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Abraham Poincheval, le foetus et la pierre

Suite à mon appel à sujets de chronique, un aimable @sinaute m'a suggéré de traiter de la prochaine performance d'Abraham Poincheval, qui va s'enfermer pendant une semaine à l'intérieur d'un rocher.

Derniers commentaires

En Egypte un artiste en danger de mort, le photographe Mahmoud Abu Zeid.
Signalé par l'excellente Emilie Chaudet ce matin sur France-Culture: https://www.franceculture.fr/emissions/les-petits-matins/sky-not-limit-des-photos-du-ciel-pour-le-photographe-mahmoud-abu-zeid
Liens pour signer la pétition et voir son travail.
Ah tiens, une idée de chronique: les codes couleur du Déconnex

De mémoire:

Bleu, c'est bien, comme le ciel pur et la robe de la vierge.
Orange, bof.
Rouge: Danger !
Gris: c'est gris, comme les chats nocturnes, on ne sait pas.


Consigne: pas le droit au Pastoureau.
il arrive à en vivre où il a fait un héritage ?
Suite à mon appel à sujets de chronique

Si vous en cherchez je ne saurais trop vous suggérer de vous intéresser au pizzagate, théorie du complot largement nourrie par le rejet viscéral que suscitent certaines œuvres d'art contemporain "décadentes" et malsaines que collectionnaient les Podesta comme celles de Bijina Djurdjevic et la scène musicale très warholienne de Washington DC (le tout largement exploité par les propagateurs de cette théorie, jusqu'à reproduire d'entières galeries d'artistes de la même mouvance, même sans rapport direct avec "l'affaire", pour impressionner le public qui les trouve révoltantes, à voir sur E&R par exemple).
Et qui aboutit à rien de moins que des accusations de sorcellerie envers la performeuse Marina Abramovic, amie de pas mal de stars hollywoodiennes.
Sujet connexe : la mode des mises en scène évoquant des messes noires ou le cannibalisme rituel dans le milieu artistique/élitiste américain.
Une semaine seulement pour "éprouver le temps du rocher" me semble un peu court... Sans aller jusqu'au millénaire (encore que...) ce monsieur aurait pu pousser le délice jusqu'à un bon mois. Juste pour vraiment "réaliser" le temps du rocher (si tant est que le temps existât pour un rocher).
Un rocher ne fait pas pipi ni caca. Il ne mange ni ne boit.
Il ne s'ennuie même pas, j'imagine.
Il ne bouge pas de lui-même.
Et il n'appelle pas les journaleux.
Demandez donc à Toutankamon son avis sur sa désolante immobilité de plusieurs siècles : il a certainement éprouvé le temps de l'enfermement dans un rocher. Taillé, il est vrai.

Bonne journée
Il me plaît à penser que l'inverse eût été hautement plus novateur, plus "artistique", plus hermétiquement ouvert, plus arbustivement ramuré...bref le désir d'un bon rocher des côtes bretonnes ( pour les côtes basquaises attendre au moins deux ans) de séjourner sans varech, sans algues, sans urine de baigneur, sans embruns, sans écume...dans l'abdomen distendu d' Abraham Poincheval.

Ca, ça a de la gueule!
Quelle idée que d'aller s'enfermer une semaine un rocher! Alors qu'un rocher, c'est si bon à déguster.
Mais heu... ça sert à quoi ???
C’est curieux tout de même, ce mépris, cette incompréhension de et pour l’art contemporain. La performance d’Abraham Poincheval est pourtant (aussi) l’évocation de nos congénères enfermés entre les oreillettes de leur téléphone, privés de leur sens, retranchés du monde. Et dont je doute fort qu’ils fassent un « voyage terrestre intérieur » (pour reprendre la belle définition que l’artiste donne de son travail).
Oui enfin, on n'est pas obligé d'avoir une attitude béate d'admiration dès qu'il s'agit d'art contemporain non plus.
Tout ne se vaut pas et ce projet d'enfermement je trouve qu'il n'a aucun sens - et c'est mon droit - ou, un sens tellement dérisoire...

Idées pour les prochaines performances :

Marcher à reculons pendant une semaine (bla bla reculer le temps bla bla la vie à l'envers)
Manger des fourmis pendant 3 jours (bla bla..)

Bref, qu'est ce qui est légitime dans l'art contemporain ?

Ce qui m'interpelle aussi c'est le travail du journaliste Alain Korkos : il se lance dans une agglomération foutraque de références, ou comment un blockbuster, un obscure savant du 18 eme et une capture d'image d'un film font office de légitimation artistique... Chapeau l'artiste !

Ça me rappelle certaines émissions de France Culture sur le cinéma. Pas toujours certes, mais il m'est arrivé de m'amuser en écoutant les personnes participant à l'émission étaler des références tout à fait obscures dans un but... tout aussi obscure.
C'est parfois la recherche de références - même si elle n'a, en elle même, aucun sens - qui légitime l'autorité de celui qui parle.

Le souvenir que j'ai est drôle : c’était un journaliste ou un universitaire je ne sais plus, il parlait d'un obscure réalisateur yougoslave mort à 25 ans. Ce pauvre gars n'avait fait qu'un court metrage mais il était essentiel de le voir, bien entendu... Ces gens sont parfois (je ne parle pas de M. Korkos là) d'une suffisance folle, ils imposent leurs gouts avec autorité (puisqu'ils n'expliquent pas en définitive).

On peut leur objecter, pourquoi pas, qu'ils se situent plus dans l'infime ou l'insignifiant. Et qu'on a autre chose à faire parfois que de les écouter et de leur accorder l'importance qu'il réclament.

Je m'arrête là, j'ai horreur des commentaires longs et celui là va bientôt dépasser la taille de l'article de M. Korkos.


PS : un blog qui porte un regard critique sur l'art contemporain et qui est bien écrit et drôle : http://www.schtroumpf-emergent.com/blog/
La suffisance réelle de celui qui dénonce celle extrapolée des autres est de toute beauté.
Est-ce une performance artistique?
Le fait que vous ne voyiez pas de sens aux performances de Poincheval et jugiez foutraque le choix d'images d'Alain Korkos vient de votre façon de voir. C'est comme ça, on entre dans "l'hôtel" artistique avec son bagage ou son absence de bagage.
Vous ne faites pas que revendiquer votre droit à une absence de bagage qui vous rend hermétique à des productions d'autres (émission sur le cinéma, Art contemporain, chronique d'Alain Korkos) vous déniez à l'autre le droit de faire à son idée et tentez d'imposer vos idées à vous. Pour moi c'est pile la définition de la suffisance, synonymes vanité, fatuité: l'art de se suffire à soi-même, de dire j'ai raison et vous avez tort avec la seule justification du "je" contre le "vous".

Ce que j'aime dans les chroniques d'Alain Korkos est qu'il nous sert quelques "bagages" posés négligemment sur un plateau. Je ne dis pas qu'il n'a pas de défauts :-) mais il n'a pas les défauts de certains qui confondent critique et expertise, osent dire machin peint mieux que truc, et étalent leur statut de privilégiés à longueur d'articles (je rentre dans des endroits interdits au public, je rentre à des moments interdits au public, je monte sur une échelle, je grossis les détails des oeuvres, je grossis, je grossis, paf le détail m'éclate à la figure, je délivre la bonne parole)
PYDUB : Si vous croyez que j'empile des images dans le but de légitimer la performance de Poincheval, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate. J'erre d'image en image, je pratique l'accrétion iconographique, j'accumule des images qui me font penser à. Point.

Et si vous voulez avoir la confirmation qu'il ne s'agit en aucun cas d'une bénédiction, lisez donc les derniers mots de ma précédente chronique consacrée à Poincheval :

« Nous nous sommes en apparence bien éloignés de notre sujet de départ, à savoir un Abraham Poincheval posé sur une plate-forme à douze mètre de hauteur qui, imitant Siméon le Stylite, contemple l'agitation urbaine au-dessous de lui. Mais c'est l'avantage de l'art - ou de ce qui prétend en faire partie - , que de nous faire voyager de colonnes en colonnes, de tours en détours. »

Le reste de ladite chronique, très intéressante et très riche et très belle et très extraordinaire et pas du tout foutraque comme certains lecteurs trop pressés pourraient être amenés à le penser, est par là : ABRAHAM POINCHEVAL ET LES ARTISTES PERCHÉS.
@ Alain Korkos : j'avais oublié (ou étais-je trop pressé cette semaine-là ?) votre très riche, très belle et très extraordinaire et pas du tout foutraque chronique sur les "artistes perchés" que je viens de (re)découvrir avec le plus grand intérêt !

PYDUB : Si vous croyez que j'empile des images dans le but de légitimer la performance de Poincheval, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate. J'erre d'image en image, je pratique l'accrétion iconographique, j'accumule des images qui me font penser à. Point.

Justement, allons derrière ce "Point" : quel effet produit sur le lecteur cette "accrétion iconographique" ? Vous est-il arrivé de vous le demander ? En mettant le travail de poincheval dans cette lignée artistique que vous créez, n'y a-t-il pas, d'une certaine manière légitimation ?

Et si vous voulez avoir la confirmation qu'il ne s'agit en aucun cas d'une bénédiction, lisez donc les derniers mots de ma précédente chronique consacrée à Poincheval :

« Nous nous sommes en apparence bien éloignés de notre sujet de départ, à savoir un Abraham Poincheval posé sur une plate-forme à douze mètre de hauteur qui, imitant Siméon le Stylite, contemple l'agitation urbaine au-dessous de lui. Mais c'est l'avantage de l'art - ou de ce qui prétend en faire partie - , que de nous faire voyager de colonnes en colonnes, de tours en détours. »

Soyons sérieux, certes je ne vois pas de "bénédiction" dans votre chronique (merci d'ailleurs de m'avoir fait découvrir C. Willink), mais la critique - quand elle apparait - est molle. Vous êtes d'une prudence extrême dans vos prises de positions et le fait de produire un article à chaque "performance" de Poincheval contre balance assez nettement les scories négatives que vous disséminez. J'ai d'ailleurs trouvé l'article de ouest France assez pertinent.

Le reste de ladite chronique, très intéressante et très riche et très belle et très extraordinaire et pas du tout foutraque comme certains lecteurs trop pressés pourraient être amenés à le penser, est par là : ABRAHAM POINCHEVAL ET LES ARTISTES PERCHÉS.


Je pourrais vous retourner le compliment : vous arrive-t-il d'écrire de manière un peu trop précipitée, sans prendre en compte l'effet produit par par vos articles ? Poincheval mérite-il @si et mérite-il votre attention ?

Une sociologue, Nathalie Heinich, a travaillé sur le champ artistique. Un des aspects de son travail qui me vient à l'esprit est la nécessité d'accompagner les oeuvres d'art contemporain d'un discours : enlevez à Kapoor, poincheval et tant d'autres la capacité d'accompagner leurs oeuvres d'une présentation conceptuelle... Les oeuvres deviennent hermétiques et insignifiantes. Loin de moi l'idée d'abandonner le concept, mais ne pourrait-on pas constater que la ficelle est un peu grosse et qu'elle est tirée un peu trop souvent ?

L'innovation lexicale du discours est sans limite et vous en savez quelque chose : "collection d'image" peu devenir "concrétion iconographique".

S'extraire des modes et des règles en vigueur dans le monde de l'art pour se poser la question de l'imposture... Un sujet pour un prochain article ? Ce serait d'ailleurs plus cohérent vis à vis de la ligne éditoriale d'@si : critique média / critique d'art (dans le sens radical que vous avez saisi).

Bien à vous
Bah… ça me fatigue d'avance de dire que Poincheval c'est de la merde. Après avoir dit et répété que Jeff Koons en faisait depuis toujours, que JR en faisait désormais, que Banksy la produisait en bombe (cherchez dans mes précédents articles), je me lasse, voyez-vous. Et je laisse les lecteurs se faire leur propre opinion. La mienne est faite depuis longtemps.
J'avais lu à l'époque votre article sur Banksy - je viens de le relire - et je n'y avais pas perçu de votre part une critique du type "c'est de la merde". Vous êtes trop policé, vraiment, on passe même à côté de votre avis qui est légitime.

La première critique que vous faites c'est que c'est en gros trop facile, la lecture immédiate et simple de l'oeuvre en fait une oeuvre simpliste, si je vous comprends. Or, selon moi, La simplicité n'est pas un critère de labellisation "art".
Vous reprochez aussi le fait qu'il réutilise des images existantes... Et alors ? ça se fait en musique, on appelle ça du sample et ça ne dérange pas grand monde.
Bref, deux choses me plaisent chez banksy, un relatif retrait du personnage et un engagement politique de son oeuvre. Choses completement étrangères au bouffon poincheval.
Bravo Alain! Et Carla Bruni est....d'ACCOR avec moi!
Les stylites demeuraient en haut de leur colonne
Pour se faire remarquer n'ayant d'autre œuvre à proposer que sa petite personne, Poincheval (comme dirait Boby Lapointe qui ne manquait jamais une chanson de saillie à l'instar de Carla Bruni, ancienne élève de ce lycée), s'enferme dans les endroits les plus insolites et provoque la réaction de tous ceux qui souffrent de claustrophobie ou de lithophobie ce qui est assurément plus rare
Que dire d'autre ? Rien ! c'est assez parler de lui
On notera les sketches de Leonardo
Vecteur artistique en douce performance:

Comment le foie se cirrhose?

Mise en action:
Devenir canard, avant ou après la grippe aviaire, et être gavé à l'entonnoir 2 fois par jour

Durée du stage de performance:
3 mois
L'ablation ou résection s'effectue à la fin de la performance.

On ne peut jouer petit bras et refuser le poste si on est sélectionné.
Abraham Poincheval mais canard en l'espèce ne peut faire moins qu'un palmipède.

(la performance proposée par Jean Ali (Cara Bruni) frise la non-assistance en oreille en danger)
De la position des trois astronautes dans le module de commande du programme Apollo en milieux très clôt.
http://www.fredzone.org/wp-content/uploads/2016/07/apollo11-640x506.jpg
Les troglodytes ont creusé la roche pour y habiter , depuis " des temps immémoriaux" ....



Mais enfin, mais enfin....


On aurait envie de dire à cet artiste pour sa prochaine performance , qu'il peut aussi s'enfermer dans la pièce du fond

d'un logement aménagé dans la roche :


https://www.anjou-tourisme.com/fr/decouvrir-lanjou/vos-emotions/lart-de-vivre-en-troglo
Enfermer des prisonniers (parfois politiques) dans des cellules de moins d'un mètre carré, soit pas assez hautes pour se lever, soit pas assez larges pour s'assoir, est une pratique de torture assez récurrente dans bon nombre de régimes despotiques actuels. Et les expériences américaines récentes nous montrent que nos démocraties libérales ne sont pas immunisées contre le recours à ce genre de pratiques.

Si c'est juste "pour éprouver le temps du rocher", s'enfermer volontairement de telle sorte me paraît d'assez mauvais goût...
Les foetus

On en voit de petits, de grands,
De semblables, de différents,
Au fond des bocaux transparents.

Les uns ont des figures douces ;
Venus au monde sans secousses,
Sur leur ventre ils joignent les pouces.

D'autres lèvent les yeux en l'air
Avec un regard assez fier
Pour des gens qui n'y voient pas clair !

D'autres enfin, fendus en tierce,
Semblent craindre qu'on ne renverse
L'océan d'alcool qui les berce.

Mais, que leur bouche ait un rictus,
Que leurs bras soient droits ou tordus,
Comme ils sont mignons, ces foetus,

Quand leur frêle corps se balance
Dans une douce somnolence,
Avec un petit air régence !

On remarque aussi que leurs nez,
A l'intempérance adonnés,
Sont quelquefois enluminés :

Privés d'amour, privés de gloire,
Les foetus sont comme Grégoire,
Et passent tout leur temps à boire.

Quand on porte un toast amical,
Chacun frappe sur son bocal,
Et ça fait un bruit musical !

En contemplant leur face inerte,
Un jour j'ai fait la découverte
Qu'ils avaient la bouche entrouverte :

Foetus de gueux, foetus de roi,
Tous sont soumis à cette loi
Et bâillent sans savoir pourquoi !...

Gentils foetus, ah ! que vous êtes
Heureux d'avoir rangé vos têtes
Loin de nos humaines tempêtes !

Heureux, sans vice ni vertu ;
D'indifférence revêtu,
Votre coeur n'a jamais battu.

Et vous seuls, vous savez, peut-être,
Si c'est le suprême bien-être
Que d'être mort avant de naître !

Foetus, au fond de vos bocaux,
Dans les cabinets médicaux,
Nagez toujours entre deux eaux,

Démontrant que tout corps solide
Plongé dans l'élément humide
Déplace son poids de liquide.

C'est ainsi que, tranquillement,
Sans changer de gouvernement,
Vous attendez le jugement !...

Et s'il faut, comme je suppose,
Une morale à cette glose,
Je vais ajouter une chose :

C'est qu'en dépit des prospectus
De tous nos savants, les foetus
Ne sont pas des gens mal f...

Maurice MAC-NAB
Youyou M'sieur Korkos, je crois que vous en avez déjà parlé (Wim Delvoye et le caca me semble-t-il ?) mais je lisais ça : http://www.estrepublicain.fr/actualite/2017/02/18/les-gagnants-du-concours-du-caca-de-l-espace-devoiles-par-la-nasa

et je me suis demandée si l'art contemporain avait continué de produire des étrons.
Bonne journée !
La dimension foetale ajoutée par Alain Korkos à la performance d'Abraham Poincheval renvoie à une toile de Salvador Dali ("Enfant géopolitique observant la naissance de l'homme nouveau", 1943) :

http://3.bp.blogspot.com/-5nFWHEwkqVQ/UMTpw7ryAiI/AAAAAAAACM0/AocU49orvf8/s400/enfant+geopolitique.jpg

et à Dali lui-même tel que le montre un célèbre photomontage des années cinquante du photographe américain Philippe Halsman, par ailleurs inventeur de la "jumpologie" photographique :

http://aufildejb.a.u.pic.centerblog.net/5e2c2231.JPG
Ses prochaines performances annoncées :

- un mois en centre d'internement psychiatrique
- puis, un mois aux Maldives ( avec Carla Bruni )
- enfin, un mois en qualité d'assistant parlementaire de François Pillon ( non rémunéré )
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