Nounours, ministre aimant à populistes
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Nounours, ministre aimant à populistes

Rien n'arrêtant l'information, on sait maintenant pourquoi l'Elysée est allé arracher Nounours à ses forêts profondes, en dépit de ses serments précédents. Macron aura voulu déminer le danger du "populiste surgi de nulle part". "Cela fait des mois qu’on nous dit que l’Elysée a la trouille du candidat populiste sorti de nulle part pour 2022, analyse un député proche de la majorité, pour Libération. Dupond-Moretti était taillé pour ce job. C’est plus malin de le faire entrer et de tuer les autres ambitions dans l’œuf."

Nounours est donc un remède anti-Hanouna-Bigard-Onfray. Un aimant à beaufitude, censé attirer à lui toute la limaille du populisme ambiant. Qui présente l'avantage annexe de désespérer Mediapart, plaisir de fin gourmet. Et dont il n'y a apparemment à redouter aucun coup de patte malvenu : dès sa prise de fonction, Nounours a remballé sa réforme  mirobolante de la fusion des formations des juges et des avocats, à laquelle il n'a fait aucune allusion sur le perron du ministère, tout admiratif qu'il était de ses nouveaux administrés, ces extraordinaires magistrats (savourez ci-dessous le montage avant / après de Tony Le Pennec). Comme dans la chanson, il sait conduire le tracteur, et c'est son discours qui est le mieux compris.

Le Monde ajoute un supplément d'information. Les stratèges du président "ont noté pendant le confinement que les téléspectateurs avaient plébiscité les vieux films français, ceux de Louis de Funès ou la trilogie de Robert Lamoureux (Mais où est donc passée la septième compagnie ?). « Des films du patrimoine », note un proche du chef de l’Etat, persuadé que les Français, qui se sentiraient « dépossédés sur le plan politique (mondialisation) ou culturel (communautarisme) », veulent « renouer avec un imaginaire traditionnel ». 

Sur ce point précis, si je peux me permettre, et comme on le remarquait dans notre émission PostPop (que les "stratèges de l'Elysée" ont forcément regardée, faites comme eux, elle est là) si les Français ont plébiscité de Funès et Belmondo, c'est que France Télévisions ne leur a rien proposé d'autre. On leur aurait proposé de Niro ou di Caprio, ils auraient "plébiscité" de Niro, et alors là, on était embêté : qui nommait-on ministre ?

Donc, Nounours a inauguré sa captivité volontaire en allant promener son dandinement dans la prison de Fresnes, image qui a même éclipsé dans les chaînes d'info la visite "à la Sarkozy" d'une gendarmerie par le bichon Darmanin (oui j'ai la plume animalière, ce matin). Nounours y a été accueilli par des cris de détenus. Graves interrogations d'experts sur les chaînes d'info vespérales : que voulaient signifier ces détenus à Nounours ? Ces cris étaient-ils d'hostilité, ou de bienvenue ? 

Pendant que les chaînes d'info s'interrogent là-dessus, elles ne s'interrogent pas sur autre chose. Par exemple, quelles informations ont permis à l'Elysée d'affirmer que les poursuites contre Gérald Darmanin "semblent évoluer dans le bon sens" (oui, l'Elysée a dit ça) ? Qu'en sait l'Elysée ? De quelles "remontées" a-t-il déjà bénéficié, alors que la reprise des investigations sur ces accusations de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance contre le -toujours- maire de Tourcoing, vient d'être ordonnée le 11 juin dernier ? Peu d'écho aussi à la démarche du Syndicat de la Magistrature, qui a demandé à Nounours, ex-avocat dans des affaires très médiatisées, et qui "a vocation à le redevenir", de renoncer immédiatement aux dites remontées d'informations. Prochain épisode : Nounours et le pot de miel.

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