Pulvar Montebourg, premières réflexions
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Pulvar Montebourg, premières réflexions

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l'agression dont ont été victimes, dans la nuit, Audrey Pulvar et Arnaud Montebourg à Paris, on ne sait pour l'instant que ce qu'en a raconté sur son compte Twitter Pulvar, source unique d'information à l'heure où écrit le matinaute: prise à partie du couple par une quinzaine d'individus se réclamant de Le Pen et qui se trouvaient devant un bar, injures antisémites, jets de verre dans le dos. Cas médiologiquement intéressant, et sans doute sans précédent, d'une victime de fait-divers, par ailleurs journaliste en vue, relatant elle-même en léger différé l'agression dont elle a été victime, sur son média personnel. Sans doute Pulvar est-elle une excellente journaliste, mais elle n'est pas, dans cette affaire, en position de témoin impartial. Une élémentaire prudence imposerait donc que les reprises par ses confrères de son témoignage twitté soient toujours sourcées, ce qui n'était pas (toujours) le cas des radios du matin.


Qui sont les agresseurs ? "Des supporters du FN", ou "des individus se réclamant du FN", titrent la plupart des sites de presse. Dans un de ses tweets, Pulvar est plus précise, parlant (sans doute sur la base de confidences policières recueillies dans le commissariat où le couple est allé porter plainte) "d'interdits de stade". La formule pourrait "orienter les recherches" vers des groupes de supporters d'un célèbre club de foot-ball parisien, le lieu de l'agression n'étant par ailleurs pas éloigné du Parc des princes (ce que confirme une information du Parisien, qui signale que s'était tenue, un peu plus tôt, non loin de là, une réunion à la mémoire d'un supporter du PSG tué lors d'affrontements avec la police). Mais ce n'est qu'une hypothèse.

Et le FN, là-dedans ? Les citations des agresseurs relatées par Pulvar, dont la fameuse: "Jean-Marie nous a donné la permission de minuit pour chasser les youpins de Paris" ne disent rien de leur identité, ni s'ils avaient la carte du FN dans la poche. Ce que disent simplement ces injures, et dans l'attente des résultats de l'enquête policière, c'est que la représentation Le Pen, l'invocation totémique du nom de Le Pen, la marque Le Pen, servent de point de référence, de ralliement, à de sombres crétins, un peu de la même manière dont quelques millions d'électeurs peuvent glisser le nom de la marque dans l'urne pour exprimer autre chose. On peut néanmoins saluer leur extra-lucidité pour avoir compris, ce qui avait jusqu'ici échappé à tout le monde, que Audrey Pulvar était juive.

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