"Charlie Hebdo", Rokhaya Diallo, et cette "confusion" qui persiste
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Le plus gerbant de l'article ce n'est même pas la caricature de Rokhaya Diallo, mais ces foutus guillemets de la honte à "islamophobie"... et dire qu'il leur reste des lecteurs qui pensent que c'est un journal de gauche
J'en ai marre de ces images de m... On va se la bouffer pendant encore de temps cette ceinture de banane.
La vérité c'est que Riss semble avoir un compte personnel à régler à RD.Visiblement, ils sont encore trop nombreux, ceux qui ne supportent (...)
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Dans notre (longue et épuisante) série "Les Cons Contre Les Cons".
Rokhaya Diallo sort un article dans The Guardian, au sujet de cette caricature et de ces suites. Elle y répond aux justifications que se donne le Charlie, à savoir la contextualisation par l'article et le fait de s'identifier comme journal féministe et antiraciste.
Les deux justifications sont bancales. Rokhaya Diallo dit ne pas voir du tout le rapport entre l'image et l'article, et c'est certes bancal, mais on peut comprendre la caricature comme l'accusant de surjouer son identité "raciale" pour son public, ce qui fait sens dans la perspective assimilationniste du Charlie (pour lequel tout facteur identitaire devrait se fondre sans revendication propre dans une identité nationale unique et homogène - ce qui est une posture idéologique niaise et problématique parce qu'elle-même ignorant d'une part l'effet des assignations extérieures, et d'autre part stigmatisant comme "communautariste" toute déviance à une norme faussement neutre). Et bien sûr, le Charlie peut prétendre "nan c'est toi les racistes", ça a peu de valeur devant les discours soutenus et leurs implications réelles. Mais bref, c'est tout le vieux débat entre le salad bowl et le melting pot. Il y a de quoi s'écharper, prendre position les uns contre les autres, et tout ça, même en se comprenant mutuellement, ce que pas grand monde essaye de faire.
Par contre, Rokhaya Diallo prend ensuite comme preuve du racisme de Charlie une caricature de Charb. Et là, on tombe dans l'effroyablement stupide. Charb dessine Christiane Taubira en singe (une imagerie effectivement férocement, salement raciste) à côté d'un sigle Front National et sous le titre "rassemblement bleu raciste", le tout en réponse au FN qui, tout en cherchant à se dédiaboliser et se prétendre non raciste, publiait des photos de signes censés représenter Taubira jeune. Donc bien sûr que le dessin de Charb, caricaturant le racisme FN pour le souligner quand celui-ci cherche à s'en dédouaner, est une image raciste. C'est le but. Mais elle est assignée au discours FN, un discours dénoncé. Un discours rapporté. S'en saisir pour prétendre Charb raciste, c'est juste, pour le coup, une lecture imbécile de son dessin et de son intention.
Le Charlie actuel est tout pourri, parce que ses auteur-ices sont bêtes, et (au mieux) incapables de saisir les implications islamophobes de leurs propres discours. Riss, en particulier, dans ses éditos, se positionne comme très ouvert et tolérant vis-à-vis des musulmans "modérés", mais ses textes en reviennent régulièrement à impliquer que chaque signe distinctif, chaque réappropriation identitaire de l'Islam, est un effroyablement fanatique affront à la démocratie. Mais à l'inverse, les accusateurs du Charlie démarrent toujours au quart de tour pour interpréter une image, ou un bout d'image, au pire, au plus absurde et au plus gratuitement toxique, sans chercher à en saisir son intention précise - que cette intention soit défendable ou stupide. Rokhaya Diallo va jusqu'à affirmer tout simplement qu'aucune intention, aucun contexte, ne pourrait justifier de telles images. C'est délibérément obtus, il y a toujours la possibilité d'un contexte légitime - présent ou non, clairement lisible ou maladroitement hermétique, à déterminer. Tuer la discussion sur les intentions ou le sens d'un dessin, c'est tout le contraire de la détermination voire la critique du sens d0un dessin. C'est, typique de notre époque, la fierté militante d'en comprendre ostensiblement le moins possible.
Bref, typiquement, rien à sauver, d'un bord à l'autre de l'affaire. Tout le monde est de mauvaise foi, ce n'est même plus un désaccord ou une dispute articulée, juste des circuits clos qui tournent en rond chacun de leur côté. L'illustration de notre civilisation des bubulles, dans laquelle, mécaniquement, la plus grosse et la plus bête, la plus trumpienne des bubulles domine le monde. La règle du jeu conçu pour que le pire y triomphe. Diallo, au final, y participe autant qu'un Riss.
Il y a 11 ans, jour pour jour.
Le problème mérite d'être réfléchi, mais là, à chaud dans la découverte du sujet, je dirais que Charlie-hebdo argumente plutôt bien : la caricature est là pour illustrer leur article où il est dit cette l'autrice vante un multiculturalisme en se vendant comme autrice pro-américaine et anti-laïcité française, leur article assimile l'exposition de cette opinion en Amérique au fait de se vendre comme noire sur la scène américaine, à la limite de la prostitution (là c'est moi qui extrapole). C'est aussi une critique du multiculturalisme à l'américaine, que l'on peut considérer comme une réduction des individus à leur "race" ou leur "origine", et donc cette autrice jouerait ce jeu là.
En fait c'est un type de critique que l'on peut brandir pour pas mal d'auteurs qui veulent passer à la télévision (française) : se vendre, faire le guignol, quasiment se prostituer, et, en définitive, se ridiculiser, se dévaloriser.
Après, la caricature est dure, et sortie de son contexte, elle perd ce sens. Elle aurait été plus claire si les spectateurs avait été reconnaissables comme des américains de la presse, ou qlq chose comme ça : bref, si le dessin avait repris plus de thèmes de l'article qu'il accompagne.
Soutien à Charlie, RD passe son temps a être écouté par les anglo-saxons pour traîner la laïcité dans la boue sous couvert d oppression caricaturale. Charlie a répondu sur la même tessiture mais avec un dessin. Puisque la laïcité est dépainte comme une pensée esclavagiste moyen ageuse, et bien, Charlie l a dessiné telle qu elle la décrit. Et puis, la caricature bien pensante, n est plus de la caricature, ca suffit.
Il faut arrêter avec les euphémismes. Il n'y a aucune confusion chez Charlie Hebdo. Juste un racisme bien de chez nous (enfin, de chez eux, du pays moisi qu'ils s'inventent dans leur tête) qui se cache derrière "l'universalisme rébublicain", version 3ème république option glorification coloniale.
C'est Riss qui a fait ce dessin,mais il me semblait que c'est lors de la réunion hebdomadaire que les dessins étaient choisis à l'unanimité avant publication.
La plus belle caricature de Joséphine Baker, c'est celle de Pascal Légitimus. Sa performance est bluffante, au point qu'à un moment, j'ai cru qu'il y avait des images d'archives. Pas d'ambiguïté de sa part, sa grand mère, Darling Légitimus, était danseuse dans la Revue nègre de Joséphine Baker.
C'est amusant, j'ai lu l'article et je me demandais quelle était cette tribune dont il est question et en cherchant, je suis tombé sur un article de Marianne qui parlait de cette tribune et grâce auquel on voit quelles sont les sources de l'auteur (qui est à deux doigts du plagiat).
Ignorant que je suis, je ne connaissais rien de la vie de Josephine Baker hormis cette histoire de ceinture de banane, qui m'avait permis de la reconnaitre dans "Les Triplettes de Belleville".
et puis, je suis tombé, il y a quelques années sur sa biographie en BD par Catel et Bocquet, où j'ai pu prendre la mesure de ses engagements qui resteront sans doute dans l'histoire, plus que son oeuvre.
La ceinture de banane, c'est un "costume de scène" qu'on lui a imposé à 19 ans à son arrivée en France et ne represente rien par rapport à son oeuvre et surtout à ses engagements. réduire Josephine Baker à cette ceinture de banane, c'est déjà raciste.
c'est pourtant le choix fait par Catel pour la couverture de la BD, mais avec une autre éléguence que la caricature de Riss

"effectivement, ce dessin est un peu confus" ... il faut lire ""effectivement, mon pensum est un peu confus" .
qu'est ce que ça fait du bien d’etre du bon coté de l’histoire .Je ne suis pas charllie , je n’est jamais été charlie , je le serais le jour où en une de charlie on verra val en train de pomper sarko pendant que arfi l’encule , ça, ça me fera faire hara kiri !
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Merci d'avoir exposé clairement les enjeux . Je suis cependant en désaccord avec vous . La caricature ne peut être séparée de l'article . Il est évident que la caricature et l'article critiquent les prises de position de Rokhaya Diallo contre la loi interdisant les signes religieux à l'école et faisant une obligation de neutralité aux agents de la fonction publique . Rokhaya Diallo en parle surtout dans ses articles dans la presse anglo- saxonne , mais elle en parle , même si c'est plus discrètement ,en France . Début décembre , elle était invitée aux Matins de France-culture consacrés précisément aux 125 ans de la loi de Séparation et elle a réaffirmé son hostilité interdisant les signes religieux à l'école . Ajoutons un point que vous abordez. La " Revue nègre" ,raciste, assignait Joséphine Baker et les femmes noires en général à une identité humiliante , dégradante. On pourrait avancer l'idée que la défense du voile assigne les lycéennes et les femmes musulmanes agents du service public à leur identité de femme musulmane . C'est parfois un libre choix ,mais la contrainte ( familiale , la contrainte du milieu ) n'est pas à exclure comme le montre l'exemple de l' Iran.
Vraiment pas d'accord, une caricature parle d'elle-même sinon elle n'est pas bonne. Là on peut considérer que c'est une caricature raciste efficace, qui reprend tous les stéréotypes qu'on peut imaginer. Ensuite voilà ça fait des années que Charlie à pris un tournant raciste sous ses atouts de laïcard. Et concernant les femmes voilées, c'est tout simplement honteux votre tentative de diversion. Comme si un combat politique pouvait justifier le racisme !
Sur le voile, autant je peux vous suivre concernant les mineures, autant pour les majeures je suis en désaccord.
Ceux qui veulent dévoiler les femmes ne valent pas mieux que ceux qui les voiler. Ils ne sont que le revers de la même médaille.
Concernant l'école, comment se fait-il que ce ne soit qu'en France métropolitaine qu'il y ait une telle crispation? A la Réunion, dans les Antilles, cela n'existe pas. Je pense que c'est parce que se sont des sociétés où la religion fait partie de la vie quotidienne. On croit en Dieu quelqu'il soit.En France beaucoup de personnes ne comprennent pas la laicité. La laicité c'est la liberté de culte et non l'absence de religion.
Et malgré que beaucoup de politiques, pour se faire mousser, prétendent vouloir interdire les signes religieux dans l'espace public, cela est impossible car en contradiction avec l'article 9 de la convention européenne des droits de l'homme.
Interdire des signes religieux dans l espace public est contraire à l article 1 de la loi de 1905!!
Ceci étant, comme "sans dieu" je suis extrêmement gêne par ce revival religieux qui me semble être une régression historique.... mais la liberté ne peut être combatu au nom de la liberté.
Ce qui est un peu fallacieux, c'est de parler de la loi de 2005 sur les signes religieux comme si elle était le prolongement naturel de la loi de 1905, ce qui n'est pas totalement le cas. La neutralité des agents de l'Etat est issue d'une longue jurisprudence, déjà très développée dans les années 1920 et inscrite dans la Constitution dès 1946. La loi de 2005 n'invente pas le principe, elle est très différente de la loi de 1905 en ce qu'elle impose par contre quelque chose aux usagers du service public - c'est là où les choses diffèrent radicalement à mon sens.
La critique de la loi de 2005 me semblait plus orientée sur la question des usagers que sur la neutralité des agents publics - par ailleurs pas étrangère à la pensée politique étaszuniene. Après je ne connais pas les articles de RD que vous évoquez, mais je ne la suivrais pas sur ce terrain - même si, de fait, de nombreux agents de service public arborent des signes catholiques sans aucun problème.
"C'est parfois un libre choix", dites-vous à propos du port du voile. Ce "parfois" laisse à penser que les femmes de confession musulmane sont pour la plupart des mineures qui ont encore du boulot pour s'émanciper. Je trouve cette appréciation, qui ne repose sur aucune enquête, un peu condescendante.
Puisque, selon ce que j'ai compris, la caricature de Riss établirait un parallèle entre le port du voile et l'assignation, pour Joséphine Baker et les femmes noires à "une identité humiliante, dégradante", pensez-vous que l'exhibition de femmes noires dénudées, précédant la fameuse exposition coloniale de 1931, relevait parfois du libre choix de ces femmes ?
A Cahors, Fatima a été à la tête de France-Palestine durant de nombreuses années. Elle portait le voile et était féministe et aurait pu donner des leçon de féminisme à bien des femmes. Son mari, pour lui permettre de militer, le soir s'occupait des devoirs des enfants, faisait leur toilette, leur donnait à manger et les couchait. Et, quand Fatima rentrait chez elle, elle trouvait un repas chaud qui l'attendait.
Alors, les leçons de féminisme aux femmes voilées...
Lorie, ne répondiez-vous pas à petit-saconnex ici ?
"la défense du voile assigne...", et pourquoi donc ? Il n'est jamais venu à l'idée de personne de considérer le port de la médaille de baptême comme une "assignation/ réduction" à son identité chrétienne. Pourquoi le voile serait-il plus qu'un attribut ? C'est je crois, le regard français qui fait du moindre signe musulman un signe essentialisant, parce que "les musulmans", comme "les noirs" ou hier "les juifs" sont une catégorie que le regard raciste globalise. En gros : quand un arabe vole, tous les arabes sont voleurs. Alors que quand un Français auto-perçu comme "de souche" vole, c'est qu'il est déviant par rapport à sa francité. Preuve en est, l'infirmière de la Salpêtrière qui s'est vu exclure en raison du port du calot, compromis qu'elle avait trouvé pour aligner sa foi et son environnement professionnel par un signe NON-ostentatoire. Eh bien ça n'a pas suffi. C'est même précisément la liberté sous-tendant cette initiative qui a horripilé la direction.
Quant à l'exemple de l'Iran, il est fallacieux. Là-bas le voile est obligatoire, ici on cherche à l'interdire partout où les interstices et interprétations tordues de la (très bonne) loi de 1905 le permettent. Sa signification est donc diamétralement opposée. Il est de mauvaise foi de parler de défense du voile : la gauche antiraciste défend la liberté de se voiler ou non.
Que l’on sache, le Sieur Laurent Sourisseau de la maison Charlie n’est pas centenaire ! Alors s’il avait voulu de bonne foi caricaturer Rokhaya Diallo sans équivoque et en restant dans l’apparence physique (si tant est qu’il fut indispensable de rester dans l’apparence physique), il aurait suffi qu’il prenne pour référence contemporaine une certaine Aya Nakamura par exemple. Mais cela aurait sans doute manqué de régime de banane qui est comme chacun le sait un accessoire d’une hilarité indépassable !
Mais ayons un peu de mémoire : il n’y a pas si longtemps nous avons eu droit dans « je vous ai laissé parler » à une interview d’une coreligionnaire (quoique dans une branche légèrement différente) qui nous a expliqué (et nous en étions fort aise) que généralement l’humouriste commence une blague que chacun complète dans sa tête. Nous avons ainsi pu mieux saisir le sens de l’expression « on peu rire de tout mais pas avec tout le monde ».
On aurait alors envie de demander à M. Sourisseau ce qu’il trouve de si drôle dans cette entame et à qui la destine-t-il en espérant en obtenir quelle façon de la compléter pour en rire aussi gaiement que lui-même - banane !
Quand on est habitué à tenir tête et qu’on en a fait une seconde nature, on a tendance à tenir tête quand il ne faut pas. Monsieur Laurent Sourisseau aurait pu dire ‘on s’est peut-être trompé sur ce coup-là’. Le dira-t-il ?
Avec mes meilleurs vœux pour la nouvelle année.
Charlie, la honte et une vraie erreur d'analyse qui le sauva par la mort de quelques justes ...
Autant la caricature de la FI sur Hanouna était ambigüe et reprenait des codes picturaux antisémites de la période de l'entre deux guerre, autant cette caricature est parfaitement limpide dans son message et dans la filiation historique. C'est "ya bon banania". Ca ne s'attaque pas en justice un truc comme ça ?
C'est le moment pour ceux qui ne l'auraient pas lu de se procurer ce livre de Rokhaya Diallo :
Le plus gerbant de l'article ce n'est même pas la caricature de Rokhaya Diallo, mais ces foutus guillemets de la honte à "islamophobie"... et dire qu'il leur reste des lecteurs qui pensent que c'est un journal de gauche
Charlie Hebdo ? MAGA Hebdo !
J'en ai marre de ces images de m... On va se la bouffer pendant encore de temps cette ceinture de banane.
La vérité c'est que Riss semble avoir un compte personnel à régler à RD.Visiblement, ils sont encore trop nombreux, ceux qui ne supportent qu'une femme noire soit éduquée, libre, indépendante, pense et s'exprime librement, et surtout ne leur cire pas les pompes!
Char lie de l'humanité...
"la culture communautariste américaine" c'est le premier amendement en 1791 : "Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof; or abridging the freedom of speech, or of the press; or the right of the people peaceably to assemble, and to petition the Government for a redress of grievances". Quatre ans avant la première séparation en France (décret du 3 ventôse an III) laquelle est vite oubliée par Napoléon 1er (Concordat du 26 messidor an IX) et plus d'un siècle avant la séparation de 1905.