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Décroissance : les yourtes cachent-elles la forêt ?

Devant, le cheval est harnaché à une charrue. Derrière, ils accompagnent la lente entreprise de labourage. Bien emmitouflés, en bonnets, jeans et chaussures de marche. L'image ne provient pas d'une antique gravure ; c'est une photo couleur qui occupe la moitié d'une page du Point du 24 mars. Elle montre les habitants d'un "écovillage" allemand qui "vivent avec un minimum d'énergie". Titre de l'article ? "En route pour la décroissance."

Derniers commentaires

Un cheval ça consomme et ça n'arrête pas de consommer, même si le travail est fini. Quand il devient trop vieux pour travailler, il vaut mieux le manger sinon il consomme toujours !
On estime à 25% la surface agricole utilisée pour la traction animale avant l'arrivée du pétrole pour les tracteurs, les autobus et autres voitures.

On ne peut pas utiliser aujourd'hui 25 % de la surface agricole pour faire des agro-carburants... Ni même pour nourrir des chevaux, ânes ou autres bœufs.
Un cheval de labour c'est pas de la décroissance, le non labour c'est déjà plus de la décroissance...
Le problème c'est que la vertu en écologie ou en décroissance n'est pas chose évidente, car il faut prendre les problèmes globalement avec toutes leurs interactions.

C'est pourquoi je préfère l'approche suivante :
Il faut limiter les différences de revenus intra- et inter- pays, pour limiter la casse sociale (il faut commencer par ça)...
Et il faut que tous les produits soient recyclables au sens stricte, c'est à dire que les composants des produits puissent être indéfiniment réutilisés, ou refabriqués à partir de ses propres déchets. l'énergie doit être renouvelable à 100%.

Y a plus qu'à ...
C'est vraiment n'importe quoi le reportage de France 2 sur les yourtes : comparer des yourtes à 8000€ avec un DomeSpace à 200000€ !
J'aime bien l'idée de décroissance et je m'applique à suivre quelques principes décroissants.
En revanche certaines personnes entendues dans les vidéos me fichent un peu à la trouille.

Je m'explique la décroissance pour papoter autour d'un feu de camp ne m'attire pas du tout, ça me ferait plutôt fuire, décroissance ok, vivre en communauté non merci ! Pour moi c'est ça l'enfer.

Certains pensent que la décroissance c'est consommer moins pour se réunir plus. Ce n'est vraiment pas un besoin pour moi et je ne vois pas ce que la réunion de contemporains "bien pensant tendance bobo qu'il n'y a qu'eux qui savent comment vivre" a à voir avec la décroissance.

Je péfèrererais une décroissance matérielle associée à une croissance intellectuelle,une croissance de la recherche, du savoir, de la créativité, pour un avenir de progrès réfléchi et organisé en société. Le blablatage et le communautarisme me donnent des petits boutons.
En résumé, être décroissants c'est acheter moins de viennoiseries. :-)


En tous cas bravo pour l'initiative globale (double article + émission) c'est bon pour les neurones tout ça !
http://www.dailymotion.com/video/xdwyr1_alain-de-benoist-et-philippe-simonn_news
si on y va tous à la décroissance, on pourra attendre longtemps les avancées sur le photovoltaique, la biomasse, l'éolien.

Euh... Tu peux expliquer pourquoi ?
Parce que moi, ça ne me semble pas aussi évident.

Utiliser l'argent public (les impôts) pour équiper tout le pays en énergies de ce type, et fermer les centrales. Oui, je sais, je rêve...

Finalement, décroître, comme mutualiser (nationaliser...) l'énergie, c'est une décision politique, dans le sens noble du terme, pour le bien public, pour l'intérêt général, pour la planète. Pas pour un quelconque "marché". Oui, je sais, je rêve encore...
Le hic, c' est qu' il y a un lien entre la croissance économique et le développement scientifique.Rejeter la science c' est souvent rejeter les valeurs démocratiques et humanistes.Est-ce que des scientifiques qui dépendent entièrement de l' Etat c' est mieux?
J'espère que vous n'allez pas tomber dans le même panneau, à savoir se focaliser sur quelques hurluberlus aux choix de vie étranges.

Car le problème est souvent que les "acteurs" de la décroissance, même ceux qui se revendiquent comme des "idéologues" du courant (genre Paul Aries ou Serge Latouche), n'ont pas beaucoup de fonds intellectuel pour penser ces pratiques. Quant à Vincent Cheynet, c'est un vrai psychopathe habitué des procès de Moscou.

Pour un peu plus de profondeur, il faut lire André Gorz ou carrément inviter un type comme Patrick Viveret, qui est vraiment très fort, ou encore Jean Gadrey.

Je donne un exemple de gros clivage entre les "décroissants" qui réflechissent et ceux qui ne voient pas plus loin que bout de leur nez : le rapport à l'informatique.

Il y a quelques années, le journal la Décroissance a fait tout un dossier sur le thème "jettez votre ordinateur et abandonnez Internet". C'est d'une stupidité sans nom, car c'est justement l'informatique qui nous permet à la fois d'appréhender la gravité de la crise écologique et qui nous donne les outils pour corriger la société : le fondement de l'écologie politique, c'est l'information. L'argumentaire est un peu complexe, certes, mais si on ne comprend pas ça, on ne comprend rien au sujet.

Autre question que vous pouvez poser aux "décroissants" pour évaluer leur degré de compréhension du monde : qu'est-ce que la croissance ?
S'ils répondent quoi que ce soit d'autre que "le taux d'augmentation du PIB" (genre "c'est l'hubris", ou c'est la "démesure" ou je ne sais quoi d'autre), c'est qu'eux mêmes ne savent pas de quoi ils se revendiquent, ce qui pose quand même un grave problème pour la définition du sujet.

Il y a suffisamment à dire sur le mode de calcul du PIB pour ne pas avoir à en faire un charabia fumeux et mystique.

Autre panneau à éviter : je soupçonne Ater Eco de conserver un vieux fond productiviste de gauche qui leur interdit de penser une baisse du PIB...

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Génial, une émission sur la décroissance ! Merci ! J'étais au Contre-Grenelle à Lyon la semaine dernière. Je n'y ai personnellement vu aucun grand média (mon compagnon a été interviewé par Radio Pays d'Hérault...).

À propos du dernier paragraphe de votre article, il faut rappeler que Paul Ariès, un des chefs de file du mouvement de la décroissance, soutient le Front de Gauche, même si celui-ci contient les communistes, traditionnellement productivistes. Mélenchon, lui, a plusieurs fois exprimé son opinion sur la décroissance : "J'écoute les décroissants parce qu'ils m'obligent à réfléchir. Je demande à tous les gens de gauche de cesser de regarder de haut un point de vue qui dérange. Le point de vue des décroissants nous dérangent ; nous devons écouter ce qu'ils disent car ils nous obligent à réfléchir. D'ailleurs Paul Ariès lui-même a dit que le mot "décroissance" était un mot obus ; c'est pour faire réfléchir. Je ne suis pas un décroissant radical - je le dis, mais on va peut-être me convaincre du contraire - , je pense que certaines productions doivent décroître et d’autres doivent augmenter. Certains services doivent décroître et d’autres doivent augmenter. Les services qui concernent le progrès humain (tout ce qui permet à la personne de s’épanouir) doivent se développer et les autres régresser."

Voici un entretien avec Mélenchon dans le journal La Décroissance : http://www.gauchemip.org/spip.php?article9156 . Corinne Morel-Darleux, secrétaire national à l'écologie du PG, y est aussi plusieurs fois apparu, et il a été question du lien entre PG et décroissance dans un numéro de Politis : http://www.lespetitspoissontrouges.org/index.php?post/2009/10/01/Politis%2C-le-PG-et-la-d%C3%A9croissance . Enfin, voici une vidéo de Mélenchon qui parle, juste après la création du PG, de la nécessité vitale de remettre en cause nos moyens de production et notre mode de vie, devant l'urgence écologique, les catastrophes déjà amorcées et celles à venir : http://www.dailymotion.com/video/xg435d_melenchon-la-fin-du-capitalisme-ou-la-fin-de-l-humanite_news

Malheureusement, ce qu'il faut savoir aussi, c'est que beaucoup d'objecteurs de croissance - mais pas tous ! - sont extrêmement méfiants à l'égard de tous les politiques, voire adeptes du "tous pourris" ou du slogan "élection, piège à con". Il existe le Parti Pour La Décroissance, mais seul, il ne peut arriver à rien (un candidat aux cantonales dans l'Ariège a fait 14,6% sur une liste unitaire PG-EELV-NPA-PPLD-P Occitant). Beaucoup sont comme Nicolino - qui admire Paul Ariès, mais ne semble pas faire partie du mouvement de la décroissance, et ne "comprend pas" comment Ariès peut écouter et respecter Mélenchon - : ils voient des gens comme Mélenchon - socialistes et communistes - comme des apparatchiks, des "staliniens" (mot de Nicolino), des "maastrichtiens", des criminels ; beaucoup sont anarchistes, et prônent uniquement l'action locale. Ils acceptent que des gens puissent se tromper et apprendre de leurs erreurs, sauf quand ils s'appellent Mélenchon. Il faut dire aussi que celui-ci n'est pas spécialiste d'écologie, et a encore à apprendre, comme il le répète lui-même sans arrêt ; et alors ? Au fait, c'était très bizarre pour moi de voir Nicolino converser avec courtoisie avec une sénatrice fort sympathique d'EÉLV, après avoir lu certains billets de son blog... Bref, certains restent plus ou moins sectaires dans la mesure où ils refusent de considérer et prendre en compte le point de vue de ceux qui, paradoxalement, partagent l'essentiel de leurs diagnostics, mais ne sont pas d'accord avec eux sur la manière d'opérer pour stopper l'hémorragie...
J'ai visité l'installation des Baronnet. Il faut savoir que si aujourd'hui, ce sont des sortes de marathoniens médiatiques, ils se sont astreint au silence pendant 15 ans, le temps de valider le modèle ... et pour être du genrer gratouilleur, je peux vous dire que tous sur les aspects ils ont une réponse, on adhère ou pas, mais ce ne sont pas loin de là des doux rêveurs, ils sont plus proches à la limite d'explorateurs scientifiques.

Sinon on a des amis à quelques kilometres d'ici qui vivent dans la maison "soucoupe volante" en bois, c'est superbe.
On la tient cette émission. Enfin !

Alors, les invités ? Paul Ariès, Serge Latouche, Albert Jacquard, Hervé Kempf, Corinne Morel-Darleux, Jacques Généreux ?
Et Superno, pensez-y. C'est un objecteur de croissance, et aussi un des blogueurs les plus lus. @si devrait peut-être trouver ça digne d'intérêt.

@ Dominique Godin : [quote=Voir ici les raisons pour lesquelles les membres de "La Décroissance" sont remontés contre Isabelle Giordano et leurs interrogations sur le rapport aux médias qu'il convient d'entretenir. Visiblement, Paul Ariès ne s'est même pas posé la question]

Visiblement, vous lisez dans les pensées de Paul Ariès... [ironie]
Pour autant, vous faites (très) bien de rappeler cette divergence, sujet essentiel qu'@si ne saurait manquer de traiter vendredi. [aucune ironie]

Merci, je commençais à avoir les jambes engourdies.

Spawn.
"J'ai choisi de vivre dans un appartement qui marche au chauffage urbain produit par la biomasse, récupérant mes déchets et ceux de mes voisins. J'éteins la lumière quand je quitte durablement une pièce. J'ai des ampoules basse consommation. J'ai divisé par deux ma note énergétique.

Je me sers d'un vélo pour toutes mes courses dans ma petite ville de banlieue, du métro pour aller à Paris, mais le soir on prend la voiture, on n'a pas envie de s'enquiquiner.

J'achète des légumes et fruits frais, Je suis adhérente d'une AMAP, je ne parviens pas à y aller toutes les semaines, dans ces cas-là, ma voisine s'en charge. Je n'achète jamais de plats cuisinés et très peu de produits sur-emballés. Je préfère quand je cuisine un plat, en conserver une partie au congélo, ce qui fait que j'ai toujours de quoi nous réchauffer vite fait un truc. J'ai réduit ma facture de courses.

J'ai choisi des plantes bio sur mon balcon. Je viens de repeindre à la peinture choisie pour son faible contenu de produits toxiques. Quand j'hésite entre deux produits, je me demande en plus de "est-ce qu'il me plaît ?", "est-ce qu'il a été produit en proximité ?", c'est pas compliqué, juste une question.

Je fais beaucoup de voyages d'affaire, j'ai acheté un ordinateur très léger, je voyage en général en train. Mon problème, c'est la voiture de location, quand je vais chez des clients excentrés, c'est difficile de faire sans. Quand je peux, je prends des bus sur place, mais sans me forcer, je tiens à rentrer chez moi à des horaires corrects. Je prend encore l'avion, quand je vais en vacances loin."


Voilà le portrait d'une bobo décroissante. Ce n'est pas spectaculaire. C'est ça que les gens ne voient pas, la décroissance, c'est juste des toutes petites mesures sans grand dérangement. Le problème, c'est que ça, ce n'est pas médiatique.

http://anthropia.blogg.org
" Ils poussent simplement un peu plus loin que le tri sélectif la conscience écologiste. "

Je ne vois pas bien comment un tri pourrait ne pas être " sélectif ". Quand on trie, on sélectionne forcément.

Amicalement.

Dan Israël : Et notre émission de cette semaine sera consacrée au sujet.


Je ne sais pas si ASI a invité pour l'occasion Paul Ariès ? Si c'est le cas, ça pourrait-être l'occasion de l'interroger sur son rapport aux médias.
Son passage chez Isabelle Giordano, le 3 juin 2009, n'a, semble-t-il, pas été particulièrement apprécié par ses amis rédacteurs de "La Décroissance", qui avaient une dent contre l'animatrice (et pour cause !)

Contrairement à Paul Ariès, qui est l'un des responsables de "La Décroissance", les autres rédacteurs de ce journal ont décliné l'invitation lancée en novembre 2008 par "la femme la plus intelligente du monde" : « Quand nous avons appris qu’Isabelle Giordano, figure du monde médiatique pipole et animatrice de l’émission consumériste – mal nommée “Service Public” –, avait décidé de parler de décroissance, nous avons craint le pire. Pas masochistes, nous avons décliné son invitation (on a déjà donné !). Nous reconnaissons bien modestement qu’un certain niveau de bêtise est hors de notre portée ».

Voir ici les raisons pour lesquelles les membres de "La Décroissance" sont remontés contre Isabelle Giordano et leurs interrogations sur le rapport aux médias qu'il convient d'entretenir. Visiblement, Paul Ariès ne s'est même pas posé la question.
Cet article arrive un peu tard. Je préfère les décroissants du matin.
Le sujet de cet article est en fait la simplicité volontaire, autrement dit la décroissance appliquée à l'échelle individuelle. La décroissance est une théorie économique, politique, anthropologique, etc. En aucun cas il s'agit d'un mode de vie. J'attends la suite avec impatience.

Je suppose que l'émission de vendredi parlera un petit peu du 3ème Contre-Grenelle (organisé par le journal La Décroissance) qui s'est tenu à Vaux-en-Velin samedi dernier. On peut savoir qui interviendra ?

En attendant, pour les Lillois et ceux des environs, Stéphane Lavignotte sera en conférence demain jeudi à 18h30 à l'espace Culture de l'Université Lille 1 (à Villeneuve d'Ascq) pour présenter son livre paru l'an dernier La décroissance est-elle souhaitable ?. Le propos devrait être un peu plus intelligent que les reportages télévisuels dont il est question dans l'article de Dan Israël.
L’architecture vernaculaire – dont celle de Patrick Marsilly montrée dans l’extrait de la première vidéo de cet article - est l’un des moyens pour un développement vraiment durable, mais exigeant dans le changement de nos modes de vie. Quant aux vers de terre de l’autre extrait, j’ignore s’ils jouent le rôle des poissons rouges dans leur bocal.
Bonjour,

Etre décroissant ne veut pas forcément dire être extrémiste, ou intégriste... On peut littéralement dé-croître en choisissant de passer à 80% au boulot plutôt que de faire un temps plein: il est possible d'y aller petit à petit. La décroissance est un voyage, pas une fin en soi.

Le journal "La Décroissance" est assez libérateur à lire, pour comprendre comment la société de consommation, via la Pub, nous manipule tous à tout bout de champ...

Sinon, une petite animation sympa --> "Story of Stuff" qui explique le système capitaliste de façon très simple!
[quote=article]Mais au fait, où sont donc les penseurs, et les politiques, sur ce sujet ? Comme nous l'expliquerons dans un second article, même s'ils existent, ils ont du mal à se mettre d'accord entre eux, et donc à porter un discours commun solide, qui pourrait percer dans les médias. Et notre émission de cette semaine sera consacrée au sujet.

Connaissant peu le sujet, je suis curieux de voir votre démonstration des désaccords entre les objecteurs de croissance...

Cela dit, côté penseurs, il faut noter que Paul Ariès a déjà fait quelques percées dans les médias ( au monis une invitation sur Arte (pour parler du travail) et deux chez Taddeï ). Serge Latouche est aussi connu pour ses idées sur le sujet, mais semble beaucoup moins médiatisé. Apparemment, il passe beaucoup de temps à exposer ses idées en Italie ces derniers temps.

Du côté politique, Yves Cochet a expliqué publiquement qu'il est plutôt "proche" des idées des objecteurs de croissance. Il y en a sûrement d'autres, moins connus.
« Difficile de dépasser le folklore pour présenter les réfractaires à la croissance à tout crin »

Oh, beaucoup de gens n’ont aucune envie de dépasser ce folklore. Surtout que ce folklore n’existe pas. Ce que font les décroissants n’est en aucun cas le folklore tel que conçu par et pour les touristes : une exhibition de rites vidés de leur contenu originel prostitués à des fins d’exhibition marchande. Plus aucun Breton ne s’habille en breton sauf pour faire tourner les caméscopes des descendants de la Marquise Grand Air aux Filets Bleus de Concarneau. C'est uniquement leur vraie vie.

Ces gens ont tout intérêt à ridiculiser les décroissants (et, à l’époque du 4x4, de l’Ipod et de la Playstation, c’est facile). Car les décroissants, bien que très majoritairement non-violents, font peur. Car ils prêchent entre autres pour une consommation moindre. Et qu’ils ne sont pas tous aussi « extrêmes » que ceux montés en épingle à chapeau old style par lémédias. Pas besoin d’avoir des toilettes sèches pour consommer moins d’eau, pas besoin d’avoir son éolienne pour consommer moins d’électricité, pas besoin de pédaler ou marcher pour avoir un usage raisonné de sa voiture, ou d’une voiture moins suréquipée, moins vorace, et ne pas renouveler sa garde-robe tous les six mois ne signifie pas vivre en moine.

Et si la consommation est moindre, que vont devenir les familles les plus riches de France, réfugiées dans le commerce supermarchand et en Belgique ? Et les banques vendeuses de crédits faciles seulement quand on les signe ? Et les inventeurs de produits aussi séduisants qu’inutiles ?

PS1 Il doit me rester quelque part des numéros de la Gueule Ouverte. Cette revue était irriguée par deux sources : l’humour, et un goût du bien-vivre pas vraiment monacal.

PS2 Je serais un mauvais sujet (d’attendrissement voyeur) pour ces reportages genre Tintin chez les Décroissants : j’ai une voiture (mais elle consomme peu), je suis au tout électrique mais je me chauffe entre 16 et 18°, j’achète comme tout un chacun mais surtout en vide-grenier ou magasin genre Emmaüs (ex un super ensemble costume-chemise-cravate quasi-neuf pour 7 euros) et j’ai pratiqué tant que j’ai pu la récup’ en déchetterie. C’est malheureusement devenu très difficile : les communauté de communes délèguent la gestion de leurs déchetteries à des forbans genre Veolia qui refusent de céder la moindre miette de leur festin aux pauvres. Chez moi, cette comcom est de gauche. Sans douté préfère-t-elle voir ces pauvres à faire la manche dans ses différents services d’aide sociale. C'est tellement gratifiant pour leur bonne conscience degauche.
+ 1000... Tout est dit !
Aïe, vous voulez m’empêcher de continuer à réfléchir, là ;-)

Je voudrais revenir sur la notion de « bien-vivre ». Les écologistes ont une réputation de peine-à-jouir*. Quelle caricature, généralisant deux ou trois cas bien spectaculaires. Ceux que je rencontre sont amateurs de fêtes-rencontres en tous genres, aiment boire et manger du bon, les habits colorés et confortables, le travail non-déshumanisant et non-chronophage, les habitats originaux. Le manger, tiens. Mes enfants sont devenus végétariens. Eh bien moi qui ne recule jamais devant un filet mignon ou une côte de bœuf (à condition que les animaux aient vécu pénards au grand air), quand je vais chez eux je me régale : c'est parfumé, goûtu, coloré.

Un exemple :

http://lagree.cc/

* Bon, ne parlons pas de leur catastrophique incarnation politique, toutes tendances confondues !
les habits colorés et confortables
Je vous le concède, ils sont souvent mal habillés. Mais ils n'ont pas ce monopole.
tres bien dit

juste un point peut-etre : Les "decroissants" n'ayant par definition pas l'habitude d'acheter des pages ou plages de pubs dans les medias, alors que dans le meme temps ceux qui eux, achetent ces pubs sont precisement ceux que les decroissants effrayent, il n'est pas etonnant de nous retrouver avec une image des "decroissants" totalement fausse et ridiculisee.
Ah je pense qu'ils n'ont aucun souci de leur image, que la notion de com' (hors l'information qu'ils cherchent à faire circuler, ils connaissent internet comme tout le monde) leur est aussi étrangère que celle de winner, de flux tendu ou de gestion des ressources humaines.
C'est exactement ça, Athalouk... les décroissants sont caricaturés par la presse parce qu'une grande majorité de journalistes ignore tout sur leurs préoccupations (aux décroissants)... Comment peut-on, alors qu'on est pris dans la spirale du "je rame pour gagner ma vie et m'acheter le dernier Ipod ou gadget, je dois nourrir mes enfants, tous transformés en petits consommateurs effrénés", comment pourrait-on avoir la moindre idée du but des décroissants ?
L'article le prouve : ils existent depuis longtemps mais on préfère parler des détails -qui-tuent (yourtes, wc secs etc. Rien n'est fait pour essayer de comprendre vers quoi ils "tendent". parce qu'ils tendent dans une direction qui est à l'opposé de la publicité à la téloche et du cm3 de cerveau à remplir d'images de pub. Trop de remise en question de notre vie de fous... donc oui, je crois vraiment qu'ils font peur. Lorsque vous n'allez pas dans le même sens que la majorité, vous dérangez vachement. Moi je pense systématiquement aux "Tarnaciens", soupçonnés parce qu'ils arrivent à se passer de téléphone portable, de nouvelles tecnologies et autres gouffres à fric et à dépendance.

Les décroissants sont indépendants par nature. Pour moi, ils représentent la liberté. Car ils ont une liberté incroyable comparés à nous, pauvres clampins consommateurs, accrocs à nos médocs/clopes/nouvelles technologies etc.
Perso, j'essaye de mettre mes pas sur la décroissance... pas facile lorsqu'on est en ville et qu'on a été dépensière-compulsive comme moi.
Disons que si on voit la décroissance, comme une forme d'austérité c'est pas facile a imaginer,je ne me prétends pas décroissant, mais nous on a choisi avec un gamin, de bien manger de pas sacrifier ce poste de dépense, ensuite, vivant en ville on a besoin que d'une seule voiture, pour ma part le vélo suffit, a me faire aller de chez moi a mon travail et de mon travail a chez moi, pas d'aliénation mentale que sont les objets jetables comme les téléphone ipad iphone and co. je trouve que notre choix de vie nous permet de bien manger sans trop se poser de questions, quand il dit moins de bien plus de liens, c'est vrai que quand tu n'a pas de télé, c'est bizarre mais tu passes un peu plus de temps a faire la bouffe, a manger aussi, et a discuter avec les gens, et franchement je comprends que quelqu'un habitué a notre société de consommation ait du mal, mais nous ça devient tout naturel et encore on consomme encore pas mal (trop même).

Aprés on peut imaginer la problématique d'une autre façon et se dire que si on continue comme ça, on s'en sortira pas, alors mieux vaux anticiper et commencer a décroitre ou a consommer différemment, parce que dans pas bien longtemps avec la crise energetique a venir ça va nous tomber su le coin de la figure et on aura pas le choix, c'(est quand même mieux de choisir que de subir ... (la notion de pétrole de fin du pétrole c'est le plus sympa, si on habite a 50 km de son lieu de travail, si le pétrole augmente de maniére forte ça réduit de maniére considérable notre budget par exemple)...
C'est vrai que la décroissance est présenté comme "une forme d'austérité".
Pierre Rhabi parle de "sobriété". Il ajoute l'adjectif "heureuse" à la sobriété. Je préfèrerai ça à "austérité" que je laisserai aux journalistes pour qualifier les régimes économiques que le FMI cherche à imposer.
C'est exactement ça...
Contrairement à ce qu'on veut nous faire croire en parlant de yourtes, de wc secs etc, la sobriété ou l'austérité, ça n'est pas vraiment visible à l'oeil nu... encore moins à un oeil consommateur ;o)).
"Lorsque vous n'allez pas dans le même sens que la majorité, vous dérangez vachement. "

Vachement, ouais.
Je n'ai connu que ça tout au long de mon parcours scolaire, par exemple, mais j'ai gardé le cap, je m'en fous.
Ça continue d'ailleurs, parce que les autres restent les mêmes ; mais je passe un peu plus inaperçue avec mes petites habitudes simples parce que certaines sont tout d'un coup devenues "fashion", ultra tendance...
Regardez, un exemple tout bête : toutes ces "lunch box" super colorées, super bien conçues, ces sacoches isothermes, ces récipients pratiques qui fleurissent et qu'on vous propose partout, subitement disponibles...
Moi y'a encore 6/7 ans, sur mon lieu de travail d'alors (une mini boîte), quand j'arrivais le matin avec mon petit sac isotherme acheté en boutique spécialisée (genre "Le vieux campeur", vous voyez, fallait aller le chercher le produit, fallait le vouloir...), avec ma petite popote du midi dans mes petits tupperware [popote maison parce que c'est autrement meilleur, plus sain, et que ça revient moins cher que le resto quotidien ou la portion fade et huilée (hydrogénée) de salade-sandwich à 3,90 € au rayon casse-croûte Champion... C'est quand même pas bien sorcier de mettre sur le feu le dimanche soir une grande casserole de riz, de pâtes et/ou de blé pour être tranquille la semaine, c'est une base, à vous d'agrémenter ça ensuite...], donc quand on me voyait pourtant avec ma petite organisation culinaire, en train de me régaler alors que les autres tiraient la tronche sur leurs tout-prêts insipides, ben je passais pour l'hurluberlu de service, celle qui ne fait rien comme tout-le-monde, je percevais bien un rien de commisération à mon égard...

Maintenant c'est à la mode.
C'est dingue.
Bonjour,
Je n'ai pas le coeur et le temps de lire tout le fil de la discussion, mais pour ma part je me limite aujourd'hui à la définition du dictionnaire :

"DÉCROISSANCE n. f. XIIIe siècle. Dérivé de croissance.
Le fait de cesser de croître, de diminuer ; l'état qui en résulte"

Présenté comme cela notre économie et nos marchés ne peuvent pas supporter de tels comportements. Je ne cesse de dire à ces messieurs et mesdames "décroissance" que le savoir et la technologie, qu'ils usent, ont été développés grâce à cette société de croissance qui leur fait tant horreur. Pour ma part ce modèle n'est pas viable et les esprits ne sont pas si sincère que cela : on ne rejette pas systématiquement les assurances (toutes confondues santé et matériel), la distribution, les biens manufacturés...

Pour ma part je trouve que ce modèle, qui n'est même pas clairement défini, qui veut dire "limitation de la croissance" dans une bouche et "retour à la charrette" dans une autre, n'a pas d'autre effet que de nuire aux véritables entreprises de mutation de l'économie-industrie comme "soutenable" puis "durable". Ils suiffent d'entendre nos politiques et nos experts rallier bientôt tout ce qui concerne la sobriété, l'usage de savoir-faire plus responsable et de haute qualité, à la "décroissance" qu'ils ridiculisent. Je veux parler du principe "cradle to cradle" qui est bien plus réaliste, qui promue l'innovation et le progrès technique.

Jusqu'à aujourd'hui, j'entends très rarement parler de ce mouvement, qui est viable mais qui demande une véritable mutation de toute la chaîne de la consommation.

Quelques liens :
http://www.cleantechrepublic.com/tag/cradle-to-cradle/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cradle_to_cradle

Si vous en aviez déjà parlé, je m’excuse alors, mais j'ai la nette impression aujourd'hui tout ce qui s'oppose à la consommation est renvoyé au terme "décroissance" qui est ridicule en soit, et donc qu'on se permet d'y aller encore plus franchement dans la croissance (surtout en ce temps de crise). J'en appelle aussi à la responsabilité de chacun, nos politiques ont bien sûr de grandes responsabilités, mais le consommateur lui aussi : un consommateur irresponsable, quand il y en a un, ça va, c'est quand y'en à plusieurs que cela pose problème (et aujourd'hui on est des milliards).
notre économie et nos marchés ne peuvent pas supporter de tels comportements.

Où est le problème ? Il faut changer notre économie et nos marchés, de toute façon.

Je ne cesse de dire à ces messieurs et mesdames "décroissance" que le savoir et la technologie, qu'ils usent, ont été développés grâce à cette société de croissance qui leur fait tant horreur.

Au XVIIIème siècle, on mangeait du sucre en Europe grâce à l'esclavage aux Amériques. On a aboli l'esclavage, on a toujours du sucre.


Je veux parler du principe "cradle to cradle" qui est bien plus réaliste, qui promeut l'innovation et le progrès technique.

Il est plutôt complémentaire, à lui tout seul il n'est pas si réaliste que ça : par exemple, on fait tourner les voitures aux agro-carburants alors ? Ok, ça marche, mais à l'heure actuelle ce n'est pas une solution au niveau global. Et puis c'est quoi le cradle de destination pour les déchets nucléaires ? Y'en a pas, donc il faut sortir du nucléaire ? Lémédias l'ont bien dit, pour ça il faut annexer l'Europe et la recouvrir de panneaux solaires, rien que pour nous. Donc ça me semble plus réaliste de promouvoir urgemment la sobriété énergétique. Ce qui, pour lémédias, se dit "décroissance".
Bonjour,

Au XVIIIème siècle, on mangeait du sucre en Europe grâce à l'esclavage aux Amériques. On a aboli l'esclavage, on a toujours du sucre.

Si on parle du sucre de canne, en effet mais avant tout le sucre dominant est celui de betterave qui a été développé sous Napoléon pour prévenir les problèmes d'approvisionnement et le prix du sucre de canne. On est donc sur une reconversion réussit d'une production et d'une économie agricole. Mais le produit reste le "sucre". Mais je ne vois pas où vous voulez en venir. Je ne souhaite même pas confondre le terme de savoir-faire et technologie à l'esclavage.

Où est le problème ? Il faut changer notre économie et nos marchés, de toute façon.

Je suis tout à fait d'accord, cependant le terme "décroissance" et les comportements associés ne permettent pas de résoudre la "tragédie du bien commun" ni de tirer vers le haut le bien-être général. Je trouve juste que ces comportements sporadiques raisonnent de façon à se retourner contre le "système" sans y apporter de solution mais surtout en s'exonérant de ses responsabilités. Si elles ne sont pas les nôtres, elles sont celles de nos voisins et de nos parents.
Pour compléter, je considère que le statu-quo n'est pas non plus supportable, voir est pire que l'esprit de "décroissance". En ce sens je vous rejoins.

Il est plutôt complémentaire, à lui tout seul il n'est pas si réaliste que ça : par exemple, on fait tourner les voitures aux agro-carburants alors ? Ok, ça marche, mais à l'heure actuelle ce n'est pas une solution au niveau global. Et puis c'est quoi le cradle de destination pour les déchets nucléaires

Réaliste, il est déjà lorsqu'il est intégré directement dans le développement du cycle du produit. Les agro-carburants, j'y suis contre, il ne polluent pas moins, ils promeuvent la mono-culture et la confiscation des terres arables. Ces agro-carburants sont ni plus ni moins le produit de la publicité mensongère "écolo" et la façon de contourner le problème de la crise agricole (que l'on peut imputer à nos marchés financiers). De plus ils ne s'accompagnent pas d'une réelle conscience écologique et d'un monde meilleur, observons juste la production brésilienne et africaine.

Le nucléaire, je ne suis pas pour non plus, et je suis entièrement d'accord avec vous. Cependant il existe aujourd'hui des moyens de traitement des déchets, enfin techniquement mais financièrement non acceptable. Je ferai bien l'effort de trouver un lien sérieux sur les technologies développées plus tard.

Enfin pour terminer, lémédias ne sont pas la voix de la raison, ni à la pointe de la science loin de là. En effet, déjà comme la remarqué @si, beaucoup de nos chers intervenants sur les plateaux sont plus ou moins pro-nucléaires ! De plus les énergies renouvelables ne se limitent pas aux panneaux photovoltaïques et les éoliennes on ou off-shore. Il est aussi agaçant que nos chers lémédias et intervenants ne voient la production d'énergie renouvelable qu'à travers une concentration des moyens et du matériel, autrement dit à travers une production de masse, il existe une nombre incalculable de solution dérivé pour subvenir aux besoins primaires d'une habitation ou une usine. À cela nous pouvons ajouter les énergies géothermiques, les chauffants individuels, l'hydroliennes, la pseudo photo-synthèse, les centrales solaires thermodynamiques et sans doute beaucoup d'autres choses. Cependant lorsque l'on observe que des groupes industriels tel que CITI qui avait développé une branche sur le développement durable à redirigé une partie de ses ressources humaines et budgétaires sur leur branche nucléaire du fait de la politique Étatique nucléaire ça irrite.

Je vous souhaite d'observer le paysage de la France par exemple dans sa moitié Sud. Ensoleillé à longueur d'année, il est ironique qu'il s'y développe sans doute les plus gros chantiers nucléaires de notre siècle, des formations pro-nucléaire et le développement de la recherche nucléaire. Enfin.... on n'est toujours pas à un oxymore de plus sur le thème de l'énergie.
Aussi nos politiques voient toujours très grand, très gros et s'en vont dans le Sahara pour aider le développement du TREC-DESERTEC. Je souhaiterai une politique énergétique un peu moins tape à l'oeil et beaucoup plus responsable, on sait tous aujourd'hui que s'y nous jetons un déchet plastique "ce n'est pas si grave" mais fait par million dévastateur. Pour l'énergie c'est de même.
Mais je ne vois pas où vous voulez en venir. Je ne souhaite même pas confondre le terme de savoir-faire et technologie à l'esclavage.

Dans mon analogie, c'est la "société de croissance" qui est comparée à l'esclavage, et le progrès technologique au sucre. Je dis qu'on peut avoir de la technologie sans société de croissance, comme on a pu avoir du sucre sans esclavage.


Réaliste, il est déjà lorsqu'il est intégré directement dans le développement du cycle du produit.

Il le serait si c'était possible, mais il ne suffit pas d'énoncer ce beau principe pour qu'il soit mis en oeuvre partout. Si on veut que les voitures et le carburant qu'elles utilisent respectent ce principe, il n'y a pas d'autre solution à l'heure actuelle que les agro-carburants. Or comme vous le dites vous même ce n'est pas une solution.


Le nucléaire, je ne suis pas pour non plus, et je suis entièrement d'accord avec vous. Cependant il existe aujourd'hui des moyens de traitement des déchets, enfin techniquement mais financièrement non acceptable. Je ferai bien l'effort de trouver un lien sérieux sur les technologies développées plus tard.

Votre lien m'intéresse. Si il y a une manière "cradle to cradle" de produire de l'énergie nucléaire, ça change tout.


il existe une nombre incalculable de solution dérivé pour subvenir aux besoins primaires d'une habitation ou une usine.

Mais avoir moins de besoins primaires (càd consommer moins d'énergie), ça aide aussi.
Bonjour,

Comme pour le véhicule, il existe malheureusement des produits que l'on ne peut pas rendre "non polluant", par polluant j'entends "émet de gaz à effet de serre". Aujourd'hui on peut cependant créer des voitures plus simple, performante tout en étant propre (émission réduite de monoxydes) et en matériaux majoritairement recyclable. Cependant l'énergie pour la faire rouler, elle n'est pas "cradle to cradle", mais la voiture en elle même peut l'être; comprendre par là, que le véhicule n'est pas son carburant.

Et les agro-carburants sont loin d'être cradle to cradle dans leur production, quand on peut imaginer la quantité d'engrais phosphaté que l'on peut utiliser pour des cultures non alimentaires, et surtout sur des territoires où le contrôle des usages d'engrais est si non existant, peu efficace.

On en vient donc au problème de l'énergie, et donc si on souhaite développer le tout électrique alors, la question ne se posera plus au niveau des voitures mais bel et bien au niveau de la production d'électricité, on en vient donc à la production d'énergie.

Je simplifie mais avec un peu réflexion on se rend compte que l'on n'est pas sain d'esprit.
En effet le gaz et le pétrole devrait intervenir dans le chauffage ! Chauffage électrique est une hérésie.
Pour le déplacement/transport, privilégier l'électricité. Juste avec ce principe, le rendement de l'électricité pour le mouvement mécanique est de quasi 100 %, le pétrole de 40% => 60% d'énergie dégagé par votre moteur est perdu, ou au mieux en hiver sert au chauffage de votre véhicule.

Le principe, le "cradle to cradle" demande une véritable politique des entreprises, c'est au delà du greenwashing, or beaucoup de nos produits de tous les jours (type téléphone, Ipod et j'en passe, enfin quasiment tous les gadgets hightech) ne sont pas conçus pour l'être (on vient cependant de faire des avancés dans la puce/électronique pour se passer des matériaux rares), même si ils essaient de dégager une image de produit écolo-innovant.

http://www.industrie.com/it/environnement/bientot-un-incinerateur-de-dechets-nucleaires.9749
Un lien sur le traitement des déchets nucléaires, mais je n'ai pas retrouvé d'autre information viable, un problème de calendrier sans doute et l'actualité nucléaire à pas mal remplie les blogs et les chroniques ces derniers jours. Toujours est-il que pour le moment cette technologie n'est pas encore installée, mais traiter les déchets par transmutation c'est possible techniquement mais c'est du laboratoire. Développer cette technologie n'est pas non plus une priorité (on se souvient on a trouver une autre solution : l'enfouissement !!).

Je considère que besoins primaires sont la consommation limite basse psychologiquement acceptable du citoyen français moyen, ils n'intègrent pas les besoins de confort.
Cependant l'énergie pour la faire rouler, elle n'est pas "cradle to cradle", mais la voiture en elle même peut l'être; comprendre par là, que le véhicule n'est pas son carburant.

Oui ; ça rejoint ce que je disais au début : le cradle to cradle est plutôt complémentaire de la décroissance.


Pour le déplacement/transport, privilégier l'électricité. Juste avec ce principe, le rendement de l'électricité pour le mouvement mécanique est de quasi 100 %, le pétrole de 40% => 60% d'énergie dégagé par votre moteur est perdu, ou au mieux en hiver sert au chauffage de votre véhicule.

Je suis bien d'accord avec vous (enfin, pour être précis, le rendement énergétique global d'une voiture électrique, compté de la sortie de la centrale aux roues de la voiture, est je crois plus proche de 60 % que de 100 ; et le pétrole serait plutôt à 25 %). Et en plus ça fait moins de bruit. Pour les grandes distances, les batteries sont à la fois moins puissantes et moins endurantes, donc l'essence reste un choix valable, mais en ville, c'est vraiment dommage.


Un lien sur le traitement des déchets nucléaires [...]

C'est pas transcendant... Ce serait un progrès, mais ça resterait polluant.


Je considère que besoins primaires sont la consommation limite basse psychologiquement acceptable du citoyen français moyen, ils n'intègrent pas les besoins de confort.

C'est flou ça : la psychologie du français moyen n'est pas très définie, elle dépend de la psychologie de ses voisins, et puis si le français moyen ajoute des doubles vitrages à ses fenêtres, il peut réduire grandement ses besoins primaires sans même changer de psychologie.
C'est flou ça : la psychologie du français moyen n'est pas très définie, elle dépend de la psychologie de ses voisins, et puis si le français moyen ajoute des doubles vitrages à ses fenêtres, il peut réduire grandement ses besoins primaires sans même changer de psychologie.

Ses besoins ne changeront pas, mais ça consommation sera plus sobre du fait que ces besoins seront remplis et entretenus avec moins d'énergie. Mais nos idées se rejoignent, juste un problème de définition de mot entre nous. En effet la psychologie du français dépend à mon avis de ses voisins (enfin je le crois pour moi, le miens vient de changer sa voiture et ça m'agace, car elle pollue peut être moins mais elle est plus belle que la mienne).

Pour résumer, on parle de décroissance comme de sobriété, à ça je suis tout à fait ouvert et j'approuve. Donc oui résoudre les problèmes de gaspillage est un sacré chantier. Je vis actuellement dans une maison très mal isolé, et je vous assure qu'il n'est pas possible de chauffer au delà de 16 °C dans un hiver comme le précédent tout en gérant un minimum le chauffage pour ne pas non plus exploser le ticket de facturation. Avec des moyens, je serai radical, je proposerai de raser la maison quasi centenaire et refaire du propre. Les finances elles ne sont pas là et puis ce n'est pas mon bien, enfin c'est un autre débat mais.... l'argent pour engendrer la dynamique de la mutation est pour le moment nécessaire mais n'est pas mis à disposition. Une société d'entraide pourquoi pas, mais dans ce cas... on nous demande de travailler plus, savoir bouger, gérer plus qu'avant la garde des enfants et l'éducation des enfants, on nous demande de partir en vacance pour les enfants, et aussi gérer nos vieux en plus de ça ! Or l'entraide ça demande du temps, et des tissus sociaux costauds.

Clairement on demande d'avoir plus de temps, de prendre plus de temps, d'occuper plus de temps, de s'impliquer plus, en citoyenneté, en éducation, de gagner plus, dépenser plus, d'offrir plus, de donner plus, d'aimer plus son prochain, d'aimer son voisin.... et nos médecins nous demande quoi ? De prendre plus soin de nous !! Oui définitivement la société de croissance arrive à mon avis à son asymptote.

Sur ce, je ne pense pas avoir épuisé le thème, mais avoir exprimé mon avis, je n'ai pas grand chose à rajouter. Je demanderai juste à nos lémédias de clairement nous définir ce mot décroissance et d'autres courants "sobriétistes" pour enfin pouvoir discuter et débattre avec les idées claires, du moins sur les mots qu'on emploie.

Il y avait d'autre technologie je crois pour le retraitement des déchets, mais comme c'est un sujet qui m'importe peu dans la vie de tous les jours, je ne me souviens plus de ce que l'on peut faire. Si je retrouve autres choses je posterai ici.
Une dernière chose, je suis toujours étonné que l'on apprenne aux jeunes dans les écoles de commerce "l'achat international". Entre autre on vous apprend à payer le prix de production du produit le moins cher, pour le vendre moins cher tout en se faisant plus de marge. Ok pour le principe. Mais aujourd'hui, au vue du déséquilibre monétaire, on se retrouve dans un monde qui souhaite lutter contre le réchauffement climatique avec une économie faussement libérale sans frontière pour la marchandise : c'est un pousse-au-crime.

Ce duo Chine-Amérique est plus ou moins en train de tirer sur la locomotive de la croissance un peu plus chaque jour (principe de la croissance).
En lisant de nombreux messages, je tiens à spécifier que ma vision des choses est "moyen terme", la décroissance pourquoi pas, mais pas dans les termes et la vision actuelles des choses. Définissons ce que nous entendons comme "décroissance", car je lis beaucoup de non-définition : de ce que n'est pas la décroissance. Mais alors que signifie exactement ce terme, lémédias trancheront, mais moi je souhaiterai que celui ou celle qui me répond me définissent vraiment sa vision "décroissance".

Pour ma part ma vision des "choses à faire" sont de limiter le besoin énergétique ou d'augmentation-substituer la production d'énergie de façon plus soutenable et intelligente. Enfin appliquer la philosophie "cradle to cradle" à notre modèle de production et redonner le pouvoir aux acteurs. Les gens en ont marres des traders, n'oublions pas que les fonds de pension gèrent l'assurance et la pension de retraite de millions d'Américains qui ne souhaitent que de jouir un peu de leur retraite comme nous tous, et qu'aujourd'hui ce système s'installe de plus en plus dans notre circuit financier français. Au final le consommateur est complice de ce qu'il dénonce.
Z'inquiétez pas, la décroissance est déjà là. Observez la variété des produits dans vos rayons de supermarché... :-)
J'aime bien la vidéo, la richesse de la décroissance.

C'est certain que la "décroissance", comme elle est présentée habituellement par les medias, fait peur, nous pouvons nous demander s'il ne faudra pas réinventer le feu entre deux silex.

J'espère que l'émission sera plus subtile. (J'en suis sûre, hum ....)
C'est bon les yourtes.

Les écologistes sont toujours passés pour de gentils illuminés ou de doux originaux. Puis au bout de 20 ans, ceux qui ricanaient finissent par reprendre leur idées en disant qu'ils ont toujours cautionné, blablabla... et que les écolos n'ont pas le monopole de blablabla...
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