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Chomsky : "La campagne de Trump, une version vulgaire de celle d'Obama"

Depuis des décennies il aide à discerner la propagande sous les apparentes évidences. Noam Chomsky est linguiste et philosophe, mais c'est en tant qu'intellectuel critique de la politique étrangère américaine qu'il a acquis, depuis la guerre du Vietnam, une influence mondiale. Depuis lors, sur le Proche-Orient, sur le 11 septembre, sur le récent mouvement Occupy Wall Street, il n'a cessé de prendre position, en intellectuel dissident de la propagande occidentale qu'il démonte de l'intérieur. Mais c'est à propos des thèses développées dans son livre La Fabrication du consentement que nous l'interrogeons cette semaine, à la lumière de ce tremblement de terre symbolique qu'a été l'élection de Donald Trump aux États-Unis, et notamment à propos du rôle qu'y ont joué les médias, les anciens et les nouveaux.

Derniers commentaires

Super émission!
Hauteur de vue & mises en contexte d’événements récents qui apportent beaucoup même plusieurs mois après la folle campagne américaine.
Chomsky parait assez "optimiste" malgré tout alors que le climat ambiant au niveau international ne donne que très peu de signes d'espoir.

Par contre, y a 2 choses qui me paraissent totalement absconses, c'est le fait que Chomsky dise qu'on vit dans des sociétés libres. A croire qu'il n'a pas écouté son collègue Snowden! Aussi, que le "système" a moins de pouvoir qu'on ne le soupçonne.
Si effectivement, il y a eu récemment des phénomènes inattendus et une réappropriation des gens de la chose publique sous plusieurs formes. Est-ce que l'élection d'un certain Macron n'est pas la preuve que les institutions financières, médiatiques (en mettant de côté l'abstention massive) notamment ont bien fait le job?
Bonjour,
merci d'avoir accueilli M. Chomsky...

Je trouve cependant que le titre (sans doute accrocheur) est un peu trompeur car il est moins question de cela que "du reste" dans l'interview, où justement Chomsky pointe le fait qu'on ne couvre les sujets essentiels dans les grands médias !
— Bienvenu à L'Humanité Noam Chomsky.
— Merci.
— Il fait froid à Paris aujourd'hui.
— Pas très fois, moins que ce que nous connaissons à Boston.

http://www.humanite.fr/noam-chomsky-entretien-exclusif-mercredi-30-novembre-dans-lhumanite-627368
Très bonne émission.
A quand une analyse profonde qui décortique les mécanismes (et nomme les acteurs) de "la fabrique du consentement" en france?

Merci @si
On va lire ici ce que les élites en pensent (euh non, 153 commentaires déjà)... pour ma part, j'ai bien aimé, j'ai entendu ce que j'avais envie d'entendre...
Bien bien bien, bien bien, bien bien !!
Ah, les étiquettes...Garde-fous du manichéisme: la pensée " ein-zwei "...Qui s' insurge à l' idée qu' on puisse gazer des juifs et aimer les chiens!
Fromage ou dessert, quoi...Le pas de l' oie conceptuel s' embarrasse pas des canards boiteux! Et Chomsky devient, par la grâce du binaire, quasi nazi, par excès de tolérance...Hop là!
On pourrait en rire, mais ces connards sont majoritaires, alors...On ricane!
Carpe diem...
Ce que je retiens de Chomsky c'est qu'il nous invite à « l’auto défense intellectuelle » et à développer par nous même une pensée critique contre les différentes formes de pouvoir politique ou médiatique et les idéologies qui les justifient. C'est une attitude intellectuellement honnête que devraient avoir tous les penseurs et leurs lecteurs. Il est donc possible et nécessaire d'émettre des réserves sur quelque idée ou système que ce soit, y compris celui de Chomsky.
Hors des polémiques inutiles qui ne permettent ni de penser , ni d'agir, rappelons cette phrase de Chomsky « Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu’ils peuvent provoquer des changements »
Chomsky sucre les fraises. Je m'en fous de ce que lui dit sa femme quand il regarde la télé. Et pour un mec super radical, super à gauche qui va tout faire péter, il n'a, je crois, jamais soutenu la campagne Boycott, Divestment, Sanction contre l'attitude d'Israël en Palestine. Révolutionnaire à la Mélenchon (lol - un sénateur!) ou à la Macron (double lol). Plus aucun intérêt.

Et la vénération de Daniel qui pense avoir dégoté son grand requin blanc... Conformisme et conventionalisme sont les deux mamelles d'arrêt sur image.
Superbe émission en effet.

Au passage, j'ai beaucoup apprécié le renvoi de Assange dans ses 22 et Chomsky ridiculisant l'idée qu'il y ait un système qui contrôle tout.

Bien sûr j'apprécie moins l'attitude critique de Chomsky envers ceux qui recourent aux valeurs et qui ont fustigé Trump comme propagateur de BullShits, de BS.
Si mon voisin va se faire rouler par un vendeur de camelotes, dois-je rester sans le dissuader d'acheter ou au moins l'avertir. Les gens rencontrés par Arlie Hochschild dans son livre "Strangers in their own lands" ont certainement une appréciation du monde qui est organisée et qui alimente ce fameux "grand paradoxe", dois-je pour autant les laisser s'autoflinguer et juste constater ce paradoxe comme Chomsky le fait et dans un sens lui donner "une raison d'être" qui les déresponsabilise de voter pour ceux qui vont détruire leur vie.

Alors bien sûr, le procès des promesses perdues d'Obama. Mais c'est sans compter sur quelques améliorations et la possibilité de rester dans un univers raisonnable qui permet la critique, autorise l'espoir.
Avec Trump, les gens n'auront eu que la possibilité d'exprimer une colère et maintenant ils vont devoir vivre avec la culpabilité que leur intelligence ne va pas tarder à leur faire ressentir tandis que des intellectuels bon ton les félicitent d'avoir amené tout au point du chaos qui justifie leur analyse.

La question de Daniel Schneidermann reste entière et sans réponse vraiment : comment ce Trump dans sa tour d'or a-t-il pu si aptement capter ce que les gens voulaient entendre et leur vendre. Cela fait partie de ces incompréhensions qui vont nous accompagner longtemps mais qu'a expliqué en partie Laurence Rees dans son analyse "The charisma of Adolf Hitler" sans faire d'autre parallèle entre les deux personnages
Chomsky est un vieux monsieur toujours égal à lui-même.
La presse mainstream qui l'a décrédibilisé à l'envi, depuis qu'il est devenu une icône de la contestation anti-libérale, a encore frappé.
Son raisonnement est toujours bon, et il trouve les mots pour déchiffrer le monde d'aujourd'hui.
Superbe émission... !

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Super interview de Chomsky.
C'est très bien d'avoir mis celle-ci en vost pour entendre la voix claire et posée de chomsky.
Cela dit, même si Daniel se debrouille bien en anglais, j'aurais préféré voir Dalila traduire ses questions.
On aurait gagné en précision dans la traduction et elle ne serait pas restée simple plante au milieu du décor.
Elle m'a fait peine et bonjour le symbôle...
Merci à Arrêt sur images et à Daniel pour son très bon niveau d'anglais et pour un invité si brillant.

Pour les gens qui se plaignent de l'intervention de Chomsky, je tiens à vous rappeler que si vous voulez en savoir plus il a écrit de nombreux livres et articles. Le but de l'émission n'est pas de présenter l'idéologie de Noam Chomsky mais d'avoir son avis sur un sujet.
On dit souvent que l'enfer est dans le détail, Chomsky nous le prouve encore avec des explications clairvoyantes et réfléchies, analysées, et un positivisme à toute épreuve notamment sur les réseaux sociaux qu'il ne manipule pas, des médias qu'ils ne regardent pas, mais dont il a parfaitement analysé les effets. Pas de thérie du complot mais une erreur d'appréciation des personnes qui ont voté Trump avec une explication très claire des croyances ancrées dans chacun d'entre nous et renforcées par une colère qui monte dans tous les pays, et j'en passe... bref un régal, de l'intelligence à l'état pur, un invité rare mais indispensable ! Encore, encore...

Un petit bémol de forme, Daniel, petite suggestion sans agression : faites toute l'ITV en français (d'autant Chomsky comprenait très bien et était limite agacé de vous entendre traduire dans un anglais approximatif vos questions), ou faîtes directement en anglais ou encore en français en demandant à la traductrice de le faire dans un anglais parfait, là c'était bancal..
Une très remarquable émission . Merci.
Ce qui m'étonne une nouvelle fois c'est le degré d'influence que DS accorde à internet. Sans être un spécialiste il suffit de laisser traîner l'oreille dans les espaces publiques pour se rendre compte que ce qui fait l'objet des conversations ce sont les sujets mis à la une des télés, des radios ou des journaux et particulièrement les locaux. La force de frappe de ces médias là sont sans commune mesure avec les réseaux sociaux qui d'ailleurs concernent une part de la population et dans lesquels, pour chacun d'entre eux, se retrouvent majoritairement ceux qui ont en commun, plus ou moins, des opinions voisines ou des goûts relativement semblables.
Par ailleurs Chomsky a bien raison d'insister sur les logiques internes qui sont malheureusement peu décelées par ceux qui se trouvent en périphérie. Dans la continuité de cette logique il me semble que vu d'ici ou tout le moins pour ceux qui se réclament de la gauche il y a une difficulté à percevoir qu'il est quasi impossible pour les étasuniens de poser les rapports sociaux en terme de classes et par conséquent de lutte des classes. Ce rejet presque épidermique parce qu'il s'oppose frontalement au mythe du rêve américain est sans doute, pour prendre un exemple, l'explication de l'échec d'un film comme ' la porte du paradis' de M Cimino (https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Porte_du_paradis )
Bonne émission et surtout beau travail d'organisation d'asi et Daniel!
C'est exactement pour cela que je suis abonné!
C'est bien ce dont je me rappelais: Chomsky est définitivement vieux.
Comme linguiste, c'est le mec qui a fini par démontrer que la grammaire c'est un fonds commun universel et que la différence entre les langues c'est juste le lexique (la fameuse grammaire générative).
Ben oui, mon gars: quand tu veux causer chez @si, par exemple, vaut mieux te munir d'un bon vieux dico English/French que du Grévisse. Et so what?
Comme analyste des médias, c'est le mec qui dit que "il y a une déconnexion entre ce que les gens croient et ce que les médias présentent" (~22'50 de l'émission). Bravo. Bien vu l'aveugle. Et, je dis, là encore, so what?
Mais en définitive ce qui est le plus étonnant, c'est comment ce linguiste à deux balles doublé d'un anarchiste d'Irish Pub, a pu faire flores parmi la gauche qui se voulait la plus intelligente du monde.
En attendant, je confirme: il est définitivement vieux.
Et je sais de quoi je cause, en matière de vieux.

(bon allez-y, étripez étripez: j'ai l'intestin un peu trop long, et du coup je chie mou - clin d’œil spécial jeanbat - si tu me lis!)
Je suis tout de même gêne aux entournures d'entendre que ses propos sexistes ne sont pas politiques. Après, j'entends bien la distinction faite entre les problèmes qui risquent de faire disparaitre l'humanité et les autres.
> Est-ce que Facebook aggrave la situation ?

Mr Chomsky devrait jetter un coup d'oeil au fonctionnement de ce site web, en particulier à la manière dont est orchestrée la communication entre ses membres :
Chaque membre du site reçoit uniquement les informations que ses propres contacts (d'autres membres du site) apportent sur le site.
Ce mécanisme me semble à isoler les communautés [qui peuvent avoir un point de vue interne, rationnel et cohérent, sur le monde, qui se soutiennent tous, qui s'entraident, et qui ont suffisement de touches de réalité pour être rendues crédibles, même si ça a l'air complètement fou si on les regarde de l'extérieur].

A mon avis : oui, Facebook aggrave la situation.

Par exemple, récemment, des personnes relaient la réflexion de supprimer de leur liste de contacts les personnes liées à une certaine idéologie politique.
-> Si le membre supprime ces contacts, il participe à l'isolation de sa communauté, ainsi qu'à l'isolation de la communauté du contact supprimé.
-> Si le membre préserve ces contacts, il participe à la propagation des messages politiques produits par ses contacts.
Il pourrait donc être intéressant d'étudier le schéma des "liens de contact", leur raison d'être, leur durée de vie et la raison de leur décès (le décès du "lien de contact", pas du contact lui-même évidemment :))
Cela permettrait de mesurer l'isolation des communautés, ainsi que la capacité de certaines idées à traverser ces frontières communautaires.
Cela dit, il existe probablement des études sur le sujet. Je vais m'y pencher, merci à D. S. d'avoir posé cette question-là !

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Merci d'avoir invité Chomsky, c'est toujours un régal pour le cerveau de l'écouter/le lire !
Qui peut m'expliquer ce que Chomsky apporte de nouveau pour nous éclairer sur la victoire de Trump ? Que les gens de la "Bible belt" ont une logique interne qui parait folle vue de l'extérieur ? Que Trump est un vendeur de camelote qui dit aux gens ce qu'ils veulent entendre ? Que Trump est tout autant un candidat du système que Clinton, avec la récente élection du secrétaire au Trésor, ex-Goldman-Sachs ? Que les plus pauvres ont fini par comprendre qu'ils étaient les victimes du libre échange commercial ? Quand Daniel l'interroge sur l'impact des réseaux sociaux dans cette élection, il admet qu'il ne les connait pas. J'ai lu "La fabrication du consentement", c'est intéressant mais au même titre que d'autres livres sur le sujet.
Chomsky n'est-il pas surestimé ? En 1979, il signe une pétition en faveur du négationniste Faurisson, au nom de la liberté totale d'expression . Influencé par le 1er amendement de la Constitution des Etats-Unis, il reste américain et ne parvient pas à comprendre l'impact majeur pour les Européens du génocide des juifs, tziganes et opposants politiques.
Chomsky récidive en 2010 en signant une pétition en faveur de Vincent Reynouard, un autre négationniste qui a écopé de 5 mois de prison ferme pour négation de l'existence des chambres à gaz et qui a lancé ce défi absurde "« 5000 € à qui me convaincra que la Shoah n'est pas un bobard de guerre ». Chomsky ne se trompe t-il pas de combat en défendant les négationnistes, comme le soutenait Pierre Vidal-Naquet ? Concernant le génocide cambodgien de 1975 à 1978, aucune ligne de son livre "After the Cataclysm" ne traite des exactions des Khmers rouges mais de la seule responsabilité des Etats-Unis. Troublantes analyses.
Qui fabrique aujourd'hui le consentement politique aux États-Unis ? Et dans le monde ?


ben comme d'hab, c'est le pouvoir.
Tiens, sur le thème "ils votent pour leurs adversaires" et spéciale dédicace à Hollande aka "mon véritable adversaire c'est la finance" : Trump qui fait la joie de Wall Street en nommant des gars de Goldman Sachs et autres milliardaires.
Bonjour,

Contrairement à ce que vous écrivez dans votre article, Chomsky n'a jamais qualifié les travaux de Faurisson de "recherche historique approfondie et indépendante".

Il ne s'agit donc pas d'une bourde!
et merci et bravo à l’équipe d'asi d'avoir reçu Chomsky.

je trouve que le fait qu'il soit venu chez vous et pas chez d'autre(à part Mermet et taddéi en 2010) témoigne de la qualité de votre travail.
Hooray pour cette émission passionante !

Cela me rappelle cette journaliste du NYTimes interrogée à la lumière de l'élection du président Donal Trump :
"Que feriez vous différemment si vous aviez une machine à remonter le temps ?
J'enverrais une équipe de 50 journalistes couvrir les zones oubliées et l'Amérique de Trump."

Il est vraiment dommageable que cela n'est pas été compris avant.
Espérons que des lessons seront tirées de cettte élection.
Plusieurs "images" fortes qui font comprendre, dont celle-ci:
L'émissaire fédéral, en costume cravate, qui vient interdire au Cajuns de pêcher les poissons qu'ils ont toujours pêché, et dont ils ont besoin pour manger, simplement, alors que l'état fédéral qui l'envoie ne fait RIEN pour empêcher les multinationales de polluer ses eaux.

Ça m'a fait penser à un vieux montagnard, pas réac du tout, mais très remonté contre ces autorités qui, sous prétexte d'écologie, l'empêchaient de cueillir, dans ses coins à genépi, les plantes qu'ils ramassait chaque année depuis son enfance, pour faire quelques bouteilles de genépi et en offrir généreusement. Pendant que les mêmes autorités ne font rien contre les camions qui polluent invraisemblablement sa belle vallée de Maurienne. Ou bien, qui couvraient de lauzes les milliers de mètres carrés de toiture des forts frontaliers, à grands renforts de très grosses subventions, et exigeaient que lui, avec sa petite retraite d'ouvrier, fasse pareil pour le toit de sa grange.

Il y a en effet une manière de raisonner qui fait comme si les classes sociales n'existaient pas. Et une autre, bizarrement (ou pas?) qui met minutieusement en concurrence les très pauvres avec les moins pauvres ou les presque pauvres. Comme ces contrats de travail "aidés" qui favorisent les jeunes, les vieux, les handicapés, et qui font que l'un d'eux se verra refuser un poste que l'autre obtiendra... ou inversement qu'il aura le poste au détriment d'un autre, qui en avait besoin autant que lui.
Merci pour vos deux bonnes idées, l’une d’attraper et enlever Noam Chomsky pour faire un entretien,
et l’autre de faire votre première émission en anglais.
J’espère que cela ouvre de nouvelles perspectives d’émissions avec des non-francophones.
N’hésitez pas à tout faire en english, si c’est sous-titré, ça va.

Pour ce qui est de l’entretien en soi, c’est un peu frustrant, j’avais envie d’entendre Noam Chomsky
approfondir chaque concept qu’il énonçait.
En gros, l’émission est trop courte, mais vous n’alliez pas le ligoter pour l’occasion,
ça n’est pas très correct. :)

Je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle entre ce qu’il exposait et notre situation française.
D’incolores idées vertes dorment furieusement.

Moi aussi
Chomsky se fait avoir aussi par le phénomène Trump...
Les médias continuent de prendre au mot Tump sans le prendre au sérieux, alors que les électeurs l'ont pris au sérieux sans le prendre au mot, phrase transposée de mémoire issue d'un dialogue entendu sur Sputnik radio dans le talk show du très pro-Sanders Thom Hartmann.
Il est vrai que pendant ces grandes conférences sponsorisées, les vrais problèmes sont exposés.
Sauf un, celui de l'impact écologique des armées... l'armée française pollue plus que l'industrie du pays, on imagine l'impact de l'armée US, avec ses guerres sales, ses 900+ bases, ses exercices, sa logistique... les armées russes, chinoises, turques, tout ce petit monde hors budget, hors statistiques, au service du contrôle des énergies fossiles...
Mais vous êtes priés de fermer le robinet quand vous vous brossez les dents.
Et tout le monde prend des bonnes résolutions en évitant précisément toute mesure contraignante.
Et Obama peut faire ses stand-ups à succès pendant que sa police/armée dégomme les opposants au DAP, et Le Justin Trudeau fils peut faire ses photoshoots tout en s'asseyant sur les engagements écologiques de sa campagne et de son pays.
Trump au moins ne fait pas semblant, la survie de l'espèce n'est pas rentable pour le business.
On en veut à Trump pour le dire mais c'est le quotidien de l'amérique de Obama et sera celui de l'amérique de Trump.
Comme vous l'avez présenté, Chomsky a eu son importance, est toujours une référence, mais le monsieur est un un gentil d'une totale innocuité aujourd'hui, et si par hasard il présente un risque, on le remet systématiquement comme vous ne manquez pas de le faire dans un truc d'il y a 36 ans... ou on le complotise sur le 11/9 alors qu'il a avoué ne jamais avoir étudié le sujet mais en est venu à s'exprimer sur l'insistance répétées de ses auditoires...
Un peu comme un Piketty ce matin sur France Inter, qui pose un vrai diagnostic mais qui n'a aucun poids en restant dans sa bulle.
(PS: @daniel un peu navré de vous voir avouer votre non-pratique quotidienne de l'anglais, qui signifie que vous n'avez pas accès direct à l'essentiel du matériel disponible...)
[quote=Daniel Schneidermann]Noam Chomsky est linguiste et philosophe, mais c'est en tant qu'intellectuel critique de la politique étrangère américaine qu'il a acquis, depuis la guerre du Vietnam, une influence mondiale.

Émission extrêmement intéressante que vous avez fort bien conduit, mais tout aussi mal introduit avec votre mais semblant opposer le "linguiste et philosophe" à "l'intellectuel critique de la politique étrangère" ayant "acquis", "depuis la guerre du Vietnam, une influence mondiale". Cette influence mondiale n'est en effet que le sous-produit de sa linguistique et philosophie. Pour avoir (année 69-70) enseigné la première, sa "linguistique cartésienne", ainsi déterminée par la seconde, et pour avoir déjà un peu avant combattu avec toute une génération la guerre du Vietnam, je puis attester que ce qui conféra son autorité à Chomsky fut sa capacité intellectuelle professionnelle, et non point platement "critique" (emploi ici fâcheusement imprécis de l'adjectif)).

C'est là ce que j'ai retrouvé dans l'émission, non sans un vif étonnement car je ne le soupçonnais pas en consonance autant avec Marx qu'avec Nietzsche. Ne nous a-t-il pas, en effet, donné, une triple leçon de rappel: double côté Marx, et simple, mais doublement appliquée historiquement, côté Nietzsche. Je précise: à partir à peu près de la vingtième minute, il a exposé une analyse médiatique fondée sur la notion des classes sociales, et avec un humour des plus caustiques sur ce que j'appellerai la déclaration-1895 touchant les deux facteurs du succès électoral: le premier, l'argent, et le second, si peu important que l'on peut sans dommage l'oublier. Mais ce qui est sans doute décisif et fait échapper son analyse à tout simplisme militant est son évocation de l'apport déterminant de Nietzsche à l'analyse de l'humeur populaire, tant trumpienne-actuelle qu'historique-hitlérienne: dans les deux cas en effet, c'est l'action du ressentiment (cette notion si française depuis le Grand Siècle) qui permet d'expliquer comment il peut arriver que les peuples luttent pour leur asservissement comme si c'était pour leur liberté, pour rappeler la formule de Spinoza.

Resterait maintenant à déterminer dans sa structurelle généralité et détailler dans son historique portée cette relation de Marx avec Nietzsche, si longtemps faussement opposés par des militants ayant gâché leur formation prétendûment "théorique" pour le plus grand profit, crurent-ils, de "l'action pratique"...
Une traduction est nécessaire non?
Il y avait aussi le côté antipathique d'Hilary Clinton, et le fait qu'elle paraisse fausse (alors que Trump l'est encore plus, mais je pense que l'electorat de Trump a bien été décrit par N. Chomsky). Il aurait été intéressant de lui demander si les électeurs de Sanders se sont abstenus. La division du camp démocrate a joué.
Comme en France la gauche ne gagne que quand elle est rassemblée, comme le rappelle souvent G. Filoche (en 2012, c'était surtout contre Sarkozy).
Là entre Valls et la gauche du PS c'est la division complète (sans parler du front de gauche, ou des verts), peu de chance pour la gauche en 2017.
Une redite de l'interview (avant le non évènement Bartolone) de LàBas.org...mais bon à prendre tout de même !
Je ne crois pas que les espoirs de la Cop 22 ait été douchés par le message négationniste de D. Trump
au sujet du global warming. Sans compter que, depuis, ce dernier s'est quelque peu ravisé, il me semble.
Ceci dit, merci d'avoir rendue possible in extremis cette passionnante émission.
Courage à nos amis américains! Pour ma part, je suis persuadé que le donald comme on l'appelle
n'est pas aussi irresponsable et "spoiled" qu'il a bien voulu le laisser croire durant sa campagne.
Merci de cette émission , et si les commentateurs de la politique (media ET les @sinautes) pouvaient retenir enfin que les peuples ne sont pas responsables, de leur éducation, c'est a l'état et au medias d'informer au lieu de faire du spectacle ou du mépris.Et ce qui est mis sur nos écrans n'ai pas réclamé par le gens, jamais vu de manif exigeant de la TV réalité. Et nous le peuple on pourrait au moins éviter cet écueil qui est vraiment inutile (le truc du les Français sont des cons ...) , et qui détourne pleins de gens de l'ouverture. Les humains supportent mal le mépris, et les femmes pareil, notre monde est tellement méprisant, et pas besoin d'élite pour ça, le machisme ordinaire le fait très bien. Une société, qui traite les créatrices de cette société, avec autant de mépris, de violence, ne peut pas être saine, et ce machisme est surtout véhiculé par les medias et ceux qui sont a la TV. Heureusement pour nous le femmes , c'est moins violent dans la vrai vie (on ne nous parle pas de nos seins tout le temps ..) . Comme les zelites traitent les femmes, comme ils traitent les plus pauvres, d'ou notre colère et si les zelites ne nous 'vendent ' pas JLM , le seul a gauche, et qui propose un réel changement de paradigme, on risque d'avoir encore l'UMPSFN, et ça c'et une catastrophe pour la France et, pour le climat , qui est notre seule bataille. Détruire notre model sociale comme le fait l'UMPSFNELLV, est propice au changement climatique, pourquoi traiter mieux le climat que les humains ? ça ça n'existe pas, on traite les femmes plus mal que les mecs, mais leur conditions a eux aussi ce dégradent . A force d'être égoïste et machiste les zintellos nous trompent et permettent l'avènement d'un NS, d'un Chirac, d'un Hollande et bientôt s'ils continuent leur droitisation du même, la Le Pen ou le Fillon ne sont pas pire que les 3 autres, il disaient moins mais ils ont agit en raciste, en facho, en casseur de notre protection sociale qu'on paye, c'est pas de l'assistanat nous on bosse pour payer ça, pas les bourgeois qui profitent sans trop bosser, une femme de menage aimeraient aussi passer ces journée a lire (pas trop dure) et a mépriser les femmes de ménages qui doivent se serrer la ceinture , ou payer des impôts aussi, démagogie.
Et je remercie Chomsky aussi pour sa phrase sur, le fait qu'on est plus libre maintenant qu'avant, et oui c'est vrai , on est aussi plus éduqué, quoiqu'en pense les cons d'intellos qui ne voient pas qu'on lit et écrit bien plus depuis internet 2,0 , mais la jalousie et le mépris sont leur seuls marques de fabrique, ils ne supportent pas wikipedia , par exemple. Comme le dit aussi Friot dans le film La sociale (super, mais ultra machiste, comme le sont les mecs de gauche, pas une femme dans le film , sauf la fifille a son papa, mais une sur l'affiche, bien sure), ou il dit nos avantages par rapport a 1945, CDI, Sécurité sociale, Assedic, caf . Il serait temps que le peuple arrête de se mépriser lui même , et qu'on se gargarise plutot, de nos combats, NDDL, Sievens, #loitravaille, agriculture bio, ... On ne fait pas rien nous le peuple, et on gagne des fois ,et on perd a cause du mépris des médias et du lâchage des zelites qui ne représentent qu'elle même et son petit confort bourgeois, appart à Paris, maison de campagne, et voyage autour du monde, quand certains vivent a la rue, ou que bcp n ont depuis 10 ans que les moyens de payer les factures ... Ca énerve un peu.
Calme, assuré de lui-même et de ses arguments. Qui pourrait encore l'orthographier Chomski ?
J'adore le Daniel bilingue !
La partie explication de l'élection de Trump n'était pas si passionnante que ça, Chomsky est beaucoup dans "Trump élu par un électorat pauvre", et prend l'exemple d'un état qui devait de toutes manières voter républicain pour l'illustrer (alors que pour rappel Trump a surtout cartonné chez les gens touchant entre 1 fois et 2 fois le salaire médian, rarement des chasseurs d'alligators coupés du monde). Quant à "c'est un marchand de tapis qui dit tout haut ce que son électorat pense tout bas / veut entendre", euh.. on n'avait pas remarqué.
Reste la question de l'insistance sur des sujets peu politiques, intéressante, si j'ai l'impression qu'il exagère beaucoup ("98-99%" du contenu des médias sur des questions comme son sexisme plutôt que sur les programmes jet presque aucune mention du climate change[/url je doute un peu). Bon après 90% c'est probable et déjà alarmant (comme l'a été la faible couverture de la cop22 qu'il a bien fait de souligner).
Sinon ses retours en arrière sont instructifs, et c'est un des rares à contextualiser à partir du siècle dernier au lieu de pointer une dérive moderne des médias ou de l'argent en politique.
Et j'aime beaucoup la manière dont il descend la tendance de certains anti-systèmes à se croire dans une dictature toute puissante.
Mais à lire les premiers commentaires je m'attendais à un peu mieux.
(il est arrivé un petit accident à mes liens, enfin c'était juste pour montrer que des recherches sur Trump climate change donnent des dizaines de millions d'articles, et Trump policies des centaines de millions)
Chomsky n'a pas l'air d'être du genre à se soucier si on comprend son fil de pensée ou pas, néanmoins il est extrêmement clair : La question n'a jamais été de savoir s'il existait des articles de presse, et encore moins de connaitre leur poids en nombre de caractère, ni même éventuellement en nombre de vue.

La question portait sur une journée dans un média audio-visuel standard.


De même, l'histoire du marchand de tapis, c'est important de rappeler qu'il s'agit d'une réponse à l'insistant DS, qui cherchait à savoir comment Trump a pu avoir connaissance de ce que pense son électorat alors qu'il reste dans sa tour d'ivoire. Ce n'est pas vraiment un propos qui se situe dans la construction de sa pensée.


Autre exemple qui montre à quel point il faut écouter Chomsky dans son ensemble, et pas picorer des anecdotes, celui de la population d'une région de la Louisiane. Ce n'est pas un exemple pour une démonstration d'une analyse politique, mais une étude concrète d'une sociologue, afin de montrer de ce que sont ces bulles de croyances, et à quel point les dénigrer est une erreur. Ne soyons pas dans le hors-sujet.
La question portait sur une journée dans un média audio-visuel standard.

Y donner de l'importance dénote alors un peu que Chomsky est d'un autre age, surtout couplé avec répondre "talk show radios" quand on lui parle réseaux sociaux et ne pas connaître facebook.

Le cœur de public de Trump vit peut être dans des bulles facebook le confrontant surtout à des contenus confirmant ses biais, mais il utilise internet a priori et il y a toutes les raisons de penser qu'il connaissait son programme même sans lire la presse papier (à moins de dire qu'il ait décidé de ne pas se renseigner, ce qui est contraire à ce que disait Chomsky d'un électorat qui aurait de "vraies préoccupations" mais en serait détourné par les médias préférant traiter d'anecdotes ; de plus dans le cas du changement climatique les deux se mèlent puisque la déclaration de Trump en faisant un "complot chinois" a été archi-commentée et que les articles à ce sujet ne manquaient pas de dire qu'il comptait sortir de l'accord de Paris).

Enfin j'en reste à trouver son analyse un peu décevante/incomplète.
Je ne suis pas convaincu que le gros de l'électorat, que ce soit chez Trump ou en France, se situe sur internet.

Sur internet la plupart du temps il y a les militants et les électeurs déjà convaincus. Les indécis et ceux qui regardent la politique de loin, je les vois plutôt devant la TV. Et ce sont eux qui font pencher une élection dans un sens ou dans l'autre.
Ça me rappelle une invitée très récente d’ASI, Isabelle Attard, qui révèle à Daniel Schneidermann qu’une partie
des Français s’informe par une unique source, Ouest-France ou les gros journaux d’information télévisuelle.

Dans l’émission, la réponse de Noam Chomsky à la question de Daniel sur les réseaux sociaux, m’a semblé
être une sorte de réponse très directe, sans fioriture : très concrètement, les réseaux d’influence d’opinion sont, par exemple, les émissions radios.

Je penche plutôt pour le point de vue d’Isabelle Attard et Noam Chomsky, car dans mon entourage pourtant connecté au web et plutôt éduqué
(comme on dit), j’entends assez largement relaté les points de vue diffusés par les médias de masse, c’est à dire la tévé et la radio.

Et la fréquentation web en matière d’information me semble aller vers les sites d’information classiques.

(Mon entourage n’est pas représentatif, je sais).

Ceci dit, Facebook (en lui-même, pas l’ensemble des résosocios) me semble exercer une grosse force d’opinion,
mais moins unidirectionnelle que la tévé et la radio.
J'allais répondre que 60+% des américains s'informaient par les réseaux sociaux, car c'est ce que j'avais lu plusieurs fois dans les analyses de la presse française sur le nouveau monde de l'information (et/ou l'élection de Trump)...

Mais en allant chercher le chiffre exact je suis tombé sur l'étude qui l'a sorti, et le chiffre de 62% est obtenu en additionnant les catégories jusqu'à "rarement". Seulement 18% consultent "souvent" les news sur les réseaux sociaux, si 68% des utilisateurs de facebook et 70% de ceux de reddit y consultent des news (mais pas forcemment souvent). Et le % s'informant souvent par un média traditionnel est très supérieur (46% local tv, 31% cable, 25% radio, 20% presse écrite...).

Je fais mes excuses à Attard et Chomsky qui ont raison de s'intéresser toujours aux médias traditionnels.
Merci beaucoup pour le lien!
vous vous attendiez peut être à ce que son analyse se termine par une distribution de glace à la vanille?

plus sérieusement, la plupart des intellectuels s'efforcent de dire des trucs formidables que personne n'a jamais eu l'idée formidable de dire . C'est à celui qui trouvera le nouvel agencement de mots qui fait de l'effet ,ils sont même payé pour ça. Si il ne le font pas , les livres ne se vendent plus et les conférences se rariffient ,puis le frigo se vide...

lui au contraire aime à dire qu'il ne fait qu'enfiler des truisme, puisqu'il décrit des faits, ici des élections qui sont toujours muent par les même forces, lamentablement affligeantes et d'une banalité consternante:En gros, la recherche de profit.

de plus dans le cas du changement climatique les deux se mèlent puisque la déclaration de Trump en faisant un "complot chinois" a été archi-commentée

vous mélangez plusieurs chose .les petites polemiques de reaction au tweet genre feu de paille et les thèmes majeurs abordés au cours des élection.
est ce que les problème de réchauffement climatiques étaient un thème centrale des élections américaines?
non et c'est ce qu'il dit .
le twett à fait scandale mais le theme du desastre écologique qui s'annonce a a peine été abordé .
Ba oui quand je vois les gens être en mode "émission indispensable", "j'ai beaucoup appris", "merci de l'avoir invité sa pensée est vraiment brillante", etc... Je m'attend à voir l'invité dire des choses pas déjà entendues 100 fois. Et quand c'est l'auteur de la fabrique du consentement plus éclairantes sur les techniques précises de propagande ayant conduit à l'élection de Trump que "c'est un marchand de camelote".
Après comme je le disais par contre, sa manière de contextualiser en ramenant à des tendances qui n'ont rien de nouvelles est intéressante par rapport au "c'était mieux avant" généralisé qui analyse les mondes de l'information et de la politique sous l'angle de la décadence.

Enfin grâce à lui, et ma tendance à ronchonner, j'aurai appris un truc qui change carrément ma vision du monde de l'information actuel / américain grâce à une bête recherche pour retrouver une source en répondant à Oblivion (voir mon message au dessus du votre). A force de lire tant d'articles de ce style pointant l'importance des réseaux sociaux ou des nouveaux médias, en particulier dans les campagnes américaines, je n'avais pas réalisé à quel point ils demeuraient une source d'information secondaire par rapport aux traditionnels même là bas.
Enfin grâce à lui, et ma tendance à ronchonner, j'aurai appris un truc qui change carrément ma vision du monde de l'information actuel...
Et ce n'est pas suffisant pour que cette émission soit fantastique ?

Pour une fois qu'un intellectuel ne s'entoure pas de dialectique encombrante, on va s'en plaindre ?

D'ailleurs, cela fait partie de son discours sur le rejet de l'élite : à partir d'un constat clair énoncé par le citoyen du bas, la réponse va être sophistiquée pour prouver à quel point il a tord. À force de suivre ce même schéma, c'est toute la sophistication qui est rejetée, par principe.

Hors évidemment, un discours sophistiqué peut être pertinent, exactement comme le discours simple peut l'être. Mais dans les deux cas, il faut être attentif tout au long du discours.


À propos de l'article de RFI, c'est typiquement l'article qui ne dit rien. Si on retient quelque chose de cet article, c'est seulement parce qu'on était déjà convaincu.
Petit lien vers une vidéo [EN] pour introduire l'étude sociologique citée par Chomsky: https://www.youtube.com/watch?v=e__b4vh0UVo et https://www.youtube.com/watch?v=DM5ReFAh-YQ
" Chomsky est beaucoup dans "Trump élu par un électorat pauvre", et prend l'exemple d'un état qui devait de toutes manières voter républicain pour l'illustrer (alors que pour rappel Trump a surtout cartonné chez les gens touchant entre 1 fois et 2 fois le salaire médian, rarement des chasseurs d'alligators coupés du monde)."

Vous ne pouvez pas exclure l'électorat pauvre de Trump au prétexte qu'il y a dans son électorat des gens des classes moyennes.
Le score de Trump est une somme de votes aux motivations diverses. La rust Belt qui a fait basculer des états vers Trump c'était effectivement des régions qui ont souffert de la désindustrialisation. Et d'autres couches sociales, nostalgiques de l'Amérique éternelle, "blanche", ont voté pour lui.

Le même genre d'erreur a été faite dans l'analyse du vote du Brexit, une généralisation à partir d'un seul critère, par exemple celui de l'âge.
Je ne dis pas le contraire, mais l'exemple de la Louisiane n'était pas non plus d'une pertinence extrême pour décrire celui de la rust belt, qui est la justification pour la généralisation de beaucoup de médias sur un succès de Trump s'expliquant par l'électorat pauvre, quand c'est un phénomène local (et s'il lui donne la victoire pas vraiment énorme : Trump n'aurait gagné que l'Ohio hors des états rouges habituels sans l'électorat au dessus du salaire médian, il est très au dessus des scores habituels des républicains au Michigan et Wisconsin mais toujours derrière les démocrates si on exclut les classes moyennes et +, comme au national).

Sinon ce qui me chagrine dans cette histoire c'est que l'insistance sur cette partie de son électorat nourrit (avec l'excuse d'un peu de misérabilisme ou critique de la mondialisation) un discours qui fait porter la responsabilité de son élection à ce sale peuple pauvre qui se laisse berner par des démagogues (je ne suspecte pas que ce soit l'intention de Chomsky, mais la même insistance sur la seule partie pauvre de son électorat a été présente chez des analystes autrement plus suspects, genre qui passent à la télé française et écrivent dans l'Express, le Figaro ou l'Obs).

Et pour en revenir à Chomsky j'aurais donc trouvé plus intéressant.que cette description d'une communauté isolée votant en suivant son habitude éternelle qu'il explique par quelle méthodes les républicains ont récupéré l'électeur moyen de Trump. Quelqu'un qui touche 72,000$ par an, vit dans une banlieue cossue, est légèrement moins diplômé que la moyenne de sa classe sociale mais rarement sans éducation aucune, a un accès normal à l'information ; une classe moyenne (50-100k/an) qui a voté en légère majorité Obama en 2008, ne donnait que 2% d'avantage à Romney en 2012, et là 5% à Trump.
Mais bon comme j'ai reconnu ailleurs je suis ronchon et c'était pas inintéressant quand même.
Faites un tour du côté de l'extrême droite française pour avoir une illustration de la complexité d'un vote, qui ne se résume pas par "extrême droite => vote des ignorants".

Et aussi, j'ai ouï dire que l'américain éduqué était fortement ignorant selon nos critères.
"une classe moyenne (50-100k/an) "
Ça c'est déjà l'Upper Middle Class! le revenu médian aux US était de 51989$ en 2013.
Oui, mais pour des raisons que j'ignore (enfin non c'est que plus la culture politique est de droite plus elle est située haut) c'est là que la plupart des médias américains situent la middle class (pour les 3 dernières élections on trouve surtout des stats qui divisent la population en 3 groupes : moins de 50k /an, 50-100k et plus de 100k, au mieux subdivisées en 2).
Ce n'est pas forcément si éloigné d'autres classifications chez nous.
Cf le schéma sur cet article : le revenu médian est l'équivalent du revenu seuil pour les classes moyennes pour un couple sans enfant.
L'écart n'est pas très important entre le seuil de 30% des plus pauvres, défini par le Credoc comme départ des classes moyennes, et le revenu médian.
Je n'ai pas trop réfléchi à la logique derrière mais, intuitivement, je dirais que les hauts revenus font rapprocher le médian du pauvre.
Oui Antoine assez d'accord avec vous; le maître ne donne guère de clé de compréhension. Daniel aurait du inviter sa femme qui avait l'air d'en connaître plus long sur le sujet.
Si je résume: Entre deux menteurs beaucoup préfèrent choisir celui qui répète ce qu'ils pensent eux même de celui ou celle qui sermonne depuis 20ans ce qu'il faut penser. Ceux là ont au moins ont le sentiment de saisir une vérité.
Merci. Il fournit des pièces stratégiques du puzzle pour mieux interpréter et comprendre l'évolution du monde.
D'après le Huffington Post, la rencontre entre Noam Chomsky et le groupe parlementaire PS a été annulée à cause de ses "déclarations polémiques, notamment sur Ben Laden".
L'intellectuel avait en effet eu l'outrecuidance de rappeler que la culpabilité de Ben Laden dans les attentats du 11 septembre n'a pas été démontrée : https://www.youtube.com/watch?v=elVggMw7vG0

Le Huffington Post a renvoyé vers cet article de Christopher Hitchens publié sur Slate.fr.
Emission d'utilité publique !!

Chomsky a développé un fil directeur tout au long de l'émission en survolant toutes les questions, en les replaçant dans sa problématique et dans sa construction intellectuelle. A chaque fois que j'écoute Chomsky, c'est écouter Lordon ou Bourdieu, c'est se saisir de concepts pour expliquer la réalité : à travers le système créé par et pour les mecs en costards, la fabrication du consentement, le paradoxe des classes ouvrières, les financements et marketing des campagnes d'Obama et Trump.

Il a replacé les problématiques oubliées de la campagne (réchauffement climatiques, immigration chomage), le mépris des médias envers Trump qui a empêché l'organisation d'un véritable débat. Il explique très bien que Trump a compris l'imaginaire collectif des classes ouvrières et a réussi à exprimer leurs affects et converger toute cette énergie affective vers lui et du coup son élection. Et de ce fait il exprime ses craintes à court terme. Tout petit regret : parler plus longuement de la post-vérité, cela aurait été intéressant.

MAIS, surtout, Chomsky est hautement positif, les choses s'améliorent depuis les années 60 grâce aux médias, et maintenant grâce à Internet. Il voit que les jeunes ont voté massivement pour Clinton et surtout massivement pour Sanders. Que Sanders est allé contre toute attente et tout modèle.

Chaque minute a été remplie et c'est un véritable condensé d'informations lucides et pertinentes. Cela vaut 1 an d'abonnement à @si ;)
Je suis en cours de visionnage, superbe émission ! Un TOUT grand merci !
Ravie d'avoir vu l'émission, mais je suis anglophone, et j'ai donc pu suivre avec plaisir tout le discours de Chomsky. Cependant, je doute que tous les @sinautes soient aussi à l'aise en anglais, et des sous-titres eussent été bienvenus (oui, je maîtrise mon français aussi).

Sinon, c'est une joie d'entendre M. Chomsky sur un sujet aussi essentiel. Merci pour cette interview !
J'ai beaucoup appris, merci !
Merci !!!
Bravo @si!
On va entendre des choses différentes!
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