Mélenchon, Epstine et Epchtaïnne
chronique

Mélenchon, Epstine et Epchtaïnne

À quoi bon, au coeur d'un cyclone, tenter de raisonner et de mesurer le sens des vents ? Au coeur du cyclone, on se calfeutre, ou on va à la télé déclarer que le cyclone n'est pas gentil. Nous voici dans le nième cyclone Mélenchon, avec tout ce qu'il implique d'inaudible, pour toute tentative de discours nuancé.

Reprenons en choeur : cette fois c'est la fin. La fin de Mélenchon. Le dérapage de trop. La goutte de trop. Le moment de bascule dans la dérive du naufrage de la glissade. Le point de non-retour. La droite, l'extrême-droite, "l'officialité médiatique" (dernier vocable Insoumis à la mode) le chantent. Mais pas seulement. Tondelier le dit. Faure le dit. Villepin le dit. Arié Alimi le dit. Libé le dit. Aphatie le dit dans Libé. Plenel le dit (à l'instant où je mets en ligne, Jean-Luc Mélenchon semble avoir été sauvé par le gong de l'offensive américano-israélienne sur l'Iran. Peu importe. Poursuivons).

Inaudible pour inaudible, tentons de rappeler les faits. Il existe, pour prononcer le nom de Jeffrey Epstein, deux prononciations possibles. Epchteïnne, ou Epstine. Je n'entre pas dans le détail. Disons que les deux prononciations se défendent. Depuis le début de l'affaire, les intervenants audiovisuels (la presse écrite, par définition, est hors du coup) hésitent entre chtaïnnisme et stinnisme. L'une des prononciations sonne plutôt juif. L'autre sonne plutôt russe. La première serait donc une manière de rappeler ses origines juives. La seconde, de le russifier.

Parallèlement, rôdent autour de "l'affaire" du financier pédocriminel deux théories complotistes. L'une le fantasme manipulé par le Mossad israélien, l'autre par les Russes, dans les deux cas pour compromettre les élites occidentales. Donc, poursuivent ces théories, si l'on a étouffé si longtemps l'affaire, si le Parlement français se refuse à ouvrir une commission d'enquête, c'est soit du fait des Juifs, soit du fait de l'influence sournoise de Poutine. Rien n'est démontré bien entendu comme d'habitude, dans aucune des deux théories.

Le 15 février en meeting à Montpellier, rappelle Le Canard Enchainé,  Mélenchon risque une blague pour la première fois. "Je dis Epchtein. Je ne dis pas Epstine. Je ne dis pas Frankenstine. Je ne cherche pas à faire russe".

Le blog Obsessions est publié sous la seule responsabilité de Daniel Schneidermann, sans relecture préalable de la rédaction en chef d'Arrêt sur images.

Partager cet article

 

Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.

Déjà abonné.e ?

DÉCOUVRIR NOS FORMULES D'ABONNEMENT SANS ENGAGEMENT

(Conditions générales d'utilisation et de vente)
Pourquoi s'abonner ?
  • Accès illimité à tous nos articles, chroniques et émissions
  • Téléchargement des émissions en MP3 ou MP4
  • Partage d'un contenu à ses proches gratuitement chaque semaine
  • Vote pour choisir les contenus en accès gratuit chaque jeudi
  • Sans engagement
Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.