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DoritosGate : l'affaire qui secoue les jeux vidéo

Nouveau rebondissement dans la guerre interstellaire entre l'humanité et des Aliens. Non, il ne s'agit pas des suites du feuilleton de l'UMP mais d'un scandale dans le milieu des jeux vidéo en marge des Games Media Awards, cérémonie qui récompense en Angleterre les "meilleurs" journalistes du secteur. Un chroniqueur spécialisé a démissionné après avoir critiqué ses confrères, trop complaisants à ses yeux avec les éditeurs de jeux vidéo. Sous le nom de "DoritosGate", l'affaire pose la question de l'indépendance de la presse spécialisée face aux éditeurs de jeux. Une affaire qui vient de sortir des cercles de passionnés avec un article de Libération et qui suscite quelques remous en France, mettant en lumière conflits d'intérêts et liens (trop) étroits entre journalistes et éditeurs de jeux.

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Rien de nouveau sous le soleil ! Il y a quelques années, alors que la presse spécialisée était encore sur papier et non sur Internet, un journaliste avait réussi l'exploit de se faire licencier d'un nouveau magazine sur les jeux vidéo avant même la parution du premier numéro ! Motif ? Les pressions des éditeurs qui avaient menacé de ne pas publier de publicité dans ce nouveau journal s'il employait ce journaliste. Son crime était de ne pas hésiter à donner de mauvaises notes quand il les jugeait méritées...
C'est rapidement abordé dans l'article mais il faut noter que les "journalites" (ou rédacteurs, testeurs...) des magazines et sites de jeux vidéos sont régulièrement invités par les éditeurs à des événements (d'une aprem dans un bel hotel de Paris à plusieurs jours à l'étranger) ou leurs sont présentés leur dernier jeux vidéo, dans un environnement plus ou moins fait de services et de petits fours. Un peu comme ce qu'il se fait dans la presse féminine pour présenter les derniers produits de beautés.
Et finalement cette dépendance avérée entre les magazines et sites internet de JV et les éditeurs est en fait subie par les journalistes qui écrivent les articles...
C'est amusant de voir Fouquet dire que ce ne sont pas des vendus à JV.Com...
Quand on voit quasi systématiquement des notes à partir de 15 pour la énième extension des sims, pour tous les blockbusters très surfaits, comme le 1er fallout 3 de bethesda ou l'infâme mass effect 3. Et qu'en parallèle, de nombreux tests ne passent pas cette barre manifestement symbolique du 15/20, parce que le titre serait (selon le testeur), trop difficile ou pas facilement accessible...

Non non, ils sont parfaitement libre de ton à JV...

Mais il ne faut pas tjrs jeter la pierre aux journalistes... Pour le coup, il faut aussi regarder qui consomme du jeux vidéo et navigue sur ce type de site. Il suffit de s'attarder un peu sur les forums pour voir la faiblesse du niveau d'analyse de la population moyenne des joueurs. On est plus dans les années 90, l'âge d'or de la plasytation 1 et des jeux de rôle épique sur pc est révolu et la population de joueurs est très très mainstream à présent. Le casual s'est développé, le niveau de difficulté des jeux actuels est ridiculement bas et bcp se contentent de ce type de produit. En résumé, la cible des "gamers" de 2012 n'est pas celle des 80's, 90's, la nouvelle cible est moins exigeante, plus prompte à consommer n'importe quoi, qu'à déguster un bon titre. Les magazines suivent-ils la tendance? Ou est-ce qu'au contraire ils en sont en partie responsables? C'est l'éternel question de l'œuf ou la poule. (même si pour le coup l'œuf est antérieur...)
Cette affaire renvois directement à ceux qui ont trempé dans le guacamolegate...
Pour défendre Grégoire Hellot, dont je lis les articles depuis 15 ans et que j'apprécie, il est le journaliste à avoir fait la critique la plus assassine des médias français sur Final Fantasy XIII, le gros blockbuster de Square Enix.
Je suis peut-être naïf mais je le crois honnête.
Après ça ne veut pas dire que tous les journalistes ne se laissent pas influencer par ce mélange des genres. Là où pour moi, ça va trop loin, c'est Julien Chieze qui fait des critiques sur Gameblog et dirige une boîte de com pour l'industrie du jeu vidéo. L'interdépendance devient trop forte.

Pour CanardPC, je respecte leur démarche et je trouve leurs tests hardwares bien fichus. Mais d'un autre côté, ils ont tendance à sousnoter les jeux AAA simplement parce qu'ils sont AAA... Et inversement pour les jeux indé. C'est leur droit, et de toute façon, les critiques sont subjectives, mais je ne peux pas suivre leurs conseils car je n'ai pas les mêmes attentes d'un jeu vidéo.
En complément d'infos, il y a aussi la chaîne de tv Gameone qui a eu quelques antécédents en termes de conflits d'intérêts lorsqu'Infogrames était l'actionnaire principal. Bizarrement, les jeux de l'éditeur étaient régulièrement surrévalués. La chaîne avait aussi été accusée par plusieurs anciens salariés de vendre du temps d'antenne à d'autres éditeurs. Ce qui je crois a été confirmé par une enquête du CSA (je n'ai pas suivi suffisament "l'affaire" pour en être tout à fait sûre).
Un sujet d'émission pour vendredi ?
On peut également dans le cas de la presse généraliste citer les critiques du site /magazine chronicart.fr, dont les critiques de jeux vidéos sont traitées avec le même sérieux et avec la même approche analytique que les critiques cinéma et littérature.
Je suis d'accord avec Caribou : le papier est intéressant, mais ne pas citer l'aventure CanardPC dans un article sur le conflit d'intérêt dans le milieu du JV, c'est montrer son inconnaissance complète du sujet avant de l'aborder ce jour... Ça fait 9 ans que les mecs produisent un journal papier et indépendant de JV, il serait temps que les journalistes géné sachent son existence.
En complément de ce solide article, je me permettrai d'ajouter un autre article qui a fait un peu de bruit dans le milieu ces dernièeres semaines, c'est l'entretien qu'Usul ("une des personnalités montantes dans le web consacré au jv") a accordé au journal en ligne Ragemag. Sans concession, il met à jour l'impasse dans laquelle se trouve actuellement une grande partie de la presse spécialisé jeux vidéos sur internet. L'article est là
http://ragemag.fr/usul-la-presse-jeu-video-un-milieu-consanguin-et-degueulasse/
allez hop, un tout petit passage : à force de considérer le jeu vidéo comme un objet de consommation, à force de « waw, le graphisme pète, le gameplay défonce, hop, 17 sur 20 ! », on en vient à oublier qu’il s’agit de produits culturels. Qui véhiculent donc des idées. Et si on ne les traite que comme des objets de consommation, on va oublier de dire pourquoi tel jeu a été créé en telle année, qui l’a fait, quelle est l’idéologie derrière…
Et un complément par le même Usul se trouve ici :
http://www.nesblog.com/usul-lettre-ouverte-a-la-presse-libre/

Un regard intelligent et construit (le bonhomme est passé par des études de philo avant de se faire sa place dans le jeu vidéo), ça fait du bien.
J'ai envie de dire comme d'habitude.
Le monde du JV n'échappe pas aux problèmes d'une presse plus classique qui vit des recettes publicitaires. Ce qui est pire dans ce cas là c'est que les annonceurs sont les "critiqués". Mais bon c'est le cas pour les JV comme c'est le cas sur d'autres sujets (OGM à tout hasard), ils n'ont pas inventé le conflit d’intérêts.
Le problème vient comme d'habitude du modèle économique basé sur la publicité sauf que voilà tout le monde n'est pas @si ou Médiapart. Il est peu probable qu'un site sur les JV puisse survivre avec ce genre de modèles vu la tripotée de sites gratuits qui existent à moins d'avoir une bonne idée, une grosse valeur ajoutée c'est pas la peine.
Le jour où les sites sortiront de ce modèle "test de produit" complètement crétin (voire l'interview du rédac chef de Gamekult) et qu'ils feront de vraies critiques qui ne ressemblent pas à une simple évaluation de cahier des charges, alors peut-être que ces connivences disparaîtront naturellement. Mais le nombre de sites et l'affluence dont ils bénéficient aussi, probablement. Et les recettes publicitaires qui vont avec... en attendant, cette "presse" et ses lecteurs n'ont que ce qu'ils méritent.
Article bien fait, même si j'aurais aimé que les gens du magazine Canard PC soient au moins cité : depuis 9 ans ils font un boulot formidable sans aucune concession. Ils ont par exemple supprimé la publicité de leur supplément Hardware suite aux pressions d'annonceurs décridibilisés par des tests de matériel.
Il faut noter que l'affaire a aussi fait des remous dans le monde anglo-saxon des jeux vidéo. On trouvera par exemple l'article de Rock Paper Shotgun à ce sujet, qui soutient la démarche de Robert Florence :
http://www.rockpapershotgun.com/2012/10/30/rpss-position-on-the-eurogamerflorence-debacle/
Un problème qui est sans doute répandu dans tous les secteurs. Maintenant pour le jeu vidéo je ne pense pas que ce soit la fin du monde du point de vue du lecteur, qui de toute façon sur ce genre de site s'attend à ce qu'on lui serve de la soupe élogieuse pour les éditeurs. J'imagine qu'un joueur un peu habitué va sur les sites pour avoir des vidéos de gameplay, des infos sur le contenu du jeu, sa durée, ses controles... mais ne basera pas son achat sur la lecture d'un seul article. Croiser les infos, voir les autres blogs, ce qu'en disent les potes, etc...
En plus j'imagine que le 'journaliste' n'a pas intérêt à trop forcer sur les éloges pour un jeu moyen, au risque que son lecteur ne viendra plus sur son site ou ne suivra plus ses recommandations. Dans ce cas la vérification entre la qualité du produit et ce qui est écrit est facile.
N'empêche que si la déclaration de conflit d'intérêt était systématique, ce serait bien plus clair.

Par contre je suis choqué beaucoup plus par le mélange puant entre sites de paris et sites/radios de sport. Sérieusement, j'ai eu le malheurs de suivre un match de foot sur RMC un soir, littéralement les "journalistes" (hem...) vous poussent au crime avant le match, à la mitemps... Match qui oppose des équipes avec un site de pari comme sponsor, of course...

Ouais je sais, RMC, j'ai eu tors... Mais je regrette maintenant
très instructif (et bien écrit), merci !
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