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"Avec cette session de recrutement, j'ai filmé une tragicomédie"

Diffusé la semaine dernière sur France 2, le documentaire "La Gueule de l'emploi", centré sur les méthodes de recrutement de la compagnie d'assurance GAN, a suscité une grande émotion, notamment sur internet. Un site web a même été mis en ligne par un internaute, donnant les coordonnées des recruteurs qui apparaissaient dans le documentaire et appelant à des représailles symboliques contre eux. Sur notre plateau, le réalisateur du documentaire, Didier Cros, raconte comment il a travaillé et comment il a réagi à l'impact considérable de "La gueule de l'emploi", documentaire qui n'est (malheureusement) plus disponible sur Pluzz.fr, site de rattrapage de France Télévisions.

Derniers commentaires

Pour une fois je n'ai pas grand chose à dire sur cette émission d’Arrêt sur images, son principal intérêt a été d'attirer mon attention sur un très bon documentaire.

Je comprends pourquoi initialement l'entreprise et l'agence de recrutement étaient satisfaites du film, il montre une réalité du travail que je comprends et accepte. Commerciale depuis longtemps, il n'y a que deux détails (de taille) qui m'ont choqué :
- le fait que les candidats ne connaissent le montant de la rémunération qu’en fin de journée (c'est inadmissible, ce d’autant plus, que les commerciaux sont par nature motivés par la rémunération)
- la réflexion du DRH, qui sous entend devant le départ de certains candidats durant le processus de sélection, que si il y a autant de chômeurs, c’est en gros parce que les paresseux ne veulent pas se donner la peine de chercher du travail.

A part ceci, la violence du processus de sélection est en deçà de la difficulté du métier de commercial notamment de « chasseur » c’est à dire chargé de conquérir des nouveaux clients (à l’opposé des vendeurs chargés de la fidélisation) – On est aussi dans le cadre de ventes purement transactionnelles à des particuliers, ce qui est facteur de stress supplémentaire. La vente est un métier difficile, d’une part parce que les prospects (vous, moi, la voisine de pallier) sont fatigués d’être constamment sollicités et expriment leur refus quelquefois de manière peu courtoise ; d’autre part parce que vous avez la pression du chiffre au quotidien, votre supérieur demande des résultats, parce que son supérieur a besoin de résultats ainsi de suite … C’est cette résistance au stress, cette capacité à faire face à la pression et à faire ses chiffres coute que coute que de nombreux exercices de recrutement pour commerciaux cherchent à tester –

Cette dureté du monde économique, très bien expliqué par plusieurs candidats (facture à payer, arrivée en fin d’indemnisation, tous ces problèmes sont joliment résumés par une formule d’un candidat « la liberté n’a pas de prix, c’est pourquoi je suis très pauvre ») est aussi reflétée par la présentation de la compagnie aux « chanceux » finalistes - Le groupe mondial riche de x collaborateurs et présent à l’international est aussi soucieux de ne pas faire « exploser le coût de sa masse salariale » - Nous sommes bien dans un système où il reste certes des choix très limités: celui de partir (et de se demander comment on va pouvoir mettre de l’essence dans sa voiture dixit une candidate) ou de rester et d’essayer de ne pas écraser les autres dans le processus.
- Sourire en coin mesquin du DRH quand les finalistes se lancent dans leur joute oratoire
- Le vieux routard de la vente, ex manager, qui décide (à mon avis bien inutilement) de déstabiliser lors du jeu de rôle un autre candidat … les exemples de petites et grandes mesquineries sont nombreux.
- Ayant travaillé de nombreuses années en France, j’ai du bataillé pour m’insérer sur le marché de l’emploi, je pense à ce titre comprendre le propriétaire de RST conseil, d’une certaine manière il reproduit la violence de processus de recrutement qu’il a peut être subi.

Certains me diront que je suis formatée par le « business ». Je le reconnais volontiers. Je pense qu’on peut au quotidien être un « businessman » et faire des choix qui ne renversent pas le système hélas, mais ne l’aggravent pas pour les clients et/ou les collègues. Je crois surtout que seule une réelle volonté politique peut avoir un effet concret sur le véritable scandale : un chômage de masse qui gangrène la société française depuis plus de 20 ans, avec un résultat aussi triste que prévisible, rendu à l’écran par le documentaire : une lutte acharnée pour l’emploi autrement dit « the survival of the fittest »

Sedinam
PS : J’ai vu "la gueule de l'emploi", il y a 3 ou 4 semaines environ, par avance toutes mes excuses pour toute approximation.
Merci pour cette émission très intéressante !
à un moment donné faut arreter de planer et savoir faire la part des choses. l'entretien est dévolu à l'embauche de VENDEURS et il est donc formaté pour ce type de profession où oui effectivement il faut un minimum d'aplomb, de sens de la répartie, de créativité pour sortir du lot, mais aussi de détachement vis à vis de l'interlocuteur. le grand défaut du documentaire est de minimiser cette donnée de depart qui est fondamentale.
je pense que la premiere partie de l'entretien avec l'ensemble des candidats, n'est pas choquante: séquence de jeux de role et mise en situation. la seconde partie avec les trois candidats montre des méthodes du cabinet d'embauche beaucoup plus discutables avec des tentatives d'intimidation pour gérard, questions sexistes pour la dame...
le documentaire fait passer un message un peu attendu mais finalement n'y parvient qu'a moitié: faire passer ces candidats pour les victimes d'un systeme. d'ailleurs de leurs apartés ne ressort qu'un discours de victimisation et surement pas une remise en cause de leur prestation . Et pourtant objectivement on les trouve pas flamboyants, tous dans la premiere partie: aucun sens de la repartie, aucune créativité, d'une passivité dérangeante, adaptabilité nulle . on les sent formatés pour repondre à un seul mode de recrutement et dès que la donne change il n'y a plus personnes.
que cette méthode de recrutement soit utilisée pour l'embauche de techniciens, des ingenieurs je trouverais cela désolante mais dans la mesure où elle est utilisée pour l'embauche de vendeurs je ne la trouve pas si dure que ça dans la premiere partie
Franchement à part le Gérard et la dame il y en a pas beaucoup qui avaient envie d'aller au charbon
Pour voir le documentaire dans son intégralité, voir le post sur mon blog:

http://libreire.blog4ever.com/blog/lire-article-340538-3124217-la_gueule_de_l_emploi__documentaire_infrarouge___f.html

Un article détaillé suivra, sur toutes les étapes de ce recrutement, sur sa violence et son goût pour l'humiliation.
INFO: plus dispo sur Pluzz, mais possible à visionner sur le site de la RTBF.
Modéler le savoir-être de l'individu pour l'intégrer à l'entreprise n'est pas nouveau. L'effet de cette sélection arbitraire sur l'entreprise et la vie en société est bien réelle :
- On se prive des personnes les plus créatives qui sont incapables d'évoluer dans un cadre aussi rigide.
- La déshumanisation est perçue comme une qualité, ce qui créer un conflit avec le sens civique exigé dans la vie collective.
- Il y a une perte de sens dans le travail, on déresponsabilise les individus et on inhibe leur sens de l'initiativ. Ce qui est incompatible avec la qualités citoyennes.
Toute cette organisation reste quand même bien dogmatique, est-elle franchement la manière la plus performante de produire? On s'aperçoit qu'avec la sous-traitance les grands groupes ne font presque de la gestion, laissant les taches les plus difficiles à réaliser aux autres. Celles qui exigent de la créativité, de la ténacité et du courage. Eux font les comptes.
ce qui me gêne c'est que le 'producteur du documentaire n'assume pas .C'est comme si Marx s'excusait d'avoir écrit le capital Mao le petit livre rouge ou Hessel les indignés.

ce qui fut un acte de courage devient frilosité et mea culpa.
je lui propose la prochaine fois de filmer la copulation des bonobo là au moins il suscitera un large consensus et ci des activistes s'emploient à aller au bout de la démonstration on pourra toujours classé l'affaire X
Ce qui m'a le plus choqué, dans l'émission ASI, c'est l'opiniâtreté avec laquelle Cros veut cantonner ce qu'il a vu à du théâtre, comme s'il refusait de faire entrer les conséquences de ce dont il témoigne dans la réalité de chaque personne rencontrée.

Pourtant dans son documentaire, aucune ambiguïté ne subsiste :
1-Quasiment tous les candidats sont conscients du piège, et qu'ils se sentent obligés de s'y laisser prendre.
2-Les recruteurs se marrent grassement, ils n'appliquent pas seulement une méthode, ils s'en repaissent.
3-Cette pièce de théâtre marque réellement, concrètement chacun des candidats, et l'on voit qu'ils ne vont pas l'oublier sitôt la nuit tombée.
4-Les recruteurs sont égoïstes, dans leurs bulles, ils sont incapables d'empathie, de changement de point de vue (ça leur convient très bien - ce qui rejoint le point 2).
5-Aucune des personnes ne remet en cause le système dans son fonctionnement fondamental. Tous (à part deux), même s'ils protestent, acceptent de s'y soumettre (ce qui rejoint le point 1).

Ce qui m'a le plus choqué, ce sont les rires des recruteurs qui se régalent de la joute.
Eux sont effectivement dans une pièce de théâtre, à la fois metteurs en scène et spectateurs, etc
Il est temps de lire ou relire les Lettres de non motivation ...
Les commentaires qui expliquent les évènements vus dans ce reportage par la médiocrité des individus ou la méchanceté innée des hommes, voire un montage malhonnête des documentaristes sont soit malhonnêtes eux mêmes, soit mal documentés. Relire "soumission à l'autorité" de Milgram permet de remettre ce genre de faits en perspective ...

Cette approche de formatage par les grandes entreprises et les cabinets de recrutements est à la fois imbécile et contreproductif. Et dire que pendant toute la guerre froide on nous a chanté les louanges de la société capitaliste éprise de liberté et de créativité. Que voit-on dans ce documentaire : la guerre de tous contre tous parce que le GAN doit garantir les dividendes de ses investisseurs en poussant ses vendeurs à tenir des engagements que leurs dirigeants on promis à leur place.Et tout ça grâce au désengagement de l'état : vraiment la boucle est bouclée ... On est ravi d'apprendre que dans le milieu des assurances on se frotte les mains des baisses de remboursement de la sécurité sociales orchestrés par un président dont le frère dirige ce genre société ...

Bravo pour ce travail critique et aussi bravo à ASI pour le petit décorticage toujours utile , mais qui aurait pu aller plus loin avec quelques références nécessaires aux classiques de la psychologie sociales, Milgram en tête ...

Plus q'une comédie ou une tragédie
C'est une véritable farce, une farce à la Molière, une farce de qualité puisqu'à la fin les masques d'un système non-sensique tombent ...

Allez consolez vous ! Si vous en voulez vraiment, vous pourrez vous en sortir !
et si vous ne vous en sortez pas, c'est que vous n'en voulez pas vraiment !

Qu'est ce que c'est que ce monde où on demande constamment aux gens de se justifier sur ce qu'ils sont pour satisfaire aux exigences de pouvoirs arbitraires dont la seule légitimité est celle du porte monnaie ... Intellectuellement ridicule et humainement lamentable ...
Moi ce qui me choque le plus, c'est qu'avec un turn over de 50%, le client continu de faire confiance a une equipe de recrutement qui se plante à ce point...
C'est du grand n'importe quoi. Quelles competences réelles ont ces gens là ?? aucune en vérité.


Et cela me rappelle aussi que les entreprises ne recrutent que des moutons...et encore, pas des beliers: les fortes tetes ne sont jamais les bienvenus!!

Christophe
Emission intéressante qui remet sur le devant de la scène la question de la sacralisation du travail (du moins c'est ce qui m'a semblé le plus important dans l'émission). Dans un contexte de désintégration du salariat et de chômage de masse, le travail, unique vecteur d'existence sociale, est tellement prisé que l'on en devient à accepter tout et n'importe quoi.

L'excellent sociologue Loïc Wacquant en parle très bien dans le documentaire "Danger Travail" (de Pierre Carles). Son explication est on ne peut plus claire (vraiment, ça vaut le coup d'oeil)

C'est pourquoi il va falloir réfléchir à de nouvelles formes de travail, ou plutôt d'activité. Les travaux d'André Gorz ou Dominique Méda sont vraiment pertinents sur le sujet.
Bonjour,

Pour ceux qui, comme moi, n'ont pas vu le documentaire en entier voici son lien :

la gueule de l'emploi

Bon dimanche
Bonne émission.
C'est amusant, comme Didier Cros n'a pas l'air de se rendre compte de la puissance des images qu'il livre.
On dirait qu'il a peine à voir qu'il a créé un monstre dont il a peur qu'il lui échappe. (je sais, bizarre cette phrase, vous m'excuserez je ne trouve pas mieux.)
"C'est une comédie, c'est le système, tout le monde sait ça, (ben non, moi à ce point là, désolé, je ne savais pas.
Et pourtant je ne suis pas spécialement naïf)par ailleurs c'est des gens charmants" etc
Il sous-estime la colère de beaucoup de gens.

Pas facile de se figurer l'ennemi et le problème de manière rationnelle, verticale,
quand on a des situations aussi monstrueuses, et des figures humaines à mettre dessus.
Le problème devient forcément horizontal, remettre en cause le système on fera ça plus tard,
dans l'immédiat l'envie est ailleurs, elle se situe dans l'action violente, fatalement. A s'en tordre le ventre.
Pour revenir sur cette question de la responsabilité: l'individu en présence / le système, Paul Krugman exprime un point de vue qui me paraît juste (il ne parle pas de recruteurs, mais des agissements des membres du groupe Murdoch, mais peu importe: "Les individus sont complexes, mais les groupes beaucoup moins. Un homme politique incorruptible peut tromper sa femme, des canailles peuvent s'avérer des bons pères de famille, mais les groupes, comme le cercle de conseillers d'un homme politique, ou la direction d'un empire médiatique, ont tendance à adopter le même comportement sur tous les fronts. Si ce sont des menteurs et des tricheurs dans un domaine, en général ils le font en toutes circonstances".
C'est dans son blog:
http://krugman.blogs.nytimes.com/2011/10/14/patterns-of-misconduct/

Ce qui voudrait dire que le "système", on peut aussi dire la manip, nait du fait de faire mener l'entretien par un groupe de recruteurs, pas un seul.
Deux types de solutions sont avancées : changer les individus ou le système. Personnellement, je doute d'une vague massive de responsabilisation. Le candidat qui part avant la fin est très honorables mais en attendant, il n'a pas de boulot. Le marché est plein de requins affamés. Il y a de plus en plus de courageux qui essaient de respecter leurs valeurs, mais ça oblige souvent à des choix de vie radicaux ("sobriété heureuse" etc.) dont on doute qu'ils séduisent un jour les masses.
Par rapport au système, la question mise en évidence est celle du rapport de force entre l'employeur et le travailleur, qui est fortement liée au chômage. En situation de plein emploi, il n'y aurait pas cette pression insupportable sur les salariés. A défaut de croire encore au plein emploi, un revenu universel est peut-être une bonne alternative pour atténuer la soumission de la main d'oeuvre.

En passant, le doc m'a fait penser à "carré blanc", un petit film français passé quasiment inaperçu qui comporte quelques scènes de recrutement glaçantes dans un monde complètement déshumanisé... pas si éloigné de la réalité que ça.
En somme, le cynisme est roi.
Petite remarque : Daniel, comme d'autres, vous dites que La Mise à mort du travail étudie le cas Carglass.
Non, il y a trois parties : la première sur la souffrance physique et psychologique, la deuxième sur Carglass, la troisième
sur la finance au travers du cas Fenwick.
Ce qui au final fait un documentaire très complet. Non, mé !
"Et eux aussi se justifieront en disant que vendeur est un jeu de rôle, une comédie, que c'est le système qui veut ça, nothing personal, que de toute façon chez les concurrents c'est pareil et qu'on peut pas faire autrement sinon on sera viré et remplacé par un autre qui fera la même chose voire pire. " J'aime bien cette intervention.

Ce que j'avais envie de souligner et j'ai bien l'impression que pour l'instant ça n'a pas été fait malgré un grand nombre de réactions, c'est le niveau intellectuel.

C'est un des trucs qui me choque le plus.

Il s'agit d'un poste de "cadre commercial". Les recruteurs semblent avoir la stature (en tout cas, ils se la donnent) de cadre également, en tout cas de vrais professionnels, de personnes diplômés etc. Les candidats aussi apparaissent dans une sorte de veine " sup' " . Et on croit encore à un mythe du genre : ok, il faut vendre mais pour vendre au final faut pas être con du tout, et faut avoir fait des études, avoir une culture générale etc.

Mais le constat alarmant est tout autre :

Que ça soit côté recruteur ou côté candidat, on a vraiment une bande de demeurés, qui résonnent avec une poignée de concepts qui tournent en boucle, des gens qui ont clairement un vocabulaire utlra limité et, surtout, ultra formaté. Si c'est le cas parfois de certains sportifs qui paraissent ainsi parce qu'ils répètent en boucle de façon hystérique : "la gagne la gagne la gagne", ben là, c'est pareil, le niveau humain se situe là : la gagne. La gagne comme seul concept humain et un désert autour.
"Je suis un battant, je crois en moi" devient l'espèce de concept obligé complètement vidé qu'il faut absolument balancer, comme un robot.
Et ça tourne que la dessus.
C'est complètement animal, on voit comment le col blanc est devenu petit à petit le masque de la médiocrité dissimulée, le masque du faux qui perd petit à petit de ce qui permettait jusque là l'illusion.

Ils sont NIAIS, tous. Ils sont VIDES, tous. Vides d'idées, vides de foi, vides de sincérité, vides d'intelligence, vides d'amour, vides d'humanité...
J'espère que le prochain doc de Didier Cros sera " comment les cabinets de recrutements recrutent et forment leurs recruteurs ? "

Sinon, il a raison ( je le trouve très honnête sur son travail ) quand il parle de la comédie des sessions de recrutements et des jeux de rôles.
Le problèmes est qu'en effet les niveaux d'enjeux ne sont pas les mêmes de part et d'autre de la table.
Mais, il ne faut pas croire qu'il n'y a rien à perdre ( ou a gagner ) du côté des " méchants". Eux aussi, sont sous l'enjeu de ne pas se tromper de candidat.

S'ils recrutent un tocard, c'est leurs propres compétences de recruteurs qui sera remise en cause et malmenée.

D'où, le parcours de recrutement où les candidats vont passer de multiples tests (certains subtils, d'autres idiots ou relevant de la pratique magiques ), d'où plusieurs recruteurs qui se partagent le diagnostic ( pronostic ) et le laminage des candidats pour se répartir la responsabilité (la dé-responsabilité ) [ et accessoirement tout ça justifie la note adressée au client en plus de se donner l'air sérieux ].

Et finalement, comme leur risque est de recommander quelqu'un qui ne conviendrait finalement pas, mais pas de démolir quelqu'un qui retournera au chômage et qu'ils reverront pas, on aboutit à ces situations.
Commercial, si c'est pas un job de merde à la base, c'est vraiment le bras armé du capitalisme, ne pas répondre à un besoin mais créer la demande, y en a à qui ça plaît d'être commercial, c'est tellement un job de bâtard que forcément, les méthodes de recrutement sont bâtardes, quand j'ai regardé le doc j'ai tout de suite pensé au film "la méthode", comme dit le réalisateur, c'est une vaste farce, tout le monde est au courant des règles du jeu, celui qui n'est pas content, il s'en va, il peut chercher autre chose qui n'a rien à voir, personnellement je déteste les commerciaux, quand on n'a pas besoin d'eux ils sont là et quand on a besoin d'eux ils sont incompétents.
Petite remarque : les recruteurs ne sont pas les seuls "méchants" du film. Les candidats aussi. Ils postulent pour un poste moralement douteux : refourguer le maximum de contrats les plus chers possibles, même à des gens qui n'en ont pas forcément besoin. Un vendeur doit faire du chiffre dans l'intérêt de sa boite et non dans l'intérêt du client. Et eux aussi se justifieront en disant que vendeur est un jeu de rôle, une comédie, que c'est le système qui veut ça, nothing personal, que de toute façon chez les concurrents c'est pareil et qu'on peut pas faire autrement sinon on sera viré et remplacé par un autre qui fera la même chose voire pire.
Est-ce tellement mieux que ce que font les recruteurs ?
Le harcèlement est un délit punissable par la loi, même si le harceleur a eu une enfance malheureuse, même s'il n'est pas conscient, même s'il fait partie d'un système il commet un délit.

Le site qui appelle au lynchage est choquant même s'il part d'un principe intelligent : comment faire pour lutter et pour que le buzz ne retombe pas ?
Peut être aurait-il fallu créer un site pour appeler les internautes à soutenir une association qui se porterait parti civil et qui pourrait porter plainte ? Cette affaire peut certainement être traitée dans un cadre légal. Il faudrait bannir à tout prix la justice sommaire.

En revanche, le harcèlement reste un délit. La justice, mobilisée pour régler le litige, protégerait les victimes comme les "présumés coupables" et préviendrait durablement les abus. Tant qu'on répond à l'illégalité par l'illégalité on fait le jeu de ce système monstrueux en laissant s'exprimer nos plus bas instincts, ceux-là même qu'on reproche aux recruteurs du GAN.
Moi je pense que le monde du travail dans les grosses structures est fait d'humiliations entre collègues de travail poussant à l'isolemment de l'individu : soit on est dans le groupe et compétiteur, soit on est solidaire et honnête et on sort du groupe. Chacun a peur d'être celui qui perdra son boulot dans les mois à venir ou de finir dans un placard.

Pas étonnant avec cela, de trouver, sur la toile, des sites comme lagueuledelemploi.net ou copwatch qui continue ce comportement de rabaissement de la dignité humaine et d'humiliation. Encore faut-il faire la différence entre humilier et repousser dans ses retranchements. Et encore faut-il mesurer la différence entre la réalité d'une situation et le point de vue qui en est donné dans un documentaire ou une vidéo amateur.
Belle preuve de malhonnêteté de Didier Porte en parlant de la promo d'Ivan Levaï chez Ruquier, où il s'est fait descendre en flèche par Ruquier et les deux nouvelles acolytes.
On dirait un thème pour.... arrêt sur images. Daniel franchement, vous aussi votre amour pour Porte vous bouche les yeux !
Pas encore regardé le doc (en cours de téléchargement)... Mais j'ai vu le film "ressources humaines"...

Dont rien que le titre est tout un programme : les humains, salariés, employés, ne sont plus qu'une "ressource" comme une autre. Utilisable, jetable, interchangeable, délocalisable...

Et ça me fait penser aux expériences de Stanley Milgram ...

C'est quand qu'on change le monde ? C'est quand qu'on vire tous ces kapos ? C'est quand ???
ce qui saute à la gueule, en fin de compte, c'est que c'est l'entreprise qui met en branle toutes les techniques de manipulation commerciale pour vendre son emploi !

amorçage, piège abscon, escalade d'engagement... c'est eux qui sont obligés de déployer tout un arsenal pour arriver à piéger un ou deux candidats !!!
Le coût de l'opération a déjà été évoqué sur un forum : en effet, ils sont prêts à payer drôlement cher pour arriver à le choper, leur commercial. Mais c'est plus que ça : il sont, tout au long de cette session, en position de vendeur aux abois, pas "d'acheteur de compétence" maître du marché. Les candidats sont piégés méthodiquement de façon à ne pas pouvoir refuser le poste (sauf à faire face à une intense dissonance cognitive). Sans tout ce déploiement, même les "finalistes" auraient peut-être bien lâché l'affaire à l'annonce du fixe. Sans tout ce processus d'engagement, les salariés leur claqueraient entre les doigts dès les premières semaines. Là, ils sont peut-être arrivés à les scotcher un peu (j'ai réussi à décrocher le job après ce cirque, je vais pas lâcher maintenant).

ils esquivent la question sur leur turn-over — pardi ! Je parierais bien qu'il est de plus en plus important.

Peut-être qu'en fait, même acculés, même sans ressources, même au chômage depuis longtemps, il y a probablement de plus en plus de gens qui refusent de se laisser piéger et laminer dans des conditions de travail dégueulasses, et probablement pas les moins capables. Pas forcément des refus "francs et directs", mais des esquives, comme on en voit au cours de la première journée, des façons de jouer le jeu sans le jouer. C'est très intéressant, les stratégies des gens pour résister à la manipulation.
Assez rassurant, même. Parce que si on regarde bien, il rame drôlement, l'animateur, pour parvenir à en faire rentrer quelques uns dans son jeu.
Juste pour faire partager un film.
La brutalité des recrutements à été le sujet d'un film récemment réalisé.
"ARTICLE 23" Produit par La Femme Endormie, qui à notamment sortie "La Vida Loca" du journaliste Christian Poveda.

Je rejoint certains commentaires du forum sur le "… c'est le système qui veux ça…".
L'argument d'excuse, déculpabilisant le "jeux de rôle théâtrale de l'employeur face au demandeur d'emploi.

Et ont continue en essayant de déceler chez nos têtes blondes l'échec scolaire…
Toute cette "mise en scène" n'est que le spectre de la race arienne… du branlage de méninge…

Pendant ce temps ailleurs…
Ont forme, ont embauche, ont travaille, ont produit.

Ils font aussi du bizutage aux 50 % des nouveaux 'turnover' ?
Des tombolas pour gagner une consultation psy. ?
un cendrier en verre "made in china" ?

Leur méthode de recrutement c'est juste trop marrant et une perte de temps…

vraiment productif tous ça …
Des connards recrutent des connards pour une boîte de connards...

"Quelles sont vos trois principales qualités et vos trois principaux défauts ?" C’est avec ce genre de questions très gênantes que les recruteurs (qui posent celle-ci fréquemment lors des entretiens d’embauche) ont quelque peu contribué au pourrissement de la société. Cette question pousse inévitablement à la mauvaise foi, à l’hypocrisie et finalement au mensonge. (A mon avis, il serait nettement plus judicieux de poser celle-ci : « quel est, d’après vous, le substantif qui vous correspond le mieux ?)

Mais bon...
S'il y a des dominants, c'est parce qu'il y a des dominés !

La soumission à l'autorité nous est inculquée dès l'enfance.
Et le secret d’une autorité, quelle qu’elle soit, tient à la rigueur inflexible avec laquelle elle persuade les gens qu’ils sont coupables.

Le pire, c'est que ça marche : le nombre de "victimes-bourreaux" ne cesse de croître.

Or, dans une société de maîtres et d'esclaves, personne n'est libre. Ni l'esclave, parce qu'il n'est pas son propre maître, ni le maître, parce qu'il ne peut se passer de l'esclave...

Triste humanité.
L'auteur du documentaire s'étonne qu'il y ait étonnement, de telles réactions virulentes après ce qui n'est après tout que la mise en image de ce que beaucoup d'entre nous ont déjà vécu sous une forme ou une autre. Pourquoi la mise en image a-t-elle autant d'impact, autant de force ? Parce qu'elle donne corps, constitue une norme, un dévoilement, transforme un tabou en sujet légitime de révolte, nous fait passer du statut de looser, un échec personnel (à un entretien) à celui de victime générique d'un système parfaitement rôdé...

Peu importe, en fait, il nous faut tirer parti de ce constat, l'indignation est là et nous en servir pour rebondir, profiter de cet élan pour agir contre le système, en l'occurence, ici, celui du recrutement. Souvenons-nous de notre colère, mais pas lors de notre prochain entretien d'embauche, à ce stade, il est déjà trop tard, non, collectivement, politiquement, en amont.

yG

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

C’est une banalité de constater que nous vivons dans une société de plus en plus violente et cette violence on la retrouve même dans des entreprises du tertiaire (banques, assurances, etc.…) qui auparavant assuraient elles-mêmes recrutements et formations continues.

Désormais elles marchandent tout elles aussi, s’assurant à grands frais et pas toujours pour de bons résultats, coach et officines de recrutement ayant pignon sur entreprises.

Y-aurait-il du gâchis pour très cher ? On peut à juste titre se poser la question en visionnant ce sincère documentaire même si le recrutement de commerciaux a toujours laissé une grande part à de la subjectivité…

N.B. : Si on veut s’informer grâce à de bons documentaires comme celui-ci par pitié, pas de clouage au pilori, pas de lynchage. De la réflexion.
la réaction du mec qui donne en pâture et à grande échelle les noms et adresses des recruteurs, ben moi ça me fait peur. de la délation. quasi un appel au meurtre. en même temps DS pose LA question : dénoncer en termes généraux un système profondément répugnant c'est bien beau, mais sans dénoncer les agents de ce système ça sert à quoi ? et je comprends le réalisateur (je me demande s'il n'a pas un petit syndrome de stockholm d'ailleurs), dépassé par les événements et les réactions, et qui défend ses sources.
le fait est que ça a assez duré cette humiliation, ce mépris à l'égard de gens qui ont juste besoin de travailler.

là dessus, je me demande : c'est quand qu'on fait tout péter ? en fait, non, la question c'est : c'est QUI qui va faire tout péter ? les 10 ans, ils jouent sur leurs consoles. les 20 ans rament pour finir leurs études au cas où ça servirait quand même. les 30 ans sont en plein bébé-appart'-survie, les 40 ans commencent à en avoir marre de ramer pour rien (voir plus haut) et se casent au moins pire, les 50 ans rêvent d'un potager, les 60 ans l'ont et se demandent comment les vrais agriculteurs faisaient. les 70 ans se disent ouf, on est sortis du trip, j'aimerais pas avoir 20 ans aujourd'hui. bon, c'est une plaisanterie, hein, les @sinautes sont pas comme ça, et plein de pas @sinautes aussi.

mais bon, qui c'est qui va faire tout péter ?

notez, personne n'en parle, mais ici à ermoupoli, il y a des manifs quasi quotidiennes, sectorielles, de gens vraiment totalement désarmés devant l'adversité. ici pas d'entretiens d'embauche, juste de la débauche à tour de bras.
faut des années pour cicatriser d' un entretien embauche, en analyse ça doit être proche des pathologies de la prostitution, le film "la méthode " en parle un peu :
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=110623.html
"Ne pas se tromper de cible, c'est le système qui est en cause, pas les individus"

Ouais bon, faut pas déconner non plus, s'il n'y avait d'individus qui s'en faisaient les complices, il n'y aurait pas de système.
Un peu facile de se dédouaner comme ça.

"j'ai obéi aux ordres" qu'ils disaient pour se défiler de leurs responsabilités à une autre époque ...
Je confirme l'erreur mySQL, j'ai eu la même il y a quelques minutes et j'ai tenté de prévenir l'équipe par emails. Je ne sais pas s'ils les ont reçus.

Espérons que les inscriptions sont enregistrées malgré tout...

Excellente initiative d'ailleurs que ce partenariat entre ASI et Courrier International !
Arrêtons de taper sur "le système". Ce qu'on voit là-dedans, ce sont (pour la plupart) des individus mesquins, rabougris, bêtes, froussards, égocentriques, frustrés. Les méthodes ne sont pas bien reluisantes, certes, et exacerbent les travers de chacun. Mais ce que montre ce documentaire (plutôt bon, sous réserve qu'il ne manipule pas la réalité par un montage trop sélectif), c'est la médiocrité de l'Homme (et c'est en ça qu'il est bon jusqu'à en être épuisant).
Qui n'a pas eu envie de gifler Kevin le cancrelat ? Qui peut dire que le petit ton suffisant du chef-recruteur ne révèle pas toute la petitesse de sa personne ? Que la tête de la recruteuse (la blonde qui s'est fait rouler dessus par un camion et s'est renversé la boîte de maquillage sur la tronche dans le noir) ne trahit pas l'aigreur de sa vie, et n'a rien à voir avec un "système" ?
Non, il ne faut pas se tromper de cible : ce n'est pas le jeu qui est en cause, ce sont les joueurs, de même que les cadres psychopathes qui menaçaient et humiliaient leurs subalternes dans "La mise à mort du travail". Les individus sont responsables et libres, il n'appartient qu'à eux (candidats ou recruteurs) d'être dignes et humains. Ceux qui quittent le processus ou le sabotent en sont la preuve.
Invoquer le système n'est qu'une dangereuse façon d'excuser la médiocrité de l'homme.
Vous faites fausse route...
95% est dû au système, 5% aux personnalités. L'homme sans société n'est rien , ou plutot rien de commun avec l'homme civilisé que l'on connait. On est construit de toute pièce par le système, la nécessité est de changer le système pour changer les personnes.

un exemple pratique : les allemands dans les années 30 n'étaient pas plus "mesquins, rabougris, bêtes, froussards, égocentriques, frustrés" que les autres personnes a cette époque, mais le système était plus pourri ce qui a crée plus de personnes "mesquines, rabougries, bêtes, froussardes, égocentriques, frustrées"...

Un système qui laisse épancher et subsister ce genre de comportements est un système malade.
"les allemands dans les années 30 n'étaient pas plus "mesquins, rabougris, bêtes, froussards, égocentriques, frustrés" que les autres personnes a cette époque"

Vous êtes bien sûr de ça ? Je n'aime pas trop Goldman, mais "Né en 17 à Leidenstadt" pose bien la question. Humiliés par le Traité de Versailles et ravagés par une crise économique incomparable à celle d'aujourd'hui, il y avait de quoi les rendre frustrés etc.
Alors bien sûr, les individus sont le produit d'une socialisation, d'une structure historique et sociale (soyons un peu marxistes), et en ce sens le fruit d'un "système". Mais ne tombons pas dans un déterminisme total. Les conditions historiques, économiques et sociales actuelles rendent tout le monde capable de se comporter en homme digne et libre, aucune caractéristique du "système" actuel ne peut à elle seule expliquer la bassesse du comportement des hommes, dont ILS sont en premier lieu - et de très loin - responsables.
Assez d'accord avec ça.

En pointant du doigt le seul "système" (3è Reich, libéralisme, mafia, etc.) jusqu'au bout, on en arrive à ne plus pouvoir désigner le moindre degré de responsabilité personnelle à quiconque. Hitler lui-même deviendrait une victime de la violence éducative de son père et du sort général de l'Allemagne après 1918. C'est du reste ce qu'on fait presque tous les condamnés de Nurembergen disant en substance "Pas de notre faute, on a juste répondu aux ordres qui nous étaient imposés d'en haut, on n'avait pas le choix".
La responsabilité d'un "système" n'enlève pas la responsabilité individuelle. Il faut prendre les deux en compte, pas les opposer. Les nazis, à la naissance, ne sont pas plus méchants que les hippies. Reste que, dans un contexte comparable, certains finissent kapos, d'autres pas. Mais la proportion entre les deux dépend quand même énormément du "système" en place.

Dire "ce n'est pas le jeu qu'il faut remettre en cause, c'est les joueurs", ou dire "ce n'est pas les joueurs qu'il faut remettre en cause, c'est le jeu", c'est, dans le deux cas, ne voir qu'une partie du problème.
"La responsabilité d'un "système" n'enlève pas la responsabilité individuelle. Il faut prendre les deux en compte, pas les opposer. Les nazis, à la naissance, ne sont pas plus méchants que les hippies. Reste que, dans un contexte comparable, certains finissent kapos, d'autres pas. Mais la proportion entre les deux dépend quand même énormément du "système" en place.

Dire "ce n'est pas le jeu qu'il faut remettre en cause, c'est les joueurs", ou dire "ce n'est pas les joueurs qu'il faut remettre en cause, c'est le jeu", c'est, dans le deux cas, ne voir qu'une partie du problème.":
Jules.

+1, le système ne doit pas servir d'excuse, sa présence, sa structure doit juste être soulignée pour montrer en quoi les individus sont néanmoins responsables et peuvent agir avec (la voie la plus commode a priori, mais qui n'est pas exempte de conséquences néfastes) ou contre lui (s'y opposer et subir d'autres conséquences, le système n'étant système que parce qu'il est la norme).

yG
Le système, c'est la promotion systématique des êtres les plus vils, les plus grotesques et les plus mesquins aux postes les plus élevés de la hiérarchie. C'est un système autonome car il s'auto-entretient, perdant pas à pas un peu plus d'humanité, gagnant en influence à chaque étape.

Le système ne doit pas servir d'excuse, certes, mais c'est un frein extrêmement considérable à l'autonomie individuelle, au courage, aux bonnes pratiques, à la confiance.

La norme n'est la norme que parce qu'elle a cette position. Ca revient à dire que le n°1 est le meilleur.

Comme je citais plus haut, un nombre compris entre un et deux tiers de la population veut changer de travail. La norme aujourd'hui c'est la dépression nerveuse, doit on considérer que c'est un progrès de la société ? Ou que le système est pourri jusqu'à dégouter toute la population d'aller travailler et qu'il serait avisé de changer cette norme ?
"Les nazis, à la naissance, ne sont pas plus méchants que les hippies. Reste que, dans un contexte comparable, certains finissent kapos, d'autres pas. Mais la proportion entre les deux dépend quand même énormément du "système" en place."

Disons que le "système" va déterminer le potentiel de nuisance du "kapo" de service, mais pour moi, le choix entre le côté Clair ou Obscur de la Force dépend de chacun, pas du système.
Comme je le précisais dans un autre commentaire, pour avoir observé de près des individus, comparables par leur médiocrité à ceux du documentaire, dans d'autres "systèmes" (éducation nationale, milieu associatif), je pense que quel que soit le cadre où on les met, ils seront mauvais et nuisibles.
Vous généralisez des cas particuliers. L'induction est une erreur de raisonnement, surtout quand ça touche à l'affectif : le mépris que nous inspire les gens de cette sorte nous empêche de véritablement prendre du recul sur la situation. Si le "système" vous faisait comprendre qu'humilier quelqu'un pour savoir s'il est souhaitable de le recruter ou pas, je pense qu'il y aurait beaucoup moins de "kapos" (même s'il y en aurait toujours, bien évidemment).
D'accord; c'est vrai que tout système socio-économique entraîne une logique darwinienne, où on s'adapte aux incitations et conditions pour survivre (survival of the fittest, ie. les plus adaptés, pas des best). Ca rejoint un peu ce que je disais dans mon premier commentaire, que le système (que je n'aime pas ce mot...) exacerbe et encourage les travers des individus. Mais je n'arrive pas à me persuader que ces recruteurs, et Kevin, seraient des gens biens dans un système décourageant la perversité (évidemment, cette impression est forcément inductive, je ne connais pas de Théorie générale de la médiocrité humaine en condition d'incitation adverse; mais je reste convaincu qu'elle n'est pas tout à fait erronée ;-) )
A mon avis le noeud du problème "SYSTEME " apparaît à l'heure + 1 minute du documentaire lorsque la clampine en chef de chez GAN présente à son tour le groupe. Après avoir évoqué le chiffre d'affaire et les résultats nets du groupe elle évoque le formidable territoire aux bénéfices potentiels proposé aux petits explorateurs smicards en raison, je cite à la louche, " du désengagement de l'état dans les secteurs essentiels que sont la santé, la dépendance, la retraite et même l'épargne" en citant le ratatiné livret A. Elle prononce le mot conquête, et l'histoire se répète, on envoie crever sous les confettis les nécessiteux pionniers dans le vaste territoire arraisonné par la clique ultra libérale et son bras armé politique.

Vision simpliste, peut-être, admettons en revanche - les livres d'histoire et les cimetières nous le rappellent tout de même- que le vrai vrai coupable, bien souvent, comme l'écrivait Boris Vian dans un texte inspiré, c'est le lampiste, car sans lui rien de possible.

Après avoir évoqué le chiffre d'affaire et les résultats nets du groupe elle évoque le formidable territoire aux bénéfices potentiels proposé aux petits explorateurs smicards en raison, je cite à la louche, "du désengagement de l'état dans les secteurs essentiels que sont la santé, la dépendance, la retraite et même l'épargne" en citant le ratatiné livret A.

Bien vu.

Tout l'évolution funeste des dernières années confirmée en une phrase.
Ce qu'on voit surtout, c'est que lorsque l'enjeu est vital, par exemple (au hasard) lorsqu'il s'agit de décrocher un job quand on est chômeur, c'est que nous sommes prêts à accepter pratiquement toutes les humiliations, et que, même si on décide de ne pas les accepter (deux exemples dans le film) on se retire malgré tout en restant courtois, c'est à dire que même en rejetant un système, on reste soumis !
Ce qui n'est pas evoque dans l'emission, et que je trouve regrettable, c'est le profil recherche par l'entreprise et le mode de remuneration qui y est lie. Est-il normal que des entreprises remunerent des commerciaux sous pression en fonction de performances exclusivement financieres? Qu'en est-il de l'application de la directive europeenne sur l'epargne et des lois sur la protection des consommateurs? La crise que nous traversons est une responsabilite essentiellement collective, j'aimerais aussi entendre parler de cela.
[quote=VilCoyote]c'est la médiocrité de l'Homme
L'homme n'est pas médiocre, il est humain. C'est un être vivant qui évolue dans son cadre naturel avec un corps, des organes, des réflexes, en environnement matériel.
Il est impossible de vivre sans préjugé et sans moyen de défense. Pour survivre chacun doit pouvoir estimer rapidement les dangers (par exemple savoir sans réflechir qu'on ne traverse pas devant la forme imposante d'un camion lancée à grande vitesse même s'il y a une infime chance que cette forme soit un simple mirage).

En revanche l'homme est aussi intelligent et social. Cela veut dire que quand il a le temps d'agir il peut penser ses réactions, avancer dans ses analyses, repenser ses préjugés et les faire évoluer. Il peut également se protéger dans un cadre social qui réglemente ses rapports aux autres. Ainsi il existe trois cadres : les instincts vitaux, l'intelligence pour analyser et évoluer, l'appartenance à un groupe régi par des codes.

L'ignorance de ces trois cadres et de leur interconnexions peut faire penser que l'homme est médiocre. Ne serait-il pas simplement mal informé et confus ? Ne pourrait-il pas apprendre à réagir selon les évènements en utilisant les outils appropriés ?

- Traverser la route, première approche d'un apprentissage : instinct, préjugés.
- Se former, apprendre, découvrir, aller vers les autres : intelligence et analyse.
- Vivre avec les autres, se protéger durablement, construire son cadre de vie : recours au code social, à la justice du groupe.

En fait dire que l'homme est médiocre ça veut surtout dire : on n'y peut rien il n'y a pas de solution. Pourtant nous avons les solutions et elles sont simples.
A peu près d'accord avec tout ça (même si un peu moins avec la simplicité de solutions efficaces), mais ça ne me semble pas aller à l'encontre de ce que suggérais, à savoir que les comportements de ces individus relevaient bien de leur humanité (pour le meilleur et surtout pour le pire), et non du déterminisme obligatoire d'un supposé système.

J'en profite pour préciser - j'aurais dû le faire dès le début - que j'ai vu à l'oeuvre des individus tels que Kevin ou les recruteurs, dans des milieux qui n'ont rien à voir avec la "pression ultralibérale des méchantes grosses firmes toussa toussa" dont on veut nous faire croire qu'elles causeraient ces comportements pathétiques; je les ai vus dans l'éducation nationale (pas vraiment réputée pour sa gestion ultralibérale, destructrice et violente des RH) et, pire, dans le milieu associatif (en tant qu'élus). Eh bien c'est pareil, la même "humanité" (je m'en tiens à la "médiocrité", mais c'est parce que je suis misanthrope).
Quel que soit le "système" dans lequel vous mettez ce genre d'individus, ils le pervertissent.
Oui oui, c'était seulement le côté "médiocre" de l'humanité sans aucune échappatoire qui me dérangeait. J'espère que l'Homme est capable s'il s'en donne les moyens de mettre hors jeu ce genre d'instinct primaire qu'on a tous et qui peut se résumer par "je tue pour manger". Sinon je suis dans l'ensemble assez d'accord avec vous.
bonjour
effrayant , il n'y a pas d'autre mot
la manipulation est tellement bien rodée et acceptée, que l'on ne peut que penser que les années 40 peuvent revenir, de façon identique , n'importe quand
effrayant
(heureusement que didier porte et manja (très heureux de son retour à ASI) sont là ....)
cordialement
Aurai aimé que la question du turnover de 50% de chez GAN soit creusée.
.Causes : une lassitude du personnel ? des mauvaises conditions de travail ? Des objectifs inatteignables ?
ou bien un mauvais recrutement à la base ? Le période d'essai de Julie candidate retenue, n'a pas été transformé en CDI.
Le travail de l'agence de recrutement est-il remis en cause ?
Bonjour, je regarde l'émission (j'en suis à 26' quand il est question du salaire) et souhaite réagir avant la fin... en effet en tant que pro des recrutements (cela fait 15 ans que j'en subit régulièrement) ce genre de sujet me fait bouillir... il faut donc que ça sorte.

1- cela ne me donne vraiment pas envi de voir ce reportage de france 2 car il s'agit d'un recrutement très spécifique et pas vraiment représentatif de tout ce que j'ai pu voir et subir contrairement à ce que dis Didier Cros. Cela me rappelle les formation aux entretiens d'embauche dispensées par l'Apec mais de mémoire je n'ai jamais rencontré ce type de recrutement de mise en concurrence.

2- Son idée première de croiser plusieurs recrutements dans différents secteurs d'activités aurait été à mon avis beaucoup plus intéressante. Aurait-il succombé au reportage sensation ?

3- L'aspect télé réalité donne vraiment une sensation de faux tout du moins dans les extraits.

4- Le recrutement par cabinet spécialisé et ce type de recrutement s'adresse plutôt à des cadres, il est donc difficile pour la majorité des gens de s'identifier.

5- Parler de salaire en fin de recrutement et être surpris ne m'est arrivé qu'une seule fois lors d'un entretien pour un poste d'assistant ingénieur à l'INSA. Batteries de tests puis entretien seul devant 5 ou 6 personnes je ne me souviens plus trop pour en dernière minute me dire qu'il y avait eu une erreur dans la description du poste qui n'était en fait qu'un poste de technicien ; et comme ils n'avaient pas beaucoup de moyen (recherche), un SMIC était déjà beaucoup... Attendant ma première fille d'un instant à l'autre, je suis parti tout en restant poli quand même.
Après coup certaines personnes m'ont dit qu'il s'agissait surement d'un piège pour tester ma réaction. Peut-être cela était-il le cas dans le reportage car proposer un fixe au smic pour ce type de personnes et devant caméra me semble assez gros.

Bon allez je continue !
On ne vous demande pas de vous "identifier".

En quoi la spécificité du recrutement s'adressant à des cadres serait-elle minorante? Cette session de recrutement apparaît-elle oui ou non absurde et axée sur la démolition du candidat?
Non effectivement personne ne m'a demandé de m'identifier aux personnages, mais dans un documentaire on perçoit quand même mieux les choses quand on peux comparer avec des expériences vécus.

Pour moi il s'agit d'un recrutement typique de cadres, même si cela n'en est pas un (cf Gérard).

Je la trouve minorante (mais peut-être que je me trompe), car :

- les futurs cadres sont préparés à ce type d'exercices ; les commerciaux aussi d'ailleurs, a qui l'exercice de la vente du stylo ou des chaussettes est quasi obligatoire - là les trombones c'était presque original. D'ailleurs Gérard ex cadre était visiblement bien préparé à cet exercice. La question des enfants pour les femmes très classique malgré son caractère discriminant et le recruteur se protège bien en disant bien qu'elle n'est pas obligé de répondre, le coup de la cravate également classique qu'on m'a servi une fois...

- elle est "élitiste" et peu ne pas parler à bon nombre de téléspectateurs

Je trouve juste dommage de ne pas avoir élargi le documentaire à d'autres pratiques et être resté sur un recrutement somme toute très classique dans le genre mais effectivement très violent.
Didier Cors aurait pu faire un petit tour par l'ANPE pour montrer la réalité des files d'attentes, par toutes ses annonces fictives qui maintenant préviennent dès la candidature par mail sans même avoir été examiné : "...vous pouvez considérer que si vous n’avez pas de nouvelles de notre part, dans un délai de deux semaines, cela signifiera que votre candidature, malgré sa qualité, n’a pas été retenue." du marché des SSII, des agences d'intérim, des auto-entrepeneurs...
La matière ce n'est pas ça qui manque comme le dis si bien une personne du recrutement dans le reportage.
C'est le documentariste qui donne une ambition excessive à son travail. Les films ne peuvent être vraiment représentatifs de la totalité d'une réalité. Reste que ce qui a été filmé est bien réel et demeure symptomatique d'une dynamique générale de déshumanisation du travail.
Bon j'ai tout réussi à regarder (même le reportage de F2) sans trop m'énerver et je dois avouer que j'ai changé d'avis sur 2 points :

- Je suis arrivé à m'identifier aux candidats même si je n'ai pas le même profil : même cv chargé que Julie, plutôt le caractère et le compte en banque d'Hervé et un peu les mêmes problématiques que Gérard à moindre niveau. J'ai vraiment adoré Didier ! En tout cas moi j'aurais recruté Didier et Hervé sans hésiter ! Bonne humeur assuré ce qui est certainement l'essentiel.

- On oublie vite l'aspect télé réalité.

Il aurait quand même été intéressant d'élargir le documentaire sur d'autres secteurs d'activité et sur la dérive vers les SSII.

Sinon quoi dire sinon que c'est pitoyable mais tellement réel. Là en l'occurrence ils sont arrivés à ce que les recrutés soit contents d'obtenir un boulot de merde ; Dommage pour Julie qui devra remplir un peu plus son cv et qui aura certainement perdu son temps dans cette histoire.

Je suis quand même surpris que Didier Cros soit surpris des réactions face à ce documentaire. Effectivement tout le monde le sait plus ou moins, mais le vivre au quotidien et surtout vivre la précarité permanente change tout, et oui on a envie d'aller dire 2 mots à des personnes que la déontologie ou plus simplement le respect de l'autre n'étouffe pas.
J'aurais peut-être accepté ce type de recrutement étant jeune, mais aujourd'hui faut plus me la faire... quoique j'en ai eu un il y a 4 mois qui m'a bien "cassé" à nouveau.

Pour finir sur une expérience perso (j'en aurais tellement à raconter) : j'ai été il y a fort longtemps convoqué par l'ANPE pour une session de recrutement d'ingénieur calcul pour une nébuleuse société certainement créée de toute pièce par une grande société aéronautique pour précariser un peu plus ses salariés. Je copie le mail que j'avais fait à l'époque :

Environ 15 personnes étaient présentes : maîtrise de math pure, maîtrise MSA, DEA en science des matériaux, ... Visiblement je suis le seul à avoir de l'expérience en calcul, deux filles de MSA n'avaient même jamais ouvert un logiciel de CAO !

On nous explique alors que l'entreprise "BIIIIIIIIIIIIIP" n'arrive pas à trouver d'ingénieurs calcul, alors ils s'orientent vers la formation de personnes issues de filière scientifique.

Une connaissance des logiciels : Catia, Cadds, Mesh, I-deas, Patran/Nastran, Abacus, Samcef... est tout de même souhaité (rien que ça !).

Le candidat subira un maximum de 80 heures d'évaluation (EMT) au sein de l'entreprise payé par l'ANPE
Au terme de cette évaluation, le candidat aura une formation interne d'1 à 3 mois.
Au terme de cette formation, l'ANPE espère obtenir pour le candidat 1 CDD d'au moins 6 mois (ils vont tout faire pour, merci bien !) et peut être même 1 CDI. Salaire 120KF, bon quand même 135KF si expérience ou ingénieur !

Et voila comment casser un marché ! Boah le calcul c'est facile, il suffit de prendre un chômeur qui a faim, pas trop bête de préférence, de le former un peu (même si on l'oblige à une réorientation professionnelle), et même qu'on va économiser des sous !


Pour info salaire annoncé de 120KF soit 18-19 K€ alors que ma rémunération pour ce type de poste tournait plutôt autours des 180KF soit 27-28k€ (petite remarque, cette rémunération n'a quasiment pas évolué en 10 ans). J'avais interpellé la personne chargé du recrutement sur ces 2 points (qualification et salaire) et celle-ci m'avait répondu un truc du genre : "oui j'ai bien trouvé que le salaire n'était pas très élevé, mais vous aurez la sécurité de l'emploi (CDD), des avantages sociaux (?), un poste dans le sud de la France (un luxe), et sûrement une progression de votre salaire très rapide (sûrement)". Ahhhhhh me voila rassuré !

Ah aussi il me reviens en mémoire un recruteur qui avait conclu un entretien assez houleux : "moi vous savez les ingénieurs je les embauche au SMIC".

Triste avenir pour nos enfants...
Euh en même temps, c'est vous qui étiez mal renseigné sur le poste : assistant ingénieur, c'est pas ingénieur. Cela correspond à des emplois bien définis. Ingénieur d'étude, c'est déjà un technicien recruté à bac+3, assistant ingénieur, c'est en dessus.
Je suis étonné que personne ne parle (enfin, je n'ai pas lu tous les commentaires) d'une des séquences que j'ai personnellement trouvé des plus humiliantes : celle où ceux qui ne sont pas gardés doivent expliquer aux recruteurs pourquoi ils ne les gardent pas ! On demande à des gens qu'on a traité comme des merdes pendant plusieurs heures sans leur dire pourquoi (ils ne connaissent pas l'emploi) d'expliquer en quoi ce sont des merdes qui ne méritent pas d'être gardées... alors que les recruteurs, eux, ne se justifient pas et se permettent encore de leur faire des réflexions désobligeantes. J'ai trouvé ça hallucinant ! Ils ne sont pas à l'école et n'ont pas de leçons à recevoir de ces gens-là !
J'avais failli faire la remarque. Cette séquence est la plus humiliante.
Cette demande n'a aucun intérêt pour le projet des recruteurs, j'en conclue qu'il s'agit de pur sadisme.

Et c'est à ce moment que se déroule une des réactions les plus touchantes, une réaction qui me rassure un peu sur la nature humaine :
Hervé, le sans-cravate, explique à Morphéus qu'il ne s'est pas battu car d'autres personnes avaient plus besoin du poste que lui.

Il a perdu l'occasion d'obtenir un travail mais il est resté lui-même, n'est pas entré dans la tragi-comédie qu'on lui servait.

Et c'est à ce moment que se déroule une des réactions les plus touchantes, une réaction qui me rassure un peu sur la nature humaine :
Hervé, le sans-cravate, explique à Morphéus qu'il ne s'est pas battu car d'autres personnes avaient plus besoin du poste que lui.


Je ne trouve pas ce que vous dites si rassurant que ça. Ça veut dire que si Hervé avait été dans la mouise, sans doute aurait-il joué le jeu, il aurait mis une cravate, il se serait battu contre les autres...
Benoit, le fait de demander aux candidats pourquoi ils n'ont pas été retenu permet au recruteur de s'affranchir de tout justificatif (subjectif, discriminent ou autre), sachant qu'en général le candidat est forcément déçu de sa prestation et qu'il va trouver tout seul toutes les raisons du monde pour ne pas avoir été retenu. C'est en fait une solution de facilité. Si il résiste on lui sort des trucs simples comme "vous n'avez pas été convainquant" "trop de décalage" "gap très important pour qu'on puisse prendre le risque" "est-ce que vous avez été vous même ?"... ; imparable. En fait les raisons sont des phrases toutes faites que l'on pourrait servir à n'importe qui.

Par contre la réaction de Kevin laisse supposer une grande détresse, et le rabaisser encore plus comme le fait un recruteur en lui demandant pourquoi il allait regretter ce choix n'est certainement pas ce qu'il y avait de mieux à faire.

Mais chez d'autres personnes cette détresse, même invisible, peut-être importante ; même chez les personnes que l'on pense solides comme Hervé. Et non je ne pense pas qu'il aurait joué le jeu tout simplement parce que ça ne lui correspond pas. Dire qu'il ne s'est pas battu car d'autres personnes avaient plus besoin du poste que lui est, à mon sens, une façon indirecte de dire non ça ne me correspond pas je laisse ça à ceux que ça motive ou qui n'ont d'autres choix que de faire le dos rond ; et son ironie à son départ "félicitation les garçons" "gros potentiel Mr Hervé" en dis long.

Moi ce que je trouve le plus violent est le fait de faire venir des personnes pour un poste assez vague, de d'abord les tester de façon brutale, puis d'en éjecter les 2/3 sans raison vraiment valable, puis de ne décrire le poste qu'aux 3 sélectionnés. Les 6 autres ne savent en fait rien du poste et du pourquoi ils ne correspondent pas.
La violence est certes importante pendant le recrutement mais la détresse une fois rentré chez soi est pire. Sans parler du doute qui s'installe. Beaucoup de choses importantes sont dites pendant les quelques minutes séparant les 2 journées
Benoît, j'ai un peu de mal à comprendre votre réponse, mais vous avez raison je devais être mal renseigné... a moins que ce ne soit vous qui n'ayez pas tout compris. Donc pour nous départager, je vais faire un copier coller de l'annonce ANPE parue en 2005 (je l'ai conservée comme toutes les autres) :

Code Métier ROME : 53122 (Cadre technique d'étude-recherche-développement de l'industrie : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9pertoire_op%C3%A9rationnel_des_m%C3%A9tiers_et_des_emplois
Intitulé du poste : ASSISTANT(E) D'INGENIEUR (ETUDES-RECHERCHE-DEVELOPPEMENT)
Type et nature du contrat : CONTRAT A DUREE DETERMINEE DE 8 MOIS / CONTRAT DE TRAVAIL
Description du poste :
VOTRE FONCTION : MISE EN PLACE ET EXPERIMENTATION DE PROTOTYPES EN
GRANDEUR REELLE SUR PLATEFORME D'ES- SAI.VOS COMPETENCES : REALISATION DE
PLAN,SUIVI DE FABRICATION ET DE MON- TAGE MECANIQUE,PILOTAGE D'ESSAI,
ACQUISITION ET TRAITEMENT DE MESURES

Compétences particulières :
- Electricité, électronique, électrotechnique, télécommunications.
- Mécanique, construction automobile.

Expérience : DEBUTANT ACCEPTE
Formation et connaissances :
DUT GENIE CIVIL EXIGE(E) OU BTS
GENIE CIVIL EXIGE(E)
PRATIQUE C.A.O. EXIGE(E) PRATIQUE D.A.O. EXIGE(E)

Salaire indicatif : MENSUEL 1 512,86 Euros (9 923,71 F)


C'est bien après 45' de tests + 30' d'entretien si j'ai bonne mémoire que l'on m'annonce que cette annonce est fausse et qu'il s'agit d'un poste de technicien (nécessitant néanmoins les même compétences) mais justifiant un salaire au SMIC (1357,07 à l'époque). Bon c'est vrai la différence n'est pas énorme, mais bon sur le coup j'avais vu rouge surtout que j'étais plutôt expérimenté et sur-qualifié pour ce poste qui n"amoins m'intéressait fortement.
La question est : est-ce que c'était du bluf pour me tester ? je ne le sais toujours pas.
Ce que je veux dire, c'est que c'est un type de poste correspondant à un emploi de la fonction publique. Les noms des postes et les grilles tarifaires sont connues. En l'occurence, le métier d'"assistant ingénieur" correspond à une fiche de poste détaillant ses rôles, et cela correspond en fait à un technicien. "Ingénieur d'étude", qui est la catégorie au dessus est déjà un poste de technicien. Voir par exemple la description du site du ministère de l'enseignement supérieur.

Bref, je ne crois pas qu'il y ait tromperie, ce que vous décrivez correspond aux épreuves pour ce type de poste (en tout cas pour un emploi en tant que titulaire). Après, c'est pas forcément très clair sur une fiche ANPE où les cases ne correspondent pas toujours.

Étant dans la recherche publique, quand j'ai lu dans votre commentaire "assistant ingénieur à l'INSA", j'ai tout de suite compris "technicien mal payé". Ce n'est donc pas surprenant quand on sait ce que désigne réellement "assistant ingénieur".

Pour la différence de salaire que vous évoquez, ça peut être brut/net ou en comptant des primes ou pas, difficile à dire, mais je doute réellement que ce soit eux qui décident du salaire, c'est juste le salaire correspondant à la grille.
Bonjour Benoït, et merci de m'éclairer...

Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi m'avoir dit en dernière minute que l'intitulé du poste proposé n'était pas le bon et que le salaire non plus ? Ils étaient, je pense, assez nombreux pour ne pas oublier se détail. Si je l'avais su dès le départ je n'aurais même pas postulé.
J'avais plutôt bien encaissé il me semble jusqu'à cette remarque sensé clôturer l'entretien et qui m'a laissé sans voix...
Et puis j'en ai un peu marre de cette surenchère aux compétences à des salaires de plus en plus bas (là en l'occurrence ils pouvaient difficilement faire moins même si visiblement ils l'auraient bien voulu).
Je viens encore d'avoir le cas cette semaine.

Je ne suis pas au fait de ce qui se pratique dans la fonction publique, mais j'ai fait quelques remplacements en lycée professionnel et c'était assez clair dès le départ.

Ce qui m'a choqué en plus de me faire perdre mon temps, c'est 45' minutes de tests (bon je veux bien) et un entretien devant 5 ou 6 personnes qui m'ont laminé de questions se coupant la parole en permanence et me laissant à peine commencer une réponse avant de me poser la question suivante... A un moment j'ai le souvenir d'avoir dû répondre à 3 personnes en même temps.
De plus j'ai eu le sentiment qu'ils recherchaient la faille et que tant qu'ils ne l'avaient pas eu ils en rajoutaient une couche... Ils ont fini par me "planter" sur une question technique et ils ont bien appuyé sans vraiment chercher à m'aider.
Bref un recrutement plutôt sportif pour un poste de misère... Je n'avais jamais rencontré cela auparavant.

Et puis l'INSA qui joue les pauvres, ça m'a un peu surpris moi l'universitaire qui a suivi une bonne partie de ma formation dans leurs locaux avec leurs profs. Ce n'était pas trop l'image que je m'en faisait bien au contraire.

Petite remarque pour revenir au reportage, un candidat dit au début n'avoir eu qu'une vague description du poste et de citer le statut cadre. Hors Gérard qui s'est affiché clairement avec une volonté de management c'est fait bouler pour cette raison...
La description du poste faites pendant le recrutement m'a fait penser à un poste de commercial de base et Gérard l'a bien dit ~ "s'il faut repasser par du démarchage pour faire mes preuves..." ~
Pas très clair.
Sempiternel débat entre nature et culture, c'est lassant.
Alors proposez autre chose.
Intéressante question de savoir quelle est la part de responsabilité du système et celle des individus qui y agissent. On pourrait en débattre encore longtemps. Il n'empêche, je vous invite à mettre le focus (comme disent les journalistes sur le visage poupin de "Grégory Anton. Vous remarquerez qu'il intervient relativement peu dans le processus de recrutement ou en tout cas, dans ce que le documentaire en montre, mais vous remarquerez aussi, lorsque la camera "passe sur lui", il a en permanence, un sourire narquois sur le visage, qui indique la jouissance qu'il a de voir les candidats "se vautrer lamentablement"... C'est là l'attitude typique du pervers qui voit le faible se faire bouffer en se disant qu'il a de la chance d'être du coté des prédateurs...Celui-là jouit de tout ce jeu de massacre !
Je crois que le sourire de Grégory Anton est naturel. Dans la salle à café il sourit de la même façon. Mais son sourire est tellement permanent et son attitude générale évoque tellement une acquisition totale à l'esprit du système qu'on l'imagine parfait pour interpréter un rôle de bureaucrate collabo dans un film sur l'occupation.

Le vrai pervers c'est Didier, du cabinet de recrutement, celui qui parle des mains moites. Presque chaque intervention qu'il fait est outrancière et humiliante et son visage montre une sorte de jubiliation contenue.

Un jour peut-être on se penchera sur ces gens avec la même condescendance amusée qu'on a en pensant à l'ancien régime, ses perruques, ses duels imbéciles, sa cruauté ordinaire.
Ou plutôt : " Invoquer le système n'est qu'une dangereuse façon d'excuser sa propre médiocrité".
Ah bravo ! suis entièrement d'accord ! Y'a le système et ceux qui le frabriquent et y participent. Basta !



Arrêtons de taper sur "le système". Ce qu'on voit là-dedans, ce sont (pour la plupart) des individus mesquins, rabougris, bêtes, froussards, égocentriques, frustrés. Les méthodes ne sont pas bien reluisantes, certes, et exacerbent les travers de chacun. Mais ce que montre ce documentaire (plutôt bon, sous réserve qu'il ne manipule pas la réalité par un montage trop sélectif), c'est la médiocrité de l'Homme (et c'est en ça qu'il est bon jusqu'à en être épuisant).

Qui n'a pas eu envie de gifler Kevin le cancrelat ? Qui peut dire que le petit ton suffisant du chef-recruteur ne révèle pas toute la petitesse de sa personne ? Que la tête de la recruteuse (la blonde qui s'est fait rouler dessus par un camion et s'est renversé la boîte de maquillage sur la tronche dans le noir) ne trahit pas l'aigreur de sa vie, et n'a rien à voir avec un "système" ?

Non, il ne faut pas se tromper de cible : ce n'est pas le jeu qui est en cause, ce sont les joueurs, de même que les cadres psychopathes qui menaçaient et humiliaient leurs subalternes dans "La mise à mort du travail". Les individus sont responsables et libres, il n'appartient qu'à eux (candidats ou recruteurs) d'être dignes et humains. Ceux qui quittent le processus ou le sabotent en sont la preuve.

Invoquer le système n'est qu'une dangereuse façon d'excuser la médiocrité de l'homme.
Attention le formulaire d'abonnement à courrier international ne semble pas fonctionner : on arrive à une page de "warning/SQL access denied" ("coin" en langage guignol)?
pareil que valentin
Ce docu très instructif est d'ailleurs disponible ici pour ceux que ca intéresse...
Bonjour,

Par rapport a la Gazette, apparement il y a un soucis avec le formulaire pour l'abonnement a Courrier International, je recois l'erreur suivante :

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Erreur technique : SQL
Pas encore vu l'émission, mais ça ne m'empêche pas de réagir à ce qui suit, qui est dans la présentation :
[quote=la rédaction d'ASI]
"Daniel voit là "la grande question" : peut-on critiquer "le système" sans critiquer "les agents du système" ? "Mon film n'est pas là pour livrer en pâture et à la vindicte des personnes qui ont accepté de montrer leur travail dans la plus grande transparence", insiste Cros".

Le type s'indigne des réactions, et notamment de l'initiative du gars qui a donné les coordonnées des kapos du système (oui, je sais, faut pas dire kapo). Mais son avis n'a pas plus d'importance que celui de Pierre, Paul ou Jacques. Son film, une fois diffusé, ne lui appartient plus. Les conséquences relèvent d'une démarche militante qui ne le regarde pas particulièrement puisqu'il estime avoir fait son boulot en faisant le film.
Bien sûr, il a le droit d'être contre l'initiative, comme tout un chacun, mais quand il dit qu'il faut s'en prendre au "système", de quelle réalité nous parle-t-il ? Le "système" aussi peu défini, c'est du virtuel. Les victimes du système, par contre, sont bien réelles et en tant que premières concernées, elles ont toute légitimité pour s'organiser pour le foutre à bas, ce système. Et si elles choisissent de s'en prendre aux agents qui permettent à ce système de tourner, c'est qu'une première étape, c'est tout simplement parce que les chiens de garde sont en première ligne. Le tour des donneurs d'ordre viendra...
super ce film, passionnant du début à la fin.....
Et voilà comment on en est arrivé à vendre du "médiator" !!!!
humiliés ,concassés, terrorisés,manipulés de bons esclaves pour une entreprise qui ignore le mot éthique...
vous avez dit souffrance morale au travail?
comment travailler autonomie et vulnérabilité, pardon, hétéronomie et vulnérabilité!
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