Pulvar perd en appel contre Bakchich.
Brève

Pulvar perd en appel contre Bakchich.

Et de deux victoires pour Bakchich. La Cour d'appel de Paris a confirmé le premier jugement et débouté Audrey Pulvar. La journaliste avait porté plainte en diffamation contre le site d'information après la publication d'une brève dans laquelle Bakchich affirmait qu'elle s'était rendue au siège du PS au soir du second tour des élections régionales de mars 2010 pour rejoindre son compagnon de l'époque, Arnaud Montebourg. Une information fausse d'après la journaliste, mais pas diffamatoire, selon le tribunal.



Après une première victoire en première instance, Xavier Monnier, rédacteur en chef de Bakchich, a de quoi se réjouir : "Le 16 janvier, sur le coup des 13h30, la cour d'appel du tribunal de grande instance de Paris a rendu son délibéré. Les lignes que j'ai écrites dans Bakchich concernant Audrey Pulvar ne contiennent aucun propos diffamatoire", écrit-il. Monnier était poursuivi en tant que directeur de la publication de Bakchich jusqu'à la liquidation de la société en 2011.

L'affaire remonte au 30 septembre 2010 : dans une revue de presse, Bakchich émettait des doutes sur la ligne de conduite d'Audrey Pulvar, laquelle avait déclaré qu'elle séparait strictement vie privée et vie publique en ne se rendant pas avec Arnaud Montebourg, son compagnon de l'époque, à des invitations "où seraient présentes des personnalités politiques". Pour Bakchich, pourtant, "au soir du second tour des élections régionales, la demoiselle avait accompagné la victoire socialiste rue de Solferino, au siège du PS, où se trouvait son cher et tendre".

Brève à l'origine de la procédure

Interrogée par le site JeanMarcMorandini.com, Pulvar avait vigoureusement démenti : "Je ne suis pas allée au siège du PS le soir du second tour des régionales. C'est tout simplement un mensonge. Je ne suis allée que deux fois dans ma vie au siège du PS. (...) C'est une entreprise de déstabilisation qui a été lancée contre moi depuis maintenant plusieurs semaines. C'est totalement inadmissible. (...) Je vais attaquer le site Bakchich en justice". Considérant que l'information ne représentait pas un très grand enjeu, Bakchich avait accepté de supprimer la brève de son site, après une première publication dans la version papier. Insuffisant pour Pulvar qui avait maintenu la procédure.

On connaît la suite : elle a été déboutée deux fois. En première instance, les juges avaient estimé que ce n'était pas diffamatoire, la "demanderesse reconnaissant avoir à d'autres occasions, accompagné son compagnon Arnaud Montebourg, à des événements organisés par ce même parti dont il est responsable". Pas de diffamation donc, ce qui ne signifie pas pour autant que l'information est exacte : Pulvar a toujours démenti et la source unique de Bakchich, un journaliste politique, n'a jamais accepté de témoigner au procès. Il n'en reste pas moins que la justice a estimé qu'il n'y avait pas diffamation.

Deux ans et demi après la publication de cette brève, la victoire de Bakchich laisse tout de même un goût amer à Xavier Monnier. "Sans mon avocat et l'aide des amis de Bakchich, j'aurais été à la rue", explique-t-il en raison du coût de cette longue procédure intervenue au moment où le journal était en liquidation (le site Bakchich a depuis été relancé). Pas de diffamation donc, mais pas de remboursement des frais de justice non plus : "les juges n'ont pas reconnu qu'il y avait eu une procédure abusive", précise Monnier. Pulvar peut encore se pourvoir en cassation.

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