre, toujours singulière. On appelle cela un style (vous l’aimerez ou vous le détesterez, vous le trouverez beau ou affreux) et celui-ci permet une revendication. L’artiste est celui qui signale l’autre chose, qui revendique « l’anti ». Le reste est un univers ludique, agréable certes, mais ludique. Le jeu entraîne l’absence de conscience, l’art, au contraire, la réveille.

Je parlais dans une autre discussion de l’œuvre de Beckmann. Son univers est tranchant, étouffant, sanglant, il dénonce l’horreur du nazisme. Il ne me fait pas rêver, sa peinture n’est pas là pour être belle (même si elle l'est), elle me fait souffrir, elle me rappelle toutes ces choses que je n’ai pas vécues et tous ces gens que je n’ai pas connus. Bref, elle est sublime (belle au sens de sublime), d’une liberté absolue, intemporelle et universelle. Elle est le lien entre eux et nous, entre vous et moi.

Pourquoi ne vois-je pas le jeu comme de l’art ? Vous me donnez vous-même la réponse : vous allez revendre votre console après y avoir passer tant d’heures ; une douce anesthésie en quelque sorte. On y revient : le jeu endort, l’art réveille. Je ne nie en aucun cas les bienfaits d’un petit voyage dans l’illusion, comment pourrais-je vivre autrement ? Une bonne catharsis (purgation de mes inhibitions ?) de temps en temps ; rien de tel : butez des types virtuels ou voir un match de boxe, chacun son truc. Vous êtes médecin, vous en avez besoin après une journée entière à côtoyer tant de malades. C’est bien légitime. Rien à redire.

Le jeu et l’art m’apparaissent comme deux notions radicalement opposées. Il est intéressant de penser que l’un pourrait devenir le support de l’autre sans lui nuire. L’art peut s’exprimer sur de nombreux socles, mais le jeu est support dangereux qui risque d’anéantir la matière même de l’art, puisque leurs vocations sont différentes. C’est votre exemple de Bioshock. Quel matériau vais-je utiliser pour donner corps à ma création ? Survivra t-elle ou sera-t-elle happée par le support même ? Au-delà du plaisir de voir de belles images, y a-t-il autre chose qui naît dans l’esprit des joueurs ? Ont-ils eu le temps de se pencher sur la philosophie véhiculée par ce jeu ? Je suis sceptique, mais rien ne me fait plus plaisir que de pouvoir changer d’avis. Je suis en constante (r)évolution.
Je suis assez d'accord avec tout ce qui est dis là, le jeux vidéo en lui même n'est qu'un divertissement. L'art viendra des détournements, de l'appropriation de ces jeux par les joueurs. Ça en est qu'au début, mais je suis persuadé qu'il en sortira quelque chose.
un article qui en parle
Je pense, sans vouloir vous offenser, que vous n'y connaissez rien. Avez vous déjà tenu une manette entre vos mains, commencé un bon jeu jusqu'à en voir la fin?

Si vous me répondez non, il me paraît évident que vous ne pouvez pas en parler sans commettre d'erreur.
Oui, comme beaucoup de gens, mais le jeu n'est pas ma passion première, grand sportif, je préfère le concret.
Cela dit, je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites : nous sommes pas obligés de faire l'expérience de tout pour pouvoir en parler. Je peux parler de l'héroïne sans l'avoir goûtée ; l'expérience des autres m'apporte un excellent terreau : c'est le travail de tout sociologue.
Bon, c'est peut-être involontaire, mais déjà, placer le jeu vidéo au même niveau que l'héroïne, c'est limite, c'est déloyal dans l'argumentation.

Ensuite, je vois dans votre argumentation que vous parlez beaucoup de ressenti. Mais je suis désolé, comment voulez vous comparer une chose aussi subjective qu'un ressenti sans l'avoir expérimenté vous même?

Pourriez vous parler de la peinture sans jamais avoir vu la moindre oeuvre de peintre? J'en doute très très fort.
Dire "le jeu vidéo n'est pas un art" sans s'y être intéressé de près, c'est pareil que de dire de l'art contemporain que c'est de la merde parce qu'on n'est pas allé chercher les subtilités qui le rendent intéressant.

Bon, c'est peut-être involontaire, mais déjà, placer le jeu vidéo au même niveau que l'héroïne, c'est limite, c'est déloyal dans l'argumentation.

Ensuite, je vois dans votre argumentation que vous parlez beaucoup de ressenti. Mais je suis désolé, comment voulez vous comparer une chose aussi subjective qu'un ressenti sans l'avoir expérimenté vous même?

Pourriez vous parler de la peinture sans jamais avoir vu la moindre oeuvre de peintre? J'en doute très très fort.
Dire "le jeu vidéo n'est pas un art" sans s'y être intéressé de près, c'est pareil que de dire de l'art contemporain que c'est de la merde parce qu'on n'est pas allé chercher les subtilités qui le rendent intéressant.

Mon exemple de l'héroïne est un peu fort, certes, mais l'argumentation de faire l'expérience de tout pour avoir le droit à la parole m'exaspère. On atteint vite des limites et puis, dans ce cas, à quoi réduisons-nous l'autre ? Celui qui nous fait partager son expérience ? Je devrais faire l'expérience du jeu à haute dose pour pouvoir m'exprimer à ce sujet ? Ma petite expérience me suffit et ma curiosité me poussera sans doute à y revenir de temps en temps pour me (re)faire ma "propre idée".

Et puis je parle d'une notion plus vaste : celle du jeu en général et là, mon expérience est grande. Avez-vous lu entièrement mon argumentation ? Je ne parle pas seulement de ressenti, mais aussi de support, du matériau. Un artiste peut très bien se lancer dans la conception d'un jeu vidéo sans que cela ne soit pour autant une œuvre d'art. En quoi cela est-il gênant ? Gainsbourg était un artiste, il a pourtant toujours refuser de voir son œuvre comme de l'art. Nous n'étions pas d'accord avec lui, soit. Chacun possède ses propres définitions de l'art et du reste, mouvantes par essence. Il n'y a en pas qu'une seule et unique. Libre à vous d'en avoir une autre que la mienne.
Alors il y a très très très peu d'artiste qui aie jamais vécu sur terre. L'argent n'est absolument pas une condition d'exclusion de l'art.

Il faut vivre dans un dénuement et dans un désintéressement total pour être artiste ? Mais TOUS les artistes ont un jour produit une oeuvre sur commande, elle n'en est pas moins une oeuvre, mais ils l'ont produit parce qu'ils devaient vivre. Les danseuses de Matisse étaient une commande et pourtant vous ne pourriez pas nier le fait que ce soit une oeuvre d'art.

Les jeux vidéos sont parfois des commandes, parfois pas. Ce qui vous dérange au fond, c'est l'aspect ludique et interactif, qui dénature l'art classique comme une oeuvre suffisante. Certains jeux vidéos au-delà de leur esthétisme sont des chefs d'oeuvre écrits, que l'on parle du scénario ou de l'univers abordé, voire du sujet même plus simplement.

Des univers comme Final Fantasy par exemple ne sont pas loin de se rapprocher d'oeuvre majeur en terme d'heroic fantasy comme celle de Tolkien ou même de Barjavel. La masse d'information produite et illustrée est phénoménale et est représentative d'une création présentée par plusieurs artistes. D'autres jeux, comme eXperience 112 sont des oeuvres d'art à part entière.

L'argent n'est pas du tout un critère discriminant. Ça voudrait dire que toute production qui n'émanerait pas du service public ou du désintéressement le plus total ne serait pas une oeuvre d'art. Donc aux oubliettes TOUT le cinéma hollywoodiens et français d'ailleurs, tout comme le cinéma indien, comme toutes les oeuvres musicales.
Vous m'avez vraiment mal lu. Je n'ai jamais dit que les artistes devaient vivre sans argent. J'ai dit que ce n'était pas le but ou le sens de leur vie de gagner de l'argent, le sens de leur vie, c'est leur création : ils vivent pour leur art, pas pour faire fortune, sinon ils seraient PDG de je ne sais quelle boîte, bien plus certain pour gagner de l'argent. Mais bien sûr il faut vivre pour créer et pour vivre, il faut de l'argent. C'est d'ailleurs très ennuyeux de devoir chercher du fric lorsqu'on crée ; on a quand même d'autres chats à fouetter...
Oh tiens, et je passe sur l'argumentaire du "une fois fini, vous revendrez votre console"...

Euh... Cette phrase montre à quel point vous ignorez que dans le monde des jeux vidéos il y a des piliers, des oeuvres majeures, d'une importance capitale qui fait que malgré leur mortalité prématurée, elles resteront pointées, décrites comme des oeuvres, et elles seront des sources d'inspiration pour les jeux qui suivront. Vous avez une idée très arrêtée de l'art, un art non-interactif, un art immortel et intemporel, un art absolu et élitiste au final.

L'art des pauvres, des sales et des plaisirs brefs existent aussi. D'ailleurs, l'art contemporain a depuis longtemps écarté cette définition morne de l'art. Combien d'artiste ont donné une finitude à leur oeuvre, qui se détruit par sa propre activité. Une oeuvre qui se consume est une oeuvre.
Link-stream a effectivement revendu sa console... et alors ? Ne vous mettez pas dans tous vos états, ce sont des choses qui arrivent...
Ah mais il y a un malentendu! J'ai simplement dit que le jeu vidéo était un formidable SUPPORT de l'art, que ce n'en était pas forcément. Au contraire, j'ai dit que ce qui faisait acheter un jeu était de deux ordres, technique et artistique, et que le technique prenait aujourd'hui largement le dessus, obligeant le marché à sortir plus d'oeuvres d'artisans que d'oeuvres d'artistes.

Pourtant, si on regarde la nature même de ce qui fait un jeu vidéo, sculpture, son, dessin, techniques cinématographiques et surtout GAMEPLAY, on s'aperçoit que le support est riche et très très enclin à l'art, un art très comparable au cinéma.

L'intéractivité, ou le gameplay, puisque c'est l'élément NOUVEAU, donc forcément sujet à polémique de la part des garants de l'ancien temps et qui veulent conserver telle quelle la définition de l'art, ça n'empêche pas DU TOUT dans les faits à un artiste de présenter son oeuvre sous une seule forme garante d'une vision (si j'ai bien compris le sens de votre deuxième paragraphe, c'est bien une des choses que vous reprochez au jeu vidéo... De toutes façons, ça lui est généralement reproché).

Dans le jeu video, l'avatar est à la fois une partie de l'oeuvre d'art, ET la représentation de soi marchant au milieu de l'oeuvre, comme lorsque je me promène au milieu des superbes sculptures de Michel Serra à Guggenheim Bilbao. Marcher au milieu d'une oeuvre, c'est déjà interagir avec elle, dans le sens où en se déplaçant, elle bouge par rapport à nous. Se placer face à une sculpture, c'est déjà renoncer à un seul point de vue pour en découvrir une infinité sur 360°

Le jeu vidéo démultiplie simplement les points de vue, car le nombre d'interactions n'est pas infini. J'ai bien vu des sculptures où le visiteur pouvait appuyer sur différents boutons pour que l'oeuvre change. C'est une interaction plus limitée, mais le fait est que c'est une interaction, et que ça n'empêche pas de faire face à une authentique oeuvre d'art qui permet de se questionner/rêver/etc.
Rien n'empêche un artiste, pour chaque point de vue, d'imposer sa vision. Un jeu en SOLITAIRE est d'ailleurs dirigé, ce qui limite les points de vue à ce que veut dire l'auteur, tout en laissant une relative liberté au joueur.

Ce qui m'amène à regarder votre deuxième argument:
le jeu vidéo est un jeu qui donne sa liberté au joueur, le jeu endort, l'art réveille... Donc le jeu vidéo n'est pas un art.

Mouais. Je ne vois pas vraiment d'où vous tenez cette affirmation (il me manque des connexions logiques personnellement pour passer du point A au point B). Peut être que je changerai d'avis en voyant tout ce qu'il y a pour connecter ces deux affirmations.

En attendant, c'est comme partout : le jeu peut distraire des efforts artistiques qui sont faits sur lui, mais je vous dirai que c'est loin d'être une fatalité. Comme dans toute oeuvre, il faut s'impliquer dedans, s'y arrêter pour en percevoir les subtilités. Tout le monde ne "savoure" pas un jeu, comme tout le monde ne regarde pas un film pour ses qualités artistiques mais pour aussi pour la la catharsis. D'ailleurs, vous qui parlez de catharsis, vous devriez savoir que contrairement à ce que vous semblez dire, c'est un phénomène très présent dans l'art.
Il y a deux types de joueurs. Ceux qui savourent, qui explorent chaque interaction pour aller au bout de l'oeuvre, et ceux qui veulent finir le plus vite, péter la yeule des monstres et sauver la princesse.

Il me semble absurde de croire que le jeu vidéo est dans l'incapacité de réveiller les consciences. Il peut très bien le faire en profitant de l'immersion du joueur dans le monde virtuel. Je donne un exemple. Vers la fin de Silent Hill 3 (un de mes jeux préférés), jeu à l'univers qui rappelle celui de David Lynch, assez malsain, (je vous défie de finir Silent Hill 2 ou 3 et de m'affirmer que ce n'est pas une oeuvre d'art), on est amené à rencontrer un des personnages clés de l'histoire dans un confessionnal. Ce personnage ne sait pas que c'est vous qui êtes derrière le panneau de bois, et à ce moment là, vous sentez à la fois de la répulsion et de la pitié pour lui. Il se confesse, et vous vous retrouvez devant un choix moral assez horrible, si je me souviens bien, digne d'un dilemme Cornélien. Ce personnage est totalement impardonnable, et pourtant, le voilà en train de vous demander pardon: http://youtube.com/watch?v=jCJegCnwXWw Si vous comprenez l'anglais, allez y jeter un oeil. On n'avait absolument pas besoin, pour que le jeu soit ludique, d'intégrer une telle séquence qui se trouve être par la suite sans vraie conséquence. Pourtant, ce sont des détails comme ça, non ludiques, qui ont fait le succès de ce jeu

Autre séquence de Silent Hill 3(un des jeux les plus artistiques que je connaisse) le moment capté dans cette vidéo où les murs d'une pièce sont envahis par le sang comme une jambe par la gangrène. http://youtube.com/watch?v=tkYtflr1KsM

Des jeux comme ça, il y en a des centaines, il faut juste les connaitre. Mais c'est vrai qu'ils crachent avec la norme de l'industrie actuelle: faire de la technique pour impressionner les yeux. Du feu d'artifèce sans imagination.
Tout à fait d'accord pour la cartharsis, but de la tragédie, mais vous remarquerez que j'ai transformé à dessein la définition (purgation de mes inhibitions), c'était un clin d'œil. Le forum manque d'humour aujourd'hui.
Et le reste du message que j'ai mis une heure à écrire?

Et le reste du message que j'ai mis une heure à écrire?


Ben oui, désolé, mais j'avais des choses à faire dans le monde concret... Je vous réponds ce matin.
Ah mais il y a un malentendu! J'ai simplement dit que le jeu vidéo était un formidable SUPPORT de l'art, que ce n'en était pas forcément. Au contraire, j'ai dit que ce qui faisait acheter un jeu était de deux ordres, technique et artistique, et que le technique prenait aujourd'hui largement le dessus, obligeant le marché à sortir plus d'oeuvres d'artisans que d'oeuvres d'artistes.
Merci de souligner la différence…

Effectivement… je souligne…

Pourtant, si on regarde la nature même de ce qui fait un jeu vidéo, sculpture, son, dessin, techniques cinématographiques et surtout GAMEPLAY, on s'aperçoit que le support est riche et très très enclin à l'art, un art très comparable au cinéma.

Oui, il pourrait être « art total » comme vous le définissez, pourtant il ne dure pas… Est-ce parce qu’il a vocation à être un happening ? Une performance artistique destinée à mettre en valeur son créateur ? Cela pourrait se concevoir… Mais, en vérité, c’est juste qu’il lasse, qu’un nouveau « produit » meilleur, plus performant, plus beau, est arrivé sur la marché.

L'intéractivité, ou le gameplay, puisque c'est l'élément NOUVEAU, donc forcément sujet à polémique de la part des garants de l'ancien temps et qui veulent conserver telle quelle la définition de l'art, ça n'empêche pas DU TOUT dans les faits à un artiste de présenter son œuvre sous une seule forme garante d'une vision (si j'ai bien compris le sens de votre deuxième paragraphe, c'est bien une des choses que vous reprochez au jeu vidéo... De toutes façons, ça lui est généralement reproché).

Il n’y a pas selon moi d’ancien et de nouveau temps, c’est une vieille idée ; de la même manière que le « progrès » n’est pas une constante (des heuts et des bas, des périodes lumineuses et d'autres obscures). Je me nourris de tout ce que je trouve depuis l’antiquité jusqu’à aujourd’hui. J’apprécie Montaigne et Jackie Berroyer. Ce n’est pas contradictoire. J’aime que les définitions évoluent, mais évoluer ne veut pas dire : supprimer la définition précédente et en donner une autre totalement différente. Les évolutions phonétiques (nous ne nous appuyons jamais sur elles, elles nous donnent pourtant des indices) sont là pour nous rappeler à quel point les modifications se font lentement. Je reproche au jeu vidéo d’être un produit et non pas une œuvre. En quoi serait-il atemporel puisqu’il peut-être remplacé, renié, oublié dès qu’un autre produit arrive sur le marché ? Vous rappelez-vous le nom des « artistes », créateurs de jeux vidéos de l'année passée ou de celle d'avant s'ils n'ont pas fait autre chose que des jeux... et cinq ans en arrière ? Vous ont-ils bouleversés au point que vous continuiez à «utiliser» leurs jeux ? Le jeu n’a-t-il pas une fin en soi ?

Dans le jeu video, l'avatar est à la fois une partie de l'oeuvre d'art, ET la représentation de soi marchant au milieu de l'oeuvre, comme lorsque je me promène au milieu des superbes sculptures de Michel Serra à Guggenheim Bilbao. Marcher au milieu d'une oeuvre, c'est déjà interagir avec elle, dans le sens où en se déplaçant, elle bouge par rapport à nous. Se placer face à une sculpture, c'est déjà renoncer à un seul point de vue pour en découvrir une infinité sur 360°

Oui, certains musées proposent ce genre de visite virtuelle. D’accord sur le fait de pouvoir voir les choses sous n’importe quel angle et je n’ai pas dit que l’univers virtuel manquait d’intérêt de ce point de vue (il n’y a pas que le jeu, le fait d’être sur ce site en est la preuve parfaite), c’est un outil supplémentaire et formidable. Mais les sculptures de Richard Serra existent déjà : c’est donc une reproduction, non une création. Je vous parlais de véritable création, d’un support comme matière première à transformer, comme le marbre pour un sculpteur ou la toile pour un peintre. Or le jeu reste un jeu, ce n’est pas un support que l’on transforme. Je crois qu’il y a eu confusion sur la définition de support. Sans doute me suis-je mal exprimé.

Le jeu vidéo démultiplie simplement les points de vue, car le nombre d'interactions n'est pas infini. J'ai bien vu des sculptures où le visiteur pouvait appuyer sur différents boutons pour que l'oeuvre change. C'est une interaction plus limitée, mais le fait est que c'est une interaction, et que ça n'empêche pas de faire face à une authentique oeuvre d'art qui permet de se questionner/rêver/etc.

Si vous concédez une réelle valeur artistique au jeu virtuel, pourquoi parlez-vous alors « d’authentique » œuvre d’art ?

Rien n'empêche un artiste, pour chaque point de vue, d'imposer sa vision. Un jeu en SOLITAIRE est d'ailleurs dirigé, ce qui limite les points de vue à ce que veut dire l'auteur, tout en laissant une relative liberté au joueur.

Je ne suis pas d’accord avec le verbe « imposer ». Un artiste donne, offre, propose son angle de vue, nous ne sommes pas contraints devant son œuvre et nous avons l’entière liberté d’y voir ce que l’on veut. L’univers du jeu n’est-il pas rempli de contraintes ? Il y a quelque temps, j'ai vu en archives un entretien de Marco Ferreri au sujet de son film (le meilleur selon moi) : La grande bouffe, où le journaliste lui demandait ce qu’il avait voulu dire : Ferreri explique sommairement son idée et puis, finalement conclut qu’il laisse aux autres le travail de l’interprétation. Lui il crée et nous avons le champ libre de l’interprétation.

Ce qui m'amène à regarder votre deuxième argument:
le jeu vidéo est un jeu qui donne sa liberté au joueur, le jeu endort, l'art réveille... Donc le jeu vidéo n'est pas un art.
Mouais. Je ne vois pas vraiment d'où vous tenez cette affirmation (il me manque des connexions logiques personnellement pour passer du point A au point B). Peut être que je changerai d'avis en voyant tout ce qu'il y a pour connecter ces deux affirmations.


Il endort, car de mon point de vue, c’est un divertissement qui nous détourne de la réalité, qui nous fait fermer les yeux sur ce qui constitue la réalité. Je me suis trompé en répondant à Link, je crois que c’est Pascal qui parlait de divertissement en ce sens. Enfin, je ne sais plus, je confonds Montaigne et Pascal et c’est un crime (hum hum). Mais attention, c’est très bien de se divertir, nous ne pourrions pas supporter de garder les yeux ouverts sur notre réalité constamment. Cela dit, l’art peut être un divertissement aussi (il y a eu assez de querelles à propos de la comédie), mais il va au-delà. Je crois au contraire qu’il nous offre une peinture du monde tel que nous ne parvenons pas à le voir habituellement. Si vous voulez, il nous ouvre plus grands nos yeux. En cela, je parle d'éveil et de sommeil.
Ce qui m’ennuie également dans le jeu et qui pour moi l’éloigne de ma définition de l’art, c’est qu’il représente un cercle fermé. D’ailleurs ne parlez-vous pas de faire le tour du jeu pour parvenir à la fin de celui-ci ? Si vous en faites le tour, c’est donc un cercle (enfin un truc fermé). C’est un monde clos qui tourne sur lui-même, comme une petite roue de hamster. Je peux recommencer le même jeu pour me perfectionner ou en faire un autre. De toute façon, il y a une fin.
Le spectre artistique est large et infini, avec lui je suis sur une route qui ne finit jamais. Vous allez me dire qu’un livre à un début et une fin : oui, mais sa fin est le commencement de ma réflexion : je change, je me transforme et je ne reviendrai pas en arrière : je serai autre. Prenons le cas du roman initiatique (le vrai), nous partons d’un point A que nous quittons pour toujours, pas question de recommencer, imperfections ou non. C’est au fond aussi accepter ma vulnérabilité, le fait que je puisse perdre, échouer, être imparfait : je vois tout cela dans l’art, dans la peinture d’Egon Schiele, par exemple, qui peint nos corps torturés et contorsionnés.
Le jeu fait de moi le super héros que je ne suis pas et si je n’y arrive pas, il me suffit de recommencer… Nous maîtrisons les choses, nous avons un pouvoir : je pense immédiatement à la pièce de Jean Giraudoux, Amphitryon 38 : dans une scène Jupiter se transforme en homme pour se taper une nana dont il a envie et il fait cette réflexion : pour la première fois je me sens vraiment maître des dieux… et Mercure lui répond : « Alors vous voilà vraiment homme ». Cela dit, quel soulagement d’être parfois ce super héros et en cela, je ne condamne aucunement les joueurs. Mais le jeu ne me fait pas avancer. Je tourne, je répète les mêmes choses, les mêmes gestes, même si les possibilités et les options sont grandes. Je n'aime pas qu'un univers soit circonscrit, il doit nous offrir la possibilité de changements nombreux et inattendus.

En attendant, c'est comme partout : le jeu peut distraire des efforts artistiques qui sont faits sur lui, mais je vous dirai que c'est loin d'être une fatalité. Comme dans toute oeuvre, il faut s'impliquer dedans, s'y arrêter pour en percevoir les subtilités. Tout le monde ne "savoure" pas un jeu, comme tout le monde ne regarde pas un film pour ses qualités artistiques mais pour aussi pour la la catharsis. D'ailleurs, vous qui parlez de catharsis, vous devriez savoir que contrairement à ce que vous semblez dire, c'est un phénomène très présent dans l'art.
Il y a deux types de joueurs. Ceux qui savourent, qui explorent chaque interaction pour aller au bout de l'oeuvre, et ceux qui veulent finir le plus vite, péter la yeule des monstres et sauver la princesse.


Je vous ai répondu à propos de la catharsis et oui, c’est exact, c’est une des « fonctions » géniales de l’art, j’avais juste changé les mots de sa définition. Vous me parlez de deux types de joueurs, d’accord, mais vous semblez dire que l’un ne serait là que pour apprécier la beauté du jeu et l’autre pour gagner. Dans le cas du premier groupe, je vous dirais alors pourquoi jouer ? Il peux apprécier la beauté autrement. Il me semble que vos deux catégories veulent tout de même sortir victorieux de tout cela. J’espère toutefois que la catégorie 1 est plus représentée que l’autre.

Il me semble absurde de croire que le jeu vidéo est dans l'incapacité de réveiller les consciences. Il peut très bien le faire en profitant de l'immersion du joueur dans le monde virtuel. Je donne un exemple […].

Dans les exemples que j’ai autour de moi de grands joueurs, aucun n’a jamais évoqué cet éveil de conscience. Ils passent des heures solitaires à jouer et je ne suis pas sûr qu’il soit face à eux-mêmes (ma conception de la solitude) d'où encore cette idée de sommeil de la conscience.
Je vais bien sûr regarder vos liens de très près dès que je trouve une minute. Vous défendez d’ailleurs très bien votre point de vue et si le jeu peut provoquer une telle rhétorique, il n’est pas vain, même si je ne lui reconnais pas la valeur artistique que vous lui accordez.

Des jeux comme ça, il y en a des centaines, il faut juste les connaitre. Mais c'est vrai qu'ils crachent avec la norme de l'industrie actuelle: faire de la technique pour impressionner les yeux. Du feu d'artifèce sans imagination.

Oui, je retiens surtout les conséquences consuméristes de l’époque. Selon moi, on tente de faire des jeux perfectionnés à des fins lucratives uniquement… C’est donc, d’une certaine façon nier le joueur, le réduire à un simple consommateur et nier l’art dans ce qu’il pourrait avoir de non vendeur. C’est aussi nier l’art, je le répète, dans sa fonction atemporelle puisqu’un produit remplace et donc efface l’autre.

Il faut penser et contrepenser, sinon les choses sont vaines, j’espère que ma réponse à vos propos illustrera cette idée.
Comme cela a déjà été noté et sans aucune prétention ni dédain, je me demande sérieusement si vous savez de quoi vous parlez. Au sujet des jeux vidéo, bien sûr.

Oui, il pourrait être « art total » comme vous le définissez, pourtant il ne dure pas… Est-ce parce qu’il a vocation à être un happening ? Une performance artistique destinée à mettre en valeur son créateur ? Cela pourrait se concevoir… Mais, en vérité, c’est juste qu’il lasse, qu’un nouveau « produit » meilleur, plus performant, plus beau, est arrivé sur la marché.

Faux, il existe des jeux intemporels, qui ignorent l'évolution du marché tant qu'on accepte leurs limites techniques (à l'image d'un film des années 20 qu'on accepte de regarder même s'il est en noir et blanc et muet). Vous semblez considérer les joueurs comme des inconstants qui ne sont attirés que par les performances techniques ! Il est vrai que certains jeux misent sur cet aspect (notamment les premiers jeux d'une console : récemment, on a vu de jolies coquilles vides sur Xbox 360 et PlayStation 3), mais il existe aussi des titres profonds (parfois avec une technique trop faible pour les ambitions des créateurs) tels que GTA.

Je reproche au jeu vidéo d’être un produit et non pas une œuvre. En quoi serait-il atemporel puisqu’il peut-être remplacé, renié, oublié dès qu’un autre produit arrive sur le marché ? Vous rappelez-vous le nom des « artistes », créateurs de jeux vidéos de l'année passée ou de celle d'avant s'ils n'ont pas fait autre chose que des jeux... et cinq ans en arrière ? Vous ont-ils bouleversés au point que vous continuiez à «utiliser» leurs jeux ? Le jeu n’a-t-il pas une fin en soi ?

Remplacé ? Certains jeux, sans doute. D'autres, non. Que je sache, énormément de joueurs ont toujours de forts liens avec un ou plusieurs jeux passés. Il suffit de visiter des forums de jeux pour se rendre compte de l'impact toujours très grand de titres sortis il y a 5, 10, 15 ans ! A tel point que pour certains, ces jeux passés sont plus importants que ceux qui sortent actuellement ! Il s'agit parfois d'une fausse nostalgie arrosée de mauvaise foi, ce qui m'irrite énormément, mais il est vrai que quelques titres resteront des grands moments du jeu vidéo et que nul ne pourra les remplacer. Vous êtes vraiment focalisé sur l'idée de produit, à tel point que vous semblez ignorer qu'il y a quelque chose sous l'emballage ! Quelque chose qui a demandé aux créateurs du temps et de l'imagination !

Contrairement à ce que vous semblez penser, les joueurs connaissent les noms des créateurs. Il est vrai que pendant longtemps, le jeu vidéo s'est bâti sur les noms de ses séries pour continuer à se vendre, et cela est toujours vrai, mais de plus en plus, les noms jouent un rôle dans l'intérêt porté aux jeux. Même si on n'en est encore loin... Récemment, Peter Molyneux (un célèbre créateur, notamment à l'origine de Black & White et Fable) déplorait justement le manque d'influence des personnalités dans le domaine. Au-delà de Shigeru Miyamoto, Sid Meier, Hironobu Sakaguchi et d'autres, il est vrai qu'il faut s'intéresser au sujet pour mettre un ou des noms sur les oeuvres.

Je ne suis pas d’accord avec le verbe « imposer ». Un artiste donne, offre, propose son angle de vue, nous ne sommes pas contraints devant son œuvre et nous avons l’entière liberté d’y voir ce que l’on veut. L’univers du jeu n’est-il pas rempli de contraintes ? Il y a quelque temps, j'ai vu en archives un entretien de Marco Ferreri au sujet de son film (le meilleur selon moi) : La grande bouffe, où le journaliste lui demandait ce qu’il avait voulu dire : Ferreri explique sommairement son idée et puis, finalement conclut qu’il laisse aux autres le travail de l’interprétation. Lui il crée et nous avons le champ libre de l’interprétation.

Ce qu'un jeu impose, c'est son visuel et sa technique. En gros, comment on y joue. Tout comme le cinéaste nous impose sa mise en scène, l'auteur d'un livre son style, l'artiste la plastique de son oeuvre, etc. Mais le jeu vidéo propose aussi sa part de réflexion, de liberté d'interprétation. Je pense ici aux oeuvres de Fumito Ueda (qui a créé ICO et Shadow of the Colossus), qui se refuse à donner un scénario précis et complet pour laisser le joueur réfléchir lui-même et imaginer ce qu'il se passe à la fin, où l'enseignement qu'il faut en tirer.

Evidemment, il existe aussi des jeux qui imposent leur message. Tout comme certains films, certains livres, certaines oeuvres, où l'auteur a quelque chose a dire et fait en sorte de le dire. Je pense ici à Metal Gear Solid 2, où son créateur Hideo Kojima nous délivre sa réflexion sur la culture globale à l'ère numérique. Il nous l'assène un peu sèchement en fin de jeu, mais il faut dire que je n'ai pas vu beaucoup de titres ayant un regard aussi juste sur la culture Internet (les fameux "memes"), même si le jeu y mêle des éléments de fiction.

D'autres jeux donnent la possibilité d'en faire une vraie analyse littéraire ou cinématographique, tant un grand soin a été apporté à leur texte ou à leur mise en scène.

Il endort, car de mon point de vue, c’est un divertissement qui nous détourne de la réalité, qui nous fait fermer les yeux sur ce qui constitue la réalité. Je me suis trompé en répondant à Link, je crois que c’est Pascal qui parlait de divertissement en ce sens. Enfin, je ne sais plus, je confonds Montaigne et Pascal et c’est un crime (hum hum). Mais attention, c’est très bien de se divertir, nous ne pourrions pas supporter de garder les yeux ouverts sur notre réalité constamment. Cela dit, l’art peut être un divertissement aussi (il y a eu assez de querelles à propos de la comédie), mais il va au-delà. Je crois au contraire qu’il nous offre une peinture du monde tel que nous ne parvenons pas à le voir habituellement. Si vous voulez, il nous ouvre plus grands nos yeux. En cela, je parle d'éveil et de sommeil.

Il endort ? Comment l'un des produits (j'évite "art", pour vous faire plaisir) les plus participatifs peut-il endormir ? Il nous détourne de la réalité ? Mais pourquoi est-ce mal ? Certains films nous permettent de nous évader l'espace d'un instant, d'oublier nos souci et de se faire plaisir. Même chose avec un bon livre. Visiter un musée peut être un enchantement. On est en droit de demander à certains jeux de nous offrir autre chose que la réalité, de nous laisser l'occasion de voyager ailleurs et de suivre la vie d'autres personnes. Evidemment, à côté de cela, il y a les livres/films/oeuvres qui nous mettent face à la réalité, à notre monde tel qu'il est. Certains jeux le font aussi... Quelqu'un ici a déjà très bien parlé de GTA en tant que satyre sociale. C'est totalement vrai. Il suffit de monter dans une voiture et d'écouter la radio pour comprendre que les créateurs ont eu envie de se moquer farouchement des débats ridicules qu'on peut voir parfois (je me souviens d'un débat sur la faim dans le monde où l'un des intervenants s'exclame : "il faut tuer ceux qui ont faim pour arrêter la faim dans le monde !". Des fois on n'en est pas loin...).

Vous généralisez beaucoup trop. J'ai vraiment peur que ce soit à cause d'une méconnaissance du jeu vidéo !

Ce qui m’ennuie également dans le jeu et qui pour moi l’éloigne de ma définition de l’art, c’est qu’il représente un cercle fermé. D’ailleurs ne parlez-vous pas de faire le tour du jeu pour parvenir à la fin de celui-ci ? Si vous en faites le tour, c’est donc un cercle (enfin un truc fermé). C’est un monde clos qui tourne sur lui-même, comme une petite roue de hamster. Je peux recommencer le même jeu pour me perfectionner ou en faire un autre. De toute façon, il y a une fin.

C'est vrai. Et vous dites ensuite qu'on ne peut pas dire la même chose d'un livre. Alors je ne vous suis pas... Il est vrai qu'il y a des jeux qu'on peut refaire et qui ne changent pas. Ce sont souvent des jeux très scénarisés, qui ne décrochent pas des péripéties que les créateurs veulent faire vivre au joueur (par exemple les FPS scriptés, à savoir les jeux de tir à la première personne où les événements qui se déroulent pendant les phases de jeu sont prédéfinis pour leur donner un côté impressionnant). C'est parfois du grand spectacle, mais c'est fait pour se détendre, après tout, et généralement ce type de jeu ne s'en cache pas. Cependant, il y a d'autres jeux ouverts à la réflexion, qui ne laissent pas indifférents une fois terminés. Il y a même des jeux qui demandent d'être refais plusieurs fois pour comprendre toutes ses subtilités ! Si je n'avais pas pris la peine de jouer plusieurs fois à Final Fantasy XII, par exemple, je n'aurais jamais pu saisir toute la densité de son excellent scénario. Je vous assure, il existe des jeux où la fin n'est que le début !

Oui, je retiens surtout les conséquences consuméristes de l’époque. Selon moi, on tente de faire des jeux perfectionnés à des fins lucratives uniquement… C’est donc, d’une certaine façon nier le joueur, le réduire à un simple consommateur et nier l’art dans ce qu’il pourrait avoir de non vendeur. C’est aussi nier l’art, je le répète, dans sa fonction atemporelle puisqu’un produit remplace et donc efface l’autre.

C'est regrettable même si compréhensible. Il existe des jeux où, malgré le statut de produit, les créateurs ont réussi à donner un intérêt culturel ou artistique à leur oeuvre. Dans ces jeux, et je parle en connaissance de cause, le joueur n'est pas pris pour un imbécile ou un porte-monnaie ambulant. Les créateurs ont un grand respect à son égard. En gros, je tente ici de différencier les jeux à licence (sous-entendu tirés de films, ils sont souvent médiocres) ou les jeux de sport (un tous les ans, presque le même que le dernier !) des jeux originaux, où l'on trouve un vrai travail de recherche et de cohérence. Tous les exemples que j'ai cité ci-dessus appartiennent à cette catégorie. On a aussi cité Silent Hill auparavant, il s'agit d'un autre exemple notable.
Jéremy,
Je n’ai malheureusement pas le temps de vous répondre aussi longuement que je le souhaiterais. Je vois bien que cela vous énerve que je ne considère pas le jeu vidéo comme l’égal d’un film de John Schlesinger. Cela viendra peut-être un jour, mais ils n’ont pas, pour l’instant, ma reconnaissance en tant que tel. Ce qui, en soi, n’a rien de grave car je ne pèse pas plus lourd que vous dans la balance humaine. Mais je me pose une question : en quoi cela vous dérange t-il que le jeu vidéo ne soit pas considéré par certains (dont moi) comme de l’art ? En quoi est-ce ennuyeux que je ne leur confère pas l’atemporalité et l’universalité de l’art (vous comprenez que pour l’art le temps « se mesure » en siècle) ? Il y a des tas de choses que j’apprécie et peu m’importe que ce ne soit pas considéré comme de l’art.
Bon, déjà, vous trouvez avec moi (avec Jeremy, je ne sais pas) un petit terrain d'entente. Nous sommes d'accord avec le fait que le jeu vidéo PUISSE être un magnifique support de l'art.
Mais maintenant, vous nous avez dit vous même, les jeux vidéo, c'est pas trop votre truc. Vous vous basez sur les joueurs que vous croisez dans la rue, les jeux dont on parle le plus et sur les raisons qui font qu'on en parle le plus.
Je prend l'exemple de GTA, très révélateur de ce qui ressort des jeux vidéo quand les médias en parlent et font le lien avec ceux qui ne s'y sont pas intéressés. GTA, c'est un jeu techniquement très innovant, un travail très rigoureux d'artisan, de matheux. Ils ont bien réussi à copier la réalité. Dans une pub, c'est en général ce qu'on met en avant, c'est ce qui fait le plus vendre. C'est comme ça, et ce sera comme ça pendant une ou deux décennies encore. (je préfèrerais une décennie).
De tout ce qui n'est PAS technique, les médias ne retiennent que la violence. Normal que ceux qui ne connaissent pas soit se révoltent, soit acceptent les jeux dans leur ensemble comme une machine à catharsis. Mais les médias auraient pu s'intéresser à tout un tas d'autres choses, comme ce qui a été dit par Jeremy et d'autres ASInautes. GTA, c'est aussi un support satirique, vingt radios, plusieurs chaines de télé, des affiches publicitaires parodiques omniprésentes. L'angle des journalistes est toujours le même. La violence. Soit un jeu est non violent, alors on n'en parle pas (ou peu, un psychanalyste soignant les enfants autistes avec le jeu "ICO" est tout de même passé aux JTés, maigre consolation), soit il est violent, soit on est OBLIGE d'en parler parce qu'il engendrera plus de fric qu'un blocbuster de cinéma (chance ! le jeu dont ils ont été obligé de parler était aussi violent).

Vous connaissez CERTAINS jeux et ce qu'on en dit. Pour vous, le support n'a jamais engendré d'oeuvre d'art... C'est trop improbable... Vous avez vaguement parlé a des adolescents (pas trop, c'est contagieux de bêtise) qui vous ont permis de vous représenter une population type des joueurs. Si ce type de joueur boutonneux et débile était si majoritaire dans le milieu, on ne jouerait qu'à des démonstrations techniques.
Nous vous avons pourtant donné des contre exemples, rares, mais pour lesquels argent ne rime pas forcément avec absence d'art (tiens, encore un parallèle avec le cinéma, mais bon Jeremy l'avait déjà fait). Les plus aboutis sont ICO et SHADOW OF THE COLOSSUS.

Aujourd'hui, les outils de développement récents sont chers, créer un jeu nécessite d'être une équipe, ce sont des obstacles aux artistes. Et pourtant, pourtant, dans la liste de contre exemples, certaines toutes petites équipes au budget riquiqui arrivent à faire parler d'eux pour leurs idées originales. Je prend l'exemple de Penumbra. Un jeu méconnu, aux graphismes vieillissants dès la sortie mais que la critique (qui, et j'en fais partie des critiques, ne se base pas QUE sur des critères techniques pour noter un jeu) a aimé.

On constate aussi un nouveau phénomène qui concerne les moteurs graphique. Dans un jeu, le moteur graphique, c'est ce qui permet le calcul des images de synthèse du jeu au fur et à mesure qu'on y joue. Il gère le placement de textures (qui permettent à un modèle en trois dimension de ressembler à quelque chose), il gère les animations, il définit ce qui est vertical, horizontal, il définit la gestion de la lumière et de la physique. En bref, il définit les règles, les lois du monde dans lequel le joueur est immergé. Nous sommes soumis aux trois lois de Newton, les mondes vidéoludiques sont soumis aux moteurs graphiques.
Pour chaque jeu, on avait l'habitude de créer un nouveau moteur graphique, ce qui prenait énormément de temps et d'argent, et qui nécessitait un travail de spécialistes.
Aujourd'hui, des moteurs graphiques qui permettent de bien imiter la réalité sont mis en vente pour d'autres studios de développement ET MAINTENANT pour des amateurs.
Le moteur source, de Half Life 2, sert à plusieurs dizaines de jeux totalement indépendants. L'unreal engine 3, créé pour Unreal Tournament 3, a permis de créer Bioshock, de Ken Levines. Les peintres trouvent des chevalets et des pinceaux à Castorama, les créateurs de jeux vidéo trouveront bientôt tous leurs outils à prix réduits sur le net.

Bon, je ne vais pas parler trop longtemps. Mais sachez juste que si je défend avec acharnement le fait que les jeux video soient un art, c'est pour plusieurs raisons:
J'ai joué à des jeux vidéo qui justement ont eu l'effet sur moi d'œuvres d'art. Ensuite, j'ai grandi avec cet univers que je vois marginalisé, considéré de haut. Je suis passionné par lui. Je me suis posé la question longtemps, avant de conclure qu'il était sous estimé, très largement sous estimé par des gens qui ne sont pas de mauvaise volonté mais qui ont des préjugés.
Avez-vous parlé des Final Fantasy, jeux et films? Pure illustration d'une adaptation d'une suite de jeux vidéos adaptée au cinéma. Ne parlons pas de l'aspect musical.
Ils ont été évoqués il me semble.
Ce qui me dérange, c'est qu'on écorche mon prénom ! :p

Blague à part, cela me dérange pour la même raison que Batiste (pas de faute, notez !), à savoir parce que j'ai fait l'expérience de jeux au potentiel artistique extrêmement fort. Il me semble utile de citer encore une fois Shadow of the Colossus, le meilleur faire-valoir de cet "autre" jeu vidéo, conçu avec talent et maîtrise, et surtout qui cherche à explorer plus profondément le rapport sensoriel unique du jeu au joueur.

Je comprends cependant très bien ce que vous dites, et j'aimerais mesurer un peu le propos : au final, cela ne me perturbe pas tant que ça que le jeu vidéo ne soit pas considéré comme un art. Cela m'agace juste au sujet de certains jeux (dont ceux que j'ai déjà cité) car ils le mériteraient bien. En revanche, je me sens plus concerné par les préjugés dont parle Batiste, et que je vois transparaître dans votre message ! J'ai juste voulu apporter quelques exemples de jeux dignes d'intérêt et ne réfutant ces préjugés. En revanche, je ne peux rien garantir...
Vu le nombre de fois où on a osé m'appeler Jean Baptiste ou Baptiste tout court, je ne me plaindrais pas trop à votre place !
Pour votre prénom, désolé, mon cousin s'appelle "Jérémy" !
Non, pas de préjugés, mais un point de vue forcément engagé. Je vais cependant aller voir de plus près ce qui a de l'importance pour vous, histoire de parler davantage de ma propre expérience. Je ne suis pas figé dans le marbre, rassurez-vous !

Oui, comme beaucoup de gens, mais le jeu n'est pas ma passion première, grand sportif, je préfère le concret.


Alors là, on touche le fond.
Ok, on a compris que vous n'aimiez pas les jeux vidéo, pas de problèmes. Mais vomir autant de mauvaise foi c'est fort.
"Je préfère le concret", "voyez vous moi je suis un grrraaand sportif, je ne me lobotomise pas devant un écran à faire bouger des images"
Si vous pouviez m'expliquer en quoi il est plus "concret" d'aller transpirer un coup en remuant son derrière que de vivre une expérience vidéo ludique ce serait pas du luxe (bonne chance).

Alors là, on touche le fond.
Ok, on a compris que vous n'aimiez pas les jeux vidéo, pas de problèmes. Mais vomir autant de mauvaise foi c'est fort.
"Je préfère le concret", "voyez vous moi je suis un grrraaand sportif, je ne me lobotomise pas devant un écran à faire bouger des images"
Si vous pouviez m'expliquer en quoi il est plus "concret" d'aller transpirer un coup en remuant son derrière que de vivre une expérience vidéo ludique ce serait pas du luxe (bonne chance).


Je sens que l'on touche à un grand tabou compte tenu des réactions. Mon but n'était pas de vous blesser. Je n'aime pas et ce n'est pas un crime. Voilà un droit que je revendique. Je ne vous demande pas d'aimer le hockey... Le sport fait effectivement partie de ma philosophie de vie, et je pourrais vous expliquer longuement pourquoi. Mais ce n'est pas le lieu, ni le sujet. Je voulais simplement dire que je passe effectivement davantage mon temps libre à l'extérieur si j'en ai l'occasion. Où est le problème ?

Où est le problème ?


L'esquive facile pour éviter de répondre à la question, j'adore. Rassure toi, tu n'es pas près de blesser qui que ce soit (en tout cas certainement pas moi). Comme tu dis, tu n'aimes pas et c'est pas un crime, je reconnais qu'il n'y a aucun problème là dedans. Ceci dit, ça ne t'empêche pas de casser du sucre sur le dos des gamers. Enfin, trêve de tergiversation, tu allais m'expliquer en quoi il est plus concret de faire du sport que de s'adonner au jeu vidéo, ça, ça m'intéresse beaucoup.
Je n'allais pas te l'expliquer, je croyais que tu le savais : lorsque je fais du sport, je ne suis pas dans un monde virtuel. Voilà pourquoi j'ai employé le mot "concret". Le monde des jeux est virtuel. Là encore je ne vois pas où est le problème. Ferais-tu du surf en été ? Je ne vois vraiment pas en quoi je casse du sucre sur le dos des gamers, comme tu le penses, mais simplement, je trouvais centrale la question de l'art. Elle vient, je te le rappelle, d'une comparaison étrange avec Sade... Mais tu sembles appartenir à un groupe (un de plus !) ; j'ignorais que le fait de "jouer" pouvait nous couper des autres (ceux qui ne sont pas des adeptes) aussi facilement.
Pardon de me mêler mais par exemple:

Dans un jeu vidéo, je joue au foot, je dois courir après un ballon et il y a plein de joueurs virtuels sur le terrain. Je me pète la gueule. Je me pète une jambe, je repars sur la civière. Concrètement je ne vais pas à l'hosto, pisk'en vrai je suis sur mon fauteuil.

Sur terre, je joue au foot, je dois courir après un ballon de foot et il y a plein de joueurs virtuels sur le terrain. Je me pète la gueule. Je me pète une jambe, je repars sur la civière. Concrètement je vais à l'hosto, pisk'en vrai j'ai une fracture ouverte.
C'est un argument de taille. Vous êtes divine ! Mais prendre un petit risque de temps en temps, c'est bien aussi, non ? Et puis, le dimanche soir aux urgences... c'est tout un poème et ça fait des souvenirs !
Concrètement, je veux dire...
Surtout si c'est les urgences de Scrubs....
(Bon, on peut pas éditer donc, j'ai oublié le tacle dans mon exemple, et pas de joueurs virtuels sur terre non plus...fuck !)

Divine... le divin est-il virtuel? Réel? Pff, on fait de la philo sur tout ici, en fait, z'aime bien.
ou alors se faire soigner la jambe dans second life ?
j'adore les jeux vidéos, mais ce n'est pas de l'art
eurodisney, c'est super beau, très bien fait, mais ce n'est pas de l'art, ce sont des infrastructures de loisirs.
Aucun véritable artiste n’espère vivre de son œuvre ; un artiste vit pour son œuvre et tâche de rester vivant. Pour cela un peu d’argent lui est nécessaire, je vous l’accorde.
Si un artiste vit pour son oeuvre, il n'a - me semble-t-il - pas beaucoup de raisons d'exposer ses créations à la critique du reste du monde. Il le fait pour lui, pas pour nous. Mais par définition, on ne pourrait pas connaître de son vivant un artiste qui décide de ne pas vivre de son art. Ce qui serait sans doute le meilleur moyen de rester lui-même, au risque sinon de succomber à la tentation de plaire aux critiques... et finalement d'entrer dans cette vaste catégorie du "commercial". Catégorie qui commence sûrement plus tôt que ce qu'on aurait tendance à croire (si je commence à coller à mon plafond des pattes de poules ramassées à un abattoir, je suis sûr qu'une fois mis sur internet, j'aurai un certains nombres de fans, même s'il s'agit d'un infime pourcentage, en absolu ce ne sera pas forcément négligeable...).

Vous ne me parlez que d’esthétisme ou d’ornement, vous me dites que ces jeux vous ont fait rêver, qu’ils étaient si beaux qu’ils vous permis de vous évader. Réduire l’œuvre d’art au beau ou au rêve apporte une définition tronquée de celle-ci.
Personnellement, je vois dans la beauté d'une image, d'une musique ou d'une scène, une forme de poésie qui s'apparente à ma définition de l'art.

L’artiste est un homme d’idées qu’il présente sous une forme ou une autre, toujours singulière. On appelle cela un style (vous l’aimerez ou vous le détesterez, vous le trouverez beau ou affreux) et celui-ci permet une revendication. L’artiste est celui qui signale l’autre chose, qui revendique « l’anti ».
Si je suis impressionné par ce qu'on peut voir sur un tableau de Miro lorsqu'on le raccroche à son contexte, je suis plus touché par une couleur et ses/ces quelques mots : "Ceci est la couleur de mes rêves...". J'imagine que c'est de l'art, et ça me laisse bien plus rêveur que l'explication de la représentation du sexe féminin sur ses toiles.


Le jeu entraîne l’absence de conscience, l’art, au contraire, la réveille.
Le coeur du problème ?
La télé - hormis quelques rares émissions sur d'encore plus rares chaînes - endort les consciences (nous serons d'accord sur ce point ?). Le jeu video, je n'oserais pas être si formel, surtout sur base de ma perception des choses.

Les publicités - dont certaines se rapprochent de formes d'art (au 1er ou second degré) - n'éveillent-t-elle pas aussi notre conscience à l'existence d'un produit ?

Pourquoi ne vois-je pas le jeu comme de l’art ? Vous me donnez vous-même la réponse : vous allez revendre votre console après y avoir passer tant d’heures ; une douce anesthésie en quelque sorte. On y revient : le jeu endort, l’art réveille.
C'est extrêmement vrai : j'ai recherché cette anesthésie, j'avais envie de goûter à cette addiction dont on entend si souvent parler (et non, ça n'est pas surfait ^ ^ ). Avec CoD4 (jeu de guerre), je savais dans quoi j'entrais : un jeu franchement violent, ultra réaliste qui se joue comme si on était un de protagonistes d'un bon film d'action. Une fois on line avec d'autres joueurs, on établit rapidement une stratégie et on tente de faire mieux que le camp adverse ; ce qui en soit n'est pas si stupide que ça. De l'art ? De la poésie là dedans ? Non, mais un scénario qui se tient et un rythme soutenu dans la mise en scène. Du coup, je ne sais pas si on peut jeter tout ça dans un bac "no art". Il y a de la créativité chez les développeurs, et le joueur peut tout de même l'apprécier, non ?
Je dirais encore que l'art n'est pas seulement vecteur de convictions censées nous réveiller.

Je suis sceptique, mais rien ne me fait plus plaisir que de pouvoir changer d’avis. Je suis en constante (r)évolution.
Je me suis lancé dans cette discussion sans conviction (contrairement à ce que l'on pourrait croire), et vous m'ôtez donc les mots de la bouche !

NB/ je m'excuse pour le melting pot d'idées parfois (un peu bcp) sans bô fil conducteur !
Si un artiste vit pour son œuvre, il n'a - me semble-t-il - pas beaucoup de raisons d'exposer ses créations à la critique du reste du monde. Il le fait pour lui, pas pour nous. Mais par définition, on ne pourrait pas connaître de son vivant un artiste qui décide de ne pas vivre de son art. Ce qui serait sans doute le meilleur moyen de rester lui-même, au risque sinon de succomber à la tentation de plaire aux critiques... et finalement d'entrer dans cette vaste catégorie du "commercial". Catégorie qui commence sûrement plus tôt que ce qu'on aurait tendance à croire (si je commence à coller à mon plafond des pattes de poules ramassées à un abattoir, je suis sûr qu'une fois mis sur internet, j'aurai un certains nombres de fans, même s'il s'agit d'un infime pourcentage, en absolu ce ne sera pas forcément négligeable...).

Vous faites un glissement de terrain : vous parliez argent et je vous répondais que la vocation artistique ne se construit pas autour de l’argent, mais pour l’œuvre. Si un artiste vit pour son œuvre (et c’est la plupart du temps une véritable obsession), il n’empêche qu’il a fortement besoin de reconnaissance, d’où les expos, les publications, etc. Malgré tout, obtient-il (de son vivant) cette reconnaissance ? Si l’on prend les exemples de Proust et de Baudelaire, ce n’est pas gagné. Sans compter tous ceux à côté de qui nous sommes passés. Un artiste crée pour lui effectivement et comme il a besoin de reconnaissance, il offre son œuvre à voir. Beaucoup d'artistes perdent leur créativité lorsqu'il rentre dans ce monde "commercial".

Personnellement, je vois dans la beauté d'une image, d'une musique ou d'une scène, une forme de poésie qui s'apparente à ma définition de l'art.

Moi aussi, mais ne confondons pas la notion d'esthétisme et la beauté : il y a constamment confusion. Je vois, par exemple, de la beauté sur le visage rempli de folie de Klaus Kinski dans Aguirre, la colère de Dieu.

Le coeur du problème ?
La télé - hormis quelques rares émissions sur d'encore plus rares chaînes - endort les consciences (nous serons d'accord sur ce point ?). Le jeu video, je n'oserais pas être si formel, surtout sur base de ma perception des choses.


il me semble que le jeu (au même titre que la télévision : nous sommes d’accord sur ce point effectivement) est un divertissement au sens où Montaigne l’entendait : c’est-à-dire une diversion (même étymologie) ; donc éviter de penser pour moins souffrir ou pour ne pas penser à la mort, par exemple. J’emploie donc le terme d’absence de conscience : ce qui me fait perdre ma conscience, ce qui m’empêche de réfléchir moi-même.

Les publicités - dont certaines se rapprochent de formes d'art (au 1er ou second degré) - n'éveillent-t-elle pas aussi notre conscience à l'existence d'un produit ?

Oui, on peut y voir une forme d’art, mais un art dont le but a été dévié ; il s’agit de l’existence d’un produit à acheter. C’est au fond le problème de notre siècle : tout et tout le monde doit être rentable. Une fois de plus, il est légitime de se poser la question : « Pourquoi ? » ou « Pour quoi ? » et encore plus légitime : « Pour qui ? ». Le travail d’Alain Korkos au sujet de l’image me paraît intéressant, il décortique, relie, trouve des origines historiques, bref, il donne un aperçu de la société à travers l’image qu’elle produit sans qu’elle-même n’en ait véritablement conscience. Une publicité vue par Alain Korkos la dévie de son but consumériste et lui rend sa valeur artistique.

Du coup, je ne sais pas si on peut jeter tout ça dans un bac "no art". Il y a de la créativité chez les développeurs, et le joueur peut tout de même l'apprécier, non ?

Je n’ai jamais dit le contraire. Mais ce n’est parce qu’un métier fait appel à la créativité qu’on a forcément affaire à des artistes ou à une œuvre d'art.

Je dirais encore que l'art n'est pas seulement vecteur de convictions censées nous réveiller.

L’art peut aussi réveiller les sens (et pas seulement une conscience politique !), c’est ce qu’il semble produire chez vous. Il a donc une vocation à l’éveil quoi qu’il arrive. Il ne vous laisse pas indifférent, avec ou sans explication extérieure. Mais vous ne parlez que de rêve, d’un apport de bien-être, l’art ne vous dérange t-il jamais ? jamais de cauchemar ?

Je me suis lancé dans cette discussion sans conviction (contrairement à ce que l'on pourrait croire), et vous m'ôtez donc les mots de la bouche !
Ravi de discuter avec vous !
Ahhh, je l'attendais ce dossier.

Petite précision, s'il est possible de tuer la prostituée qu'on vient de s'offrir (MON DIEU, sacrilège!!! ), il est aussi possible de sauter d'un pont, de tourner en rond autour d'un arbre, de faire un créneau parfait, de respecter les feux rouges, d'arrêter les voleurs de sac à main, de sauter sur place à central park au clair de lune, d'y faire du jogging, de faire du crawl dans l'Hudson, de klaxonner pendant les bouchons, d'enquêter sur un sérial killer, de se suicider sur les voies du métro.

Parler de ce qu'il est possible de faire, dans un jeu vidéo à l'ancienne, c'est un point intéressant à soulever. Dans Super Mario, que tout le monde connait, s'il était possible parmi le faible nombre d'actions disponibles, de faire une chose immorale ou trash, cela aurait été choquant.
On pouvait sauter, avancer, reculer, entrer dans un tuyau, ramasser une carapace de tortue. Et tout le jeu était simplement basé sur ça. Simple. Ajoutez une action, et elle a aussitôt une grande importance. Si cette action, c'est tuer la princesse, alors il y a comme un mini scandale dans l'air.

Mais plus le nombre d'actions possibles tend vers le nombre infini d'actions possibles de la réalité, moins c'est intéressant d'en relever une en particulier.
Parce que si on veut un jeu réaliste, on a également besoin d'y faire des choix moraux de temps en temps.

Personnellement, étant fan de ce jeu, je reste le plus moral possible. Je ne respecte pas les feux rouges, certes, mais je fais le moins de dégats collatéraux possibles. Seul un chauffeur de taxi trop lent pendant une importante poursuite sur l'autoroute prendra une décharge de plomb dans le pare choc.

Mais si quelqu'un a envie de se mettre dans la peau d'un salaud, eh bien libre à lui. La liberté offre généralement la possibilité de mal se conduire.
Dans ce jeu, on peut agir de façon immorale, mais JAMAIS on n'est contraint de vraiment le faire. Le pire qu'on soit contraint de faire est de vendre de la drogue et de voler des voitures. Toutes les autres pratiques sont réservées aux mafieux adverses du scénario : les méchants.

Toute personne qu'on est obligé de refroidir est une crapule qui le mérite.

Ce jeu est bien plus moral qu'on ne le croit.
L'indignation des parents et des journalistes ne vient que de ce qu'il est possible de faire. Et dans un univers mimant à la perfection la réalité, il est EVIDEMMENT possible de tout faire, même le pire.
[quote=Dan Israel]Notons tout de même que dans le jeu, on ne peut certes violer personne, mais qu'il est possible d'exécuter la prostituée que l'on vient de s'offrir...

Dans GTA il est possible de tuer quasiment tous les personnages, donc il n'est pas surprenant que l'on puisse tuer une prostituée. De la même façon je ne vois pas pourquoi vous rapprochez le meurte postcoital du viol.
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