La dame, Le monsieur, et le fumigène
Le matinaute
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chronique

La dame, Le monsieur, et le fumigène

Une proposition-choc sur un sujet définitivement secondaire

, avec de vrais morceaux de forts enjeux symboliques à l'intérieur, obligeant chacun à se poser une question qu'il ne se posait pas et pire, à se forger d'urgence une opinion, de préférence catégorique, ça ne vous rappelle rien ? Mais oui, les beaux fumigènes sarkozistes, du début du quinquennat (souvenez-vous, la lettre de Guy Môquet, le parrainage d'un enfant disparu à Auschwitz, le travail du dimanche sur le côté pair des Champs-Elysées, l'accueil dans les écoles les jours de grève, la burqa, les minarets, le halal, revival). Soyons rassurés: la relève existe, elle s'appelle Eva Joly, qui a réussi, en temps de crise monétaire européenne aigue, l'exploit de faire tourner la conversation nationale autour de la question essentielle, donc, du maintien ou de la suppression du défilé militaire du 14 juillet.

Sur cette question, je revendique de prendre la tête des sans opinion. Des sans opinion radicaux, totaux, maximalistes, jusqu'au boutistes. Si un sondeur (c'est une supposition) était venu me demander mon avis sur la question, je me fûs rangé dans le camp des "définitivement sans opinion", de ceux qu'une suppression de la chose ne dérangerait pas particulièrement, mais que son maintien n'empêche nullement de rester "dans mon lit douillet" le 14 juillet (à propos, si vous passez par Paris, précipitez-vous à l'expo Brassens de la cité de la musique de La Villette, c'est un pur moment de bonheur. Et la visiter le 14 juillet, justement, un raffinement rare).

Bref, Joly serait bienvenue d'envoyer à Fillon une bouteille d'Aquavit, avec un joli ruban. En attaquant la fumigueuse sur sa double nationalité de manière particulièrement immonde, Fillon m'a empêché in extremis de décerner à Joly le fumigène d'or de la semaine, et Dieu sait pourtant si les doigts me démangeaient (je ne sais pas vous, mais dans la phrase de Fillon, personnellement, c'est le "cette dame" qui m'a le plus choqué; "cette dame" n'a pas de nom, ou bien imprononçable par les lèvres purement françaises de Fillon; pas question de jouer avec elle; c'est l'innommable; ce Monsieur ne doit pas avoir une culture très ancienne de Georges Brassens). S'agissant de Joly, quelque chose me dit que ce n'est que partie remise.

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