Le Noël des Nobel
Le matinaute
Le matinaute
chronique

Le Noël des Nobel

C'est une belle chose, l'économie. C'est pourquoi il existe un prix Nobel d'économie. Plus précisément, un "prix de la banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel". Et voici que deux titulaires de ce prix, la Franco-américaine Esther Duflo, et l'Américain Abhijit Banerjee (par ailleurs son mari), se fendent d'une proposition décoiffante, publiée dans Le Monde (qui, pour faire bon poids, les élève à la dignité de "prix Nobel") . Il s'agirait, pour "sauver Noël", de décréter trois semaines de "confinement de l'Avent", du 1er au 20 décembre.  Ainsi purifiée par ces trois semaines de chocolats confinés, la France potentiellement contaminée pourrait, sans risque, claquer la bise à mémé.

Tout est magnifique dans cette proposition. D'abord son fatalisme : elle part du postulat qu'un reconfinement général sera, de toutes manières, inéluctable. Autant, donc, le planifier, l'inscrire d'avance sur les agendas, décaler les rendez-vous -ah non, ce jour-là, désolé, j'aurai confinement.

Ensuite, sa finalité. Le réveillon, et les pics de consommation afférents, sont donc érigés en objectifs ultimes, au-dessus de toute autre activité économique, et méritent le sacrifice de toutes  les activités sociales des trois semaines précédentes. Fataliste, la proposition est aussi spectaculairement optimiste. Avant toute aggravation, le virus est prié d'attendre le 1er décembre. Et si les services d'urgences et de réanimation craquent en octobre ou en novembre ? On tiendra. On tiendra, les yeux rivés sur la ligne d'horizon du 1er décembre. Il ne s'agirait pas de confiner trop tôt, on ne tomberait pas juste.

Jusqu'à présent, les débats sur la politique sanitaire opposaient (en gros) le corps médical au patronat, la part de pensée magique étant confiée à la Science -"on va trouver un vaccin au premier trimestre 2021". Voici donc que s'en mêlent les économistes, forts de l'inébranlable certitude que le virus peut être vaincu par  la planification, et les équations.

Partager cet article Commenter
La rumeur d'un vaccin

 

Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.

Déjà abonné.e ?

Lire aussi

Voir aussi

Ne pas manquer

Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.