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Climat : l'hydrologue Emma Haziza trébuche dans les vapeurs d'eau

Elle ne savait pas que "Thinkerview" était aussi consultée. Affirme qu'elle aurait été plus prudente sur Franceinfo, où elle coanimera une émission à la rentrée. Sans vraiment renier ce qui lui a valu de sévères critiques de chercheurs pointant une affirmation non fondée scientifiquement, et le fait que l'hydrologue exerce dans le privé.

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"Je n'aurais jamais parlé comme ça sur France Inter ou sur Franceinfo."

Il y aurait donc plusieurs vérités suivant le public à qui l'on s'adresse ?

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la vapeur d’eau est bien le gaz à effet de serre majoritaire


Non, la vapeur d'eau est le gaz à effet de serre naturel majoritaire. Naturel. Naturel. Naturel.


Et je ne travaille pas sur le sujet. La concentration de vapeur d'eau dans l'atmosphère était (...)

Evocation d'un sujet essentiel, qui devrait être mis en évidence par tous les médias : intérêt collectif/intérêt privé. 

D'autre part, il me semble que le spécialiste doit être au service du généraliste, en médecine comme dans toutes les sciences(...)

Derniers commentaires

j'aimerais exposer une question sur laquelle je m'étonne que personne ne s'exprime, à propos de la conversion du moteur thermique vers le moteur à hydrogène.


je profite de cette chronique et des commentaires, qui sont pour certains éclairés par des connaissances de base en thermodynamique. 


( En effet , la quantité d'eau dans l'atmosphère est régulée par la tension de vapeur saturante, sous les conditions "normales" de température et de pression, 


ce qui n'est pas le cas pour le CO2, qui ne peut pas être en présence de sa phase liquide: 


(selon wikipedia, je n'ai pas vérifié...) : 


À pression atmosphérique, le CO2 se sublime à −78,5 °C11 (passage de l'état solide à l'état gazeux), mais ne fond pas (passage de l'état solide à l'état liquide).

La phase liquide ne peut exister qu'à une pression minimale de 519 kPa (soit 5,12 atm), et dans un intervalle de température allant de −56,6 °C (point triple) à 31,1 °C au maximum à 7,38 MPa (soit 72,8 atm) (point critique).)


Par ailleurs, la combustion de l'hydrogène produit de l'eau, en dégageant une énergie de 120 kcal/mole, si mes souvenirs sont exacts.


Mais, cet hydrogène, il a fallu le produire et le stocker, puisqu'il n'en existe pas à l'état de "minerai" dans les conditions de température et de pression qui règnent sur notre planète. (C'est encore moins possible que pour le CO2, car H2 est un gaz beaucoup plus léger...). 


Or, pour cela, il aura fallu cracker des molécules d'eau, en consommant 120 kcal/mole... d'où provient alors cette énergie ? Elle ne peut provenir que du nucléaire ou des combustibles fossiles.


La combustion des composés carbonés des "énergies fossiles" quant à elle, se fait avec des rendements divers selon les minerais brûlés ; cependant, qu'ils soient issus du pétrole, ou du charbon, c'est le soleil qui a permis de mettre en boîte cette énergie, et cela a exigé une durée qui se compte à l'échelle des temps géologiques. Nous n'avons donc pas à les créer, ces minerais sont -encore- disponibles comme combustibles. Nous les consommons sans avoir à les créer, contrairement à l'hydrogène. Et ce faisant nous épuisons les stocks.


mais pour les remplacer par l'hydrogène, il faudra de l'énergie... et donc, pour estimer l'intérêt de remplacer les énergies fossiles par l'hydrogène il faut estimer la balance de rendement de l'énergie, selon qu'elle est issue de la combustion du CO2 ou de celle de H2, ET CELA COMPTE TENU DE LA REDUCTION DE LA MOLECULE D'EAU, SEULE SOURCE POSSIBLE de L' HYDROGENE A MA CONNAISSANCE.


Il me semble que le calcul devrait avoir été fait ?  Ou bien je pose mal la question? 

Très PERTINENT .Merci

Vous avez ete plus vite que moi, j'aurai fait la meme remarque. S Saque est journaliste economique en fait.

Quelques précisions sur le rôle de la vapeur d'eau dans le réchauffement climatique.


1) La question est étudiée, il suffit de lire les rapports du GIEC pour le savoir. Et la conclusion des scientifique est: la vapeur d'eau a un rôle très faible dans le réchauffement climatique. Emma Haziza vous trompe (ou se trompe) en confondant l'effet de serre (pour lequel la vapeur d'eau joue un rôle considérable) et le réchauffement climatique (pour lequel la vapeur d'eau n'a quasiment aucun rôle). Vous pouvez lire cet article scientifique, si ça vous intéresse, qui estime le forçage radiatif de la vapeur d'eau entre -0,1 et +0,05 W/m2, à comparer avec le forçage radiatif du CO2 qui est supérieur à 1,5W/m2. Autrement dit: l'effet de la vapeur d'eau est très faible comparé à l’effet du CO2 et pourrait même être négatif (freinant légèrement le réchauffement climatique). 


2) La raison pour laquelle la vapeur d'eau a un rôle négligeable est simple: la vapeur d'eau ne peut pas s'accumuler dans l'atmosphère (contrairement au CO2), car il existe un équilibre thermodynamique entre la quantité d'eau dans l'atmosphère et les immenses surfaces d'eau liquides (la Terre étant majoritairement recouverte d'eau liquide). C'est une notion bien connue des physiciens, appelée pression de vapeur saturante, qui fait que la seule manière d'augmenter durablement la quantité de vapeur d'eau, c'est d'augmenter la température. Autrement dit: l'Homme peut rejeter autant de vapeur d'eau qu'il veut, ça ne changera rien à l'équilibre thermodynamique, et la vapeur d'eau se condensera en pluie très rapidement(*).


3) Du fait du point 2, la vapeur d'eau pourrait participer à une "boucle de rétroaction positive" qui entretient et amplifie le réchauffement climatique (sans pour autant en être la cause): si la température s'élève, alors il y a plus de vapeur d'eau dans l'atmosphère, donc plus d'effet de serre, donc la température s'élève etc. L'importance de ces boucles de rétroactions positives est toujours une question scientifique ouverte, du fait que, comme mentionné au point 1, il est également possible que la vapeur d'eau aie un impact négatif, et non positif, dans certaines circonstances.




(*) Ce qui montre au passage l'inculture scientifique des quelques asinautes qui pointent le fait que les centrales nucléaires rejettent de la vapeur d'eau, et qu'ils sont prêts à utiliser n'importe quel "argument", même les plus faux, pour "justifier" leur opinion anti-nucléaire.

“Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent.” 


Chateaubriand (1768-1848)

Salome saque n'est pas journaliste climat de blast mais journaliste écologie de blast. Paloma mortiz est la journaliste climat... l'honneur de présenter cette émission aurait peut être donc du lui revenir...

Ce "Sky" est décidément assez doué pour amener les gens sur un terrain que j'appellerais "pré-complotiste". 

Si on veut faire de la science, on fait de la science. S'épancher dans les médias sans avoir de résultats prouvés n'apporte rien, et est même largement contre-productif.


On émet une hypothèse, on construit un corpus de vérifications expérimentales pour essayer d'infirmer ses propres hypothèses, et si on n'y arrive pas, on peut publier. La vérification par les pairs permet de de s'assurer que la méthodologie est pertinente et que les résultats sont reproductibles.


Si on arrive à ce stade, on a modifié le consensus scientifique et on peut commencer à vulgariser ses découvertes.


Si on ne fait pas ça, on ne fait pas de la science. Sans être une chercheuse, cette dame a un doctorat, elle ne peut donc pas ignorer la méthode scientifique. Elle savait donc exactement ce qu'elle faisait en balançant n'importe quoi sur Thinkerview. Au passage, sa vidéo a fait 725.000 vues, ce qui est plus que l'audience qu'elle peut espérer faire sur France Inter.

Tout ne serait que tempête dans un verre d'eau, mais les consultants aussi doivent bien faire bouillir la marmite!


Quand une experte donne une opinion basée comme elle cite "c'est juste une intuition", ça lève des red flags ...

"elle n'a jamais, après sa thèse, produit aucune publication soumise au jugement de ses pairs. " Alors elle n’est sûrement pas chercheuse. Ou alors elle correspond à cette phrase de C de Gaulle : "des chercheurs qui cherchent, on en trouve mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche". 

Daniel a fait abjurer une hérétique. Je vais pouvoir dormir sur mes deux oreilles.

Merci de démontrer que vous ne comprenez rien à la science.

Merci de démontrer que vous ne comprenez rien à l’inquisition mais que vous en êtes un soutien actif.

La science n'a rien à voir avec la religion. Il n'y a pas de dogme, en science. Si elle démontre son point de vue, le consensus scientifique changera. Mais elle ne le fait pas. POUQUOI ?

"Cela dit, tout ce que dit le Giec, j'adhère à 1000 %."

Mais enfin Daniel ne réalisez-vous pas que cette phrase est humiliante pour elle, pour vous et pour nous tous?

Qu'il y a vraiment quelque chose de pourri au Royaume du Danemark?

C'est vous, Daniel, qui trébuchait dans les vapeurs de la pensée conforme et intolérante.

Qu’est-ce que j’apprends? Encore une sorcière prête à sortir des orthodoxies convenues sur le climat? Brûlons-là! Brûlons-là! Ne perdons pas une minute: BRULONS-LA! Cette contestation est INTOLERABLE!

Mais avant qu’on la brûle, il faut qu’elle abjure comme Winston Smith dans 1984!


Marrant, quand même, ce fanatisme chez nos élites bobos…

Salomé Saqué fait principalement des émissions économiques sur Blast, les questions environnementales étant essentiellement traitées par Paloma Moritz.

"Je n'aurais jamais parlé comme ça sur France Inter ou sur Franceinfo."

Il y aurait donc plusieurs vérités suivant le public à qui l'on s'adresse ?

Et quelle est la composition des nuages rejetés par les tours de refroidissement de nos beaux et désormais verts réacteurs nucléaires?


Enfin, ceux qui fonctionnent...

Nicolas Bouzou a donc du soucis à se faire pour les interventions sur le climat à "C Dans l'air". Mais peut-etre que pour la promotion d'Uber il a encore des chances.

François-Marie Bréon en débunkeur de discours climato-sceptique, quand on connait l'importance de l'Afis dans l'apparition du climato-scepticisme en France ... les voisins ont du entendre mon rire sarcastique

L'un exclut pas l'autre. Si les GES (gaz à effets de serre) d'origine anthropique ont bien lancé la machine du changement climatique, la vapeur d'eau ainsi produite représente une rétroaction positive. En effet, la quantité d'eau contenue dans l'air est proportionnelle à sa température. Donc plus la température augmente, plus la quantité d'eau augmente en valeur absolue dans l'atmosphère (provenant principalement des océans, représentant 2 tiers de la surface de la planète). 

Le réchauffement de l'atmosphère augmente également la vitesse du cycle d'eau (évaporation - principalement océanique, mais pas que -, condensation dans les nuages, précipitation lors de son refroidissement en altitude). D'où augmentation des phénomènes de sécheresse et de précipitations intenses.

Il se trouve que je travaille sur le sujet, mais sans réel intérêt financier, et je peux confirmer que :

* la vapeur d’eau c’est hyper hyper important dans les cycles météo, donc les températures et également les événements extrêmes

* la vapeur d’eau est bien le gaz à effet de serre majoritaire et OUI, il y a bien un effet anthropique de l’ homme sur le cycle de vapeur d’eau (l’exemple le plus connu est celui des trails des avions, mais ça c’est un effet local et temporaire). Mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas agir sur le CO2 et le méthane 

* il a longtemps été difficile de mesurer la vapeur d’eau et c’est en train de s’arranger grâce à plusieurs missions spatiales, americaines et européennes

* toutefois pour quantifier et prédire l’impact anthropique (=l’Humain) il faut également mesurer les isotopologues de l’eau (isotope D de H, et isotopes de O), et ça ce n’est pas gagné ! Les financements de R&D spécifiques n’existent pas, et il est difficile de convaincre les financeurs (UE, États) de s’y intéresser spécifiquement

Merci à Vous, Cher DS, pour cette chronique durant votre interruption estivale.


En toute humilité, elle permet de prendre soin de vos abonné.e.s, conformément à votre propos conclusif du Matinaute du Mercredi 13 juillet 2022.


Cela est très agréable en plus de votre première ASI  estivale de la semaine dernière sur la canicule.


Cela complète, aussi, les travaux, notamment, des excellents Reporterre et de Vert Eco.


Si vous avez d'autres médias alternatifs spécialisés sur ces questions, je suis preneur en plus de vos lectures estivales policières.

" La femme est sujette à ses vapeurs " ( G. Darmanin ou D. Abad )

Evocation d'un sujet essentiel, qui devrait être mis en évidence par tous les médias : intérêt collectif/intérêt privé. 

D'autre part, il me semble que le spécialiste doit être au service du généraliste, en médecine comme dans toutes les sciences de la connaissance. Le spécialiste se focalise sur un aspect précis, le généraliste doit être apte à synthétiser et élargir la vision...

Mais je rêve, en cette époque for...midable, où quelques-uns s'expriment sur tout, sans rendre de compte.

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