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Culture du viol chez les chiens : un canular... et ses limites

Des revues de sciences sociales qui publient sans vérifier de fausses études aux conclusions délirantes... Très médiatisé en France, ce canular fomenté par trois Américains entend discréditer notamment les études de genre.

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Merci d'être, encore une fois, la voix de la raison dans ce genre de débats. 


Si cette expérience pointe des dérives inquiétantes dans la recherche, le traitement médiatique qui en a été fait pointe, lui, la propension vraiment pénible et problém(...)

"Mais, au-delà de la poilade, l’opération fomentée par le trio se présente comme une démonstration. "Lorsque l'on rend des idées absurdes et horribles suffisamment à la mode politiquement, on arrive à les faire valider au plus haut niveau", affirme J(...)

Ne pas citer les commentaires élogieux que se sont pris les articles c'est ignorer le fond du problème.

Ce qui arrive dans d'autres branches c'est que des recherches ne soient pas réellement lues, ou, trop complexes, pas vérifiées.


Ici on a plusieurs e(...)

Derniers commentaires

L'article fait une parallèle avec le "Journal of Advanced Computer Technology", lequel est une revue prédatrice. Les revues en sciences sociales piégées incluent elles de revues que l'on pourrait qualifier prédatrices ?


Le truc c'est qu'essayer de faire passer un discours philosophique ou politique (ou une analyse sociologique intuitive comme chacun en fait au café du commerce), si bon, progressiste et intéressant soit-il, pour de la science ce n'est qu'une vaine tentative de le doter d'un argument d'autorité, qui ne fait que nuire à la science au final, ceux s'y opposant finissant par se retourner contre la science elle même si elle a la faiblesse de le reconnaitre pour tel.


Je soutiens tout à fait la démarche de Sokal Squared pour mettre fin à ce genre d'impostures, après ça ne signifie pas que les social (grievance) studies doivent cesser d'exister, elles doivent juste se présenter pour ce qu'elles sont, un courant, tout à fait respectable et à développer, de la philosophie politique, et pas une branche des sciences sociales.


Perso ce qui m'inquiète bien plus que le sort des social studies (de toutes manières à la mode), c'est leurs défenseurs dans cette affaire qui s'attaquent aux vraies sciences en essayant de faire croire que le problème serait le même en leur sein. Ce qui débouche à faire du GIEC entre autres une victime collatérale, l'argument "dans toutes les sciences les gens sont aussi biaisés que dans les social studies" étant exactement ce qu'attendent les négateurs de la science climatique pour jeter le discrédit sur des travaux relevant pourtant de disciplines autrement dures.

Ne pas citer les commentaires élogieux que se sont pris les articles c'est ignorer le fond du problème.

Ce qui arrive dans d'autres branches c'est que des recherches ne soient pas réellement lues, ou, trop complexes, pas vérifiées.


Ici on a plusieurs exemples de comités de lecture qui ont bien lu et commenté des articles proprement sidérants, et qui ont fait des remarques non pas pour demander des vérifications ou pousser à en relativiser le propos, mais pour le rendre encore plus radical et délirant (par exemple pour la fameuse étude sur les chiens, ce qui fut demandé c'est d'y inclure plus de références au "black feminism", aucune réaction par contre à son étrange anthropomorphisme).


Il faut vraiment lire l'article d'Aero, au lien étrangement absent de votre article, et en particulier le résumé des études et les commentaires auxquelles elles ont eu droit, pour comprendre le problème (si je veux bien convenir que l'attaque de toutes ces disciplines qu'elle contient pouvait être un peu abusive, si son fond est très pertinent).


A part ça, je trouve triste que vous entreteniez la confusion qui existe en France entre "social studies" et "sciences sociales" (qui se traduisent par "social sciences" et pas "social studies" en anglais), ce qui permet ensuite de les faire passer pour de la sociologie quand l'immense majorité des références de ces disciplines ne sont pas des chercheurs de disciplines scientifiques (fussent elles "molles") mais des philosophes, littéraires et essayistes politiques (une des meilleures explications de leur souci limité pour la méthode scientifique), les "social studies" étant des espèces de disciplines fourre-tout prétendant synthétiser le savoir issu de toutes les autres disciplines (des social sciences, des sciences humaines, mais aussi des études culturelles etc... qui font partie des cursus de littérature).


Il est d'ailleurs à noter que toutes les vraies revues de sociologie auxquelles des articles ont été proposés par le trio les ont par contre refusé (le titre de Marianne qui parle de "sociologie américaine" est donc particulièrement mensonger).


Un commentaire en Anglais d'un lecteur du NewYorkTimes avec lequel je suis totalement en accord

"The hoaxes are amusing but what do they prove? They prove that you can fool some people some of the time. Even in science. But hoaxes are more dangerous than amusing. Their simplistic message is  "if I could publish fake scholarship, all published scholarship is fake", and in  this post-factual world, that's a very dangerous proposition. "


Il y a dans cette manière de faire une immoralité de base qui me surprend et ne fait qu'ajouter aux dangers actuels. Comment peut-on consacrer tant d'énergie à ces canulars pour finalement arriver à prouver ce qui semble évident à tous, et de tout temps. Les étagères des Universités sont remplies de thèses aussi fumeuses que leur titre était ronflant. Ne parlons pas des études théologiques ou des commentaires de la Torah.


Ne serait-il pas mieux d'examiner de manière critique et constructive certaines études dans le but de faire avancer la science ?


Un brave trio de supercheurs dont les noms disparaîtront conformément à l'épaisseur de leur apport à la science


Les journalistes feraient mieux de se pencher sur les études sponsorisées par certains grandes sociétés pharmaceuticales et qui ne servent qu'à soutenir leurs ventes sans apporter de contributions scientifiques

Ce type de canulars n'est pas nouveau en sciences humaines.

en 2015, Michel Maffesoli  a été piégé de cette manière.

voir l'article d'Acrimed :

Michel Maffesoli, « expert » sociologique de pacotille:

....

"L’article publié le 7 mars 2015 par Manuel Quinon et Arnaud Saint-Martin et intitulé « Le maffesolisme, une "sociologie" en roue libre. Démonstration par l’absurde » ne fut pas une surprise. Les auteurs y expliquent avoir présenté à la revue Sociétés, affiliée au laboratoire de recherche que dirige Michel Maffesoli, un « article-canular », « dénué de tout fondement empirique et de toute consistance théorique  », intitulé « Automobilités postmodernes : quand l’Autolib’ fait sensation à Paris ». L’article, qui singe jusqu’à l’absurde la rhétorique et le lexique « maffesoliens » , fut publié dans la revue après un processus d’évaluation indigent. "....


 

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Merci d'être, encore une fois, la voix de la raison dans ce genre de débats. 


Si cette expérience pointe des dérives inquiétantes dans la recherche, le traitement médiatique qui en a été fait pointe, lui, la propension vraiment pénible et problématique des médias à systématiquement déformer les conclusions d'études scientifiques (ou pas très scientifiques, dans ce cas précis).


Il y a une belle ironie là-dedans. Les mêmes journalistes qui se gaussent de la nullité des revues qui laissent passer des énormités sont eux-mêmes incapables de faire leur travail correctement, et d'aller vraiment regarder la méthodologie de l'expérience en question, dont les failles sont pourtant évidentes. Ils se contentent de répéter bêtement et en version simpliste ce que disent les auteurs des canulars, sans aller vérifier si peut-être, ces derniers prétendent avoir démontré un peu plus que ce que leur expérience démontre réellement.



Comme l'explique très bien votre article, la seule chose que leur expérience a démontré, c'est qu'il était possible de faire publier des articles bidons dans des revues censées être sérieuses. 

Mais leur démarche cesse d'être scientifique et devient purement idéologique lorsqu'ils prétendent à tort avoir démontré:

- que ces dérives seraient propres aux "grievance studies", comme ils les appellent (en l'absence d'éléments de comparaison, rien ne permet d'affirmer que d'autres revues dans d'autres domaines n'en auraient pas fait autant);

- que ces canulars ont été publiés parce qu'ils confirmeraient la "doxa" en vogue dans ces disciplines (idem: où sont les éléments de comparaison? Et des éléments objectifs qui permettraient d'identifier les causes précises de ces défaillances?)


Au final, on a une situation doublement ironique, où les auteurs de ces canulars, prétendant défendre la science contre l'idéologie, se comportent eux-mêmes comme des idéologues et non des scientifiques (ils font dire à leur expérience ce qu'ils voulaient qu'elle dise dès le départ, et non ce qu'elle dit réellement), et où les journalistes qui se moquent des éditeurs de revues scientifiques pour leur manque de rigueur font eux-mêmes preuve d'un manque total de rigueur concernant le sujet de leur article. C'est magnifique.

"Mais, au-delà de la poilade, l’opération fomentée par le trio se présente comme une démonstration. "Lorsque l'on rend des idées absurdes et horribles suffisamment à la mode politiquement, on arrive à les faire valider au plus haut niveau", affirme James Lindsay, l’un des coauteurs du canular, titulaire d’un doctorat de mathématiques à l'université du Tennessee, et qui résume : "Si notre projet démontre une chose, c'est qu'on ne peut pas faire confiance à la recherche actuelle dans ces disciplines." 

Autrement dit, et selon le trio, ce serait la preuve accablante que dans le milieu académique, les études de genre, et autres recherches en sciences sociales sur la sexualité, la race ou encore l’identité seraient corrompues par une certaine idéologie de gauche relativiste, qui pense que tout est construction sociale."


"Autrement dit", "autrement dit", vous rajoutez quand même une dimension politique à tout ça, en polarisant le débat gauche / droite. Mais il y a une autre façon de polariser : science / machine à buzz. 


Vous n'avez peut-être pas connu ça, mais à l'époque en 1988, un certain Jacques Benveniste avait inventé le concept de "mémoire de l'eau" pour donner du crédit à l'homéopathie. Ce cher monsieur était par ailleurs en contrat avec les laboratoires Boiron. Cette histoire avait bien entendu consterné toute la communauté scientifique, et continue d'alimenter régulièrement des vidéos disponibles sur YouTube (je vous laisse le plaisir de la recherche). Pas de gauche relativiste ni de construction sociale là-dedans, pourtant l'homéopathie trouve toujours aujourd'hui des défenseurs acharnés. 


Aujourd'hui, c'est une autre carotte que celle de l'argent des labos : le sacro-saint buzz. Et effectivement, en tant que scientifique de gauche progressiste, je suis obligé de constater qu'aujourd'hui, c'est avant tout l'aspect insolite d'une étude ou d'une théorie qui importe avant sa crédibilité. En tout cas, dans certains cercles.


L'exemple le plus récent ou le plus frappant est celui du dimorphisme sexuel alimenté par une ségrégation nutritionnelle millénaire des hommes envers les femmes, inventé par l'a socio-anthropologue Priscille Touraille et repris notoirement depuis par Nora Bouazzouni. Ce texte n'a aucune - mais alors aucune - base scientifique, il va à l'encontre du Darwinisme le plus élémentaire, de l'observation de nos cousins primates, mais comme il défend une théorie séduisante, celle que les femmes sont plus frêles parce que les mâles les ont privés de protéines pendant des millénaires, elle a fait le tour des réseaux sociaux, de documentaires et même des plateaux télévisés. Sans que pas grand-monde à gauche y trouve à redire, y compris vous. Consternant, affligeant, choisissez votre mot.


Le but politique est noble, mais scientifiquement, cela coince. Et c'est là que l'on voit les biais politiques des médias. Le réchauffement climatique est prouvé et solidement documenté, et pourtant il a fallu du temps pour que certains médias cessent de le contester : cela allait contre leur biais libéral et productiviste. L'évolution, pareil dans une Amérique où le créationnisme règne encore. La liste est longue à droite. Mais aujourd'hui, les médias de gauche tombent aussi là-dedans, en donnant du crédit à tout et n'importe quoi. Or, pour trouver la solution à une équation, il faut d'abord en identifier les facteurs, les vrais facteurs, pas ceux qui nous plaisent.


2 publications sérieuses sur 7, ce n'est pas rien. Cela fait 28.5714285714 % . Presque une sur trois. Cela ne doit pas être balayé du revers de la main, surtout pas par arretsurimages.net qui fût longtemps un média qui, malgré son orientation à gauche, pouvait revendiquer une grande objectivité.


Que ça soit de droite ou de gauche importe peu : la vérité factuelle que recherche la science est et DOIT être dépolitisée. Dans 1984, il était interdit d'affirmer que 2+2 donnait un autre résultat que 5. Par pitié, pitié, dépolitisons la science. 


Il y a un phénomène de plus en plus étrange, alors que la biologie affirme de plus en plus que nos prédispositions influencent notre psychologie, autrement dit que notre corps et notre âme ne sont pas déconnectés, voire qu'ils s'influencent sans arrêt, voire qu'il ne sont qu'une seule et même chose (des stimulations éléctriques de neurones), la gauche est la plus prompte à essayer de déconnecter les deux. Ce qui était auparavant l'apanage de... la religion, qu'elle a longtemps combattu au nom de… la science.


Lorsqu'une voix discordante se fait entendre, comme la mienne, les principaux arguments ne sont pas scientifiques, mais repose toujours sur les mêmes arguments, "mâles qui ne se remet pas en question", "peur du vent qui tourne", "réac de droite", etc… Au-delà de la facilité de ces réponses, c'est surtout l'assèchement du débat, où l'on devrait présenter fait contre fait et qui finit plus en joute rhétorique d'efficacité du bon mot, qui est le grand vainqueur. 


Drôle de monde.

"seules deux des sept revues qui ont accepté ces articles de canular pourraient être considérées comme des revues universitaires classiques."
Deux c'est déjà deux de trop !
Le problème n'est pas de discréditer les études du genre en général, mais du systeme de validation des revus.

Si elle peuvent laisser passer de telles publications, comment être sur qu'elles arrivent a laisser passer des études de bonne qualité ?

Arrivent telles au moins a faire la différence entre des bonnes et des mauvaises études ?
C'est une vrai remise en question ...

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